SCIENCE, TECHNOLOGIE ET RÉPARATIONS


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Auteur : Gimbel John
Ouvrage : Science, technologie et réparations Exploitation et pillage dans l’Allemagne d’après-guerre
Année : 1990

Traduit par
Valérie Devon

 

4ème de couverture

La plupart des gens ont entendu parler de Werner von Braun et des scientifiques
et ingénieurs allemands que les Américains ont amenés aux États-Unis après
la Seconde Guerre mondiale dans le cadre du Projet Paperclip . La plupart
d’entre eux connaissent aussi la course aux scientifiques allemands qui s’est
alors engagée. Ce que pratiquement personne ne semble savoir, cependant,
c’est que le Projet Paperclip n’était qu’un des aspects d’un programme beaucoup
plus complet et systématique de « réparations intellectuelles » pour exploiter
le savoir-faire scientifique et technique allemand, non seulement à des fins
militaires mais également pour le bien de la science et de l’industrie américaines.
Ce programme qui a débuté à la fin de 1944 est le sujet du présent ouvrage.
Alors que les armées alliées balayaient l’Allemagne de l’Ouest, des équipes de
dizaines d’experts américains ont visité des centaines d’établissements de recherche,
d’écoles techniques et d’entreprises industrielles allemands ciblés. lis ont interrogé
le personnel, examiné les processus et les produits, pris des photographies et
des échantillons, et exigé des dessins, des plans, des rapports de recherche, etc.
Mais les objectifs limités et liés à la guerre qu’ils poursuivaient au départ ont
rapidement cédé la place aux possibilités de pillage industriel et technologique
dans pratiquement tous les domaines de l’expertise allemande, y compris les
souffleries, les magnétophones, les combustibles synthétiques et le caoutchouc,
les films couleur, les textiles, les machines-outils, les équipements lourds, les
céramiques, les verres optiques, les colorants, les microscopes électroniques.
Apparemment, l’information recueillie devait être, selon les termes du secrétaire
d’État George C. Marshall, « mise à la disposition du reste du monde ».
Dans la pratique, cependant, une grande partie de ces documents a été transférée
par les consultants scientifiques et les examinateurs de documents directement à
leurs propres entreprises et pour leurs propres besoins. Cette histoire n’a jamais
été racontée auparavant, et le récit méticuleux mais très lisible de l’auteur est
basé sur plus de dix ans de recherches dans des archives publiques et privées
allemandes et américaines. Lors de la réunion du Conseil des ministres des
Affaires étrangères à Moscou en 1947, V. M. Molotov, ministre des Affaires
étrangères de l’Union soviétique, a accusé les États-Unis et la Grande-Bretagne
de s’être approprié 10 milliards de dollars en réparations sous forme de brevets
et autres connaissances techniques. Le secrétaire d’État Marshall a furieusement
nié l’accusation, mais aucune évaluation précise n’a jamais été publiée par
le gouvernement américain. Sur la base de ses recherches, l’auteur conclut
que le chiffre de 10 milliards de dollars qualifié d’ « extravagant » par les
fonctionnaires du département d’État n’est probablement pas loin de la vérité.

 

Préface
Au cours de mes recherches préparatoires à ce livre, j’ai découvert
que Werner von Braun et l’équipe de chercheurs et d’ingénieurs
allemands, que les Américains ont ramenés aux États-Unis dans
le cadre du Projet Paperclip, après la Deuxième Guerre mondiale, ne
sont pas inconnus de la plupart des gens raisonnablement informés. La
plupart d’entre eux connaissent aussi la course aux scientifiques
allemands qui s’est alors engagée, une compétition qui explique peutêtre
la devise largement répandue, après le lancement russe réussi du
Spoutnik en octobre 1957, selon laquelle leurs Allemands étaient
meilleurs que nos Allemands. Ce que pratiquement personne ne semble
savoir, cependant, c’est que le Projet Paperclip n’était qu’un des aspects
d’un programme beaucoup plus complet et systématique de « réparations
intellectuelles » pour exploiter le savoir-faire scientifique et technique
allemand, non seulement à des fins militaires mais également pour le
bien de la science et de l’industrie américaines. Ce programme plus
vaste, et plus précisément comment le Projet Paperclip s’y est greffé, est
le sujet du présent ouvrage.
Je ne puis moi-même dire avec certitude à quel moment j’ai appris
l’existence du programme dans son ensemble, mais je sais que cela ne
s’est pas produit pendant mon service immédiat d’après-guerre comme
traducteur et interprète pour le détachement du gouvernement militaire à
Friedberg, Hessen. Cela ne s’est pas non plus produit lors de mes
recherches dans les années 1950 concernant l’impact de l’occupation
américaine sur la ville et le comté de Marbourg. Au cours des années
1960 et 1970, lorsque j’ai poursuivi mes recherches sur l’occupation
américaine de l’Allemagne et sur le problème allemand et les origines du
plan Marshall, je me suis rendu compte peu à peu, mais de façon
graduelle, qu’il y avait là quelque chose à raconter, et que cela en valait
la peine. Sans doute ma curiosité tenace concernant la légitimité des
accusations russes et est-allemandes selon lesquelles les Alliés
occidentaux se seraient appropriés des milliards de dollars en
réparations m’a-t-elle influencé, même si j’étais initialement disposé à

accepter – sans trop réfléchir – la position officielle américaine selon
laquelle les montants mentionnés étaient tout simplement
« extravagants », que les accusations visaient à détourner l’attention de
l’Union soviétique de ses propres mesures de réparation et pouvait donc
être rejetée comme n’étant rien de plus que de la propagande. Quoi qu’il
en soit, des documents et autres éléments relatifs à l’existence et au
travail de la Field Information Agency, Technical (FIAT), que j’ai
découverts occasionnellement dans les dossiers américains et allemands
que j’ai eu le privilège de consulter pendant les années 60 et 70 m’ont
donné la possibilité de mener une enquête approfondie sur cette histoire.
Quatre de ces découvertes me semblent particulièrement convaincantes.
Tout d’abord, le général Lucius D. Clay, gouverneur militaire américain
en Allemagne, a adressé deux messages similaires au ministère de la
Guerre à Washington. Clay y déclarait que les États-Unis, par
l’intermédiaire de la FIAT, s’emparaient de toutes les informations qu’ils
pouvaient « concernant les processus commerciaux et la connaissance
scientifique de pointe », disant : « nous faisons nôtre la pensée des
scientifiques allemands en la façonnant à nos propres desseins. » et
qu’une fois la guerre avec le Japon terminée, les États-Unis
s’engageraient « carrément dans le domaine commercial ». Ainsi, Clay
conclut, « en nous saisissant de la production actuelle, nous faisons sans
doute la même chose que la Russie… et que la France est en train de
faire en retirant les biens d’équipement de l’Allemagne. »(1)
Deuxièmement, il y avait deux lettres d’Edward M. Groth, du Consul
général des États-Unis à Hambourg, au Secrétaire d’État. Groth y
rapportait un discours et un article de journal émanant d’un membre
socialiste du conseil municipal de Hambourg (Burgerschaft), dans
lesquelles ce dernier parlait de « réparations insidieuses » de grande
valeur qui étaient retirées d’Allemagne par des industriels privés et des
capitalistes de l’étranger. Ils viennent en Allemagne, aurait-il dit, pour
fouiller dans les dossiers secrets de leurs concurrents et les ramener dans
leur propre pays afin de favoriser leur propre progrès économique au
détriment de leurs concurrents allemands. « Le capitaliste étranger »
(Groth citait le membre du conseil ayant écrit dans le Hamburger Echo,
le journal du parti social-démocrate de la ville) recueille « les secrets des
concurrents allemands et s’enrichit grâce à eux, sans toutefois
rembourser son pays… de sorte que le contribuable étranger est la

première victime qui, sous prétexte de coûts professionnels,
subventionne en fait son propre capitaliste ».(2)
Troisièmement, il y a le « Rapport Harmssen », une étude sur les
mesures de réparation prises par le sénateur Gustav W. Harmssen,
ministre de l’économie de Brême. Dans ce rapport, il a évalué la valeur
totale des brevets, secrets industriels et biens similaires retirés
d’Allemagne par les forces d’occupation à environ 5 milliards de
dollars.(3) Enfin, il y avait les circonstances et les nombreuses questions
restées sans réponse entourant la décision des deux gouverneurs
militaires bizonaux – toutefois, clairement prise sur l’insistance du
général Clay – de démettre Johannes Semler de ses fonctions de
directeur économique de la Bizonal Economics Administration début
1948.(4) Le bureau de Semler avait recueilli des informations sur la
valeur de ce qu’il appelait les « réparations insidieuses » (Clay les
appelait « réparations cachées »), qui comprenaient le savoir-faire
scientifique et technique retiré à l’Allemagne par les enquêteurs de la
FIAT. (5) Semler était contrarié par l’idée répandue – exprimée et sousentendue
aussi bien par les Allemands que par les Américains – que
l’Allemagne de l’après-guerre était une espèce de cas social international
se reposant sur les pouvoirs d’occupation et leurs contribuables, et il
était contrarié par le refus des ministres-présidents bizonaux de prendre
fermement position lors de leur réunion à Wiesbaden en octobre 1947,
afin de contester la liste nouvellement dévoilée des entreprises
industrielles allemandes qui seraient démantelées dans le cadre des
réparations. Le 4 janvier 1948, lors d’un rassemblement d’un parti
politique local à Erlangen, Semler explosa. Dans une allocution
prononcée en l’absence d’un texte préparé, il a fait valoir que sans les
politiques et pratiques d’occupation alliées – qu’il a largement illustrées
et commentées – l’Allemagne serait en mesure de payer ses importations
alimentaires en espèces plutôt qu’avec les « remerciements » avilissants
que les politiciens et personnalités publiques allemands adressaient. Il
s’est avéré que, de façon injuste, ce dernier a agrémenté ses remarques et
a diverti son auditoire avec des sarcasmes sévères et des railleries,
comme celle voulant que les Américains aient envoyé du
« Hühnerfutter » (littéralement, « aliment pour poulets », mais utilisé ici
pour parler du maïs, que les consommateurs allemands considéraient
comme un mauvais substitut au blé dans leur pain rationné) pour lequel
les Allemands devaient payer en dollars.

Les responsables du gouvernement militaire américain qui ont plus tard
analysé un compte rendu sténographique du discours du général Clay
ont conclu que, à l’exception de ses « déclarations fausses et
trompeuses », en particulier celle sur l’alimentation des poulets et une
autre sur la pression américaine sur les agriculteurs allemands pour
augmenter leurs livraisons afin d’économiser l’argent des contribuables
américains, le discours était bien fait et méritait, par ailleurs, une
attention particulière ».(6)* Mais Semler se fit virer, et lorsque le
Landtag bavarois – pour vérifier si, comme le disait un intervenant, la
démocratie allemande d’après-guerre était en fait une ‘démocratie
fantoche’ – le choisit comme délégué au nouveau Conseil économique
bizonal, à Francfort en février 1948, les Américains intervinrent.
Pendant que l’état-major du général Clay rédigeait des documents pour
la dissolution éventuelle du Landtag bavarois, Clay envoya un avion
spécial à Munich afin qu’on lui ramène à Berlin le ministre-président
Hans Ehard et Murray van Wagoner, le directeur régional du
gouvernement militaire américain pour la Bavière. Ce qui s’est
précisément passé quand ils sont arrivés à Berlin n’est, bien sûr, pas
consigné au dossier, mais Murray van Wagoner a noté plus tard que « le
général m’a dit que j’étais susceptible de devenir un directeur régional
sans gouvernement si je ne rectifiais pas la situation ». Quoi qu’il en
soit, alors que les responsables américains passaient un week-end très
chargé à Munich à enquêter sur les antécédents de Semler (ils ont fouillé
son domicile et son bureau et pris quelques dossiers, et ils se sont
également rendus à Vienne pour une raison quelconque), les Bavarois
ont reconsidéré, capitulé et ensuite élu un remplaçant pour Semler, qui
est finalement revenu à la vie privée.(7)
J’esquisse cette histoire ici non pas pour porter un jugement sur Semler
ou sur les Américains impliqués, mais pour illustrer comment l’incident
a contribué à influencer ma décision d’entreprendre une étude sur la
science, la technologie et les réparations dans l’Allemagne d’aprèsguerre.
Semler se dirigeait clairement vers une sorte de confrontation


* Selon un analyste américain, les critiques et les références de Semler au général Clay
étaient regrettables, mais « nous devons admettre que, d’une manière générale, ses
déclarations sur les problèmes économiques fondamentaux et en particulier sur les
procédures et transactions spécifiques mentionnées étaient substantiellement vraie ».
BICO, Commerce and Industry Group (États-Unis), à BICO, sujet : discours de
M. Semler, 20 janvier 1948, RC 260, boîte 405-1/3, WNRC.


avec les Américains et les Britanniques sur la question des réparations,
et il était prêt à évoquer non seulement le programme de démantèlement
des usines – qui avait fait l’objet de vastes discussions publiques depuis
que les gouverneurs militaires avaient publié une liste des usines à
démanteler en octobre 1947 – mais également la très sensible question
des réparations « insidieuses » ou « cachées », qui comprenait le savoir
scientifique et technique retiré à l’Allemagne après la guerre. La
diffusion publique de ses remarques explosives à Erlangen – dont il
déclara plus tard que ces dernières n’étaient destinées qu’à ses collègues
du parti et non pour diffusion ou attribution publique – a clairement
conduit à son renvoi, et la lutte de pouvoir politique qui s’en est suivie
entre le gouverneur militaire américain et un gouvernement allemand de
plus en plus indépendant en Bavière a apparemment fait en sorte que la
substance de son message ne reçoive jamais l’attention que les
conseillers de Clay avaient pourtant jugé justifiée. Ces questions font
l’objet de l’étude qui suit.
Ayant pris connaissance des préoccupations exprimées dans la présente
étude, je m’empresse d’en préciser les limites. Premièrement, à
l’exception de brèves références ici et là, elle ne traite pas de
l’importante exploitation scientifique et technique de l’après-guerre en
Allemagne par les Britanniques, les Français, les Russes et les autres
pays alliés ou associés aux vainqueurs dans la guerre contre
l’Allemagne. J’ai appris dès le début de mes recherches qu’il serait
impossible de faire une plus grande percée. Les documents des autres –
même ceux des Britanniques, dont certains sont maintenant accessibles –
n’étaient pas disponibles ; je ne maîtrisais pas les langues requises et,
finalement, je n’avais qu’une vie à donner au projet. J’ai commencé cette
étude en 1977 et j’y travaille depuis plus de dix ans. Ensuite, à
l’exception de quelques références qui semblent appropriées, l’étude
fournit peu de détails sur des questions telles que la dénazification, les
conflits entre ceux qui voulaient une paix dure et ceux qui travaillaient
pour la modération, l’évolution de la politique d’occupation américaine,
la division de l’Allemagne et autres aspects de l’histoire de l’occupation
américaine en Allemagne. Les lecteurs intéressés sont invités à se
référer à mon ouvrage intitulé American Occupation of Germany :
Politics and the Military, 1945-1949 (Stanford, Californie, 1968).(8)
Enfin, bien que l’étude puisse paraître au premier abord comme un
argument en faveur de la supériorité des Allemands en matière
scientifique et technique en général, je ne crois pas que ce soit le cas et

je n’entends pas donner cette impression. J’accepte plutôt ce que
Vannevar Bush et d’autres, plus qualifiés que moi sur le sujet, ont dit à
ce propos : les sociétés industrielles modernes se développent de
manière inégale et variée, et dans ce cas précis, l’Allemagne était en tête
dans certains domaines de concentration alors que les Américains en
dominaient d’autres.(9)
Un grand nombre de personnes et d’organisations m’ont aidé au fil des
ans, bien qu’aucune d’entre elles ne soient responsables de la conception
ou des conclusions de cette étude. Dans le cadre de ma recherche et de
l’utilisation des documents aux États-Unis, il convient de noter en
particulier ce qui suit : George Chalou, des Archives nationales, m’a
aidé de bien des façons, et c’est lui qui m’a permis de trouver et de
consulter les dossiers du Bureau des services techniques et de la Field
Information Agency, Technical. William G. Lewis, relevé de temps à
autre par Fred Pernell, a non seulement sorti la plupart de ces dossiers,
mais il a aussi veillé à ce qu’ils soient sélectionnés pour moi aussi vite
que faire se peut afin que je puisse les consulter. William H. Cunliffe,
Wilbert B. Mahoney et John Taylor, aux Archives nationales, m’ont aidé
avec les dossiers du ministère de la Guerre, du ministère de l’Armée, des
chefs d’état-major interarmées et du Comité de coordination État-guerremarine.
Avec son personnel efficace, Milton O. Gustafson m’a prêté
main-forte concernant les dossiers et les registres du département d’État.
Le personnel de la Bibliothèque du Congrès m’a conseillé sur
l’utilisation des instruments de recherche et m’a aidé de bien d’autres
façons à effectuer des recherches dans les publications spécialisées des
associations commerciales, industrielles et scientifiques. Chaque fois
que j’ai visité la Bibliothèque Truman, la Bibliothèque Eisenhower et
l’Académie nationale des sciences ou que j’ai correspondu avec elles, les
membres du personnel se sont montrés à la fois amicaux et coopératifs.
Erich F. Schimps, le bibliothécaire des documents de l’Université d’État
de Humboldt, était toujours là quand j’avais besoin de lui, et je serai
incapable de citer toutes les façons qu’il a eu de m’aider mais je suis sûr
que lui s’en souvient.
Enfin, du côté américain, je tiens à remercier un archiviste inconnu qui
s’est joint à moi et à George Chalou autour d’un café à la cantine du
Washington National Records Center lors des nombreuses occasions où
je déplorai le fait que George ne soit pas parvenu à trouver les archives
de la Joint Intelligence Objectives Agency (JIOA) malgré des appels

téléphoniques au Pentagone, et au quartier général, au Commandement
européen, à Heidelberg, et dans de nombreux autres services sur une
période de cinq ans. Heureusement, notre invité s’est souvenu qu’il avait
récemment traité une collection d’environ quarante-trois boîtes
d’archives qu’il pensait correspondre à ce que nous recherchions. Il s’est
avéré qu’il avait raison, et j’ai eu le plaisir de les utiliser un an plus tard,
après qu’ils aient été examinés en vertu de la Freedom of Information
Act. D’après ce que j’ai compris, le Bureau interarmées des chefs d’étatmajor
de la Recherche et du génie, l’organisme qui a succédé à la JIOA,
avait transféré les dossiers aux Archives nationales où ils ont été
enregistrés dans les instruments de recherche informatisés à titre de
documents de ce bureau, mais sans renvoi approprié à la JIOA. Peut-être
la même chose s’est-elle produite avec les documents créés par le
Bureau du directeur adjoint du renseignement en Europe à la fin des
années 1940. Quoi qu’il en soit et malgré nos efforts, nous ne les avons
jamais retrouvés.
En Allemagne, je remercie tout particulièrement la direction générale et
le personnel des institutions suivantes : les Archives fédérales de
Coblence (merci à Frau Singer, au Dr Werner, et surtout au Dr Lenz, qui
a déterré les dossiers de l’entrepôt et m’a laissé les utiliser avant qu’ils ne
soient traités et indexés) ; les Archives principales de Rhénanie-du-
Nord-Westphalie à Düsseldorf (merci en particulier au Dr Dieter
Scriverius, qui m’a permis d’utiliser son instrument de recherche détaillé
et extrêmement utile alors qu’il était encore manuscrit) ; les Archives
principales de Hesse à Wiesbaden (merci en particulier aux docteurs
Schuler et Helfer, qui m’ont facilité l’accès aux archives de l’organisation
des scientifiques et techniciens évacués de la zone soviétique en 1945,
ainsi qu’aux archives du Ministère de l’économie et des transports) ; les
Archives principales du Bade-Wurtemberg à Stuttgart (merci en
particulier à M. Thiel) ; les Archives d’État à Brême (merci en
particulier à M. Hofmeister) ; les Archives d’État à Hambourg (merci en
particulier à M. Gabrielson) ; et les archives de la ville de Heidenheim
(merci en particulier à M. Maucher). Mes remerciements vont
également à Degussa à Francfort qui m’a permis d’utiliser les précieux
documents des archives du groupe, et en particulier à Mme Mechthild
Wolf, l’archiviste qui m’a guidé et conseillé pendant mon long séjour, au
Handelskammer à Hambourg et à l’Industrie- und Handelskammer à
Francfort (notamment Mme Wörman), au Dr Med. Fritz Ebner, l’attaché
de presse d’E. Merck à Darmstadt, qui m’a donné quelques dossiers et

me fit part de nombreuses informations personnelles relatives à ses
propres expériences d’après-guerre ; à l’Ing. dipl. Klaus Luther, de la
Maschinenfabrik Augsburg-Nürnberg (M.A.N.) à Augsbourg, qui a
facilité mon travaille dans les archives historiques du groupe et a
organisé des entretiens avec d’anciens responsables de cette entreprise ;
à Horst-Dieter Wulf, qui m’a envoyé un paquet de documents provenant
des archives de Chemische Werke Hüls AG à Marl ; à Hans D. Sterba,
de Schloemann-Siemag AG à Düsseldorf, qui a organisé des entretiens
avec d’anciens responsables et employés de Schloemann ; à la Deutsche
Texaco AG de Hambourg pour avoir mis à ma disposition les archives
d’après-guerre de Chemische Werke Rheinpreussen, et au Dr Walter
Grimme de Munster pour une interview très instructive sur son
expérience d’après-guerre dans cette entreprise ; et à Erich Schott,
directeur du Glaswerk Schott et de Genossen à Mayence, qui m’a
accordé non seulement une longue interview, au cours de laquelle il m’a
parlé de l’évacuation de l’entreprise de Iéna en 1945, mais a également
étayé ses remarques avec des documents provenant de ses propres
dossiers et de ceux de son établissement. Enfin, mes remerciements vont
aux bibliothécaires agréables, amicaux et très serviables de la
Bundestagsbibliothek à Bonn, qui ont toujours semblé intéressés par ce
que je faisais et me l’ont montré.
Des dizaines d’autres personnes aux États-Unis et en Allemagne, y
compris des particuliers, des entreprises, des associations commerciales
et industrielles, des chambres de commerce, ainsi que des fonctionnaires
et des organismes gouvernementaux, ont pris le temps de répondre à
mes lettres, de discuter avec moi et de donner des détails ici et là quand
je les ai demandés. Par nécessité, mes remerciements doivent leur être
adressés collectivement, mais je le fais avec beaucoup de sincérité et de
gratitude, car sans eux, la dimension humaine que je me suis efforcée
d’inclure dans l’étude aurait été perdue.
Évidemment, la recherche pour cette étude a été à la fois longue et
coûteuse. Quant au temps, un congé sabbatique de l’Université d’État de
Humboldt m’a octroyé une année universitaire, et j’ai profité d’un
programme de retraite anticipée pour les professeurs du système de
l’Université d’État de Californie – avant même d’avoir prévu de prendre
ma retraite – et j’ai ainsi transformé mon horaire annuel normal de neuf
mois d’enseignement et trois mois de recherche en un programme où je
pouvais enseigner pendant trois mois et faire des recherches et écrire

durant le reste de l’année. En ce qui concerne l’aide financière, j’ai reçu
une bourse d’été du National Endowment for the Humanities en 1978,
plusieurs bourses de voyage et de recherche de la Humboldt State
University Foundation en 1977, 1979 et 1980, une chaire de recherche
de la Fulbright Commission pour un semestre chacun aux universités de
Hambourg et de Francfort en 1980-1981, et d’une subvention de
l’American Council of Learned Societies pour l’été 1982. Enfin, j’ai reçu
une bourse de recherche et de voyage très généreuse de la Volkswagen-
Stiftung en Allemagne pour les années 1984, 1985 et 1986, au cours
desquelles j’ai passé le printemps en Allemagne, l’été à Washington, DC
et le reste de l’année à Arcata, Californie. Le professeur Karl Hardach,
qui occupe la chaire d’histoire économique (Lehrstuhl für
Wirtschaftsgeschichte) à l’Université de Düsseldorf, m’a parrainé auprès
de la Fondation Volkswagen, a administré la bourse et m’a fourni de
nombreuses autres commodités, ce dont je suis très reconnaissant.
Nancy Atkinson était une rédactrice attentive et perspicace.
Comme pour chacun de mes projets de recherche et chacun de mes
précédents ouvrages, Gisela, mon épouse, a été ma partenaire dans tout
ce que je faisais. Elle a rédigé pratiquement toute ma correspondance en
allemand, ce qu’elle peut faire beaucoup mieux que moi. Elle m’a
accompagné pendant tous mes longs voyages de recherche et elle a
toujours été une critique perspicace et pointue en ce qui concerne mes
idées et mes conclusions, même si elle a été considérablement ralentie
par la douleur causée par les blessures graves qu’elle a subies quand une
grosse camionnette a embouti l’arrière de notre voiture sur les côtes de
l’Orégon pendant l’été 1985.
].G.

 

PARTIE I
Du renseignement militaire
en tant de guerre à l’exploitation commerciale
d’après-guerre

suite PDF

La route de la servitude


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Auteur : Von Hayek Friedrich August
Ouvrage : La route de la servitude
Année : 1944

Traduction de G. Blumberg
(1946)

 

 

Il est rare qu’une liberté se perde d’un seul coup.
David Hume

Je crois que j’aurais aimé la vérité en tout temps,
mais au temps où nous vivons je suis prêt à
l’adorer.
A. de Tocqueville

 

 

AUX SOCIALISTES DE TOUS LES PARTIS

Préface de l’auteur
Lorsqu’un spécialiste de questions sociales écrit
un livre politique, son premier devoir est d’en
avertir le lecteur. Ceci est un livre politique.
J’aurais pu le dissimuler en lui donnant le nom
plus élégant et plus prétentieux d’ « essai de
philosophie sociale », mais je n’en ferai rien. Le
nom fait peu de chose à l’affaire. Ce qui compte,
c’est que tout ce que j’ai à dire provient d’un
certain nombre de valeurs essentielles. Et je pense
que mon livre lui-même révèle sans aucune
équivoque en quoi consistent ces valeurs, dont tout
dépend.

J’ajouterai ceci : encore que ce livre soit un
livre politique, je suis aussi certain qu’on peut
l’être que les croyances qui y sont exposées ne sont
pas déterminées par mes intérêts personnels. Je ne
vois pas pourquoi la société qui me paraît
désirable m’offrirait plus d’avantages qu’à la
majorité des gens de ce pays. Mes collègues
socialistes ne cessent de me dire qu’un économiste
comme moi aurait une situation beaucoup plus
importante dans le genre de société dont je suis
l’adversaire. Mais il faudrait évidemment que je
parvienne à adopter leurs opinions. Or, j’y suis
opposé, bien que ce soient les opinions que j’ai
eues dans ma jeunesse et qui m’ont amené à
devenir économiste de profession. Pour ceux qui,
comme c’est la mode, attribuent à des mobiles
intéressés toute profession de foi politique,
j’ajouterai que j’ai toutes les raisons du monde de
ne pas écrire ni publier ce livre. Il blessera
certainement beaucoup de gens avec lesquels je
tiens à conserver des relations d’amitié ; il m’a
forcé à abandonner des travaux pour lesquels je
me sens mieux qualifié et auxquels j’attache plus
d’importance en définitive ; et par-dessus tout il
aura une influence fâcheuse sur l’accueil fait aux
résultats du travail plus strictement académique
auquel me mènent tous mes penchants.

Malgré tout, j’en suis venu à considérer la
rédaction de ce livre comme un devoir auquel je ne
saurais me dérober. Voici pourquoi : il y a un
élément particulier, et très sérieux, qui domine les
discussions actuelles portant sur l’avenir de
l’économie et dont le public ne se rend compte que
très insuffisamment. C’est que la majorité des
économistes sont absorbés depuis plusieurs années
par la guerre et réduits au silence par les fonctions
officielles qu’ils occupent. En conséquence, le soin
de guider l’opinion publique à ce sujet se trouve
dans une mesure alarmante remis aux mains
d’amateurs et de fantaisistes, de gens qui ont une

rancune à satisfaire ou une panacée à vendre.
Dans ces conditions, un homme qui dispose de
suffisamment de loisirs pour écrire n’a guère le
droit de garder pour lui les inquiétudes que les
tendances actuelles inspirent à bien des gens
placés dans l’impossibilité de les exprimer en
public. Mais en temps normal, j’aurais volontiers
laissé à des hommes plus autorisés et plus qualifiés
que moi-même le soin de discuter des problèmes
politiques à l’échelle nationale.

L’argument central du présent ouvrage a été
esquissé dans un article intitulé « Freedom and the
Economie System » (Liberté et Régime
Economique) paru d’abord dans la Contemporary
Review d’Avril 1938, puis sous une forme plus
complète dans la série des « Public Policy
Pamphlets » publiés par le professeur H. D.
Gideonse pour les Presses Universitaires de
Chicago en 1939. Je remercie les rédacteurs et
éditeurs de ces publications d’avoir autorisé la
reproduction de certains de leurs passages.

London School of Economies
Cambridge, décembre 1943.

 

Introduction

Peu de découvertes sont plus irritantes que celles
qui révèlent la paternité des idées.
Lord Acton

Les événements contemporains ne sont pas de
l’histoire. Nous ne savons pas quels effets ils
produiront. Avec un certain recul, il nous est
possible d’apprécier le sens des événements passés
et de retracer les conséquences qu’ils ont produites.
Mais l’histoire, au moment où elle se déroule, n’est
pas encore de l’histoire pour nous. Elle nous mène
à une terre inconnue et nous ne pouvons que
rarement avoir une échappée sur ce qui nous
attend. Il en serait tout autrement s’il nous était
donné de revivre les mêmes événements en sachant
tout ce que nous avons vu auparavant. Les choses
nous paraîtraient bien différentes. Et des
changements que nous remarquons à peine nous
sembleraient très importants et souvent très
inquiétants. Il est sans doute heureux que l’homme
ne puisse faire une telle expérience et ne connaisse
aucune loi qui s’impose à l’histoire.

Cependant, quoique l’histoire ne se répète jamais
tout à fait et précisément parce qu’aucun
développement n’est inévitable, nous pouvons
jusqu’à un certain point apprendre du passé
comment on évite d’y retomber. On n’a pas besoin
d’être un prophète pour se rendre compte qu’un
danger vous menace. Une combinaison
accidentelle d’expérience et d’intérêt permet
souvent à un homme de voir les choses comme peu
de gens les voient.

Les pages qui suivent, sont le résultat d’une
expérience ressemblant d’aussi près que possible à
celle qui consisterait à vivre deux fois la même
période, ou à assister deux fois à une évolution
d’idées presque identiques. C’est une expérience
qu’on ne peut guère faire qu’en changeant de pays,
qu’en vivant longtemps dans des pays différents.
Les influences auxquelles obéit le mouvement des
idées dans la plupart des pays civilisés sont presque
les mêmes, mais elles ne s’exercent pas
nécessairement en même temps ni sur le même
rythme. On peut ainsi, en quittant un pays pour un
autre, assister deux fois à des phases analogues de
l’évolution intellectuelle. Les sens deviennent alors
particulièrement aiguisés. Lorsqu’on entend
exprimer des opinions ou recommander des
mesures qu’on a déjà connues vingt ou vingt-cinq
ans auparavant, elles prennent une valeur nouvelle

de symptômes.

Elles suggèrent que les choses, sinon
nécessairement, du moins probablement vont se
passer de la même façon.

J’ai maintenant une vérité désagréable à dire : à
savoir que nous sommes en danger de connaître le
sort de l’Allemagne. Le danger n’est pas immédiat,
certes, et la situation dans ce pays ressemble si peu
à celle que l’on a vue en Allemagne ces dernières
années qu’il est difficile de croire que nous allions
dans la même direction. Mais, pour longue que soit
la route, elle est de celles où l’on ne peut plus
rebrousser chemin une fois qu’on est allé trop loin.
A la longue, chacun de nous est l’artisan de son
destin. Mais chaque jour nous sommes prisonniers
des idées que nous avons créées. Nous ne pourrons
éviter le danger qu’à condition de le reconnaître à
temps.

Ce n’est pas à l’Allemagne de Hitler, à
l’Allemagne de la guerre actuelle que notre pays
ressemble. Mais les gens qui étudient les courants
d’idées ne peuvent guère manquer de constater
qu’il y a plus qu’une ressemblance superficielle
entre les tendances de l’Allemagne au cours de la
guerre précédente et après elle, et les courants
d’idées qui règnent aujourd’hui dans notre pays. En
Angleterre aujourd’hui, tout comme en Allemagne

naguère, on est résolu à conserver à des fins
productives l’organisation élaborée en vue de la
défense nationale. On a le même mépris pour le
libéralisme du XIXe siècle, le même « réalisme »,
voire le même cynisme, et l’on accepte avec le
même fatalisme les « tendances inéluctables ». Nos
réformateurs les plus tonitruants tiennent beaucoup
à ce que nous apprenions les « leçons de cette
guerre ». Mais neuf fois sur dix ces leçons sont
précisément celles que les Allemands ont tirées de
la précédente guerre et qui ont beaucoup contribué
à créer le système nazi. Au cours de cet ouvrage,
nous aurons l’occasion de montrer que sur un
grand nombre d’autres points, nous paraissons
suivre l’exemple de l’Allemagne à quinze ou vingt
ans d’intervalle. Les gens n’aiment guère qu’on
leur rafraîchisse la mémoire, mais il n’y a pas tant
d’années que la politique socialiste de l’Allemagne
était donnée en exemple par les progressistes. Plus
récemment, ce fut la Suède qui leur servit de
modèle. Tous ceux qui n’ont pas la mémoire trop
courte savent combien profondément, pendant au
moins une génération avant la guerre, la pensée et
les méthodes allemandes ont influencé les idéaux et
la politique de l’Angleterre.

J’ai passé la moitié environ de ma vie d’adulte
dans mon pays natal, l’Autriche, en contact étroit
avec la vie intellectuelle allemande, et l’autre moitié
aux États-Unis et en Angleterre. Voilà douze ans que

je suis fixé en Angleterre, et au
cours de cette période j’ai acquis la conviction de
plus en plus profonde que certaines des forces qui
ont détruit la liberté en Allemagne sont en train de
se manifester ici aussi, et juge le caractère et
l’origine de ce danger sont, si faire se peut, encore
moins bien compris ici qu’ils l’ont été en Allemagne.

Suprême tragédie qu’on ne comprend pas
encore : en Allemagne, ce sont des hommes de
bonne volonté, des hommes qu’on admire et qu’on
se propose pour exemple en Angleterre, qui ont
préparé sinon créé le régime qu’ils détestent
aujourd’hui. Nous pouvons éviter de subir le même
sort. Mais il faut que nous soyons prêts à faire face
au danger et à renoncer à nos espérances et à nos
ambitions les plus chères s’il est prouvé qu’elles
recèlent la source du danger. Nous ne paraissons
guère encore avoir assez de courage intellectuel
pour nous avouer à nous-mêmes que nous nous
sommes trompés. Peu de gens sont prêts à
reconnaître que l’ascension du fascisme et du
nazisme a été non pas une réaction contre les
tendances socialistes de la période antérieure, mais
un résultat inévitable de ces tendances. C’est une
chose que la plupart des gens ont refusé de voir,
même au moment où l’on s’est rendu compte de la

ressemblance qu’offraient certains traits négatifs
des régimes intérieurs de la Russie communiste et
de l’Allemagne nazie. Le résultat en est que bien
des gens qui se considèrent très au-dessus des
aberrations du nazisme et qui en haïssent très
sincèrement toutes les manifestations, travaillent en
même temps pour des idéaux dont la réalisation
mènerait tout droit à cette tyrannie abhorrée.

A comparer les évolutions de plusieurs pays, on
risque naturellement de se tromper. Mais mon
raisonnement n’est pas appuyé seulement sur des
comparaisons. Je ne prétends pas non plus que les
évolutions en question soient inéluctables. Si elles
l’étaient, ce livre ne servirait à rien. Je pense
qu’elles peuvent être évitées si les gens se rendent
compte à temps de l’endroit où les mèneraient leurs
efforts. Jusqu’à une époque très récente, il semblait
inutile d’essayer même de faire comprendre le
danger. Mais le temps paraît aujourd’hui plus
propice à une discussion complète de l’ensemble
de la question. D’une part le problème est mieux
connu, de l’autre il y a des raisons particulières qui
exigent aujourd’hui que nous le posions crûment.

On dira peut-être que ce n’est pas le moment de
soulever une question qui fait l’objet d’une
controverse passionnée. Mais le socialisme dont
nous parlons n’est pas affaire de parti et les

questions que nous discutons n’ont que peu de
choses en commun avec celles qui font l’objet des
conflits entre partis politiques. Certains groupes
demandent plus de socialisme que d’autres,
certains le veulent dans l’intérêt de tel groupe
particulier, d’autres dans celui de tel autre groupe.
Mais tout cela n’affecte guère notre débat. Ce qu’il
y a d’important c’est que, si nous considérons les
gens dont l’opinion exerce une influence sur la
marche des événements, nous constatons qu’ils
sont tous plus ou moins socialistes. Il n’est même
plus à la mode de dire : « Aujourd’hui tout le
monde est socialiste », parce que c’est devenu trop
banal. Presque tout le monde est persuadé que nous
devons continuer à avancer vers le socialisme, et la
plupart des gens se contentent d’essayer de
détourner le mouvement dans l’intérêt d’une classe
ou d’un groupe particuliers.

Si nous marchons dans cette direction, c’est
parce que presque tout le monde le veut. Il n’y a
pas de faits objectifs qui rendent ce mouvement
inévitable. Nous aurons à parler plus tard de
l’inéluctabilité du « planisme », mais la question
essentielle est celle de savoir où ce mouvement
nous mènera. Si les gens qui lui donnent
aujourd’hui un élan irrésistible commençaient à
voir ce que quelques-uns ne font encore
qu’entrevoir, ils reculeraient d’horreur et

abandonneraient la voie sur laquelle se sont
engagés depuis un siècle tant d’hommes de bonne
volonté. Où nous mèneront ces croyances si
répandues dans notre génération ? C’est un
problème qui se pose, non pas à un parti, mais à
chacun de nous, un problème de l’importance la
plus décisive. Nous nous efforçons de créer un
avenir conforme à un idéal élevé et nous arrivons
au résultat exactement opposé à celui que nous
recherchions. Peut-on imaginer plus grande
tragédie ?
Il y a aujourd’hui une raison encore plus
pressante pour que nous essayions sérieusement de
comprendre les forces qui ont créé le nationalsocialisme
; c’est que cela nous permettra de
comprendre notre ennemi et l’enjeu de notre lutte.
Il est certain qu’on ne connaît pas encore très bien
les idéaux positifs pour lesquels nous nous battons.
Nous savons que nous nous battons pour être libres
de conformer notre vie à nos idées. C’est beaucoup
mais cela ne suffit pas. Cela ne suffit pas à nous
donner les fermes croyances dont nous avons
besoin pour résister à un ennemi dont une des
armes principales est la propagande, sous ses
formes non seulement les plus tapageuses, mais
encore les plus subtiles. Cela suffit encore moins
pour lutter contre cette propagande dans les pays
que l’ennemi domine et dans les autres, où l’effet

de cette propagande ne disparaîtra pas avec la
défaite de l’Axe. Cela ne suffit pas si nous voulons
montrer aux autres que la cause pour laquelle nous
combattons mérite leur appui. Cela ne suffit pas à
nous, guider dans l’édification d’une nouvelle
Europe immunisée contre les dangers auxquels
l’ancienne a succombé.

Une constatation lamentable s’impose : dans leur
politique à l’égard des dictateurs avant la guerre,
dans leurs tentatives de propagande et dans la
discussion de leurs buts de guerre, les Anglais ont
manifesté une indécision et une incertitude qui ne
peuvent s’expliquer que par la confusion régnant
dans leurs esprits tant au sujet de leur propre idéal
qu’au sujet des différences qui les séparent de leurs
ennemis. Nous avons refusé de croire que l’ennemi
partageait sincèrement certaines de nos
convictions. Nous avons cru à la sincérité de
certaines de ses déclarations. Et dans les deux cas
nous avons été induits en erreur. Les partis de
gauche aussi bien que ceux de droite se sont
trompés en croyant que le national-socialisme était
au service du capitalisme et qu’il était opposé à
toute forme de socialisme. N’avons-nous pas vu les
gens les plus inattendus nous proposer en exemple
telles ou telles institutions hitlériennes, sans se
rendre compte qu’elles sont inséparables du régime
et incompatibles avec la liberté que nous espérons

conserver ? Nous avons fait, avant et depuis la
guerre, un nombre saisissant de fautes, uniquement
pour n’avoir pas compris notre adversaire. On
dirait que nous refusons de comprendre l’évolution
qui a mené au totalitarisme, comme si cette
compréhension devait anéantir certaines de nos
illusions les plus chères.

Nous ne réussirons jamais dans notre politique
avec les Allemands tant que nous ne comprendrons
pas le caractère et le développement des idées qui
les gouvernent aujourd’hui. La théorie suivant
laquelle les Allemands seraient atteints d’un vice
congénital n’est guère soutenable et ne fait pas
honneur à ceux qui la professent. Elle déshonore
les innombrables Anglais qui, au cours des derniers
siècles, ont allègrement adopté ce qu’il y avait de
meilleur, et aussi le reste, dans la pensée
allemande. Elle néglige le fait qu’il y a quatre-vingts
ans John Stuart Mill s’est inspiré, pour son
essai Sur la Liberté, avant tout de deux Allemands,
Goethe et Guillaume de Humboldt[1]. Elle oublie
que deux des précurseurs intellectuels les plus
importants du nazisme, Thomas Carlyle et
Chamberlain, étaient l’un Ecossais et l’autre
Anglais.

Sous sa forme la plus vulgaire, cette théorie
déshonore ceux qui, en l’adoptant, adoptent en

même temps le racisme allemand. Il ne s’agit pas
de savoir pourquoi les Allemands sont méchants.
Ils n’ont probablement pas plus de méchanceté
congénitale qu’aucun autre peuple. Il s’agit de
déterminer les circonstances qui, au cours des
dernières soixante-dix années, ont permis la
croissance progressive et enfin la victoire d’une
certaine catégorie d’idées, et de savoir pourquoi
cette victoire a fini par donner le pouvoir aux plus
méchants d’entre eux. Haïr tout ce qui est
allemand, et non pas les idées qui dominent
aujourd’hui l’Allemagne, est de plus très
dangereux. Cette attitude masque aux yeux de ceux
qui la prennent une menace très véritable. Elle
n’est bien souvent qu’une manière d’évasion à
laquelle recourent ceux qui ne veulent pas
reconnaître des tendances qui n’existent pas
seulement en Allemagne, et qui hésitent à
réexaminer, et au besoin à rejeter, des croyances
que nous avons prises chez les Allemands et qui
nous abusent tout autant qu’elles abusent les
Allemands eux-mêmes. Double danger : car en
prétendant que seule la méchanceté allemande est
cause du régime nazi, on a un prétexte pour nous
imposer les institutions qui ont précisément
déterminé cette méchanceté.

L’interprétation de l’évolution allemande et
italienne qui sera exposée dans cet ouvrage est très

différente de celle qu’offrent la plupart des
observateurs étrangers et des émigrés d’Allemagne
et d’Italie. Mais si notre interprétation est exacte,
elle expliquera pourquoi il est presque impossible à
des gens qui professent les opinions socialistes
aujourd’hui prédominantes de bien comprendre
l’évolution en question. Or, c’est le cas de la
plupart des émigrés ainsi que des correspondants
de presse anglais et américains[2]. Il existe une
explication superficielle et erronée du national-socialisme
qui le représente comme une simple
réaction fomentée par tous ceux dont le progrès du
socialisme menaçait les prérogatives et les
privilèges. Cette opinion a naturellement été
adoptée par tous ceux qui, tout en ayant contribué
au mouvement d’idées qui a mené au national-socialisme,
se sont arrêtés en chemin, ce qui les a
mis en conflit avec les nazis et les a obligés à
quitter leur pays. Ils représentent, par leur nombre,
la seule opposition notable qu’aient rencontrée les
nazis. Mais cela signifie simplement que, au sens le
plus large du terme, tous les Allemands sont
devenus socialistes et que le vieux libéralisme a été
chassé par le socialisme. Nous espérons montrer
que le conflit qui met aux prises en Allemagne la
« droite » nationale-socialiste et la « gauche » est
ce genre de conflit qui s’élèvera toujours entre
factions socialistes rivales. Si cette explication est

exacte, elle signifie toutefois que bon nombre de
ces réfugiés, en s’accrochant à leurs croyances,
contribuent de la meilleure foi du monde à faire
suivre à leur pays d’adoption le chemin de
l’Allemagne.

Je sais que bon nombre de mes amis anglais ont
parfois été choqués par les opinions semi-fascistes
qu’ils ont eu l’occasion d’entendre exprimer par
des réfugiés allemands dont les convictions
authentiquement socialistes ne sauraient être mises
en doute. Les Anglais attribuent les idées des
réfugiés en question au fait qu’ils sont Allemands.
Mais la véritable explication est qu’il s’agit de
socialistes qui sont allés sensiblement plus loin que
ceux d’Angleterre. Certes, il est vrai que les
socialistes allemands ont trouvé dans leur pays un
grand appui dans certains éléments de la tradition
prussienne ; et cette parenté entre prussianisme et
socialisme dont on se glorifiait en Allemagne des
deux côtés de la barricade vient à l’appui de notre
thèse essentielle[3]. Mais ce serait une erreur de
croire que c’est l’élément spécifiquement
allemand, plutôt que l’élément socialiste, qui a
produit le totalitarisme. Ce que L’Allemagne avait
en commun avec l’Italie et la Russie, c’était la
prédominance des idées socialistes et non pas le
prussianisme. C’est dans les masses, et non dans
les classes élevées dans la tradition prussienne, que

le national-socialisme a surgi.

Chapitre Premier. – La route abandonnée

Un programme dont la thèse essentielle est non
pas que le système de l’entreprise libre et du profit
a échoué dans notre génération, mais qu’il n’a pas
encore été essayé.
F. D. Roosevelt

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Quand le chien n’aboie pas


La meilleure solution pour un problème compliqué est toujours simple. L’œuf de Colomb, le nœud gordien, le lit de Procuste. Tant de gens s’étaient échinés à tenter de desserrer le sac de nœuds, avant qu’Alexandre arrive et en finisse d’un seul coup magistral de sa puissante épée. Des sages avaient essayé en vain de faire tenir l’œuf debout sur une table, jusqu’au jour où Christophe Colomb l’a écrasé par le petit bout. Et Procuste avait réglé le problème de l’extrême diversité de tailles dans la  population, en coupant les jambes aux trop grands et en étirant les jambes aux courts sur pattes.

Et maintenant le glorieux quoique trop long nom du  prince de la couronne des Saoud Muhammad bin Salman (pour faire court MBS) devrait rejoindre la liste des grands découvreurs de solutions. Il a affronté le problème d’avoir à gérer un pays en faillite, un trésor vide, et toute sorte de citoyens extrêmement riches, aux coffres débordants.

Trump se retrouve face à un problème semblable ; aux US, les chiens dominants tiennent toute la bonne viande, tandis que l’Etat croule sous une dette multimilliardaire. On a trois gentelmen de belle allure : Jeff Bezos, Bill Gates et Marck Zuckerberg, qui ont dans leurs coffres-forts autant que la totalité des gens ordinaires. Le déficit annuel avoisine les 400 milliards de dollars, autrement dit un chiffre à douze zéros.

Les Grecs sont dans une situation encore pire: ils sont endettés, ils crèvent la dalle sous les plans d’austérité, tandis que l’argent que l’Etat grec a emprunté déborde des poches des riches.

Le problème est universel. Partout, du Royaume Uni à la Russie, du Brésil à la Grèce, c’est la même chose : les coffres de l’Etat sont vides, les politiques prescrivent l’austérité pour tous, mais une poignée de riches contemplent la croissance rapide de leur capital non imposable.

Bon, d’accord, on est au courant, et qu’est-ce que tu veux qu’on y fasse, petit malin? Tu vas t’en mordre la moustache, et alors ? Geindre ou vociférer, ou bien te contenter d’une bière bien fraîche pour oublier toutes ces saletés ? Tu le savais déjà, quand même, que tu n’as pas la permission de taxer les riches, que tu ne peux pas les empêcher de déménager leur capital dans des paradis fiscaux, que tu ne devrais même pas prononcer des mots aussi chargés de haine, où d’aucuns pourraient trouver des relents antisémites. Trump a connu ça : quand il a attaqué des banquiers dans sa campagne électorale, il a immédiatement été traité d’antisémite.

L’héritier de la couronne MBS a trouvé la solution. Il a coincé des centaines de gens parmi les plus riches de son royaume, les a parqués dans le Ritz Carlton cinq étoiles de sa capitale Riyad, et il leur a dit de cracher au bassinet. Quand ils lui ont ri au nez, il a fait appel à des sicaires pour mettre en place la ponction, style mafia.

The Daily Mail, dans un reportage en exclusivité nous dit que “les princes saoudiens et les hommes d’affaires milliardaires arrêtés lors d’une rafle plus tôt ce mois se retrouvent suspendus par les pieds et frappés par des agents de sociétés privées de sécurité américains. Les détentions ont été suivies d’interrogatoires menés, selon certaines sources, par des « mercenaires américains ». « Ils les frappent, les torturent, les giflent, les insultent. Ils veulent les briser », dit la source du Dail Mail.

La firme Blackwater a été mentionnée, et les réseaux sociaux arabes parlent aussi de sa présence en Arabie saoudite, de même que le président du Liban. Le successeur de cette firme, Academi, nie énergiquement avoir jamais mis les pieds en Arabie saoudite, et dit qu’ils ne font pas dans la torture.

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Prince Al-Walid bin al-Talal

N’empêche que la torture dans le somptueux hôtel a été confirmée par  l’un des meilleurs journalistes de la vieille école pour le Moyen Orient, David Hearst. D’après lui, plusieurs détenus ont été amenés à l’hôpital avec des  blessures suite à des séances de torture. Le plus riche Arabe parmi tous, le prince al-Walid bin al-Talal, dix-huit fois milliardaire, « partenaire important » de Bill Gates, copropriétaire de la 21 Century Fox et de Twitter, de l’hôtel George V à Paris et du Savoy à Londres, entre autres, s’est retrouvé accroché la tête en bas, à la mode mussolinienne.

Des centaines d’autres princes et gentlemen ont été torturés aussi, jusqu’à ce qu’ils consentent à livrer leurs biens mal acquis, soit 70% de toutes leurs possessions. Tandis que j’écris ceci, tandis que vous lisez ces lignes, la torture continue, de sorte que MBS a déjà essoré ces victimes de milliards de dollars, en cash et placements divers.

« C’est du racket ! » direz-vous. Peut-être que MBS avait vu Le Parrain dans son âge tendre, et qu’il avait été impressionné par l’efficacité de certaines méthodes. En tout cas, il a réglé, ou plutôt est en train de régler, son problème de trésorerie.

C’est peut-être la méthode qu’il faudrait  conseiller à Trump et à Poutine, ainsi qu’à d’autres dirigeants ? Si le dogme néolibéral interdit de les taxer, si les fonds offshore sont sacrés, qu’est ce qui reste à un dirigeant diligent, à part jeter son dévolu sur un hôtel cinq étoiles douillet puis embaucher une bande de tortionnaires expérimentés ?

Oui mais le tortionnaire en chef se retrouverait condamné et ostracisé par les défenseurs des droits de l’homme, direz-vous. Et pourtant, pas une voix, ni du côté de la gauche libérale ni d’une droite autoritaire n’a fait la moindre objection à l’exploit de MBS en matière d’extorsion de fonds et de tortures. Le copropriétaire de Twitter a été soumis à des bastonnades journalières, au moment même où la voix la plus haute de la conscience libérale, Tom Friedland du New York Times, faisait l’éloge de MBS comme un héraut du progrès. Dans un article qui relève du panégyrique, intitulé « Enfin, le printemps arabe arrive pour l’Arabie saoudite », avec pour sous-titre « L’héritier de la couronne a de grands projets pour sa société ».

Tom Friedman n’utilise pas le terme d’extorsion en disant que le “gouvernement de MBS a fait arrêter un nombre record de princes et d’hommes d’affaires suite à des plaintes pour corruption et les a jetés dans des cellules de fortune – le Riyadh Ritz-Carlton en l’occurrence- jusqu’à ce qu’ils acceptent de restituer leurs biens mal acquis ». Pas l’ombre d’une condamnation ! Imaginez ce qu’il dirait si Poutine devait arrêter ses oligarques « jusqu’à ce qu’ils restituent leurs biens mal acquis ».

Il y a une ligne dans l’éloge de Friedman à laquelle j’accorde foi, c’est quand il dit que les Saoudiens sont satisfaits de l’opération racket : « les Saoudiens avec qui j’en ai parlé m’ont répondu sur ce ton : « il faudrait les pendre tous la tête en bas et bien les secouer pour faire tomber toute la monnaie de leurs proches, les malmener jusqu’à ce qu’ils aient tout recraché ». D’ailleurs, je suis sûr que les Américains applaudiraient si leurs milliardaires subissaient le traitement MBS. Les Russes ont été ravis, lorsque Poutine a enfermé l’oligarque Khodorkovski, et se sont plaints qu’il n’y ait qu’un sous les verrous. Ils adoreraient voir le lot complet des oligarques qui ont pillé la Russie par des actes manifestement frauduleux, planifiés selon les instructions de conseillers américains à l’époque de Boris Eltsine, proprement prélevés « jusqu’à la dernière goutte ».

Les médias ne sont pas les seuls à soutenir le schéma extorsioniste. Le secrétaire au Trésor US Steven Mnuchin a dit sur CNBC : « je pense que le prince héritier [MBS] est en train de faire un excellent travail pour transformer son pays ». Le président Trump a félicité MBS aussi en des termes semblables ; pas un mot de condamnation n’a échappé non plus au président Poutine. Même Al Jazeera, tout en rapportant l’opération de siphonnement de fonds en des termes précis, n’en a pas fait vraiment tout un plat.

Il y a une véritable conspiration du silence autour des initiatives de MBS, un complot qui englobe les médias et les gouvernements. Il a fait enlever le premier ministre libanais, l’a mis en état d’arrestation, lui a retiré son téléphone et sa montre, l’a forcé à lire à la télé une lettre de démission rédigée par les hommes de MBS, et la réponse du monde a été parfaitement maîtrisée. Il a bombardé le Yémen, causant des centaines de milliers de morts entre le choléra et la famine, et le monde n’a pas bronché. Vous vous souvenez de la riposte quand les Russes ont bombardé Alep ? La guerre de MBS contre le Yémen ne suscite pas la moindre indignation.

Mais cette chape de silence retombe sur tous. D’habitude, le système des médias globalisés propage et amplifie les nouvelles dans un petit jeu d’agences qui se font écho et qui débouche indirectement sur des ventes exceptionnelles, a écrit le journaliste Claudio Resta. Mais dans ce cas, la nouvelle, importante et spectaculaire, n’a pas fait un seul gros titre. Dans notre société du spectacle, n’avoir pas exploité quelque chose d’aussi inscrit dans le spectaculaire est un gâchis de la plus rentable des ressources des médias.

Tout le potentiel pour un grand spectacle se trouve concentré là : l’arrestation  des dignitaires et des princes du sang, y compris le célèbre al-Walid bin al-Talal, investisseur bien connu, et de Bakr bin Laden, frère du mondialement connu Oussama, tout cela devrait nourrir les médias pour des jours et des jours. Ajoutons le décor de rêve du glorieux hôtel au bord du désert. Ajoutez à l’intensité dramatique le tir de roquettes sur l’hélicoptère dans lequel tentait de fuir le prince Mansour bin Muqrin, descendu en flammes, et mettant fin aux jours du susdit et d’autres dignitaires qui tentaient en vain d’en réchapper.

Quelle histoire haletante, haute en couleurs, et en costumes authentiques, sur une monarchie du Moyen Orient ! Cela aurait fait vendre les journaux pendant au moins une semaine. Mais c’est un silence assourdissant qui a suivi.

Les mêmes médias qui nous submergent sous les détails et les opinions dans le cas de violation des droits de l’homme en Russie ou en Chine manifestent à cette occasion une indifférence olympique pour le sort qui attend des princes et des milliardaires, injustement et arbitrairement coffrés et torturés dans un pays qui n’a pas la moindre constitution ni rien qui ressemble à un Habeas Corpus. Et les Nations unies se joignent à la conspiration du silence.

C’est probablement le trait le plus inhabituel de l’affaire, qui rappelle le récit de sir Arthur Conan Doyle Le chien qui n’aboyait pas. Dans cette aventure de Sherlock Holms, un chien n’avait pas aboyé alors qu’on  sortait un cheval de courses de son écurie, et cela revenait à montrer du doigt le voleur: c’était le maître du chien.

Dans le cas de MBS, le roquet médiatique garde le silence. Cela signifie que le méga patron du système médiatique, l’ensemble de ceux que j’appelle les Maîtres du Discours, a permis et autorisé l’opération racket. Nous sommes témoins d’un évènement médiatique unique, à la limite de la révélation. Comment se peut-il qu’un prince d’un Etat de troisième rang ait été autorisé à séquestrer des premiers ministres, à descendre des princes à coup de missiles terre-air, à garder sous clé et à torturer de puissants hommes d’affaires et dignitaires, en toute impunité, et sans que les médias réagissent ?

Est-ce que c’est par peur du côté des voleurs en chef que l’exemple de MBS soit repris et qu’on leur applique chez eux le même traitement pour leur soutirer quelques milliards ?

Ou bien est-il plus probable que l’Axe du bien, soit Trump, Netanyahou et MBS, avec la force qui est derrière eux, ait décidé de laisser le champ libre au prince volontaire qui leur a promis de leur livrer Jérusalem et d’offrir la Palestine en concession à perpétuité aux Juifs ? C’était cela, l’offre des vieux Saoudiens, qui sont devenus les seigneurs de toute l’Arabie à cause de leur volonté de satisfaire les désirs des juifs. Parce qu’il y avait d’autres seigneurs arabes et d’autres dynasties, encore plus éminentes, qui pouvaient prétendre régner sur la péninsule. Mais les Saoud étaient les seuls à être prêts à laisser choir la Palestine. Et ils avaient fait leurs preuves comme traîtres, car ils avaient déjà trahi leurs maîtres ottomans pendant la révolte arabe du colonel Lawrence.

Ce qu’on appelle le plan de paix de Trump, discuté et mis en forme par Jared Kushner et MBS, comporte la reddition de la Palestine, l’abandon du droit au retour pour les réfugiés de 1948, le renoncement à la souveraineté palestinienne, le renoncement à Jérusalem. Les Palestiniens paieront, Juifs et Saoudiens se partageront les dépouilles.

Pour cela, il faut que MBS graisse la patte à Mahmoud Abbas et à l’Autorité palestinienne, ce qui n’est pas une mission impossible. Abbas n’a pas de mandat, et il ne gouverne que sur autorisation israélienne. Mais il va falloir à son tour qu’il achète le Hamas, sans quoi Gaza  restera une épine plantée dans la chair des gestionnaires. Elle est là, la raison des efforts de réconciliation entre Gaza et la Cisjordanie, entre le Hamas et le Fatah avec l’Egypte à la manœuvre. Pour le moment ces efforts ne rencontrent pas un succès spectaculaire.

Le Hamas avait accepté une réconciliation en espérant améliorer les conditions d’existence des habitants souffrant à Gaza. Le Fatah était censé faire lever les sanctions, permettre la réalimentation en électricité, permettre aux gens d’entrer et de sortir par le point de passage de Rafah. Mais les sanctions sont toujours en place, les gens vivent misérablement comme toujours, et maintenant  l’Autorité palestinienne demande à ce que des milliers de gens chassés en 2007 puissent se réinstaller à Gaza. Ce qui signifierait mettre au chômage des milliers de gens qui vivent du Hamas. Pire encore, les appels de l’Autorité au désarmement de la branche militaire du Hamas, les brigades Izz ad-Din al-Qassam, c’est tout simplement impossible.

Au lieu d’obtenir la levée des sanctions, l’Autorité exige la reddition, et reproche à l’Iran l’intransigeance du Hamas. Azzam al-Ahmad, qui est à la tête de la délégation du Fatah pour la réconciliation palestinienne, a dit que l’Iran est le « sponsor numéro un »  de la division entre factions palestiniennes. C’est ce qu’il a dit sur la chaîne saoudienne al-Arabiya.

L’Iran est le principal écueil (plus exactement le seul) en travers du plan Kushner-MBS. Cela explique en partie la fureur saoudienne. Le dirigeant suprême de l’Iran est le « nouvel Hitler du Moyen Orient”, a dit MBS à Tom Friedman. « Mais nous avons appris de l’Europe que l’apaisement, ça ne marche pas. Nous ne voulons pas que le nouvel Hitler en Iran nous refasse au Moyen Orient le coup de ce qui s’est passé en Europe ». MBS a emprunté ces termes à un discours de Netanyahou, mais il s’est retenu de citer sa source.

C’est donc l’Iran qui bloque le plan de MBS pour brader la Palestine, qui bloque la guerre de MBS contre le Yémen, qui bloque l’invasion de la Syrie. Un nouvel Hitler, assurément ! Mais les Russes, alors, alliés de l’Iran dans la guerre de Syrie ?

Eh bien les Russes ont décidé de rester à l’écart de ces évènements. Pendant la visite historique du roi Salman et de son fils MBS récemment à Moscou, apparemment les invités ont exposé leurs idées à leur hôte. Ils ont promis de maintenir les prix du pétrole élevés, et c’est important pour la Russie. Quand l’Arabie saoudite a fait chuter le prix du pétrole dans les années 1980, l’URSS s’est effondrée. Maintenant, avec des prix élevés, Poutine a décidé de payer 10 000 roubles (soit 150 dollars) par mois à chaque famille pour la naissance de son premier enfant. Apparemment, de leur côté, les Saoudiens ont accepté la présence russe en Syrie.

Poutine est un homme raisonnable; il se contente de sa part du gâteau, il ne fait pas monter les enchères. Il a appris la leçon de l’Iliade : les princes grecs et troyens  auraient pu obtenir presque tout ce qu’ils voulaient, les Grecs Hélène et une rançon substantielle, les Troyens auraient laissé les Grecs s’enfuir sains et saufs, mais il en voulaient encore plus, ils visaient la destruction totale de l’ennemi, et ils ont tout perdu. Simone Weil écrivait : «Un usage modéré de la force, qui seul permettrait d’échapper à l’engrenage, demanderait une vertu plus qu’humaine, aussi rare qu’une constante dignité dans la faiblesse. » Poutine c’est cela, à la fois dans son usage tempéré de la force et dans sa dignité entêtée en situation de faiblesse.

Cependant, tandis que les politiques russes diffèrent de celles de l’Occident, les médias russes ont été intégrés au domaine des Maîtres du Discours il y a des années. Poutine est parvenu à sauver partiellement quelques chaînes de télévision de leurs griffes, mais en général, les médias russes suivent le même canevas que les médias occidentaux. Un article antisioniste, une critique de la loi juive en Palestine a aussi peu de chances, ou moins, de paraître dans les Izvestiaque dans le NY Times. Une couverture honnête du blocus de Gaza est tout aussi impossible sur CNN que sur la première chaîne et sur Russia Today.

La critique et la discussion des évènements du royaume des Saoud ont été bloquées en Russie. Les mêmes personnes qui bloquent le débat sur les affaires israélo palestiniennes bloquent maintenant le débat sur la crise au royaume des Saoud.

Par conséquent, l’Iran et la Syrie affaiblie par la guerre sont tout ce qui reste pour faire obstacle à une victoire juive décisive au Moyen Orient. Si une centaine d’années auparavant, les juifs avaient su jeter les US dans la première guerre mondiale, en remerciement pour la Déclaration Balfour, maintenant ils peuvent remettre ça sur le boulevard ouvert par le plan de paix Kushner-MBS par-dessus la tête des Palestiniens. Car pendant ces cent dernières années, les positions juives dans le contrôle mental n’ont fait que progresser, à travers Facebook et Google.

Pourtant leurs plans peuvent échouer, comme tous les plans de MBS. Ils n’ont encore rien réussi à mettre en place,  à part faire pression sur le Qatar au Yémen en voie de disparition. Beaucoup de sang, beaucoup d’argent vont couler, ajoutant au malheur du Moyen Orient et ailleurs.

Seule satisfaction : maintenant on sait à qui appartient le chien qui n’a pas aboyé.

Israël Shamir

Article original en anglais :

The Dog That Didn’t Bark, publié le 30 novembre 2017

Cet article a été publié initialement par The Unz Review.

Traduction: Maria Poumier, Entre la Plume et l’Enclume

Qui gouverne le « Web Sombre » de la pornographie et pourquoi ?


numidia-liberum.blogspot.fr

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Selon henrymakow.com , il semble que les sites très populaires de «vidéos porno gratuites» soient secrètement financés par des gouvernements ou des oligarques milliardaires, les seules entités ou personnes qui peuvent se permettre de les financer …

 

En effet, les vidéos prennent une énorme bande passante (volume de données) sur le Web, par rapport aux pages de texte ou aux photos … Une seule vidéo peut dépasser un gigaoctet, comprenant plus de données que des centaines de pages normales … et il y a une dépense importante pour montrer une telle vidéo des millions de fois … Pourtant, des milliers d’heures de porno sur le web sont disponibles gratuitement via des sites vidéo « tube », diffusant d’énormes vagues de pornographie qui ruineraient tous les propriétaires de sites Web les plus riches.

Des sites informatiques tels que TechCrunch rapportent qu’à certains moments, le site de vidéos porno gratuit le plus populaire au monde, XVideos, dépasse de plus de 2% TOUT le volume de données de trafic Internet DANS LE MONDE ENTIER … cela juste pour UN site porno gratuit. . et il y en a ainsi plusieurs sites porno autres méga-populaires.

Les sites pornographiques gratuits ont des liens publicitaires vers des sites pay-per-view, (payez pour voir), des sites cam girl, etc … mais le modèle économique ne s’additionne pas, compte tenu de l’énorme dépense occasionnée par la transmission de milliers d’heures de vidéos pornographiques gratuites à des centaines de millions de téléspectateurs. Quel que soit le chiffre d’affaires de leurs ventes publicitaires, il semble impossible que le côté « payant » finance l’opération géante d’hébergement de vidéos, encore plus grande que l’hébergement par le consortium CIA-Google de YouTube.

En outre, il est à noter qu’il existe une «police des droits d’auteur» très partielle sur les sites de vidéos pornographiques gratuites, contrairement aux films populaires hollywoodiens récents … Il semble que les propriétaires de sites « adultes » ont collectivement un mémo pour «faciliter» la diffusion gratuite de leurs marchandises.

PROFIL ETHNIQUE

La production de porno semble liée à des nations et des cultures particulières … On dit que 80% du porno est produit aux USA, presque entièrement par des producteurs juifs, et généralement avec des actrices non juives et acteurs juifs [1].

Il a été dit que le plus grand business sur Internet dans le monde est constitué par les hommes chinois cherchant à contourner leurs portails de censure pour acheter du porno japonais.

La pornographie contamine les jeunes hommes de toutes les cultures.

Au cours des dernières années, les statistiques de l’éducation se sont inversées : maintenant les femmes obtiennent désormais plus de diplômes universitaires que les hommes dans de nombreux pays, les femmes ayant beaucoup plus de motivation de carrière, et que les jeunes cerveaux masculins se sont adonnés au porno.

LE « Dark WEB » EST UNE OPÉRATION GOUVERNEMENTALE

Différents articles parlent maintenant de l’énorme quantité de matériel pédophile sur le «Dark Web», les sites Web auxquels vous ne pouvez accéder que par le biais d’outils spéciaux comme le navigateur Tor … mais cela s’avère aussi être une opération gouvernementale.

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(Image ci dessus : Le Web Sombre semble être principalement accessible maintenant par l’intermédiaire du navigateur de Tor, dont la direction est significativement juive, en incluant le rabbin dans la photo ci-dessus d’équipe de Tor etc. … Et il apparaît que l’utilisation principale du Web profond/Tor soit la pédophilie et les autres crimes transactionnels, les drogues, etc. et non pas des «opportunités des dissidents», comme on le prétend concernant la Chine, l’Iran, etc., il semble que ce soit simplement un moyen de bloquer complètement le fonctionnement de Tor.)

Le navigateur Tor a été développé par des employés du Laboratoire de recherche navale des États-Unis liés à la CIA. Le rôle clé de Tor au service des pédophiles (ainsi que des trafiquants de drogue et d’humains), a été exposé par Andrew Anglin, 33 ans, propriétaire du site nazi, Daily Stormer, qui a fermé ses portes depuis août. à plusieurs reprises à partir d’une série d’adresses Web ordinaires.

Pour les 4 millions de visiteurs mensuels qui ont visionné son site jusqu’au mois d’août, Anglin a été contraint d’utiliser le navigateur Tor, pendant toutes ces périodes entre les courts intervalles durant lesquels il peut être vu via une adresse internet normale. Tor vous permet d’héberger un site Web qui «flotte» sur les «nœuds Tor», sans avoir besoin d’une adresse «url» web spécifique – vous pouvez transmettre au monde à partir d’un simple ordinateur dans votre placard ou votre cave.

Quand le ‘néo-nazi Daily Stormer’ a été obligé à utiliser le navigateur ‘pédophile-web’ Tor, les gens du navigateur Tor ont ouvertement discuté de modifier le programme Tor pour en bannir le ‘néo-nazi’ Anglin & the Stormer … Mais le conseil d’administration de Tor semble avoir été honteux du fait qu’Anglin ait montré que cette menace a prouvé au monde que les concepteurs de Tor – ouvertement connectés aux agences de renseignement américaines – ont intentionnellement créé Tor à l’usage des pédophiles.

Dans le passé, les directeurs de Tor évitaient toujours de bloquer les pédophiles avec Tor, même s’ils pouvaient facilement installer des outils pour réprimer les liens pédophiles qui prospèrent sur Tor … Autrement dit : les néo-nazis sont mauvais, mais les pédophiles sont OK pour les Toriens.

Comme l’écrit Anglin: « Le Dark web [accessible via Tor] est principalement utilisé par les pédophiles pour partager la pornographie infantile … Le projet Tor prétend être conçu pour les dissidents politiques chinois – ou quoi que ce soit – mais l’utilisation principale du logiciel a été la pornographie infantile, et il n’est pas crédible que cette quantité de ressources serait dépensée en quelque sorte pour les dissidents politiques chinois qui peuvent simplement acheter un VPN normal s’ils en ont besoin. Les trafiquants d’esclaves, les terroristes, les assassins et les trafiquants utilisent également le service Tor. L’équipe de développement de Tor n’avait jamais fait de commentaire sur les pédophiles ni sur quiconque utilisant le service, mais a ressenti le besoin de sortir et de condamner le Daily Stormer [néo-nazi] après que le Daily Stormer ait été forcé d’héberger via Tor. »

Le prétexte «dissidents Chinois» pour Tor est donc faux … Les gouvernements peuvent facilement et simplement bloquer l’utilisation de Tor, comme le font apparemment la Chine et l’Iran … Plus il est facile pour tout gouvernement / fournisseur Internet de voir si vous avez téléchargé Tor, même s’ils ne pouvaient pas dire où vous allez l’utiliser. Développé par des personnes liées à la CIA, Tor est généralement soupçonné d’avoir des portes dérobées pour aider le gouvernement américain, la CIA-Mossad etc. pour identifier tous les utilisateurs … y compris tous les pédophiles utilisant Tor, qui peuvent être surtout connus pour la NSA, la CIA et le Mossad. Cela leur donne une mine d’or de gens qui peuvent être mis sous chantage ou détruits chaque fois que nécessaire … tout en gardant vivant le mythe de «Tor anonyme» afin de piéger un flot de nouvelles personnes.

En parlant de piégeage, le navigateur Tor avec son profil de viol-amical-d’enfants, est agressivement promu par les faux «dissidents» que tous les grands gouvernements connaissent et qui sont des farceurs, dont   Edward Snowden, Julian Assange, qui ont vendu de vrais dissidents qui sont maintenant soit emprisonnés soit morts après avoir fait confiance à ces faux «fuyards».

Mais ceci est une autre grosse histoire… voici quelques extraits du rapport des agences de renseignement européennes sur la fraude de Snowden, touchant également le pro-israélien Assange (qui a été reconnu par Zbigniew Brzezinski et Benjamin Netanyahu comme étant au service d’agences de renseignement ): Voir http: //www.veteranstoday.com/2016/09/21/russia-govt-report-snowden-greenwald-are-cia-frauds/

Wikileaks insiste sur TOR pour recevoir des «fuites», bien sûr, après quoi vous pouvez être mort une fois qu’Assange raconte à ses patrons payeurs américains tout sur vous. Dans le cas de Peter W Smith, Assange a nié avoir reçu les fuites de Smith une fois que Smith est devenu un cadavre.

Et en fait, il est facile d’accéder aux sites Tor, y compris ses sites pédophiles etc., même sans utiliser le navigateur Tor. Aaron Swartz, le dernier «hacker» dissident suicidé, a été le pionnier des liens «Web-2-Tor» … Voici, par exemple, comment vous pouvez voir le Daily Stormer d’Anglin, qu’il soit ou non sur l’Internet «normal» en ce moment

https://dstormer6em3i4km.onion.link/

 

Les agences de Renseignement américaines sont très liées à la pornographie et se tournent vers l’industrie de la pornographie pour recruter des opérateurs clés. Jimmy ‘Jimbo’ Wales, qui assistait à des fêtes d’anniversaire intimes du défunt président israélien Shimon Peres, était un vendeur de pornographie avant d’être cueilli à la main pour devenir le chef de file de Wikipedia, site géré par la CIA.

Un ancien vendeur de pornographie – la pornographie gay dans son cas – est l’agent des Rothschild, Glenn Greenwald, pompant le canular ‘Snowden‘ qui laisse une traînée de dissidents incarcérés ou morts.

À l’instar de l’industrie de la pornographie américaine, Tor semble plutôt juif. Un ancien haut personnage de Tor, Jacob Appelbaum, a quitté Tor au milieu de grands scandales d’abus sexuels. Voici un lien vers une photo des membres juifs du conseil d’administration de Tor avec un grand rouleau cérémonial de la Torah de la synagogue juive (image ci-dessus).

Note sur Assange par  Brabantian :

Assange colporte Tor, mais comme Netanyahu lui-même a laissé échapper, Assange avec ses avocats Rothschild est un atout israélien … C’est une question de plaisanterie ouverte parmi les services européens, que les gens croient au conte de fées sur Assange ‘vivant à l’ambassade d’Équateur à Londres’, durant les 7 dernières années (!) dans un petit placard.

Apparemment, Assange vit en réalité dans un domaine appartenant à un ami des Rothschild, il vient entre et sort de l’ambassade de l’Équateur pour des photos et des réunions – c’est pourquoi la police britannique surveille l’endroit, afin qu’ils puissent faire la «place libre» pour les voitures le déplaçant … Il est entendu que les Équatoriens sont soudoyés pour cela. Les diplomates russes confirment en privé qu’ils savaient depuis le début que Snowden est une fraude aussi, il fait partie d’un grand échange de faveurs entre les États-Unis et la Russie qui continue comme il l’a toujours été depuis l’époque soviétique.

écrit par : brabantian

Traduction  Hannibal GENSERIC 

NOTES

[1] Pourquoi les Juifs ont-ils créé et développé l’industrie du porno aux USA ?

 

 

 

« Divisions culturelles » : on se joue de nous


Par Charles Hugh Smith

mondialisation.ca

Résultat de recherche d'images pour "Divisions culturelles"  Charles Hugh Smith

Même si la situation n’y est pas aussi dégradée qu’aux USA (où les divisions, attisées par une propagande incessante, deviennent catastrophiques), les deux pays prenant une direction parallèle, le propos s’applique tout aussi bien à la France.

Souvenons-nous de l’hystérie sur le « hack russe des élections ». Cette fiction médiatique s’est effondrée sous un déluge de preuves factuelles selon lesquelles les données fuitées du Parti démocrate résultaient d’une action intérieure, et d’une absence totale de preuves d’une implication russe quelconque.

Cette fiction ratée a aujourd’hui été remplacée par une nouvelle hystérie de masse : « une nouvelle guerre civile est inévitable ». Dans cette fiction, l’Amérique aurait succombé à des divisions irréductibles de type « avec nous ou contre nous » dessinées selon des lignes idéologiques de type tout ou rien.

Nous devons nous réveiller : on se joue de nous, exactement comme on se jouait de nous avec le délire sur les hackeurs russes.

La stratégie, ici, vise à la destruction de tout terrain d’entente possible : une fois l’illusion selon laquelle il n’y a aucun terrain d’entente cimentée par une hystérie/propagande incessante sur les médias et réseaux sociaux, la population se fragmente en communautés opérant comme des chambres d’écho idéologiques, et qui sont facilement manipulées par la structure de pouvoir politico-financière.

Une fois la population fragmentée en camps antagonistes, le contrôle de ces masses réduites à des communautés en conflit permanent avec les autres est facile. Plutôt que de reconnaître leur impuissance et leurs appauvrissement communs, les communautés fragmentées sont faciles à monter les unes contre les autres.

Du point de vue de chaque communauté, le problème n’est pas structurel et dû à la domination de concentrations extrêmes de richesse et de pouvoir ; le « problème » vient des autres communautés culturelles-idéologiques.

Une fois que les masses acceptent cette fausse division et la destruction des terrains d’entente, leur pouvoir d’action contre les concentrations extrêmes de richesse et de pouvoir est laminé. Cette pièce de théâtre est aussi ancienne que le machiavélisme lui-même : fabriquez des extrémistes (en les payant si nécessaire), aiguillonnez les extrémistes opposés, puis persuadez la population que ces extrémistes ont été banalisés, donc que vos amis et voisins appartiennent à l’un des groupes opposés.

Cette banalisation forme ensuite le socle d’exigences répétées de choix d’un camp – des techniques classiques de faux dilemme et de diversion.

Exactement de la même façon dont on vous vend un cheeseburger triple-bacon ou une voiture hybride, on vous vend une guerre civile culturelle totalement artificielle. Il y a toujours eu des extrémistes de chaque côté d’un spectre idéologique, de la même façon qu’il y a toujours eu des fondamentalistes religieux.

Dans une société saine, ces franges de fanatisme auto-renforcé sont à la place qui leur revient naturellement : à la marge, et ne représentent que des trous noirs d’auto-renforcement des biais et préjugés d’un nombre minuscule d’adhérents (NdT : d’une secte, d’un groupe religieux ou politique extrémiste, d’observateurs d’ovnis, de naturistes ou de fruitariens, etc.)

A des époques de stress social, politique et financier, ces groupes poussent comme des champignons. Et à des époques de saturation médiatique, une poignée d’entre eux peuvent gagner une visibilité hors de proportion avec leur importance numérique, parce que le soi-disant danger qu’ils représentent attire l’attention du public et vend de l’espace publicitaire. (Ndt : Par exemple, selon le très officiel Southern Poverty Law Center, il y a aujourd’hui entre 5000 et 8000 membres enregistrés du Ku Klux Klan au total dans les États-Unis. Sur 320 millions d’habitants !)

Ajoutez-y un peu de fragmentation, d’affectations tapageuses de vertu, d’exigences de conformisme idéologique et voilà, vous obtenez une population profondément divisée et désaxée, qui s’avère incapable de réaliser le drame qu’elle vit ou de reconnaître les sources structurelles de son appauvrissement et de son impuissance.

En d’autres termes, vous obtenez une population malléable plongée dans une fausse guerre contre elle-même.

Il y a toujours des terrains d’entente possibles pour ceux qui les cherchent. Les pouvoirs en place sont en train de faire sauter tous les ponts qu’ils peuvent, et d’encourager la peur et la haine de l’autre en attisant les flammes de l’extrémisme, et en affirmant que les extrémistes sont dorénavant banalisés et présents partout.

Tout cela est faux. Est-ce que nous achèterions une guerre civile culturelle entièrement manipulée si elle était présentée comme telle ? Non, bien sûr. Puisque ce n’est pas le cas, ne mordons pas à l’hameçon de la fiction (si utile aux élites dirigeantes) d’une « inévitable guerre civile culturelle ».

Charles Hugh Smith
Paru sur Of Two Minds et Information Clearing House sous le titre Beware the « The Cultural Civil War » Narrative: You’re Being Played

Traduction Entelekheia
Image Pixabay

A l’origine des concepts de « droits sexuels » et d’ « éducation sexuelle »


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Par Carl

Il est difficile de remonter à la source de cette dangereuse vague des « droits sexuels », même si on commence à savoir qu’elle date de la brillante époque d’Alfred Kinsey et de ses « recherches » largement critiquées aujourd’hui. Ce qui est le plus dérangeant avec ce concept, c’est qu’il considère les enfants comme des « êtres sexuels », dont la sexualité doit pouvoir s’exprimer en fonction de leurs « capacités évolutives« . Or, il s’agit d’une vieille revendication des lobbys pédophiles.

Pour y voir plus clair, rien de tel qu’une petite chronologie.

D’abord, il faut préciser que dans l’absolu, tout le monde est pour les « droits sexuels », évidemment, à part pour les pédophiles. Mais, lorsque les enfants sont inclus dans ces « droits sexuels », et qu’on considère que les enfants sont aptes à prendre des décisions d’ordre sexuel, on peut deviner une normalisation rampante de la pédocriminalité sous le couvert de ces droits sexuels.

A ce concept de « droits sexuels », il faut ajouter celui de l’ « éducation sexuelle », tout aussi pernicieux. Car là encore, tout le monde est pour l’éducation, et tout le monde veut que les adolescentes n’aient pas à avorter, donc on se dit que l’éducation sexuelle c’est bien. Cependant, quand on lit certains documents de référence comme les Standards pour l’éducation sexuelle de l’OMS (qu’on est en train de répandre en Asie), on est effrayé de constater qu’on va évoquer toutes sortes de pratiques sexuelles devant des enfants de maternelle, avec une vision de la sexualité très « pratique ». Pour mieux comprendre, je renvoie vers l’analyse d’Ariane Bilheran:

A. Bilheran – Standards pour l’éducation sexuelle en Europe – 26 avril 2017

 

Années 30 à 50 : l’entrée en jeu des fondations

Ce sont des fondations privées, comme les fondations Rockefeller ou Ford, appartenant aux magnats de l’industrie du même nom, qui ont financé les premiers travaux des précurseurs de l’éducation sexuelle, en premier lieu Alfred Kinsey.

Ces fondations privées, issues de l’argent amassé par des gens qui contrôlent de larges parts de l’industrie du pays, servent à financer le contrôle social via l’éducation et les services sociaux du pays, le tout dans l’intérêt du business, comme cela a été pointé par une commission d’enquête US dès 1915[1]. Ceci, alors que les magnats en question veulent éviter de payer le moindre impôt.

87583538_oOn a déjà évoqué assez longuement Alfred Kinsey et ce que certains qualifient encore de « recherches » au sujet de la sexualité humaine. Lui qui travaillait à l’origine sur les insectes s’est pris de passion pour les pires déviances sexuelles, pédophilie comprise, pour déterminer combien de temps il faut à un enfant pour avoir un orgasme. Il considérait aussi que la société est conditionnée à mal juger les pédophiles, et que c’est à cause de cette attitude que les victimes se sentent mal.

Kinsey passe toutefois pour une référence, même si on n’ose plus le citer dans les bibliographies. Pour diffuser les théories de Kinsey, il fallait une apparence sérieuse, et même scientifique, si bien qu’on a créé l’Institut Kinsey, qui faisait aussi des études à la commande pour des psychiatres, des psychologues, des spécialistes du travail social concernés par l’obtention de données sur les comportements sexuels…).

La fondation Rockefeller a été l’un des premiers et principaux donateurs, via le National Research Council[2] et son « comité pour la recherche sur les problématiques sexuelles : « La Fondation Rockefeller a subventionné le comité pour des recherches sur les problématiques sexuelles du National Research Council’s, pour un montant total de 1.755.000 $ de 1931 à 1954. Dans cette somme, les activités menées par le Dr Kinsey ont reçu 414.000 $ de 1941 à 1949, comme cela a été rapporté par la Fondation Rockefeller au Comité Reece » [3], écrivait Rene A. Wormser dans son livre « Foundations : Their power and influence« .

Si Kinsey a pu publier ses premiers ouvrages, c’est donc grâce à la fondation Rockefeller. Le Comité Reece a siégé de 1954 à 1956 afin d’enquêter sur les activités des fondations US qui bénéficiaient d’une exonération d’impôts. Un député s’est opposé à un volet de l’enquête : celui sur le financement de la fondation Kinsey, qui a été clos à peine ouvert avec les donations de la fondation Rockefeller.

Par ailleurs, Kinsey était très proche du directeur des Sciences Médicales de la fondation Rockefeller, un certain Alan Gregg, qui l’a toujours soutenu malgré les polémiques.

En 1948, Kinsey publie son premier tome sur la sexualité masculine, du moins une certaine vision de la sexualité masculine, « Sexual Behavior in the Human Male », avec l’argent de Rockefeller, mais quand des doutes commencent à se faire jour sur ses méthodes et que le scandale éclate, la fondation cesse ses donations annuelles à l’Institut Kinsey.

Dès les années 50, la fondation Rockefeller fonde le Population Council afin de financer de la recherche favorable la régulation de la population, et donc à l’avortement, à l’éducation sexuelle etc. Les chercheurs étaient choisis aussi dans des pays en développement afin d’y porter la bonne parole. La fondation Ford a vite rejoint le Population Council. Parmi les donateurs actuels de ce lobby, on trouve toujours la fondation Ford, mais aussi la fondation Bill & Melinda Gates, IBM, l’IPPF, la fondation Kellogg,  la fondation Nike, la fondation Packard, Save the Children, l’UNICEF, l’UNESCO, les gouvernements anglais, hollandais, suédois, norvégien, irlandais, danois, des USA.

 

1964 : Création du SIECUS, la grande offensive de l’éducation sexuelle

rubon58Le Dr Mary Calderone quitte la direction médicale du planning familial pour fonder SIECUS (Sexuality Information and Education Council of the United States) à New York, afin de développer l’éducation sexuelle. Calderone voit les enfants comme des « êtres sexuels » (car des recherches scientifiques ont découvert que des fœtus avaient des érections), dont la sexualité est mal comprise par les adultes en général, et les parents en particulier.

Calderone avait jusque-là milité pour le contrôle des naissances, et dans cette lutte pour l’éducation sexuelle, avec comme conséquence la sexualisation des jeunes et même des enfants, a bénéficié dès le départ de financements des fondations Ford et Rockefeller. Mais, une partie de l’argent venait aussi du ministère de l’Education.

Selon le Dr Judith Reisman, qui a travaillé sur l’Institut Kinsey, « faisant office de branche de l’éducation sexuelle pour l’Institut Kinsey, SIECUS transposait l’idéologie de Kinsey en programmes d’éducation sexuelle ». Les objectifs de cette éducation sexuelle ressemblent beaucoup à ce qu’on retrouve dans les Standards publiés par la branche européenne de l’OMS : apprendre aux enfants le sexe pour le plaisir, le détacher de la notion de mariage, normalisation de nombreuses pratiques comme la sodomie, la pornographie

C’est SIECUS qui a lancé l’idée que la sexualité est une partie de la santé humaine, idée qu’on retrouve dans les Standards comme dans la déclaration des droits sexuels, dont on verra dans un autre article comment ils sont mis en application dans les écoles françaises. Comme tout le monde a le droit à la santé, tout le monde a le droit à avoir sa sexualité. Soit, mais qu’en est-il des enfants et des pédophiles ? C’est là que ça coince : les enfants sont carrément intégrés à cette notion de « droits sexuels », et les pédophiles n’en sont pas exclus.

Dans les années 70, John D. Rockefeller se concentre sur l’éducation sexuelle, avec la fondation Ford. Les deux donnent de l’argent à SIECUS, ce groupuscule qui considère que les enfants ont une sexualité dès la naissance et qui sert de moteur à la propagande sur l’éducation sexuelle.

En 1974, Rockefeller met en place le Project on Human Sexual Development, qui visait à développer l’éducation sexuelle et a travaillé notamment sur la manière dont les parents parlent de sexualité à leurs enfants, se désolant que les parents évitent le sujet, ou encore sur abus sexuels sur mineurs devant les tribunaux. On l’a compris : le but était de développer l‘éducation sexuelle, version Kinsey (c’est-à-dire en cherchant à faire admettre à la société que les enfants ont, et ont besoin d’une sexualité).

Ce machin a été financé afin de faire des pseudo études scientifiques qui influencent le débat public dans le sens voulu au départ. Tous ces groupes financés par les « philanthropes » ont permis d’activer les politiques publiques. Dès la fin des années 60, le gouvernement US s’implique dans le planning familial, qui à partir de 1973 milite aussi pour l’avortement, tout juste légalisé.

 

1975 : Le pied dans la porte

2017-04-20 09_01_50-Standards OMS_fr - Standards-OMS_frUn rapport technique de l’OMS rédigé cette année-là présente pour la première fois le concept de santé sexuelle comme un élément qui permet d’ « enrichir » et d’ « améliorer la personnalité, la communication et l’amour ». Ce rapport va même plus loin, en affirmant que « à la base de ce concept il y a le droit à l’information sexuelle et le droit au plaisir ». Donc, dès 1975, le pied de l’ « éducation sexuelle » était dans la porte [4].

Clairement, ce rapport fait du Planning familial un instrument de la propagande en matière de « santé sexuelle », qui deviendra ensuite de l’ « éducation sexuelle » et s’adressera également aux enfants.

On parle déjà d’ « identité de genre », et surtout on préconise « une meilleure compréhension » et même une « attitude positive » envers les « pratiques sexuelles« , sans préciser que la pédophilie n’est pas incluse. On recommande une « neutralité » des professionnels de santé, ce qui est très bien pour les homos, trans et autres, mais pose un énorme problème dans le cas des pédophiles.

Par ailleurs, les auteurs de ce document critiquent par avance les réactions des adultes (parents et professionnels) face à la « sexualité infantile » et notamment à la masturbation des enfants (p.17). Il faut dire que les années 70 étaient une grande période de revendications pour les pédophiles, qui croyaient à leur prochaine « libération sexuelle », celle-ci passant évidemment par la « libération sexuelle » des enfants.

Enfin, de manière à préparer les mentalités à cette « éducation sexuelle », le rapport préconise de constituer une base documentaire sur la sexualité, de former les professionnels à cette question en particulier, mais aussi de développer un système d’éducation sexuelle avec des manuels, des formations, de la vulgarisation, et qui établit la santé sexuelle comme une partie intégrante de la santé globale. Avec les mêmes « droits » qui s’y rattachent.

Parmi les participants à la conférence qui a préparé ce rapport, on retrouve l’amie Calderone, qui a toujours considéré que les enfants avaient une sexualité, incomprise de leurs parents.

 

gr_9782764016633Années 90 : l’éducation sexuelle complète

En 1994 la santé sexuelle est comprise comme une part de la « santé reproductive », très à la mode à l’époque, dans le programme d’Action de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement[5].

Cette même année, SIECUS commence à diffuser ses guides pour une éducation sexuelle complète, qui connaissait sa 3e édition en 2004. Petit à petit, cette notion d’ « éducation sexuelle complète » va se répandre dans les milieux professionnels, et elle arrive désormais en Europe, notamment avec les « Standards pour l’éducation sexuelle » de l’OMS. Ce guide de SIECUS compile des recommandations pour éduquer sexuellement les enfants depuis la crèche jusqu’au bac. Comme avec les Standards qui viendront des années plus tard, ces recommandations sont présentées par tranches d’âges des enfants, et disent ce qu’on doit faire comprendre aux enfants autour de différentes thématiques liées à la sexualité.

Au fil des années 90, des conférences de l’ONU parlent de santé sexuelle. D’abord on parle de celle des femmes et des filles, puis des pays en développement, puis la santé sexuelle et reproductive est intégrée dans l’agenda des droits humains, « bougeant les droits sexuels du domaine public vers le domaine privé » (conférence de Pékin en 1995). C’est-à-dire que l’ONU va s’immiscer dans la vie privée des humains, via des politiques publiques qui prennent en charge les questions de « santé sexuelle », d’ « éducation sexuelle » et de « droits sexuels ».

Au cours des années 2000, l’IPPF (la fédération internationale du planning familial) a pris le relais, en créant du matériel « pédagogique » à destination des ONG, pour qu’elles mettent en œuvre les actions favorables à la vision ONUsienne des « droits sexuels » & Co. On a par exemple « Sexuality education in Europe. A reference guide to policies and practices » en 2006, qui s’adresse directement aux gouvernements européens, pour qu’ils « développent de meilleures politiques et pratiques liées à l’éducation sexuelle ».

 

2002 : « définir la santé sexuelle ».

2017-04-21 22_06_00-DSH layout17L’OMS publie un « document » qui est en fait un guide de recommandations à destination des Etats, au sujet de la « santé sexuelle » qu’on redéfinit. Ce document publié à Genève, l’antre du patriarcat, fait suite à une « consultation technique » qui s’est déroulée du 28 au 31 janvier 2002, organisée conjointement par l’OMS et l’Association Mondiale de Sexologie (World Association of Sexology WAS, devenue depuis l’Association mondiale pour la Santé Sexuelle, ce qui fait moins peur).

Le tout, grâce au financement de la fondation Ford, qu’on retrouve décidément souvent derrière le lobbying en faveur des « droits sexuels » et qui bénéficie d’un statut consultatif au conseil économique et social de l’ONU depuis 2014.

On retrouve aussi parmi les participants à cette conférence plusieurs représentants de la fondation Ford, dont un médecin spécialisé dans la santé sexuelle, le genre etc. Il y a aussi plusieurs membres de l’IPPF ou de SIECUS, des « sexologues » souvent rattachés à l’Association mondiale de sexologie, quelques universitaires.

Le but de la conférence de 2002, qui a réuni une soixantaine d’ « experts », était triple :

  1. Discuter (formaliser en réalité) des concepts clés, notamment la notion de « santé sexuelle » qui a été redéfinie ;
  2. Examiner les barrières spécifiques à la promotion de la santé sexuelle pour les adultes et les adolescents (notez qu’on ne parlait donc pas encore officiellement de la santé sexuelle des enfants).
  3. Proposer des stratégies appropriées et effectives pour promouvoir la santé sexuelle.

Ce « document » est assez hypocrite car il prétexte la « santé sexuelle » pour faire passer l’ « éducation sexuelle ». Il répond, nous dit-on, à une demande la pan American Health Organization (PAHO), de l’OMS Europe et l’Asso mondiale de Sexologie, qui voulaient mettre à jour le rapport de 1975. L’OMS a suivi en organisant des groupes de travail qui ont permis de pondre ledit « document ».

Les chevilles ouvrières de cette « consultation technique » sont :

La conclusion cette conférence de 2002, et du document qui va avec, attaque sur tous les fronts de la propagande, afin de rendre évidente cette notion obscure de « droits sexuels » :

  • Développer et étendre un programme de recherche élargi sur la sexualité et convoquer une réunion pour définir les priorités de recherche.
  • Élaborer des documents d’orientation normatifs sur la sexualité, la santé sexuelle le développement sexuel pour les pays en voie de développement.
  • Élaborer des programmes et des outils de formation sur la sexualité humaine pour les médecins et les agents de santé.
  • Évaluer les modèles de prestation de services et les programmes pour établir les meilleures pratiques liées à la santé sexuelle.
  • Plaider pour la collecte de données relatives à la sexualité et à la santé sexuelle dans tous les pays.
  • Évaluer les méthodes de recherche pour étudier la sexualité et les comportements sexuels et élaborer un document d’orientation sur les méthodes de recherche.
  • Développer la capacité de recherche dans le comportement sexuel et la sexualité dans les pays en développement.
  • Élaborer un document d’orientation complet sur la santé sexuelle pour aider les pays à élaborer une stratégie nationale et des politiques publiques en matière de santé sexuelle.

 

2006 : le Plan stratégique de l’IPPF pour une « éducation sexuelle complète »

C5yQDzEXEAAYjjxEn 2006, l’IPPF sort son « plan stratégique pour une éducation sexuelle complète ». D’entrée de jeu, on nous explique que « L’IPPF reconnait le droit de tous les jeunes à profiter de la sexualité et à exprimer leur sexualité de la manière qu’ils ont choisie ». Très bien, mais à partir de quel âge est-on un « jeune » (young people) ? Est-ce qu’à 12 ans, 10 ans, on est un « jeune » ?

L’IPPF se donne donc pour mission de « promouvoir, protéger et faire respecter » les droits sexuels et reproductifs de « tous les jeunes ». Et de préciser que « Cela inclut le droit à l’information et à l’éducation à la sexualité« , y compris pour les enfants de tous âges en fonction de leurs « capacités évolutives », ce concept flou et génial qui permet de considérer des mineurs comme des personnes libres d’avoir un consentement éclairé. Ce qui n’est évidemment pas le cas, mais rejoint toutà= à fait la propagande pédophile.

Le concept d’ « éducation sexuelle complète », quant à lui, touche aussi bien les aspects biologiques que sociétaux, émotionnels, et concerne toutes les tranches d’âge. Cette éducation complète comprend sept volets :

  • Le genre
  • La santé sexuelle et reproductive et le SIDA
  • Les droits sexuels et la « citoyenneté sexuelle »
  • Le plaisir
  • La violence
  • La diversité
  • Les relations

Jamais l’IPPF ne rappelle que les mineurs doivent être protégés de la sexualité adulte et avec les adultes.

Dans ce document, l’IPPF donne aux ONG un mode d’emploi pour mettre sur la place publique ces questions d’éducation sexuelle : en développant des partenariats axés sur l’ « éducation sexuelle complète » avec des professionnels de tous horizons, impliquer les jeunes dans le processus, axer la communication sur les besoins des jeunes en matière de sexualité, créer un plan afin de surmonter les obstacles dans la mise en œuvre de l’éducation sexuelle complète, intégrer les questions du SIDA et des MST dans le concept…

L’IPPF recommande encore, par exemple :

  • D’« établir un environnement d’apprentissage sécurisé dans lequel les discussions ouvertes et sans jugement sur le sexe, la sexualité et la santé sexuelle peut avoir lieu ». On comprend donc qu’il ne sera pas question de remettre en cause le concept d’éducation sexuelle complète ni ses corollaires comme celui d’enfants aux « capacités évolutives ».
  •  » Élaborer un « accord de groupe » avant de commencer tout travail pour s’assurer des limites de discussion qui protègent les jeunes et les éducateurs ». C’est-à-dire qu’avant même les débats, un consensus est déjà défini par les spécialistes qui sont dans le coup, pour cadrer ce qui est acceptable ou pas. D’où, probablement, l’absence totale de la notion de mineur dans ces textes et la non exclusion de la pédophilie des pratiques acceptables.

 

2011 : « Le guide des jeunes sur les droits sexuels »

2017-04-26 20_17_28-exclaim_ippf_fr_webL’IPPF sort en plusieurs langues une plaquette à destination des « jeunes », intitulée « Exprime-toi ! Le guide des jeunes sur les droits sexuels : une déclaration de l’IPPF ». Ce guide explique donc aux « jeunes », dont on ne nous précise jamais l’âge minimal (12 ans, 10 ans) en quoi consiste ce concept de droits sexuels. On y retrouve le jargon habituel, mais un passage est assez interpellant : c’est les 3 paragraphes de la page 9 qui répondent à la question « qu’est-ce qui rend les droits sexuels des jeunes différents de ceux des adultes ? ». Il est assez édifiant (j’ai mis en gras quelques passages) :

« Les droits sexuels des jeunes sont différents et plus complexes que les droits sexuels des adultes. Une raison pour ceci est le reniement généralisé de la sexualité des jeunes. Il existe une idée fausse selon laquelle les jeunes ne sont pas, ou ne devraient pas être des êtres sexuels, avec l’exception de certains groupes, tels que les jeunes mariés ou les jeunes au-delà d’un certain âge. La sexualité est un aspect fondamental de l’être humain durant toutes les phases de la vie de chaque individu.

Une autre raison pour laquelle les droits sexuels des jeunes sont particulièrement complexes est due au besoin, d’un coté de protéger les jeunes et de l’autre, de leur offrir des opportunités de développement.

Il existe une supposition commune que les jeunes sont incapables de décider par eux-mêmes, donnant donc aux parents ou aux autres adultes une autorité complète sur les décisions liées à leur sexualité. La résistance à reconnaitre la sexualité des jeunes ainsi que leurs capacités de prendre des décisions faites que la lutte pour les droits sexuels des jeunes est encore plus difficile.

Un des défis les plus fondamentaux dans le travail ayant une perspective basée sur les droits est de réussir à trouver un équilibre entre les droits des jeunes à la protection et leur droit à la participation et à la prise de responsabilités pour exercer leurs droits.

2017-04-27 14_14_26-exclaim_ippf_fr_webComme chaque jeune se développe à son propre rythme, il n’existe pas d’âge standard dans lequel certains droits sexuels et protections gagnent ou perdent de l’importance. Par conséquent, le fait de trouver un équilibre entre la protection et l’autonomie devrait être basé sur le développement des capacités individuelles de chaque jeune. »

Si on comprend bien ce texte, les jeunes de tous âges, donc les enfants compris, ont des capacités évolutives différentes d’un individu à l’autre. Il est donc arbitraire de fixer une limite d’âge à l’exercice des droits sexuels, et jauger en fonction des « capacités individuelles ». On revient donc sur la notion de mineur, qui n’a pas le libre consentement et ne peut donc consentir à des rapports sexuels, qui plus est avec un adulte.

Un peu plus loin dans le document, on tombe sur une explication d’une des notions-clés contenues dans les droits sexuels : le jeune, ou enfant aux « capacités évolutives ». Où l’on comprend clairement que selon les rédacteurs de ce guide, mêmes des « enfants de bas âge » sont aptes à prendre des décisions.

On fait aussi beaucoup l’amalgame entre « jeune » et « enfant », passant d’un concept à l’autre au gré des besoins. Tout cela pour finalement nous expliquer qu’il faut arrêter de protéger les enfants/jeunes en fonction de leur âge, mais le faire en fonction de leurs « capacités évolutives ». Si on suit ce raisonnement, un enfant déjà sexualisé car déjà violé, même s’il n’a que 6 ou 7 ans, est considéré comme un être sexuel capable de décider d’avoir des relations sexuelles, y compris avec des adultes.

Et on comprend aussi que personne n’aura le droit de s’opposer à ces choix sexuels, même pas les parents. Précisions aussi que dans sa déclaration des droits sexuels, l’IPPF préconise de laisser les jeunes signer des contrats, comme des contrats de mariage, peut-on supposer, ou des contrats avec un chirurgien esthétique pour changer de sexe.

Voici ce texte, j’ai mis en gars des passages inquiétants, je propose un petit exercice de lecture entre les lignes afin de mieux comprendre les objectifs poursuivis par ce machin :

« L’enfance et la jeunesse sont des périodes de transition et de changement. Le concept de l’enfance peut varier d’un pays à l’autre, mais en général les enfants de bas âge ont plus besoin de protection et d’assistance de la part des adultes pour prendre des décisions que les jeunes plus âgés. En grandissant, les capacités émotionnelles, intellectuelles, physiques et mentales des enfants se développent ».

Explication : si on nous dit que les enfants en bas âge ont « en général » plus besoin de protection et d’assistance pour prendre des décisions, c’est qu’on considère :

  1. Que les enfants en bas âge peuvent prendre des décisions
  2. Que les enfants en bas âge n’ont pas toujours besoins de protection et d’assistance pour prendre des décisions, y compris en matière de sexualité puisque c’est bien de cela dont il est question.

« Parallèlement, les jeunes peuvent encore avoir des expériences et des informations limitées, surtout celles liées à la sexualité. ‘ Le développement des capacités ‘ signifie que chaque jeune développe graduellement la capacité d’assumer complètement ses actes et décisions. Ceci a lieu à un rythme différent pour chaque jeune. A un âge déterminé, certains jeunes seront plus mûrs et expérimentés que d’autres. Les iniquités sociales influencent également sur les capacités des jeunes. Ceci signifie donc que le fait de trouver un bon équilibre entre la protection et l’autonomie est un processus complexe qui demande à ce qu’on tienne compte de la capacité individuelle de chaque jeune, au lieu de se focaliser sur son âge« .

2017-05-07 12_19_44-Liste de raccourcis pour Mozilla FirefoxExplication : L’IPPF considère que les jeunes/enfants peuvent avoir des expériences « liées à la sexualité ». Que les jeunes/enfants évoluant à des rythmes différents les uns des autres, certains sont aptes à « assumer complètement leurs actes et décisions » dans le domaine de la sexualité. Enfin, l’IPPF nous explique qu’il faut donc moins protéger et rendre davantage autonomes les jeunes avant même leur majorité sexuelle, concept qui, si on lit bien le délire de l’IPPF, est obsolète.

« Les adultes, parents, tuteurs et l’Etat ont la responsabilité d’assurer que les droits des jeunes soient respectés à tout âge. Ceci implique l’assurance d’un environnement propice pour le développement, qui garantit simultanément une protection contre le danger lorsque les jeunes manquent de connaissances, capacités ou d’expérience pour se protéger entièrement. En toute situation, le développement des capacités des jeunes pour exercer leurs droits de manière autonome doivent être reconnues ».

Explication : ce passage est très dangereux. En effet, il soulève l’obligation pour les parents et tout autre adulte de reconnaitre le « développement des capacités » du mineur dans la prise de décision en matière sexuelle. Autrement dit : votre nièce de 12 ans vous dit qu’elle est tombée amoureuse du voisin qui en a 25 ou plus, et vous devez l’encourager dans sa prise de décision puisque la freiner est interdit et que vous devez la laisser « exprimer sa sexualité« .

educacion-sexual-2Rappelons encore une fois que si les mineurs ne votent pas, ne signent pas de contrats et ne peuvent pas s’engager dans l’armée, c’est parce qu’ils n’ont pas de consentement éclairé, parce qu’en tant que mineurs ils ne peuvent pas prendre du recul par rapport aux situations comme ils le font des adultes. L’IPPF anéantit totalement cette notion de protection des mineurs.

« Nous devons adopter une approche progressive des droits sexuels des jeunes. Ils devraient simultanément être habilités à exercer leurs droits par eux-mêmes, tout en étant protégés et guidés avec leur meilleur intérêt à l’esprit. Les programmes et services pour les jeunes doivent également respecter leur diversité, par exemple ethnique, culturelle et les différences sexuelles.

Le concept de développement des capacités des jeunes est issu de la Convention relative aux droits de l’enfant (ONU). Cet instrument met l’accent sur les droits des enfants et des adolescents, et également appelle les dirigeants et les sociétés à valoriser les opinions et les décisions des jeunes en vue de leur développement des capacités ».

Explication : les jeunes ont des droits sexuels dès leur naissance, et ceux-ci sont évolutifs en fonction des capacités de chacun à prendre des décisions. Les adultes doivent favoriser l’autonomie dans la prise de décision du jeune en matière sexuelle.

L’IPPF s’appuie sur la Convention des droits de l’enfant de l’ONU [6], qui n’a pas grand chose à voir avec la sexualité, pour affirmer des principes tels que le « développement des capacités » ou encore celui d’ « enfant aux capacités évolutives », évoqués par la Convention.

 

La Sexual Rights Initiative

Cette coalition d’ « organisations » favorables à l’ « éducation sexuelle » mène elle aussi un important lobbying auprès des institutions internationales. Elle est notamment financée par la Fondation Ford. Son but est d’intégrer les « droits sexuels et reproductifs » dans les droits humains, en agissant principalement sur le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, qui fait ensuite des recommandations aux Etats.

9782715221659FS« Pour assurer la responsabilité et la mise en œuvre par les États membres, Ford soutient également les organisations de la société civile et leurs partenaires pour invoquer stratégiquement les normes et les arguments en matière de droits de l’homme dans leurs plaidoyers nationaux et internationaux », explique une chercheuse de la fondation Ford. En gros, on cherche à faire passer des lois répondant aux objectifs de l’éducation sexuelle et des droits sexuels, via la pression d’associations censées représenter la « société civile ».

En Amérique Latine, le lobbying est particulièrement intensif, et vise le monde académique, le monde de la recherche ainsi que les juristes : « Les bénéficiaires (des dons de la fondation Ford) collaborent également pour organiser des rencontres régionales biennales en Amérique latine afin d’éduquer les juges, les huissiers de justice, les associations d’avocats, les universitaires et les militants en matière de santé et de droits reproductifs dans les forums internationaux, régionaux et nationaux et de renforcer les approches sur la façon d’appliquer ces avancées dans leurs contextes respectifs. De même, Ford finance un réseau de militants juridiques et de chercheurs en Amérique latine pour promouvoir l’engagement des professeurs de droit latino-américains et les juges dans l’avancement des droits sexuels et reproductifs et l’intégration des normes relatives aux droits de l’homme dans leurs pratiques juridiques et pédagogiques.

Les droits sexuels et reproductifs en tant que droits de l’homme sont également poussés dans le cadre de l’agenda du développement global« .

On peut citer des dizaines et des dizaines d’ONG qui travaillent à répandre l’éducation sexuelle à travers le monde, comme en d’autres temps certains ont joué les missionnaires. Tous les continents sont concernés, et rvasemblablement d’Europe, où on a diffusé en premier ces théories de « droits sexuels » et d’ « éducation sexuelle » a servi de laboratoire. Maintenant que l’argumentaire est rôdé et que les structures qui répandent cela passent pour légitimes, le rouleau compresseur peut passer dans les pays moins riches.

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En filigrane des principaux textes sur le sujet, on comprend bien que l’enfant devient un être sexuel, avec des droits sexuels qu’il convient d’épanouir. Par ailleurs, introduire dès l’école primaire les questionnements sur le genre peut poser question, surtout quand on sait que la déclaration des droits sexuels de l’IPPF prévoit que les enfants aux capacités évolutives puissent signer des contrats.

Si on n’y prend pas garde dès à présent, nous allons faire face à une légalisation rampante de la pédophilie, mais pas seulement. le corollaire de cette sexualisation très précoce des enfants sera de les mettre en insécurité davantage par rapport à la sexualité en général, et la leur en particulier. L’ « éducation sexuelle » telle qu’elle est conçue aujourd’hui dans les instances internationales et etlle qu’elle sera bientôt transmise en france, répond à la vieille demande des lobbys pédophiles, à savoir considérer les enfants comme des êtres sexuels avec des fantasmes d’ordre sexuel, plaqués sur la sexualité adulte.

 


[1] La commission Walsh.

[2] Créé en 1921, le National Research Council a été financé par le bureau de l’hygiène sociale, puis c’est la fondation Rockefeller qui a pris le relais à partir de 1933. Bien que les administrateurs se soient toujours montrés conservateurs dans leurs décisions, ils ont financé les « recherches » de Kinsey avec l’argent de la fondation Rockefeller : 1.600 $ en 1941, et 40.000 $ par an à partir de 1947. Le National Research Council servait de devanture pour le financement d’autres structures du même genre, comme l’Institute for Sex Research.

[3] Devant la commission Reece, le représentant de la fondation Rockefeller a expliqué qu’en 1931, l’idée est venue de s’intéresser de près à « la physiologie reproductive et au comportement ». On est alors à quelques années seulement de l’arrivée d’Hitler et de son délire eugéniste.

[4] Notamment, l’un des buts de la conférence de l’OMS qui a précédé la rédaction du rapport était de faire des recommandations sur « le rôle de la sexologie dans les programmes de santé, et particulièrement dans les activités de planification familiale. Il était également question de faire des recommandations sur « le contenu et la méthodologie d’enseignement de la sexualité humaine aux professions de santé », de lancer et organiser des programmes d’enseignement sur la sexualité humaine… A ce stade, on ne parle toujours pas de sexualité des enfants aux « capacités évolutives », mais aucune barrière n’empêche qu’on parle de cela ensuite.

[5] International Conference on Population and Development (ICPD)

[6] Dans la convention des droits de l’enfant, on affirme le concept de « développement des capacités » des enfants, et on oblige les parents et tous les adultes à leur donner « l’orientation et les conseils appropriés à l’exercice des droits » des enfants. Parmi ces droits, « la liberté de pensée, de conscience et de religion » (comme si un enfant de 5 ans pouvait choisir une religion de manière éclairée, et pouvait penser de manière autonome à avoir des relations sexuelles avec des adultes ou même d’autres enfants), mais jamais la convention ne parle de « droits sexuels ».

Collusion wahhabo-sioniste en vue !


mondialisation.ca

Mine de rien, une députée israélienne vient de découvrir le pot aux roses. Avec ingénuité, cette élue du parti de gauche « Meretz » a révélé que 122 militaires israéliens et américains étaient en activité sur une base aérienne saoudienne. Cette situation l’horrifie, dit-elle, car ces militaires sont inutilement exposés au « terrorisme saoudien » ! On ne sait s’il faut attribuer cette indignation à la candeur des sionistes de gauche ou à leur duplicité coutumière. Mais l’affaire a le mérite de lever le voile sur la collaboration militaire israélo-saoudienne au moment où l’Arabie saoudite est engagée dans une partie de bras de fer avec l’Iran.

Selon des sources citées par cette parlementaire, l’opération viserait à déployer un système antiaérien extrêmement performant sur le sol saoudien tout en consolidant le système antimissile israélien « Dôme de fer ». Un accord en ce sens aurait même été paraphé au cours de la visite de Barack Obama à Riyad en avril 2016. Ainsi, la Maison blanche ferait coup double. Les Saoudiens nourrissant à l’égard des missiles iraniens la même hantise que les Israéliens à l’égard de ceux du Hezbollah, l’Oncle Sam réunit ses deux alliés régionaux en les gratifiant des derniers joujoux du complexe militaro-industriel.

D’étranges conciliabules laissaient supposer que Riyad et Tel Aviv nouaient clandestinement un partenariat militaire malgré l’absence de relations officielles entre les deux pays. On se doutait bien que la non-reconnaissance d’Israël par la pétromonarchie préférée des Occidentaux n’était plus qu’un héritage suranné, lié à la grande époque de la « solidarité arabe » et voué par l’esprit du temps à finir aux oubliettes. De nombreux indices nourrissaient le soupçon d’une telle connivence, avivé par des convergences d’intérêt qui n’échappent à personne. Désormais, c’est fait. Un pas été franchi. La coopération entre Israël et les Saoud s’étale au grand jour avec la bénédiction américaine. Il faut d’ailleurs reconnaître que certains Saoudiens avaient anticipé ce rapprochement. Il suffit de rappeler les déclarations prémonitoires du prince Walid Ben Talal en octobre 2015.

Selon le quotidien koweïtien « Al Qabas », il déclara : « Je me rangerai du côté de la nation juive et de ses aspirations démocratiques dans le cas du déclenchement d’une Intifada palestinienne, et j’userai de toute mon influence pour briser les initiatives arabes sinistres visant à condamner Tel-Aviv, parce que je considère l’entente israélo-arabe et une future amitié comme nécessaire pour empêcher l’extension dangereuse de l’Iran ». On n’entendit guère les amis occidentaux d’Israël, à l’époque, se scandaliser de cette déclaration d’amour d’un coupeur de tête esclavagiste pour la « seule démocratie du Moyen-Orient » (si vous êtes un laïque européen) ou la « lumière des nations » (si vous êtes un puritain américain).

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Le prince Al-Walid BenTalal – DR.

Mais continuons avec le prince Walid. « Par conséquent, dit-il, l’Arabie Saoudite et Israël doivent renforcer leurs relations et former un front uni pour contrecarrer le programme ambitieux de Téhéran ». Fort logiquement, la République islamique d’Iran est en ligne de mire. Mais il y a plus. Le quotidien koweïtien « Al Qabas » précise que le prince Al-Walid BenTalal s’est exprimé lors d’une tournée régionale visant à obtenir un soutien pour les rebelles saoudiens présents en Syrie ». Cette ultime précision dévoile le fond de l’affaire. Car Washington, Riyad et Tel Aviv ont le même désir de provoquer la chute du président syrien. Les Saoudiens sont les sponsors officiels de ces hordes de mercenaires décérébrés dont raffolent les droit-de-l’hommistes. Mais Israël et les USA sont les bénéficiaires ultimes de cette tentative de destruction d’un Etat syrien qui a trois fâcheuses manies : il défend sa souveraineté, il soutient le Hezbollah et réclame la restitution du Golan.

suite…

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Syrie, les dés sont jetés, par Israël Adam Shamir


Publié le 04/09/2015

Par Israël Adam Shamir, 3 septembre 2015

Nonobstant hésitations et dénégations, la Russie s’embarque bel et bien dans une ambitieuse expansion de sa présence syrienne, qui peut bouleverser les règles du jeu dans le pays en lambeaux. La base navale russe de Tartous, petite, obsolète, servant aux réparations, va être agrandie, tandis que Jablleh, près de Latakia (jadis Laodicée) va devenir la base aérienne russe et une base navale à plein régime en Méditerranée orientale, au-delà des minces détroits du Bosphore. Les multitudes djihadistes qui assiègent Damas vont pouvoir être contraintes à l’obéissance et à la soumission, et le gouvernement du président Assad connaîtra la délivrance, hors de danger. La guerre contre Daesch (ISIS) fournira la couverture pour cette opération. Voici le premier rapport sur ces événements décisifs, sur la base de sources confidentielles russes à Moscou, des sources habituellement fiables.

Le journaliste d’investigation, dissident et bien informé Thierry Meyssan[1] a signalé l’arrivée de nombreux conseillers  russes. Les  Russes ont commencé à partager leurs images par satellite en temps réel avec leurs alliés syriens, ajoutait-il. Un site d’information israélien a ajouté : « la Russie a commencé son intervention militaire en Syrie », et a prédit que « dans les semaines qui viennent des milliers militaires russes se préparent à atterrir en Syrie »[2]. Les Russes ont promptement démenti.

Le président Bachar Al Assad y a fait allusion[3] il y a quelques jours en exprimant sa pleine confiance dans le soutien russe à Damas. Six premiers jets de combat MIG-31 ont atterri à Damas il y a deux semaines, selon le journal officiel RG[4], et Michael Weiss dans le Daily Beast d’extrême-droite [5]a offert une description saisissante de la pénétration russe en Syrie. Le journal Al-Quds al-Arabi mentionne Jableh comme le lieu de la deuxième base.

Nous pouvons maintenant confirmer que, pour autant que nous puissions le savoir, malgré les dénégations (souvenons-nous de la Crimée), la Russie a fait son choix et pris la décision très importante d’entrer en guerre en Syrie. Cette décision peut encore sauver la Syrie de l’effondrement total et par ricochet éviter à l’Europe d’être noyée sous les vagues de réfugiés. L’armée de l’air russe va combattre Daesch ouvertement, mais va probablement aussi bombarder (comme  David Weiss en fait le pari) les alliés des USA de l’opposition al-Nosra (autrefois appelée al-Quaeda) et d’autres extrémistes islamiques pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas moyen de les distinguer de Daesch.

Le ministre russe des Affaires étrangères Serguéï Lavrov a proposé d’organiser une nouvelle coalition contre Daesch incluant l’armée d’Assad, les Saoudiens et certaines forces d’opposition. L’émissaire US en Russie ont dit qu’il n’y avait aucune chance que les Saoudiens ou d’autres Etats du Golfe acceptent d’unir leurs forces avec Assad. La Russie continue à projeter de bâtir cette coalition, mais, vu le rejet américain, apparemment le président Poutine a décidé de passer à l’action.

La Russie est très ennuyée par les victoires de Daesch…

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