Ces islamophobes promoteurs de l’islamisme


claudeelkhal.blogspot.com

Des étudiantes dans l’Afghanistan des années 70

Contrairement à ce qu’affirment les islamophobes, l’essor de l’islamisme – comme on aime à l’appeler en France – n’est pas intrinsèque à l’islam, mais le résultat direct de la politique américaine et atlantiste au Moyen-Orient.

Al-Qaeda est née en Afghanistan, nourrie par les armes et l’argent américains. Idem pour Daech, créé suite à l’invasion de l’Irak. Sans oublier la Libye, devenue terrain fertile des jihadistes après sa destruction par l’Otan.

Par ailleurs, l’islam radical ne se serait sans doute jamais autant développé en France et en Europe sans le financement des alliés de l’Otan: le Qatar et l’Arabie Saoudite – Donald Trump n’a-t-il pas récemment rappelé que les États-Unis étaient les protecteurs de la monarchie saoudienne?

De plus, le développement de l’islam radical en France a beaucoup plus à voir avec la politique mercantile et irresponsable de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, clients des régimes wahhabites qatari et saoudien, qu’avec la foi musulmane.

Quant au si décrié Hamas – la branche palestinienne des Frères Musulmans, il a été créé avec l’aide d’Israël pour affaiblir le Fatah de Yasser Arafat – de l’aveu même d’un ancien diplomate israélien. Israël a également admis il y a quelques mois avoir financé et armé des « rebelles » dans le Golan syrien occupé, c’est-à-dire des membres d’al-Nosra, la branche d’Al-Qaeda en Syrie.

Des années 50 aux années 80 du siècle dernier, l’islamisme – l’interprétation rigoriste des lois coraniques et son application stricte dans la sphère publique – n’était pas en odeur de sainteté dans les pays arabes à majorité musulmane. Souvenons-nous des moqueries de Nasser en Égypte à propos du voile obligatoire.

Mais la France et surtout la Grande Bretagne voulaient faire tomber le raïs égyptien. Ils ont donc soutenu, protégé et nourri ses pires ennemis: les Frères Musulmans. Peu importe si cette confrérie affichaient des idées contraires aux principes qui ont fondé les démocraties occidentales.
L’idéologie des Frères Musulmans – le fameux islam politique dont on nous parle tant – est, avec le wahhabisme, la principale inspiration des groupes « takfiristes » (appelés aussi « jihadistes ») à travers le monde, d’Al-Qaeda à Daech, en passant par les Talibans.
Dans l’Irak de Saddam Hussein et la Syrie de Hafez el-Assad, tous les deux musulmans mais adeptes de l’idéologique baasiste, laïque et socialiste, les islamistes étaient pourchassés et écrasés dans le sang, comme ce fut le cas du soulèvement des Frères Musulmans à Hama en Syrie au début des années 80.
L’invasion de l’Irak et la chute de Saddam Hussein puis la guerre en Syrie contre le régime baasiste ont été une bénédiction pour les islamistes qui ont pu y constituer de véritables armées, et dans le cas de Daech, créer un état, un califat autoproclamé, à cheval sur les deux pays en ruine.
L’Afghanistan, pour sa part, était communiste. Afin de l’arracher à la mainmise soviétique, les États-Unis ont financé, entrainé et armé des rebelles afghans, majoritairement islamistes. Leurs héritiers ont constitué le mouvement des Talibans. Les États-Unis ont également créé une « légion arabe » sous la direction d’Oussama Ben Laden pour combattre les Soviétiques. Cette « légion », formée de mercenaires islamistes venus de plusieurs pays de la région, est devenue Al-Qaeda.
Bien que se revendiquant de l’islam, la Jamahiriya libyenne du colonel Kadhafi ne tolérait pas les mouvements fondamentalistes religieux. Sa chute, la destruction ainsi que le dépeçage de la Libye ont permis aux islamistes de sortir au grand jour et transformer le pays en havre pour jihadistes du monde entier.
La plupart des islamophobes militants qui hantent les plateaux de télévision et les colonnes des journaux et magazines soutiennent la politique américaine et atlantiste au Moyen-Orient, notamment l’invasion de l’Irak, la destruction de la Libye et la guerre en Syrie. Ils ont par conséquent applaudi les décisions politiques et militaires qui ont contribué à l’essor de l’islamisme.
En France, nombre d’entre eux ont soutenu ou travaillé avec Nicolas Sarkozy ou François Hollande. Ils ont donc adoubé, souvent par leur silence, les décisions qui ont favorisé la mainmise saoudienne et qatarie sur l’islam hexagonal et, ce faisant, ont participé activement à sa communautarisation et sa radicalisation.
Bref, hypocrisie suprême, ces islamophobes veulent nous effrayer avec un islamismequ’ils ont eux-mêmes contribué, directement ou indirectement, à développer en France, en Europe et au Moyen-Orient.
© Claude El Khal, 2019
Claude El Khal : Born in Beirut, schooled in Paris, lived and worked in London, Dubai and of course Beirut. Writer, filmmaker, journalist, former aspiring comedian, occasional cartoonist. I write in english with a slight french accent and in french with a lebanese inflection.

Le temps des scélérats


www.tlaxcala-int.org

Koldo Campos Sagaseta

Juan Carlos (dit Koldo) Campos Sagaseta de Ilúrdoz est poète, dramaturge et chroniqueur. Né à Iruñea /Pamplona (Euskal Herria/Pays basque) le 14 avril 1954, il a pris en 1981 la nationalité de la République Dominicaine, où il a longtemps vécu, avant de revenir au Pays basque en 2005. Collaborateur de La Pluma.

Titre original: La hora de los canallas

Traduit par  Jacques Boutard

La piste qui mène au pétrole mène aussi à la guerre et à la destruction : Irak, Libye, Syrie…  Venezuela. La plus grande réserve de pétrole au monde se trouve au Venezuela, qui  dispose aussi de beaucoup d’autres ressources naturelles de grande valeur.  C’est la raison pour laquelle, depuis que l’Histoire a changé de cap au Venezuela, le Marché, qui règle les destinées du monde, a décidé de son sort.  Les urnes n’ayant pas répondu à ses désirs,  tous les autres procédés habituels  «pour contraindre les pays qui ne veulent pas entendre raison », pour citer Obama,  ont été mis en œuvre :  blocus, sabotages, appropriation illicite des richesses, émeutes de rue, assassinats, terrorisme, attentats, coups d’État…

http://i0.wp.com/www.revistarepublica.com.mx/wp-content/uploads/2019/01/fisgon-8.jpg?w=326

Que  Simon Bolivar nous pardonne

Voilà où nous en sommes. Confiné sous le chapiteau du cirque où il cache sa honte, Donald Trump, représentant et porte-parole du « monde libre », choisit le « président du Venezuela », qui prête serment sur une estrade, en pleine rue.  Et l’Europe l’applaudit. Tous les clowns sont en scène. Il ne manque que l’ « homme-canon », mais on le réserve pour le dernier numéro, qui aura lieu dans huit jours au plus.

Les grands médias se chargeront de faire comprendre pourquoi on a faim au Venezuela et pas au Honduras ou au Salvador ; pourquoi l’urgence humanitaire nous inquiète au Venezuela et pourquoi on se fout de ce qui se passe en Haïti ; pourquoi la violence au Venezuela nous alarme tandis que les massacres en Colombie nous laissent  froids; pourquoi la corruption au  Venezuela fait la une des journaux et pas celle qui règne  en République Dominicaine ; pourquoi les émeutes sont légitimes à Caracas et subversives à Paris; pourquoi Maduro est un dictateur, et Bolsonaro et Macri, des présidents; pourquoi le gouvernement bolivarien du Venezuela est un « régime » et les autres colonies yankees sont des gouvernements auxquels l’Empire donne licence de continuer à s’appeler des républiques.

Quand les masques tombent, les scélérats émergent dans  toute leur splendeur.

(Euskal presoak-euskal herrira/Llibertat presos politics/Altsasukoak aske/Aurrera Gobierno Bolivariano de Venezuela) [Liberté pour les prisonniers politiques basques et catalans/Vive le gouvernement bolivarien du Venezuela]

Si la presse est scélérate, que les murs prennent la parole

 

11 Septembre 2001 : Crimes financiers impunis !


lelibrepenseur.org

À l’occasion de cet énième anniversaire des attentats du 11 septembre qui arrive et de la propagande que l’on va devoir subir, il est intéressant de revenir sur les crimes financiers, délits d’initiés plus exactement, qui ont précédé les attentats et qui a le seul prouve que des personnalités haut placées savaient ce qui allait se passer. Pourtant, il n’y a eu aucune sanction et aucun emprisonnement suite à ses magouilles crapuleuses et honteuses qui ont profité d’un assassinat de masse pour se faire de l’argent, encore plus d’argent !
Du coup, une question morale et philosophique s’impose : quel est le pire des deux ? Les nids terroristes qui commet son attentat ou le citoyen américain qui profite du carnage pour se faire plus d’argent ?

 


11 Septembre 2001 – Crimes financiers impunis

Nous vous présentons ici notre débat filmé sur les attentats du 11 septembre 2001. Un regard portant sur les délits d’initiés constatés pendant la semaine précédant cet attentat et plus généralement sur les dérives toujours grandissantes de la finance mondiale.

Notre projet initial était d’analyser ces délits de haute volée qui demeurent à ce jour toujours couverts et impunis par la justice. Et d’établir en même temps de possibles corrélations avec les multiples scandales et dérives financières que nous constatons aujourd’hui.

Après avoir longuement prospecté afin de vous proposer deux ou trois spécialistes ayant travaillé sur ces deux sujets, notre choix s’est porté sur deux spécialistes dans ces domaines – M. Marc Chesney , Directeur de l’Institut banque et finance de l’Université de Zurich et M.Denis Robert journaliste français d’investigation et écrivain – qui ont accepté de débattre sur ces sujets.

Le point de vue de Monsieur Chesney sur les délits d’initiés du 11 septembre est capital, puisqu’il est le premier spécialiste en sciences économiques à avoir produit (avril 201O) une étude sérieuse et fouillée sur ce dossier.

Monsieur Denis Robert avec son travail de longue haleine sur ce symbole particulier des dérives de la finance mondiale qu’est Clearstream était la personne la plus idoine pour nourrir le débat. Ces deux personnalités ayant marqué leur désir d’échanger et M.Denis Robert s’étant déclaré disposé à se pencher sur le dossier du 11 septembre 2001 dans l’optique d’un entretien filmé avec M.Chesney, notre débat s’annonçait prometteur.


Gérard Lazare

Source : Carrefour des consciences

Dr. Melvin Goodman : « Nous n’avons évidemment rien appris de la défaite au Vietnam il y a quarante ans » — Algérie Résistance


Dr. Melvin Goodman. DR. English version here Por traducir, haga clic derecho sobre el texto Per tradurre, cliccate a destra sul testo Um zu übersetzen, klicken Sie rechts auf den Text Щелкните правой кнопкой мыши на тексте, чтобы перевести Για να μεταφράσετε, κάντε δεξί κλικ στο κείμενο Mohsen Abdelmoumen : Dans votre livre incontournable “Whistleblower at the CIA: […]

via Dr. Melvin Goodman : « Nous n’avons évidemment rien appris de la défaite au Vietnam il y a quarante ans » — Algérie Résistance

Jamal Zougam, bouc émissaire des attentats de Madrid ?


Comment être consterné sans être étonné …

Tous ces médias sont à vomir !

Contre pouvoir ?

Mon Q sur la commode ! comme dirait l’autre…

Que des esclaves de leurs vies de petits bourgeois.

lelibrepenseur.org

C’est véritablement le petit frère du 11/9 US. Documentaire très bien réalisé qui commence avec les preuves de l’accusation que les médias vont diffuser et répéter les jours suivant les attentats, puis il démontera point par point ces informations qui s’avèrent toutes fausses, inventées et créées de toutes pièces : pas d’autopsies, explosif non identifié, fausses traductions, sac inconnu, témoignages bidons, trains détruits 3 jours après les attentats…

Lorsque des attentats sont commis par des islamistes djihadistes on ne comprend pas du tout pourquoi les autorités policières ont besoin d’inventer un responsable. En réalité, cette affaire ressemble beaucoup aux attentats de type Gladio que l’Italie a connus dans les années noires, attentats commis par les agents de l’OTAN qui vont très vite essayer de trouver un bouc émissaire pour lui faire porter la responsabilité du massacre ; hier c’était les communistes en Italie, aujourd’hui ce sont les musulmans…


Le site du film : http://nouveaudreyfus.net Vous pouvez aussi le voir sur le site des MUTINS DE PANGEE, parmi d’autres films documentaires passionnants (N’hésitez pas à louer certains films et ainsi soutenir la production indépendante) : http://lesmutins.org/un-nouveau-dreyfus (Cliquez sur l’icone à droite « Louer – VOD », puis « ajouter au panier », vous devrez juste créer un compte, le film est gratuit)

Dr. Tewfik Hamel : « Le terrorisme risque de devenir ingérable dans un proche avenir » (Partie 2) — Algérie Résistance


Dr. Tewfik Hamel English version here Por traducir, haga clic derecho sobre el texto Per tradurre, cliccate a destra sul testo Um zu übersetzen, klicken Sie rechts auf den Text Щелкните правой кнопкой мыши на тексте, чтобы перевести Για να μεταφράσετε, κάντε δεξί κλικ στο κείμενο Mohsen Abdelmoumen : Pensez-vous que l’Algérie demeure un acteur régional […]

via Dr. Tewfik Hamel : « Le terrorisme risque de devenir ingérable dans un proche avenir » (Partie 2) — Algérie Résistance

Face aux attentats terroristes, où sont les « musulmans modérés » ? Réponse !


lelibrepenseur.org

par Bardamu

La réponse est pourtant simple. Ils demandent où sont les musulmans, ben tout simplement 6 pieds sous terre puisqu’ils sont tous en train de mourir sous les bombes de terroristes et des pilonnages de l’alliance démocrateuse humaniste. Cela fait des décennies que les musulmans sont massacrés par des terroristes soutenus, financés et armés par l’Occident, dans sa volonté et sa quête de suprématie mondiale. Les seuls embargos économiques réalisés sur l’Irak ont tué des centaines de milliers d’enfants, c’était le prix de la démocratie, selon Madeleine Albright !

D’ailleurs, on cherche toujours, mais sans rien trouver nulle part, les « condamnations unanimes occidentales » du massacre des musulmans birmans par les intégristes bouddhistes ! C’est très curieux cette façon de faire et de penser qui démontre que l’Occidental, ou du moins ses élites, pensent certainement avoir une vie et un sens beaucoup plus précieux que ceux des musulmans qui sont certainement à leurs yeux des êtres inférieurs non encore civilisés. Pourtant, on a vu ces derniers jours certains membres de la communauté LGBT, Pierre Bergé en tête, s’offusquer du traitement violent que subissent les homosexuels en Tchétchénie. De nombreuses manifestations ont eu lieu et Monsieur Macron a même demandé à Vladimir Poutine d’intervenir et de faire quelque chose. Par contre, pour les Rohingyas, aucune déclaration à l’horizon, pas même le moindre mot ! Des centaines de milliers de morts syriens, irakiens, afghans, algériens… qui sont tous morts par la main du fameux terrorisme islamique, armée par l’Occident et ses sous-fifres locaux. Les salafistes takfiris wahhabites saoudiens ne sont-ils pas les meilleurs amis de l’empire yankee ? L’histoire récente nous l’a démontré.

Du coup, les musulmans du monde entier n’ont absolument aucune leçon d’humanisme à recevoir d’Occidentaux décadents et hypocrites, incapables de produire de simples œufs sans avoir à martyriser de pauvres poules incarcérées dans des cages métalliques, d’une façon historiquement inégalée…

Après chaque nouvelle attaque terroriste en Occident, faussement commise au nom de l’Islam par des hérétiques ou des mercenaires, des politiciens tentent de profiter de la tragédie en faisant de tous les musulmans des boucs émissaires et en diabolisant toute une religion mondiale, alors même que plus de 90% des victimes de Daech sont des musulmans, qu’ils sont en première ligne pour les combattre et que les crimes commis par l’Occident ou Israël, principaux soutiens du takfirisme et du wahhabisme, ne sont (légitimement) pas imputés au christianisme ou au judaïsme. Le Dr John Andrew Morrow rappelle quelques faits sur l’Islam et les musulmans.

Selon le Pew Research Center, 93% du monde islamique est composé de sunnites, chiites et soufis. Ce sont les musulmans orthodoxes. 7% du monde islamique sont composés de Salafistes, Wahhabis et Takfiris. Ce ne sont pas des musulmans orthodoxes. Ce sont des hérétiques. Ce sont les personnes désignées en Occident comme des islamistes, des jihadistes et des islamo-fascistes. En termes statistiques, il n’y a absolument aucun doute que l’écrasante majorité des musulmans sont tout aussi respectueux des lois que les membres de toute autre foi monothéiste. Quiconque prétend autre chose est malhonnête et trompeur…

[Ceux qui stigmatisent les musulmans] invoquent le fait que de nombreux musulmans du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud soutiennent la peine de mort pour l’apostasie. Cependant, ils ignorent commodément l’image plus large. 71% de musulmans tunisiens, 73% de musulmans thaïlandais, 78% de musulmans tadjiks, 83% de musulmans turcs, 82% de musulmans indonésiens, 85% de musulmans de Bosnie et de Russie, 89% de musulmans du Kosovo, 92% de musulmans albanais et 96% des musulmans kazakhs s’opposent à la peine de mort pour les personnes qui quittent l’Islam…

Plus de 60% des musulmans soutiennent la démocratie. Si cela semble faible pour certains, c’est parce que les musulmans ont été victimes de fausses démocraties depuis la fin de l’époque coloniale. Si 40% s’opposent à la démocratie, c’est la « démocratie » des dictateurs et des monarques militaires à laquelle ils s’opposent, ainsi que la « démocratie » de l’invasion et de l’occupation occidentales. Interrogés sur la liberté religieuse, 92,6% des musulmans ont affirmé que c’était une bonne chose. Comme le confirme le Pew Research Center, la majorité des musulmans s’opposent à l’extrémisme, au terrorisme et aux attentats suicide…

Dénoncer les islamistes radicaux et les djihadistes n’est pas un acte islamophobe. Je le fais tout le temps et je suis un musulman pratiquant. Mettre tous les musulmans dans le même sac, les peindre grossièrement, falsifier les faits et essayer de convaincre les gens que même les femmes musulmanes éduquées, non voilées et sans accent sont des extrémistes, c’est l’exemple même de l’islamophobie. Il est également islamophobe de prétendre que les musulmans ne se mobilisent pas pour dénoncer la terreur islamiste parce qu’ils ont secrètement une sympathie pour les terroristes. Faux ! Ils le dénoncent tout le temps, par millions. Les voix musulmanes, cependant, sont systématiquement censurées par les médias dominants.

Combien de personnes ont entendu parler du Code d’honneur musulman de l’ISNA (Société Islamique d’Amérique du Nord)? Il dénonce l’extrémisme et la violence.

Combien de personnes ont entendu parler de la Fatwa contre le terrorisme et les attentats-suicides ? Publiée par le Dr Muhammad Tahir al-Qadri en 2010, elle affirme que « le terrorisme est le terrorisme, la violence est la violence, ils n’ont pas leur place dans l’enseignement islamique et aucune justification ne peut être fournie pour eux. » En 2014, il a affirmé que « L’idéologie de Daech revient à de la mécréace pour l’Islam. C’est un anti-Islam, opposé aux enseignements du Prophète de l’islam. »

Combien de personnes ont entendu parler de l’Initiative des Pactes ? Inspirée par Les Pactes du Prophète Muhammad avec les Chrétiens du monde, ce mouvement international de musulmans est impliqué dans la protection des juifs, des chrétiens et des musulmans persécutés et a été à l’avant-garde de la guerre idéologique contre Daech.

Combien de personnes ont entendu parler de la Fatwa de Bin Bayyah ? En septembre 2014, Cheikh Abdallah Bin Bayyah, l’un des savants les plus influents de l’Islam sunnite, a promulgué une longue fatwa condamnant Daech.

Combien de personnes ont entendu parler de la Lettre à Baghdadi ? Sortie en septembre 2014, c’est une réfutation méticuleuse de Daech. Elle a été signée par plus d’une centaine d’éminents spécialistes de l’Islam et dirigée personnellement vers le chef du faux Etat islamique.

Combien de personnes ont entendu parler du Message d’Amman ? Publié en novembre 2004 et signé par 200 chercheurs islamiques de plus de 50 pays, il appelle à la tolérance dans le monde musulman.

Combien de personnes ont entendu parler de la Déclaration de l’Organisation de coopération islamique ? Publiée en 2014, elle déclare que Daech n’a « rien à voir avec l’Islam » et a commis des crimes « qui ne peuvent être tolérés ».

Combien de personnes ont entendu parler de la Fatwa d’al-Azhar ? Émise en 2014, elle affirme que Daech est « un danger pour l’Islam ».

Combien de personnes ont entendu parler de la Déclaration de la Ligue arabe ? Publiée en 2014, elle dénonce les « crimes contre l’humanité » commis par Daech.

Combien de personnes ont entendu parler de la Fatwa qui a été émise par le premier clerc turc, le Mufti Mehmet Gormez ? Émise en 2014, elle affirme que Daech « fait des dégâts considérables» contre l’Islam et les musulmans.

Combien de personnes ont entendu parler des condamnations contre Daech émises par le CAIR (Conseil pour les relations islamo-américaines) ? Depuis 2014, ils ont condamné à maintes reprises Daech comme « non-islamique et moralement répugnant ».

Combien de personnes ont entendu parler de la Déclaration faite par le Conseil musulman de la Grande-Bretagne ? Emise en 2014, elle affirme que « la violence n’a pas sa place dans la religion. »

Combien de personnes ont entendu parler de la Fatwa publiée par le Conseil de jurisprudence de la Société islamique d’Amérique du Nord ? Publiée en 2014 et signée par 126 éminents musulmans, elle affirme que les actions de Daech ne sont en aucun cas représentatives des enseignements de l’Islam.

Combien de personnes ont entendu parler la Fatwa commune sunnite-chiite édictée par 100 Imams britanniques ? Emise en 2014, elle décrit Daech comme un groupe « illégitime » et « cruel ».

Combien de personnes ont entendu parler de la Déclaration publiée par le Conseil des affaires publiques musulmanes ? Publié en 2014, elle condamne Daech et appelle les musulmans à « s’opposer à l’extrémisme ».

Combien de personnes ont entendu parler de Nahdlatul Ulama ? C’est la plus grande organisation islamique au monde, représentant 50 millions de musulmans indonésiens. En 2014, la NU a lancé une campagne mondiale contre l’extrémisme et le wahhabisme.

Combien de personnes ont entendu parler des pensées de Cheikh Muhammad al-Yaqubi sur Daech ? Dans une interview menée en 2014, il a affirmé que « Daech n’a aucune nationalité. Sa nationalité est la terreur, la sauvagerie et la haine. » En outre, il a affirmé que « Baghdadi va tout droit en enfer. »

En 2015, Cheikh al-Yaqubi a publié une conférence intitulée Rejeter Daech : une réfutation de ses fondations religieuses et idéologiques. Dans sa brochure, il déclare que Daech constitue la menace la plus grave que l’Islam ait jamais rencontrée [ce qui est également la position de Sayed Hassan Nasrallah, Sayed Ali Khamenei, Sayed Sistani, etc., qui sont en première ligne du combat contre Daech].

Combien de personnes ont entendu parler du djihad qui a été déclaré par le Groupe de Jeunes Musulmans au Royaume-Uni en 2015 ? Ils ont déclaré que des groupes comme Daech n’ont « aucun lien avec l’islam ou la communauté musulmane ».

Combien de personnes ont entendu parler de la Fatwa de masse contre Daech ? Publiée en décembre 2015, elle a été signée par plus de 100 000 clercs musulmans en Inde, au Bangladesh et au-delà, et approuvés par des millions de musulmans.

Combien de personnes ont entendu parler de la Déclaration de Marrakech ? Publiée en 2016 et signée par des centaines de grands dirigeants musulmans, elle exprime leur engagement collectif à l’égard des droits humains, civils, religieux et aux droits des communautés minoritaires dans les pays musulmans.

Last but not least, combien de personnes ont entendu parler de la Déclaration de Grozny qui a excommunié les Salafistes-Takfiris ? Une Fatwa commune émise en Tchétchénie en 2016 par, entre autres, le Grand Cheikh d’Al-Azhar, la plus haute autorité de l’Islam sunnite, a déclaré explicitement que « les Salafistes-Takfirists, Daech (le soi-disant « Etat islamique ») et les groupes extrémistes similaires « n’étaient pas ‘musulmans’ ». [Et la liste est encore longue, et s’étend à toutes les communautés musulmanes d’Orient et d’Occident].

Il est crucial de faire la distinction entre les masses d’êtres humains musulmans et la minuscule minorité de terroristes sub-humains. Les valeurs traditionnelles de l’Islam sont parfaitement compatibles avec les valeurs traditionnelles du monde occidental : valeurs judéo-chrétiennes et valeurs humanitaires. Le Prophète Muhammad a produit la première Constitution dans l’histoire politique de l’humanité. Les Pactes du Prophète ont été les premiers à consacrer les notions modernes de droits civiques et humains. Les principes du Prophète ont influencé la Renaissance européenne, le Code napoléonien, la Constitution américaine et la Déclaration universelle des droits de l’homme.

L’Islam orthodoxe, traditionnel, dominant, civilisationnel et classique n’a pas besoin d’être réformé. Il doit être guéri d’une maladie, d’une innovation toxique, appelée salafisme takfiri, une tumeur cancéreuse attachée au corps de l’Islam. Elle n’appartient pas au corps. Elle veut affaiblir, détruire et tuer le corps. Il faut l’amputer. Plus tôt la tumeur cancéreuse sera enlevée chirurgicalement, mieux ce sera pour les musulmans et les non-musulmans.

Dr John Andrew Morrow, fier musulman, pour l’Initiative des Pactes, mouvement international de protection des victimes de Daech.

 Source : Shafaqna

Discours temporel sur une religion atemporelle: Trump et l’islam


Par Chems Eddine Chitour

«Many people are saying it was wonderful that Mrs. Obama refused to wear a scarf in Saudi Arabia, but they were insulted. We have enuf enemies»                    («De nombreuses personnes disent que c’était merveilleux que Mme Obama refuse de porter un foulard en Arabie, mais [les Saoudiens] ont été insultés. Nous avons déjà assez d’ennemis»)  Donald Trump, 29 Janvier 2015

 

Une habitude des hommes politiques occidentaux de donner leur vision de l’Islam une religion qui est l’espérance de plus d’un milliard d’humains. Même, le pape Benoît XVI en son temps s’était autorisé lui aussi, à donner sa vision de l’islam avec, en creux , expliquer d’une façon prosélyte les dangers de l’islam. Le monde avait besoin de souffler après la tornade Bush et sa croisade assumée, sa lutte entre le bien et le mal. Autant de termes bibliques qui contribuent à élargir le fossé. On se souvient aussi du «beau discours» de Obama à l’université du Caire où avec des envolées lyriques peut-être sincères, il appelait à la paix avec beaucoup de respect envers les musulmans. Ce fut huit ans de haine de mort, violentes, avec en prime la création ex nihilo de Daech EI…que l’on combat d’un côté et que l’on soutient de l’autre. La fameuse phrase de Laurent Fabius à propose d’une organisation terroriste crée par les occidentaux pour diaboliser l’Islam et au passage détruire la Syrie «  Al Nosra fait du bon boulot » raisonne encore dans nos têtes !!!

Résultat des courses: un prix Nobel fut attribué à Obama, et ses deux mandats ont vu aussi les pires dérives, notamment les attaques ciblées «d’ennemis de la nation américaine» principalement des pays musulmans. Les attaques par drones firent beaucoup de dégâts ce qu’un euphémisme désigne par dommages collatéraux. Entendons par là la mort, le deuil et les traumatismes à vie de ceux qui en réchappent. Là encore nous fûmes d’une certaine façon, déçus d’Obama qui tergiversait – il tenait toujours la canne par le milieu- Il annonça lui-même la mort de Bin Laden et avait laissé Hillary Clinton faire sa guerre en Libye avec comme cadeau sa fameuse phrase à l’annonce du lynchage du dirigeant musulman: «Je suis venu, j’ai vu… Il est mort.» Bref, l’élection de Trump contre toute attente avait permis naïvement de faire naître des espoirs chez les musulmans et les autres, «Tout sauf Clinton disait-on au vu de son comportement va- t-en guerre contre l’islam et son alignement éternel sur Israël.

La doxa occidentale et la faute originelle

Il est convenu dans les pays occidentaux que chaque fois qu’il y ait un attentat, sans aucune réserve on désigne l’islam comme bouc émissaire. L’attentat de Charlie Hebdo attribué immédiatement aux islamistes ne s’avère pas aussi juste, il y aurait dans le coup des services de gendarmerie qui auraient été en relation avec un indic qui serait partie prenante du transport des armes qui ont servi au massacre…

D’autre part, sans faire dans la concurrence victimaire, tous les attentats réalisés par des terroristes dits islamiques avec des armes vendues par les Occidentaux se sont soldés par la perte de près de 500 vies. De l’autre côté du curseur, l’unité de référence est différente. Il faut multiplier par 100 pour avoir une idée des pertes de vies humaines. Nous l’avons vu avec Andres Breivik, nazi qui s’assume et qui a tué près d’une soixantaine d’enfants et à qui on trouve des circonstances atténuantes. Le criminel a fait un procès à l’Etat norvégien du fait que la lumière crue de la cellule le gêne. Il a gagné son procès!

Dans ces conditions où pour l’Occident il n’y a pas de bénéfice du doute qui ne peut être dissipé qu’après une enquête minutieuse, la messe est dite concernant l’Islam; «Ce n’est pas toi c’est donc ton frère!». Si en plus même au sein de la «oumma» islamique, plus atomisée que jamais, des guerres hégémoniques pour le leadership divisent encore plus l’unité du monde musulman, les Occidentaux ont beau jeu de dresser les uns contre les autres surtout si en plus cela rapporte. C’est le cas de la haine viscérale d’une monarchie moyenâgeuse qui exporte le terrorisme salafiste responsable des malheurs actuels, avec la bénédiction de l’Occident qui veut stopper l’Iran qu’elle accuse de vouloir étendre le chiisme. Pour cela l’Arabie saoudite s’associe avec Israël et les Etats-Unis qu’elle appâte.

Donald Trump en Arabie Saoudite : soutien politique contre mégacontrats

 Il y a un an, la monarchie saoudienne avait réservé un accueil assez glacial à son prédécesseur, Barack Obama, critiqué pour avoir amorcé un début de rapprochement avec l’Iran. Justement, la visite de Trump le 20 mai en Arabie saoudite qui aurait coûté près de 60 millions de dollars pour son organisation! samedi 20 mai. L’Arabie saoudite ne demande qu’à intensifier ses relations avec les États-Unis, pour cela il y a un prix à payer. D’autant que les relations étaient dégradées par Barack Obama car il avait renoué le contact avec l’Iran. Donald Trump a reçu de la main même du roi Salmane, une des distinctions les plus importantes du pays. Des accords commerciaux pour un montant de 380 milliards de dollars. Sur l’ensemble de ces contrats, un tiers concerne la vente d’armement. «La valeur des investissements dépasse les 380 milliards de dollars», a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir lors d’une conférence de presse avec son homologue américain Rex Tillerson.

Le commerce des armes

La signature de très gros contrats. Outre les rencontres bilatérales, dont celle avec le roi Salmane, Donald Trump a consacré la première de ses deux journées à Riyadh aux investissements, avec l’annonce d’une série de contrats gigantesques. «C’était une journée formidable», a lancé samedi le président républicain. «Des centaines de milliards de dollars d’investissements aux Etats-Unis et des emplois, des emplois, des emplois.» L’agence officielle saoudienne SPA a fait état de 34 accords dans des domaines de la défense, du pétrole et du transport aérien. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a pour sa part évoqué des contrats militaires d’une valeur de près de 110 milliards de dollars, présentés comme «l’accord d’armements le plus important de l’histoire des Etats-Unis». Ils ont pour but de «soutenir la sécurité à long terme de l’Arabie saoudite et de l’ensemble du Golfe face à la mauvaise influence iranienne et aux menaces liées à l’Iran qui existent aux frontières de l’Arabie saoudite», a assuré Rex Tillerson. C’est donc coup double pour les Etats -Unis: des contrats mirobolante avec en prime la diabolisation de l’Iran ce qui n’est pas pour déplaire à Israël.

Justement, le professeur Jules Dufour nous explique le commerce des armes.

«Le commerce mondial des armements est florissant. Des guerres qui se prolongent s’avèrent un condiment parfait pour les industries de guerre des pays occidentaux. Depuis le début du siècle, les monarchies du Golfe utilisent les dividendes générés par les exportations de pétrole en étant parmi les plus actifs dans l’importation d’armements. Il s’agit d’une escalade dans ce recours au matériel de défense. Se trouvant dans l’aire immédiate de l’influence de la Russie et voisins de l’Iran et d’Israël les pays du Golfe continueront de s’approvisionner avec les armements produits en Occident. Il importe de rappeler que les principaux exportateurs d’armements de l’UE ont vu leurs ventes grimper en 2016 et, notamment, la France qui a atteint un niveau record de 20 milliards de dollars avec la vente d’une valeur de 16 milliards d’euros grâce à l’Inde qui a conclu en septembre 2016 l’achat de 36 avions de combat Rafale fabriqués par le groupe Dassault, pour environ 8 milliards d’euros. Après des débuts difficiles à l’exportation, le Rafale a trouvé pour la première fois preneurs en 2015: le Qatar et l’Égypte ont chacun acquis 24 appareils. (Le Monde).» (1)

Le discours sur l’islam : Rien de nouveau sous le soleil

Dans un discours à Riyadh, devant les représentants d’une cinquantaine de nations musulmanes, dont 37 chefs d’Etat ou de gouvernement, Donald Trump s’est déclaré, dimanche, porteur d’un message «d’amitié, d’espoir et d’amour». Il a exhorté les pays musulmans à n’offrir aucun «refuge aux terroristes» et a annoncé un accord avec les pays du Golfe pour lutter contre le financement du «terrorisme». «Il s’agit d’une bataille entre des criminels barbares qui cherchent à éradiquer la vie humaine et des gens bien de toutes les confessions qui cherchent à la protéger», a-t-il déclaré. Invitant les pays arabes à compter avant tout sur eux-mêmes, il a estimé que «les nations du Proche-Orient ne peuvent attendre que la puissance américaine écrase cet ennemi à leur place.»

Donald Trump a appelé tous les pays à «isoler» l’Iran. «En attendant que le régime iranien montre sa volonté d’être un partenaire dans la paix, toutes les nations dotées d’un sens des responsabilités doivent travailler ensemble pour l’isoler», a-t-il dit en accusant la République islamique d’attiser «les feux du conflit sectaire et du terrorisme.»

Pour le Réseau Voltaire dont les propos sont curieusement équilibrés:

«Contrairement à ce que rapportent les agences de presse occidentales et à ce qu’avait fait le président Obama en Égypte il y a huit ans, le président Donald Trump n’a pas prononcé de discours sur l’Islam lors de son voyage en Arabie saoudite. Rappelant que son voyage qui débutait en Arabie saoudite, terre des Lieux saints de l’islam, se poursuivrait à Jérusalem, Bethléem et au Vatican, il a appelé à la pratique de la tolérance et du respect entre les trois religions abrahamiques. Centrant son discours sur la lutte contre le terrorisme, il a fait appel aux sentiments religieux et humanistes des responsables musulmans présents pour leur enjoindre à ne plus coopérer avec ceux qui sèment la mort. Il les a invités à participer au Global Center for Combating Extremist Ideology (Centre global pour combattre l’idéologie extrémiste). En voici les principaux extraits:» (2)

«Nous ne sommes pas ici pour donner des conférences, nous ne sommes pas ici pour dire aux autres comment ils doivent vivre, agir, apprendre ou adorer. Au lieu de cela, nous sommes ici pour offrir un partenariat – basé sur des intérêts et des valeurs partagés – afin de poursuivre un avenir meilleur pour nous tous. (…) C’est un choix entre deux futurs – et c’est un choix que l’Amérique ne peut pas faire pour vous. Un meilleur avenir n’est possible que si vos nations rejettent les terroristes et les extrémistes. Mettez les dehors. Mettez les hors de vos lieux de culte. Mettez les hors de vos communautés. Mettez les hors de votre terre sainte. Mettez les hors de notre terre.» (2)

Curieusement une fois de plus l’inflexion du discours de Thierry Meyssan qui avait une analyse plus lucide, trouve quelques circonstances atténuantes à ce discours au point de l’expliciter pour nous qui n’avons rien compris, semble –t-il nous dire.

Il écrit : «Pour notre part, écrit-il l’Amérique s’est engagée à ajuster ses stratégies pour faire face à l’évolution des menaces et aux faits nouveaux. Nous éliminerons les stratégies qui n’ont pas fonctionné et nous appliquerons de nouvelles approches éclairées par l’expérience et le jugement. Nous adoptons un réalisme de principe, ancré dans des valeurs communes et des intérêts partagés. (…) Les responsables religieux doivent rendre cela absolument clair: la barbarie ne vous délivrera aucune gloire – la dévotion envers le mal ne vous apportera aucune dignité. Si vous choisissez le chemin de la terreur, votre vie sera vide, votre vie sera brève, et votre âme sera condamnée. (…) Avec l’aide de Dieu, ce sommet marquera le début de la fin pour ceux qui pratiquent la terreur et répandent leur vil credo. Dans le même temps, nous prions pour qu’on puisse se souvenir un jour de ce rassemblement comme le début de la paix au Moyen-Orient – et peut-être même dans le monde entier. (…) Je vous demande de vous joindre à moi, de vous joindre à moi, de travailler ensemble, et de lutter ensemble – Unis, nous ne faillirons pas. Je vous remercie. Dieu vous bénisse. Dieu bénisse vos pays. Et Dieu bénisse les États-Unis d’Amérique.» (2) Amen.

Pour ceux qui espéraient, avec l’élection de Donald Trump, une politique étrangère alternative des Etats-Unis, je crois que c’est raté.:

«Guerre du Bien contre le Mal, des gens sensés contres les barbares», guerre contre le terrorisme, diabolisation de l’Iran, de la Syrie, du Hezbollah et du Hamas, le président américain a en revanche a été très obséquieux envers ses hôtes saoudiens, soulignant qu’ils ont signé pour 400 milliards de dollars de contrat (dont plus de 100 milliard pour l’armement), et se réjouissant de l’octroi de pouvoirs supplémentaires au femmes saoudiennes d’ici 2030. Point très surprenant: il appelle tous les pays arabo-musulmans à chasser les terroristes hors de leurs frontières (et par conséquences, à les répandre dans le monde) là où l’on aurait pu s’attendre de sa part, à ce qu’il appelle plutôt à les tuer (ce qui ne serait pas une solution en soit) ou à les capturer.» (3)

Il n’a pas parlé de la dimension spirituelle de la région et de son apport à la condition humaine, il est venu le vé des troupes pour combattre un monstre que l’Occident a crée et qu’il nomme Etat Islamique. Les Musulmans qui ont toutes les peines du monde – exception faite de l’Arabie saoudite- à prendre leur distance avec cette idéologie mortifère concoctée dans les laboratoires des pays occidentaux qui veulent reshaper le monde,

Cela nous rappelle en définitive le discours du bien et du mal cher à Bush Junior Trump relance la machine néoconservatrice. Ça a toujours été le discours des néoconservateurs depuis Bush, Sarkozy, Blair Hollande, Fabius, Thierry Meyssan semble vouloir encore et toujours défendre Trump. C’est un discours de Tartuffe destiné à tromper les citoyens de l’Occident (Les autres de toutes façons ne croient pas en la civilisation occidentale). Trump sait bien que le terrorisme mondial est organisé pas les USA, Israël, les rois du pétrole dont les Saoudiens, avec la complicité des gouvernements européens. Ce n’est pas en jouant les Tartuffes que Trump va convaincre les Saoudiens d’arrêter leur guerre terroriste au Yémen.

Donald Trump en Israël

Le président américain est arrivé en Israël, le 22 mai accueilli par le Premier ministre israélien. Il s’est ensuite rendu à Jérusalem, ville sainte pour chrétiens, juifs et musulmans, après avoir affirmé que la paix apparemment insaisissable entre Israéliens et Palestiniens était possible. M.Trump a certes nommé comme nouvel ambassadeur David Friedman, un opposant de la solution à deux Etats. dans un entretien au quotidien Israel Hayom: il déclare aucun gel des colonies ne sera exigé par Washington; aucun plan ou feuille de route ne sera imposé. Le déménagement de l’ambassade vers Jérusalem, promis pendant sa campagne est en attente. Pas de contrat pas un dollar! Au contraire l’aide américaine est de 3 milliards de dollars et les armes américaines aux Israéliens seront toujours les meilleures que celles du bas de gamme fourguées aux Arabes et aux musulmans pour qu’ils s’entretuent.

La considération de Trump pour l’Islam

Tout à fait autre chose en termes d’empathie et de respect. Donald Trump s’est rendu devant le Mur des Lamentations, une première pour un président américain en exercice. Avant Donald Trump, aucun président américain en exercice ne s’y était rendu. Dans cet ordre d’idées, nous avons remarqué que la première dame américaine avait les cheveux découverts, lors de sa visite , comme le fit Michelle Obama dans les mêmes conditions ce qui a provoqué le twitt de Donald Trump du 29 janvier 2015. Twitt dans lequel il constatait le non respect du peuple saoudien. L’histoire ne s’arrête pas là , de passage au Vatican ( à la fois Etat, et Mecque des Chrétiens, la femme et la fille de Trump ont mis des voilettes pour être reçu par le pape. Cette symbolique à géométrie variable plus que cent discours la perception de l’Occident de la considération qu’il a pour le judaïsme , le christianisme et le tiers exclus de la Révélation Abrahamique.

Conclusion

 Rien de nouveau sous le soleil mais Business as usual En définitive, Trump fait coup double, il pompe encore les ressources financières de l’Arabie, et il s’assure que le job sera fait concernant la destruction de la Syrie, du Yémen, et l’Iran. +110 milliards d’armement pour faire quoi? Tuer en finançant les groupes terroristes. Pour continuer à tuer les Yéménites qui ont à faire à une épouvantable épidémie de choléra? Pour attaquer un jour l’Iran? Pourtant, il suffit de 50 milliards de dollars/an pour éradiquer la faim sur Terre!!!

Le président américain veut faire pression pour officialiser la réconciliation Riyadh/Tel-Aviv afin de relancer un hypothèque processus de négociation entre Israéliens et Palestiniens. En cherchant aussi à aider les Saoudiens à sortir de leur enlisement au Yémen, le président américain veut un nouveau partage de type Sykes-Picot avec la Russie. Il s’assure de nouveaux alliés. Israël et l’Arabie saoudite pour redessiner le Moyen-Orient au grand malheur des peuples qui y vivent et qui, on l’aura compris, ne seront pas consultés…

S’agissant de ceux qui dictent la norme à une religion, il eut été hautement souhaitable que le politique se tienne d’une façon équidistante des religions, car dicter une norme à une espérance, atemporelle, c’est peut-être le dernier arrêt avant l’avènement définitif du money-théisme…

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

Notes

1.Jules Dufour http://www.mondialisation.ca/les-ventes-darmements-au-moyen-orient-en-continuelle-expansion/5591253

2.http://www.voltairenet.org/article 196408.html

3.http://arretsurinfo.ch/video-trump-en-arabie-saoudite-extrait-dun-discours-tres-preoccupant/

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/267613-trump-et-l-islam.html

Françalgérie crimes et mensonges d’Etats Histoire secrète, de la guerre d’indépendance à la « troisième guerre » d’Algérie


    
Auteurs : Aggoun Lounis – Rivoire Jean-Baptiste
Ouvrage : Françalgérie crimes et mensonges d’Etats Histoire secrète, de la guerre d’indépendance à la « troisième guerre » d’Algérie
Année : 2004

 

 

Introduction
par Jean-Baptiste Rivoire
Ce soir de novembre 2002, la pluie et le vent s’abattent sur l’avenue Kléber, à Paris. Autour du Centre de conférences internationales, situé non loin de la tour Eiffel, des barrières, des policiers : il faut montrer patte blanche. Grâce à notre équipe de reportage et à la caméra, l’accès est plus facile. À l’intérieur du bâtiment, de jolies hôtesses en tailleur s’activent dans un couloir à l’épaisse moquette rouge surplombée par de magnifiques lustres de cristal. Pour le compte de Pascal Josèphe, un ancien collaborateur d’Hervé Bourges ayant créé une société de conseil aux patrons de l’audiovisuel, elles répertorient les journalistes et leur distribuent de magnifiques dossiers de presse intitulés Djazaïr, une année de l’Algérie en France.
Parrainées par le Quai d’Orsay, les manifestations prévues dans le cadre de cette « Année de l’Algérie » sont essentiellement financées par le régime algérien et par le groupe du milliardaire Rafik Khalifa, un flamboyant businessman d’Alger qui défraie la chronique depuis quelques mois. Dans le dossier de presse distribué aux journalistes, pas un mot sur les problèmes économiques du pays, encore moins sur les très graves atteintes aux droits humains qui y sont commises depuis 1988. Rebaptisée « Année des généraux » par certains opposants, l’Année de l’Algérie est manifestement destinée à améliorer l’image du régime. Pour lui assurer un grand écho médiatique, le gouvernement français a d’ailleurs incité la plupart des médias publics (Radio-France, France 2, France 3, France 5) à devenir partenaires de l’opération.
Dans la salle, une bonne partie de la crème de la « Françalgérie » officielle a fait le déplacement : plus de mille invités — dont des réalisateurs prestigieux et des journalistes bien vus par le régime d’Alger — sont venus écouter les dis¬cours de Hervé Bourges, Dominique de Villepin ou Khalida Toumi. Ancien patron de TF1 et du Conseil supérieur de l’audiovisuel, Hervé Bourges est d’abord un vieil ami du FLN, ce qui contribue à expliquer sa nomination à la présidence de « l’Année de l’Algérie ». Dominique de Villepin, le ministre français des Affaires étrangères, a longtemps été secrétaire général de l’Élysée. Il connaît bien les coulisses des relations franco-algériennes. Quant à Khalida Toumi, plus connue sous le nom, qu’elle a porté jusqu’en 2001, de Khalida Messaoudi, c’est une militante féministe très active en Algérie. Partisane de l’« éradi- cation » des islamistes, c’est-à-dire de leur élimination totale, elle est l’auteur du fameux best-seller Une Algérienne debout, un ouvrage publié en France en 1995 et vendu à plus de 100 000 exemplaires : elle y expliquait notamment les raisons de son opposition totale à toute forme d’islamisme et son engagement aux côtés des généraux « éradicateurs ». Longtemps députée du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) de Saïd Sadi, un parti proche du régime, elle est alors porte-parole du gouvernement algérien.
Pendant deux heures, Hervé Bourges, Dominique de Villepin et Khalida Toumi célèbrent à la tribune la « formidable amitié » qui lie la France à l’Algérie, les « points communs » entre les deux pays, la « bonne humeur » qui caractérise leurs relations.

Question dérangeante
Quarante-huit heures plus tôt, l’ensemble de la presse française a pourtant rendu compte de la diffusion sur la chaîne Canal Plus de notre documentaire confirmant que le « GIA » (Groupe islamique armé, l’un des plus redoutables mouvements terroristes algériens), notamment responsable des attentats de Paris en 1995, était à l’époque infiltré et manipulé par les services secrets algériens, la fameuse Sécurité militaire (de juillet à septembre 1995, des bombes déposées dans le RER parisien avaient provoqué la mort d’une dizaine de personnes et fait plus de deux cents blessés)2. Désireux de recueillir la réaction du ministre français des Affaires étrangères aux très graves accusations que nous portions dans ce documentaire, je profite du micro qui m’est tendu pour poser une question à laquelle aucun responsable politique français n’a accepté de répondre durant l’enquête : « M. de Villepin, nous avons enquêté pendant deux ans sur les « GIA » algériens et il s’avère qu’en 1995, quand ils commettaient des attentats en France, ils étaient contrôlés par les services secrets algériens. Cela vous paraît-il être une information importante ? »
Dans la salle, la question provoque un immense brouhaha. Quelques commentaires fusent : « C’est une honte ! », « Bravo, Canal Plus ! » À la tribune, le ministre français des Affaires étrangères et Khalida Toumi blêmissent. Grand orchestrateur de la conférence de presse, Hervé Bourges, président de l’« Année de l’Algérie », tente d’aider Dominique de Villepin à se sortir de ce mauvais pas : « Je veux bien laisser le ministre répondre, mais j’ai oublié de préciser
qu’il ne s’agit pas d’une conférence de presse avec le ministre des Affaires étrangères français sur les relations franco-algériennes, la situation de l’Algérie aujourd’hui, mais sur l’année 2003, une année à caractère culturel. Il y a d’autres lieux pour ce type de question, qui est peut-être valable, mais ce n’est pas le jour et ce n’est pas l’endroit.
— Même si les services secrets algériens ont commandité des attentats en France ?
— Écoutez, Monsieur, je vous retire la parole ! »
La surprise passée, Dominique de Villepin réagit : « je ne crois pas que l’on puisse ainsi impunément prendre en otage une manifestation comme la nôtre. Nous respectons tous la liberté de la presse. Nous faisons face tous aux questions qui peuvent être posées, mais il y a des moments et des lieux pour cela et je serai ravi en d’autres circonstances de répondre à une telle question3.» Malgré cette promesse, le ministre ne répondra jamais à nos demandes d’interview.
Quelques semaines après cet incident, profitant d’une visite à Strasbourg du président algérien Abdelaziz Bouteflika, un journaliste de Radio judaïque FM lui demande à son tour ce qu’il pense des révélations sur l’implication de la Sécurité militaire algérienne dans les attentats de Paris en 1995 : « Puis-je vous demander de poser la même question au président français ? », répond étrangement Abdelaziz Bouteflika. « Ce qu’il dira, je l’assumerai complètement et sans restriction aucune4.»

Le « GIA », sujet tabou
Après plusieurs années d’enquêtes communes pour tenter de comprendre ce qui se passe réellement en Algérie, Lounis Aggoun et moi-même sommes habitués à ce genre de dérobade, mais elles nous intriguent toujours autant. Pourquoi un tel malaise dès qu’on évoque l’action du mystérieux « GIA », le Groupe islamique armé ? En dix ans de « sale guerre » en Algérie, aucun journaliste étranger n’a jamais réussi à approcher un membre actif de ce sanguinaire mouvement terroristea. À notre connaissance, c’est même la seule « guérilla » au monde dont aucun chef en exercice ne s’est jamais exprimé dans la presse étrangère.
Pourquoi une telle chape de plomb sur le fonctionnement réel du mouvement et sur l’identité de ses commanditaires ? Comment expliquer qu’en 1996 un ancien fondateur du GIA reconnaissant avoir assassiné plusieurs journalistes ait pu bénéficier d’une loi de
«clémence », et puisse se pavaner aujourd’hui dans plusieurs documentaires diffusés à la télévision française, où il confirme opportunément les thèses du pouvoira ? Pourquoi une telle impunité ? Est-il exact, comme l’ont affirmé d’anciens officiers de la Sécurité militaire, que le « GIA » a été très profondément infiltré et manipulé par les services secrets algériens, dès 1992, au point de devenir un groupe «contre-insurrectionnel »5 ? Pourquoi les dirigeants algériens interrogés à ce propos, comme le général Khaled Nezzar, parrain du régime, ou Abdelaziz Bouteflika, devenu président en 1999, renvoient-ils systématiquement vers leurs homologues français, comme si ceux-ci étaient parfaitement au courant d’une telle manipulation ?
Depuis des années, ces questions nous taraudent, Lounis Aggoun et moi-même. Militant des droits de l’homme de longue date (il a notamment contribué, dans les années 1980, avec Ramdane Achab, Arab Aknine et Mouloud Khelil, à la réalisation de Tafsut, la revue clandestine du Mouvement culturel berbère, et ce jusqu’en 1988), Lounis est installé en France depuis 1989, mais il effectue depuis de fréquents voyages en Algérie, où il a conservé de nombreux contacts. Enquêteur rigoureux, il connaît parfaitement les rouages du système politique algérien. Pour ma part, j’ai été embarqué vers Alger en 1972, à l’âge de cinq ans, par des parents désireux d’apporter leur petite contribution à l’édification d’un État indépendant et… socialiste. Des « pieds rouges », en somme. Quatre ans d’école primaire dans la capitale, puis une dernière année en plein Sahara, dans une petite oasis où mes nouveaux copains ne parlaient qu’arabe, une belle langue qu’ils m’aideront à apprendre avec une infinie patience. Depuis le milieu des années 1980, Lounis et moi-même suivons de près ce qui se passe en Algérie. Mais, alors que lui s’y rend régulièrement, je n’y ai effectué qu’un bref retour aux sources en 1992. À l’été 1996, je m’y rends pour la première fois en reportage.

Des journalistes sous haute surveillance

suite…

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Un conflit dans le désert, les généraux algériens et l’amazighité


 

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Comme première partie. Le Sud algérien est une bouilloire. Dans cet article, seront abordées en gros traits les pressions que subira l’armée algérienne de la part des divers groupes armés qui écument les différents déserts régionaux et des armées occidentales ainsi que l’influence des phénomènes identitaire, l’amazighe en particulier, religieux et informationnels.

Des informations récentes étayent notre dernière analyse, publiée par le Centre de recherche sur la mondialisation titrée, Les migrations en Algérie : Freiner le désastre déclenché. [1]

La première est venue d’Allemagne qui a menacé les pays sous-développés africains qui refusent de recevoir leurs ressortissants qu’elle leur renvoie de suspendre son aide publique au développement (APD) [a] gérée par le Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La deuxième vient des débats et initiatives au sein de l’Union européenne (U.E) sur une gestion rénovée des migrations car leurs problématiques menacent d’éclatement l’Espace Schengen [b], qui s’il advenait, combiné à la tempête des nationalismes chauvins qui secoue l’euro et la guerre des monnaies, c’est son explosion qui est garantie [2] et dans ce cas, l’Organisation mondiale du commerce sera en stand-by.

La troisième est l’accélération par le Maroc de la régularisation des immigrants qu’il a accueillis.

La dernière est l’arrestation dans la région du M’Zab (Ghardaïa) [c] dans le centre-sud de l’Algérie de présumés espions au profit du Mossad israélien. Il nous est impossible d’avancer une quelconque information sur les sources, causes et objectifs réels des déclencheurs des conflits de nature identitaire et ethnique qu’a connus cette région.

Les événements internationaux majeurs

Avec une perspective de partition ou au moins de reconfiguration territoriale, la Syrie est en voie d’apaisement. Si les Syriens s’occuperont du repeuplement de leur patrie, nécessaire à la consommation, et qui durera environ une quarantaine d’années, le temps de deux générations, pour reconstituer sa propre force de développement ; le cas de la Libye est encore loin de la solution avec la quadrature du cercle qu’est la Bande d’Aouzou, l’Algérie est dans le collimateur, ce qui rendra inextricable toute détérioration de la situation dans la région.

La compagnie Rosneft, réputée russe, une OJSC, aurait quitté l’Algérie. Elle détient dans un partage à 60/40 le projet gazier Project 245-South [3] situé à la frontière algéro-libyenne. Les raisons de ce départ seraient-elles liées à la non profitabilité du gisement, à une augmentation de la prime d’assurance, aux conditions de sécurité ou à une alerte des services de renseignements russes sur les risques encourus comme ceux subis par le gisement de Tiguentourine (Ain Amenas) et le carnage qui en a résulté après l’intervention de l’armée algérienne.

En Europe, c’est la compagnie Tesla spécialisée dans la production de voitures électriques qui fait l’objet d’une prière messianique par certains pays. Parallèlement, c’est la spéculation sur le marché du lithium pour alimenter leurs batteries qui bat son plein. Ces deux industries, en leurs ajoutant les énergies renouvelables, sonnent le tocsin pour le pétrole.

Au niveau politique, l’élection présidentielle française et l’hypocrisie de leurs élites médiatiques, complexées par les approches anglo-saxonnes, qui traitent de tout sauf de la dénonciation de la guerre que mène leur pays en Syrie et Libye et du génocide monétaire en Afrique de la zone CFA. N’est pas Pierre Vidal Naquet, Jean-Paul Sartres, Maurice Audin, Pierre Chaulet, Fernand Iveton et autres qui veut.

Dans le domaine des cultures et langues, alors qu’il est éminemment géostratégique, le 27ème Sommet Afrique-France s’est tenu à Bamako (Mali) en janvier 2017 [5] avec la participation de l’Algérie qui n’est pas membre de l’Organisation internationale de la francophonie. La géostratégie de cet événement réside dans une double dimension linguistique et économique. Les USA ont chassé la France de certains pays africains pour installer l’anglais ; la France doit assurer ses approvisionnements à bas coût.

En rappel, pour être exécutoires, les résolutions de fond du Conseil de sécurité de l’ONU sont votées au 3/5 des membres et sans véto, à défaut des coalitions se constituent dans un opaque espace international sans légalité et avec légitimité qui serviront de support pour l’accaparement de richesses.

Un nouveau président du Groupe de travail pour l’accession de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce a été nommé. Il s’agit de l’Uruguayen Gustavo Miguel VANERIO BALBELA, la coïncidence fait qu’il est du même pays qui a voté la Résolution de forme 2344 du Conseil de sécurité de l’ONU qui a condamné Israël. [e].

Ayant travaillé sous plusieurs angles l’Algérie et l’OMC, l’auteur affirme que l’État algérien est sous pression et est contraint à nouer des relations officielles avec cet État. De plus, les Algériens doivent s’attendre à une nouvelle dévaluation du dinar pour le rendre convertible à terme.

L’armée algérienne et le risque de conflit dans le désert régional

Dans cette partie, nous articulerons quelques aspects opérationnels d’un conflit armé hybride avec les points listés dans la première partie. Sa rédaction sera marquée par la justification anticipée de la paix, le développement futur de l’Algérie et la considération que ce pays avec ses populations de moins de 30 ans sont l’ultime rempart pour une révolution africaine.

C’est à Blida que l’antimilitariste rédacteur de ce texte a exécuté en appelé de réserve ses deux années d’obligations militaires. Durant son instruction, il a côtoyé durant très peu de temps des Palestiniens qui étaient en formation dans la même école qui l’ont fait penser aux ainés à l’instar de Ali Mecili (1940, 1987), formés en Libye pour la libération de la patrie et c’est dans ce pays qu’a commencé Hocine Ait Ahmed (1926, 2015) à négocier secrètement avec les agents du Département d’État américain.

Hamid, universitaire en philosophie, communiste foncé, est actuellement intervenant dans des journaux avec des textes anti-islamistes à l’acide. Malgré toutes les divergences et oppositions radicales, il était de bonne compagnie avec le rédacteur de ce texte. Côte à côte, dans un exercice d’armement, s’ils ont réussi à démonter les kalachnikovs, les remonter a été une impossibilité. Dans un autre exercice de tir au fusil mitrailleur « Diktariov Piouchine » (la syntaxe de son inventeur russe est juste phonétique), c’est le Bon Dieu qui a fait éviter à l’élève une hécatombe, une inoubliable bévue par l’horrible psychose qu’elle a déclenchée avant l’assurance qu’il n’y avait pas de victimes ; donc en cas de conflit armé dans le désert algérien, compter sur les réservistes est la dernière intelligence.

Idée reçue : En conflit internationalisé, l’armée algérienne est la force qui va sauver le pays. Intégralement faux. C’est le peuple qui constitue la force, l’armée n’est que l’appoint de puissance. La preuve : pour sa guerre de libération, l’Algérie n’avait ni un État, ni une armée. Au-delà de limites individuelles inconnues d’humiliation, des Algériens qui étaient des proxénètes sont devenus des héros adulés de la révolution.

Durant ce mois de janvier 2017, les journaux algériens ont repris à partir d’un site internet poubelle [6] non innocent le classement de l’armée algérienne. Certains plumitifs ont publié des papiers-torchons à effet ravageur sur les lecteurs non avertis.

Dans le désert, les militaires, la guerre et l’amour

Durant la guerre de libération nationale qui s’est déroulée en gros dans le nord, dans des rendez-vous furtifs, les combattant.e.s ont rencontré leurs alter-égos de sentiments dans le maquis, des enfants y ont été probablement conçus avec des amours aussi puissantes  que celles décrites par Yamina Mechakra (1949, 2013) dans La Grotte Éclatée. Dans le désert algérien, il faudra assurer ce besoin humainement animal à ceux et celles qui seront engagés. Les mercenaires et la chair à canon comme les immigrants régularisés par le Maroc n’exigent pas cette garantie. Ils l’obtiendront par les armes dans cette nouvelle catégorie de guerre : celle du viol, y compris le religieux, répandue dans tous les conflits. Ces viols massifs aux effets démographiques et intergénérationnels ravageurs dont sont victimes les filles et les femmes sont devenus un problème si majeur qu’il est pris en charge par l’ONU, la Cour pénale internationale, les ONG et les stars, parmi ces dernières, le souci du gain lucratif est présent.

Le paradoxe de l’eau et du diamant qui n’en est plus un

La victoire dans un conflit armé dans le désert est garantie par le contrôle de l’eau et rien d’autre. Par ses aspects utilité (garantie de la vie) et valeur (richesse dans le PIB), ce paradoxe est très célèbre en économique. L’Algérie sera amenée à mettre sur la table des négociations plurilatérales ces deux richesses. L’État algérien – à ne pas confondre avec le pouvoir – qui doit rester debout doit dès à présent l’utiliser comme arme dissuasive contre la guerre et argument solide pour la paix. Dans une métamorphose radicale de la condition d’équilibre international, les Algériens associeront les pays voisins, par populairement dit, du chantage ; par théorie des jeux, ce sont les comportements stratégiques et le politiquement pratiqué en Afrique, il est dit : relations fraternelles et chaleureuses qui ne sont au fait que des fanfaronnades que les Algériens appellent Smata, qui doit cesser !

Grains de sable et la guerre

Les poreuses frontières algériennes longues de 6734 km. Elles sont en grande partie désertiques. Pour faire la guerre, il faudra déplacer des troupes et des équipements. Les grains de sable peuvent anéantir toutes les stratégies mieux que toute l’aviation qui sera déployée. Il faudra déplacer aussi le haut commandement militaire composés de généraux vers le sud qui vivront dans des conditions naturelles hostiles avec les guerriers. Ils sont issus du peuple lequel est traversé par des courants religieux et identitaires antagonistes que la loi fondamentale a aggravés et qu’il faut aplanir.

La guerre de l’information

En plus d’être la violation d’un droit, la censure de l’information est un crime parce que sans liberté d’informer, l’information génocidaire dominera. Encourager un affrontement qui sera extrêmement violent entre les diverses sources d’informations est le seul moyen pour les patriotes honnêtes qui maitrisent ce domaine de contrer les hordes sanguinaires.

La libération de l’information favorisera les échanges et les communions entre les peuples de la région, comme durant la révolution algérienne, la mère de l’émancipation de l’humanité.

Obligations pour les Algériens.

Considérant que tout argument de conjoncture défavorable est irrecevable et dans la forme et dans le fond, la bâtarde constitution algérienne doit être suspendue avec le maintien de toutes les libertés civiles et politiques ; un état de guerre monétaire national et régional doit être décrété.

Dans une initiative précédente, Initiative pour un hymne national bilingue. Appel à un challenge, à un défi, [7] aux côtés de noms algériens connus, sans réagir, des généraux algériens ont été cités nommément.

Mettre en œuvre des solutions simples et gratuites est une urgence pour l’Algérie. La première est un hymne national bilingue faisable en moins de trois mois, la deuxième est d’imposer immédiatement un cursus en tamazight pour les étudiants en médecine et droit et « foutre » la paix aux élèves du primaire, la troisième est de cesser cette destructrice austérité et déclarer la santé publique comme droit universel et richesse nationale publique (commune et partageable pour plus de clarté) qui doit être gratuite pour tous.

La culture du complexe de la petite raison individuelle, du paternalisme stupide et l’infantilisation des Algériens de moins de trente ans doivent cesser à la présidence de la République, commandement militaire. Un salvateur esprit d’État et la reconnaissance de la justesse d’une solution proposée par un paysan sont des noblesses.

Cherif Aissat

 

Notes

[a] Aide publique au développement (Public Development Assistance) est une dotation monétaire des 35 pays de l’OCDE au profit des pays sous-développés qui s’élève par entente (théoriquement) à 0.7% du PIB de ces pays. Dans les faits, peu de pays la versent et la moyenne est de 0.3% du PIB.

[b] L’Espace Schengen désigne un sous-ensemble de pays de l’U.E qui ont accepté de coordonner par une politique la gestion de la mobilité de la force de travail (main d’œuvre).

[c] En plus des attributs cités, faudrait-il ajouter ceux liés au partage et prédation des ressources naturelles : la terre et l’eau. Le Mouvement autonomiste du M’Zab dont certains leaders sont en prison, copie des mouvements autonomistes de Kabylie (centre) et Chaoui (est) y est actif.

[d] Sa participation à 60% du capital confirme que la loi sur l’investissement dite de 51/49 a été une supercherie, officialisée et certifiée par sa disparition pure et simple imposée par le FMI dans la politique d’ajustement structurel exécutée actuellement par l’Algérie.

[e] Pour l’accession de l’Algérie à l’OMC, aucune réunion n’est prévue pour 20147 pour étudier, encore une fois, cette accession qui dure depuis 1987, 30 ans ! Ce délai tord le cou à tous les classements de l’Algérie dans les indicateurs dits de la gouvernance.

Sources d’informations

[1] AISSAT, Chérif. Les migrations en Algérie : Freiner le désastre déclenché. http://www.mondialisation.ca/les-migrations-en-algerie-freiner-le-desastre-declenche/5566541

[2] European Parliament News. Migration: a common challenge. EU in search of response to refugee crisis. http://www.europarl.europa.eu/news/en/top-stories/20150831TST91035/migration-a-common-challenge  

[3] Rosneft. Field Development Plan Being Specified at Block 245 South in Algeria. https://www.rosneft.com/press/releases/item/114474/

[4] WTO. Algérie. Accessions. https://www.wto.org/french/thewto_f/acc_f/a1_algerie_f.htm

[5] OIF. Sommet Afrique France. http://www.francophonie.org/CP-SG-27e-Sommet-Afrique-France-47566.html

[6] Global Fire Power. Algeria Military Strength.  http://www.globalfirepower.com/country-military-strength-detail.asp?country_id=algeria

[7] AISSAT, Chérif. Initiative pour un hymne national bilingue. Appel à un challenge, à un défi. http://ksari.com/index.php/nouvelles/n-point-de-vue/3479-initiative-pour-un-hymne-national-bilingue-appel-a-un-challenge-a-un-defi

Un algérien parle aux français


Y paraît que la vérité est dure à entendre…

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ALGÉRIE Le Sultanat de Bouteflika


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Ouvrage : ALGÉRIE Le Sultanat de Bouteflika

Auteur : Général Khaled Nezzar

Année : 2003

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Les carnets de Guantanamo


 

Auteur : Mohamedou Ould Slahi

Ouvrage : Les carnets de Guantanamo

Année : 2015

Emprisonné depuis août 2002 à Guantánamo, Mohamedou Ould Slahi n’a jamais été inculpé par la justice américaine. Et alors qu’un juge fédéral a ordonné sa libération, le gouvernement des États-Unis a décidé d’ignorer cette décision et ne donne aucun signe d’une quelconque volonté de lui rendre sa liberté. En 2005, trois ans après son arrestation, Mohamedou a commencé à rédiger un journal. Pendant des mois, il a écrit ses mémoires à la main, racontant sa vie avant de disparaître dans les limbes de Guantánamo, pour ce qu’il qualifie « d’interminable tour du monde » de la détention et des interrogatoires. Son journal n’est pas seulement une chronique captivante d’un déni de justice, c’est aussi un récit profondément personnel : terrifiant, parfois férocement drôle, et d’une grande élégance. Publiés pour la première fois, Les Carnets de Guantánamo sont un document d’une importance historique unique

.Mohamedou Ould Slahi aimerait dédier son récit à la
mémoire de sa mère, Maryem Mint el-Wadia.
Il souhaite également préciser qu’il lui aurait été impossible
d’inclure cette dédicace sans Nancy Hollander, et ses collègues
Theresa Duncan et Linda Moreno.

Guantanámo, l’impasse
L’extraordinaire force des pages qui suivent provient de
l’inestimable témoignage qu’elles livrent. Si Guantánamo n’a jamais été
caché, jamais il ne nous a été permis d’entrer ainsi au plus près et au
plus effrayant de cette prison.
Quatre mois après les attentats du 11 septembre, dans une
Amérique sous le choc, les autorités américaines ouvraient ce centre
de détention au mépris des règles les plus élémentaires du droit. La
légitimité de la « guerre contre la terreur » justifiant tous les moyens,
elles ne cachaient pas cette prison excentrée sur une base militaire de
Cuba, allant jusqu’à ouvrir une partie du camp aux journalistes ou
ONG, orchestrant des campagnes de communication destinées à
renforcer l’adhésion de l’opinion américaine.
Une transparence pourtant très relative : le plus inavouable a
longtemps été caché ou nié. La vitrine officielle devait tenir. Elle s’est
rapidement délitée, l’aberration du système aidant. La dé-classification
des présents carnets, la parution le 9 décembre 2014 de la version
abrégée d’un rapport du Sénat sur les méthodes de torture employées
par la CIA sont autant de récents et flagrants démentis de toute
tentative de légitimation de Guantánamo. Le droit international le dit
et le principe d’humanité le crie : rien ne peut justifier ce qui s’est
pratiqué et se pratique encore dans cette zone de non droit absolu.
Depuis l’ouverture de Guantánamo, la situation n’a pas vraiment
changé. Dès sa prise de fonction en janvier 2009, Barack Obama s’était
pourtant engagé à fermer le camp, dénonçant les dérives liées à la
guerre globale contre le terrorisme. En août 2014, il reconnaissait
publiquement que les Etats-Unis avaient « torturé des gens » et à
l’automne il réaffirmait qu’il fallait fermer Guantánamo. Mais, en
déclarant que 36 détenus ne seraient jamais jugés ni libérés, et en
réaffirmant la notion de guerre globale contre le terrorisme, il va dans
le même sens que le Congrès qui ne cesse de s’opposer à la fermeture
de Guantánamo.
Treize ans après son ouverture, le centre n’est toujours pas fermé

et les enjeux juridiques et humains qu’il pose restent entiers. Le
nombre de détenus a certes baissé (136 en décembre 2014 sur les 779
détenus sur la base depuis 2002), mais leur sort reste incertain,
imprécis. Leurs conditions de détention demeurent plus que
préoccupantes et les récentes grèves de la faim en attestent. La réponse
qui consiste à forcer les détenus à se nourrir est une forme de torture…
un cercle qui semble infernal.
La prise de conscience du scandale que représente Guantánamo est
désormais acquise. Le travail d’ONG comme Amnesty International,
qui depuis l’ouverture du camp en dénonce les dérives tout en
réclamant sa fermeture, y a sans doute contribué. La parution dans
plusieurs pays de ces carnets inédits est un pas supplémentaire.
Mais si ces prises de consciences indignent, elles doivent surtout
aider à agir. Au-delà de sa mobilisation auprès ou en faveur de détenus,
Amnesty International ne cesse de rappeler aux autorités américaines
les mesures qui sont impératives pour sortir de cette impasse : la
libération des détenus déclarés « libérables » sans les transférer dans
un pays où leurs droits risquent d’être à nouveau violés, l’inculpation
des autres devant une Cour fédérale sans requérir la peine de mort, la
traduction en justice de tous les auteurs des violations passées et
présentes, et l’attribution de réparations aux victimes.
Amnesty International
Décembre 2014

Chronologie de la détention
Février 2000 – Après avoir passé douze ans à étudier et
travailler à l’étranger, en Allemagne dans un premier temps,
puis brièvement au Canada, Mohamedou Ould Slahi décide de
rentrer chez lui, en Mauritanie. En chemin, il est à deux
reprises emprisonné sur ordre des États-Unis – d’abord par la
police sénégalaise, puis par les autorités mauritaniennes – et
interrogé par des agents américains du FBI à propos du «
complot de l’an 2000 », comme on l’a appelé, qui prévoyait de
faire sauter une bombe à l’aéroport de Los Angeles. Ayant
conclu que rien n’établit qu’il ait été impliqué dans ce projet,
les autorités le relâchent le 14 février 2000.
2000-automne 2001 – Mohamedou vit avec sa famille et
travaille en tant qu’électrotechnicien à Nouakchott, en
Mauritanie.
29 septembre 2001 – Mohamedou est emprisonné deux
semaines durant par les autorités mauritaniennes. Des agents
du FBI l’interrogent de nouveau à propos du complot de l’an
2000. Il est cette fois encore libéré. Les autorités
mauritaniennes déclarent publiquement qu’il est innocent.
20 novembre 2001 – La police mauritanienne se présente
chez Mohamedou et lui demande de la suivre pour un nouvel
interrogatoire. Il obtempère de bon gré et se rend aux locaux
de la police au volant de sa voiture.
28 novembre 2001 – Un avion de la CIA transfère
Mohamedou de Mauritanie à Amman, en Jordanie, où il est

emprisonné et interrogé pendant sept mois et demi par les
services de renseignement jordaniens.
19 juillet 2002 – Un autre appareil de la CIA récupère
Mohamedou à Amman. Il est dévêtu et menotté, on lui
applique un bandeau sur les yeux et on lui fait enfiler une
couche. Il est ensuite transporté sur la base aérienne
américaine de Bagram, en Afghanistan. Les événements
relatés dans les Carnets de Guantánamo débutent sur cette
scène.
4 août 2002 – Après deux semaines d’interrogatoires à
Bagram, Mohamedou et trente-quatre autres détenus sont
entassés dans un camion de transport militaire et envoyés à
Guantánamo. Parvenu à destination, le groupe est pris en
charge le 5 août 2002.
2003-2004 – Les interrogateurs militaires soumettent
Mohamedou à un « plan d’interrogatoire spécial »,
personnellement approuvé par Donald Rumsfeld, le secrétaire
à la Défense américain. Entre autres tortures, il subit des mois
d’isolement total, une multitude d’humiliations physiques,
psychologiques et sexuelles, des menaces de mort, des
menaces à l’encontre de sa famille, ainsi qu’un simulacre
d’enlèvement et d’extradition.
3 mars 2005 – Mohamedou rédige sa demande
d’ordonnance d’habeas corpus.
Été 2005 – À l’isolement dans sa cellule de Guantánamo,
Mohamedou rédige à la main les 466 feuillets qui deviendront
cet ouvrage.
12 juin 2008 – La Cour suprême décrète par cinq voix

contre quatre (Boumediene v. Bush) que les détenus de
Guantánamo ont le droit de s’opposer à leur détention par le
biais d’une ordonnance d’habeas corpus.
Août-décembre 2009 – Le juge de cour de district James
Robertson entend la demande d’habeas corpus de Mohamedou.
22 mars 2010 – Le juge Robertson accorde à Mohamedou
son ordonnance d’habeas corpus et ordonne sa libération.
26 mars 2010 – L’administration Obama fait appel.
17 septembre 2010 – La cour d’appel des États-Unis pour
le neuvième circuit renvoie la demande d’habeas corpus de
Mohamedou devant la cour de district. Cette affaire est
toujours en cours.
Aujourd’hui – Mohamedou est toujours détenu à
Guantánamo, dans la cellule où se sont déroulés bon nombre
des événements rapportés dans cet ouvrage.

Précisions à propos du texte, des
passages censurés et des
annotations

suite…

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LE CRIME CONTRE DIEU



Auteur : Dor Xavier
Ouvrage : Le crime contre Dieu
Année : 1998

INTRODUCTION
Le mouvement SOS Tout-Petits est né du désespoir car, pire que l’avortement, il y avait le silence
dont il s’entourait. Non seulement nous pouvions et, dans une certaine mesure, on nous
encourageait à tuer nos enfants, mais encore il fallait se taire. C’était les tuer deux fois. Un
ministre disait que la loi était généralement acceptée, et c’était vrai, au moins en apparence.
Nous avions le meurtre, et nous avions l’anesthésie pour oublier le meurtre. Le plus triste était le
silence, ou presque. Non du pape qui parlait beaucoup de ce sujet. Mais de nos évêques qui ne
l’écoutaient guère.
J’avais participé à des réunions, des manifestations, distributions de tracts. Avec Jean-
Bernard Grenouilleau, magistrat, un des fondateurs de Laissez-les-vivre, qui n’était jamais à court
d’idées, nous avions été sur les plages d’été pour diffuser le Cri silencieux grâce à un
rétroprojecteur et un écran placé à l’arrière d’une camionnette. Sur les portes de celle-ci, on avait
affiché des images des victimes d’avortement. Les enfants qui passaient disaient ce que j’ai
souvent entendu dans leur bouche depuis « Si ma maman m’avait tué, je ne serais pas là ». Cette
évidence ne frappait que les enfants. La camionnette, une Renault rouge, n’avait jamais caché
son appartenance. Elle finit au combat une nuit, en banlieue parisienne : elle fut incendiée.
Bien avant, en 1978, deux centres d’avortement avaient été occupés de façon pacifique par des
jeunes gens du Mouvement chrétien de la jeunesse de France et de la Cité Catholique, l’une à
Paris, à l’Hôtel-Dieu, l’autre au centre hospitalier de Lille. Cela fit du bruit. J’avais connu l’une des
participantes de l’opération de l’Hôtel-Dieu, une belle jeune femme qui portait une superbe
tresse. Elle fut prise par les cheveux et traînée dans les couloirs.
Nous étions en 1986. Que tenter? Pourquoi ne pas reprendre ce qui avait été si bien fait en 1978.
Nous avions le même esprit. Nous étions des catholiques fervents. L’initiative était française et
non américaine. Je dois dire ici que, pas plus les opérations de 1978, que celles que nous avons
pu faire par la suite n’ont été empruntées des Américains. Nous ne savions pas alors grand-chose
d’eux et plus tard leur exemple nous a plus réconfortés que guidés. Il ne manquait aux
interventions de Paris et de Lille que la répétition et aussi une certaine orchestration, puisque
nous luttions contre le mur du silence.
Nos moyens étaient ceux de la guérilla, la surprise, le petit nombre, les armes à prendre chez
l’adversaire, la publicité qui était presque entièrement dans leurs mains et la fragilité de leur
conscience, celle-ci étant la plus redoutable pour eux. Ces moyens qui nous paraissent assez
clairs maintenant, étaient à l’époque plus confus.
Le 30 octobre 1986, je réunissais quelques amis dans mon laboratoire de la Pitié-Salpêtrière.
Nous étions cinq. Je me suis dit alors que nous aurions des épreuves, que nous ferions des
erreurs et même aussi des péchés mais de toute façon nous étions des pécheurs et le pire était
de ne rien faire, ou à moitié ; c’est nous alors qui aurions eu mauvaise conscience.
Très vite nous rejoignit Françoise Robin, infirmière anesthésiste, courageuse, qui dans la clinique
où elle travaillait, avait refusé de participer aux avortements. Menacée — on lui envoyait des
brancards dans les jambes, mise en quarantaine, on finit par la renvoyer.
Avec elle, le mouvement prit un véritable essor. Beaucoup de jeunes gens vinrent nous rejoindre.
Nous nous entendions bien et pourtant, après un peu plus de quatre ans, nous dûmes nous
séparer. Très attachée au dialogue, elle préféra, sur le conseil des évêques, abandonner les

tracts, les banderoles, les journalistes et l’effet de surprise pour se consacrer à des rendez-vous
avec des médecins acceptant la discussion. C’était à mes yeux perdre un grand poids. Beaucoup
nous quittèrent et ainsi naquit « Source de vie ».
En octobre 1988, à l’occasion de la venue du pape à Strasbourg, fut fondée la Trêve de Dieu par
Claire Fontana. Celle-ci était venue quelques fois avec nous, puis avait préféré former son propre
groupe qui devait comme le nôtre occuper les centres d’avortement mais de façon plus appuyée
et plus organisée.

BUT ET METHODE
On pourrait comparer la situation française à celle d’un bateau qui coule en raison d’un trou dans
la coque au-dessus de la ligne de flottaison. Le bateau, c’est la société, le trou dans la coque, c’est
la loi sur l’avortement. Certains, avec des embarcations, se portent au secours des naufragés.
D’autres pensent surtout à obturer la voie d’eau. Les premiers vont au plus pressé. Ils agissent sur
les effets de la loi. Les seconds combattent la loi plus que ses effets. Les premiers agissent en aval
et à court terme, les autres en amont et à long terme. La charité des premiers est individuelle.
Celle des seconds est collective, politique. C’est la nôtre.
Deux moyens sont propres à éveiller la conscience de cette charité politique : la prière et
l’information.
La prière nous relie au surnaturel. Elle nous unit à Dieu. Elle est force et refuge. Elle est la
respiration de l’âme et à ce titre, ne peut cesser sous peine de mort spirituelle. L’information est
importante car l’avortement doit beaucoup à l’ignorance scientifique sur les débuts de la vie, sur
ce qui la précède (l’hérédité), et ce qui la suit (le développement). Le plus frappant, c’est la
continuité de l’être humain depuis la conception jusqu’à l’achèvement de l’individu. La
connaissance scientifique renforce la connaissance morale, philosophique, politique,
démographique. Nous intervenons à l’endroit même où la loi est appliquée : les centres
d’avortement. C’est là que nous avons le plus de poids. Nous avons été soit à l’intérieur soit à
l’extérieur de ces centres, et toujours de façon pacifique.
À l’intérieur, nous restons dans le hall ou nous pénétrons dans le sas du bloc opératoire, sans
nuire à l’asepsie. Nous n’avons jamais utilisé de chaînes pour nous attacher entre nous ou à un
objet mais nous admirons ceux qui prennent ainsi sur eux la violence faite à l’enfant. La loi
Neiertz, loi de circonstance faite à l’encontre des « commandos anti-IVG », a montré importance
de nos actions dans les centres.
A l’extérieur, on ne voulait pas davantage de nous, et ceci en contradiction avec la Constitution
qui reconnaît le droit de manifester librement une opinion. En matière d’avortement, la
République foule au pied ses propres lois :

· l’assistance à personnes en danger,
· la liberté de manifester (piétinée par les arrêtés et interdictions préfectoraux),
· la difficulté de nos actions extérieures n’est pas venue seulement de l’État, mais aussi des
contre-manifestants qui se livrent contre nous à un véritable terrorisme dont se servent
les autorités.

Dans nos tracts nous mettons Dieu dans les coeurs et dans la cité et nous ajoutons :
— un accueil à bras ouverts de la femme et l’enfant ;
— une politique familiale digne de ce nom : bonne éducation, respect du mariage, aides
appropriées, salaire maternel ou parental ;
— une grande facilité d’adoption ;
— l’abolition pure et simple des lois abominables qui ont permis le plus grand massacre de tous
les temps.

CARACTERISTIQUES
Le mouvement est confessionnel, catholique, c’est-à-dire universel, ouvert à toute bonne
volonté. Il a été consacré au Sacré-Coeur de Jésus, au Coeur immaculé de Marie et à Saint-Joseph,
le 7 décembre 1990 à Notre-Dame de Nazareth (Paris 15e). Ce caractère, disait Arnaud de Lassus,
est son trésor. On nous l’a reproché. Certes, il peut effrayer, repousser, mais il peut attirer aussi,
même les incroyants.
Il nous apparaît d’autant plus nécessaire et approprié qu’à travers l’avortement devenu
institution, la guerre est faite à Dieu plus qu’à sa création. Il s’agit en fait d’une guerre de religion,
celle de l’homme qui se fait Dieu, contre celle de Dieu qui s’est fait homme.
Le mouvement est pacifique. Non pacifiste — la paix à tout prix — ni non-violent — terme
négatif, mais dans le sens que saint Augustin donnait à la paix :  » tranquillité de l’ordre », paix
véritable. Très souvent on nous a reproché d’être violents, mais sans motif. On devrait plutôt
nous accuser de douceur, plus redoutable car elle montre une force d’âme plus haute et souligne
la violence d’en face. La violence ne nous serait d’aucun service.
Pour ce qui est de l’assistance à personne en danger nous avons le plus souvent échoué, encore
que l’on ne connaisse pas tout, et a fortiori le fond des consciences. L’avortement est souvent
différé après notre passage. Parfois même, il se passe presque sous nos yeux. Nous y assistons
impuissants comme au centre hospitalier de Colombes ou à Antoine Béclère à Clamart. La
personne en danger est l’enfant mais aussi la mère, car l’acte est irréparable pour elle comme
pour lui, et elle en est responsable.
Assistance à société en danger, pourrait-on dire. C’est sans doute là que nous avons le mieux
réussi, à en juger par les réactions de nos adversaires : hostilité croissante, loi Neiertz, procès et
peines multiples, manifestations étouffées ou interdites. Mais peut-on enchaîner l’esprit et peser
constamment sur les consciences ?

1. HÉRÉDITÉ, FÉCONDATION ET DÉVELOPPEMENT
L’embryologie et plus encore la génétique sont de science récente. La fécondation fut trouvée, au
milieu du 18e siècle, par l’abbé Lazzaro Spallanzani. Celui-ci avait revêtu d’un petit caleçon le
corps d’un grenouille mâle et l’empêchait de féconder ainsi les oeufs de la femelle. Les premières
lois sur l’hérédité furent découvertes peu après le milieu du 19e siècle par un moine, Gregor
Mendel, en croisant différentes variétés de petits pois. Abbé et moine, on remarquera ici
l’entente entre la foi et la science. On remarquera aussi notre parenté avec les grenouilles et plus
loin encore avec les petits pois, puisque des lois communes régissent les mêmes phénomènes
dans le monde animal comme dans le monde végétal.

L’HÉRÉDITÉ
Les chromosomes sont le support de l’hérédité. Ils occupent le noyau de la cellule, et
apparaissent avec netteté à la métaphase, lors de la division de celle-ci. Ils ont alors une forme de
bâtonnet et se répartissent dans le plan équatorial de la cellule, prêts à se diviser dans le sens de
la longueur. C’est le stade qui est choisi pour l’étude du caryotype (carte de l’équipement
chromosomique de la cellule).
Les chromosomes sont constitués de protéines et de molécules d’ADN, les premières servant de
soutien aux deuxièmes. Dans chaque chromosome, l’ADN est disposé en deux brins enroulés l’un
autour de l’autre en spirale. Les gènes sont les segments de cette double chaîne d’ADN. Ils
s’étagent le long des chromosomes, chacun occupant sur ceux-ci un emplacement défini. Ils
gouvernent un ou plusieurs caractères héréditaires.
Les chromosomes — avec les gènes qu’il portent —se dédoublent. Les deux brins d’ADN en se
déroulant et en s’écartant l’un de l’autre permettent chacun la transcription — ou la
réplication — de brins complémentaires, l’opération aboutissant à la formation de deux
chromosomes identiques au premier. Les éléments constituant les nouveaux brins sont puisés
dans le milieu cellulaire.
Chromosomes et gènes vont par paire : l’organisme est diploïde, chaque cellule contenant 2n
chromosomes. Un élément de la paire est d’origine maternelle et l’autre d’origine paternelle.
Les gènes qui se font face dans la même paire ont la même fonction (par exemple, la couleur
d’un petit pois) et l’exercent soit de la même manière (couleur verte des deux côtés), soit
différemment (couleur verte d’un côté, jaune de l’autre). Dans le premier cas, le sujet est
homozygote, dans le second il est hétérozygote.
La composition et le nombre de chromosomes varient avec les espèces. Chez l’homme, leur
nombre est de 46, répartis en 23 paires, dont 22 sont dites autosomiques, et
une hétérosomique qui détermine le sexe : XX chez la femme, XY chez l’homme, l’Y étant de plus
petite taille que l’X.
Une cellule se divise en 2 cellules filles, chacune d’elles recevant un nombre égal de
chromosomes. La division se fait par mitose et par méiose.

La mitose est caractérisée, à chaque division, par la réplication des chromosomes. Non
seulement celle-ci multiplie par 2 le nombre des chromosomes et maintient constante
la diploïdie 2n, mais encore elle les fait identiques. La mitose est le propre des cellules
somatiques, c’est-à-dire de la plupart des cellules de l’organisme.
La méiose (du grec meion, moins) est caractérisée par l’absence, lors d’une des dernières
divisions, de la réplication des chromosomes. Les paires se dédoublent mais non les
chromosomes eux-mêmes. Non seulement chaque cellule fille ne reçoit plus que 23
chromosomes — d’où l’haploïdie n — mais encore ceux-ci sont différents d’une cellule à l’autre. Il
n’y a pas eu copie mais simplement scission. La méiose est le propre des cellules sexuelles, ou
gamètes, mâles ou femelles.
En l’absence de sexualité, une cellule, en se divisant, donne deux cellules filles identiques. Avec la
sexualité, deux cellules qui ont toute chance d’être dissemblables, s’unissent pour donner un
nouvel individu.
En introduisant une différence, la sexualité engendre à la fois diversité et unicité.
La diversité : elle est presque infinie, tant est grand le nombre des combinaisons possibles dues
au brassage génétique. La sexualité, d’apparition très ancienne, serait à l’origine du
buissonnement des espèces et, avec les conditions du milieu, l’un des grands facteurs de
l’évolution : sexualité et nécessité, et non hasard et nécessité, puisque le hasard n’existe pas,
mais seulement notre ignorance. La vie n’est ni aveugle, ni gratuite, même si elle est un don. Elle
est bien davantage que la sexualité. La vie est intelligente et l’hérédité, diversifiée par la
sexualité, en est la mémoire.
L’unicité : l’individu est tellement unique qu’il y a peu de chances pour qu’avant lui et après lui, il
y ait un individu identique. Cette unicité disparait avec la vraie gémellité et le clonage — où
plusieurs sujets ayant le même équipement génétique répètent le même individu.

FECONDATION
Conception, fertilisation, fécondation : ces mots désignent la même chose, l’union d’une cellule
femelle, l’ovule, avec une cellule mâle, le spermatozoïde.
L’ovule est arrondi, volumineux, chargé de réserves nutritives, sans mobilité propre. Le
spermatozoïde est effilé, trois cent fois plus petit que l’ovule et grâce à un long flagelle, très
mobile.
La fécondation a lieu dans le tiers externe de la cavité de la trompe utérine. L’ovule vient de
l’ovaire et d’un follicule. Entouré d’une membrane pellucide, il est déposé dans la trompe par les
franges terminales de celle-ci qui viennent le prendre sur l’ovaire.
L’insémination apporte des millions de spermatozoïdes qui cheminent dans les voies génitales.
Après une vingtaine de minutes, un certain nombre d’entre eux parviennent dans la trompe et
entourent l’ovule. Un seul y pénètre tout entier, tête et queue. La cause de l’attraction de l’ovule
sur le spermatozoïde paraît être d’ordre chimique. En dehors de la fécondation, les gamètes
n’ont pas d’avenir. La survie d’un ovule peut être d’une douzaine d’heures. Celle des

spermatozoïdes, beaucoup plus longue, jusqu’à cinq à sept jours. Dès l’entrée du spermatozoïde
dans l’ovule, celui-ci déclenche un mécanisme qui empêche tout autre spermatozoïde de
pénétrer. L’ovule se rétracte et rejette un liquide qui s’accumule entre lui et la membrane
pellucide. Le spermatozoïde perd sa queue. Son noyau et celui de l’ovule se gonflent, se
rapprochent et s’accolent. Leurs chromosomes s’additionnent (23+23 = 46) et rétablissent ainsi
la diploïdie. Le sexe est déterminé par l’X ou l’y porté par le spermatozoïde. Ce stade unicellulaire
est celui — très fugace — de l’oeuf ou zygote (d’un mot grec signifiant joug, union).
L’oeuf se divise presque immédiatement en 2 cellules, puis 4, 8, 16, 32, suivant une progression
binaire. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le nombre de divisions cellulaires — de la
fécondation au foetus à terme — n’est pas très élevé, une quarantaine environ. Les cellules se
multiplient, se différencient, se groupent par familles pour former des tissus, ceux-ci
s’assemblant en organes destinés à une ou plusieurs fonctions.
La fécondation  » apparaît donc comme la mise en place d’un programme architectural et
fonctionnel qui détermine toutes les caractéristiques de l’individu  » (Y. Malinas). Aussi bien les
caractéristiques générales : place dans l’échelle des êtres (embranchement des vertébrés, classe
des mammifères, ordre des Primates,…) et appartenance à l’espèce humaine ; que les
caractéristiques physiques et psychiques qui font de lui un être unique, sauf en cas de vraie
gémellité.
Ses caractères généraux lui viennent des 46 chromosomes dont il a hérité et ses caractères
particuliers de la combinaison de ces chromosomes, 23 d’origine paternelle et 23 d’origine
maternelle.
L’oeuf contient toute l’humanité et la singularité de l’individu. Il est un être humain dès ce stade.
Il n’est pas un être humain potentiel, mais un être humain « avec un vaste potentiel » (J.C. Willke).
En revanche, spermatozoïde et ovule sont des êtres humains partiels et potentiels, puisque seule
leur union peut donner un être humain.

L’EMBRYON
L’oeuf se divise à l’intérieur de la membrane pellucide. La première division dure 24 heures. Avec
elle, l’oeuf cesse d’être un zygote pour devenir un embryon (d’un mot grec signifiant : qui se
développe à l’intérieur).
Il existe un stade à 3 cellules, la deuxième division affectant l’une des cellules filles avant l’autre.
Les deux premières divisions sont longitudinales dans des plans perpendiculaires. Les quatre
premières cellules sont de taille égale. Elles sont totipotentes comme l’oeuf lui-même, c’est-à-dire
capables de donner chacune un individu complet.
La troisième division est transversale et inégale : 4 petites cellules surmontent 4 grosses cellules.
Les petites cellules, en se multipliant, entourent les grosses et donnent le trophoblaste qui est à
l’origine du placenta. Les grosses cellules donnent le bouton embryonnaire.
L’oeuf est propulsé par les contractions de la trompe et les mouvements de son revêtement
ciliaire.
Au quatrième jour, l’embryon a l’aspect d’une petite mûre (stade de morula).

Puis le trophoblaste, en s’accroissant, se détache d’une partie du bouton embryonnaire. Une
petite cavité apparaît entre les deux. Cet aspect de vésicule correspond au stade de blastula (6e
jour, 128 cellules). C’est à ce jour, que l’embryon s’implante dans la muqueuse utérine par son
trophoblaste.
Trois jours plus tard, par un message hormonal, il arrête les règles maternelles. On remarquera
que chez la poule, l’oeuf est pondu et couvé au stade de blastula, la fécondation ayant précédé la
formation de la coquille.
Le bouton embryonnaire se creuse à sa partie supérieure d’une cavité qui se remplit de liquide, la
cavité amniotique. À sa partie inférieure, il se différencie en 2 couches cellulaires ou feuillets.
L’un superficiel, l’ectoplasme (à cellules hautes), l’autre profond, l’endoblaste (à cellules plates).
Les deux feuillets superposés forment le disque embryonnaire. L’embryon est alors diblastique.
La division du bouton embryonnaire peut donner jusqu’au 14e jour de vrais jumeaux.
L’embryon devient rapidement triblastique grâce à la gastrulation : des mouvements cellulaires
introduisent les éléments d’un troisième feuillet — le mésoblaste — entre les deux précédents.
La plupart des animaux sont triblastiques sauf certains, très simples, comme les éponges, qui
sont diblastiques. Tous les tissus et organes viennent de ces trois feuillets.
L’ectoblaste donne la peau, ses annexes — poils, ongles… — et le système nerveux. L’endoblaste
donne l’appareil digestif et ses glandes annexes — foie et pancréas — ainsi que l’appareil
pulmonaire. Le mésoblaste donne le tissu qui entoure les viscères — péritoine, plèvre, péricarde,
méninges —, les tissus de soutien, muscles et squelette, les appareils rénal, sanguin et
circulatoire.
Au moment de la gastrulation, le disque embryonnaire est plat, mais du fait de l’accroissement
de la région dorsale par rapport à la région ventrale — aussi bien en longueur qu’en largeur —
l’embryon proprement dit s’isole de ses annexes, auxquelles il n’est plus relié que par le cordon
ombilical. Simultanément, la cavité amniotique et le liquide qu’elle contient (poche des eaux)
prennent une grande extension et entourent l’embryon.
La cavité amniotique fait défaut chez les vertébrés aquatiques et amphibiens dont les oeufs sont
pondus et se développent dans l’eau. Mais il apparaît chez les vertébrés terrestres — reptiles,
oiseaux, mammifères— où il fournit le milieu aqueux indispensable au développement de leurs
oeufs. Les premières sont dites anamniotes, les deuxièmes dont nous sommes, amniotes. La
rupture prématurée de la poche des eaux est rapidement mortelle pour l’embryon et plus tard
pour le foetus.
Tissus et organes se forment pendant la période embryonnaire et déjà certaines fonctions
apparaissent. La première à se manifester est la fonction circulatoire, nécessaire au
développement de l’embryon.
Le coeur résulte de l’union, sur la ligne médiane et ventrale de l’embryon, de deux tubes primitifs
latéraux. Il constitue ainsi un département central qui collecte le sang en amont et l’évacue en
aval. Le coeur bat au 19e jour avant même l’apparition de la circulation. D’abord simple tube
rectiligne, il se plie sur lui-même, se compartimente en cavités successives et se cloisonne
longitudinalement d’amont en aval de telle sorte que soient isolés deux courants, l’un artériel,
l’autre veineux.

Le sang et les vaisseaux se forment à l’extérieur et à l’intérieur de l’embryon. Sa circulation est
close, mais reliée à la circulation maternelle par le cordon ombilical et le placenta. Les deux
circulations sont en échanges constants, l’embryon recevant l’oxygène et les éléments nutritifs,
et rejetant gaz carbonique et déchets.
Le système nerveux apparaît sous la forme d’une plaque (18e jour) dorsale et axiale dont les
bords se soulèvent pour former une gouttière, puis un tube lorsque les bords se rapprochent et
fusionnent. La fermeture, d’abord limitée à la partie moyenne du tube, s’étend ensuite à ses deux
extrémités, antérieure pour donner l’encéphale, et postérieure pour donner la moelle lombosacrée.
L’ébauche de l’oeil est extrêmement précoce et apparaît comme une excroissance latérale à la
base du cerveau. C’est alors un pédoncule à l’extrémité duquel se forme une petite coupe, la
vésicule optique, qui donne la rétine. Dans cette vésicule va s’enfoncer l’ectoblaste qui donnera
plus tard le cristallin.
La région antérieure prend une grande importance du fait du développement de l’encéphale et
de l’apparition du système branchial.
La formation du cou est tardive. A son extrémité postérieure, l’embryon porte une petite queue
qui se résorbe rapidement. Les membres antérieurs (au 26e jour) puis postérieurs (28e jour)
apparaissent sous forme de palettes transversales. Époque de formation des tissus et organes, la
période embryonnaire est aussi celle de leur malformation par arrêt ou défaut de
développement (ex : le défaut de fermeture de l’extrémité antérieure du tube neural est à
l’origine d’une encéphalie). La période embryonnaire semble parfois retracer l’histoire de
l’origine lointaine de l’individu ; ainsi le système branchial humain ressemble à un moment à celui
d’un embryon de poisson. Nous ne donnons là que quelques exemples qui montrent que bien
avant le 60e jour, l’embryon acquiert la plupart des fonctions d’un petit être humain.

LE FOETUS
L’embryon atteint sa forme humaine presque parfaite à 8 semaines. Il mesure moins de 3
centimètres du crâne au coccyx, et pèse à peine 3 grammes.
Il n’est pas encore complet puisqu’on ne peut dire à quel sexe il appartient, bien que celui-ci soit
déterminé dès la fécondation. Chez le petit garçon, le sexe apparaît à partir de la 9e semaine,
sous l’influence hormonale du testicule foetal (Jost). Chez la petite fille, il garde un type neutre.
Dès la sixième semaine, on peut enregistrer des ondes cérébrales à l’électroencéphalogramme.
L’embryon fait ses premiers mouvements, mais ceux-ci ne seront perçus que bien plus tard par la
mère, lorsque le foetus aura atteint une taille suffisante (4 mois), car la muqueuse utérine n’est
pas sensible (la sensation vient de la distension du feuillet péritonéal qui recouvre l’utérus à
l’extérieur). À six semaines et demi, il a tous ses bourgeons dentaires (20 dents de lait). À huit
semaines, le petit être humain cesse d’être un embryon pour devenir un foetus et ce jusqu’au
terme. Ses tissus et organes sont formés. Il ne fait plus que grandir et se perfectionner. Déjà, il
nage vigoureusement dans le liquide amniotique et commence à sucer son pouce. Entre la 9e et

la 10e semaine, il peut avaler, loucher et remuer la langue. On enregistre une activité cérébrale
en réaction à la douleur.
À partir de la 11e semaine, il respire — on distingue ses mouvements thoraciques — au début de
façon irrégulière et épisodique, puis soutenue. Il  » respire « du liquide amniotique mais se prépare
déjà à sa vie aérienne.
À douze semaines, stade où fut filmé l’avortement par aspiration dans Le Cri Silencieux (du
Dr. Nathanson), l’enfant cherche à se soustraire à la sonde. Son coeur bat alors deux fois plus vite.
Lorsque finalement il est pris et démembré, il ouvre la bouche, comme pour crier.
À quatorze semaines, il entend. À dix-sept semaines, il rêve, comme en témoignent ses
mouvements d’yeux rapides. À 4 mois et demi, une lumière vive sur le ventre maternel lui fait
mettre les mains devant les yeux. De même, un grand bruit à proximité, lui fait couvrir les oreilles
de ses mains, comme pour se protéger.
La naissance est un bouleversement. L’enfant passe brusquement d’un milieu aqueux au milieu
aérien. Entièrement dépendant de sa mère jusque-là, il acquiert une certaine indépendance. Son
premier acte consiste à respirer. Le contact avec l’air, la ligature du cordon qui le prive de
l’oxygène maternel, déclenche les mouvements respiratoires et les premiers cris. Son deuxième
acte, différé celui-là, est de se nourrir. Il était préparé à la succion de longue date.
Jusque-là, il a encore des réflexes archaïques, comme celui de l’agrippement, saisissant avec ses
doigts l’objet placé dans la paume de sa main. Dans son berceau, l’enfant conserve pour quelque
temps la forme de l’oeuf où il se trouvait.

2. L’AVORTEMENT PROVOQUÉ

LA VICTIME

suite…

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La lutte de Londres contre le terrorisme sioniste


http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/bouter-les-britanniques-hors-de,0614

Sylvain Cypel > 13 juin 2014

1948, l’assassinat impuni d’un médiateur de l’ONU en Israël


http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/l-assassinat-du-comte-bernadotte,0625

Pierre Prier > 27 juin 2014