SCIENCE, TECHNOLOGIE ET RÉPARATIONS


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Auteur : Gimbel John
Ouvrage : Science, technologie et réparations Exploitation et pillage dans l’Allemagne d’après-guerre
Année : 1990

Traduit par
Valérie Devon

 

4ème de couverture

La plupart des gens ont entendu parler de Werner von Braun et des scientifiques
et ingénieurs allemands que les Américains ont amenés aux États-Unis après
la Seconde Guerre mondiale dans le cadre du Projet Paperclip . La plupart
d’entre eux connaissent aussi la course aux scientifiques allemands qui s’est
alors engagée. Ce que pratiquement personne ne semble savoir, cependant,
c’est que le Projet Paperclip n’était qu’un des aspects d’un programme beaucoup
plus complet et systématique de « réparations intellectuelles » pour exploiter
le savoir-faire scientifique et technique allemand, non seulement à des fins
militaires mais également pour le bien de la science et de l’industrie américaines.
Ce programme qui a débuté à la fin de 1944 est le sujet du présent ouvrage.
Alors que les armées alliées balayaient l’Allemagne de l’Ouest, des équipes de
dizaines d’experts américains ont visité des centaines d’établissements de recherche,
d’écoles techniques et d’entreprises industrielles allemands ciblés. lis ont interrogé
le personnel, examiné les processus et les produits, pris des photographies et
des échantillons, et exigé des dessins, des plans, des rapports de recherche, etc.
Mais les objectifs limités et liés à la guerre qu’ils poursuivaient au départ ont
rapidement cédé la place aux possibilités de pillage industriel et technologique
dans pratiquement tous les domaines de l’expertise allemande, y compris les
souffleries, les magnétophones, les combustibles synthétiques et le caoutchouc,
les films couleur, les textiles, les machines-outils, les équipements lourds, les
céramiques, les verres optiques, les colorants, les microscopes électroniques.
Apparemment, l’information recueillie devait être, selon les termes du secrétaire
d’État George C. Marshall, « mise à la disposition du reste du monde ».
Dans la pratique, cependant, une grande partie de ces documents a été transférée
par les consultants scientifiques et les examinateurs de documents directement à
leurs propres entreprises et pour leurs propres besoins. Cette histoire n’a jamais
été racontée auparavant, et le récit méticuleux mais très lisible de l’auteur est
basé sur plus de dix ans de recherches dans des archives publiques et privées
allemandes et américaines. Lors de la réunion du Conseil des ministres des
Affaires étrangères à Moscou en 1947, V. M. Molotov, ministre des Affaires
étrangères de l’Union soviétique, a accusé les États-Unis et la Grande-Bretagne
de s’être approprié 10 milliards de dollars en réparations sous forme de brevets
et autres connaissances techniques. Le secrétaire d’État Marshall a furieusement
nié l’accusation, mais aucune évaluation précise n’a jamais été publiée par
le gouvernement américain. Sur la base de ses recherches, l’auteur conclut
que le chiffre de 10 milliards de dollars qualifié d’ « extravagant » par les
fonctionnaires du département d’État n’est probablement pas loin de la vérité.

 

Préface
Au cours de mes recherches préparatoires à ce livre, j’ai découvert
que Werner von Braun et l’équipe de chercheurs et d’ingénieurs
allemands, que les Américains ont ramenés aux États-Unis dans
le cadre du Projet Paperclip, après la Deuxième Guerre mondiale, ne
sont pas inconnus de la plupart des gens raisonnablement informés. La
plupart d’entre eux connaissent aussi la course aux scientifiques
allemands qui s’est alors engagée, une compétition qui explique peutêtre
la devise largement répandue, après le lancement russe réussi du
Spoutnik en octobre 1957, selon laquelle leurs Allemands étaient
meilleurs que nos Allemands. Ce que pratiquement personne ne semble
savoir, cependant, c’est que le Projet Paperclip n’était qu’un des aspects
d’un programme beaucoup plus complet et systématique de « réparations
intellectuelles » pour exploiter le savoir-faire scientifique et technique
allemand, non seulement à des fins militaires mais également pour le
bien de la science et de l’industrie américaines. Ce programme plus
vaste, et plus précisément comment le Projet Paperclip s’y est greffé, est
le sujet du présent ouvrage.
Je ne puis moi-même dire avec certitude à quel moment j’ai appris
l’existence du programme dans son ensemble, mais je sais que cela ne
s’est pas produit pendant mon service immédiat d’après-guerre comme
traducteur et interprète pour le détachement du gouvernement militaire à
Friedberg, Hessen. Cela ne s’est pas non plus produit lors de mes
recherches dans les années 1950 concernant l’impact de l’occupation
américaine sur la ville et le comté de Marbourg. Au cours des années
1960 et 1970, lorsque j’ai poursuivi mes recherches sur l’occupation
américaine de l’Allemagne et sur le problème allemand et les origines du
plan Marshall, je me suis rendu compte peu à peu, mais de façon
graduelle, qu’il y avait là quelque chose à raconter, et que cela en valait
la peine. Sans doute ma curiosité tenace concernant la légitimité des
accusations russes et est-allemandes selon lesquelles les Alliés
occidentaux se seraient appropriés des milliards de dollars en
réparations m’a-t-elle influencé, même si j’étais initialement disposé à

accepter – sans trop réfléchir – la position officielle américaine selon
laquelle les montants mentionnés étaient tout simplement
« extravagants », que les accusations visaient à détourner l’attention de
l’Union soviétique de ses propres mesures de réparation et pouvait donc
être rejetée comme n’étant rien de plus que de la propagande. Quoi qu’il
en soit, des documents et autres éléments relatifs à l’existence et au
travail de la Field Information Agency, Technical (FIAT), que j’ai
découverts occasionnellement dans les dossiers américains et allemands
que j’ai eu le privilège de consulter pendant les années 60 et 70 m’ont
donné la possibilité de mener une enquête approfondie sur cette histoire.
Quatre de ces découvertes me semblent particulièrement convaincantes.
Tout d’abord, le général Lucius D. Clay, gouverneur militaire américain
en Allemagne, a adressé deux messages similaires au ministère de la
Guerre à Washington. Clay y déclarait que les États-Unis, par
l’intermédiaire de la FIAT, s’emparaient de toutes les informations qu’ils
pouvaient « concernant les processus commerciaux et la connaissance
scientifique de pointe », disant : « nous faisons nôtre la pensée des
scientifiques allemands en la façonnant à nos propres desseins. » et
qu’une fois la guerre avec le Japon terminée, les États-Unis
s’engageraient « carrément dans le domaine commercial ». Ainsi, Clay
conclut, « en nous saisissant de la production actuelle, nous faisons sans
doute la même chose que la Russie… et que la France est en train de
faire en retirant les biens d’équipement de l’Allemagne. »(1)
Deuxièmement, il y avait deux lettres d’Edward M. Groth, du Consul
général des États-Unis à Hambourg, au Secrétaire d’État. Groth y
rapportait un discours et un article de journal émanant d’un membre
socialiste du conseil municipal de Hambourg (Burgerschaft), dans
lesquelles ce dernier parlait de « réparations insidieuses » de grande
valeur qui étaient retirées d’Allemagne par des industriels privés et des
capitalistes de l’étranger. Ils viennent en Allemagne, aurait-il dit, pour
fouiller dans les dossiers secrets de leurs concurrents et les ramener dans
leur propre pays afin de favoriser leur propre progrès économique au
détriment de leurs concurrents allemands. « Le capitaliste étranger »
(Groth citait le membre du conseil ayant écrit dans le Hamburger Echo,
le journal du parti social-démocrate de la ville) recueille « les secrets des
concurrents allemands et s’enrichit grâce à eux, sans toutefois
rembourser son pays… de sorte que le contribuable étranger est la

première victime qui, sous prétexte de coûts professionnels,
subventionne en fait son propre capitaliste ».(2)
Troisièmement, il y a le « Rapport Harmssen », une étude sur les
mesures de réparation prises par le sénateur Gustav W. Harmssen,
ministre de l’économie de Brême. Dans ce rapport, il a évalué la valeur
totale des brevets, secrets industriels et biens similaires retirés
d’Allemagne par les forces d’occupation à environ 5 milliards de
dollars.(3) Enfin, il y avait les circonstances et les nombreuses questions
restées sans réponse entourant la décision des deux gouverneurs
militaires bizonaux – toutefois, clairement prise sur l’insistance du
général Clay – de démettre Johannes Semler de ses fonctions de
directeur économique de la Bizonal Economics Administration début
1948.(4) Le bureau de Semler avait recueilli des informations sur la
valeur de ce qu’il appelait les « réparations insidieuses » (Clay les
appelait « réparations cachées »), qui comprenaient le savoir-faire
scientifique et technique retiré à l’Allemagne par les enquêteurs de la
FIAT. (5) Semler était contrarié par l’idée répandue – exprimée et sousentendue
aussi bien par les Allemands que par les Américains – que
l’Allemagne de l’après-guerre était une espèce de cas social international
se reposant sur les pouvoirs d’occupation et leurs contribuables, et il
était contrarié par le refus des ministres-présidents bizonaux de prendre
fermement position lors de leur réunion à Wiesbaden en octobre 1947,
afin de contester la liste nouvellement dévoilée des entreprises
industrielles allemandes qui seraient démantelées dans le cadre des
réparations. Le 4 janvier 1948, lors d’un rassemblement d’un parti
politique local à Erlangen, Semler explosa. Dans une allocution
prononcée en l’absence d’un texte préparé, il a fait valoir que sans les
politiques et pratiques d’occupation alliées – qu’il a largement illustrées
et commentées – l’Allemagne serait en mesure de payer ses importations
alimentaires en espèces plutôt qu’avec les « remerciements » avilissants
que les politiciens et personnalités publiques allemands adressaient. Il
s’est avéré que, de façon injuste, ce dernier a agrémenté ses remarques et
a diverti son auditoire avec des sarcasmes sévères et des railleries,
comme celle voulant que les Américains aient envoyé du
« Hühnerfutter » (littéralement, « aliment pour poulets », mais utilisé ici
pour parler du maïs, que les consommateurs allemands considéraient
comme un mauvais substitut au blé dans leur pain rationné) pour lequel
les Allemands devaient payer en dollars.

Les responsables du gouvernement militaire américain qui ont plus tard
analysé un compte rendu sténographique du discours du général Clay
ont conclu que, à l’exception de ses « déclarations fausses et
trompeuses », en particulier celle sur l’alimentation des poulets et une
autre sur la pression américaine sur les agriculteurs allemands pour
augmenter leurs livraisons afin d’économiser l’argent des contribuables
américains, le discours était bien fait et méritait, par ailleurs, une
attention particulière ».(6)* Mais Semler se fit virer, et lorsque le
Landtag bavarois – pour vérifier si, comme le disait un intervenant, la
démocratie allemande d’après-guerre était en fait une ‘démocratie
fantoche’ – le choisit comme délégué au nouveau Conseil économique
bizonal, à Francfort en février 1948, les Américains intervinrent.
Pendant que l’état-major du général Clay rédigeait des documents pour
la dissolution éventuelle du Landtag bavarois, Clay envoya un avion
spécial à Munich afin qu’on lui ramène à Berlin le ministre-président
Hans Ehard et Murray van Wagoner, le directeur régional du
gouvernement militaire américain pour la Bavière. Ce qui s’est
précisément passé quand ils sont arrivés à Berlin n’est, bien sûr, pas
consigné au dossier, mais Murray van Wagoner a noté plus tard que « le
général m’a dit que j’étais susceptible de devenir un directeur régional
sans gouvernement si je ne rectifiais pas la situation ». Quoi qu’il en
soit, alors que les responsables américains passaient un week-end très
chargé à Munich à enquêter sur les antécédents de Semler (ils ont fouillé
son domicile et son bureau et pris quelques dossiers, et ils se sont
également rendus à Vienne pour une raison quelconque), les Bavarois
ont reconsidéré, capitulé et ensuite élu un remplaçant pour Semler, qui
est finalement revenu à la vie privée.(7)
J’esquisse cette histoire ici non pas pour porter un jugement sur Semler
ou sur les Américains impliqués, mais pour illustrer comment l’incident
a contribué à influencer ma décision d’entreprendre une étude sur la
science, la technologie et les réparations dans l’Allemagne d’aprèsguerre.
Semler se dirigeait clairement vers une sorte de confrontation


* Selon un analyste américain, les critiques et les références de Semler au général Clay
étaient regrettables, mais « nous devons admettre que, d’une manière générale, ses
déclarations sur les problèmes économiques fondamentaux et en particulier sur les
procédures et transactions spécifiques mentionnées étaient substantiellement vraie ».
BICO, Commerce and Industry Group (États-Unis), à BICO, sujet : discours de
M. Semler, 20 janvier 1948, RC 260, boîte 405-1/3, WNRC.


avec les Américains et les Britanniques sur la question des réparations,
et il était prêt à évoquer non seulement le programme de démantèlement
des usines – qui avait fait l’objet de vastes discussions publiques depuis
que les gouverneurs militaires avaient publié une liste des usines à
démanteler en octobre 1947 – mais également la très sensible question
des réparations « insidieuses » ou « cachées », qui comprenait le savoir
scientifique et technique retiré à l’Allemagne après la guerre. La
diffusion publique de ses remarques explosives à Erlangen – dont il
déclara plus tard que ces dernières n’étaient destinées qu’à ses collègues
du parti et non pour diffusion ou attribution publique – a clairement
conduit à son renvoi, et la lutte de pouvoir politique qui s’en est suivie
entre le gouverneur militaire américain et un gouvernement allemand de
plus en plus indépendant en Bavière a apparemment fait en sorte que la
substance de son message ne reçoive jamais l’attention que les
conseillers de Clay avaient pourtant jugé justifiée. Ces questions font
l’objet de l’étude qui suit.
Ayant pris connaissance des préoccupations exprimées dans la présente
étude, je m’empresse d’en préciser les limites. Premièrement, à
l’exception de brèves références ici et là, elle ne traite pas de
l’importante exploitation scientifique et technique de l’après-guerre en
Allemagne par les Britanniques, les Français, les Russes et les autres
pays alliés ou associés aux vainqueurs dans la guerre contre
l’Allemagne. J’ai appris dès le début de mes recherches qu’il serait
impossible de faire une plus grande percée. Les documents des autres –
même ceux des Britanniques, dont certains sont maintenant accessibles –
n’étaient pas disponibles ; je ne maîtrisais pas les langues requises et,
finalement, je n’avais qu’une vie à donner au projet. J’ai commencé cette
étude en 1977 et j’y travaille depuis plus de dix ans. Ensuite, à
l’exception de quelques références qui semblent appropriées, l’étude
fournit peu de détails sur des questions telles que la dénazification, les
conflits entre ceux qui voulaient une paix dure et ceux qui travaillaient
pour la modération, l’évolution de la politique d’occupation américaine,
la division de l’Allemagne et autres aspects de l’histoire de l’occupation
américaine en Allemagne. Les lecteurs intéressés sont invités à se
référer à mon ouvrage intitulé American Occupation of Germany :
Politics and the Military, 1945-1949 (Stanford, Californie, 1968).(8)
Enfin, bien que l’étude puisse paraître au premier abord comme un
argument en faveur de la supériorité des Allemands en matière
scientifique et technique en général, je ne crois pas que ce soit le cas et

je n’entends pas donner cette impression. J’accepte plutôt ce que
Vannevar Bush et d’autres, plus qualifiés que moi sur le sujet, ont dit à
ce propos : les sociétés industrielles modernes se développent de
manière inégale et variée, et dans ce cas précis, l’Allemagne était en tête
dans certains domaines de concentration alors que les Américains en
dominaient d’autres.(9)
Un grand nombre de personnes et d’organisations m’ont aidé au fil des
ans, bien qu’aucune d’entre elles ne soient responsables de la conception
ou des conclusions de cette étude. Dans le cadre de ma recherche et de
l’utilisation des documents aux États-Unis, il convient de noter en
particulier ce qui suit : George Chalou, des Archives nationales, m’a
aidé de bien des façons, et c’est lui qui m’a permis de trouver et de
consulter les dossiers du Bureau des services techniques et de la Field
Information Agency, Technical. William G. Lewis, relevé de temps à
autre par Fred Pernell, a non seulement sorti la plupart de ces dossiers,
mais il a aussi veillé à ce qu’ils soient sélectionnés pour moi aussi vite
que faire se peut afin que je puisse les consulter. William H. Cunliffe,
Wilbert B. Mahoney et John Taylor, aux Archives nationales, m’ont aidé
avec les dossiers du ministère de la Guerre, du ministère de l’Armée, des
chefs d’état-major interarmées et du Comité de coordination État-guerremarine.
Avec son personnel efficace, Milton O. Gustafson m’a prêté
main-forte concernant les dossiers et les registres du département d’État.
Le personnel de la Bibliothèque du Congrès m’a conseillé sur
l’utilisation des instruments de recherche et m’a aidé de bien d’autres
façons à effectuer des recherches dans les publications spécialisées des
associations commerciales, industrielles et scientifiques. Chaque fois
que j’ai visité la Bibliothèque Truman, la Bibliothèque Eisenhower et
l’Académie nationale des sciences ou que j’ai correspondu avec elles, les
membres du personnel se sont montrés à la fois amicaux et coopératifs.
Erich F. Schimps, le bibliothécaire des documents de l’Université d’État
de Humboldt, était toujours là quand j’avais besoin de lui, et je serai
incapable de citer toutes les façons qu’il a eu de m’aider mais je suis sûr
que lui s’en souvient.
Enfin, du côté américain, je tiens à remercier un archiviste inconnu qui
s’est joint à moi et à George Chalou autour d’un café à la cantine du
Washington National Records Center lors des nombreuses occasions où
je déplorai le fait que George ne soit pas parvenu à trouver les archives
de la Joint Intelligence Objectives Agency (JIOA) malgré des appels

téléphoniques au Pentagone, et au quartier général, au Commandement
européen, à Heidelberg, et dans de nombreux autres services sur une
période de cinq ans. Heureusement, notre invité s’est souvenu qu’il avait
récemment traité une collection d’environ quarante-trois boîtes
d’archives qu’il pensait correspondre à ce que nous recherchions. Il s’est
avéré qu’il avait raison, et j’ai eu le plaisir de les utiliser un an plus tard,
après qu’ils aient été examinés en vertu de la Freedom of Information
Act. D’après ce que j’ai compris, le Bureau interarmées des chefs d’étatmajor
de la Recherche et du génie, l’organisme qui a succédé à la JIOA,
avait transféré les dossiers aux Archives nationales où ils ont été
enregistrés dans les instruments de recherche informatisés à titre de
documents de ce bureau, mais sans renvoi approprié à la JIOA. Peut-être
la même chose s’est-elle produite avec les documents créés par le
Bureau du directeur adjoint du renseignement en Europe à la fin des
années 1940. Quoi qu’il en soit et malgré nos efforts, nous ne les avons
jamais retrouvés.
En Allemagne, je remercie tout particulièrement la direction générale et
le personnel des institutions suivantes : les Archives fédérales de
Coblence (merci à Frau Singer, au Dr Werner, et surtout au Dr Lenz, qui
a déterré les dossiers de l’entrepôt et m’a laissé les utiliser avant qu’ils ne
soient traités et indexés) ; les Archives principales de Rhénanie-du-
Nord-Westphalie à Düsseldorf (merci en particulier au Dr Dieter
Scriverius, qui m’a permis d’utiliser son instrument de recherche détaillé
et extrêmement utile alors qu’il était encore manuscrit) ; les Archives
principales de Hesse à Wiesbaden (merci en particulier aux docteurs
Schuler et Helfer, qui m’ont facilité l’accès aux archives de l’organisation
des scientifiques et techniciens évacués de la zone soviétique en 1945,
ainsi qu’aux archives du Ministère de l’économie et des transports) ; les
Archives principales du Bade-Wurtemberg à Stuttgart (merci en
particulier à M. Thiel) ; les Archives d’État à Brême (merci en
particulier à M. Hofmeister) ; les Archives d’État à Hambourg (merci en
particulier à M. Gabrielson) ; et les archives de la ville de Heidenheim
(merci en particulier à M. Maucher). Mes remerciements vont
également à Degussa à Francfort qui m’a permis d’utiliser les précieux
documents des archives du groupe, et en particulier à Mme Mechthild
Wolf, l’archiviste qui m’a guidé et conseillé pendant mon long séjour, au
Handelskammer à Hambourg et à l’Industrie- und Handelskammer à
Francfort (notamment Mme Wörman), au Dr Med. Fritz Ebner, l’attaché
de presse d’E. Merck à Darmstadt, qui m’a donné quelques dossiers et

me fit part de nombreuses informations personnelles relatives à ses
propres expériences d’après-guerre ; à l’Ing. dipl. Klaus Luther, de la
Maschinenfabrik Augsburg-Nürnberg (M.A.N.) à Augsbourg, qui a
facilité mon travaille dans les archives historiques du groupe et a
organisé des entretiens avec d’anciens responsables de cette entreprise ;
à Horst-Dieter Wulf, qui m’a envoyé un paquet de documents provenant
des archives de Chemische Werke Hüls AG à Marl ; à Hans D. Sterba,
de Schloemann-Siemag AG à Düsseldorf, qui a organisé des entretiens
avec d’anciens responsables et employés de Schloemann ; à la Deutsche
Texaco AG de Hambourg pour avoir mis à ma disposition les archives
d’après-guerre de Chemische Werke Rheinpreussen, et au Dr Walter
Grimme de Munster pour une interview très instructive sur son
expérience d’après-guerre dans cette entreprise ; et à Erich Schott,
directeur du Glaswerk Schott et de Genossen à Mayence, qui m’a
accordé non seulement une longue interview, au cours de laquelle il m’a
parlé de l’évacuation de l’entreprise de Iéna en 1945, mais a également
étayé ses remarques avec des documents provenant de ses propres
dossiers et de ceux de son établissement. Enfin, mes remerciements vont
aux bibliothécaires agréables, amicaux et très serviables de la
Bundestagsbibliothek à Bonn, qui ont toujours semblé intéressés par ce
que je faisais et me l’ont montré.
Des dizaines d’autres personnes aux États-Unis et en Allemagne, y
compris des particuliers, des entreprises, des associations commerciales
et industrielles, des chambres de commerce, ainsi que des fonctionnaires
et des organismes gouvernementaux, ont pris le temps de répondre à
mes lettres, de discuter avec moi et de donner des détails ici et là quand
je les ai demandés. Par nécessité, mes remerciements doivent leur être
adressés collectivement, mais je le fais avec beaucoup de sincérité et de
gratitude, car sans eux, la dimension humaine que je me suis efforcée
d’inclure dans l’étude aurait été perdue.
Évidemment, la recherche pour cette étude a été à la fois longue et
coûteuse. Quant au temps, un congé sabbatique de l’Université d’État de
Humboldt m’a octroyé une année universitaire, et j’ai profité d’un
programme de retraite anticipée pour les professeurs du système de
l’Université d’État de Californie – avant même d’avoir prévu de prendre
ma retraite – et j’ai ainsi transformé mon horaire annuel normal de neuf
mois d’enseignement et trois mois de recherche en un programme où je
pouvais enseigner pendant trois mois et faire des recherches et écrire

durant le reste de l’année. En ce qui concerne l’aide financière, j’ai reçu
une bourse d’été du National Endowment for the Humanities en 1978,
plusieurs bourses de voyage et de recherche de la Humboldt State
University Foundation en 1977, 1979 et 1980, une chaire de recherche
de la Fulbright Commission pour un semestre chacun aux universités de
Hambourg et de Francfort en 1980-1981, et d’une subvention de
l’American Council of Learned Societies pour l’été 1982. Enfin, j’ai reçu
une bourse de recherche et de voyage très généreuse de la Volkswagen-
Stiftung en Allemagne pour les années 1984, 1985 et 1986, au cours
desquelles j’ai passé le printemps en Allemagne, l’été à Washington, DC
et le reste de l’année à Arcata, Californie. Le professeur Karl Hardach,
qui occupe la chaire d’histoire économique (Lehrstuhl für
Wirtschaftsgeschichte) à l’Université de Düsseldorf, m’a parrainé auprès
de la Fondation Volkswagen, a administré la bourse et m’a fourni de
nombreuses autres commodités, ce dont je suis très reconnaissant.
Nancy Atkinson était une rédactrice attentive et perspicace.
Comme pour chacun de mes projets de recherche et chacun de mes
précédents ouvrages, Gisela, mon épouse, a été ma partenaire dans tout
ce que je faisais. Elle a rédigé pratiquement toute ma correspondance en
allemand, ce qu’elle peut faire beaucoup mieux que moi. Elle m’a
accompagné pendant tous mes longs voyages de recherche et elle a
toujours été une critique perspicace et pointue en ce qui concerne mes
idées et mes conclusions, même si elle a été considérablement ralentie
par la douleur causée par les blessures graves qu’elle a subies quand une
grosse camionnette a embouti l’arrière de notre voiture sur les côtes de
l’Orégon pendant l’été 1985.
].G.

 

PARTIE I
Du renseignement militaire
en tant de guerre à l’exploitation commerciale
d’après-guerre

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La culture de masse en question


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Auteur : Lasch Christopher
Ouvrage : La culture de masse en question
Année : 1982

Traduction d’Alain de Benoist

 

 

Tout homme de gauche serait probablement d’accord pour dire que des institutions
politiques représentatives ne garantissent pas à elles seules un mode de vie démocratique.
Par opposition à la conception minimaliste de la démocratie — qui cherche
seulement à libérer la compétition industrielle des interférences de l’État, qui définit
la démocratie par l’abolition des privilèges particuliers, et qui demande à ce que soient
appliquées de façon impartiale les règles destinées à donner à tous des chances égales
au départ dans la vie — , la gauche a toujours soutenu une vision plus large, qui ne
touche pas seulement la démocratie politique, mais aussi la démocratie économique
et la démocratisation de la culture.
La critique de gauche de la libre entreprise commence par constater que l’existence de règles
de compétition formelles ne donne nullement des chances égales à chacun. De fait,
la facilité avec laquelle les avantages de classe se perpétuent dans un système de démocratie
politique a parfois conduit certains radicaux à la croyance, d’ailleurs erronée, que
la démocratie politique est un trompe-l’oeil et que les « libertés politiques bourgeoises »
sont seulement un instrument de la domination de classe. Mais même ceux qui considèrent
la liberté d’expression, le suffrage universel et des institutions représentatives comme des
conditions absolument essentielles de la démocratie (et il serait réconfortant de penser
qu’ils sont maintenant une majorité à gauche) admettront facilement que ces garanties politiques ne représentent rien d’autre qu’un début 1. A leur avis, la démocratie exige aussi,
pour le moins, des syndicats puissants, un impôt proportionnel sur le revenu et des interventions
du gouvernement pour encadrer l’activité industrielle. Beaucoup ajouteront même
qu’elle exige aussi la socialisation des moyens de production.
Il est bien clair toutefois que le socialisme lui-même n’est pas une garantie de la démocratie
; et c’est un fait que le caractère autoritaire des régimes socialistes existants
a conduit la gauche, non seulement à réviser ses opinions sur la démocratie politique,
mais aussi à penser de plus en plus fermement qu’une « révolution culturelle » pourrait
bien représenter l’élément le plus important pour établir une société vraiment démocratique.
Cette idée un peu abstraite signifie évidemment des choses différentes pour
différentes personnes. En général, on veut dire par là que les vieilles habitudes de
soumission à l’autorité tendent à réapparaître au sein même des mouvements dont les
objectifs sont démocratiques, et qu’à moins que ces habitudes soient arrachées à la
racine, les mouvements révolutionnaires continueront toujours à recréer les conditions
qu’ils cherchent précisément à abolir. Les partisans d’une révolution culturelle mettent
l’accent sur la réapparition des vieux schémas autoritaires en Union Soviétique et
dans les autres régimes socialistes, ou encore sur la réapparition des tendances
sexistes à l’intérieur de la Nouvelle gauche la plus « libérée ». Ils en concluent qu’aussi
longtemps que ces schémas de domination n’auront pas été détruits, les mouvements
démocratiques manqueront toujours leurs objectifs de départ.
L’idée d’une révolution culturelle n’est pas nouvelle. Sous une forme ou une autre,
elle a toujours fait partie de l’idéologie démocratique depuis ses débuts. Les meneurs
des révolutions démocratiques du XVIIIe siècle insistaient sur le fait que la démocratie
exige que les citoyens soient « éclairés ». Au XIXe siècle, l’institution du suffrage
universel pour les hommes ajouta encore à la croyance selon laquelle, pour que les
institutions démocratiques prospèrent, les masses devraient être poussées à sortir de
leur torpeur intellectuelle séculaire et munies des outils de la pensée critique 2. Au
XXe siècle, la démocratisation de la culture est devenue une préoccupation centrale
pour les penseurs de la tradition progressiste. Certains d’entre eux se sont rangés à
l’opinion de John Dewey, selon qui des réformes anti-autoritaires dans l’enseignement
encourageraient la formation d’habitudes mentales critiques et scientifiques. D’autres,
comme Thorstein Veblen, ont plutôt mis leur confiance dans les effets intellectuellement
émancipateurs de l’activité industrielle 3. D’autres encore ont mis l’accent sur
les capacités d’« auto-éducation » des masses, ou sur le rôle dirigeant d’une élite tutélaire.
Toutes ces positions ont au moins comme point commun de se fonder sur un
ensemble de postulats ayant trait à l’effet dissolvant exercé par la « modernité » sur les modes de pensée « traditionnels ». L’opinion qui a prévalu est que la démocratisation
de la culture exige au préalable un programme éducatif ou un processus social
(ou encore les deux), qui soit capable d’arracher les individus à leur contexte habituel,
d’affaiblir les liens de parenté, les traditions locales et régionales, et toutes les formes
d’attachement au sol. Aux États-Unis en particulier, la suppression des racines a toujours
été perçue comme la condition essentielle de la croissance des libertés. Les
symboles dominants de la vie américaine, la « frontière » et le melting pot, ont contribué,
entre autres, à développer l’idée que seuls les déracinés peuvent parvenir à une
véritable liberté intellectuelle et politique.

 

Marketing de masse et réduction des choix
Ce modèle implicite d’éducation « éclairée » doit être révisé. Il est à bien des égards
fallacieux. Il sous-estime la puissance et la valeur des attachements traditionnels. Il
donne à tort l’impression que les sociétés « traditionnelles » sont en état de stagnation
intellectuelle et technologique, et, en même temps, il encourage la surestimation des
accomplissements de l’esprit moderne « affranchi ». Il représente le sens du lieu et le
sens du passé comme absolument réactionnaires dans leurs implications politiques,
et ignore le rôle important qu’ils ont joué dans les mouvements démocratiques et les
révolutions populaires. Non seulement il exagère les effets libérateurs du déracinement,
mais il véhicule une conception appauvrie de la liberté. Il confond la liberté
avec l’absence de contraintes. La critique dirigée contre cette conception dominante
— l’analyse dominante du processus de « modernisation » — doit s’effectuer de deux
façons. La première a pour objet de faire apparaître la persistance des formes prétendument
démodées de particularisme – liens familiaux, religion, conscience ethnique,
nationalisme noir – qui, non seulement ont elles-mêmes démontré qu’elles résistaient
au melting pot, mais continuent de fournir aux gens des ressources psychologiques
et spirituelles essentielles à une citoyenneté vraiment démocratique et à une vue universelle
des choses, par opposition au point de vue déraciné, désorienté, que l’on
confond si souvent aujourd’hui avec la libération intellectuelle. La seconde doit tenter
d’expliquer pourquoi la culture de masse, homogénéisée, des sociétés modernes n’engendre
nullement une mentalité « éclairée » et indépendante, mais au contraire la
passivité intellectuelle, la confusion et l’amnésie collective. Le présent article entre
dans la seconde catégorie. Il entend sortir la discussion sur la « culture de masse »
des ornières dans lesquelles elle s’est embourbée depuis les années quarante et cinquante,
lorsque Dwight Macdonald, Irwing Howe, Theodor W. Adorno, Max Horkheimer,
Leo Lowenthal et bien d’autres avaient commencé à soutenir que les masses n’avaient abandonné leurs anciennes habitudes que pour devenir les victimes de la
publicité et de la propagande moderne 4.
Cette critique de la culture de masse présentait en effet beaucoup de défauts, et c’est
la raison pour laquelle il a été facile aux écrivains des années soixante et soixante-dix
de la rejeter plutôt que de chercher à l’affiner et à la remodeler. Ceux qui s’en prenaient
à la culture de masse témoignaient, par exemple, d’une compréhension très
faible de l’art populaire. (Adorno écrit ainsi à propos du jazz que le « caractère plaintif
de sa musique traduit une nostalgie… de la soumission ») 5. Nombre de ces critiques
basaient leur argumentation sur l’idée douteuse que les structures de classe, ayant
éclaté, avaient été remplacées par la « société de masse ». Ils minimisaient les capacités
de résistance populaire ou publique à la « manipulation » psychologique opérée
par les médias.
Ils pensaient que les médias avaient détruit toute trace d’une vraie culture populaire
et que, de ce fait, les seuls opposants à la culture de masse provenaient de la petite
minorité des tenants d’une « haute culture ». Leur attachement personnel au modernisme
culturel était souvent dépourvu de tout esprit critique, et tendait lui-même à
justifier leur adhésion à des mouvements élitistes ou d’avant-garde, non seulement
dans le domaine culturel, mais aussi dans le domaine politique — aspect particulièrement
fâcheux de leur position 6.
Pourtant, malgré ses graves défauts, la critique de la culture de masse était porteuse
d’une perspective historique importante, que l’on peut retracer de la façon suivante.
Depuis le XVIIIe siècle, l’offensive contre le particularisme culturel et l’autorité patriarcale,
qui avait pour but – tout au moins au début – d’encourager l’indépendance
psychologique et l’esprit critique, a perdu toute signification du fait de l’apparition
d’un marché universel de facilités, qui a abouti à l’effet opposé. Or, ces deux processus
sont étroitement liés ; ils font partie de la même séquence historique. Le développement
d’un marché de masse qui détruit l’intimité, décourage l’esprit d’indépendance
et met les individus dans la dépendance de la consommation en vue de la satisfaction
de leurs besoins, anéantit les possibilités de libération que la destruction des anciennes
contraintes pesant sur l’intellect et sur l’imagination avait laissé entrevoir. Le résultat
est que la suppression de ces contraintes revient souvent, dans la pratique, à générer
seulement la liberté de choisir entre des facilités plus ou moins indiscernables.
L’homme ou la femme moderne, émancipé et « éclairé », se révèle, quand on y regarde
de près, un simple consommateur qui n’est pas tellement souverain. Au lieu
d’assister à la démocratisation de la culture, nous assistons en fait à sa complète assimilation
aux exigences du marché.

Or, la confusion de la démocratie avec la libre circulation des biens de consommation
est si profonde que toute protestation contre l’industrialisation de la culture est automatiquement
rejetée et perçue comme une protestation contre la démocratie elle-même,
tandis que, d’un autre côté, la culture de masse est défendue à partir de l’idée
qu’elle a permis de faire accéder chacun à un éventail de choix qui était autrefois réservé
aux plus riches. En fait, le marketing de masse — dans le domaine culturel
comme ailleurs – n’augmente pas, mais réduit les possibilités de choix des consommateurs.
Les produits en état de compétition ouverte peuvent être de moins en moins
distingués ; d’où la nécessité de donner l’illusion de la variété en les présentant comme
des innovations « révolutionnaires », des produits stupéfiants de la science et de la
technologie moderne, ou, dans le cas des productions de l’esprit, comme des découvertes
intellectuelles dont la consommation favorisera instantanément la profondeur
de vue, le succès matériel ou la paix de l’esprit. Pourtant, dans toutes les discussions
sur la culture de masse, les effets les plus familiers du marketing de masse – la consolidation
du pouvoir financier, la standardisation des produits, le déclin de la dextérité
personnelle — disparaissent dans un nuage de rhétorique populiste. Il est particulièrement
remarquable, par exemple, que, dans ce débat sur la culture de masse, tant
d’hommes de gauche, toujours prompts à se défendre des accusations d’élitisme, n’hésitent
pas à se réclamer d’une sorte d’idéologie de la libre entreprise en défendant la
culture de masse, idéologie qu’ils seraient les premiers à rejeter si l’on en tirait prétexte
pour empêcher le gouvernement d’intervenir dans la vie industrielle.
C’est ainsi que Herbert Gans rejette toute cri tique de la culture de masse, sous le prétexte
qu’il existe un « impact pavlovien » sur les mass media, résultant, dit-il, de ce
que le public « répond » aux médias « d’un certain nombre de façons » et « contribue
à créer » le contenu des médias « par un effet de rétroaction exercé sur elles » 7. Or,
c’est exactement le même type de raisonnement qu’utilisent les défenseurs du capitalisme
financier pour essayer de démontrer que la politique des sociétés commerciales
obéit aux décisions du « consommateur souverain » et que, de ce fait, toute tentative
visant à réglementer leurs activités empêchera le consommateur d’exercer « librement
» son choix.
D’après Gans, la critique de la culture de masse « ignore les caractéristiques et les
désirs des gens qui choisissent la culture ». Non seulement elle conteste leurs jugements,
mais elle s’en prend aussi à leur droit d’exercer librement leur choix. Elle ne
saurait donc être utilisée pour déterminer une politique officielle : « Dans une société
démocratique, toute opinion susceptible d’inspirer une politique doit commencer par
prendre en compte Je fait que les cultures sont choisies par les individus et qu’elles ne peuvent pas exister sans eux ». En fait, non seulement Gans exagère l’éventail des
choix existants, mais il rend le débat sur la culture de masse parfaitement insignifiant
en le ramenant à de simples questions de goût. Pour lui, les adversaires de la culture
de masse veulent tout simplement imposer leurs goûts raffinés aux membres moins
riches et moins bien éduqués de la société, lesquels ont le droit de manifester des préférences
plus simples et d’avoir une culture « liée à leurs propres expériences ». Les
propagandistes d’une culture de haut niveau prétendent que celle-ci dispense « une
gratification esthétique plus for te et peut-être plus durable », mais cette « assertion »,
affirme Gans, en se réclamant de ce qu’il croit être l’objectivité scientifique, « demande
encore à être vérifiée empiriquement ». Les adversaires de la culture de masse
n’auraient pas non plus donné la preuve que « les choix portant sur les goûts culturels
affectent la capacité des individus à vivre en société », ni que « les créateurs d’un
goût culturel donné agissent volontairement de façon telle qu’ils amoindrissent cette
capacité ». Ce qui revient à dire que la culture de masse ne peut être considérée
comme une affaire de politique officielle qu’à la condition que la Médecine Générale
certifie, non seulement que la consommation de camelote est destructrice pour l’esprit,
mais encore que ceux qui fabriquent cette camelote la mettent au point délibérément
pour qu’elle ait des effets néfastes ! Totalement aveugle devant les rapports existants
entre culture et politique, sinon les plus grossiers, Gans affirme que la mise au point
d’une « politique économique égalitaire est largement prioritaire par rapport à la vie
culturelle ». La culture, après tout, sert essentiellement selon lui à éviter de s’ennuyer,
« à faire passer le temps plus agréablement » ! Ni l’amélioration du temps libre ni la
« réalisation de soi-même » (l’autre fonction, plutôt nébuleuse, que Gans attribue à
la culture) ne dépendent d’un « niveau de goût élevé ». « Si les gens sont capables de
faire prévaloir leurs propres standards esthétiques et y trouvent un contenu culturel
qui les satisfait, il leur est possible de parvenir à tous les niveaux à une réalisation
d’eux-mêmes et à un aménagement satisfaisant – c’est-à-dire caractérisé par un minimum
d’ennui (!) – de leur temps libre ». Une telle défense du « pluralisme esthétique »
(pour reprendre l’expression avec laquelle Gans caractérise son programme) tient
donc pour acquise la conception appauvrie de la culture à laquelle les adversaires de
la culture de masse entendent précisément s’attaquer, conception qui, de leur point
de vue, résulte de la séparation du travail et du jeu, de l’organisation des « distractions
» par les mêmes forces mercantiles qui ont déjà envahi la sphère du travail, et
de la réduction qui s’ensuit de la culture à un passe-temps de diversion, à une activité
routinière destinée à s’occuper pendant des moments de temps libre qui sont déjà devenus aussi vides que les moments de travail.

Ce ne sont pas seulement les défenseurs du « pluralisme culturel » qui appauvrissent
l’idée même de culture et qui ignorent le rapport entre la liberté intellectuelle et la liberté
politique – ou qui définissent la liberté intellectuelle de façon si étroite qu’elle en
est pratiquement réduite à néant. La culture de masse a elle-même parfois dégénéré
en une simple satire contre le goût populaire, au lieu d’être une véritable analyse de la
production de « facilités ». Vers 1960, l’enjeu du débat était devenu si obscur que
Dwight Macdonald pouvait se débarrasser de l’objection selon laquelle son plaidoyer
en faveur d’une culture de haut niveau était antidémocratique, en déclarant que « là
n’était pas la question ». « Les grandes cultures du passé ont toujours été l’affaire d’une
élite », affirmait-il ; et l’espoir qu’une culture de l’élite puisse trouver une audience populaire
était devenu illusoire. La « noble vision » évoquée par Whitman d’une culture
démocratique élaborée par des intellectuels « si populaires et si sublimes qu’ils auraient
même pu influencer les élections », apparaissait comme une « absurdité ». Le mieux
que l’on pouvait espérer, dans les sociétés industrielles avancées, était la mise au point
d’une politique culturelle capable de séparer les « deux cultures » et d’encourager
l’émergence d’un « certain nombre de publics plus petits et plus spécialisés » 8.
Les partisans d’une culture de haut niveau se retrouvaient ainsi dans la même position
que leurs adversaires. Ni les uns ni les autres ne croyaient plus à la possibilité d’une
authentique démocratisation de la culture. De même que les politologues des années
cinquante et soixante avaient commencé à dire, à partir d’une conception tout aussi
pauvre du pluralisme, que l’existence des démocraties reposait sur l’organisation de
petits groupes d’intérêts spécialisés plutôt que sur la participation populaire, et que,
par conséquent, les sociétés démocratiques pouvaient très bien continuer à fonctionner
(voire fonctionner mieux qu’auparavant) même si la moitié de l’électorat ne prenait
plus la peine de voter, de même les partisans du « pluralisme » culturel se bornaient
à demander, selon les termes utilisés par Gans, une politique qui « répondrait à tous
les goûts du public », en « offrant à chacun les programmes culturels répondant à ses
standards esthétiques ». Gans rejette d’ailleurs explicitement toute politique éducative
ayant pour but d’élever le niveau du goût populaire de masse. « Les pauvres, déclaret-
il avec condescendance, ont droit à leur culture comme n’importe qui », et, de toute
façon, « Une culture de haut niveau exige de se sentir affectivement concerné à un
tel point par rapport à un certain nombre d’idées et de symboles » que seule une petite
minorité en est capable. « La théorie démocratique affirme certes que tous les citoyens
doivent recevoir une éducation dans tous les domaines », concluait-il ; « il n’en reste
pas moins que les démocraties fonctionnent et doivent fonctionner même lorsque les
citoyens ne sont pas éduqués » 9.

Si ces opinions émanaient d’un sociologue isolé, on pourrait les considérer comme
simplement superficielles et mal informées. Mais les mêmes arguments ont été avancés
par un grand nombre d’hommes de gauche, et leur diffusion donne à penser qu’il
existe de graves confusions concernant la nature même de la démocratie et de la liberté.
En outre, notre système d’éducation repose lui-même de plus en plus sur l’idée
implicite que les démocraties peuvent « fonctionner même lorsque les citoyens ne
sont pas éduqués ». Sous prétexte de respecter le droit des minorités « à leur culture »
et, plus généralement, sous prétexter de respecter les droits des jeunes, les écoles ont
abandonné tout effort réel pour faire connaître « ce que l’on sait et ce que l’on pense
de mieux dans le monde ». Elle se basent désormais sur l ‘idée qu’une culture dite de
haut niveau est intrinsèquement élitiste, que l’on ne doit jamais demander à quelqu’un
d’apprendre quelque chose de difficile, et qu’il faut cesser d’ « imposer » aux pauvres
les valeurs de la classe moyenne 10. Tout comme Gans, les enseignants américains
invoquent des slogans démocratiques pour justifier des programmes qui condamnent
la plupart de nos concitoyens à être des demi-illettrés. Ils font appel au dogme du
« pluralisme culturel » pour justifier l’échec massif de l’enseignement public.

 

La masse, constituée en société
On mesure parfaitement la dégradation du dogme démocratique en comparant les
conceptions actuelles en matière de « pluralisme culturel » avec les conceptions bien
différentes proposées dans le passé par Randolph Boume, écrivain que l’on présente
souvent comme le « grand ancêtre » de ceux qui parlent aujourd’hui en faveur de la
conscience ethnique et de la diversité culturelle. Dans son essai intitulé Trans-National
America, paru en 1916, Boume proposait une conception pluraliste de la culture
américaine, mais il ne disait nullement qu’une « culture de haut niveau » demande
trop d’effort et d’éducation pour être communiquée aux masses, que les individus défavorisés
ont « droit » à une culture de troisième niveau, que « tout le monde a le
droit de s’évader un peu », ou encore que, de toute façon, le « niveau culturel d’une
société » est moins important qu’un « bon standard de vie » 11. De tels arguments lui
seraient probablement apparus comme tout aussi antidémocratiques dans leurs implications
que la volonté d’imposer à tous les immigrants une culture anglo-saxonne
uniforme – qui était précisément ce à quoi il s’attaquait le plus. S’il s’opposait à la diffusion
généralisée « des snobismes anglais, de la religion anglaise, des styles littéraires
anglais, des canons et des convenances littéraires anglais, de la morale anglaise
et de la supériorité anglaise », ce n’était pas parce qu’il pensait qu’il n’était pas bien
de demander aux enfants d’immigrants d’apprendre la langue anglaise ou d’étudier les chefs-d’oeuvre de la littérature anglaise, mais parce que, à son avis, le « désir de
tout fondre dans un moule anglo-saxon » ne pouvait qu’aboutir à « créer des tensions
et une crise de confiance ». Le plaidoyer de Bourne en faveur de la diversité ne récusait
nullement la nécessité d’une « force motrice d’intégration ». Tout au contraire,
c’est justement parce que la culture « coloniale », « paroissiale », de l’élite anglo-américaine
s’était révélée incapable de fournir une force d’intégration de ce genre,
qu’il estimait que la société américaine avait commencé à se dissoudre en « pièces
détachées », donnant naissance à une vie américaine « composée d’éléments épars,
caractérisée par un niveau de civilisation déclinant, une fausseté générale de l’apparence
générale et du goût, des clins d’oeil bon marché, l’absence d’esprit et de sentiments
authentiques que l’on peut voir dans nos petites villes débraillées, nos films
insipide, nos romans populaires, et les visages vides des individus dans la foule des
rues des grandes cités ».
Le livre de Bourne reste un modèle par rapport auquel on peut comprendre à quel
point se trouve aujourd’hui appauvris, non seulement le « pluralisme » qui est à la
base de nos récentes politiques d’éducation et des débats récents sur la culture de
masse, mais aussi cette conception de la « libération culturelle » selon laquelle le
mouvement historique vers « l’autonomie et l’intégration » exige la dissolution des
cultures « traditionnelles ». La façon dont on considère la liberté comme synonyme
d’absence de toute influence extérieure et de possibilité de choisir parmi les différents
produits qui sont en compétition ouverte les uns avec les autres, dérive en partie d’une
aperception simpliste d’un processus de « modernisation », qui se contente de souligner
« le caractère positif des… mouvements tendant vers l’autonomie », d’« opposer
l’individu à toute autorité », de plaider pour la « suppression des contraintes extérieures
» et pour une « délégation plus grande des pouvoirs sociaux », tous phénomènes
qui, dit-on, permettraient aux individus de « se fixer des objectifs personnels
à partir d’un éventail plus large de fins légitimes » 12. Selon les sociologues qui se
rallient à cette conception de la modernisation, la critique de la culture de masse, tout
comme la critique marxiste du capitalisme dont elle a hérité, n’est qu’une interprétation
romantique de la société « traditionnelle », qui ne veut pas voir les effets stérilisants
que celle-ci exerce sur l’esprit et qui ne tient pas compte des améliorations
intervenues dans le mode de vie ou le goût populaire.
« La société nouvelle, écrit Edward Shils, est une société de masse, en ce sens précisément
que la masse de la population a été constituée en société » 13. Pour la première
fois, l’homme du commun a la possibilité de « sortir de son existence séculaire, immémoriale,
attachée à la terre », et de « devenir un membre à part entière de la société, en menant une vie humaine dans laquelle il peut manifester ses goûts culturels » 14.
Selon cette vue des choses, ce n’est pas l’exploitation capitaliste ou la cage de fer de
la rationalité bureaucratique qui est à l’origine de ce malaise de l’homme moderne
dont on parle tant, mais l’abondance même des choix auxquels les gens sont désormais
confrontés : « Lorsqu’il existe dans la société des alternatives complexes, l’individu
doit apprendre à se diriger dans l’existence sans compter sur ses appuis traditionnels,
c’est-à-dire sans tenir compte des liens ethniques, de classe ou de parenté. Cette nécessité
dans laquelle il se trouve de fa ire des choix (fait naître chez lui) un sentiment
persistant de mécontentement » 15.
L’idée symbolique du melting pot est peut-être passée de mode, mais l’idée plus générale
qui l’inspirait est toujours bien vivante : l’idée que les individus doivent renoncer
à leurs racines pour devenir des citoyens du monde moderne. L’argument clé
auquel Gans a recours contre les partisans d’une « culture de haut niveau » revient à
dire que ces derniers, étant des intellectuels déracinés, ont déjà suivi le chemin difficile
qui mène de la tradition à la modernité, et qu’ils s’imaginent que n’importe qui
peut partager leurs idées en matière de « créativité » et de « réalisation de soi-même »
et leur morale « de l’individualisme et de la résolution individuelle des problèmes ».
De façon à nouveau assez paternaliste, Gans affirme que « bien des Américains appartenant
au monde du travail, ou même à la classe moyenne, sont encore en train de
se libérer des cultures parentales traditionnelles et d’apprendre à se comporter en individus
autonomes, avec leurs propres besoins et leurs propres valeurs ». En d’autres
termes, ils commencent à se rapprocher du haut niveau de l’élite « éclairée » ; et les
médias, toujours selon Gans, jouent un rôle « progressiste » à cet égard, en contribuant
à fa ire éclater les cadres restrictifs de la culture patriarcale et « traditionnelle » dont
les travailleurs commencent tout juste à se libérer. Les médias, par exemple, « libèrent
» la ménagère des contraintes parentales, en lui permettant de prendre des décisions
et d’agir en fonction des jugements et des goûts qui sont les siens. « Imaginons
une ménagère qui a décidé qu’elle allait décorer sa maison à sa façon, plutôt qu’à la
façon dont ses parents et ses voisins l’ont toujours fait »: les médias « lui fournissent,
non seulement une justification de son désir de s’exprimer par elle-même, mais encore
toute une série de solutions, liées à des goûts culturels différents, à partir desquels
elle pourra commencer à développer le sien ». De même, « la diffusion des articles
sur la libération de la femme dans les magazines féminins les plus répandus peut
aider une femme qui est encore plongée dans une société de type sexiste à formuler
des sentiments et des idées qui lui permettront de commencer à se battre pour sa propre
liberté » 16. En fait, comme bien d’autres analystes de la « modernisation », Gans passe complètement à côté du fait, plutôt ironique, que la « libération » de la ménagère par rapport
aux attitudes « traditionnelles » repose presque exclusivement dans l’exercice de ses
choix de consommation. La ménagère ne se libère de la tradition que pour se plier à
la tyrannie de la mode. Son individuation et son « inclusion » dans notre culture se
traduit par une intégration, non dans une communauté d’égaux, mais dans un marché
de biens de consommation. En pratique, il n’y a pas d’autre liberté que la liberté de
choisir entre la marque X et la marque Y. Et quant aux « idées » et aux « jugements »
parmi lesquels la ménagère libérée est conviée à choisir, ils ne se forment pas non
plus à partir de ses besoins ou de son expérience. Dans la mesure où la ménagère fait
confiance aux mass media pour trouver des images de libération personnelle, elle n’a
en fait la possibilité de choisir qu’entre des opinions préfabriquées et des idéologies
mises au point par des manipulateurs d’opinion, qui, comme toutes les autres « commodités», ont surtout été mises sur le marché en fonction de leur valeur d’échange
plus que de leur valeur d’usage. Avec un tel matériau, le mieux qu’une ménagère
puisse faire n’est pas de construire une vie, mais un « style de vie »…
Une étude classique des effets de démocratisation produits par les moyens modernes
de communication de masse a été publiée par Walter Benjamin, sous le titre The Work
of Art in the Age of Mechanical Reproduction. Tout comme Veblen et Dewey, Benjamin
soutient que la technique moderne, de par sa nature propre, coupe les masses
de leurs superstitions et de leur environnement traditionnels, et, par suite, façonne
leur esprit dans un sens plus irrespectueux, plus critique et plus scientifique. Appliquée
à la reproduction des oeuvres d’art, la technologie moderne démystifie ces dernières,
les rend plus accessibles, et favorise un « mode de participation » à la vie
culturelle plus proche de l’usage que font habituellement des vieilles bâtisses ceux
qui les occupent que de l’attention dévote que leur porte le touriste. Contrairement à
nombre de sociologues américains spécialistes de la « modernisation », Benjamin a
très bien compris que l’effet immédiat des communications de masse est d’accroître
le « charme factice des commodités », mais il affirme qu’à long terme, un déracinement
prolongé finira par donner naissance à une nouvelle forme de fraternité. Il partage
la croyance de Bertolt Brecht, selon laquelle l’art doit « aller sans la moindre
réserve mentale jusqu’au bout de la phase (capitaliste industrielle) », afin de déboucher
sur une forme de société socialiste où les avantages de la technologie moderne
serviront les besoins de tous au lieu de profiter seulement aux capitalistes. Dans cette
perspective, les côtés les moins attrayants de la culture de masse moderne – son clinquant
artificiel, sa trivialité, son « culte de la star de cinéma » – ne sont pas dus à la technologie des communications de masse elle-même, mais à son contrôle par la
bourgeoisie, autrement dit à la « contradiction entre des moyens de production formidables
et leur utilisation inadaptée au processus de production » 17.
La théorie marxiste de la technologie – en particulier, de la technologie des communications
de masse – partage avec la sociologie libérale l’idée fondamentale que les
liens ethniques, les réseaux de parenté, les croyances, les religions et les autres formes
de particularisme, sont des obstacles à une pensée autonome et contribuent à maintenir
les masses dans la passivité et l’inertie. Dans cette interprétation marxiste des
processus de modernisation, la culture de masse, même si son organisation actuelle
reflète des priorités capitalistes, a le mérite de dissoudre les anciennes croyances et
les anciens modes de vie populaires, et donc contribue à créer les conditions d’un réveil
intellectuel des masses et d’un stade plus avancé de l’organisation sociale. Alors
que les sociologues libéraux soulignent les résultats « positifs » immédiats de la culture
de masse, essentiellement la promotion de l’individualisme et du « libre choix »,
les marxistes, eux, se tournent vers l’avenir, et attendent le moment où le socialisme
fera disparaître la contradiction existant entre les « forces de production » et les « relations
sociales de production » – entre les effets potentiellement libérateurs des communications
de masse et leur contrôle par la bourgeoisie. Mais en dépit de la
différence entre leurs positions, les sociologues marxistes et libéraux souscrivent les
uns et les autres au même mythe du progrès historique et, de ce fait, regardent toute
critique de la technologie moderne et de la culture de masse comme inspirée par la
« nostalgie » – ou, comme Edward Shils l’a écrit, comme le résultat « d’un préjugé
politique déçu, d’une vague aspiration vers un idéal irréalisable, d’un ressentiment
contre la société américaine, et, en fin de compte, d’une sorte de romantisme travesti
sous le langage de la sociologie, de la psychanalyse et de l’existentialisme » 18.

 

La technologie, instrument de contrôle social

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BONUS :

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Auteur : Lasch Christopher
Ouvrage : La révolte des élites Et la trahison de la démocratie
Année : 1995

suite PDF

 

Indiens Hopis, Atlantes, les contemporains d’un autre temps


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Titre original :  ATLANTIS CONTRE MU « Les rescapés de Mu »

 

Voilà donc un récit remarquable à bien des égards ! Ce document n’a jamais été traduit en anglais et encore moins en français. Il provient d’un livre en allemand édité en 1979 et intitulé « Kásskara und die Sieben Welten»  (Kásskara et les Sept Mondes). Nous avons traduit pour vous uniquement la partie qui concerne le témoignage d’Ours Blanc‚ soit un tiers de l’ouvrage. Le reste étant une remarquable analyse du récit d’Ours Blanc rédigée par l’auteur du livre‚ Joseph F. Blumrich. Nous avons ajouté quelques photographies et légendes qui ne font pas partie de l’ouvrage original afin de donner plus de vie à ce dossier.
Joseph F. Blumrich a travaillé à la NASA de 1959 à 1974. Il a notamment participé à la conception de la structure du propulseur de SaturnV qui permit aux astronautes américains d’aller officiellement fouler le sol de la Lune. Il a aussi collaboré à la conception de Skylab.
Je m’étonne que son ouvrage ne soit jamais sorti en dehors du territoire germanique. Malheureusement‚ Joseph F. Blumrich est décédé en 2002. Ce n’est donc pas demain que son travail sera apprécié à sa juste valeur. Cette traduction n’a pour but que de diffuser la vérité au plus grand nombre. Que ceux qui veulent savoir prennent le temps de lire…
Anton Parks, octobre 2005

 

 

Ce dossier est dédié à Joseph F. Blumrich  et à Ours Blanc

 Image associée https://i2.wp.com/www.antonparks.com/atlantis/hopi.jpg

Quelques ouvrages sortent parfois de l’ordinaire. Celui que vous allez parcourir fait partie de ceux là.

Il existe peu de documentation traitant du continent de Mu et pratiquement aucune sérieuse relatant la guerre qui opposa ce continent du pacifique aux habitants de l’île d’Atlantis… Les lignes qui vont suivrent risquent de toucher bon nombre d’entre vous. Il s’agit du témoignage d’un Indien Hopi (Ours Blanc) qui relate avec beaucoup de générosité l’histoire de ses ancêtres‚ celle qui s’est transmise de génération en génération et ceci pendant des milliers d’années…

Ours Blanc raconte l’histoire de son peuple‚ les Hopis‚ et les relations qu’il a su garder avec le créateur et ses auxiliaires célestes‚ les différents Kachinas. Il nous dévoile cette guerre absurde qui opposa ses ancêtres qui vivaient sur Mu (Kásskara) au peuple d’Atlantis (Talawaitichqua) et la destruction de ces deux mondes. Le monde d’Atlantis est décrit comme une société en pleine décadence. Ours Blanc relate ainsi le pénible exile de son peuple vers le continent américain il y a 80.000 ans‚ ce qui discrédite pleinement la thèse de l’arrivée des Indiens il y a 10 à 12.000 ans par le détroit de Béring…

KÁSSKARA ET LES SEPT MONDES

L’histoire de l’humanité selon la tradition des Indiens Hopis

Par Joseph F. Blumrich (1913-2002)

Ecrit au printemps 1979 – Edition actualisée‚ Munich‚ 1985
Traduction Hans W. Lintz, 2005 – Révision et mise en forme : Hakomi
PREFACE
INTRODUCTION
LES TEMPS ANCIENS
LE TROISIEME MONDE
Kásskara
Atlantis
LA DESTRUCTION DU TROISIEME MONDE
Les Kachinas
La migration dans le quatrième monde
Le destin des Atlantes
TOOWAKACHI LE QUATRIEME MONDE
Táotoóma‚ la terre
La ville Táotoóma
Nouvelles migrations
Les migrations du clan de l’ours
Les anciens qui venaient du ciel
Palátquapi
La Grande Ecole du savoir
Malheur et déchéance
Háhäwooti
Le combat entre le clan du serpent et le clan de l’arc
L’éclatement
Casas Grande
Oraibi
Húck’ovi
Arrivée des Espagnols à Oraibi
LES LEGENDES
Yucca-Boy
L’ENERGIE
LES SYMBOLES
LE MOT DE LA FIN

https://i2.wp.com/www.antonparks.com/atlantis/vue.jpg

PRÉFACE de Joseph F. Blumrich

Dans notre histoire‚ il y a eu des hommes qui reconnaissaient clairement combien ils savaient peu de choses. Mais‚ il en a existé d’autres qui croyaient tout savoir.
Aujourd’hui ce sont les équations différentielles‚ les ordinateurs et les statistiques qui l’emportent. Les faits solides expliquent tout et le savoir qui provient de la croyance ne vaut guère plus qu’une bulle de savon !
Il existe des courants qui partant de la beauté d’une bulle de savon arrivent à des conclusions surprenantes. Des changements s’annoncent et jettent leur ombre en avant – ou devrions-nous plutôt dire leur lumière ?
C’est pourquoi‚ parmi nous‚ ceux qui cherchent la vérité écoutent – ou commencent à écouter – peut-être des mots venant de sources qui ne sont pas influencées par notre sorte de logique‚ notre manière de penser ou nos traditions. Ce sont des mots qui sont exprimés par des êtres humains qui proviennent d’un monde lointain qui nous est totalement étranger.
Peut-être aimerions-nous établir des relations‚ former des ponts pour pouvoir comprendre ce dont on parle de l’autre côté ?
D’une manière très humble‚ ce livre aimerait contribuer à former de tels ponts. Le livre « Book of the Hopi»  m’a donné la meilleure introduction au monde des Hopis. Il m’a permis de reconnaître les ficelles subtiles qui se trouvent dissimulées sous la surface de nos faits solides.
Quelques circonstances que l’on pourrait appeler coïncidences – je n’y crois pas – ont conduit ma femme et moi chez Ours Blanc et sa femme Naomi. Il s’en suivit un temps long – il semblait long mais ne dura que quelques années – jusqu’à l’instauration d’une confiance mutuelle. Enfin‚ Ours Blanc commença à parler. C’était à moi‚ non seulement de l’écouter‚ mais également à apprendre et à comprendre un monde totalement nouveau pour moi.

Comme il fallait s’y attendre‚ la tentative de former un pont entre deux mondes si différents comme celui des Indiens et le nôtre était accompagnée de difficultés de compréhension. Mais‚ il me semble néanmoins que pour diverses raisons‚ notre relation a été favorisée par la chance. L’histoire familiale d’Ours Blanc‚ ainsi que son rôle lors les préparatifs pour le livre « Book of the Hopi»  lui a procuré un regard sur les traditions de son peuple qui est sans doute plus vaste que celui de n’importe quel Hopi aujourd’hui. Sa capacité intuitive artistique lui a permis de dessiner et de peindre des images murales qu’il était impossible de se procurer d’une autre manière. Les trois ans de sa vie passée dans notre société occidentale lui ont souvent facilité à donner des explications sous forme d’exemples. De tels éclaircissements étaient nécessaires afin de rendre sa façon de s’exprimer compréhensible pour des gens extérieurs.

D’un autre côté‚ sa connaissance de notre monde‚ n’a jamais conduit Ours Blanc à s’écarter des traditions de sa tribu. Dans la présentation de faits‚ événements et particularités‚ il a toujours été imperturbable. En ce qui concerne sa tribu‚ ses traditions ou religion‚ il est rempli d’une profonde solennité. Si j’ai jamais rencontré un homme qui aiment et préserve passionnément ses racines et convictions ainsi que celles de sa tribu‚ c’est bien Ours Blanc. Son état d’esprit est l’un des principaux piliers de ma conviction en ce qui concerne son intégrité‚ qui devait bien naturellement être démontrée.
J’ai découvert une différence fondamentale entre la façon de penser d’Ours Blanc et la mienne qui reflète non seulement notre origine oppositionnelle‚ mais jette également un trait de lumière sur les problèmes du présent. C’est la différence – et le conflit – entre le savoir qui provient de la croyance et celui basé sur des preuves tangibles. L’incident suivant en rend compte :
J’avais suivi l’affirmation des Hopis concernant les îles par lesquelles ils seraient venus en Amérique du Sud. Et j’avais effectivement trouvé les confirmations décrites plus bas. Cette découverte m’avait enthousiasmé et lorsque j’ai eu l’occasion d’en parler à Ours Blanc‚ j’ai attendu de sa part une réaction similaire. Au lieu de cela‚ il me regarda avec ses yeux sereins et tranquilles et me dit : “Je te l’avais bien dit que nous étions venus par ce chemin‚ n’est-ce pas ?”
Il faut mentionner que notre travail était strictement dirigé sur des développements historiques et leur signification et il n’existait aucune intention de créer une réplique du livre remarquable « Book of the Hopi» .
Le texte transcrit dans la première partie est exclusivement le récit d’Ours Blanc. Il provient de bandes enregistrées qu’il a réalisées lui-même dans ce but‚ ainsi que de nos conversations enregistrées qui étaient nécessaires et servaient à éclaircir‚ compléter et arrondir de l’image. Toutefois‚ comme déjà indiqué‚ j’ai collaboré avec lui pour chercher des formulations et exemples en vue d’une meilleure compréhension‚ c’était ma tâche en temps qu’intermédiaire. En dehors de cela‚ ma participation à cette partie a contribuée à fixer le contenu dans une forme facilement lisible. Les propres mots d’Ours Blanc et ses manières de s’exprimer sont restés intactes autant que possible. En outre‚ la disposition des chapitres et sous-paragraphes ont été réalisés par moi-même. Afin de pouvoir plus facilement retrouver les différentes phases et thèmes.

Ma contribution à l’écriture de la première partie était guidé dans l’intention inconditionnelle de retranscrire le contenu et la forme des révélations d’Ours Blanc sans modifications et autant que possible avec ses propres mots.

INTRODUCTION

Ours Blanc

Ceci est l’histoire de mes ancêtres et des clans qui sont venus sur ce continent. Le continent sur lequel mon peuple vécut longtemps a sombré dans la mer et les gens durent le quitter. Ils durent aller sur un nouveau continent qui sortait de la mer à l’est‚ afin d’avoir un nouveau monde pour eux et faire un nouveau commencement. Tout ceci fut provoqué par leur attitude dans certaines situations. Je te raconterai pourquoi c’est arrivé‚ comment ils sont parvenus sur le nouveau continent que nous appelons le quatrième monde‚ Tóowakachi‚ et ce qui leur est arrivé après.

Mais d’abord‚ je voudrais dire que je suis très reconnaissant à tous ces gens qui m’ont donné le savoir et la compréhension. Beaucoup m’a été raconté quand j’était encore enfant et j’ai appris certaines choses quand j’étais un jeune homme et d’autres quand j’ai été moi-même plus vieux. Mais‚ pendant toutes ces années‚ les grandes cérémonies furent célébrées. C’est grâce à elles que mon peuple tient éveillés les souvenirs de notre histoire.

Comme tu le sais‚ les Hopis‚ dans leurs familles‚ suivent la lignée de la mère. C’est pourquoi j’appartiens au clan de ma mère‚ le clan des coyotes‚ et je dois à ma mère et à ma grand-mère une grande partie de mon savoir‚ ainsi qu’à mon oncle du même clan. Ils m’ont donné un bon enseignement.

Du clan de l’ours‚ d’où est originaire mon père‚ sont sortis les guides et chefs d’Oraibi durant des centaines et des centaines d’années. Ce que j’ai appris‚ par mon père et mon oncle‚ le chef Tawaquaptiwa‚ provient donc de la connaissance du clan de l’ours et des autres clans qui se sont fixés ici.

Il y a encore beaucoup d’autres gens qui m’ont transmis une partie de leur sagesse et de leur savoir et je leur en suis très reconnaissant. Ils font tous partie des clans qui vivent maintenant ici. Ces clans ont conservé leurs souvenirs à travers les peines et les difficultés endurées et causées par leurs migrations qu’ils ont considérées comme faisant partie de leurs devoirs‚ dans le but d’arriver à Oraibi pour aider à la construction de ce lieu en réalisant ainsi les plans du créateur.

Maintenant‚ il est temps de parler de notre peuple‚ pour vous dire qui nous sommes et pourquoi nous sommes ici dans l’espoir que quelqu’un‚ un jour‚ nous comprendra. Même si c’est moi qui parle ici‚ il s’agit du savoir des Hopis que vous allez connaître. De la longue‚ longue histoire des Hopis ressort un avertissement pour vous. Vous allez comprendre plus tard ce que je veux dire quand je raconterai mon histoire. C’est la raison pour laquelle je parle maintenant. Cela nous concerne tous. Peut-être cet avertissement ne viendra pas trop tard.

En racontant notre histoire‚ il faut que tu saches que le temps n’avait pas la même importance. Aujourd’hui‚ le temps semble important‚ le temps rend tout compliqué‚ le temps devient un obstacle. Mais‚ dans l’histoire de mon peuple‚ le temps n’était pas vraiment important‚ ni pour le créateur lui-même. Ce qui compte vraiment est la beauté que nous mettons dans notre vie‚ la manière dont nous accomplissons nos devoirs et notre responsabilité envers le créateur. Les choses matérielles de ce monde sont de peu d’importance pour les Hopis‚ comme tu t’en apercevras quand tu seras chez moi et que tu verras comment nous vivons notre histoire.

Quand tu seras parmi mon peuple‚ dans nos villages‚ tu commenceras à comprendre que ces vieilles femmes et ces vieux hommes‚ qui font l’histoire actuelle‚ n’oublieront jamais l’ancienne histoire qui est écrite dans leur cœur. Et comme l’histoire m’a été révélée‚ je vais essayer maintenant de la transmettre aussi fidèlement que possible.

LES TEMPS ANCIENS

D’après nos traditions‚ nous avons vécu dans deux autres mondes avant de venir dans le troisième monde – puis‚ dans le quatrième‚ dans lequel nous sommes maintenant.

Dans le premier monde‚ la divinité Táiowa créa l’homme. Táiowa a créé toutes les choses dans cet univers. Il n’y a rien qu’il n’ait réalisé. L’endroit où il se trouve est appelé “la hauteur”‚ beaucoup de gens l’appellent “ciel”. Personne ne sait où cela se trouve‚ mais à partir de là‚ il dirige l’univers. Il a donné un cerveau à l’homme‚ il lui a donné le savoir‚ il lui a donné tout ce dont l’homme a besoin dans sa vie. Et il lui a donné la loi et les devoirs auxquels il doit obéir dans cet univers.

Le premier monde fut détruit par le feu‚ parce que les hommes sont devenus méchants. Mais notre peuple‚ ceux qui dans des temps plus récents sont devenus les Hopis‚ survécut à la destruction‚ parce que notre peuple fut choisi pour conserver la connaissance de ces faits à travers les temps‚ jusque dans le présent‚ et de la transmettre dans le futur.

Le deuxième monde fut détruit par la glace. Encore une fois‚ notre peuple survécut et arriva dans le troisième monde‚ le troisième continent. Tous ces événements et les événements ultérieurs sont encore vivants dans nos coutumes religieuses.

LE TROISIÈME MONDE

Kásskara

Mu (la Lémurie) selon Cortezz & morgana

Le nom du troisième monde était Kásskara. Peu de gens‚ aujourd’hui‚ connaissent la signification de ce très vieux mot. Je l’ai apprise par Otto Péntewa qui s’en est souvenu‚ cela signifie “mère terre”. Nous l’appelons aussi “le pays du soleil” parce que nous aimons bien faire référence au soleil et à la terre qui nous gardent en vie.

Kásskara était un continent. Peut-être était-ce le même qui est appelé aujourd’hui Mu ou Lémurie. La plus grande partie du continent se situait au sud de l’Equateur‚ seulement une petite partie se trouvait au nord. C’était un pays très beau. Comparé à aujourd’hui‚ c’était presque un paradis. Nous devions travailler mais nous n’avions pas besoin de travailler dur. Depuis nos débuts dans le premier monde‚ nous avions suivi le plan de notre créateur et avions cultivé notre nourriture nous-mêmes. Dans ces temps‚ nous avions choisi le maïs comme nourriture principale‚ nous l’avons amené dans le deuxième monde et nous avons continué à en vivre dans le troisième monde. Quand tu vois notre maïs‚ pense au fait que les Hopis l’ont depuis des temps très très anciens‚ déjà depuis le premier monde.

La connaissance que nous cherchions et qui nous fut donnée concernait les plantes et les animaux. Nous voulions savoir pourquoi les feuilles étaient vertes et les fleurs multicolores. Nous pouvions communiquer avec les plantes et les animaux. Nous avions ce que vous appelez des connaissances scientifiques‚ mais nous ne les utilisions pas pour la fabrication d’objets dont on a besoin pour soumettre d’autres gens.

Les gens avaient de l’estime les uns pour les autres. Les clans avaient leurs propres chefs‚ mais ils avaient tous un grand chef spirituel. Dans la vie des Hopis‚ il y a toujours eu un clan qui a la suprématie pour un certain temps afin de veiller à ce que nous remplissions bien nos obligations et responsabilités‚ ainsi que notre bonne conduite dans la vie. Quand nous avons hérité de ce monde-là‚ c’était le clan de l’arc qui avait le pouvoir. Pour cette raison‚ le chef de tribu du clan de l’arc était le souverain de Kásskara.

Au début‚ tout allait bien à Kásskara. Beaucoup plus tard‚ les hommes commencèrent‚ petit à petit‚ à perdre l’estime les uns pour les autres ; d’abord quelques-uns‚ puis de plus en plus. Comme tu le vois‚ nous sommes exactement comme les autres hommes. Je peux comparer cela avec ce qui se passe aujourd’hui dans les organisations : les gens veulent avoir un certain rang‚ du pouvoir‚ ils veulent leur part. La même chose est arrivée à Kásskara. Ce fut surtout le cas pour le clan de l’arc‚ mais les chefs de haut rang de ce clan restèrent bons.

Avant de continuer l’histoire de Kásskara‚ je dois te dire que‚ naturellement‚ nous n’étions pas les seuls sur la terre. Dans d’autres pays‚ il y avait aussi des gens.

Atlantis

A l’est de chez nous se trouvait un continent que nous avons appelé Talawaitichqua‚ “le pays de l’est”. Dans la langue hopie‚ tichqua veut dire “terre”‚ la surface d’un continent‚ et la première partie du mot signifie “matin”‚ ou “lever du soleil”.

Entre ce continent et nous‚ il y avait une grande surface d’eau. Aujourd’hui‚ on appelle ce continent Atlantis et je continuerai à l’appeler ainsi car‚ pour toi‚ c’est un mot plus familier.

Au début du troisième monde‚ les gens d’Atlantis étaient aussi paisibles que nous. Nous avons‚ bien sûr‚ la même origine divine. Ils avaient les mêmes symboles que nous. Mais‚ avec le temps‚ ils changèrent. Ils commencèrent à explorer les secrets du créateur que l’homme ne doit pas connaître. Tu sais‚ il existe des secrets qui ne sont destinés qu’à la déité et‚ quand les hommes commencèrent à les étudier‚ ils enfreignirent cette loi. L’homme‚ en fait‚ a le même pouvoir que le créateur‚ mais le créateur garde des secrets que les hommes ne doivent pas chercher à comprendre. Cette affaire concernant les secrets est très très sérieuse. Parlons de notre temps à nous pour que tu comprennes ce que je veux dire et pour te permettre d’avoir une idée sur ce que les Hopis croient.

Vous avez développé beaucoup de choses‚ par exemple des avions. Quand mon oncle m’a amené à Oraibi voir la lithographie d’un avion à réaction‚ qui est naturellement beaucoup plus ancien que vos avions à réaction d’aujourd’hui‚ il m’a dit : “Ce sera très très bien de voler à nouveau à travers les airs‚ comme l’a fait notre peuple avant. Quand il y a quelque part‚ dans le monde‚ très loin‚ une catastrophe‚ on peut apporter du secours (nourriture‚ médicaments‚ outils). Mais on va également apporter la mort aux hommes à des centaines de miles de distance. Et c’est en cela que l’on désobéira à la loi divine.”

Comment pouvez-vous séparer ces deux choses si vous faites des recherches sur des secrets dont les hommes ne savent pas encore faire une bonne utilisation ? Pense à toi : supposons que tu aies fait une découverte scientifique dans le domaine des fusées et que quelqu’un fasse un mauvais usage de ta découverte. Toi‚ tu ne le ferais pas‚ mais c’est ta découverte. Sais-tu vraiment où commence et se termine ta responsabilité ?

Et maintenant‚ ils essaient de produire la vie artificiellement – et un jour également l’homme. Cela fait partie de ce que nous appelons des recherches sur le sang. Et il n’est pas bien de faire cela !

Naturellement‚ vous pouvez faire des recherches sur le fonctionnement de votre corps afin de savoir ce qui guérit et ce qui vous donne une longue vie. Le créateur veut que nous le fassions. Il veut que nous profitions de la vie et que nous ayons aussi peu de travail pénible que possible et que tout ce qui est bon‚ toute la joie‚ tout le bonheur de ce monde nous échoient. Mais ces autres choses‚ vous ne devez pas les faire‚ non !

Nous pouvons résumer tout cela en deux phrases. Le créateur divin nous a dit : “Si vous voulez être mes enfants‚ vous ne devez pas utiliser votre savoir pour soumettre‚ détruire‚ tuer ou faire une mauvaise utilisation de ce que je vous ai donné. Si vous ne respectez pas cette loi‚ vous n’êtes pas mes enfants.”

Vers la fin du troisième monde‚ il y avait une femme comme guide suprême d’Atlantis. Dans notre langue‚ nous pouvons l’appeler une Kickmongwuity‚ une prêtresse suprême ; à vos yeux‚ elle aurait été tout simplement une reine. Elle était très puissante et très belle. Elle a utilisé sa puissance et la beauté de son corps pour soumettre les chefs de son peuple. Elle reçut d’eux tellement de bijoux que nous l’avons appelée “la femme turquoise”. Parmi ces personnalités‚ se trouvaient des savants que l’on pourrait appeler des “leaders douteux”. Un homme savant n’est pas systématiquement un homme bon. Elle avait beaucoup de succès auprès de ces hommes et c’est ainsi qu’elle est devenue souveraine de tout le continent. Atlantis étendit son influence et soumit des peuples dans les pays qui se trouvaient plus loin à l’est‚ que nous appelons aujourd’hui Europe et Afrique. Bien qu’Atlantis fut un petit pays‚ il avait une très grande influence. Tu peux le comparer à l’Angleterre. C’est également un petit pays‚ mais quelle influence il avait !

Les Atlantes avaient également fait des recherches sur les secrets du créateur‚ qu’ils n’auraient pas dû connaître. Comme je te l’ai dit‚ ils en ont pris connaissance trop tôt. Spirituellement‚ ils n’étaient pas encore prêts‚ ils ont utilisé leur savoir pour soumettre d’autres peuples. Et en cela‚ ils ont enfreint l’ordre divin. Certains y ont même perdu leur vie. Ils ont également étudié d’autres planètes et ils s’y sont même rendus‚ mais comme c’étaient des planètes mortes‚ ils ne pouvaient y vivre. Ils devaient donc rester sur notre vieille terre. C’est alors qu’ils se sont retournés contre Kásskara. Ils savaient que‚ moralement et spirituellement‚ nous étions beaucoup plus forts‚ cela les a rendus envieux. C’est pourquoi la reine voulut également conquérir notre pays et soumettre notre peuple. Elle a menacé notre souverain de réunir tous ses vaisseaux spatiaux au-dessus de notre continent et de nous détruire de là-haut. Mais il refusa de céder. Il y eut un long temps de pourparlers que l’on peut aussi appeler conférences. Tous les grands hommes de cette époque tinrent des réunions.

Mu (la Lémurie) selon Loren adams (« Moonlight Over Lemuria »)

Comme je te l’ai déjà dit‚ il y avait parmi nous des gens qui étaient devenus avides de rang et de pouvoir. Leur croyance religieuse devenait plus faible et les gens n’avaient plus beaucoup d’estime les uns pour les autres. Nous étions dans une situation que l’on peut très bien comparer à la situation actuelle.

Avec le temps‚ l’influence de cette femme conduisit à une scission de notre peuple. Elle commença à en amener de son côté. Il s’agissait d’hommes avides de pouvoir dont je t’ai parlé. Ils se détournèrent de nos lois et se dirent à eux-mêmes : “Si nous sommes du côté des Atlantes et acceptons leurs exigences‚ nous aurons peut-être plus tard une bonne part du pouvoir.”

Les méchants prirent le dessus. Ils avaient étudié de nombreux secrets du créateur que l’humanité ne doit pas connaître‚ mais nous‚ nous n’y avons pas pris part. Nous voulions être et rester le peuple pacifique qui était reconnu‚ à cette époque‚ comme tel. Je crois qu’en réalité ce fut le créateur qui utilisa son pouvoir pour nous détourner de ces choses.

Les chefs se réunirent de nombreuses fois. Mais le groupe de ceux qui avaient des connaissances scientifiques fut beaucoup plus fort et ils vinrent pour attaquer mon peuple avec le matériel de leurs pouvoirs et de leur invention.

Tout ce que je te raconte‚ ainsi que les événements ultérieurs‚ je les ai appris par ma grand-mère. Mais j’ai aussi discuté avec un homme qui est le dernier à connaître l’histoire du clan de l’arc. Je l’ai fait parce que‚ dans notre histoire‚ on dit que ceux du clan de l’arc avaient fait les pires choses. Il confirma ce qui s’était passé et dit : “Oui‚ nous l’avons fait.”

De très haut dans les airs‚ ils dirigèrent leur force magnétique sur nos villes. Mais ceux de notre peuple qui n’avaient pas quitté le chemin véritable de notre créateur furent rassemblés dans une certaine région afin d’être sauvés.

Hier‚ lors d’une réunion dans une kiva de Shongopovi‚ nous avons eu une longue discussion sur notre situation actuelle. Nous voyons en ce moment survenir les mêmes choses que celles qui se sont passées juste avant la destruction du troisième monde. La raison de nos soucis est que nous savons ce qui arrivera. Dans cette réunion‚ il fut clair que le problème crucial des Hopis est le problème de la terre et ce fut un problème semblable qui amenât les spationautes vers nous. Nous savons que nous avons atteint le point de non retour.

Nous avons également évoqué Kásskara‚ la reine d’Atlantis et comment fut détruit le troisième monde. J’ai pensé à ma grand-mère qui m’a dit qu’il arriverait la même chose que ce qui est survenu il y a très longtemps.

LA DESTRUCTION DU TROISIEME MONDE

Notre peuple avait des connaissances comparables à celles d’Atlantis‚ mais il les a utilisées uniquement à des fins utiles et bonnes. Comme je te l’ai déjà dit‚ nous avons étudié les secrets de la nature‚ la puissance du créateur dans les choses vivantes.

Mon peuple ne se défendit pas quand il fut attaqué. Et il eut raison !

Si cela te semble étrange‚ regarde ce que les Hopis font aujourd’hui. Le gouvernement des Etats-Unis nous a donné une réserve. Te rends-tu compte ? Et puis ils sont venus pour en couper des morceaux. Notre pays‚ ils l’ont réduit de plus en plus. Mais nous ne nous sommes pas défendus par la force. Chaque fois que le gouvernement fait cela‚ nous disons : “ce n’est pas juste”‚ comme nous l’a demandé le créateur. Nous savons que nous ne serons pas détruits‚ ce sont eux qui le seront les premiers.

Mais même si nous ne nous sommes pas défendus activement‚ nous avions quand même notre bouclier de protection. Je ne sais pas t’expliquer scientifiquement ce qu’était ce bouclier et comment il fonctionnait. Mais ma grand-mère me l’a expliqué de la façon suivante : s’il y a de la foudre‚ celle-ci peut atteindre le bouclier mais là elle explose. Elle ne traverse pas le bouclier. Je me rappelle bien comment ma grand-mère m’a montré la façon dont le bouclier agit. Un jour‚ j’étais encore enfant‚ elle prit une cuvette‚ la retourna et dit : “maintenant‚ tu es sous la cuvette‚ si quelque chose tombe dessus‚ cela ne te fera pas mal.” Peut-être devrais-je te dire ici que toutes les histoires qu’elle me racontait‚ il me fallait toutes les répéter. Quand je me trompais‚ elle m’interrompait et je devais recommencer. C’est pourquoi je connais par cœur tout ce que ma grand-mère m’a raconté.

C’est ainsi que toutes les bombes‚ ou quoi que cela ait pu être‚ ont explosé loin au-dessus et le bouclier protégea tous les gens qui devaient être sauvés et qui avaient été rassemblés dans une certaine région. Nous seuls avons été sauvés. Des villes furent attaquées et beaucoup de gens périrent.

Et puis – comme disait ma grand-mère – quelqu’un a appuyé sur le mauvais bouton et les deux continents ont sombré. Ce ne fut pas le déluge universel. La terre entière ne fut pas détruite et tous les hommes ne furent pas tués. Atlantis s’enfonça très vite dans l’océan‚ mais notre troisième monde‚ Kásskara‚ s’enfonça très lentement.

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Le déluge selon Loren Adams (» The Augmented Sea» )

Laisse-moi t’expliquer pourquoi cela s’est passé ainsi : Supposons que je veux tuer quelqu’un et que j’ai un complice. Nous sommes d’accord pour le faire. Même si c’est moi qui tue‚ lui‚ le complice‚ le fait en pensée. Mais il n’est pas autant coupable que moi. Il aura une nouvelle chance par la réincarnation‚ mais pas moi. C’est la raison de la destruction rapide d’Atlantis : ce sont eux qui ont attaqué. Nous‚ ou quelques-uns des nôtres‚ étions seulement des collaborateurs lors de l’attaque de Kásskara par Atlantis.

C’est pourquoi la faute de notre côté fut mineure et notre groupe eut une nouvelle chance. Si nous avions été aussi fautifs que les Atlantes‚ nous aurions été détruits aussi rapidement.

La puissance qui se trouve hors de toute capacité humaine ne voulut pas permettre que le peuple de la paix soit anéanti complètement. Ces gens étaient des réincarnations d’hommes qui avaient vécu dans le deuxième monde‚ Topka‚ et qui avaient suivi les lois du créateur. C’était sa volonté de donner à ceux qui devaient être sauvés les moyens d’y parvenir.

Je sais que beaucoup de gens auront une opinion différente‚ mais nous sommes le peuple élu. Nous avons été sauvés et nous sommes venus ici parce que‚ depuis le premier monde‚ nous avons toujours obéi à la loi !

Nous allons voir maintenant ce qui se passa ensuite et quel rôle jouèrent les Kachinas qui nous ont amenés sur ce continent‚ dans le quatrième monde.

Mais d’abord‚ je dois te parler des Kachinas eux-mêmes.

Les Kachinas

Dans le troisième monde‚ et déjà depuis le premier monde‚ nous étions en relation avec les Kachinas. Kachine signifie “initié estimé de haut rang”. Dans les premiers temps‚ ils s’appelaient Kyápchina‚ mais comme notre langage a évolué avec le temps‚ nous disons maintenant Kachinas. En fait‚ Kyápchina désigne une seule personne. Quand on veut parler de plusieurs Kachinas‚ on dit Kyákyapichina‚ c’est le pluriel. Le mot Chinakane signifie “pousse”‚ la pousse d’une plante‚ mais ici il désigne la croissance spirituelle que les Kachinas nous donnent.

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Représentation d’un Kachina

Les Kachinas peuvent être visibles‚ mais parfois ils sont également invisibles. Ils viennent de l’espace. Ils ne viennent pas de notre système solaire‚ mais de planètes très éloignées. Il faudrait à nos astronautes plusieurs générations pour y parvenir. Le nom Hopi pour ces planètes est Tóónátakha‚ cela signifie qu’elles sont proches les unes des autres‚ pas dans le sens matériel mais dans le sens spirituel‚ parce que tous leurs habitants ont la même responsabilité‚ ils travaillent tous étroitement ensemble. C’est pourquoi nous pouvons traduire le mot par “Confédération des planètes”. Comme nous savons qu’il s’agit de douze planètes‚ nous pourrions dire également “Confédération des douze planètes”.

Les Kachinas peuvent se déplacer très rapidement et‚ pendant que je prononce cette phrase‚ ils peuvent parcourir de longues distances. Ils n’ont besoin que de quelques secondes ; leurs vaisseaux volent grâce à une force magnétique‚ même quand ils font le tour de la terre.

Les rangs des Kachinas dépendent de leurs capacités. Ils s’appellent tous Kachinas‚ mais certains sont appelés également “Wu’yas”. Dans votre langue‚ “Wu’ya” signifie “divinit锂 mais cela n’est pas tout à fait exact car Wu’ya désigne quelqu’un qui possède une grande sagesse‚ un homme ou une femme vieux et sages. Si tu voulais comparer les Kachinas et les Wu’yas avec vos personnages chrétiens‚ vous diriez “anges” pour les Kachinas et “archanges” pour les Wu’yas. Ce sont tous des anges‚ mais les plus élevés de rang vous les appelleriez archanges. Les divinités se situent au-dessus des Kachinas et au-dessus de tous se trouve le créateur. Seuls les Kachinas sont en relation avec les êtres humains‚ pas les divinités. Ce sont elles qui donnent les instructions aux Kachinas.

Pour les enfants‚ on les appelle tous des Kachinas. On fait cela pour familiariser l’enfant avec les “initiés”. Il serait trop difficile de leur expliquer la différence. C’est ici que les poupées Kachinas jouent un rôle‚ car elles habituent l’enfant à l’apparence physique pour que l’enfant n’ait pas peur en voyant les danseurs.

Même les étrangers qui viennent acheter ces poupées les appellent des Kachinas car‚ n’y connaissant rien‚ ils ne font pas la différence. Nous faisons de même avec les montagnes de San Francisco. On peut les voir‚ elles sont hautes et un enfant comprend lorsqu’on lui dit que c’est là que se rendent les Kachinas quand ils nous quittent. Pense à ce que vous dites à vos enfants au sujet du Père Noël et de l’enfant Jésus.

Mais quand l’enfant est accueilli parmi les adultes‚ on lui explique la différence. Pour les adultes‚ les Kachinas viennent d’une planète très éloignée‚ et quand ils nous quittent ils y retournent. Les hommes qui exécutent les danses représentent des êtres savants de différents rangs qui sont venus chez nous il y a longtemps.

Il y a trois sortes de Kachinas. Les premiers s’occupent de la continuité de la vie (survivance). Dans nos danses‚ ils apparaissent au milieu de l’hiver quand‚ dans la nature‚ toute vie dort. Ils nous offrent la certitude que la vie reviendra et continuera. Et comme la réincarnation fait partie de la continuité de la vie‚ cela signifie que nous naîtrons à nouveau et que nous aurons la possibilité de nous améliorer.

Le deuxième groupe est constitué par les enseignants. Nous apprenons d’eux qui nous sommes et où nous sommes‚ quelles sont les influences que nous pouvons subir et ce que nous devons faire.

Le troisième groupe représente les gardiens de la loi. On peut aussi les appeler “ceux qui nous avertissent‚ nous mettent en garde”‚ car ils nous parlent pendant longtemps‚ mais un jour viendra où il ne nous avertiront plus‚ mais au contraire ils nous puniront pour tout le mal que nous aurons fait.

Des enfants sont nés à la suite d’une relation mystique entre nos femmes et les Kachinas. Je te raconterai plus tard des légendes qui relatent ce fait. Nos gens pouvaient toucher les Kachinas‚ il y avait donc une proximité physique entre les Kachinas et les êtres humains. Mais‚ même si cela semble étrange‚ il n’y a jamais eu de rapports sexuels. Les enfants ont été conçus de façon mystique. De tels enfants‚ quand ils grandissaient‚ avaient une grande connaissance et une grande sagesse‚ et même parfois des pouvoirs surnaturels qu’ils avaient reçus par leur père spirituel. C’étaient toujours des hommes magnifiques‚ puissants‚ qui étaient toujours prêts à aider et jamais à détruire.

Les Kachinas sont des êtres corporels‚ c’est pourquoi ils ont besoin de vaisseaux pour les voyages dans nos airs et pour retourner sur leurs planètes. Les vaisseaux spatiaux ont différentes tailles et noms. L’un d’eux est Patoowa‚ “l’objet qui peut voler au-dessus de l’eau”. Pahu veut dire eau dans notre langue‚ et Toowata est un objet avec une surface courbe. En raison de cette forme‚ nous l’appelons aussi “bouclier volant”.

Je vais te raconter à quoi il ressemble. Si on coupe une calebasse en deux‚ on obtient une forme qui a l’aspect d’une coupe ou soucoupe ; si on assemble deux de ces parties‚ on obtient la forme du vaisseau que l’on utilisa jadis pour se rendre sur ces planètes. Quand on est assis à l’intérieur‚ on peut se déplacer dans toutes les directions et on ne tombe pas‚ quelle que soit la vitesse. Comme il a cette forme‚ nous l’appelons Inioma.

Chez les Hopis‚ on sait que quelques-uns des nôtres ont volé dans ces vaisseaux et que ces vaisseaux ont également été utilisés dans d’autres pays‚ car les Atlantes sont venus chez nous dans ces vaisseaux.

Près d’Oraibi se trouve un dessin rupestre représentant une femme dans un bouclier volant. La flèche est un signe de grande vitesse. La femme porte les cheveux d’une femme mariée.

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Dessin rupestre représentant une femme
dans un bouclier volant‚ près d’Oraibi

Les deux moitiés sont tenues ensemble par une “bride”. Celui qui conduit le vaisseau doit actionner cette “bride”. Quand il la tourne à droite‚ le vaisseau monte‚ quand il la tourne à gauche‚ il descend. Le vaisseau n’a pas de moteur comme les avions et n’a pas besoin de carburant. Il vole dans un champ magnétique. On doit seulement connaître la bonne hauteur. Si l’on veut se diriger vers l’est‚ on choisit une certaine hauteur‚ si l’on veut aller vers le nord‚ on choisit une autre hauteur‚ etc. Il suffit de monter à la hauteur correspondant à la direction choisie et le vaisseau vole dans le courant désiré. De cette manière‚ on peut atteindre n’importe quel endroit à l’intérieur de notre atmosphère‚ mais on peut également quitter la terre.

C’est très simple !

La migration dans le quatrième monde

Maintenant‚ nous allons continuer à parler des événements historiques.

Longtemps avant que notre continent et Atlantis soient engloutis‚ les Kachinas remarquèrent qu’il y avait‚ à l’est de chez nous‚ un continent qui sortait de l’eau. D’ailleurs‚ selon nos traditions‚ le monde a changé plusieurs fois. Ce qui était en train de sortir de l’eau était‚ en fait‚ le même pays que celui dans lequel nous avions vécu dans notre deuxième monde‚ Topka. Mais maintenant‚ nous l’appelons le quatrième monde‚ car son apparence est différente.

On dit aussi que la terre a basculé plusieurs fois‚ je veux dire que le pôle nord était à l’endroit où le pôle sud se trouve actuellement et vice versa. Aujourd’hui‚ les pôles sont inversés et le véritable pôle nord se trouve au sud et le véritable pôle sud au nord. Mais‚ dans le cinquième monde‚ cela changera à nouveau‚ et les pôles seront à leur vraie place. A chaque fois‚ la terre a basculé complètement du nord au sud et pas seulement de la moitié‚ sinon il y aurait eut beaucoup trop de dommages et ce n’était pas l’intention du créateur. Durant Topka‚ le deuxième monde‚ la terre a basculé seulement de moitié et tout a gelé.

Les Kachinas ont donc fait des recherches et observé cette nouvelle terre et‚ quand elle fut au-dessus de l’eau‚ ils commencèrent leurs préparatifs. La grande migration pouvait commencer.

Cette nouvelle terre devait devenir notre nouvelle patrie‚ que nous appelons Toowakachi‚ le quatrième monde. Nous avons aussi un autre nom‚ Sistaloakha‚ un mot pour désigner tout ce qui est créé rapidement et qui apparaît dans une forme parfaite.

Le créateur avait donc décidé de nous sauver‚ et les Kachinas nous aidèrent pour atteindre ce nouveau continent. Notre peuple arriva du troisième au quatrième monde de trois façons différentes. Les premiers arrivèrent dans des boucliers volants (c’est ainsi que nous les appelons chez nous). Ils étaient destinés aux gens importants‚ de haut rang. Ils étaient prioritaires parce qu’ils devaient fonder la nouvelle colonie et s’occuper de tous les préparatifs. Comme ils sont arrivés les premiers‚ tous les considéraient comme des gens estimés. Les Kachinas‚ en tant que spationautes‚ savaient où se trouvait la nouvelle terre et ils les y ont amenés. Les Kachinas pouvaient le faire car ils possédaient des boucliers volants ; notre peuple non‚ nous ne savions pas les construire. Mais tu te rappelles que les gens d’Atlantis avaient également des boucliers volants. Ils ne les avaient pas reçus des Kachinas qui les avaient quittés‚ mais ils les avaient construits eux-mêmes avec leur force malveillante ; mais ça‚ je te l’ai déjà raconté.

Longtemps avant que le continent du troisième monde‚ Kásskara‚ soit englouti‚ les premiers clans arrivèrent ici. Parmi les clans qui sont arrivés par les boucliers volants‚ se trouvaient le clan du feu‚ le clan du serpent‚ le clan de l’araignée‚ le clan de l’arc‚ le clan du lézard‚ le clan de l’aigle et le clan de l’eau. En fait‚ il y avait encore plus de clans‚ mais je t’indique ici les principaux. Sur la liste complète‚ le clan de l’arc est indiqué bien plus bas‚ contrairement à ce qui apparaît ici‚ car ce clan a mal agi dans le troisième monde. Mais les gens du clan de l’arc étaient encore importants. Même si beaucoup avaient participé à la destruction du troisième monde‚ ils n’avaient pas tous quitté le chemin du créateur. C’est pourquoi ils ont été sauvés.

Il y avait aussi une sorte de gens (le deuxième groupe) qu’il fallut transporter ici et on l’a fait à l’aide de grands oiseaux. La fête du mois de mars‚ Powamu‚ nous rappelle ces événements. J’ai participé moi-même à cette cérémonie‚ à Oraibi‚ quand je fus enfin admis dans la société Powamu. Avant la cérémonie‚ le chef de tribu chanta un chant qui évoquait le troisième monde que nous avions quitté et qui parlait de la méchante reine qui avait conquis la plus grande partie du monde et dont l’influence fut si néfaste.

C’est donc avec des oiseaux que sont venus des gens qui se trouvaient dans une phase intermédiaire vers les marches plus élevées d’une connaissance spirituelle.

Pendant ce temps‚ les gens avaient très peur‚ car le vieux continent s’enfonçait de plus en plus. Ils avaient peur et pourtant ils savaient qu’ils devaient être sauvés. Une ville après l’autre fut détruite. L’eau n’arrêtait pas de monter et couvrait une grande partie du continent.

Dans le troisième groupe se trouvaient ceux qui étaient encore au début de leur quête vers une force spirituelle. Mon clan‚ le clan des coyotes‚ en faisait partie. Je le sais de ma mère qui faisait partie de ce clan‚ ainsi que ses parents à elle. Ils avaient une connaissance précise de ces événements car ils les gardaient en mémoire afin de transmettre ce savoir comme héritage à ce continent‚ le quatrième monde.

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Les différentes directions que prirent les rescapés du continent de Kásskara (Mu) et de l’île de Talawaitichqua (Atlantis) lors de la grande destruction il y 80.000 ans.

Ces gens devaient donc venir par le troisième moyen‚ c’est-à-dire par bateaux. Ils durent lutter durement pendant longtemps. Alors que beaucoup de monde put venir par les airs‚ on dit aujourd’hui que tout le monde dut lutter pour pouvoir venir sur ce continent. On agit de cette façon pour ne pas oublier ces événements‚ car tout ce que l’on a du mal à obtenir‚ on l’estime davantage et on le garde en mémoire.

Ces gens qui étaient transportés par bateaux faisaient partie des clans inférieurs qui possédaient peu de pouvoir. C’est pour cette raison qu’ils avaient subi l’influence du clan de l’arc‚ avec son plan destructeur. Ils y participèrent mais ne firent rien de leur propre gré‚ c’est pourquoi on leur offrit d’échapper à la destruction. Dans le cas contraire‚ ils auraient été détruits comme les autres.

Pendant tout le temps où ce groupe fut en route sur les bateaux‚ ils reçurent la protection des Kachinas. Chaque clan avait un Kachina dont la tâche était de l’accompagner et de l’amener sur le continent. C’est ainsi que ce groupe fut conduit‚ en sécurité‚ sur ce continent. Les Kachinas savaient se faire comprendre mais les êtres humains n’avaient pas le privilège de pouvoir parler avec eux. Les Kachinas leur donnaient des conseils et leur indiquaient dans quelle direction ils devaient se diriger vers des îles où ils pouvaient se reposer.

Et enfin‚ ils arrivèrent dans le quatrième monde !

Il existe une cérémonie qui rappelle ce voyage en bateaux et qui est célébrée par le clan de la flûte. Ainsi‚ nous nous rappelons chaque détail et chaque étape de ce voyage. Ce même événement nous est rappelé également par les sept statues de l’île de Pâques. Il y a sept statues pour figurer les sept mondes que nous devons traverser. L’île de Pâques est la seule île sur notre chemin qui n’a pas sombré complètement dans l’océan après notre passage.

Par ces trois moyens‚ les gens furent emmenés sur le continent sud-américain afin de s’y établir. A ce moment-là‚ la partie la plus haute était déjà au-dessus de l’eau.

Mais tu dois savoir que tous ceux qui ont survécu à Kásskara n’ont pas tous pu venir ici. Nous‚ le clan des coyotes‚ étions les derniers à venir ici. Ceux qui sont pa

rtis après nous furent emmenés par des courants vers d’autres pays‚ parce qu’ils n’avaient pas été choisis pour venir ici. Certains arrivèrent à Hawaï‚ une partie du troisième monde qui n’a pas été engloutie‚ d’autres arrivèrent sur des îles du Pacifique sud et d’autres sur une île qui fait partie‚ aujourd’hui‚ du Japon‚ comme je l’ai appris il y a quelques années. Un jeune homme venu de cette île m’a rendu visite. Il avait lu “Le livre des Hopis”. Il est venu me dire que sa grand-mère lui avait raconté exactement les mêmes histoires concernant l’ancien monde. Il y a donc un certain nombre de gens qui n’ont pas pu venir ici‚ alors qu’ils ont la même origine et viennent du même continent‚ Kásskara. C’est pourquoi‚ sur les îles Hawaï‚ les initiés s’appellent Kahuna qui était le même nom que Kachina.

Le destin des Atlantes

Tous les habitants d’Atlantis ne périrent pas quand leur continent fut englouti. Ceux qui ne voulurent pas participer à l’attaque de Kásskara par leur reine furent sauvés. Naturellement‚ ils voulurent‚ eux aussi‚ venir sur notre nouveau continent‚ mais le créateur nous avait promis que nous aurions la nouvelle terre pour nous seuls‚ pendant très longtemps. Bien qu’il n’y eut encore aucun Hopi sur ce nouveau continent‚ les Atlantes ne pouvaient pas venir ici‚ en Amérique du Sud. Le créateur ne voulait pas les avoir ici. Il envoya des Kachinas pour les empêcher de se diriger vers l’Ouest‚ car même si les survivants n’avaient pas suivi leurs chefs‚ ils restaient quand même des Atlantes.

Dans des temps anciens‚ quand fut créé le troisième monde‚ les Atlantes avaient des Kachinas comme nous. Mais les Kachinas partirent quand les Atlantes commirent des péchés. Alors‚ il ne restât aux Atlantes que le chemin vers l’Est‚ dans des régions que l’on appelle aujourd’hui l’Europe et l’Afrique. Mais on leur avait ôté leurs pouvoirs. Ils étaient cloués au sol‚ ils ne pouvaient plus voler. Ils ne pouvaient survivre que s’ils partaient par petits groupes et chaque groupe n’emportait qu’une petite partie du savoir global qu’ils possédaient auparavant.

C’est la raison pour laquelle les hommes‚ là-bas‚ n’ont aucun souvenir de leur histoire qui fut comparable à la nôtre. Quand ils détruisirent le troisième monde‚ le créateur les mit à un niveau culturel très bas. Mais après leur punition‚ qui dura des centaines d’années‚ ils recommencèrent à se développer. Pense à la culture des Egyptiens. Pour nous‚ les Hopis‚ ce temps n’est pas loin.

Tout ceci fait également partie de la tradition des Hopis.

TOOWAKACHI‚ LE QUATRIÈME MONDE

Táotoóma‚ la terre

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La Porte du Soleil à Tiahuanaco

Ceci est maintenant notre nouveau continent‚ Tóówákachi‚ le quatrième monde. Le mot signifie “le beau pays pour tous les hommes”. Nous savons que nous sommes les premiers hommes à être venus ici et que le créateur nous a promis que nous y serions seuls‚ entre nous‚ pendant longtemps. Avec ce quatrième monde‚ nous sommes au milieu de la durée de la terre et de l’humanité. Nous sommes dans le quatrième d’un total de sept mondes que nous devons traverser. Trois sont derrière nous‚ trois sont devant nous. Ce fait est exprimé dans nos rites impénétrables ainsi que dans les ruines qui furent trouvées au Mexique et en Amérique du Sud. En ce qui concerne le temps‚ nous avons déjà dépassé le milieu des sept mondes‚ car la durée de chaque monde à venir est plus courte.

La partie du quatrième monde qui est sortie la première de l’eau s’appelle Táotoóma. C’est une abréviation‚ nous les utilisons souvent. Dans votre langue‚ ce nom signifie “l’endroit qui fut touché par le bras du soleil”. Nous‚ les Hopis‚ disons que c’est la première partie vue par les aigles qui furent envoyés par les Kachinas. Les aigles volent très haut et ils ont vu le nouveau pays sortant de l’eau‚ c’est pourquoi nous avons de l’estime pour les aigles. Ainsi‚ nous étions dans le nouveau pays et le dernier groupe arriva enfin par bateau. Avec leur arrivée‚ la migration se terminait.

Quand nous fûmes debout sur la côte de ce continent‚ nous regardâmes en arrière et nous vîmes les îles qui sombraient. Les Kachinas nous donnèrent le troisième œil et nous vîmes tout : la disparition de notre terre mère et des îles.

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Les deux symboles de la Terre-Mère des Hopis.

Je dois t’expliquer encore quelque chose. Tous les gens qui sont venus dans le quatrième monde et qui ont vécu à Táotoóma‚ n’étaient pas tous des Hopis. Nous devrions plutôt dire que nos ancêtres se trouvaient parmi ces gens‚ seulement ceux qui sont arrivés à Oraibi et qui y furent accueillis définitivement s’appellent des Hopis.

Un temps assez long s’est déroulé entre l’arrivée des premiers‚ sur les boucliers volants‚ et des derniers‚ en bateaux. On dit qu’il fallut 3.000 ans pour que nous soyons tous rassemblés. Tout cela s’est passé il y a très longtemps‚ car l’arrivée de ceux qui étaient sur les boucliers volants eut lieu il y a 80.000 ans. Nous avons une façon très simple de parler des grandes périodes de temps : un Soomody signifie 1.000 ans‚ Soo veut dire étoile et tu sais combien il y a d’étoiles ! 4.000 ans ne sont donc que quatre Soomody et il y a 80 Soomody depuis que la migration a commencé.

Ceux qui sont arrivés ici ne purent s’installer que dans cette région qui n’était pas très grande. Dans cette région‚ nous devions tous vivre ensemble. Cela montre pourquoi mon peuple est certain que nous étions les premiers‚ les seuls sur ce continent. Il y a des tribus en Amérique qui sont venues beaucoup plus tard‚ parce que la glace avait fondu dans le nord‚ je t’en parlerai plus tard.

Longtemps avant que tout ceci ne se passât‚ le créateur nous avait montré les planètes. Il nous fit cette offre formidable après nous avoir créés en tant que créatures vivantes. Mais nous avons failli‚ nous n’avons pas suivi les instructions qu’il nous avait données‚ nous n’avons pas respecté sa loi. C’est pourquoi nous eûmes d’abord cette petite partie de terre afin d’apprendre à dominer nos sentiments et à vivre ensemble.

La ville Táotoóma

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Ruines à Tiahuanaco

Quand les premiers hommes arrivèrent sur le nouveau continent‚ ils se trouvèrent immédiatement à l’endroit où ils durent construire leur première ville.

La première ville‚ Táotoóma‚ ne fut pas construite en haut de la montagne‚ mais plus bas. Aujourd’hui‚ on ne voit plus cette ville car elle est couverte de terre et d’eau. Je te raconterai la raison plus tard. La ville était plus grande que toutes celles que nous avions eues à Kásskara. Elle avait presque la dimension de la ville de Los Angeles aujourd’hui. Tu connais bien les ruines de Tiahuanaco. Tiahuanaco était une partie de la ville de Táotoóma. Mais Táotoóma n’était pas assez grande pour tous les gens qui devaient encore venir. Et comme tu peux l’imaginer‚ le pays n’était pas encore cultivable puisqu’il venait de sortir de l’eau. Mais les Kachinas avaient demandé que tout soit prêt pour nous‚ et comme les Kachinas étaient encore avec nous‚ ils nous montrèrent comment cultiver la terre le matin et rentrer la récolte le soir. Ce fut très important pour nous‚ pendant de longues années‚ jusqu’à ce que l’eau diminue.

Petit à petit‚ la terre devint de plus en plus grande. Notre peuple commença à aller vers le Nord‚ le Sud‚ l’Est et l’Ouest. Nous pouvions commencer à explorer le nouveau continent et pour cela nous utilisions les boucliers volants. Quelques-uns de chez nous avaient atteint un rang assez élevé pour avoir le droit d’accompagner les Kachinas lors de leurs explorations pour voir comment les nouvelles colonies étaient fondées. Et petit à petit‚ il y eut à nouveau des gens qui eurent leurs propres idées sur la façon de suivre les lois du créateur divin. Ils quittèrent le droit chemin. Parmi eux‚ il y avait des gens de haut rang qui voulaient avoir des positions importantes. Ils commencèrent les premiers à faire un mauvais usage des Tawúya‚ personne n’avait jamais fait cela auparavant. Les Kachinas essayèrent de les empêcher de s’envoler dans l’univers. Nous ne devions pas nous y rendre tant que nous n’avions pas rempli toutes nos obligations dans ce monde. Mais ces gens croyaient être déjà prêts. Le créateur fut au courant de ce qui se passait et‚ peu de temps après‚ il vint en personne et dit : “Dès la première occasion dans ce nouveau pays‚ vous faillissez. Je dois vous punir.” Et il prit la ville‚ l’éleva dans le ciel‚ la renversa (la tête en bas) et l’enfonça dans le sol. Dans tous les bâtiments alentour on ressentit l’énorme souffle d’air‚ le sol trembla‚ c’était comme un tremblement de terre. Ce fut une déception pour notre créateur que nous ayons désobéi à la première occasion. Après cela‚ notre peuple décida de partir dans différentes directions. C’est ainsi que se passa la première dispersion de notre peuple sur ce continent.

Nouvelles migrations

Tout cela s’est déroulé au cours des 4.000 ans après que notre peuple fut réuni sur le nouveau continent. Tout le continent était maintenant sorti de l’eau et avait l’aspect de celui d’aujourd’hui. La terre pouvait être cultivée. Progressivement‚ notre peuple quitta les ruines de Táotoóma‚ la première ville construite dans le quatrième monde.

Ce sont surtout ceux qui restèrent fidèles au créateur qui partirent. Ils voulaient se séparer des autres afin de préserver leur vraie croyance et remplir les tâches qu’ils devaient accomplir. C’est pour cela que‚ dans toute l’Amérique du Sud‚ on fonda de nouvelles colonies. Ils ne partirent pas tous en même temps mais progressivement durant un temps assez long. Cette fois encore‚ chaque groupe eut un Kachina pour le guider. Les groupes‚ que nous appelons clans‚ durent se séparer afin de pouvoir survivre‚ mais également pour suivre l’enseignement du créateur‚ cela faisant partie de son plan divin. Durant ces migrations‚ les Kachinas purent communiquer entre eux et ils nous aidèrent de la même façon qu’auparavant. Ils nous apprirent comment semer et récolter le même jour sans attendre pendant des mois que les fruits mûrissent.

Quand nous nous fûmes éloignés des ruines de la ville détruite‚ certains Kachinas furent destinés à des garçons et des filles qui n’étaient pas encore nés. Ces enfants étaient choisis pour transmettre la mémoire véritable des événements du passé. Cela arriva bien souvent dans notre histoire. L’enfant reçoit le savoir lorsqu’il est encore dans le ventre de sa mère. Parfois‚ c’est la mère qui le reçoit pour que toutes ses pensées puissent pénétrer l’enfant avant la naissance. Pour cette raison‚ l’enfant n’a plus besoin d’apprendre plus tard‚ il faut seulement lui rappeler ce savoir qu’il reçut avant sa naissance. Tout ce que je te raconte ici ne s’est pas déroulé comme cela en peu de temps. Plusieurs centaines d’années s’écoulèrent depuis le début de la migration. Mais les enseignements des Kachinas permirent de garder nos traditions en mémoire. Souvent‚ à la vitesse de l’éclair‚ les Kachinas se rendaient chez le créateur afin de l’informer de nos progrès sur la terre. Et‚ comme je l’ai déjà dit‚ certains de nous avaient acquis un haut rang et étaient devenus très proches des Kachinas‚ alors ces derniers leur permettaient de les accompagner durant leurs vols.

Les migrations du clan de l’ours

Comme les clans se dirigeaient dans différentes directions‚ je vais te raconter maintenant l’histoire d’un seul clan‚ c’est-à-dire le clan de l’ours‚ dont faisaient partie mes pères. Je le choisit également parce qu’il fut sélectionné pour tenir un rôle de guide et de dirigeant dans le quatrième monde.

J’ai tout appris de mon père et de mon frère qui étaient parfaitement au courant de l’histoire des clans et de leurs migrations jusqu’à notre hémisphère‚ parce que nos ancêtres étaient les chefs des Hopis et des clans de l’ours depuis l’arrivée dans le quatrième monde.

Mais avant‚ je veux t’apprendre quelque chose que m’a raconté ma mère. Quand nous avons quitté la grande ville détruite‚ les Kachinas ont effacé la mémoire de tous ceux qui sont restés‚ ainsi que des générations futures. Donc‚ tous ceux qui‚ plus tard‚ vécurent aux environs des ruines‚ n’eurent pas la moindre idée de ce qui s’était passé avant. De ceux qui sont partis‚ seuls les Hopis connaissaient la vérité.

Dans le troisième monde‚ le clan de l’ours était l’un des clans les moins importants. Il n’avait pas participé à la destruction du monde précédent. C’est justement parce qu’il n’avait pas de passé chargé (par des fautes commises) qu’il fut choisi pour être le clan dominant à l’arrivée dans le quatrième monde. Le clan de l’ours a donc toujours un rang plus élevé que le clan du feu qui détruisit le premier monde‚ ou que le clan de l’araignée et le clan de l’arc qui détruisirent le deuxième et le troisième monde.

En raison de leur position de chef du clan de l’ours parmi les Hopis‚ un Kachina du plus haut rang fut désigné pour les gens de ce clan. En réalité‚ ce n’était pas un Kachina mais une déité. Il s’appelait Eototo et devait les accompagner où qu’ils aillent. Quand‚ sous la direction de Eototo‚ ils se dirigèrent d’Amérique du Sud vers le nord‚ ils connurent une période très difficile. La région qu’ils devaient traverser était terriblement chaude. Ils mirent beaucoup de temps pour traverser les forêts et pour s’habituer au climat ; beaucoup d’enfants moururent à la naissance en raison de la chaleur. Les temps furent difficiles. Ils voulaient chercher des montagnes pour sortir de cette chaleur‚ mais les Kachinas les encouragèrent à continuer et les protégèrent tout au long de la longue marche à travers la jungle. Il existe encore aujourd’hui une cérémonie qui rappelle cette protection.

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Kachina oiseau

Comme je te l’ai dit‚ plusieurs groupes quittèrent la ville détruite après nous‚ avec un Kachina à la tête de chaque groupe. Et comme les Kachinas pouvaient communiquer entre eux‚ ces groupes savaient ce qui les attendait.

Il se passa beaucoup de temps avant que la zone chaude fut derrière eux. Ils arrivèrent à mieux respirer‚ les enfants ne moururent plus et le peuple s’agrandit. Ils continuèrent en direction du nord et furent guidés vers des lacs et des fleuves par Eototo.

Après beaucoup d’années‚ ils arrivèrent à une barrière de glace et ne purent aller plus loin vers le nord. Ce n’était pas beaucoup plus au nord que la frontière canadienne d’aujourd’hui. Eototo leur dit qu’il s’agissait d’une porte qui serait ouverte plus tard pour d’autres gens qui viendraient de par là pour immigrer vers le sud. Alors‚ ils rebroussèrent chemin pour chercher un endroit accueillant. Mais le voyage n’était pas terminé. Ils durent d’abord se diriger en direction du soleil levant en traversant des régions d’où l’eau n’était pas partie depuis longtemps. Un jour‚ ils ne purent aller plus loin car ils arrivèrent devant une grande étendue d’eau. Eototo leur dit que c’était la fin du voyage vers l’est. “Maintenant‚ vous devez vous retourner et marcher dans la direction du soleil couchant.” Ils obéirent et allèrent vers l’ouest. Après de nombreuses années‚ ils arrivèrent de nouveau devant une étendue d’eau et Eototo leur dit : “Vous avez maintenant terminé votre migration‚ vous pouvez choisir où vous voulez vivre.” Mais le clan ne savait pas encore où il voulait s’installer. Après des recherches‚ il choisit cet endroit-ci où ils construisirent leur premier village et où les Hopis vivent depuis lors.

Les anciens qui venaient du ciel

Je vais te décrire une cérémonie qui nous rappelle le temps que nous avons passé dans la jungle. Elle exprime qu’il fallait montrer le chemin aux êtres humains et qu’ils avaient besoin de protection contre les animaux sauvages. J’ai vu moi-même cette cérémonie qui est célébrée tous les quatre ou huit ans au temps des Shaátlako (des Kachinas de haut rang) et elle est inhabituelle parce que l’on ne danse pas‚ on ne fait que marcher !

Dans cette cérémonie‚ on montre un groupe accompagné de quatre Kachinas : le premier marche devant‚ puis un de chaque côté‚ et le dernier marche derrière le groupe. Les Kachinas qui marchent devant et derrière sont des Kachinas de haut rang‚ des déités appelées Sólawúchim. Só veut dire “étoiles”‚ la veut dire “contenir quelque chose” et wuchim signifie “être élu”. Le nom peut donc être traduit pas “Les étoiles qui possèdent le savoir secret”.

Les deux Sólawúchim tiennent dans leur main gauche un arc et portent sur l’épaule un carquois en peau de jaguar pour montrer leur pouvoir et leur force. La ligne noire en travers de la figure‚ cachant les yeux‚ les distinguent comme étant les détenteurs du savoir secret de leur pays d’origine. L’ornement noir et blanc au cou montre qu’ils connaissent les corps célestes. La peinture bleue de leurs mocassins signifie qu’ils sont des initiés qui viennent de très loin‚ d’au-delà des étoiles. Celui qui porte la peau de jaguar est le chef‚ celui qui porte une corne sur le côté droit de la tête marche derrière le groupe et il est le deuxième chef. Le dessin de losanges de couleur bleue sur la corne montre la force électrique ou électromagnétique qui rassemble (unit) leurs planètes d’origine.

Les Kachinas marchant sur les côtés sont d’un rang inférieur. Il est important que les divinités et les Kachinas fassent partie du clan de l’arc‚ car cela démontre que le clan de l’arc a connu les mêmes événements que le clan de l’ours. Le clan du soleil et le clan du coyote ont également les mêmes traditions‚ mais seul le clan de l’arc‚ dont la tradition est la plus complète‚ célèbre la cérémonie des “anciens qui venaient du ciel”.

Et maintenant voici l’histoire : le clan de l’arc commença sa migration vers le nord à travers la jungle‚ en partant d’une ville appelée “la ville du brouillard” parce qu’il y avait souvent du brouillard. Le mot Hopi pour cette ville est Pamísky. Elle était située très haut dans la montage‚ mais Tewáletsíwa‚ du clan de l’arc‚ ne savait pas exactement où‚ en Amérique du Sud‚ mais il disait : “Si je la voyais‚ je reconnaîtrais facilement l’endroit où se trouvait la ville du brouillard.” Tewáletsíwa connaissait aussi l’histoire de la ville de Táotoóma (Tiahuanaco). Les Kachinas avaient dit au clan d’aller vers la jungle et‚ en partant de la ville du brouillard‚ le clan descendit vers les terres basses. Je suppose que la ville devait se situer quelque part en Equateur .

Quand le clan de l’arc fut prêt à entreprendre les migrations‚ les Kachinas arrivèrent pour les aider à traverser la jungle. Ils leur montrèrent le chemin et les protégèrent pendant la marche. Ils avaient surtout besoin de protection pour les enfants. Mais les enfants nés en altitude ne purent survivre‚ seulement les enfants nés dans les basses terres. Pendant la journée‚ les Kachinas protégeaient les gens ainsi que cela est montré dans la cérémonie. Les divinités faisaient du bruit avec leurs instruments (crécelles) et les autres Kachinas enfonçaient leur bâton dans la terre‚ ce qui faisait fuir les animaux sauvages. C’est seulement aujourd’hui que l’on utilise des os d’animaux pour les crécelles‚ avant on utilisait des coquillages. Aujourd’hui‚ on n’utilise plus de cuir de jaguar comme avant‚ mais du cuir de biche. Tewáletsíwa disait que les instruments en coquillages dégageaient également des ondes magnétiques. Il parlait très sérieusement des ondes et du bruit des coquillages. Quand le clan se reposait la nuit‚ les Kachinas s’élevaient comme des étoiles au-dessus de la jungle et leur lumière protégeait les gens contre les bêtes sauvages. Je voudrais ajouter que les arcs des Kachinas servaient uniquement à la protection‚ les Hopis ne tuaient pas d’animaux pour se nourrir. A Táotoóma‚ les Kachinas leur avaient demandé de réduire leur consommation de viande et de se nourrir plutôt par des plantes‚ car cela augmentait le niveau du savoir spirituel. Les Kachinas restèrent avec les gens du clan de l’arc jusqu’à ce qu’ils arrivent àPalátquapi.

Palátquapi

Quand les clans furent encore en migration en Amérique du Sud et au Mexique d’aujourd’hui‚ longtemps avant la fondation d’Oraibi par le clan de l’ours‚ beaucoup voulurent se réunir à nouveau. Ils se rappelaient le temps du malheur en Amérique du Sud et de la destruction de leur première ville et ils voulurent‚ à nouveau‚ vivre en harmonie avec le grand esprit Táiowa. Ils ne lui avaient pas obéi et s’étaient éparpillés dans toutes les directions. Sous l’influence des Kachinas‚ ils étaient maintenant décidés à revenir sur le droit chemin. Ceux des chefs qui pouvaient encore se servir de leur troisième œil‚ rassemblèrent les clans afin de fonder un centre culturel d’un niveau élevé de savoir spirituel. Chaque Hopi se rappelle cet endroit. Je crois qu’aucun Hopi ne pourrait jamais oublier cette ville qui fut construite et qui portait le nom de Palátquapi. Dans notre langue‚ cela veut dire “ville rouge”. D’après ma grand-mère‚ Palátquapi fut la première grande ville dans la partie moyenne de l’hémisphère ouest. Les groupes qui ne venaient pas dans ce centre sombrèrent de plus en plus et commencèrent à vénérer le soleil comme leur dieu et ils continuèrent à le faire. Je voudrais encore ajouter que le clan de l’ours avait‚ depuis longtemps‚ traversé cette contrée pour se rendre en Amérique du Nord afin d’ouvrir (gagner) ce pays pour nous. On a retrouvé l’endroit où se situait cette ville. Elle s’appelle maintenant Palenque et se trouve dans l’était mexicain du Chiapas. C’était une grande communauté. Elle ne fut pas construite par des esclaves‚ au contraire‚ cela ne fut pas difficile. Le fondement de tous ces travaux se situaient dans le domaine spirituel. Tout ce qui fut entrepris pour cette communauté le fut pour des raisons spirituelles. Les gens avaient fait l’expérience de ce qui était arrivé à leur première ville et voulurent se prouver à eux-mêmes que‚ cette fois-ci‚ ils feraient mieux. C’était comme s’ils voulait se racheter. C’est ainsi que fut construite cette ville et que des gens de très haut rang s’y retrouvèrent. De plus‚ les relations et les possibilités d’entente avec les Kachinas furent renouées.

https://i2.wp.com/www.antonparks.com/atlantis/palenque.jpgVue de Palenque

 

 

https://i1.wp.com/www.antonparks.com/atlantis/Tajin2.jpgPyramide de Tajin (Mexique). Elle rappelle énormément « la Grande école du savoir » des traditions hopies. Celle qui se trouvait à Palenque (Palátquapi) n’existe plus aujourd’hui.

La Grande École du savoir

A Palátquapi‚ il y avait un édifice qui fut bâti avec un soin particulier. C’était l’édifice le plus important car il devait servir à l’apprentissage. Mon père m’en a parlé quand je n’allais pas encore à l’école. Il me parla des quatre étages de l’édifice et de son utilité.
Au rez-de-chaussée‚ les jeunes gens apprenaient l’histoire de leur clan et celle du monde précédent. C’était à peu près la même chose que ce qui leur avait toujours été enseigné. Les étages supérieurs étaient les plus importants‚ laisse-moi t’en parler maintenant.
Dans le deuxième étage‚ les élèves étaient instruits sur tout ce qui concerne le plan de vie. Ils apprenaient tout sur la nature qui nous entoure‚ sur les plantes et les animaux‚ à travers un enseignement théorique et pratique – comment poussent les fleurs‚ d’où viennent les insectes‚ les oiseaux et les autres animaux‚ tout ce qui vit dans la mer‚ comment pousse et se développe chaque espèce. Ici‚ on demandait instamment aux élèves d’ouvrir et d’utiliser leur troisième œil.
Ils apprenaient aussi les matières chimiques sur lesquelles est basée notre vie. Le corps est composé d’éléments qui proviennent de la terre. Si nous n’obéissons pas aux lois et maltraitons la terre‚ nous devons souffrir non seulement psychiquement‚ mais aussi physiquement. Les maladies qui frappent le corps humain sont causées par la faute des hommes eux-mêmes – ceux qui sont malveillants et que l’on appelle aujourd’hui les faux et les hypocrites. Cela se transmet de monde en monde et c’est encore ainsi que cela se passe aujourd’hui‚ et cela restera ainsi jusqu’à ce que le créateur lui-même change cet état de fait‚ mais ça ne sera pas avant le neuvième monde.
En dehors des études‚ les élèves devaient produire la nourriture pour toute la communauté. On se nourrissait de la façon la plus pure et on ajoutait à la nourriture du corps‚ la nourriture de l’esprit. De cette manière‚ les jeunes gens avaient une grande estime pour tout ce qui les entourait. Ils apprenaient que‚ suivant l’ordre établi par le créateur‚ ils pouvaient utiliser les plantes et les animaux pour leur nourriture et pour la construction de leurs maisons. Ils en avaient la permission‚ mais avant ils devaient prier pour qu’ils comprennent que ce qu’ils prenaient était un cadeau. De cette façon‚ ils ne détruisaient rien‚ ils acceptaient les cadeaux et la vie qui les entourait restait telle qu’elle était. Encore aujourd’hui‚ chaque Hopi bien éduqué spirituellement prie et remercie. Cela est important et notre peuple devrait toujours le faire.
Cette deuxième étape était‚ en fait‚ le vrai début de leurs études et toutes leurs connaissances les accompagnaient toute leur vie.

Au troisième étage de l’édifice se trouvaient les jeunes qui avaient traversé les deux premières étapes de l’apprentissage. Ils avaient entre douze et vingt ans. Avant d’atteindre le troisième étage‚ ils avaient eu l’occasion de connaître différents hommes‚ différentes mentalités et pensées. Ils étaient assez mûrs pour avoir pu faire leurs propres observations et expériences. A présent‚ ils devaient faire connaissance avec le corps humain‚ l’esprit et notre relation avec notre origine divine.
D’abord ils s’occupaient de la tête. Le créateur nous a donné un merveilleux instrument‚ le cerveau. Là‚ toutes les pensées agissent ensemble avec la partie corporelle de l’être humain. Ils étudiaient aussi la structure de l’esprit et comment le créateur agit sur l’humanité et sur tout ce qui existe dans l’univers. Celui qui a tout parfaitement appris‚ ne connaît plus de barrières de langage. Il peut communiquer avec les plantes‚ les animaux‚ avec chaque créature de notre monde. Cela constituait une partie de ce qui était enseigné au troisième étage‚ c’est-à-dire d’accorder cet esprit merveilleux avec celui de dieu‚ comme vous l’appelez‚ ou avec notre créateur‚ comme notre peuple l’appelle.
Le deuxième point important était la voix. Les ondes sonores que nous produisons ne sont pas destinées (et limitées) uniquement à ceux qui nous écoutent‚ mais elles atteignent l’univers tout entier. C’est la raison pour laquelle elles doivent être harmoniques‚ car ainsi nous louons notre créateur. C’est pourquoi les Hopis‚ dans leurs cérémonies‚ chantent des louanges pour la nature qui nous entoure et pour les éléments.
Tout ce que nous disons est écrit continuellement‚ mais tout ce qu’un être humain dit pendant toute sa vie ne prend pas plus de place qu’une petite tête d’épingle. Tu vois combien ton magnétophone‚ ici sur la table‚ est démodé et en retard ? Toutes les voix‚ tout ce qui a été dit dans le troisième monde‚ sont gardés dans une grotte quelque part en Amérique du Sud. Ma grand-mère m’en a parlé un jour‚ mais elle m’a dit aussi que plus personne ne connaît l’endroit où se trouve cette grotte.

Puis venait l’enseignement sur tout ce qui concerne le cœur. C’est le siège de nos pensées ; ici nous trouvons la compréhension et la pitié qui sont si importantes.

L’autre côté essentiel de notre cœur est sa relation avec le sang contenu dans notre corps. Le sang a une telle importance que l’homme ne doit jamais expérimenter avec lui. Le créateur a interdit tout mauvais usage du sang. Le grand danger de ce mauvais usage se trouve encore dans le futur‚ c’est ce que l’on nous a dit.

Maintenant‚ nous arrivons à l’étage le plus élevé de l’édifice. A ce niveau‚ on étudie l’univers qui nous entoure‚ la création et le pouvoir divin.

Les étudiants étaient informés de toutes les particularités de notre système planétaire‚ pas seulement ce que l’on peut observer‚ mais aussi sur leur ordre. Ils savaient‚ et c’est pourquoi nous le savons aussi‚ que sur la lune se trouve du sable fin‚ que la terre est ronde et qu’il n’y a pas de vie sur Vénus‚ Mars ou Jupiter. Ce sont des planètes mortes sur lesquelles l’homme ne peut pas vivre. Si vos scientifiques nous l’avaient demandé‚ nous aurions pu leur dire qu’ils allaient trouver du sable fin sur la lune.

Nous avons aussi appris qu’il existe un plan global du créateur que l’être humain doit suivre. S’il faillit au plan‚ il n’est plus l’enfant de la force divine et doit être puni. La loi du créateur a l’air très simple‚ mais il est quand même très difficile de lui obéir. Tout ce qui porte préjudice à l’être humain‚ tout ce qui trouble la tranquillité (la paix) de l’homme‚ viole la loi du créateur. Il en ressort que le crime le plus grave que l’on peut commettre est la destruction de la vie d’un être humain. Rien n’est pire.

Puis on nous a donné des informations concernant le huitième monde. Ce monde existe mais personne ne sait où il se trouve. Tous les êtres humains qui meurent s’y rendent. Il consiste en deux planètes‚ l’une pour les gens bons‚ l’autre pour les méchants. Quand ce sera la fin du septième monde‚ tous les gens bons du septième monde et du huitième monde iront dans le neuvième monde. Le neuvième monde n’existe donc pas encore. Il ne sera créé qu’en temps voulu‚ ici sur cette terre. Le neuvième monde ne se terminera jamais‚ il sera éternel. Les gens méchants resteront pour toujours sur leur planète‚ aveugles et dans les ténèbres.

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Dans le neuvième monde‚ il n’y aura plus de différences de races. Tu prendras ma couleur de peau ou moi la tienne‚ nous ne le savons pas‚ mais il n’y aura plus de races différentes. Nous devrons travailler et tout sera merveilleux. Mais ce dont parlent les Chrétiens – des anges et tous ces gens qui jouent de la harpe – ça n’existera pas. Notre créateur n’est pas un paresseux.

C’est tout‚ en ce qui concerne l’apprentissage et l’enseignement. L’édifice même‚ dans sa construction en gradins‚ du sol jusqu’au dernier étage‚ représentait pour nous le savoir croissant‚ l’ascension vers les niveaux supérieurs de l’esprit‚ la compréhension croissante pour les miracles de notre monde. D’après notre tradition‚ un tel édifice existait également à Táotoóma.

L’enseignement était donné par les Kachinas. Le créateur était mis au courant de nos progrès car il était en relation avec les Kachinas par transmission de pensées. Le choix des personnes pouvant aller dans cette école était également décidé par les Kachinas‚ car ce sont eux qui désignaient les enfants avant leur naissance pour une telle vie d’apprentissage‚ de dévouement et d’abnégation. C’est pourquoi seuls les Kachinas étaient capables de désigner ceux qui pouvaient monter de niveau et atteindre finalement le dernier étage de cette grande école de la vie. Peu d’entre eux atteignaient le but. Ceux qui y parvenaient étaient en harmonie parfaite avec le créateur divin‚ c’est pourquoi je les appellerai des “grands hommes saints”.
A ce propos‚ je dois te parler d’un homme que j’ai eu la chance de connaître. Son nom était Aápa. Il appartenait au clan de mon grand-père‚ le clan du blaireau‚ et il fut l’un des grands visionnaires de notre temps. De tels hommes sont parfois appelés hommes-médecine‚ même par nos gens‚ mais en fait ils ne le sont pas. Les événements que j’ai vécu avec lui‚ et les choses qu’il faisait étaient pour moi remplis de mystère. Souvent‚ il utilisait son troisième œil. Un jour‚ il m’a dit que l’on pouvait changer de côté‚ c’est-à-dire passer du côté corporel de notre vie vers le côté spirituel. La frontière entre les deux serait à peine perceptible. Tous ceux qui voient avec leur troisième œil peuvent la traverser. Aápa nous a montré également comment on peut‚ à l’aide de la lune‚ voir l’autre côté de la terre. Il nous a montré et enseigné beaucoup de choses que tu ne pourrais pas croire sans les voir toi-même. Il fit ces choses en présence de mes parents et‚ en tant que fils aîné‚ je pus y assister. Je pourrais t’en dire plus mais‚ pour quelqu’un qui n’a pas vécu lui-même de telles expériences‚ ce serait difficile à croire ou à comprendre. Il nous disait encore que tout ce savoir provenait justement du quatrième étage de l’édifice en question et fut transmis à ses ancêtres desquels il le tenait.

Tous ces hommes qui consacrent tout leur temps à ces tâches importantes‚ marchant sur un chemin étroit‚ sont confrontés à de nombreux dangers et tentations. Mais il a toujours existé des hommes qui atteignirent ce but élevé. Aujourd’hui‚ un tel homme est appelé Náquala‚ ce qui signifie conseiller ou bienfaiteur‚ et cela montre son abnégation et son dévouement dans la vie et ses devoirs envers son peuple en tant que guide. Un tel homme ne se laisse pas détourner de son chemin de vérité.

A tous ceux qui avaient atteint ce but‚ les Kachinas leur accordaient la faveur de ne pas être obligés de mourir ; ils pouvaient quitter notre terre sans être morts. Cela a déjà existé dans la ville de Táotoóma (Tiahuanaco). Ces gens nous ont quitté réellement dans leur corps humain et sont partis vers un système planétaire que nous ne connaissons pas.

Les Kachinas nous encouragèrent à apprendre beaucoup pour pouvoir atteindre le plus haut rang. Ils nous rappelaient toujours que la vie était devant nous et que nous ne devions jamais oublier ce que nous avions appris dans cette Grande Ecole. Ils nous dirent aussi qu’un jour‚ dans l’avenir‚ il y aurait encore des malheurs et que nous devions tout faire pour rester proches du pouvoir divin.

Malheur et déchéance

Pendant des siècles‚ les gens de Palátquapi restèrent sur le droit chemin. Partout régnait l’harmonie. Après un certain temps‚ certains clans commencèrent à partir pour s’installer plus loin. Plus les nouvelles colonies s’éloignaient et moins elles avaient de contacts avec nos enseignants les Kachinas. Les hommes qui avaient atteint le niveau le plus élevé de notre Grande Ecole furent envoyés comme délégués dans ces nouvelles colonies. Ils utilisaient leur troisième œil pour choisir les jeunes gens à qui ils pouvaient transmettre leur savoir. Mais‚ finalement‚ beaucoup de colonies perdirent le contact avec nos guides et quittèrent le droit chemin. A l’intérieur des clans et aussi entre les différents clans‚ des disputes éclatèrent et eurent pour conséquence de séparer les clans. Encore plus de gens quittèrent Palátquapi. Ils partirent en Amérique Centrale et au Yucatán. Ils construisirent des villes‚ et de grandes cultures y prirent également naissance.

A nouveau une époque survint où même des guides spirituels se mirent du côté des pécheurs‚ je veux dire que eux aussi quittèrent le droit chemin. Et le temps arriva où notre peuple fut à nouveau séparé.

Les clans les plus importants qui quittèrent Palátquapi furent le clan du serpent et le clan de l’arc. Mais de ces deux clans‚ des parties importantes restèrent à Palátquapi. Il s’agissait de gens qui continuaient à obéir aux lois du créateur. Je dois ici t’expliquer la structure de nos clans‚ pour que tu comprennes la répercussion que peut avoir une telle scission.

Pour comparer‚ imagine deux frères portant naturellement le même nom de famille. Quand un des frères déménage‚ il y aura deux fois le même nom de famille‚ une fois dans la ville et une fois ailleurs. Je vais citer le clan du serpent comme exemple. Comme tous les clans‚ le clan du serpent comprend plusieurs groupes. Dans le cas présent‚ ce sont six groupes appelés également clans‚ car nous avons un serpent à six têtes. Le groupe le plus élevé est le clan Kaátoóya. Kaátoóya est le serpent qui montre la direction de l’ouest‚ c’est-à-dire du coucher du soleil‚ la mort. D’après la tradition du clan du serpent‚ c’est le serpent le plus important car c’est lui qui prononce la sentence quand nous quittons la terre. Ici‚ tu peux voir comment nous utilisons et parlons des symboles. Les gens pensent que nous n’avons rien d’autre‚ mais c’est faux car nous savons ce qu’il y a derrière les symboles. Dans le cas présent‚ Kaátoóya est la divinité la plus importante du clan du serpent‚ mais nous parlons d’elle comme d’un serpent. Pour les autres cinq directions‚ il y a chaque fois un serpent et un clan. Quelques-uns des clans du serpent étaient devenus désobéissants envers leur divinité Kaátoóya‚ à Palátquapi‚ et sont partis. Mais trois clans – ouest‚ est et nord – sont restés avec leur divinité. C’est pourquoi nous pouvons dire d’un côté que le clan du serpent avait quitté la ville et de l’autre côté que le clan du serpent était resté en ville. Tu vois‚ il n’y a pas de contradiction. Dans le cas du clan du serpent‚ il arriva même que ceux qui sont partis ont fait plus tard la guerre contre leur propre divinité la plus élevée.
Comme je l’ai dit‚ les clans qui sont partis de Palátquapi ont construit beaucoup de villes. Quelques ruines de ces villes furent retrouvées‚ mais on en découvrira davantage dans le futur‚ il y aura donc plus de preuves pour notre tradition. La capitale du clan de l’arc était le grand centre de Tikal. On y a trouvé une sculpture d’une tête en pierre avec un serpent dans la bouche. Il s’agit de la divinité Saáviki. Je te raconterai plus tard une histoire à son sujet.

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Vue aérienne de Tika

Le Yucatán fut peuplé par le très puissant clan du serpent. Là aussi‚ beaucoup de villes furent construites. Sur de nombreux rochers se trouve le serpent à plumes. Chichen Itza était la capitale. Les chefs de ces clans étaient partis de Palátquapi parce qu’ils voulaient régner eux-mêmes et‚ bientôt‚ ils se sentirent aussi forts que ceux de Palátquapi. Ils quittèrent le droit chemin et prirent des chemins différents. Jusqu’à ce moment-là‚ et pendant toute la première phase de la séparation‚ Palátquapi fut toujours le vrai centre. Je dirais que les autres villes au Yucatán et en Amérique Centrale furent des villes secondaires. Mais l’émigration affaiblissait la puissance de Palátquapi et ses chefs pressentaient qu’il y aurait la guerre. En même temps‚ beaucoup de clans restèrent attachés à leur croyance‚ la plupart d’entre eux demeurèrent à Palátquapi. Mais certains furent également parmi les émigrants et purent être‚ malgré tout‚ en mesure de rester sur le droit chemin car ils n’avaient jamais participé à la destruction des anciens mondes‚ ils étaient les élus. Quand les initiés de très haut rang‚ qui avaient atteint le quatrième niveau‚ virent le danger‚ ils se rendirent dans les autres villes afin d’obtenir une réunification‚ mais ils n’eurent plus de pouvoir sur elles.
Il y eut de nombreux démêlés guerriers dans toute la région. Le clan du serpent et le clan de l’arc – les parties de ces clans qui avaient quitté Palátquapi – se combattirent. Finalement‚ les guerres eurent pour conséquence la complète destruction des villes. Les continuelles atteintes contre les lois divines provoquèrent une telle perversion et un tel désordre dans toute la région que les gens voulurent simplement ne plus y vivre. Tout fut dégradé et personne ne put remplir correctement ses obligations religieuses. Ils ne purent rien faire d’autre que de partir à nouveau en migration. Certains de ces clans s’installèrent ici‚ à Shingópovi‚ puis à Oraibi‚ et enfin à Hotevilla. C’est pourquoi à Hotevilla‚ encore aujourd’hui‚ chaque année au mois de février a lieu la célébration du serpent à plumes.

Au cours de ces temps terribles à Palátquapi et au Yucatán‚ les Kachinas nous quittèrent. C’est depuis ce temps qu’ils ne sont plus avec nous et tout ce que nous pouvons faire est de prendre exemple sur eux. Quand ils sont partis‚ ils nous ont dit : “A partir de maintenant‚ vous ne pouvez compter que sur vous-mêmes.”

Peut-être te demandes-tu comment ce malheur a pu s’abattre sur Palátquapi et le Yucatán en dépit de la présence des Kachinas. Je peux te dire qu’à chaque fois‚ dans le passé‚ que quelque chose du même genre est arrivé‚ cela n’était pas le plan des Kachinas mais des hommes. Les Kachinas les ont mis en garde‚ mais la plupart des hommes voulaient conquérir et faire des guerres. Ils n’écoutaient pas les sermons et conseils et continuèrent à porter atteinte aux lois du créateur. C’est la raison pour laquelle beaucoup de clans et peuples furent détruits. Quand les clans menaient réellement la guerre‚ les Kachinas ne s’en mêlaient pas. Ils ne voulaient pas s’en mêler car la terre appartient aux hommes. C’est l’homme qui est responsable et il détermine ses actes lui-même. Ce que les hommes ont fait‚ ils l’ont fait d’eux-mêmes‚ et ils vont en subir les conséquences. Mais le jour du règlement des comptes n’est pas encore là. Seulement aujourd’hui‚ à notre époque‚ l’humanité approche du temps de la punition.

Beaucoup de légendes existent concernant les combats pendant ces temps de troubles et de destructions.

Háhäwooti

Un groupe de clans émigra vers le nord en direction de la barrière de glace. Quand ils arrivèrent‚ des différences d’opinion éclatèrent entre les chefs. Certains clans restaient fidèles aux anciennes croyances pendant que d’autres s’en détachaient. Ces derniers décidèrent d’arrêter la migration et de retourner à Palátquapi.
Ces clans qui revenaient du nord avaient développé leurs propres idées et enseignements. Quand‚ enfin‚ ils arrivèrent à Palátquapi‚ ils virent cette ville épanouie et les gens qui continuaient à suivre les anciennes croyances ; ils en devinrent très envieux. Les gens de Palátquapi et les nouveaux arrivants ne purent vivre ensemble à cause de leurs différences de croyances. C’est ainsi que ces derniers s’installèrent en dehors de la ville mais pas trop loin. Ils appartenaient à un clan puissant‚ le clan du feu. C’était le clan qui régna pendant le premier monde et‚ finalement‚ causa sa destruction. L’envie et la jalousie poussèrent le clan du feu à attaquer Palátquapi. Nous gardons vivant le souvenir de ce combat par quelques-unes de nos cérémonies dans lesquelles les héros de ces démêlés apparaissent.
L’un des clans qui restèrent à Palátquapi et ne continua pas sa migration fut le clan Aása. Aása veut dire graines de moutarde‚ qui faisait partie de notre nourriture en hiver à nos débuts ici‚ à Oraibi. Le nom du clan fut transformé plus tard en Astak mais‚ à l’époque‚ c’était toujours le clan Aása. Les gens de ce clan obéissaient à leurs chefs et restaient fidèles aux enseignements des Kachinas.
Parmi eux se trouvait une famille avec trois enfants‚ une fille et deux garçons‚ qui jouèrent un rôle important dans cet événement de notre histoire tribale. La fille s’appelait Háhäwooti. Elle était très têtue et écoutait à peine ses parents. Mais elle était forte et‚ tout en étant la cadette‚ n’avait pas peur d’exécuter des travaux d’homme quand ses frères étaient absents. Le frère aîné s’appelait Cháckwaina et l’autre Héoto.
Palátquapi était entouré d’un mur de pierres et bien protégé. La ville avait déjà été attaquée de nombreuses fois‚ mais elle avait toujours pu se défendre et détruire l’ennemi. Quand le clan du feu commença son attaque‚ Héoto courut vers la maison pour prévenir ses parents. La mère était justement en train de coiffer Háhäwooti. Elle avait disposé les cheveux en rosette en haut du côté gauche de la tête‚ maintenant elle passait le peigne dans les cheveux du côté droit. C’est alors que Cháckwaina fit irruption dans la maison pour relater ce qui se passait. Puis il regarda sa sœur et dit : “Tu as toujours agi selon ta propre volonté et tu n’obéis jamais ni n’écoutes les parents ; maintenant‚ nous allons voir si tu es courageuse et si tu peux nous aider à défendre la ville.” Háhäwooti répondit à son frère : “Je vais te le montrer.” Et avant que sa mère n’ait pu lui attacher les cheveux du côté droit‚ elle prit l’arc et les flèches et partit en courant.

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C’est pourquoi‚ dans la cérémonie‚ elle porte un carquois‚ un arc et des flèches‚ et ses cheveux sont défaits d’un côté. Elle montra vraiment beaucoup de courage pendant le combat‚ mais c’était son frère qui l’avait encouragée. Tous les trois se battirent avec courage – mais c’est surtout Háhäwooti qui guida le peuple – ils boutèrent l’ennemi hors de la ville et le poursuivirent très loin. Plus jamais il ne revint attaquer la ville. Háhäwooti‚ Cháckwaina et Héoto sont devenus des Kachinas grâce à leurs exploits. Pendant la cérémonie‚ les danseurs qui représentent les trois héros répètent et imitent leurs gestes et‚ en témoignage de leur grand courage‚ Háhäwooti et Cháckwaina ne sont pas obligés de danser avec les autres danseurs (Kachinas)‚ ils ont un rôle déterminant et peuvent sortir du rang. Ils portent des masques noirs‚ ce qui n’a rien à voir avec la race mais est le signe qu’ils sont maintenant des initiés et ne sont plus des êtres humains. La vraie signification de la couleur noire est le symbole de tout ce qui est mystérieux‚ connu seulement du créateur.
Sur un côté du visage de Cháckwaina est dessinée une lune‚ et sur l’autre une étoile. Ces symboles sont très importants. Comme nous le savons‚ la lune est loin de la terre‚ mais encore visible‚ la lune attire l’attention sur une grande distance dans l’univers‚ c’est pour reconnaître la distance encore plus grande de l’étoile. Cette étoile est le signe du système planétaire où habitent les Kachinas. Cette étoile et ses planètes ne sont même pas encore connues par les astronomes actuels. Elles ne seront découvertes qu’à la fin du septième monde. C’est à ce moment-là que nous serons informés de la Confédération des planètes mais aujourd’hui‚ dans l’état actuel de nos connaissances‚ nous ne pouvons pas encore nous y rendre.
Tu vois que pendant nos cérémonies‚ les actes de Háhäwooti et de ses frères jouent un rôle important. C’est de cette manière que nous gardons l’histoire en mémoire et que nous savons exactement ce qui s’est passé.

Le combat entre le clan du serpent et le clan de l’arc

C’est également une histoire importante. Depuis le combat‚ beaucoup de temps s’est écoulé et notre peuple a beaucoup marché pour arriver enfin ici‚ sur notre terre. Mais nous avons toujours gardé vivant le souvenir de tous ces événements réels qui se sont passés‚ même si les membres d’un certain clan‚ qui sont toujours parmi les Hopis‚ n’aiment pas beaucoup y penser. Je veux te raconter cette histoire parce que l’on a trouvé des preuves sous forme de dessins rupestres et de sculptures.
Comme je l’ai déjà mentionné‚ parmi les guides spirituels‚ une scission s’était produite. Certains voulurent continuer à enseigner et à éduquer les jeunes gens en harmonie avec notre important héritage spirituel. Le clan du serpent en faisait partie. Mais d’autres‚ dont le clan de l’arc‚ ne voulurent pas continuer ainsi. Ce clan avait déjà agi de la sorte quand il participa à des accords qui conduisirent vers la destruction du troisième monde‚ ce fait étant connu par les Hopis.
Nous connaissons également la forme d’énergie qui fut utilisée pendant ce combat. Les scientifiques de nombreux pays travaillent au développement de telles armes.
Le clan de l’arc affirmait que sa façon de vivre l’avait rendu plus fort et il a provoqué le clan du serpent‚ ainsi que d’autres clans. Ils acceptèrent le défi.
Avant de continuer cette légende‚ je dois te dire encore quelque chose sur le clan du serpent. Nous‚ les Hopis‚ nous sommes les seuls à avoir comme symbole le serpent à six têtes. Une tête est dirigée vers l’est‚ une vers le nord‚ une vers l’ouest‚ une vers le sud‚ une vers le haut et l’autre vers le bas. Il s’agissait des directions spirituelles des différents clans du serpent de cette époque-là. Chacun des six serpents avait sa propre signification et ses propres tâches. Je ne veux pas tous les expliquer ici mais seulement celui qui joue un rôle dans cette histoire‚ à savoir celui qui montre la tête vers le bas‚ qui agit sous la surface de la terre. Nous connaissons vraiment un serpent qui s’enterre sous le sable et que nous appelons serpent des sables‚ il est connu sous le nom de “Sidewinder” (un serpent à sonnette du désert). En raison de la puissance de ce serpent‚ le clan du serpent fut “invité” à assurer la défense de la ville et tu verras bientôt pourquoi.
Les chefs des deux côtés se rencontrèrent afin de fixer les règles du combat. Il y eut d’importantes querelles comme aujourd’hui parmi les chefs d’états. On se mit d’accord pour que le combat commence deux jours après la fin de la réunion et que chaque côté essaye‚ pendant quatre jours‚ de conquérir la ville de l’ennemi. Le clan de l’arc voulut bien que ce soit le clan du serpent qui commence les hostilités‚ mais ce dernier dit : “Non‚ vous nous avez provoqués‚ c’est donc vous qui commencerez.” On s’est mis d’accord ainsi. Le combat devait commencer chaque jour au lever du soleil et se terminer quand le soleil touche l’horizon. Ce ne fut pas une guerre où l’on se bat homme contre homme avec des massues ou des arcs et des flèches. Les villes étaient distantes de 80 à 100 kilomètres l’une de l’autre et il s’est agi d’une guerre scientifique et technologique entre deux groupes très puissants. C’est pourquoi les deux clans n’aiment pas en parler‚ même aujourd’hui.
Pendant les deux jours suivants‚ toutes les préparations furent entreprises et‚ le troisième jour‚ quand le soleil apparut au-dessus de l’horizon‚ le combat commença. Le clan de l’arc bombarda la ville du clan du serpent avec les armes les plus fortes et les plus effrayantes dont il disposait. Ce qu’il utilisa est appelé aujourd’hui de l’énergie électrique‚ similaire à la foudre. Ce clan du serpent s’y était préparé. Le serpent que j’ai mentionné précédemment aida les gens à aller sous la terre et à se protéger avec un bouclier puissant et une sorte d’énergie électrique. Pendant la journée‚ seuls les chefs apparaissaient de temps à autre sous un bouclier pour voir la position du soleil. Ce fut difficile pour tous et tout le monde était soulagé quand le soleil se couchait et que tout redevenait tranquille. Il n’y avait plus ce tonnerre comme à chaque fois que la force puissante touchait le bouclier. On enleva le bouclier et tout le monde put sortir.
Le clan de l’arc savait qu’il n’avait fait aucun mal au clan du serpent et que ce dernier l’attaquerait le lendemain. Et maintenant‚ c’était au tour du clan de l’arc de faire des préparatifs de protection. Le jour se leva et le clan du serpent attaqua la ville du clan de l’arc. Il se donna beaucoup de mal ; ce fut comme un tir avec des explosifs atomiques tant les armes du clan du serpent étaient puissantes ! Mais le clan de l’arc avait également un bouclier puissant‚ car les deux côtés avaient fait d’importants progrès scientifiques. Et ainsi‚ le clan de l’arc put survivre ce deuxième jour. Le troisième jour‚ aucune décision ne tomba‚ mais le clan de l’arc perdit sa chance de victoire. Le quatrième jour arriva et donc la dernière chance de victoire était pour le clan du serpent. Il fit tout son possible mais ne put briser le bouclier de l’adversaire. Après quelques heures‚ dans l’après-midi‚ le clan du serpent décida de tenter quelque chose d’autre pour montrer sa force à l’adversaire. On cessa de tirer et on fit l’usage des capacités du serpent de pouvoir s’enterrer. Ils construisirent un tunnel au-dessous des fortifications du clan de l’arc.
Les gens du clan de l’arc s’étonnèrent que les bombardements s’arrêtent avant le coucher du soleil. Ils se demandèrent ce qui se passait ou si le clan du serpent avait abandonné. Ils étaient encore à se poser ces questions quand le chef du clan du serpent sortit du tunnel et dit : “Nous sommes ici et vous êtes vaincus. Nous pourrions vous tuer maintenant. Nous n’allons pas vous tuer‚ mais à partir de maintenant votre divinité Sáaviki doit porter un serpent dans la bouche lors de notre cérémonie‚ tous les quatre ans.” Ce fut la fin du combat.
Dans notre région‚ il y a des dessins rupestres avec un homme portant un serpent dans la bouche et‚ à d’autres endroits‚ se trouvent des sculptures qui montrent la même chose‚ par exemple à Tikal. Pour rester dans notre mémoire‚ la divinité du clan de l’arc porte un serpent dans la bouche pendant la cérémonie Powámuya‚ ici à Oraibi.
C’est ainsi que les Hopis se rappellent ce qui se passa il y a longtemps au Yucatán.

L’éclatement

Après ces temps très troubles à Palátquapi et au Yucatán‚ nous nous sommes désunis. Palátquapi même ne fut pas détruite par la guerre. Les gens sont partis‚ Palátquapi avait perdu sa puissance et fut finalement détruite par un tremblement de terre. C’était quand le serpent fut remonté (parvenu en haut) et les jumeaux commencèrent leur long voyage. Beaucoup de clans reprirent leur migration‚ mais d’une manière isolée les uns des autres. Les Kachinas nous aidaient seulement en nous montrant le chemin. On n’utilisait plus de vaisseaux spatiaux. Cette fois-ci‚ nous devions vraiment nous battre. Nous devions mériter de posséder cette terre.

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Ancien dessin gravé sur un rocher près d’Oraibi.
Cette gravure est antérieure à l’invention des avions !

Les migrations s’effectuèrent en direction des quatre points cardinaux. Les gens étaient venus du sud et maintenant‚ sur cette partie du continent‚ ils devaient se diriger vers le nord‚ l’est et l’ouest. Notre peuple était en marche dans toute l’Amérique du Nord. Des ruines et des tombeaux sur l’ensemble du continent attestent de nos mouvements. Nous sommes le seul peuple qui‚ même durant les migrations‚ construisirent des maisons en dur. Le créateur le souhaitait ainsi. Nous ne montions ni tentes ni huttes légères‚ seulement de vraies maisons‚ dans lesquelles nous restions parfois plusieurs années avant de poursuivre notre chemin. De tels lotissements ou leurs ruines montraient aux groupes qui arrivaient après nous que nous étions passés là longtemps avant eux.
D’autres groupes méprisaient l’ordre. Certains commencèrent les migrations et ne les terminèrent jamais ; d’autres restaient sur place quand ils trouvaient une région qui leur plaisait.

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Le rocher où les différentes tribus ont gravé leurs symboles
lors des différentes migrations (Grand Canyon)

Ils ne restaient que peu de groupes qui obéissaient toujours aux lois et qui transmettaient les vraies traditions. Tous les autres n’avaient plus la même religion‚ il leur manquait le savoir‚ alors que Táiowa les avait tous créés.

Casas Grande

Les clans s’étendaient sur toute l’Amérique Centrale et l’Amérique du Nord. Les quelques clans qui continuèrent à respecter les lois essayèrent de trouver des guides spirituels. Ils cherchaient des enseignants car ils savaient qu’ils ne pouvaient pas remplir ce rôle eux-mêmes. Alors‚ à nouveau‚ quelques chefs spirituels décidèrent de réunir leurs clans afin d’enseigner aux jeunes générations le plus haut niveau de compréhension concernant les relations entre les hommes et le créateur‚ et enfin pour leur transmettre tous nos merveilleuses traditions qui‚ depuis le premier monde‚ sont restées vivantes à travers et malgré toutes les migrations et les temps difficiles.
A cette époque‚ on construisit la merveilleuse ville que l’on appelle aujourd’hui Casas Grande. Il semblerait que seulement quatre clans importants y aient vécu. Aujourd’hui‚ nous y trouvons les symboles du clan de l’aigle‚ du clan du serpent‚ du clan du maïs et du clan des fantômes. Il reste également des traces pouvant être des symboles d’autres clans.
Je me rappelle bien d’un jour‚ quand j’allais encore à l’école‚ où j’étais assis près de mon père. Il me demanda ce que j’avais appris à l’école. Il ne sembla pas satisfait de ma réponse et commença à me parler de cette ville.
Quand plus tard j’eus la chance de pouvoir la visiter avec mon père‚ je l’ai trouvée exactement telle qu’il me l’avait décrite‚ ainsi que son frère ultérieurement. Or‚ ils n’avaient jamais été à cet endroit. Alors comment ont-ils pu la décrire aussi précisément ? Naturellement‚ parce que leurs pères leur en avaient parlé de nombreuses fois. C’est de cette manière que nous gardons nos traditions. Les quatre clans se donnèrent beaucoup de mal pour attirer d’autres clans et‚ pendant un certain temps‚ cette ville devint un centre important. Sa fin arriva quand elle fut attaquée par le clan de l’araignée. Les clans qui habitaient la ville se défendirent avec courage‚ mais quand l’ennemi détourna la rivière qui alimentait la ville‚ ils durent renoncer. Ils n’ont pas capitulé car ils ont creusé un tunnel par lequel ils se sont tous sauvés. Les Kachinas ne les accompagnaient pas car‚ comme je l’ai déjà dit‚ ces derniers pouvaient se rendre invisibles pour quitter la ville. Cette ville fut le dernier grand lieu de rassemblement avant la réunification finale‚ ici à Oraibi.

Oraibi

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Shungópovi est (avec Oraibi) un des plus ancien village du continent américain ayant été habité continuellement depuis sa fondation.

Il est connu que d’ici viendra la vraie connaissance. Oraibi est le plus vieux village de ce continent ayant été habité continuellement depuis sa fondation. Même les scientifiques furent obligés de l’admettre‚ d’une certaine façon. Ils ont examiné le bois ayant servi à la construction de nos maisons et ont conclu que le village fut créé vers 1150. Cela vous semble peut-être vieux‚ mais pour nous ce n’est que quelques siècles. Les archéologues ont jugé‚ d’après le bout de bois le plus vieux qu’ils ont trouvé‚ mais en réalité trois villages se trouvent en-dessous des bâtiments actuels et le premier village fut fondé il y a 4.000 ans. Oraibi ne fut pas le premier village de cette région. Le tout premier s’appelait Shungópovi et se trouvait au pied de la falaise du deuxième plateau‚ en-dessous du village actuel qui porte le même nom. Après quelques temps‚ il y eut une dispute entre deux frères à propos de la femme de l’un d’eux. Le plus jeune‚ Machito‚ décida de quitter le village et de fonder son propre village. Il l’appela Oraibi‚ et il s’appelle encore ainsi aujourd’hui. Comme Machito faisait partie du clan de l’ours et connaissait toutes les traditions de ses ancêtres‚ il apporta quelque chose qui‚ aujourd’hui‚ représente la possession la plus précieuse des Hopis‚ c’est-à-dire les quatre tablettes (planches) sacrées. Ce sont ses aînés qui les lui ont remis quand il décida de fonder son village.

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Seconde tablette du Clan de l’Ours (recto-verso)

Plusieurs centaines d’années s’écoulèrent avant que tous les clans qui devaient venir soient arrivés. Déjà‚ longtemps avant la fondation d’Oraibi‚ les clans qui devaient venir s’installer ici avaient été choisis. Mais même ces clans choisis ne purent venir quand ils le désirèrent. Ce sont leurs Kachinas qui devaient leur dire : “Maintenant‚ il est temps pour vous d’y aller”‚ et ils sont venus. Ce fut la dernière fois que les êtres humains purent voir leurs divinités. A partir de là‚ d’autres Kachinas furent désignés pour rester avec les clans‚ mais seulement sous une forme spirituelle‚ et non plus corporelle‚ ne l’oublie pas. Chaque clan qui désirait venir à Oraibi devait d’abord s’installer à quelques kilomètres d’ici. Il y a de nombreuses ruines dans les environs qui furent de tels sites provisoires. Après un certain temps‚ les clans pouvaient envoyer leurs représentants pour rencontrer nos chefs afin de demander la permission de pouvoir s’installer ici durablement. Ils devaient raconter toute leur histoire passée‚ l’histoire de leurs migrations‚ où ils étaient allés‚ ce qu’ils avaient fait et s’ils avaient suivi les lois divines. Toute leur histoire complète devait être rapportée à mes pères du clan de l’ours. Mais‚ pour pouvoir être acceptés‚ il ne suffisait pas d’avoir terminé la migration‚ les clans devaient aussi préciser comment ils pensaient participer aux cérémonies successives annuelles. Il existe un cycle annuel qui n’est complet que si toutes les cérémonies de chacun des clans sont représentées et si l’ensemble se complète. Par conséquent‚ un clan qui voulait s’installer à Oraibi devait être en mesure de contribuer à notre cycle‚ avec sa propre cérémonie.

Les premiers clans qui arrivèrent après le clan de l’ours furent le clan des fantômes (clan du feu)‚ le clan de l’araignée et le clan du serpent. Tous ces clans réunis ne représentaient pas un très grand nombre d’habitants‚ car seuls les clans choisis étaient ceux qui vivaient en concordance avec le plan du créateur.

Certains clans ne purent être acceptés‚ bien qu’ayant la même origine que nous‚ mais ils n’avaient pas terminé leur migration. Ils s’installèrent dans les environs et on les désigne aujourd’hui comme les tribus pueblos. Bien sûr‚ le mot pueblo est d’origine espagnole‚ mais nous‚ nous leur donnons toujours leur vrai nom‚ comme par exemple les Si’os‚ que l’on appelle maintenant souvent Zuni‚ ou les Lagunas‚ les Pawaatees et les Hóotitim‚ entre autres.

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Cérémonie chez les Indiens Pueblos de Santa Clara

D’autres clans ne purent être acceptés pour d’autres raisons‚ notamment le clan Aása. Ses membres vécurent un certain temps dans le Chaco Cañon‚ puis ils souhaitèrent venir ici. Ils nous montrèrent leur cérémonie‚ mais nos chefs dirent : “Non‚ nous n’en n’avons pas besoin.” Alors ils se sont souvenus des champs fertiles quelque part dans le Sud et ils y sont retournés. Beaucoup plus tard‚ ils sont devenus le grand peuple des Aztèques. Comme je te l’ai déjà dit‚ le clan Aása s’appelait à cette époque-là Astak‚ et les Espagnols en firent Aztèques. Quelques membres sont restés dans les environs‚ et c’est pourquoi nous avons toujours un clan Aása.

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Troisième tablette du Clan de l’Ours (recto-verso)

Plusieurs siècles passèrent avant que nous soyons tous réunis. Mon clan‚ le clan des coyotes‚ arriva en dernier. Le clan des coyotes arrivait toujours à la fin. C’était déjà le cas en quittant Kásskara pour venir sur ce continent‚ et ce fut pareil à Oraibi. Cela ne veut pas dire que nous sommes lents‚ mais simplement que c’est notre destin. C’est comme un signal quand le clan des coyotes arrive : c’est la fin‚ après ça plus personne ne sera accepté. C’est aussi la raison pour laquelle les Kachinas portent une queue de renard dans le dos. Quand‚ après cette grande marche de Sikyátki‚ nous sommes arrivés à Oraibi‚ nous étions encore une fois les derniers‚ et plus personne ne vint à Oraibi après nous.
Comme tu le sais‚ Oraibi se trouve dans une région sèche et il n’est pas facile de comprendre pourquoi nous nous sommes installés ici définitivement. Laisse-moi te dire la raison : le clan de l’ours n’est pas venu dans cette région par hasard. C’est sa divinité qui le lui a demandé‚ car ici se trouve le centre de l’univers. En réalité‚ il se trouve à environ trois kilomètres au sud d’Oraibi‚ dans la vallée. L’endroit s’appelle Tuwánassáwi. Des gens du clan des Kachinas y ont vécu‚ il reste encore des ruines. Je ne t’en dirai pas plus‚ nous n’en parlons pas à d’autres gens.
Aujourd’hui‚ notre village tombe en ruines‚ parce que nous nous trouvons à la fin d’une période. Nous le reconstruirons dans le cinquième monde‚ mais ce sera à un autre endroit. Peut-être notre Oraibi actuel sera reconstruit comme lieu de souvenir national‚ mais il ne s’agit pas de la reconstruction d’Oraibi dans le cinquième monde dont je viens de parler.
Je voudrais répéter ici un point important : seulement quand un clan avait la permission de s’installer ici définitivement‚ les membres devenaient des Hopis‚ ceux qui sont restés fidèles aux lois du créateur‚ les rares élus‚ sont venus ici et sont devenus des Hopis.

Tant que nous étions en migration‚ on nous appelait le peuple d’alêne‚ ce qui se dit dans notre langue “Móochi”. Bien sûr‚ les Espagnols ont encore une fois mal prononcé ce mot et nous ont appelés Moquis. Pendant des millénaires‚ nous étions un petit peuple parmi les nombreuses tribus. Il y eut toujours des épreuves‚ des échecs et des tentations‚ et beaucoup furent éliminés.

Même ici nous avons eu nos problèmes‚ même encore aujourd’hui. Je te rappelle seulement les disputes parmi notre peuple il n’y a pas si longtemps‚ comme à l’époque de Patátquapi. Comme les disputes‚ les séparations de Patátquapi se répétèrent quand des gens sont partis d’Oraibi et fondèrent Hotevilla‚ puis Bakávi‚ et sont partis à Móenkopi et Kyákostsmovi. Vois-tu comment l’histoire se répète ?

Parmi les autres événements‚ c’est l’arrivée des Espagnols qui a bien sûr tout changé. Mais avant de t’en parler‚ je veux d’abord te raconter l’histoire de Húck’ovi.

Húck’ovi

J’ai entendu cette histoire très souvent depuis ma plus tendre enfance. Húck’ovi se trouve sur le prochain plateau‚ de l’autre côté des basses terres‚ juste en face d’Oraibi. Nous gardons ce souvenir vivant‚ car il nous montre ce qu’il va arriver au monde entier. Nous saurons quand le temps sera venu‚ car tout se passera à nouveau comme ça.

Le village fut fondé par le clan du front. C’est un des trois clans qui ont un rapport avec la chaleur et l’énergie. C’est la chaleur qui détruit et c’est la chaleur qui purifie‚ c’est pourquoi ces clans sont si importants. Par ordre de puissance‚ il y a d’abord le clan du feu‚ puis le clan du soleil‚ puis le clan du front. Leur divinité est Macháqua‚ le crapaud à cornes. Nous trouvons le signe du crapaud à cornes de nombreuses fois dans les dessins rupestres et les rochers‚ en bas. En ce qui concerne le clan du feu‚ on sait ce qu’il a fait avec le premier monde‚ il l’a détruit. Le clan du front reçut son nom durant la migration. Ce fut le dernier des trois clans qui arrivèrent au Pacifique. Les deux autres clans furent là bien avant et c’est pourquoi le clan du front devait se dépêcher pour arriver ici‚ dans cette région. Les gens de ce clan ne pouvaient reposer leur front qu’une nuit sur la plage‚ puis ils devaient prendre le chemin du retour. Et comme ils furent en retard et durent se presser‚ ils ont moins de considération et de puissance que les deux autres.

Le temps arriva où les gens n’écoutèrent plus leur chef dans leur village‚ jusqu’à lui désobéir et lui manquer de respect. D’après une vieille coutume‚ on ne peut régler une telle chose que par le départ des gens et la destruction du village. C’est ce qui s’est passé avant‚ avec le troisième monde‚ puis avec Táotoóma‚ Palátquapi‚ Casas Grande – ça se répète sans cesse. Et ça se répète aujourd’hui dans le monde entier‚ pense à toutes les disputes‚ contradictions et au manque de respect. C’est pourquoi nous‚ les Hopis‚ nous savons que la fin du quatrième monde arrivera bientôt. Nous en sommes proches.

Donc‚ on a pris la décision de détruire le village par un feu et une explosion après une dernière cérémonie. Certains ne crurent pas au feu et à l’explosion et restèrent au village pour voir ce qui allait se passer. D’autres sont partis avant la cérémonie. Trente hommes et trente femmes participèrent à la cérémonie. Chaque femme portait un plateau tressé sur lequel se trouvait de la farine de maïs pressée‚ avec un trou au milieu. Autour du trou‚ il y avait deux anneaux‚ l’un d’hématite rouge‚ l’autre d’hématite jaune. La masse jaune avait peut-être un rapport avec l’uranium que l’on a découvert à l’est de chez nous. Du trou sortait une flamme‚ quand la flamme s’étend‚ ou plutôt quand la flamme descend dans le trou‚ il y a une explosion‚ mais ça plus tard.
Le groupe de femmes et d’hommes arriva à travers les rochers par le côté ouest du village. Les femmes posèrent leur plateau à l’intérieur d’un cercle sur la place du village. Un des plateaux fut donné au chef. Il le prit et alla dans une maison pour le bénir. Puis il sortit rejoindre les hommes et les femmes qui avaient quitté le village plus tôt et les hommes et femmes qui avaient participé à la cérémonie partirent avec lui.

Comme je te l’ai dit‚ quelques hommes et femmes ne crurent pas quand on les mit en garde et ils restèrent. Quand les flammes disparurent dans les trous‚ il y eut une grande explosion et une chaleur intense‚ et tout le village et les gens qui étaient restés périrent. Même certains de ceux qui étaient partis plus tôt furent incommodés par la chaleur et il fallut les porter.

Les survivants ne purent aller à Oraibi parce que le temps n’était pas encore venu. Comme je te l’ai déjà dit‚ uniquement ceux qui pouvaient venir à Oraibi étaient ceux pour lesquels les Kachinas avaient déterminé le bon moment. C’est ainsi que le clan du front continua sa migration. Plus tard‚ ce clan fut le dernier à être accepté parmi les clans du feu. L’événement de Húck’ovi s’est déroulé il y a plus de 3.000 ans. Nous avons toujours une chanson concernant cet événement. On n’y dit pas pourquoi Húck’ovi fut détruite‚ mais seulement ce qui arriva après l’explosion. On chante cette chanson lors de la cérémonie de Húck’ovi‚ mais en fait il s’agit d’une mise en garde pour le monde entier. Dans cette région‚ un seul village fut détruit‚ et les gens qui sont partis à temps furent sauvés. Mais dans la chanson on dit que les gens vont de village en village et ne trouvent pas de refuge. Ils ne le trouveront nulle part‚ car ça brûle partout. Il n’y a pas de remède‚ car ce sera le feu qui détruira notre quatrième monde. Ce ne sera pas une guerre atomique‚ mais une arme électrique que l’on est en train de développer et qui sera découverte bientôt. Je ne sais pas comment agira cette arme exactement‚ mais elle enverra quelque chose qui ressemble à des ondes radio et ça partira d’une station et ça ira partout.

Arrivée des Espagnols à Oraibi

Quand les Kachinas sont partis‚ ils nous ont dit de ne pas oublier qu’il y aura‚ un jour‚ des gens d’un autre pays qui viendront nous voir pour nous parler d’une autre croyance. Ils ont donné à mes pères du clan de l’ours un bâton d’environ deux mètres de longueur sur lequel ils nous demandaient de marquer chaque année qui passait. Le bâton était de couleur noire et‚ chaque année‚ au moment de Soyál‚ nous y avons fait un trait blanc. Les gens d’un autre pays devaient venir quand le bâton serait couvert de traits du haut jusqu’en bas. Les Kachinas nous avaient demandé de rencontrer ces gens à un endroit appelé Kowáwayma‚ qui se trouve sur le Rio Grande‚ à environ cinquante kilomètres au nord d’Albuquerque. Là-bas se trouve maintenant une ruine avec‚ à l’intérieur‚ une belle et grande peinture dont j’ai copié une partie pour “Le livre des Hopis”. C’est d’ailleurs le même endroit où les Navajos s’arrêtèrent sur leur chemin de retour après avoir été libérés de prison. Ils cassèrent leurs flèches‚ les posèrent dans les ruines et ont juré de ne plus jamais causer d’ennuis aux Hopis.

Si les étrangers ne venaient pas cette année-là‚ nous devions encore ajouter cinq années sur un nouveau bâton et le lieu de rencontre‚ dans ce cas‚ devait être Sikiá’ova‚ ce qui veut dire “pierre jaune”. Cet endroit se trouve près de la vieille route menant vers Oraibi. Si‚ après ce délai‚ ils n’étaient toujours pas là‚ nous devions les rencontrer cinq ans plus tard à un endroit plus haut‚ sur la route qui s’appelle Chiwáchukha‚ ce qui veut dire “glaise durcie”. Après cinq autres années‚ nous devions les rencontrer à un endroit appelé Nahúyangowasha‚ “champs croisés”. Après encore cinq ans‚ comme dernier lieu de rencontre‚ fut fixée une place sur le bord de la falaise à l’est d’Oraibi. Le nom de cette place est Táotoóma.
Quand le premier bâton fut rempli‚ les gens n’étaient toujours pas venus. Cinq ans passèrent encore‚ et toujours rien. Ainsi passèrent cinq années après cinq années. D’après notre tradition‚ c’est Pahána‚ le frère‚ qui devait conduire ces gens sur notre continent. Pahú veut dire “eau”‚ mais nous ne le prononçons pas entièrement‚ nous le contractons et ne disons que “pa”‚ et la syllabe “ha” signifie “un voyage sur l’eau”‚ c’est-à-dire avec un bateau. Pahána est donc “l’homme qui traverse l’eau avec un bateau”‚ ce qui montre que plusieurs millénaires avant l’événement on savait déjà que les gens viendraient en bateau et non sur des boucliers volants.
Nos gens commencèrent à se faire du souci que personne n’arrivât. Le grand retard signifiait que ce n’était pas les gens attendus qui viendraient. Enfin‚ avec un retard de vingt ans‚ ils arrivèrent et nous nous préparâmes à les attendre à Táotoóma‚ comme on nous l’avait demandé. Tu te rappelles sûrement que Táotoóma était aussi le pays du continent qui sortait de l’eau‚ l’endroit “qui fut touché par le bras du soleil”. Les étrangers arrivèrent donc à cet endroit qui portait le même nom. Il y a longtemps‚ ce nom signifiait un nouveau commencement‚ et cette fois-ci‚ ce fut aussi un nouveau commencement.
Comme je l’ai dit‚ ce retard de vingt ans inquiétait mon peuple et quand les Espagnols arrivèrent‚ tout avait été préparé pour les recevoir. Nos anciens et les chefs religieux vinrent pour les accueillir. Les étrangers portaient des armures et toutes leurs armes‚ mais nous n’avions pas peur. Nous pensions encore qu’il s’agissait de frères‚ d’êtres humains civilisés. Puis la tragédie commença. Le chef d’Oraibi tendit sa main pour un “nackwách”‚ le signe de la vraie fraternité. Si l’homme en face avait compris ce signe‚ tout aurait été bien. Mais quand le chef tendit sa main‚ l’Espagnol crut qu’il voulait un cadeau et lui donna des babioles sans valeur.
Ce fut un coup dur pour les Hopis‚ les étrangers ne connaissaient pas le signe de la fraternité ! Notre peuple prit alors conscience qu’à partir de ce moment le malheur s’abattrait sur les Hopis. Et cela s’est passé ainsi‚ nous l’avons vécu.

LEGENDES

 

Yucca-Boy

Pendant un certain temps‚ quelques-uns de nos clans vécurent encore à Palátupka‚ dans le cañon Rouge‚ qui s’appelle aujourd’hui Cañon de Chelly. Les clans importants qui s’y installèrent avant de venir ici‚ dans nos villages hopis‚ furent le clan du soleil‚ le clan du maïs et le clan des nuages. En plus‚ il y avait le clan du feu et le clan du roseau. Le petit clan du Yucca était peu connu‚ avec seulement quelques membres. Ils migraient et s’installaient toujours avec d’autres clans et‚ à l’époque‚ ils s’installèrent dans un petit cañon latéral.

Le village de Walpi situé sur la première Messa

Dans une des familles naquit une fille qui‚ en grandissant‚ devint une très gentille jeune fille‚ courageuse et serviable‚ et tout le monde l’aimait bien.
Un jour‚ très loin à l’ouest (l’endroit exact n’est pas connu)‚ il y eut une irruption volcanique. Des nuages noirs couvrirent le pays et‚ pendant trois ans‚ il n’y eut plus de pluie. Le maïs‚ les haricots‚ courges et autres légumes desséchèrent. Rien ne poussa plus et les gens furent obligés d’aller dans le désert pour chercher quelque chose à manger. Tout le monde souffrit beaucoup. Les parents de la fille étaient trop vieux pour y aller. C’est donc la fille qui alla chercher de la nourriture pour tous les trois.
Avant de partir‚ elle remplit une cruche avec l’eau qui continuait à couler faiblement sous un rocher. Quand elle ne trouvait pas de nourriture‚ elle ne rentrait pas et restait dormir dehors pour poursuivre sa recherche le lendemain. La troisième année‚ la famine fut si grande que la fille fut obligée d’aller de plus en plus loin. Un jour‚ elle décida d’aller encore plus loin‚ là où personne n’avait jamais été avant elle. Elle se dirigea vers le nord‚ vers une colline‚ et pendant trois jours elle ramassa ce qu’elle trouvait‚ quand elle arriva à un joli endroit rempli de céréales et de baies séchées qui étaient encore mangeables. En fin d’après-midi elle mangea puis décida de passer la nuit et de dormir près d’une falaise. Quand elle s’installa‚ il lui sembla entendre un bruit‚ mais ne voyant aucun animal elle s’endormit dans le sable fin. Le lendemain matin‚ pensant qu’elle avait trouvé à manger‚ elle décida de rentrer lorsqu’elle entendit de nouveau le bruit de la veille. Elle se dirigea vers la colline et un étranger vint à sa rencontre. C’était un beau jeune homme dans un habit magnifique. Bien sûr‚ depuis longtemps‚ son peuple connaissait les Kachinas‚ mais depuis l’arrivée des nuages noirs‚ ces derniers semblaient avoir disparu. Quand il fut près d’elle‚ elle comprit ce qu’elle avait entendu la veille. Sa poitrine et son corps étaient couverts de coquillages qui tintaient en marchant.
Mais maintenant c’était le matin et elle n’avait absolument pas peur.
Il s’adressa à elle en disant : “ Je vois que tu as ramassé suffisamment à manger pour ta famille. ” Sa voie était douce et gentille et il semblait au courant de la famine. Elle répondit : “ Oui‚ c’est la première fois que je suis allée aussi loin et que j’ai trouvé autant. ” “ Oui‚ je comprends‚ nous vous avons observé tout ce temps et nous savons ce qui est arrivé. ”
Elle demanda d’où il venait et il répondit : “ Nous sommes les initiés et nous n’habitons pas sur cette terre. Nous venons d’une planète très éloignée‚ mais nous surveillons tout le pays. Vous allez surmonter ces temps difficiles‚ cela fait partie des changements qui interviennent actuellement sur la terre entière. ” La jeune fille fut tellement étonnée qu’elle ne posa plus de questions. Il continua : “ Cela va te sembler étrange‚ mais d’où je viens tout est beau et vert. ” Après s’être assis tous les deux‚ elle parla de son peuple et lui du sien. Ce fut une conversation merveilleuse et il demanda‚ au bout d’un moment : “ Tu n’es pas rentrée aujourd’hui. Tu ne te fais pas de soucis pour tes parents ? ” “ Non‚ c’est tellement intéressant de connaître quelqu’un comme toi‚ quelqu’un qui est si bien nourri. ” Il répondit : “ Je sais que cela t’étonne‚ mais nous ne mangeons pas de votre nourriture‚ nous vivons de l’esprit qui est dans la nourriture‚ c’est comme la rosée sur les perces-neige et il y en a beaucoup dans l’univers. ”
Puis le jeune homme demanda si elle avait faim. Elle voulut faire cuire quelque chose de ce qu’elle avait trouvé‚ mais le jeune homme lui offrit quelque chose qu’il lui avait apporté. C’était du maïs sucré‚ cela faisait longtemps qu’elle n’en avait pas mangé. Ils restèrent ensemble jusqu’à la tombée de la nuit et décidèrent de passer la nuit au même endroit et de partir ensemble le lendemain.
Il l’accompagna un bout de chemin et‚ quand elle arriva chez ses parents‚ elle leur donna tout ce qu’elle avait trouvé‚ et le maïs que le jeune homme lui avait donné. Elle raconta ce qui lui était arrivé mais ils décidèrent de n’en parler à personne.
Après un certain temps‚ la jeune fille retourna chercher de la nourriture et elle se dirigea vers la colline. Le jeune homme était là et l’attendait. Mais l’hiver arrivait et chacun savait qu’il serait encore plus difficile de trouver de la nourriture. Elle y retourna une troisième et dernière fois et le jeune homme lui donna une cruche remplie de graines. Il lui expliqua qu’elle devait conserver ces graines à l’intérieur de la maison et qu’elle devait en répandre un peu dans le noir total. Elle devait mettre les graines qui sortaient les premières de la cruche dans un panier et quitter la pièce. Quand elle y retournerait‚ les graines se seraient multipliées.
Elle fit comme il lui avait demandé et‚ chaque fois qu’elle retourna dans la pièce‚ c’était une surprise. Une fois il y avait des haricots‚ une autre fois des graines de courges et parfois du maïs. A chaque fois la corbeille était remplie. Cette cruche‚ que nous appelons la “ cruche sacrée ” ”‚ nourrit la famille tout l’hiver. Comme elle n’avait toujours pas raconté aux autres ce qui lui était arrivé‚ elle sortait parfois pour faire semblant d’aller chercher de la nourriture.
Au printemps‚ la jeune fille s’aperçut qu’elle attendait un enfant. Elle en fut étonnée et en parla à sa mère qui se fit aussitôt du souci par rapport à ce que les gens allaient penser. L’étranger était le seul homme qu’elle avait connu et à qui elle avait parlé‚ mais elle n’avait pas eu de relations avec lui. La mère était‚ elle aussi‚ soucieuse et un peu honteuse. Un jour‚ la fille décida : “ Nous allons dire que j’ai rencontré un étranger et que j’ai eu des relations avec lui. ” Un matin‚ l’enfant vint au monde. C’était un garçon. Toute la famille fut heureuse et l’accueillit bien. Après vingt jours‚ il fut temps de lui laver les cheveux. C’est un événement important dans la vie des Hopis. La famille était soucieuse car cette cérémonie doit être faite par les parents du père. Mais qui était le père et où était-il ?
Alors quelque chose d’étrange se produisit. Quand la mère de la jeune fille se décida à laver elle-même les cheveux de l’enfant‚ le brouillard se leva dans le cañon. C’était la réponse. Les initiés étaient venus pour laver les cheveux de l’enfant. Le brouillard fut le plus épais à l’endroit où la famille habitait‚ puis le brouillard devint de la pluie. Comme la mère du père n’était pas là pour donner un nom à l’enfant‚ c’est donc la mère de la mère qui donna comme nom “ Silíomoho ”‚ car la mère était du clan du Yucca‚ et elle donna le nom de la plante de Yucca qui y poussait beaucoup plus haut qu’ici‚ dans cette région.

La pluie était revenue‚ ce fut la fin de la famine. L’enfant était magnifique et grandissait de manière superbe. Quand il fut devenu un beau jeune homme‚ il demanda la permission d’aller chasser seul. Il se dirigea vers le nord‚ vers la colline‚ mais c’est seulement le troisième jour qu’il réussit à tuer un animal. Il se prépara un bon repas et mit le reste de la viande à sécher. Le lendemain‚ quand il se réveilla‚ un jeune étranger se tenait à côté de la viande. Il lui dit : “ Tu es enfin venu pour chasser. ” Sa voix était amicale et Silíomoho lui répondit : “ Oui‚ c’est la première fois que je chasse seul. ” “ Oui‚ je sais‚ je te connais bien ” répondit l’étranger. Silíomoho fut étonné : “ Tu me connais ? ” “ Oui‚ mais le temps n’est pas encore venu pour te dire qui je suis. ” Le soir‚ la viande fut presque sèche et l’étranger aida Silíomoho à la porter et lui demanda de le suivre. Il le fit monter le versant abrupt de la colline. Il faisait presque noir quand ils arrivèrent au sommet. Là‚ il y avait une maison‚ exactement comme nos kivas‚ mais plus grande. L’étranger le fit entrer. Il entendit des voix et‚ en descendant l’échelle‚ il vit un groupe de femmes et de filles Kachinas assises le long du mur. La plupart des femmes étaient des Hahá-i‚ les plus gentilles des femmes Kachinas. Elles lui souhaitèrent la bienvenue et il s’assit près des hommes‚ au milieu de la pièce. On lui servit un bon repas et l’étranger lui dit : “ Comme tu es venu dans notre maison‚ je veux te dire que nous sommes nombreux sur toute la terre‚ et moi je suis ton père. ” Silíomoho fut incapable de parler. C’était donc ça‚ son père était l’un des initiés‚ c’est pourquoi sa mère et ses grand-parents ne lui avaient rien dit. Son père lui dit : “ Le temps n’est pas encore venu pour te dire exactement qui je suis et ce que je fais.


Cérémonie d’Indiens Hopis habillés en Kachinas
en haut d’une Kiva (dans les années 1920)

 

Tu es un être humain et tu n’es pas encore l’un des nôtres‚ mais tu le seras un jour. Mais maintenant‚ tu dois passer trois épreuves. Nous allons voir si tu vas survivre. ” Pendant les trois nuits suivantes‚ le garçon dut choisir soigneusement des endroits pour passer la nuit et il fut assailli par des bêtes sauvages et des tempêtes terribles. Mais comme il avait‚ à chaque fois‚ bien choisi son emplacement‚ il réussit à survivre et à passer les épreuves avec succès.
Le matin‚ après la troisième nuit‚ son père apparut et lui dit : “ J’ai tout le temps espéré que tu survives. Je t’ai mis à l’épreuve de toutes mes forces‚ mais maintenant je sais que tu es fort. Tu dois être fort‚ car l’avenir apportera beaucoup de difficultés pour ton peuple. ” Ils retournèrent à la kiva ensemble où Silíomoho fut reçu avec beaucoup de chaleur et de gentillesse. On lui servit un bon repas et beaucoup de Kachinas chantèrent et dansèrent pour lui. Après une bonne nuit‚ son père arriva : “ J’ai déjà fait mon travail ce matin. J’ai béni la terre avec de la rosée et maintenant nous pouvons partir car ta mère et tes grand-parents doivent se faire du souci pour toi. ” Puis il prit le paquet avec la viande séchée que le garçon avait préparée et ils prirent le chemin du village du garçon. Près du village‚ ils s’arrêtèrent et le père dit : “ Maintenant‚ tu dois continuer seul. Je vais t’aider à porter ton paquet mais tu ne me verras pas. ” Le père était devenu invisible. Le garçon fut accueilli avec joie. La mère partagea tout de suite la viande avec ses voisins. Puis Silíomoho raconta ce qui lui était arrivé‚ tout ce que son père lui avait appris concernant l’avenir difficile de leur peuple et que plus tard‚ dans sa vie‚ lui Silíomoho deviendrait le chef d’une planète très éloignée. Le nom de son père était Hólolo.

Par la suite‚ chaque fois qu’il y avait du brouillard dans le cañon‚ les gens disaient “ c’est Hólolo‚ le père de Silíomoho. ” Et même encore aujourd’hui‚ nous appelons le cañon de Chelly‚ cañon du brouillard. Silíomoho devint un membre important et plus tard un chef apprécié de son peuple. Ses capacités furent d’une grande aide. Il pouvait prédire quand il pleuvrait ou combien il y aurait de neige‚ quand ils devaient semer et comment conserver les récoltes.

Ce don fut un cadeau de son père.

L’ENERGIE

A Kásskara‚ toute la puissance et l’énergie dont nous avions besoin provenaient du soleil. Nous pouvions en bénéficier partout et les lignes électriques n’étaient pas nécessaires. Mais je ne sais pas comment cela fonctionnait.

Nous avions un appareil‚ en fait nous en avions beaucoup‚ avec un cristal à l’intérieur pas plus gros qu’un pouce. A l’époque‚ les gens n’avaient pas besoin de travailler la pierre avec un burin‚ pendant des jours. Tout ce qu’ils avaient à faire‚ c’était d’orienter l’appareil par rapport au soleil et ils pouvaient fendre la pierre avec l’énergie solaire.

Tous les sons étaient mémorisés dans des cristaux. Tous les enregistrements du troisième monde se trouvent dans une grotte en Amérique du Sud. Ma grand-mère me l’a dit un jour mais personne ne sait plus où elle se trouve. Si la grotte était découverte un jour‚ je pourrais tout reconnaître à l’intérieur.

Quand nous sommes venus sur ce continent‚ nous avons bien sûr emmené de tels appareils‚ ainsi que toutes nos connaissances. Là-bas‚ en Amérique du Sud‚ les gens pouvaient soulever d’énormes blocs de roche en tendant les mains sans y toucher. Aujourd’hui‚ on est étonné et on ne comprend pas comment les gens ont pu bâtir de telles villes‚ mais à l’époque c’était facile.

La plus grande efficacité des capacités de l’être humain se trouve dans le bout des doigts. Ils peuvent émettre beaucoup de force et en absorber autant. Pense aux hommes-médecine qui posent leurs doigts sur ton corps et sentent toutes les vibrations. Ils ressentent aussi les vibrations qui ne devraient pas s’y trouver et localisent ainsi la maladie.

A une certaines époque‚ on utilisait aussi le mercure‚ mais je ne sais pas exactement dans quel but. D’après notre tradition‚ il en existait deux sortes‚ une liquide et une solide. Il y aurait un rapport avec la chaleur et l’équilibre‚ mais je ne sais pas si‚ au point de vue scientifique‚ cela signifie quelque chose pour toi. Les gens du clan “ deux cornes ” l’ont utilisé‚ c’est ce que m’a dit un homme du clan de l’arc.

Les gens avaient techniquement un niveau élevé‚ mais ils n’ont jamais utilisé la force pour détruire des vies. Tout ce savoir s’est progressivement perdu et les gens ont dû travailler de plus en plus dur. Aujourd’hui‚ toutes ces bonnes choses sont dissimulées et nous voyons avec étonnement ce que l’on a réussi à faire dans le passé. Pour comparer‚ on pourrait dire que c’est aujourd’hui que nous vivons dans une époque sombre.

LES SYMBOLES

Le symbole du plan de vie des Hopis

Quand nous sommes installés en Amérique du Sud‚ après notre arrivée‚ nous avons commencé à documenter notre présence. Nous avons exprimé notre savoir historique et spirituel à travers des symboles. Nous en faisons autant aujourd’hui‚ car nous avons hérité ces symboles de nos pères et nous connaissons le sens des chiffres et des lignes. Nous savons ce qu’ils signifient et ce que l’on peut exprimer à travers ces symboles.

Nous avons laissé nos symboles partout où nous avons vécu ou migré. On peut trouver les preuves de notre savoir dans toute l’Amérique du Sud jusqu’au continent nord-américain : des dessins rupestres‚ des céramiques‚ des bâtiments. Les gens disent que nous n’avions pas d’écriture. Mais c’est justement notre écriture et ce sont nos messages qui sont présents partout sur les deux continents et qui n’ont pas encore été détruits.

Nous avons écrit nos symboles sur de la roche car elle n’est pas facile à détruire par le temps. Nous avons décoré nos céramiques avec des symboles et nous en faisons toujours autant aujourd’hui. A chaque fois que nous avons quitté une installation provisoire‚ pendant nos migrations‚ nos enfants brisaient dans tout le village toutes les céramiques et les laissaient comme un legs. La céramique ne peut pas être détruite. On peut la briser mais les morceaux restent toujours. D’autres peuples et des générations futures viendront et les trouveront‚ et ils sauront que nous avons été là avant eux.

Et il y a les bâtiments‚ les ruines. Si on fait attention à certains signes caractéristiques‚ alors on peut les trouver partout en Amérique du Sud et ici. Par exemple‚ il existe des tours‚ des tours circulaires et des tours carrées. La tour ronde est le symbole féminin‚ la tour carrée le symbole masculin.

La forme en T ou le trou de serrure est très importante. Nous l’avons depuis le premier monde. Cette forme est un symbole pour le plan du créateur. C’est pourquoi les fondations de nos kivas ont cette forme en T. Et comme je parle justement des kivas‚ je veux ajouter quelques autres significations symboliques de cette construction. L’étage inférieur représente le premier monde‚ l’étage supérieur le deuxième monde‚ et l’ensemble‚ de l’arrière jusqu’au devant‚ représente le troisième monde. Sur le toit plat se trouve une plate-forme surélevée qui représente notre monde actuel‚ le quatrième monde. Maintenant‚ tu comprends pourquoi les kivas sont si importantes pour nous.

Et naturellement‚ il existe les grands édifices du passé. Les références aux multiples mondes ne manquent pas. Combien de symbolisme et de savoir sont exprimés à travers eux. La référence aux différents mondes se trouve partout‚ dans le nombre d’étages des pyramides‚ le nombre des portes sur les toits des bâtiments : les trois mondes du passé‚ le quatrième‚ le monde actuel‚ le cinquième monde et les sept mondes que l’humanité doit traverser au total. Même les neuf mondes sont mentionnés‚ à savoir les deux mondes appartenant au créateur. Et les sculptures et la position des bâtiments. Nous pourrions écrire un livre supplémentaire sur la signification des découvertes dans les ruines mexicaines et sud-américaines. Je t’ai déjà parlé de la forme en T à Teotihuacan‚ de la signification des degrés‚ pourquoi il y a un trou dans l’édifice de la pyramide du soleil et la signification des serpents des deux côtés des marches. Dans toute chose il y a une signification‚ et l’histoire est inscrite partout. Nous sommes des gens ayant une orientation spirituelle et les historiens et les archéologues doivent se rendre compte qu’ils devront d’abord nous comprendre‚ avant de pouvoir expliquer les ruines.

A l’époque actuelle‚ nous portons ces chiffres symboliques avec nous ou plutôt dans nous. Pas dans une forme matérielle mais d’une manière plus subtile. Par exemple‚ pendant une cérémonie‚ quand des Kachinas dansent sur la place du village‚ ils forment leurs groupes à seulement trois endroits‚ pour montrer les trois mondes que nous avons traversés. Ils ne peuvent pas former un quatrième groupe puisque le quatrième monde n’est pas terminé. Je dois également mentionner les chants que nous chantons pendant les cérémonies. Un tel chant comporte cinq strophes‚ ce qui signifie que nous allons nous rendre dans le cinquième monde. Comme tu le vois‚ les Hopis savent exactement où ils se situent dans le plan des mondes : entre le troisième qui a été détruit‚ et le cinquième‚ le prochain monde que nous devons atteindre. Nous savons que nous nous trouvons dans le quatrième monde situé au milieu de sept mondes que nous devons traverser au total. Nous n’avons pas besoin de le dire‚ car tout est exprimé symboliquement dans nos cérémonies. Pourquoi noter quelque chose par écrit qui est enracinée si profondément et exprimée si clairement dans nos cérémonies ?

Tout le symbolisme utilisé par les Hopis nous rappelle les vérités que nous avons apprises il y a longtemps. Mais seulement nous‚ les Hopis‚ connaissons et comprenons ce symbolisme‚ aucune autre tribu ne peut en faire autant‚ même si beaucoup d’entre elles utilisent maintenant des symboles hopis. Elles ne voient que l’extérieur et n’ont pas la connaissance.

Si tu vois nos symboles quelque part en Amérique du Sud‚ en Amérique Centrale ou sur ce continent‚ pense que nous savons encore aujourd’hui ce qu’ils signifient. Et pense que nous savons tout cela par notre passé et par ce que nos pères nous ont transmis et que nous gardons toujours vivant.

Et n’oublie pas que le savoir des Hopis est encore plus étendu : nous savons que nos voix‚ même sans son‚ sont imprimées dans l’atmosphère et que c’est indestructible ! Des rochers et des ruines peuvent disparaître un jour‚ mais ce que nous disons‚ et ce qui se passe dans nos âmes sur un niveau plus élevé‚ ne sera jamais détruit.

 

LE MOT DE LA FIN

Chacun d’entre nous est né avec une prédestination et doit remplir sa tâche dans ce monde. Longtemps avant ma conception‚ il fut décidé que cela ferait partie de ma destinée de transmettre toutes ces choses. C’est pourquoi je suis venu pour parler avec toi.

Tout au début de ton enregistrement‚ je t’ai dit que l’histoire de mon peuple représente une mise en garde pour vous. J’espère que tu as maintenant bien compris cet avertissement. As-tu remarqué comment l’histoire se répète toujours et toujours ? Et tu as vu que le créateur punit l’humanité quand elle transgresse les lois et dévie ou quitte le droit chemin.

Je t’ai parlé beaucoup de notre histoire‚ de l’histoire du peuple élu. Je sais qu’elle ne correspond pas à ce que vous avez cru jusqu’à maintenant. Naturellement‚ les scientifiques voudront nous corriger‚ comme ils le font toujours. Ils ne nous comprennent pas et ne peuvent donc pas comprendre notre histoire et nos opinions. Mais nous‚ les Hopis‚ reconnaissons dans les événements d’aujourd’hui la même chose que ce qui est arrivé vers la fin du troisième monde. Nous voyons ce qui se passe dans le monde‚ la corruption‚ les assassinats‚ et nous savons que nous sommes sur le chemin de la destruction. On peut éviter cette fin terrible si nous retournons sur le chemin du créateur‚ mais je n’y crois pas. La prochaine grande catastrophe n’est pas loin‚ seulement quelques années. Cela doit vous sembler étrange dans votre monde‚ mais nous le savons.

Nous‚ les Hopis‚ nous le savons.

 


Cérémonie chez les Indiens Pueblos de San Juan‚ frères des Indiens Hopis.
Les Pueblos ne furent pas intégrés aux Hopis‚
car ils n’ont jamais fini leur migration

Sources:antonparks.com

L’histoire de…l’univers ! Essai


Source: manuscritdepot.com

  https://fondationlitterairefleurdelysaccueil.files.wordpress.com/2013/03/logo-flfl-02.png?w=271&h=128

 

Auteur: André Lefebvre

Ouvrage: L’histoire de… l’univers !

Année: 2015

 

Présentation
Einstein prédisait que « la théorie de grande unification », qui expliquerait tout et qu’il a cherchée toute sa vie, serait d’une telle simplicité qu’un enfant de 5 ans la comprendrait facilement. La théorie en question permettrait de dévoiler l’histoire complète de l’univers. Voici donc ma version de l’histoire en question.
À l’époque de ma jeunesse, la « théorie » du Big bang faisait fureur. À tel point, que même le Pape Pie XII s’en mêlait. Je me rappelle, un soir, vers l’âge de 8 ans, j’ai quitté la table familiale furieux parce que mes parents ne comprenaient pas ce que je tentais d’expliquer au sujet de ce fameux Big bang. J’espère avoir amélioré mes explica-tions depuis.
J’ai mordu à cet hameçon scientifique en 1951 et, 64 ans plus tard, je n’ai pas encore décroché. Rapidement, s’est ajouté à ma curiosité, la théorie de la « relativité » d’Einstein. Je peux confirmer, aujourd’hui, que cet « espace-temps » est extrêmement fascinant. Depuis cette époque, mon esprit y puise énormément de plaisir et de satisfaction, que je vais tenter de vous transmettre.
Je dois à mes parents, mon caractère réfractaire à « apprendre par coeur, sans comprendre ». Leur discipline était toujours précédée « d’explications »; jamais « im-posée ». De sorte que je doutais toujours de tout et n’acceptais que ma compréhension du sujet. Sans m’en rendre compte, je défendais le droit à la « connaissance » contre les abus de pouvoir du « savoir ».
Vers 1960, s’installa, chez nous au Québec, « la Révolution tranquille ». Ce fut une transformation sociale importante. Elle consista, foncièrement, à rejeter la « connais-sance » au profit de la « compétence ». Ce fut, en réalité, un mouvement mondial. Le virage visait à augmenter le niveau de « production » de l’homme. Le résultat en est qu’aujourd’hui, on « agit » sans avoir besoin d’y penser. Le hic est que l’on parle de la même façon, sans réfléchir. Étant de la vieille école, je me sens plus « rassuré » quand je pense avant d’agir ou de parler. Vous déciderez si je fais de même avant d’écrire.
Par contre, le résultat de cette révolution sociale fut quasi incroyable. La tech-nologie progressa à un point tel, que moi, le « vieux » qui a connu la livraison « porte-à-porte » par le laitier au moyen d’une voiture tirée par un cheval, j’en reste « bouche bée ». À cette époque, je dois le dire, la nourriture goûtait quelque chose. Nous n’étions pas épuisés d’avoir « mâché » un steak. On en était plutôt revigoré. Aujourd’hui, tout ce que je peux dire, c’est que : la nourriture est… belle. Surtout celle des grands restaurants

qui nous présentent quelques bouchées, striées transversalement d’une ligne continue de « sirop » qui donne un certain goût additionnel. C’est très joli.
Âgé de 71 ans, il est temps de donner mon opinion résultant de cette recherche constante sur l’univers. Je ne me targuerai pas d’avoir solutionné tous les problèmes de la science actuelle; mais je peux vous garantir que je ne me suis laissé inculquer aucune « vérité » ayant ni queue, ni tête. Aussi peu valable que puisse être une « réflexion » de 64 années, je me dois quand même, par simple respect personnel, de la mettre sur papier afin d’en laisser l’accessibilité aux intéressés potentiels. Voici donc : « L’histoire de l’univers ».
Amicalement
André Lefebvre

 

Prologue
La structure de l’évolution de l’univers, acceptée actuellement par la science, est tellement « naturelle » qu’elle nous laisse pantois devant sa simplicité. On appelle cette structure : le Modèle Standard. Croyez-le ou non…
— Ok, je ne te crois pas!
— Toé, dégage!
… ce fameux modèle standard n’est basé que sur une seule découverte, sans laquelle il n’existerait pas. Elle fut faite par un sportif, ancien boxeur catégorie poids lourds, arpenteur et autres emplois, qu’il pratiquait durant ses études. Au fond de lui, cependant, couvait une fascination pour la science de l’inconnu. Et, à cette époque, l’inconnu c’est ce qu’il contemplait, le soir, au-dessus de sa tête; l’immensité de l’espace habité par les étoiles.
Il étudie donc les mathématiques, la physique, la chimie et l’astronomie. Pour satisfaire les désirs de son père, il étudie également le droit et accepte de devenir avocat. Il pratique le droit, pendant un certain temps, à Louisville au Kentucky USA. Mais cela ne le satisfait pas et il n’aime pas la profession. Il abdique et part enseigner l’espagnol, la physique et les maths au New Albany High School. Pour ajouter du plaisir quelque peu dans sa vie, il accepte d’être entraîneur de l’équipe de basquet, pratique la pêche lors de ses temps libres et…fume la pipe.
En 1914, il entreprend des études postuniversitaires qui lui feront obtenir, en 1917, un doctorat en astronomie. Sa voie est maintenant tracée et sa vie prend la seule direction qui l’intéresse vraiment. Il n’abandonne pas pour autant l’autre de ses grandes passions, la pêche à la mouche. Cela lui permet d’aérer son esprit de temps à autre; ce qui lui évite de partir à la dérive vers l’imaginaire fictif que semble pouvoir parfois produire, l’air raréfié des endroits clos comme les bureaux d’études. Nous verrons que la pêche à la mouche semble manquer à plusieurs de nos scientifiques d’aujourd’hui.
À cette époque, la science limitait l’étendue de l’univers à la seule Voie lactée. Personne n’imaginait que l’espace puisse être plus grand que notre galaxie. La Voie lactée était, pour tous, « l’univers entier ». Quelle ne fut pas la surprise générale lorsque Hubble, en étudiant les nébuleuses, découvrit et prouva qu’il existait « d’autres uni-vers ». Car c’est ainsi que la presse présenta ses découvertes; Hubble avait découvert « d’autres univers ». Le résultat fut que dans plusieurs esprits, s’installa « l’évidence » qu’il existait « d’autres mondes » que le nôtre. Les conséquences furent que de nos

jours, on se sert de cette « croyance » pour présenter des théories comprenant des « unIvers parallèles ». On a complètement oublié la signification exacte du mot « univers » qui représente « tout ce qui est ». Personne ne se rend compte que certaines théories prétendent, effrontément et sans vergogne, qu’il existe des choses supplémentaires à « tout ce qui est ». Comme vous pouvez le voir, la logique est disparue de l’intellect. C’est là une conséquence directe du « virement social » vers la « compétence » au détriment de la « connaissance » dont j’ai parlé dans ma présentation de ce livre. On ne se donne plus la peine de « penser » avant de « dire ». D’autant plus qu’on n’ose plus s’élever contre les élucubrations de ces membres de l’élite sociale, qui sont qualifiés de « compétents ». Il devient alors indispensable pour nous, de ne pas aborder les données « con-pétantes » sans y porter un oeil un tant soit peu critique; car il est possible que le manque de « connaissance » du « savoir » compétent risque de nous faire avaler des « sottises » inqualifiables.
Un autre « illogisme » de la science actuelle est de baser son opinion d’une façon chronologique à partir des premières découvertes dans l’histoire humaine, pour y agencer, de peine et de misère, les découvertes subséquentes. De sorte qu’aux données de Galilée, on aboute les « formules » de Newton, auxquelles sont « adaptées » les « découvertes » d’Einstein. Quand ça ne marche plus, on invente ce qu’il faut pour que « ça marche » et le tour est joué. Le résultat s’apparente aux dernières toiles de Picasso. C’est beau mais, pas tout à fait compatible à la réalité. Cette notion du « ça marche » fut adoptée la première fois dans l’histoire, par Isaac Newton. Il disait, en parlant de sa « Force de gravité » : « Une force qui agit sur les objets sans aucun lien matériel entre eux, ça n’a aucun sens, mais… » Ça marche »; Alors… ». C’était il y a 290 ans et… «… ça marche » toujours chez plusieurs.
Aussi curieux que cela soit, la science augmente la qualité et l’efficacité de sa technologie sans que les résultats obtenus permettent de corriger les données « passées dates ». Encore une fois, on évite les « courbatures douloureuses » neuronales qu’en-traîne trop de réflexion. Ceux qui ont eu accès aux réflexions écrites des Grecs et des Romains, se rendent compte du nombre de paroles inutiles et insignifiantes que nous entendons et lisons constamment de nos jours. C’est assez triste à constater.

CHAPITRE 1
Le modèle standard
Nous allons tenter d’échapper à ce « conservatisme » illogique en reprenant exclusivement les données scientifiques valables, qui sont « prouvées » et laisserons de côté tout ce qui est « passé date », « hypothétique » ou « imaginaire ».
Au sujet du Modèle standard, notre description partira du début, c’est-à-dire de cette découverte de Hubble qui a permis d’établir ce modèle de l’évolution universelle qui, soit dit en passant, n’a pas encore été débouté de façon intelligente. Comme vous le verrez, la réflexion sur cette découverte nous amènera assez rapidement au début de l’univers.
J’avoue que, selon moi, le « créativisme » n’est pas une explication intelligente. J’ai déjà vécu l’expérience déboulonnante de rencontrer un « preacher » qui m’affirma que l’univers avait été créé il y a 6 000 ans et que les squelettes de dinosaures, que l’on trouvait un peu partout, avaient été sauvés des eaux par Noé. Quand je lui fis remarquer la probabilité d’un manque d’espace nécessaire, dans l’arche de Noé, pour embarquer des couples de différents dinosaures avec les autres couples d’animaux, il m’a répondu que, si j’avais réfléchi avant de parler, j’aurais compris que Noé n’avait embarqué que des « oeufs » de dinosaures. C’était un raisonnement imparable, vous en conviendrez sûrement. J’y ai réfléchi très sérieusement et j’ai alors pris conscience que la matière « occupait » un volume d’espace; et surtout, qu’elle ne le « remplaçait » pas. Et cela, grâce à Noé. Tout, de cette discussion avec le « preacher », ne fut donc pas perdu.
Hubble s’aperçut que les nébuleuses qui l’intriguaient, étaient en réalité des galaxies semblables à la Voie lactée. Ces galaxies étaient séparées par d’immenses volumes « d’espace vide » (sans occupation indue de dinosaures, ni d’oeufs). Affinant ses observations, il se rendit compte que ces « espaces vides » augmentaient de volume; c’est-à-dire que les galaxies en question, s’éloignaient de la nôtre. Il venait de découvrir que l’univers n’était pas « statique », mais bien « dynamique », ou si vous préférez : « en expansion ». La simple logique fit comprendre aux scientifiques de l’époque, que si l’univers grandissait, c’est qu’il avait été « plus petit » dans le passé. On arriva rapidement au concept de Georges Lemaître qui imagina un « gros atome primordial » comme étant le début de l’univers. Concept douteux qui faisait de l’univers un « objet matière ». Ce concept « univers-matière » persiste encore de nos jours. On remarque ainsi que la science « n’en croit pas ses yeux » même si ceux-ci perçoivent 95% d’espace et seule-ment 5% de matière. Drôle de façon d’être « objectif », avouons-le. Ce serait une conséquence directe de ne pas pratiquer la pêche à la mouche, que je n’en serais pas surpris.
Nous nous contenterons d’adopter la donnée irréfutable de cette découverte de Hubble, en affirmant, comme première prémisse à notre recherche de l’histoire de l’uni-vers que :
1 ) L’univers est un volume « d’espace en expansion »!
C’est une prémisse qu’il nous est facile d’accepter aujourd’hui; mais dans les années 20, elle se heurtait à certaines opinions établies depuis toujours. La science était convaincue que l’univers était « statique ». Tellement convaincu que l’autre grande « découverte » de l’époque en fut perturbée.
Cette deuxième « grande découverte » (en fait elle fut faite avant celle de Hubble) est à mes yeux la deuxième découverte importante et incontournable pour l’avancement de la compréhension du « dynamisme » de l’univers. L’expansion de Hubble est un « fait » observé indéniable; mais les deux « relativités d’Einstein » sont une prouesse de l’esprit humain, au niveau de l’imagination au service de la compréhension. Il est faux de prétendre que la découverte de la relativité générale est le résultat de calculs mathématiques. La preuve est qu’Einstein dut demander l’aide d’un mathématicien pour trouver son équation E = Mc2 qui est le « résultat » de sa « réflexion ».
La relativité générale est la suite d’une intuition d’Einstein qui lui fit « imaginer » une explication de la gravitation. Même sa théorie de la relativité restreinte, disant que la limite de la vitesse était celle de la lumière, fut le résultat d’une réflexion personnelle qu’il appelait lui-même, une « expérience-pensée ». C’est de cette façon que son esprit fonctionnait. Il « imaginait » des scénarios qui présentaient le problème auquel il s’adressait, et il laissait son imagination scruter toutes les possibilités de solution à ce problème. D’une certaine façon, nous verrons que l’univers adopte le même processus pour son évolution. Par la suite, il vérifiait si la solution qu’il préconisait était confirmée par les mathématiques. Aucun chercheur actuel n’acceptera cette interprétation du processus de recherche employé par Einstein. Car cela va à l’encontre de ce qui est prôné inconditionnellement par l’esprit scientifique actuel, j’ai nommé : « l’incontournable puissance des mathématiques » au service de « l’objectivité ».
Et, encore une fois, la compétence du « savoir » obstrue les exigences de la « connaissance ». On oublie que “l’objectivité” est de mettre la raison au service de l’objet, quand le pouvoir réel de l’esprit est le « raisonnement » pour comprendre les objets. La science se limite à « raisonner objectivement » au lieu « d’objectiver raisonnablement ». Elle soumet la raison à l’objet au lieu d’assujettir l’objet à la raison. De sorte qu’une

formule mathématique est, aujourd’hui, plus importante que le raisonnement que l’on peut lui appliquer.
Einstein, qui n’était ni boxeur, ni avocat, mais plutôt employé des postes ayant imaginé une nouvelle explication pour la gravitation, demanda donc l’aide d’un mathématicien pour établir la formule qui « prouverait » la justesse de son « intuition ». Mais lors de ses travaux pour établir sa formule, ses calculs démontrèrent que l’univers était « dynamique ». Comme ces travaux se faisaient avant l’arrivée de la « preuve » de l’expansion de l’univers apportée par Hubble, Einstein, face aux données scientifiques de son époque, laissa parler son « objectivité » au lieu de sa « raison ». Il refusa l’information issue des calculs dérivant de sa découverte et décida « d’immobiliser » cet univers qui osait être « dynamique ». Il y ajouta un « paramètre » qu’il a appelé : « cons-tante cosmologique ». Cet ajout éliminait le dynamisme dans ses calculs. Ce même ajout sert aujourd’hui à appuyer des concepts « imaginaires » qui éliminent les « anisotropies » qui se présentent dans les interprétations scientifiques « en vedette ».
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi, malgré mon grand respect pour l’esprit productif d’Einstein, je déplore énormément ce manque d’honnêteté intellectuelle qu’il a démontré. Il a faussé sa formule pour protéger un « dogme » personnel, généralisé chez les scientifiques et la population de son époque. Il a, malheureusement pour lui et aussi pour nous, bloqué déloyalement la source de « connaissance » à laquelle son intuition lui avait donné accès. Cela l’empêchera d’aller plus loin dans ses découvertes. Il passera le reste de sa vie à « tourner autour » des deux « apports » qu’il fit à la science : la relativité restreinte et la relativité générale, sans jamais aller beaucoup plus loin.
Je dis « malheureusement… aussi pour nous », parce que cette tricherie de la part d’un scientifique renommé, sera une première fissure dans le rempart de l’éthique cuirassant la science. Cette fissure s’agrandira progressivement. Au cours des décennies suivantes, de plus en plus, les chercheurs se bousculeront aux portes des revues scientifiques reconnues, pour publier un « papier » afin de se faire un nom et obtenir des subventions. Ces papiers, pour la plupart, annoncent toujours, dans son titre, une nouvelle découverte « sensationnelle »…, qui ne devient rapidement qu’une supposition hypothétique dans l’article lui-même. Certains chercheurs ont tellement peu à dire de nouveau sur leur recherche qu’une grande partie de l’article est dédié à la description des instruments extraordinaires fournis par notre technologie époustouflante dans le but de capter l’intérêt du lecteur.
Lorsque le dynamisme de l’univers fut prouvé par Hubble, Einstein avouera que sa « constante cosmologique » fut la plus grande erreur de sa vie. Je ne sais pas si quel-qu’un s’est permis de le traiter d’hypocrite et de malhonnête intellectuel. Car la preuve est là; Einstein s’était permis de réfuter et dénigrer avec intensité, les travaux du russe Alexandre Friedman qui lui avait souligné l’expansion de l’univers trouvée au moyen de la relativité. Il s’était également gaussé du jeune Georges Lemaître qui lui avait présenté

cette même expansion, en lui rétorquant : « vos idées sont correctes mais votre physique est abominable ». On ne peut pas nier qu’Einstein fut hypocrite par deux fois; car il savait pertinemment que ses calculs déclaraient un univers « dynamique ». Mais il s’est démontré prêt à « trahir l’esprit scientifique » pour défendre ses dogmes personnels.
Il est difficile de comprendre comment un esprit aussi supérieur que le sien a pu dévoiler une telle « dépendance » à une croyance aussi futile et insignifiante qu’un univers « statique ». Surtout à l’époque, lorsqu’il préparait sa formule mathématique, où sa renommée n’était pas encore établie. Remettons-nous dans le contexte. Einstein se prépare à démolir le plus grand édifice de la structure scientifique de son époque : la notion de la gravitation de Newton. Il se propose donc d’affirmer que la Force de gravité, base de toute la science, n’existe pas et qu’elle n’est qu’une « conséquence d’une déformation de la géométrie de l’espace-temps ». Avouons que ce n’est pas un combat de poids coq qu’il se prépare à livrer. Mais malgré le courage nécessaire à ce combat, il refuse de combattre l’erreur scientifique insignifiante d’un univers statique. Probablement parce qu’il n’était pas boxeur. Je ne parviens pas, du tout, à comprendre sa position.
Remarquez qu’il ne réussira pas à annuler complètement la notion gravitationnelle de Newton. La science n’acceptera que quelques « accommodements raisonnables ». Finalement, il ne parviendra qu’à faire changer le mot Force pour le mot Interaction et sa formule mathématique E=Mc2 sera adoptée par le collège scientifique parce qu’elle est plus précise que la formule de Newton, même si elle est plus complexe. Einstein fut un grand esprit réfugié dans un homme très ordinaire. C’est tout ce que je puis conclure.
Mais retournons à la recherche de nos prémisses fondamentales pour comprendre l’évolution de l’univers. Einstein vient justement de nous en fournir une deuxième qui est l’explication de la gravitation et que nous retenons :
2) La gravitation est une simple conséquence d’une déformation de la géométrie de l’espace-temps.

CHAPITRE 2
Une déformation de la géométrie de l’espace-temps

PDF iCi

 

Tout ce que l’on ne vous dit pas sur le cerveau par M. Bernard-Michel Boissier


lelibrepenseur.org

Vidéo fort intéressante, à voir absolument, concernant le cerveau. Très riche, documentée, cette vidéo est une mine d’or pour les curieux.

 

Source : Les conférences du cerveau


Ajoutée le 25 août 2016
Une des conférences de M. Bernard-Michel Boissier. Un grand merci pour cette vidéo à M. Frédéric Chomel. Pour les nouvelles conférences de M. Bernard-Michel Boissier :  https://www.facebook.com/conferences….
Catégorie Science et technologie

La Force-pensée


arbredor.com

https://arbredor.com/images/couvertures/couvforce.jpg Afficher l'image d'origine

Auteur: William Walker Atkinson

Ouvrage: La Force-pensée Son action et son rôle dans la vie

 

A la mémoire de Prentice Mulford
Ce génie, pareil à un diamant, dont l’ éclat a été momentanément
 obscurci par le faux lustre de quelques pauvres imitateurs
— nous dédions respectueusement ce petit livre avec le regret de
ne pouvoir déposer un plus digne hommage sur l’autel dédaigné.
Afin de toujours nous souvenir.
Préface
Nous livrons aujourd’hui au public ce petit livre que nous avons écrit en hâte
sur des souvenirs ou des notes anciennes et dont chaque chapitre est comme le
résultat d’une des nombreuses conférences que nous avons eu l’occasion de faire.
Ce petit livre n’a qu’un but, comme d’ailleurs les conférences qui l’ont précédé
n’en avaient eu qu’un seul:
faire connaître à chacun les forces secrètes qu’il pos-
sède et les énergies mystérieuses qui le travaillent et qu’on peut résumer sous ce
double titre :
Magnétisme personnel ou subjectif et Influence psychique. A ce
but de vulgarisation, nous avons tout subordonné : et les ornements du style et
les agréments de l’exposition.
Nous avons pensé que la sincérité, la simplicité nous tiendraient lieu de tou-
tes les qualités qu’on exige d’ordinaire de l’écrivain et qu’on nous pardonnerait
de n’avoir pas fait de la «littérature». Quand un mot familier nous a semblé
expressif, nous nous le sommes approprié
; quand une expression triviale nous a
paru bonne et heureusement caractéristique, nous y avons eu recours. Que les
professionnels du style et les délicats nous le pardonnent!
Bien des défauts, certes, sont dans notre livre et nul plus que nous les aperce-
vons et nous les déplorons. Mais nous le croyons utile en dépit de tout, et ceci
nous console.
Nous nous disons que dans cette mêlée sombre et confuse qui s’appelle la vie
et qui met l’homme aux prises avec toutes les forces mauvaises, il jettera quelques
lueurs et quelque clarté et que par lui des esprits, perdus jusque-là dans la nuit
de l’ignorance, monteront à la Lumière et à la Vérité.
Nous nous disons encore que ce petit livre sera un manuel d’énergie, qu’il en-
seignera la volonté, qu’il éduquera le caractère et qu’aux hommes de résignation
découragée et de scepticisme triste, il apprendra la fierté, le courage et l’espoir.
Voilà pourquoi nous le dédions modestement, mais avec confiance à tous les
gens de bien.
Introduction
suite…

L’atome vert – Le thorium, un nucléaire pour le développement durable


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Auteur : De Mestral Jean-Christophe
Ouvrage : L’Atome vert Le thorium, un nucléaire pour le développement durable
Année : 2011

 

 

«Aucune technologie ne doit être idolâtrée ni
diabolisée; toutes les technologies de production
d’énergie sans émission de dioxyde de carbone
doivent être prises en considération. La contribution
potentielle de l’énergie nucléaire en
faveur d’un futur énergétique durable doit être
reconnue. »

Thorium Report Committee,
Norvège, février 2008

Introduction

GÉNÉRALITÉS
«La deuxième ère nucléaire». C’est ainsi qu’Alvin Weinberg,
ancien directeur du Oak Ridge National Laboratory, aux
États-Unis, qualifiait l’espoir qu’il nourrissait pour la société,
avant de décéder en 2006. Cette deuxième ère est si révolutionnaire
que tout ce qui a été fait dans le domaine nucléaire
jusqu’à maintenant ne peut être que classifié sous une première
ère, celle vouée à être remplacée et à disparaître.
Ce livre décrit le chemin emprunté par nombre de scientifiques,
qui, dans une vision à très long terme motivée par des
idées sécuritaires, ont conçu une nouvelle manière de produire
de l’énergie, débarrassée des risques que porte la génération
actuelle de réacteurs.
Il n’est pas question ici d’apologie de l’énergie nucléaire;
toute source énergétique présentant un quelconque danger
potentiel serait certainement écartée si l’humanité trouvait le
moyen d’assurer sa consommation, croissante, uniquement
par une source renouvelable, sans impact sur l’environnement,
sans risque et sans nuisance, en un mot, la source parfaite.
Mais nous n’en sommes pas là, et toutes les sources

d’énergie connues aujourd’hui mettent d’une manière ou
d’une autre en péril des vies humaines, y compris l’énergie
solaire avec 0,44 décès et l’éolien avec 0,15 décès par
térawattheure (TWh) produit. Pour référence, l’hydroélectricité
compte 1,4 décès/TWh (on pense au barrage de Banquio,
170’000 morts), le nucléaire 0,04 décès/TWh, le charbon 161
décès/TWh (problèmes respiratoires, émanations de C02,
dispersion dans l’atmosphère de carbone-14 radioactif) et
la biomasse 12 décès/TWh. Nous en sommes actuellement
réduits à tenter de combiner, avec plus ou moins de bonheur,
divers systèmes énergétiques pour répondre à la demande et
satisfaire les exigences des uns et des autres.
Cet ouvrage se base sur la prémisse (discutable peut-être)
que la consommation mondiale d’électricité ne baissera pas
au cours des cinquante prochaines années, bien au contraire :
elle augmentera certainement. Des experts essaient d’imaginer
une société basée uniquement sur le renouvelable, et
par là il faut entendre des énergies qui ne sont pas fondées sur
le noyau de l’atome, ni celles qui produisent (directement)
du C02• Non seulement c’est mettre toutes les approches
fondées sur la physique du noyau de l’atome dans le même
panier, ce qui est intellectuellement indéfendable, mais c’est
se baser sur des scénarios énergétiques futurs pour le moins
osés. On a pu lire, en juillet 2011, que l’Académie suisse
des sciences techniques estimait possible une production à
85% de l’électricité à partir de renouvelables, à condition
que la société (suisse) divise ses besoins par trois et qu’elle
revienne à l’intensité énergétique de 1960. Ces conditions
semblent largement irréalistes, mais vu à l’horizon 2050,
c’est loin et on peut arguer que c’est une question d’appréciation.
Au niveau mondial, la « U.S. Energy Information
Administration» estime que la consommation d’électricité

devrait augmenter de 87% entre 2007 et 2035, la demande
émanant surtout des pays émergents. D’ici à 2050, la majorité
des études tablent sur un doublement de la demande, à
laquelle répondront surtout les centrales à charbon. L’être
humain n’est malheureusement pas connu pour sa discipline
et son sens de 1′ économie. L’énergie nucléaire propre a indubitablement
un bel avenir.
Il est cependant certain que les incidents et accidents nucléaires
créent une mauvaise image de la physique nucléaire et qu’en
conséquence on constate une diminution de l’intérêt des étudiants
pour cette matière. C’est le manque de compétences,
dans ce domaine qui rend la transition vers des technologies
nouvelles difficile. Par exemple, une raison pour laquelle
les ADS (Accelerator-Driven Systems, voir le chapitre à ce
sujet) ne font pas partie de la liste des réacteurs de génération
IV est l’absence de connaissances suffisantes des ingénieurs
nucléaires dans la technologie des accélérateurs.
L’amortissement des énormes investissements consentis pour
la technologie actuelle constitue également un frein important
à la recherche de solutions novatrices dans ce domaine.
Un article publié en avril 2011 par Behnam Taebi, de l’université
de Delft, Pays-Bas, pose la question du choix de l’option
moralement souhaitable pour la production d’énergie
nucléaire. Il argumente que l’option choisie doit sauvegarder
les intérêts des générations futures, et que nous, génération
actuelle, avons au moins deux obligations envers la postérité :
premièrement, de ne pas négliger ou ignorer les principes de
sécurité en faveur des générations futures et deuxièmement,
de maintenir la qualité de vie future dans la mesure où cela
est possible avec les ressources énergétiques disponibles.

LES ARGUMENTS
Les centrales au thorium seraient-elles candidates au titre
d’option moralement souhaitable? En effet, les diverses
variantes de réacteurs possèdent des caractéristiques tout à
fait extraordinaires :

– Sécurité : les particularités des réacteurs examinés plus
loin dans ce livre démontrent des qualités de sécurité intrinsèques
exceptionnelles, que ce soit par leur forte capacité
autorégulatrice, leurs systèmes de sécurité passive, la facilité
des arrêts d’urgence, l’absence de risque d’explosion et
de fonte du réacteur ainsi que par la possibilité de recourir
à la convection naturelle pour l’extraction de la chaleur.

-Abondance: le thorium est quatre à cinq fois plus abondant
que l’uranium dans la croûte terrestre. En tenant
compte du fait que 100% du thorium extrait du sol est
utilisable dans un réacteur (comparé à 0,5% de l’uranium
dans un réacteur à eau légère), il a une densité énergétique
200 fois supérieure par kilogramme. Nous disposons de
réserves mondiales, réparties sur tous les continents, pour
10’000 ans au moins, de quoi voir venir une troisième ère.
L’uranium, quant à lui, devrait être épuisé dans 80 ans.

– Durée de vie des déchets: elle n’est plus de plusieurs
centaines de milliers d’années, mais de 300 à 500 ans.
La combustion du thorium ne produit qu’une infime
partie des actinides mineurs fabriqués par la combustion
de l’uranium. La radioactivité diminue beaucoup plus
vite. De plus, le volume des déchets issus du thorium est
250 fois moindre que celui issu de la combustion de l’uranium.
Aujourd’hui, on sait très bien construire des petits
dépôts qui peuvent durer 500 ans, mais on ne sait toujours

pas construire des grands dépôts qui doivent abriter des
déchets pendant 100’000 ans.

– Non-prolifération: en se basant sur le combustible ou ce
que l’on peut en extraire d’un réacteur, il est quasiment
impossible de fabriquer une arme atomique. La manipulation
des déchets issus du thorium présente des difficultés
techniques très difficiles à surmonter, aujourd’hui à la
portée d’un petit nombre de nations seulement. En ajoutant
à cela la volonté de construire un nombre très limité
de centrales de retraitement afin de ne pas disséminer la
technique, on réduit considérablement le risque de prolifération
tout en permettant à d’autres nations de bénéficier
de cette source d’énergie.

– Élimination des déchets actuels : on a pu lire qu’il fallait
être pro-nucléaire pour se réjouir du fait que ces centrales
génèrent des déchets qui ne dureront «que» 500 ans. Mais
ce n’est pas vrai. Car ces centrales viennent aussi avec la
capacité de faire disparaître les déchets encombrants et
dangereux actuels en les incinérant, technique applicable
également aux stocks de plutonium issus de la démilitarisation
de l’Est et de l’Ouest. L’incinération permet de
réduire la durée de vie de ces déchets et produit en plus de
l’ électricité. Sans incinérateur, nous sommes condamnés à
vivre avec des déchets longue durée. Avec les centrales au
thorium, nous pouvons répondre au critère moral de préservation
de l’environnement des générations à venir. Les
écologistes devraient voir cela comme du pain bénit.

On peut encore ajouter qu’il est possible d’utiliser du thorium
à la place de l’uranium dans plusieurs types de centrales
actuelles, sans modifications majeures et que le thorium,
contrairement à l’uranium, n’a pas besoin d’être enrichi

avant d’être utilisé dans un réacteur. C’est une installation de
moins, une procédure en moins et des coûts en moins.
Ces affirmations sont abordées plus en détail et expliquées
dans les prochains chapitres. On pourra ainsi constater que
les centrales au thorium sont effectivement des candidates
sérieuses au titre de l’option moralement souhaitable qui doit
prévaloir dans la deuxième ère nucléaire, dans 1′ attente de la
troisième ère, qui peut être celle de la fusion nucléaire.
Le mot «nucléaire» est souvent galvaudé et du coup fait peur
à certains en créant des amalgames. Quand on entend l’expression
«sortir du nucléaire», le terme «nucléaire» n’est
pas précisément défini et souvent mal compris même par son
utilisateur. Seulement, ce terme est à multiples facettes et
comprend la fusion comme la fission, l’uranium comme le
thorium: ce sont des notions différentes. Mais la géothermie
aussi est «nucléaire» : la chaleur provient de la désintégration
des noyaux d’uranium et de thorium naturellement présents
dans le sol. Bien sûr, on dira que ce n’est pas la même chose,
que ce n’est pas dangereux, que c’est la nature. Et c’est précisément
le point: on ne peut pas mettre le nucléaire dans
une seule boîte, pas plus que 1′ on peut simplement ignorer
les avancées technologiques, quelles qu’elles soient. C’est la
raison pour laquelle il est indispensable, intellectuellement et
moralement, d’inclure dans le débat de politique énergétique
toutes les options technologiques, qu’elles portent 1′ étiquette
«nucléaire» ou non.
L’énergie issue du thorium vit un renouveau, après des années
d’éclipse. À la différence de la fusion nucléaire, aucun saut
technologique n’est nécessaire pour sa mise au point.

La bonne nouvelle, c’est que la plupart des problèmes liés à
l’énergie nucléaire telle que nous la connaissons aujourd’hui
peuvent être résolus par les centrales au thorium.

Historique

suite…

L-Atome-vert

Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers ?


 

Auteur : STEPHEN HAWKING
et Léonard Mlodinow

Ouvrage : Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers ?

Année : 2010

Traduit de l’anglais par Marcel Filoche

 

 

 

1
LE MYSTÈRE
DE L’EXISTENCE

Nous ne vivons chacun que pendant un bref laps de temps
au cours duquel nous ne visitons qu’une infime partie de
l’Univers. Mais la curiosité, qui est le propre de l’homme, nous
pousse à sans cesse nous interroger, en quête permanente de
réponses. Prisonniers de ce vaste monde tour à tour
accueillant ou cruel, les hommes se sont toujours tournés vers
les deux pour poser quantité de questions : comment
comprendre le monde dans lequel nous vivons ? Comment se
comporte l’Univers ? Quelle est la nature de la réalité ? D’où
venons-nous ? L’Univers a-t-il eu besoin d’un créateur ?
Même si ces questions ne nous taraudent pas en permanence,
elles viennent hanter chacun d’entre nous à un moment ou un
autre.
Ces questions sont traditionnellement du ressort de la
philosophie. Mais la philosophie est morte, faute d’avoir réussi
à suivre les développements de la science moderne, en
particulier de la physique. Ce sont les scientifiques qui ont
repris le flambeau dans notre quête du savoir. Cet ouvrage a
pour but de présenter les réponses que nous suggèrent leurs
découvertes récentes et leurs avancées théoriques. L’image
qu’elles nous dessinent de l’Univers et de notre place dans ce
dernier a radicalement changé ces dix ou vingt dernières
années, même si ses premières esquisses remontent à près
d’un siècle.

Dans la conception classique de l’Univers, les objets se
déplacent selon une évolution et des trajectoires bien définies
si bien que l’on peut, à chaque instant, spécifier avec précision
leur position. Même si cette conception suffit pour nos besoins
courants, on a découvert, dans les années 1920, que cette
image « classique » ne permettait pas de rendre compte des
comportements en apparence étranges qu’on pouvait observer
à l’échelle atomique ou subatomique. Il était donc nécessaire
d’adopter un cadre nouveau : la physique quantique. Les
prédictions des théories quantiques se sont révélées
remarquablement exactes à ces échelles, tout en permettant
de retrouver les anciennes théories classiques à l’échelle du
monde macroscopique usuel. Pourtant, les physiques
quantique et classique reposent sur des conceptions
radicalement différentes de la réalité physique.
On peut formuler les théories quantiques de bien des

façons, mais celui qui en a donné la description la plus intuitive
est sans doute Richard (Dick) Feynman, personnage haut en
couleur qui travaillait au California Institute of Technology le
jour et jouait du bongo dans une boîte à strip-tease la nuit.
D’après lui, un système n’a pas une histoire unique, mais
toutes les histoires possibles. Pour tenter de répondre aux
questions formulées plus haut, nous expliciterons l’approche
de Feynman et nous l’utiliserons afin d’explorer l’idée selon
laquelle l’Univers lui-même n’a pas une seule et unique
histoire ni même une existence indépendante. Elle peut
sembler radicale même pour nombre de physiciens et, de fait,
elle va, comme beaucoup de notions courantes aujourd’hui en
science, à l’encontre du sens commun. Mais ce sens commun
se fonde sur notre expérience quotidienne et non sur l’image
de l’Univers que révèlent des merveilles technologiques
comme celles qui nous permettent de sonder l’atome ou de
remonter jusqu’à l’Univers primordial.
Jusqu’à l’avènement de la physique moderne, on pensait
généralement que l’observation directe permettait d’accéder à
la connaissance intégrale du monde et que les choses étaient
telles qu’on les voyait, telles que nos sens nous les montraient.
Mais les succès spectaculaires de la physique moderne, fondée
sur des concepts qui, à l’instar de ceux développés par
Feynman, heurtent notre expérience quotidienne, nous ont
montré que tel n’était pas le cas. Notre vision naïve de la
réalité est donc incompatible avec la physique moderne. Pour
dépasser ces paradoxes, nous allons adopter une approche qui
porte le nom de « réalisme modèle-dépendant ». Elle repose
sur l’idée que notre cerveau interprète les signaux reçus par
nos organes sensoriels en formant un modèle du monde qui
nous entoure. Lorsque ce modèle permet d’expliquer les
événements, nous avons alors tendance à lui attribuer, à lui et
aux éléments ou concepts qui le composent, le statut de réalité
ou de vérité absolue. Pourtant, il existe de nombreuses façons

de modéliser une même situation physique, chaque modèle
faisant appel à ses propres éléments ou concepts
fondamentaux. Si deux théories ou modèles physiques
prédisent avec précision les mêmes événements, il est
impossible de déterminer lequel des deux est plus réel que
l’autre ; on est alors libre d’utiliser celui qui convient le mieux.
L’histoire des sciences nous propose une suite de modèles
ou de théories de qualité croissante, depuis Platon jusqu’aux
théories quantiques modernes en passant par la théorie
classique de Newton. Il est donc tout à fait naturel de se
demander si cette série débouchera en fin de compte sur une
théorie ultime de l’Univers qui inclurait toutes les forces et
prédirait toute observation envisageable, ou bien si l’on va
continuer à découvrir sans cesse de meilleures théories, toutes
perfectibles. Bien qu’on ne puisse apporter de réponse
définitive à cette question, on dispose aujourd’hui d’une
prétendante au titre de théorie ultime du Tout, si elle existe,
baptisée « M-théorie ». La M-théorie est le seul modèle à
posséder toutes les propriétés requises pour être une théorie
ultime et c’est sur elle que reposera l’essentiel de notre
réflexion.
La M-théorie n’est pas une théorie au sens courant du
terme. C’est une famille entière de théories différentes
permettant chacune de rendre compte d’observations relevées
dans une gamme de situations physiques particulières, un peu
à la manière d’un atlas. Il est bien connu qu’on ne peut
représenter l’intégralité de la surface terrestre sur une seule
carte. Ainsi, dans la projection classique de Mercator utilisée
pour les cartes du monde, les zones situées très au nord ou
très au sud apparaissent beaucoup plus étendues, sans pour
autant que les pôles y figurent. Pour cartographier fidèlement
la Terre tout entière, il faut tout un ensemble de cartes,
chacune couvrant une région limitée. Dans les zones où ces

cartes se recouvrent, elles décrivent le même paysage. Il en va
de même de la M-théorie. Les différentes théories qui la
composent paraissent toutes très différentes, mais on peut
toutes les considérer comme des aspects de la même théorie
sous-jacente, comme des versions applicables uniquement
dans des conditions restreintes, par exemple lorsque des
quantités telles que l’énergie sont petites. Et dans leurs zones
de recouvrement, comme les cartes de la projection de
Mercator, elles prédisent les mêmes phénomènes. Pourtant,
de même qu’il n’existe aucune carte plane capable de
représenter l’intégralité de la surface terrestre, il n’existe
aucune représentation qui permette de rendre compte des
observations physiques dans toutes les situations.

Il se peut que plusieurs théories qui se recouvrent soient nécessaires à la représentation de l’Univers tout comme il faut plusieurs cartes qui se recouvrent pour représenter la Terre. Nous décrirons également comment la M-théorie peut
apporter des réponses à la question de la Création. Pour elle,
non seulement notre Univers n’est pas unique, mais de
nombreux autres ont été créés à partir du néant, sans que leur
création ne requière l’intervention d’un être surnaturel ou
divin. Ces univers multiples dérivent de façon naturelle des
lois de la physique. Ils représentent une prédiction
scientifique. Chaque univers a de nombreuses histoires
possibles et peut occuper un grand nombre d’états différents
longtemps après sa création, même aujourd’hui. Cependant, la
majorité de ces états ne ressemblent en rien à l’Univers que
nous connaissons et ne peuvent contenir de forme de vie.
Seule une poignée d’entre eux permettraient à des créatures
semblables à nous d’exister. Ainsi, notre simple présence
sélectionne dans tout l’éventail de ces univers seulement ceux
qui sont compatibles avec notre existence. Malgré notre taille
ridicule et notre insignifiance à l’échelle du cosmos, voilà qui
fait de nous en quelque sorte les seigneurs de la création.

Pour accéder à une compréhension en profondeur de
l’Univers, il nous faut non seulement connaître comment les
univers se comportent, mais encore pourquoi.
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?
Pourquoi existons-nous ?
Pourquoi ces lois particulières et pas d’autres ?

C’est là la Question Ultime de la Vie, de l’Univers et de
Tout, à laquelle nous essaierons de répondre dans cet ouvrage.
À l’inverse de la réponse apportée dans le Guide du voyageur
galactique de Douglas Adams, la nôtre ne sera pas simplement : « 42. »

 

 

2
LE RÈGNE DE LA LOI

suite… PDF

Les nanoparticules sont cancérigènes !


http://www.lelibrepenseur.org/2015/03/18/les-nanoparticules-sont-cancerigenes/

On en parle depuis des années et comme toujours ça ne sort que maintenant ! C’est dingue le retard scientifique des médias par rapport au web ! On a au moins 10 ans d’avance sur eux et ceci est très inquiétant. Bref, avant, on passait pour des fous paranos, maintenant c’est à la Une de vos journaux.

Le coup de gueule de José Bové contre les M&M’s et les chewing-gums Hollywood, potentiellement cancérigènes

Nanoparticules-DangerÉcologiste obstiné, José Bové a poussé un nouveau coup de gueule contre la malbouffe au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV ce mardi. L’eurodéputé a particulièrement mis en garde les téléspectateurs contre deux produits américains, les bonbons M&M’s et les chewing-gums Hollywood, qu’il appelle clairement à boycotter. La raison ? Ces friandises contiennent du dioxyde de titane, une molécule qui peut avoir un effet désastreux sur la santé.

Actuellement en promotion de son livre L’alimentation en otage, paru aux éditions Autrement, José Bové poursuit son combat contre les géants de l’agroalimentaire. Sur le plateau de BFMTV, il a encore une fois prôné les bienfaits de l’agriculture biologique sur la santé et sur l’environnement. « Je suis inquiet parce qu’on voit que l’agro-industrie, et l’agro-chimie sont en train de prendre le pouvoir. Les citoyens ne sont informés de rien et se retrouvent menacés, y compris dans leur santé » a-t-il déclaré.

« Boycotter cette merde »

Pour étayer ses propos, José Bové a pris pour exemple deux produits consommés chaque jour par des milliers de Français, les M&M’s et les chewing-gums Hollywood. « Là-dedans, on ne le voit pas marqué, E171, ce sont des nanoparticules, le dioxyde de titane. Pour rendre ça plus grand, plus brillant, l’agro-industrie, Mars, cette entreprise énorme, a rajouté ce produit » explique le député européen. Et d’ajouter : « Les seules études, qui ont été faites par des laboratoires français et suisses, ont montré qu’il y avait des risques de cancer car ces nanoparticules, aujourd’hui, ça a des conséquences graves ». « Vous n’avez pas besoin d’acheter tous ces produits. Boycottez cette merde », a lancé l’ex-syndicaliste agricole pour finir.

LE MYSTÈRE DE MARS


  Hancock Graham

Auteurs : Hancock Graham – Bauval Robert – Grigsby John
Ouvrage : Le mystère de Mars La relation secrète entre la Terre et la planète rouge
Année : 1998

Traduit de l ‘anglais
par Philippe Beaudoin

AVANT-PROPOS
En écrivant ce livre, nous avons souhaité attirer l’attention du
public sur les découvertes réalisées par les scientifiques internationaux
quant aux anomalies de Mars, ainsi que sur la grave question
des cataclysmes planétaires. Sans l’ extraordinaire effort accompli
par ces savants, le présent ouvrage n’aurait jamais pu voir le jour.
Nous nous sommes efforcés de rendre compte de leurs travaux avec
fidélité, si possible en reprenant leurs propos, mais les conclusions
que nous en avons tirées n’engagent que nous. À cet égard, nous
avons en réalité fait office de synthétiseurs. Nous avons mis en relation
des preuves et des données issues de champs de recherche très
différents. À mesure que nous reconstituions ce puzzle, nous avons
découvert ce qu’il représentait et nous en avons dégagé d’inquiétantes
implications sur le passé, mais aussi l’avenir de notre planète.
Nous remercions Chris O’Kane, du Mars Project au RoyaumeUni,
et Simon Cox, qui s’est chargé de multiples recherches documentaires
pour notre compte. Un merci tout particulier à Benny
Peiser, de la Liverpool John Moore’s University, qui a eu la gentillesse
de mettre sa bibliothèque personnelle à notre disposition.

PREMIÈRE PARTIE
LA PLANÈTE ASSASSINÉE

Chapitre 1
UN MONDE PARALLÈLE
Bien que séparées par plusieurs millions de kilomètres de vide,
Mars et la Terre sont unies par un lien mystérieux.
Les deux planètes ont en effet connu de multiples échanges, dont
certains très récents. Depuis le début des années 70, nos vaisseaux
spatiaux ont pu se poser sur la première. Inversement, nous savons
aujourd’hui que des fragments de roches qui en proviennent s’écrasent
périodiquement sur notre globe. En 1997, l’ origine martienne
d’une bonne dizaine de météorites a été établie après étude de leur
composition chimique. Dans le monde entier, les chercheurs sont à
l’affût1 d’autres « SNC »(sigle formé sur « Shergotty », « Nakhla » et
« Chassigny », les noms des trois premiers corps à avoir été identifiés2).
D’après les calculs de Colin Pillinger, du UK Planetary
Sciences Research Institute, « 1 00 tonnes de matières issues de Mars
s’abattent chaque année sur Terre3 ».
En 1984, on a découvert une météorite martienne dans l’ Antarctique.
Baptisée ALH 84001 , elle renferme de minuscules structures
tubulaires (voir i11. 2). En août 1996, les savants de la NASA ont fait
sensation en présentant ces bâtonnets comme d’éventuels « micro-fossiles
d’organismes comparables à des bactéries, qui ont dû vivre
sur Mars il y a plus de 3,6 milliards d’années4 ». Quelques mois plus
tard, en octobre, des scientifiques de la Britain ‘s Open University ont
annoncé qu’un autre objet, appelé EETA 7900 1 , portait également la
signature chimique de la vie. Chose surprenante, il contient des
« organismes qui ont pu exister sur Mars il y a seulement six cent
mille ans5 ».

La semence de la vie
Toujours en 1996, la NASA a procédé au lancement de deux
engins : Mars Pathfinder, une sonde d’atterrissage mobile, et Mars
Surveyor, une sonde orbitale. Les budgets de l ‘Agence prévoient
d’autres missions jusqu’en 2005. Cette année-là, on tentera de
prélever un échantillon de roche ou de sol pour le rapporter sur
Terre6. De leur côté, la Russie et le Japon envoient également des
vaisseaux sur Mars pour y effectuer une série d’expériences scientifiques.
À long terme, on envisage de « terraformer » la planète rouge.
l’Opération consiste à y introduire des gaz à effet de serre et des
bactéries terrestres. Au fil des siècles, le réchauffement induit par
les gaz et les modifications subies par le métabolisme des bactéries
influera sur l ‘atmosphère de Mars, qui pourra alors abriter des
espèces toujours plus complexes, soit importées, soit résultant d’une
évolution locale 7.
I’ Humanité saura-t-elle mener son projet à bien et « implanter » la
vie sur Mars ?
Pour qu’elle y parvienne, il suffit de trouver des fonds. Les techniques
sur lesquelles repose la réussite de l’entreprise sont déjà
disponibles 8. Ironie du sort, c’est la vie sur Terre qui reste une
énigme aux yeux des scientifiques ! Personne ne sait quand, pourquoi
ni comment elle est apparue ici-bas. On a l’impression qu’elle
a surgi du néant dans les tout premiers temps de l ‘histoire de notre
planète. On pense que celle-ci s’est formée il y a quatre milliards et
demi d’années. Cependant, les roches les plus anciennes que nous
connaissions sont plus récentes, puisqu’elles datent d’environ quatre
milliards d’années. En outre, on a découvert des traces de microorganismes
qui remontent à presque 3,9 milliards d’années9.
La métamorphose de la matière inanimée en matière vivante est
un miracle qui ne s’est jamais répété. Les instruments de laboratoire
les plus perfectionnés eux-mêmes ne peuvent le reproduire. Faut-il
donc croire que cette stupéfiante alchimie cosmique s’est produite
par hasard, dans les premières centaines de millions d’années de la
longue existence de la Terre ?

Quelques hypothèses
Au dire de Fred Hoyle, professeur à l ‘université de Cambridge, il
n’en est rien. Pour lui, si la vie est apparue sur Terre peu après la
formation de cette dernière, c’est que de grandes comètes interstellaires
l’ont importée d’au-delà du système solaire. Après être entrés
en collision avec la Terre, certains fragments ont laissé échapper des
spores vivantes qui étaient restées en hibernation dans la glace
cométaire. Ces corps se sont répandus et ont pris racine sur la toute
jeune planète, qui n’a pas tardé à se trouver colonisée par des microorganismes
résistants. Ceux-ci ont lentement évolué, se sont diversifiés
et ont fini par produire l’immense éventail des formes de vie
que nous observons aujourd’hui10.
De nombreux scientifiques défendent une théorie plus radicale,
selon laquelle la Terre aurait été délibérément « terraformée » il y a
3,9 milliards d’années, tout comme nous projetons de le faire sur
Mars. Cette idée présuppose l’existence d’une civilisation avancée,
ou plus probablement d’un grand nombre de civilisations réparties
dans tout l ‘univers.
Mais la plupart des spécialistes n’en appellent ni aux comètes ni
aux extraterrestres. Pour les membres du courant majoritaire, la vie
est apparue sur Terre par accident, sans intervention extérieure. En
fonction de calculs reconnus de tous, qui portent sur la taille et la
composition de l’univers, ils soutiennent qu’il doit exister des
centaines de millions de planètes comparables à la nôtre, disséminées
sur les milliards d’années-lumière de l’espace interstellaire.
Dans leur esprit, il est improbable que la vie n’ait évolué qu’ici-bas,
compte tenu du nombre de planètes aptes à offrir les conditions de
son épanouissement.

Pourquoi pas Mars ?
Dans notre système, c’est Mercure qui est la planète la plus proche
du Soleil. On pense que cet objet minuscule et en constante ébullition
ne peut convenir à aucune forme de vie connue. De même pour
Vénus, située en deuxième position, sur laquelle des nuages empoisonnés
déversent en permanence de l’acide sulfurique concentré. La

Terre occupe le troisième rang. Mars, qui vient en quatrième, est
indubitablement la planète qui ressemble le plus à la nôtre. Elle
penche selon un axe qui forme un angle de 24,935° avec le plan de
son orbite autour du Soleil (l’inclinaison de l’axe terrestre est de
23,5 degrés). Elle effectue une rotation complète autour de cet axe
en vingt-quatre heures, trente-neuf minutes et trente-six secondes (la
rotation terrestre s’accomplit en vingt-trois heures, cinquante-six
minutes et cinq secondes). Comme la Terre, elle est sujette à l’oscillation
axiale que les astronomes appellent «précession». Comme la
Terre, cette sphère imparfaite est légèrement aplatie à hauteur des
pôles et renflée au niveau de l’équateur. Comme la Terre, elle est
marquée par quatre saisons. Comme la Terre, elle présente des
calottes polaires gelées, des montagnes, des déserts, et elle est
balayée par des tempêtes de poussières. Il est attesté qu’en des temps
très anciens cet enfer glacial abritait des océans et des fleuves, et
qu’il jouissait d’un climat et d’une atmosphère identiques aux
nôtres.
Se pourrait-il que l’étincelle qui a animé la Terre n’ait pas laissé
sa marque sur Mars, sa voisine et sa semblable ? En d’autres
termes, que notre planète ait été volontairement « terraformée »,
que des comètes lui aient apporté la semence de la vie, ou que cette
dernière y soit apparue spontanément et par accident, il est raisonnable
d’espérer découvrir les traces d’un processus similaire sur
Mars.
Si de telles traces ne s’offrent pas à nous, alors les probabilités que
nous soyons seuls dans 1 ‘univers augmentent et celles que nous puissions
découvrir la vie ailleurs diminuent considérablement. D’où il
s’ensuivrait que les formes de vie sont apparues sur Terre dans des
conditions si restreintes, si précises, si uniques et en même temps si
aléatoires qu’elles ne sauraient être présentes ailleurs, pas même sur
un monde proche, appartenant à sa famille solaire. Comment
imaginer, dès lors, qu’elles puissent se manifester également dans
des mondes en orbite autour de lointaines étoiles ?
C ‘est pourquoi il convient de considérer la question de la vie sur
Mars comme l ‘un des grands mystères philosophiques de notre
époque. Or, grâce aux rapides avancées que connaît l ‘exploration
de cette planète, ce mystère est vraisemblablement en voie de
résolution.

Des indices de vie
Les données qui nous viennent de Mars se présentent sous quatre
formes : des observations menées depuis la Terre à l’aide de télescopes;
des observations et des clichés réalisés depuis les vaisseaux orbitaux;
des études chimiques et radiologiques effectuées sur des échantillons de
sol martien par les engins d’atterrissage de la NASA (leurs résultats sont
transmis à la Terre pour y être analysés) ; des examens au microscope de
météorites dont l’origine martienne est attestée.
À la fin du XIXe et au début du XXe siècles, les observations au
télescope ont permis de diffuser à grand fracas l’idée d’une éventuelle
vie sur Mars. On a cru que la planète était sillonnée par un
gigantesque réseau de canaux d’irrigation qui acheminaient l’eau
des pôles vers les régions équatoriales. Avancée par Percival Lowell,
l’un des plus grands astronomes des États-Unis, cette conviction,
que nous analyserons plus en détail dans la deuxième partie, a laissé
une trace indélébile dans l’esprit des Nord-Américains. La plupart
des scientifiques l’ont toutefois tournée en ridicule jusqu’à ce que,
dans les années 70, les photographies prises par les sondes orbitales
Mariner-9 et Viking-1 et 2 apportent la preuve irréfutable de l’absence
de canaux sur Mars.
On sait désormais que Lowell, comme d’autres individus
persuadés de voir ces mêmes ouvrages, a été abusé par la mauvaise
qualité des images fournies par le télescope, mais aussi par une illusion
d’optique qui contraint le cerveau à regrouper des éléments
disparates en lignes droites. Même aujourd’hui, le pouvoir de
résolution des télescopes terrestres est trop faible pour nous
permettre de résoudre le mystère de la vie sur Mars. Nos déductions
reposent donc sur les trois autres sortes de données disponibles : les
météorites martiennes, les observations pratiquées par les modules
d’atterrissage et celles que nous transmettent les engins orbitaux.
Nous avons affirmé que deux des météorites semblaient contenir
des traces de micro-organismes primitifs. Précisons maintenant que
bon nombre de savants sont en désaccord avec cette interprétation.
On sait moins que plusieurs expériences conduites en 1976 par les
modules d’atterrissage Viking permettent également de pencher en
faveur de la vie sur Mars. À l’époque, les porte-parole de la NASA
ont laissé entendre que la planète était stérile car on n’avait isolé

aucune molécule organique à la surface des deux sites visités.
Curieusement, les échantillons ont néanmoins révélé que des
processus métaboliques comme la photosynthèse ou la chimiosynthèse,
normalement associés à la vie, y étaient possibles 11. Les expériences
appelées «échanges de gaz» ont également donné des résultats
positifs, et les échantillons de sol soumis à un apport de
substances nutritives organiques ont libéré des quantités non négligeables
d’oxygène12. Un autre résultat positif, obtenu lors d’une
expérience d’ «échappement labellisé», ne se retrouvait pas dans un
échantillon de contrôle soumis à de hautes températures. C’était là
un phénomène normal, pour autant que la première réaction ait été
provoquée par un agent biologique13.
Restent les observations réalisées par les vaisseaux orbitaux. Sur
les clichés transmis par Mariner-9 et Viking-1, il se trouve qu’on
distingue des objets étrangement familiers, en lesquels certains
scientifiques ont vu non seulement des signes de vie, mais aussi les
preuves qu’une vie intelligente a dû exister sur Mars …

Les pyramides d’Elysium

suite…

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