Un méchant mot de De Gaulle sur les Arabes


LLP

Chroniques-Dortiguier


S‘il est un personnage peu connu des anciens comme des nouveaux Français, c’est bien De Gaulle. Une brève lecture du livre de feu Peyrefitte, C’était De Gaulle, montre que nous avons en tête un personnage plus rêvé que véritablement examiné ! L’illustre philosophe Kant relevait aussi que le tempérament français se plaisait aux anecdotes historiques, sauf que celles-ci n’étaient le plus souvent  point exactes et en effet pareil roman national peut enfiévrer l’équipe contemporaine d’un Zemmour, mais ne saurait attirer les faveurs de la Muse de l’Histoire.
Notre cher Rachid Benaissa nous  fait observer la dureté des propos du Chef de l’État et fondateur de la Ve  République envers les Arabes, ce qui ne tranche point avec les personnages du théâtre républicain qu’il serait fastidieux de nommer. Le dernier en place, dont Jacques Attali avertissait qu’il ne finira pas son mandat,  trouve illégitime le gouvernement syrien et se donne le droit de diagnostiquer et pronostiquer l’état de santé de la Syrie, mais Mitterrand ministre de l’intérieur, l’autre socialiste Lacoste gouverneur général de l’Algérie et leurs émules s’imaginèrent aussi par des cris de coqs influer sur la course du soleil syrien et autre, ou régir mieux que les Turcs n’eussent pu le faire, la terre d’Abd El Kader !
Au troisième tome de son livre, feu Peyrefitte relève le mépris de De Gaulle (« faux fasciste et faux démocrate » disait de lui l’extraordinaire orateur Léon Degrelle), pour les États maghrébins : « Par le fait, nous les aidons à s’entre-tuer. Pourtant, il faut faire comme si nous étions neutres ! » Ces révélations, ainsi commente avec bonheur  notre ami et – faut-il le préciser – bon germaniste algérien, qui travailla à l’UNESCO, « viennent, en fait, donner foi aux discours qui ont toujours pointé la responsabilité de la  France dans les tentatives de destruction du projet d’unité maghrébine initié dès la conférence de Tanger du 27 avril 1958 entre les principaux partis nationalistes des trois pays du Maghreb et l’alimentation des foyers de tension dans la région.»
Il n’y a donc aucune illusion à se faire sur le rôle de l’actuel ou prochain système politique français. Et se réclamer du gaullisme relèvera toujours d’un effet de manche rhétorique, car nos énarques ou élites – pour reprendre une expression de Platon – « découpent l’ombre » et ne sont pas même éblouis s’ils tentent de sortir de la Caverne dans laquelle ne s’agite que le reflet de poupées sur les murs, mouvement fallacieux que l’on prend sottement pour un miracle.
« Ce sont des histoires d’Arabes ! » a-t-il lâché de prime abord. D’un ton cynique, poursuit notre talentueux ministre de l’Éducation, il faut qu’ils se chamaillent, les Égyptiens avec les Syriens, les Syriens avec les Kurdes etc. Il y a bien deux mille ans que c’est comme ça. Quand nous étions là en force, nous avons pu imposer le silence, puis il se sont tournés contre nous. »
Belle philosophie de l’Histoire ! Un esprit superficiel, avec quelque chose d’invertébré qui échouera sur la rive du siècle, cependant qu’une Aphrodite divine ne sortira jamais des eaux. Les regards l’offenseraient.
En ce corps qui n’a plus presque rien de vivant,
Et qui n’est presque plus qu’un squelette mouvant.
 
On l’a écrit, au 17e siècle, de Molière et ce pourrait être du pays dans une Europe sans tête.

Pierre Dortiguier

Qu’est-ce qu’être français ?


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Ce fut l’objet de disputes, et l’on eut, comme il faut le savoir, une proposition de loi, au début  de la Révolution Française, pour changer ce nom qui sentait l’aristocratie germanique, en celui de Gaule. Ce dernier terme était d’usage latin (Gallia), et l’on peut en effet, dans toute l’Europe, et, outre, en Orient, la Galilée (cf. la  qualité de Galiléen attribuée au Christ et à l’apôtre Pierre), le retrouver, comme il est advenu à l’auteur de ces lignes, en pays kurde iranien, tout comme sont familiers en ce dernier les noms de Kerman, à savoir Germain, telle la ville kurde de Kermanshah portant le nom de « roi du Kerman » ou autres lieux homonymes ! La couleur blonde naturelle des femmes y est, du reste, fort notable. L’on peut parler des Gaules, jusqu’à la Galicie hispanique ou autrichienne, du Portugal au pays de Galles ou chez les Wallons, Germains de langue française, comme l’a si bien dit un intrépide homme d’esprit !
Celui de Français ou de Franks serait, tout comme le premier, asiatique et dans sa polémique avec le dit Père de Tournemine, Jésuite breton académicien professeur de Voltaire à Louis-Le-Grand, l’illustrissime savant saxon Leibniz, dans une dissertation sur l’origine des Français, fait remonter pareille souche venue d’Asie à une population aux bords de la Mer Baltique et dans l’actuel Golfe de Finlande qui aurait suivi la voie côtière du plat pays, glacière et ainsi franchi quelque rivière des Lys, au nord des Gaules, comme il fut noté, pour donner son nom, si l’on lit bien les cartes du temps de François premier, à une mince région entourant Paris.

Le livre illustrant l’éclat des Franks est, pour les doctes, le monument littéraire en huit livres du moine picard des dits XI-XIIe siècles, Guibert de Nogent (dont on ne sait rien hormis son autobiographie, qui pourrait être un faux pieux) historien de la première croisade intitulé : « Les actions de Dieu par les Francs », Gesta Dei per Francos ! Et chacun, pour rédiger un catéchisme national, de définir la France, en effet,  par une sorte d’élection divine. Cette idée est toujours courante, sauf que le chœur se renforce : à côté des vieux-croyants de moins en moins  audibles se font entendre les chœurs de cette république avec laquelle est officiellement, non sans quelque touche de ridicule, confondu le pays de France.

Chacun, Zemmour en premier, cite la jeune Pucelle dont la vie est une légende d’État, et qui symbolise avec la France, en serait l’incarnation : il n’appartient pas de toucher à ce mythe qui, pour le positiviste Auguste Comte, devait remplacer celui de Napoléon. Rappelons que le fameux « frère » Léon Gambetta, dont on cite le cri de guerre repris d’un sectaire plus obscur : « le cléricalisme voilà l’ennemi » s’empressa ailleurs de donner cette directive : « ne touchez pas à Jeanne d’Arc ! », celle que Shakespeare estimait, dans la première partie de son drame Henri Six, Acte V, une fausse bergère, « mais issue de la lignée des rois » !

« À se demander si le mot de France ne se confondrait pas avec l’utopie envahissante d’une secte voulant s’affranchir de la nature pour dicter ses lois au monde. »


But issu’d  from the progeny of kings (vers 38)
C’est dans cette optique cosmopolite républicaine et impériale, dont la francophonie est l’ombre, que la dispute célèbre se tint après cette guerre de 1870, que l’Empire Français désirait, entre Ernest Renan et son collègue allemand historien Leopold von Ranke, si j’ai bonne mémoire, sur la réalité nationale. Il en résulta une dissertation publiée en 1882, au jargon tout maçonnique intitulée : « Qu’est-ce qu’une nation ? », dont la réponse tenait en la formule creuse, du type de ce que sera  l’Algérie Française ou volonté de « vivre ensemble » ! Pour le bon sens, au contraire, du même type que celui que Voltaire attribue au Westphalien Candide, nation et nature ont la même racine, celle d’une naissance ou d’une large famille, qui implique une diversité de ressemblances, le même et l’autre liés et jamais opposés, une unité dont la personne du chef est l’incarnation ! Cela vaut pour toutes les espèces humaines, mais l’exception française veut qu’il y ait une élection particulière, une capacité de former, selon le mot connu de Spinoza décriant les passions excessives et aveugles mues par l’imagination et non réglées par la raison, « un empire dans un empire » (imperium in imperio) (Préface au livre troisième de son Éthique). Les tribuns républicains et leurs tuteurs monarchistes dans la suite maçonnique de la lignée des Orléans, cultivant le souvenir de Philippe-Égalité, appellent cela une exception française ! À se demander si le mot de France ne se confondrait pas avec l’utopie envahissante d’une secte voulant s’affranchir de la nature pour dicter ses lois au monde.
Les guerres intestines, conséquence d’un rêve français

Nos poètes de cour, que l’ont pourrait dire officiels, ont célébré ce nom de France en le rattachant à une capacité de vaincre ou du moins d’apaiser des factions toujours renaissantes. L’imagination qui en contait l’origine pouvait être outrée, comme dans la Françiade de Ronsard publiée en 1573 :


Muse qui tiens les sommets du Parnasse
Guide ma langue et me chante la race 
Des rois François issus de Francion

Enfant d’Hector, Troyen de nation.


Cependant, le meilleur poème politique et national demeure, pour sa clarté et les leçons qu’on en peut tirer en ce temps d’assombrissement laissant présager des troubles, voire, selon le mot de l’ex-Président Hollande, une partition territoriale, quelque instabilité durable entraînant des interventions étrangères,  telle que celle des Nations Unies, la Henriade de Voltaire : chaque faction prend les armes, protestants, catholiques ou ligueurs, comme on les appelait. Tout leur sert de lieu d’affrontement, églises, temples et une synagogue même permettant à Voltaire de se montrer toujours aussi incisif et mordant, mais juste. Ce mouvement ramène à la question des destinées de la France. De Gaulle la voyait, en nordiste qu’il était, incliné à la rêverie, et au symbolisme poétique, venir l’écrivait-il, « du fond des âges », comme dans une Légende où les héros meurent souvent sur scène, selon le mot profond de Wagner rappelé par un ami corse, car, précisait le plus noble des musiciens-poètes  d’Allemagne – le plus grand homme après le Christ disait-il de lui, avec la disposition de se connaître soi-même, l’humanité ne les mérite pas. Chacun connaissait, avant que le Q.I. des maîtres polissons ne baisse, les pages inspirées par l’esprit plus imaginatif que réaliste de de Gaulle, monarchiste-républicain, comme l’a montré sa fin malheureuse, pour ne pas dire plus, ayant cédé devant une troupe de jeunes crétins avantageux aujourd’hui confesseurs des maîtres au pouvoir.  Est-ce à dire que la France est une construction plus nominale que réelle ?

Il peut, expliquait le journaliste Emile Girardin, coexister plusieurs France : une France allemande, italienne, etc. et il en vantait le paradoxe inconnu aux autres puissances. Mais cela implique une relative stabilité ou prospérité, laquelle, une fois disparue, pour user du langage des philosophes, retourne à l’état de nature. Un État fort est à cet égard nécessaire pour tenir cet agrégat, de même qu’une lourde fiscalité qui fut le trait français le mieux observé en Europe, notamment par l’école des juristes de Bologne au début des Temps Modernes. Il est à redouter, à cet égard, que la vie française, outrant des principes républicains, n’établisse l’égalité des conditions sur un paupérisme encadré. Nous voilà revenu au temps de la Terreur, dans les plis du drapeau tricolore dont un frère Ragon, dans son Catéchisme maçonnique, paru  au temps de la Restauration, sous les frères du roi-martyr, eux mêmes ayant prêté serment à la secte omnipotente, expliquait les couleurs respectives par les usages de cette Société identifiée avec la République. La France serait-elle l’échafaudage abandonné de cette maison de la culture du « être-ensemble », comme un être qui ne respirerait jamais naturellement, mais artificiellement ?
Pourquoi s’étonner alors des soubresauts périodiques de notre France, légende enterrée auprès de laquelle jouent les petits et grands enfants de la République !

Pierre Dortiguier

Anatole Prévost-Paradol inspirateur du publiciste Éric Zemmour


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Anatole Prévost-Paradol (1829-1870) inspirateur du publiciste Éric Zemmour

Il fut un temps où les libraires  formaient leurs clients, n’étaient pas seulement des vendeurs, mais des éclaireurs de la culture et faisaient se rencontrer les bons esprits et les gens passionnés. L’un d’eux, Breton de nation, qui exerçait cette utile profession boulevard de Magenta, relevait dans sa correspondance, que l’illustre polémiste Zemmour avait cité l’oublié élève de l’École Normale Supérieure, écrivain talentueux, presque un second comte de Rivarol (1751-1801), auteur du discours sur l’excellence de la langue française couronné par un prix à Berlin, mais libéral et colonisateur, dont le nom fut attribué à une commune algérienne Prévost-Paradol. Il fut rebelle au conservatisme, voulut prolonger l’agitation révolutionnaire libérale de 1848, en devenant la tête pensante de la dynastie crypto-républicaine des Orléans, à savoir de la branche ultra-maçonnique qui mit le feu aux poudres en 1789 (car l’action révolutionnaire débuta par une opposition aristocratique et cléricale même, du Haut-Clergé), et refusa donc de soutenir le De Gaulle d’alors, Napoléon III.

Il y eut   une culture  méconnue de ceux qui forment maintenant la « République », machine à fabriquer des citoyens selon un propos qui n’a rien d’excessif de Mélenchon, et qui voulait imiter une période dont l’ancien évêque Talleyrand et prince d’Empire disait d’elle que ceux qui n’ont pas connu la société  d’avant 1789, de l’Ancien Régime,  ignorent ce que c’est que la société. Le Second Empire se voulut un écho du Siècle des Lumières que l’on affecte de confondre, dans une génération semi-savante et mal instruite, bourrée de slogans, avec la secte maçonnique, en oubliant que l’expression latine de lumen naturale, lumière naturelle de l’esprit est un concept théologique que cultivaient  un napolitain comme  saint Thomas et le breton Des Cartes (comme le nom s’écrivait)  qui, sur ce point, est de la même étoffe.

Un autre auteur de ce temps oublié de la  seconde moitié du  XIXe siècle, par exemple,  est le poitevin parisien Elme-Marie Caro (1826-1887) de l’Académie Française  dont  deux ouvrages, l’un sur La philosophie de Goethe, philosophie naturelle  de moins en moins connue en France en exceptant les milieux anthroposophiques ayant, à la honte de nos éditions universitaires,  seuls traduit la théorie des couleurs du maître allemand,  et l’autre sur  l’idée de Dieu et ses nouveaux critiques (réédité en 2007) sont mieux écrits et  plus lisibles que les papiers imprimés par les contemporains dont la gloire ne peut s’élever qu’en les épuisant.


Il eut voulu que la colonisation française devînt un accroissement de la population, pour la favoriser et maintenir sa puissance.


Anatole Prévost-Paradol imitait de bons modèles. Son premier point d’affinité avec Zemmour est ce qu’on appelait plus exactement qu’une race (ce que refusent, du reste, les lois de Nuremberg employant l’expression de « mélange racial » (Rassenmischung), tout comme pour les dits Bohémiens ou Tziganes que célèbre la musique de Franz Liszt ) ou  nation, terme traditionnel mais vague, la condition juive, puisqu’il se trouvait être le fils naturel de Léon Halévy (1802-1883) secrétaire de Saint-Simon et auteur de comédies. Sa mère, mademoiselle Lucinde Paradol, était de la Comédie Française.

Ce fait n’est point anecdotique puisque cette condition de semi-judaïsme lui fut reprochée, ou du moins la lui fit-on sentir, lorsqu’il se présenta à l’Académie Française. Cela rappelle un épisode de la vie de notre professeur de philosophie de Louis Le Grand et d’Henri IV et plus tard, à un âge avancé, sexagénaire,  médecin oto-rhino (avec l’engagement de ne pas exercer !) ,  et ennemi irréductible de la psychanalyse, Henri Dreyfus Le Foyer(1897-1969), qui était aussi poète hugolien talentueux, issu du judaïsme alsacien sur lequel Napoléon III, par ailleurs excellent germanophone,  prit appui, nous confiait-il : l’illustre latiniste  Chevalier, auteur d’un excellent livre sur la cité romaine, ministre du nouveau gouvernement élu par la Chambre  du Front Populaire, après la défaite consécutive à une guerre généralement peu voulue, impopulaire même,  mais néanmoins déclarée après plusieurs heures de tergiversations, de lui dire à peu près ceci : « Avec le nom que vous portez, vous comprendrez que je ne puis vous  consacrer plus d’une minute ni vous offrir de quoi vous asseoir ».

Il y avait  dans Anatole Prévost-Paradol une vue peut-être bornée de la politique, comme il arrive aux hommes de parti, mais ce qui est notable dans la condition juive, à parler objectivement, un attachement ferme à des points de réalité, un talent analytique, même si la synthèse se révèle être inatteignable ! La démographie, en effet, inquiétait Anatole-Paradol, et en premier la dénatalité française. Il eut voulu que la colonisation française devînt un accroissement de la population, pour la favoriser et maintenir sa puissance. Ce qui marqua une grande différence avec l’Angleterre, car il n’y eut pas, en effet, une Australie française ni même, contrairement à ce que l’on affecte de croire, un Canada français, rien que le Québec francophone sous la couronne britannique et dévoué aux intérêts de l’impérialisme comme les deux guerres mondiales et la politique canadienne contemporaine le démontrent assez. Rien d’Irlandais, aucun goût pour l’indépendance ! Ce qui est autre chose, alors qu’il y a des minorités allemandes en Russie, en Amérique latine, aux USA qui conservent leur lien avec la mère patrie, par la culture et leur goût de la technique et forment une puissance en devenir.

Éric  Zemmour a-t-il cette crainte de démographe, tout comme l’illustre normalien et académicien, porte parole du parti royaliste orléaniste –de l’orléanisme? La guerre de 1870 voulue par non seulement le pouvoir en place autoritaire et accepté par crainte de l’anarchie, mais aussi par l’extrême-gauche ou le libéralisme extrême d’un Émile Olivier et surtout l’Impératrice sensible à l’agitation politique, poussa, dit-on, Anatole Prévost-Paradol au suicide, à l’été 1870, alors qu’il venait de prendre  son poste de diplomate à Washington, dans ces États-Unis qu’il admirait.

Chacun a son opinion sur le polémiste Éric Zemmour, et la récente guerre des prénoms est un épisode du goût de la société française de choisir un terrain de jeu, mais il faudrait aussi regarder par-dessus son épaule et y voir un aspect particulier, constant de  la vie politique d’un  « Peuple toujours léger, quelquefois cruel », selon Voltaire. Wait and see !

Pierre Dortiguier

L’affaire Dreyfus en costume persan !


lelibrepenseur.org

par Pierre Dortiguier

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Chacun connaît ou croit connaître cette Affaire de faux espionnage de la fin du XIXe siècle et, interrogé plus amplement, tirera de sa mémoire le fameux article dans l’Aurore, d’Émile Zola, l’illustre romancier d’origine italo-croate, intitulé : « J’accuse », sans toujours savoir que le véritable auteur ne fut pas, ainsi que nous le confiait un ancien camarade de l’École des Chartes et longtemps directeur de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, à l’hôtel parisien Lamoignon, rue Pavée, feu l’illustre érudit Jean Dérens, que le rédacteur en était Salomon Reinach (1858-1932), et qu’Émile Zola ne portait que le chapeau.
Le gouvernement  allemand avant et après la guerre niera que le capitaine Dreyfus ait été à son service ; mais cette furie d’accusation d’espionnage accompagnée d’épisodes rocambolesque et d’un suicide même créera les conditions psychologiques d’un vaste et long conflit couvé par les mêmes « sociétés de pensée » que celles qui énervent maintenant  les mentalités en vue de les jeter dans la fournaise d’une grande guerre !
Avec du rien l’on crée de la terreur, et ce même épisode de l’Affaire Dreyfus se renouvelle dans un décor exotique, celui de l’ancienne Perse devenue l’Iran pour honorer et reproduire le modèle d’un passé civilisateur : les empires britanniques et russes, tsaristes ou communistes s’unirent à chaque guerre pour piétiner la neutralité déclarée en droit international du Royaume de Perse en 1914 et de l’Empire d’Iran le 25 août 1941, lorsque Churchill et Staline, la City de Londres et le Kremlin internationaliste se coalisèrent, à grand renfort de troupes auxiliaires indiennes et birmanes pour occuper et asservir l’Iran. Rappelons la famine organisée par les troupe d’occupation britanniques en 1917 pour punir le royaume de Perse de s’être montré ainsi indépendant et germanophile, il faut l’avouer !
C’est dans cette première guerre mondiale que furent déposés  les ferments des troubles contemporains ! La seconde accéléra le processus : dans les bagages de l’Armée Rouge envahissant l’Iran figuraient les milliers de combattant dont Begin, qui iraient grossir la masse des immigrants de Palestine, et les Britanniques leur indiquaient la voie.

Le Shah d’Iran Reza eut le temps, en septembre 1941, juste avant l’entrée à Téhéran des armées soviétiques venues du Caucase et des rives de la Caspienne, de faire reconnaître la légitimité de son fils par le Parlement et, sur le chemin de l’exil en Argentine, fut déporté par les Britanniques à Johannesburg où il mourut non sans avoir mis en garde son successeur contre l’impérialisme de Londres, ennemi traditionnel de sa patrie et dépeceur de l’Orient ! On connaît la suite : le premier ministre et franc-maçon, le docteur en droit  Mossadegh, traité, après guerre, en plein Parlement,  par Churchill redevenu Premier Ministre et lui-même membre de la secte, de mussy duck (canard fou), jouera naïvement  la carte américaine d’Eisenhower (soutien par ailleurs des maçonniques « Frères Musulmans » qu’il invita à son bureau ovale de la Maison Blanche, dont le parent de Tariq Ramadan) contre les Britanniques, et son échec liera les mains de l’Iran. L’initiative du nouveau Shah de conclure un accord avec le Japon en échangeant pétrole et gaz iranien contre la  technologie japonaise dont on connaît l’excellence, lui sera fatale ! Cette confidence nous a été faite par une illustre bibliothécaire téhéranaise de notre génération, que nous remercions.


Nouvelle ou perpétuelle affaire Dreyfus qui crie au loup pour ne pas que les moutons s’aperçoivent qu’on les dévore !


En somme, l’Iran cherche l’indépendance et trébuche puis se relève comme un enfant qui veut grandir ! Aussi convient-il de le diaboliser, laïque ou clérical, empire, monarchie ou république ! Et l’on monte cabales après cabales : ce qu’il y a de particulier est que partisans de la république islamique, chiites ou sunnites (ces derniers sont 20% de la population) et dans l’opposition politique monarchistes anciens et libéraux sont tous si opposés sur ce point à l’influence anglaise, qu’ils s’accusent mutuellement de faire le jeu de Londres ! Mais nos dits Occidentaux, mieux dits mondialistes, n’ont cure de la nature du gouvernement ou de l’opposition traditionnelle, car ils privilégient une secte composée de marxistes déchaînés et de sectaires qui ne sont que des robots, les dits « Monafeqhins » ou hypocrites s’intitulant, en vrais trotskistes peints aux couleurs religieuses Moujahidines du peuples, bien reçus sous les lambris du Palais du Luxembourg, en fait des jacobins persans, des gens dignes en effet de nos Grands Ancêtres : ce sont leurs excès planifiés de l’extérieur  qui ont rallié les patriotes récalcitrants à l’Imam Khomeiny ! Ils institueraient, s’ils le pouvaient, une Terreur Rouge !
C’est pour venir à leur secours qu’une nouvelles Affaire Dreyfus est montée, une fausse accusation qui fait de simples associations de soutien à la République iranienne des terroristes, alors que c’est l’Iran qui en a été victime périodiquement, en comptant non pas seulement les morts du défile militaire récent, mais aussi l’assassinat deux fois répétés dans des conditions matérielles identiques, avec les mêmes procédés de mines magnétiques plaquées sur leur voiture, de savants atomistes iraniens. Jamais les auteurs n’ont été retrouvés !
Le pays est étouffé ; l’auteur de ces lignes a entendu l’orateur sacré aux cheveux blancs de la prière du Vendredi à Téhéran, sur une chaîne télévisée nationale, s’étonner qu’un banquier escroc réfugié au Canada  ait pu faire sortir du pays d’Iran trois milliards cinq cent millions de dollars ! Les prix montent, les spéculateurs se réjouissent, raréfient les marchandises de première nécessité pour accélérer la hausse et tirer bénéfice de la misère ! Dans ces cas là un homme énergique, comme il s’en produit dans l’Histoire, voulu par la Providence et guidé par elle, est nécessaire ! « Au début était l’action » écrit Goethe qui aima tant l’Iran, dans son Faust, tragédie que cita De Gaulle excellent germanophone et, à certains égards, assez germanophile, comme tous ceux qui ont la tête philosophique, et lui-même nous fit, en effet, savoir, au temps de notre jeunesse, au début de 1970 année de sa mort,  que son père était professeur de philosophie ! Aujourd’hui, nous sommes passés du règne des géants à celui des lilliputiens. La roue tourne !
Nouvelle ou perpétuelle affaire Dreyfus qui crie au loup pour ne pas que les moutons s’aperçoivent qu’on les dévore ! Et dans la foulée le Hezbollah est pris à partie, le Hamas dont on veut ignorer qu’il fut une carte jouée par l’État d’Israël, dans son occupation de la bande de Gaza, contre l’autorité palestinienne et se plait dans les draps de l’Arabie saoudite, confondu avec le Hezbollah et le peuple arabe dans sa totalité de plus en plus montré du doigt comme un terroriste potentiel et même réel !
La France se mobilise, la France républicaine, mais prise dans son essence vraiment première, hyper-droit-de-l’hommiste, fière de décapiter ses dizaines de Carmélites voilées, comme à Compiègne et à Arras sous cette farce sanglante que fut la Révolution dont étaient victimes les simples gens, les paysans surtout ! C’est ce néo jacobinisme qui le Lundi traite la colonisation ancienne de crime et le Mercredi couperait la tête de tous ceux qui soutiennent les spoliés et les miséreux des camps de Palestine et de la Syrie martyre ! Il faut dire avec les Anciens que ce Lundi est, à parler latin, le jour de la lune, source d’illusions nocturnes et le mercredi celui du dieu des voleurs et des discoureurs, l’agile Mercure ! Les anciens iraniens aimaient à opposer, comme on sait, les ténèbres à la lumière, et le propre des fils de Satan est de se revêtir d’un manteau de lumière pour entraîner le monde à l’abîme. La frénésie contre l’Iran est une de ces descentes aux Enfers !

Pierre Dortiguier

Pour la Naissance du Prophète


Par Pierre Dortiguier  (poésie)

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Chacun se croit une âme à destinée unique,

Qui court jusqu’à sa mort dans un souffle haletant,

Voyant en Dieu l’ombre à ce soleil mystique

Invisible à des yeux, sauf au cœur palpitant

 

D’angoisse et de désir d’une vie idyllique ;

Un homme à quarante ans, n’est point de ce métal

D’or jupitérien qui vous rend despotique

Et vit dans le combat incertain, mais vital

 

De ne réaliser que ce qu’il peut détruire,

Car il éprouve tout et écoute la nuit

Le murmure des vagues aux portes de la terre.

Il renaissait alors comme un cristal qui luit.

 

Tel était le temps mûr où l’Ange Gabriel

Ouvrit cette poitrine, et en pressa la forme,

Pour en faire sortir l’inépuisable fiel

Qui alourdit le sang hérité de la femme ;

 

Il redonna l’esprit que l’enfant apportait

Au clan enraciné dans un passé glorieux,

Mais Mohammed comprit qu’Allah pour lors plantait

Au sol un beau buisson aux fruits bientôt radieux

Que son cousin Ali et ses propres épouses

Ne laisseraient cueillir par tant de mains honteuses

« Ils aiment l’Islam » p.73, p.74 Salim Laïbi (2018)

 

Persécution de la conscience morale


par Pierre Dortiguier

Chroniques-Dortiguier

Persécution de la  conscience morale

Prenons cette somme d’invectives que la tribune du Point lance contre Monsieur Salim Laïbi ; elle est constituée d’une suite non d’idées vraies ou fausses, de faits réels ou supposés, mais de signaux pour demander à la machine humaine de s’arrêter, comme à un allumage de feux rouges, sous peine de risquer ce déraillement que l’on entend par dérapage ! Nous ne les reprendrons point séparément, car il appartient à notre ami de les réfuter, et les lecteurs de son site l’auront accompagné dans cette tâche nécessaire.

Qu’il y ait, comme à la base de tout ce qui forme l’esprit républicain ou pagaille démocratique ou corruption générale nourrie par le règne des riches ou ploutocratie et autres friponneries, ce sentiment de jalousie que le grand Goethe disait être la vérité du principe d’égalité, de ce qui met sur le même plan bien et mal, vrai et faux, innocence et impureté, religion et incrédulité, colonisation et émancipation des peuples, il suffit d’en lire la première ligne : avoir un million de vues, pour cet article parisien, est très suspect en effet, quand on n’est pas promu par les médias officiels, car l’on peut instruire, là où maintenant l’on tient le public dans l’ignorance ou laisse mariner leur capacité de jugement dans une bouillie de semi-vérités, soit d’écorce vraisemblable avec un fruit intérieur empoisonné !

Les termes de complotisme, de révisionnisme, bref tous les poncifs s’y trouvent, et qui justifient la seule loi fondamentale du système révolutionnaire maçonnique mis en place ou formalisé depuis l’époque de Philippe-Égalité, du Duc d’Orléans, dont un chartiste apprécié, feu mon ami d’études Jean Dérens me confiait qu’il stipendiait le hideux Marat ; ce que seules les archives n’ont révélé qu’au XXe siècle. Et cette loi fondamentale est celle des Suspects qui suffit à vous décapiter physiquement ou moralement. C’est cette Terreur qui est périodiquement remise à l’ordre du jour. Elle a des imitateurs à l’étranger, mais sa marque de fabrique, sa touche d’origine est parisienne, et à cet égard les dénonciateurs Marseillais voulant clouer Salim Laïbi au pilori ; sont dignes de leurs éducateurs !


Ce type de procès court à travers les âges. 


Vraiment ridicule est l’accusation de favoriser le terrorisme qui lui est faite, mais, au fait, quel éducateur a mieux expliqué patiemment et avec retenue que celui qui est maintenant accusé et sur son site du LLP démonte, comme dans la vidéo sur le massacre de Nice, les rouages de la subversion moderne ayant d’abord en 1992 frappé son pays natal, et je puis préciser, sa famille ?

Que des gens aient des opinions, ou sans atteindre jusque là, des réflexes différents, surtout au sein d’une communauté religieuse, cela se voit ailleurs, chez les Chrétiens anciens et nouveaux, charnels ou utopistes etc., partout où l’homme se frotte à ses semblables, avec la même capacité à piquer que le hérisson dont parle avec esprit Schopenhauer. Mais qu’on agite un drapeau religieux, pour clouer un homme au poteau, et lui faire subir le spectacle de la danse du scalp, démontrerait, s’il en était encore besoin, un type d’opération d’envergure, sous faux drapeau, en l’occurrence musulman, sorte de perpétuelle machination Gladio dont le terme final est une mise à mort médiatique !

Je n’accuse personne, avec des effets de manches, en avocat bavard comme sont les sophistes gardiens des démocraties mues aisément en tyrannies (comme nous l’ont fait savoir les Conventions révolutionnaires et leur succession soviétique) mais constate en amateur de l’art rhétorique et de  logique, qu’il eût été facile de répondre à tout ce qui semble insupportable aux rédacteurs de cette accusation publique, par justement des réfutations argumentées sur chacun des points soulevés. M. Salim Laïbi est sensé ; il n’est pas homme, à cet égard, à se réjouir de la mort d’un être cher, comme  cela  a été fait contre lui par un semi-habile dans un moment d’égarement ou d’absence de maîtrise de soi, porte ouverte aux démons. Ses livres et vidéos sont construits, et témoignent d’une attention continue, d’un goût de la précision, du genre de celle que je voulais qu’eussent mes élèves. Au lieu de mesurer la solidité de ses arguments on lui adresse un panier d’insultes et d’affirmations péremptoires, exactement comme ce panier de figues mêlées dans lequel Cléopâtre, pour se suicider, aurait demandé qu’on plaçât un serpent.

Il y a dans tout procès, particulièrement sur fond religieux ou communautaire, à considérer l’importance première, oui, la primauté de la conscience morale sur la profession de foi, d’être en bref scrupuleux : on peut, sinon, réunir une foule et lui faire crier des slogans, des mots qui frappent (slogan est le mot écossais formé sur l’allemand schlagen, frapper), même et surtout si elle n’a compris que superficiellement les choses, comme les Évangiles s’accordent à faire crier à mort envers Issa (béni soit-il) devant un haut fonctionnaire romain convaincu de l’innocence de l’accusé. Ce type de procès court à travers les âges. Mais bâtir une idée politique ou religieuse, ou tenir une opinion contre quiconque, sans un solide socle moral préalable, tout comme écrire une histoire sans examen des sources, est malhonnête. Salim s’est toujours astreint à cette règle d’examen, et cela contrarie les passions qui ne s’enflent que d’envie et éclatent un jour en brisant l’âme qui les a enfantées.

Pierre Dortiguier

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Les livres saints réécrits ?


via lelibrepenseur.org

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Le noble Koran n’est point le premier à devoir passer, si l’on en croit quelques voix médiatiques néo-marxistes, au crible de la censure : l’Évangile l’a été et nous ne doutons pas que d’autres ouvrages classiques, au sens premier de ce mot latin, de fortifier la pensée et de l’armer, ne suivent le même chemin.

Une épuration de nombreux auteurs est poursuivie, ainsi que les victimes de Staline étaient effacées du dictionnaire, comme si elles n’avaient jamais existé. Qui oserait commenter le plaidoyer de Cicéron en faveur de son client Flaccus gouverneur romain de Syrie poursuivi en justice par la communauté influente à Rome, « dans les assemblées », précise l’avocat, pour avoir interdit, conformément aux dispositions sénatoriales, l’exportation des capitaux vers Jérusalem qui était une ville politiquement syrienne, capitaux ensuite répartis dans le monde ? L’inculture présente est le plus précieux rempart contre pareille audace.

Les écoles chrétiennes jusqu’au milieu des années 50 – ce qu’on qualifiait d’enseignement libre – faisaient apprendre par cœur des morceaux des Évangiles, surtout le procès du Christ : chaque élève, comme c’était le cas, par exemple, dans ma ville natale, de l’Institut des Dames de Saint Maur où ma défunte sœur née en 1930 fit ses études secondaires, restituait la scène du procès fait à Issa (béni soit-il) par Caïphe, le Grand-Prêtre, ou le drame de la Passion, à savoir la marche vers le sacrifice suprême. Scène qui inspira tant d’artistes et de musiciens, et de solides réflexions de Richard Wagner dans son article « Héroïsme et Christianisme ». À cet égard, les nouveaux Chrétiens ne peuvent comprendre que les Musulmans ou les Hindouistes exercent leur foi par cette mère des Muses qui pour les Grecs était la mémoire, et c’est dans ses vastes palais – pour reprendre une métaphore de saint Augustin – que la compréhension de la religion fondée, comme le dit avec raison le philosophe allemand Kant, sur la conscience morale, étend ses racines. Aujourd’hui, l’idée de Dieu tend à être arbitraire et, à parler théologie, libertine, au sens où chacun la cultive comme il la sent, ou la confond avec des formalités : « On a vu de tout temps que le commun des hommes », avertissait un autre génie allemand de langue française, Leibniz, au tout début de ses Essais sur la bonté de Dieu, la liberté de l’homme  et l’origine du mal (ou « Théodicée » (1710) à savoir, en grec, le jugement divin) « a mis la dévotion dans les formalités : la solide piété, c’est-à-dire la lumière et la vertu, n’a jamais été le partage du grand nombre. Il ne faut point s’en étonner, rien n’est si conforme à la faiblesse humaine : nous sommes frappés par l’extérieur, et l’interne demande une discussion dont  peu de gens se sentent  capables. »

Ce sont les différences extérieures qui à la fois séparent les fidèles ou les confessions de foi, et en même temps servent d’émulation, chacun étant persuadé instinctivement, comme des athlètes sur un stade, avoir plus de ressources qu’un autre.


L’orgueil demeure attaché à la finitude humaine : l’on voit le mal dans les autres et non point celui qui est en nous !


Si l’on voulait épurer ce qui peut choquer une bonne conscience, ou mieux dit, une belle âme qui se croit chérie plus que d’autres par la cour divine, il ne resterait rien, par exemple, de la Bible et de ses récits de massacres, et il ne m’est point venu à l’esprit, quoique voltairien depuis mon adolescence, dans mon dernier séjour iranien, de disputer la gloire de la reine Esther auprès du mosaïste qui me fit visiter à Hamadan son tombeau censé avoir 2.500 ans !  Mon accompagnatrice archéologue ignorait le contenu  du livre d’Esther qui n’est pas tendre envers le peuple qui servit de modèle à Platon, le sien donc, et  livre qui célèbre le massacre de 75.000 « Perses » – comme le dit le texte « pendant leur sommeil ». Rassurez vous, lui dis-je, car ce sont des fables, et  jamais votre nuit ne sera troublée par ces fantômes du passé ! Cela peut échauffer la cervelle de quelques exaltés, comme Netanyaou qui feint d’y croire, mais l’intérêt qui conduit les hommes fait oublier ces histoires terrifiantes.

Quel peuple n’en a point massacré un autre ? Tout sera bien demain, pour paraphraser Voltaire, voilà notre espérance : tout est bien aujourd’hui voilà notre illusion.

L’orgueil demeure attaché à la finitude humaine : l’on voit le mal dans les autres et non point celui qui est en nous ! L’Évangile le dit de façon imagée en comparant la paille que l’on croit déceler dans l’œil d’autrui avec la poutre qui est dans le nôtre. Les autres livres, qui sont des feuilles du même arbre, ne parlent point autrement.

Allons nous censurer le Talmud qui enrageait Luther ? Tenons-nous compte de la conduite de David faisant tuer son rival, le mari de sa maîtresse ou de la femme qu’il convoite, pour contourner le devoir de fidélité conjugale ? Non, la Raison parle en nous, et cet « instinct divin » qu’est la conscience, et sur lequel Rousseau, souvent assez fou, toujours éloquent, s’est exprimé si exactement, que les philosophes, je ne parle pas des fripons qui abusent de ce titre, le citent avec ravissement, qui nous juge.

Concluons par cette réflexion de l’illustre Kant, père de l’idéalisme allemand, que si l’histoire de la nature commence par le Bien parce qu’elle est l’œuvre de Dieu, l’histoire de la liberté commence par le mal parce qu’elle est l’œuvre de l’homme.

Pierre Dortiguier

Victoire de la raison en Iran


Chroniques-Dortiguier

Victoire de la raison en Iran


 

La liberté de porter ou non le voile, ce qui n’a rien de contraire au noble Coran, s’est imposée à l’Iran, et je puis témoigner, en connaisseur du pays, que par là a été désamorcée une sorte de révolution colorée qui prend les prétextes les plus simples pour entraîner une population désorientée. Il n’est, du reste, pas exclu que, selon une déclaration du prince royal Salman, pareille mesure ne soit envisagée en Arabie saoudienne.

Les deux États n’ont, du reste, point le même esprit : le comte Gobineau qui fut, du reste, un ami de l’Islam, et a séjourné en Perse comme diplomate, par ailleurs bon connaisseur de la langue en laquelle il traduisit le Discours de la Méthode de Descartes que le Châh Nasredinne fit aussitôt imprimer à ses frais, notait le 19 septembre 1855, dans une lettre à un collègue diplomate et orientaliste allemand-autrichien, le général comte Prokesch-Osten, que le pays, surtout dans le Nord, ressemblait à l’Europe, en ces termes : « Je suis convaincu  que parmi les nations orientales du Sud, aucune n’a autant de rapport d’esprit avec les Européens que les Persans. Ces rapports d’esprit sont très bien et très clairement accusés par les rapports physiques. Les Persans dans leur physionomie, dans leur taille, dans leurs habitudes de corps, dans leur mobilité inquiète, toujours debout, toujours remuant, toujours parlant nous ressemblent, surtout dans le Nord.» 

Il y aura toujours des esprits courts pour tourner en rond, comme un âne, autour d’un piquet, pour soit identifier une manière de se couvrir à la religion ou, au contraire, à un abaissement de la femme. Un élément fait défaut aux deux partis antagonistes, qui est la conscience morale d’où fleurit d’abord l’idée puis la passion pour la divinité, et non l’inverse. En Iran même, nous avons connu des femmes qui excusaient leur conduite, que nos ancêtres eussent jugée immorale, par une conformité aux usages, confondant la discipline, qui est toujours formelle, avec l’action. Et si le germano-italien Dante, qui fut un admirateur de l’islamité mystique, place des papes  et des cardinaux ou des princes chrétiens en Enfer, il en va de même en toute religion qui mérite ce titre et n’est pas seulement une sorte de statut politique, comme le philosophe Kant l’observait d’une confession particulière, la seule qu’il soit malséant de critiquer aujourd’hui, sur tous les plans !


La question n’est pas, à protéger nos femmes, selon une recommandation connue, de mesurer ce qui couvre leur tête, mais d’armer celle-ci de logique…


Ceci nous amène à examiner, en ce jour précis où une partie de l’Occident carbonisait, 15 février 1945, Dresde pendant qu’il signait les accords sur ce croiseur US Quincy, avec l’Arabie wahhabite en promettant de protéger sa monarchie factice contre l’exclusivité de son pétrole, dans quelle mesure la gent féminine et sa progéniture vivent en conformité avec la raison : imagine-t-on, comme mon voisin me le rapporte de son fils âgé de trois ans et demi, en Iran ou dans les États qui suivent l’exemple du Prophète, une psychologue familiale interroger un être aussi jeune et innocent – n’en déplaise à l’incestueux Freud – et lui demander, après qu’il ait repoussé vivement sa maîtresse d’école, s’il se sent plutôt garçon ou fille ? Tel est l’acide de la théorie du genre sexuel ainsi répandue dans nos classes primaires ! N’est-ce pas là bâillonner la raison et étouffer la sensibilité naturelle ? Ces nouvelles maîtresses ou pseudo-pédopsychologues, par une pansexualisation forcée, détruisent l’équilibre psychophysique de nos jeunes pousses, posent des germes de frénésie là où l’on attendrait le développement d’une lumière naturelle (lumen naturale), terme relevant, non du jargon des loges, mais de la théologie naturelle, partie traditionnelle du corps théologique.

L’on attend vainement de nos « théologiens de cour » qu’ils redressent cette conduite pédagogique irrationnelle détestable qui produira des violences et des désordres, au lieu de contraindre les esprits à mordre un voile qui n’est plus un signe de moralité, mais un prétexte à détourner l’attention d’un mot plus essentiel que la taille des habits, la longueur des barbes ou des cheveux visibles d’une féminité qui reçoit le choc d’un monde intoxiqué par des faux prophètes et les illusionnistes libertaires ou, comme on le disait, en théologie ancienne, libertins. La question n’est pas, à protéger nos femmes, selon une recommandation connue, de mesurer ce qui couvre leur tête, mais d’armer celle-ci de logique ; tel est ce mot essentiel, ce premier remède, pour dissiper les sophismes dont leurs enfants souffriront.

Pierre Dortiguier

L’affaire Mennel ou la génération perdue


lelibrepenseur.org

par Pierre Dortiguier

Chroniques-Dortiguier


 


Ce qui pourrait n’être qu’anecdotique devient aussi fatidique, à savoir l’expression d’une fatalité, d’un destin insurmonté propre à ce que nous désignerions comme la génération de cette jeune femme de lignée syrienne. Elle peut, après sa démission, mieux entendre cette sentence du maître de l’Université de Berlin, à l’âge romantique, Hegel que nous récitons plus bas, tirée de ses Écrits Théologiques de Jeunesse, que « le destin est la conscience de soi, mais comme d’un ennemi ».
S’agit-il d’une humiliation infligée par des tapageurs anti ceci ou cela à une artiste ? S’excuser publiquement d’avoir trouvé étonnant que des exécuteurs apparemment entraînés et sûrs d’eux-mêmes aient abandonné leur pièce d’identité sur le siège de leur voiture pour être plus aisément reconnus démontre que nous vivons sous un régime typiquement républicain, à savoir – pour paraphraser Hegel (1770-1931), dans ce vide de la Raison qu’on appela en France, la Terreur. La génération de Mennel fait ainsi l’expérience de la liberté d’expression comme d’un piège à nigauds. Elle oublie, dans sa jeunesse, que cette liberté proclamée en 1789 par la secte dirigée alors par le duc d’Orléans, n’affirma ce principe que pour le refuser aux ennemis de cette même liberté. Autrement dit : tu peux parler autrement que moi, mais il t’en coûtera et tu peux y perdre la tête ou ta place.
Venons-en au thème de cette élection du prix décerné par « La voix » ou, pour reprendre l’anglomanie ambiante, The Voice ; j’entends parler du succès de cette femme couvrant ses cheveux. Un Candide écoute les paroles en apparence religieuses, comme semble l’indiquer le nom « Hallelujah », mais les paroles sont très vite une caricature, présente dans la Bible, du prophète David, qui aurait fait tuer, en l’envoyant au front, en première ligne, le mari de celle qu’il convoite.
Ce David là n’est point  le nôtre. L’auteur, avec son chapeau et l’air faussement négligé, vend, pour ainsi dire, au Diable et au Bon Dieu !
Dans quelle galère la génération de Mellen se fourvoie-t-elle ! Quand verra-t-elle qu’il s’agit d’une mise en scène ? Que les recrues sont choisies pour être ridiculisées, sinon exploitées ou déplumées ! Comment cette génération se retrouvera-t-elle ? En suivant, comme il s’en trouve à Vienne, « le chemin des philosophes », en recherchant l’unité organique d’un peuple protégé par un État pour lequel les ancêtres ont fait des sacrifices, ce qu’est le modèle d’un peuple aujourd’hui vieillissant et digne, celui du Japon, par exemple ; l’Asie peut être citée, car avancer en Europe est marcher sur un terrain glissant !
Il ne nous appartient pas de parler politique et d’offrir des prospectives à un monde déséquilibré, dans sa totalité, depuis l’éclatement de la Première Guerre qui n’est visiblement pas encore terminée, les peuples ont été déracinés, la religion diminuée, la propriété spoliée, la culture abaissée, la morale sexuelle bafouée, la mariage moqué, l’alimentation empoisonnée, les races aigries entre elles, notre musique même a été infectée et s’est muée en musique atonale, l’art pictural et scénique a versé dans l’obscénité, comme ce poème musical exhibant un prophète débauché. Est-ce que le  chanter, les cheveux serrés, dans un voile de scène le rend honnête, lui enlève son venin ?
Dans une société, deux termes ou pôles sont nécessaires, selon Platon (le philosophe qui célébrait la supériorité de l’État perse sur la fragilité des Grecs décadents, chose avérée par la fuite de la dernière École d’Athènes auprès du Roi des Rois), une jeunesse ardente et des vieillards sages, ayant expérimenté les illusions du vouloir-vivre, qui les instruisent. Nous avons des vieillards ou plutôt des demi-vieux ou vieux beaux libidineux qui font danser la jeunesse désorientée par le chaos social entretenu par les spécialistes du genre, ceux qu’Olivier Delamarche exorcise !
Que la jeunesse soit musulmane, chrétienne ou athée, elle a des devoirs envers elle, le premier étant la conservation de sa vitalité, de sa matière à laquelle la philosophie, discipline qui se lève quand la nuit tombe sur le monde et que les étoiles brillent, donne forme.
La mésaventure de Mennel est, en réalité, un clin d’œil du destin, et pour elle un bénéfice. Reste à se poser les questions fondamentales : que puis-je savoir, que dois-je faire, que m’est-il permis d’espérer ? Mes collègues de philosophie les plus anciens y reconnaîtront cette doctrine prussienne de Kant qui formait nos générations, mais aujourd’hui les tyrans qui ont détruit la stabilité de tous les États, et vivent du désordre organisé, dans un chaos qu’ils nomment liberté, et qui débouche, redisons-le sur une terreur acceptée, intériorisée, n’offrent que des illusions et des pièges. L’échec de Mennel est heureux, car il lui sera matière à réflexion, comme à toute sa génération qui est promise, selon ses maîtres actuels et idéologues, à la guerre civile et au massacre mondial renouvelé !

Pierre Dortiguier

Entretien vidéo avec le Pr Pierre Dortiguier sur la Catalogne


lelibrepenseur.org


Entretien vidéo avec le géopolitologue professeur Pierre Dortiguier sur la Catalogne et les derniers événements séparatistes. Il sera question d’un petit rappel historique concernant l’Espagne mais également l’Europe ainsi qu’un retour sur l’actualité.