Adolf Hitler ou la vengeance de la planche à billets


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Auteur : Jovanovic Pierre
Ouvrage : Adolf Hitler ou la vengeance de la planche à billets
Année : 2017

Traduit de l’américain par Elizabeth Thomas

 

« L’impression de l’argent par la planche à
billets doit cesser. C’est le pire de tous les
crimes de ce gouvernement »
Adolf Hitler au capitaine Truman Smith, attaché militaire
Berlin, novembre 1922, en parlant du gouvernement du
chancelier Joseph Wirth

L’armistice de 1918 a  été signé le 11-11 avec
prise en compte des deux côtés à … 11 heures
Le dernier soldat a être tué par la planche à
billets fut un pauvre et brave berger de Lozè-
re, Augustin Trébuchon qui avait réussi à
survivre à tous les combats jusqu’à là : il reçu
une balle le 11-11 à 10h50 à c ôté du village de
Vrigne-Meuse dans les Ardennes. Il était en
estafette, comme Adolf Hitler, et portait un
message à son capitaine…

« Hitler prétend entendre des voix pendant ses
longues promenades en solitaire »
[ rapport OSS ]

« Comme beaucoup de chefs religieux, on dit qu’il
entend des voix et voit des esprits. Ici, nous
pourrions le comparer à Joseph Smith, le fondateur
du Mormonisme, la différence principale étant que
les voix de Smith lui ont donné la permission de libé-
rer l’instinct sexuel, tandis que les voix d’Hitler
encouragent la brutalité et la destruction, en quoi
Hitler ressemble aussi à Mary Baker Eddy …
[ rapport OSS ]

« Ici on pourrait peut- être le comparer à Jeanne
d’Arc »
[ rapport OSS ]

« Alors, brusquement, sa voix intérieure parle, mais

en règle générale, jamais avant que la situation ne
soit devenue menaçante »
[ rapport OSS ]

« Cet homme est intéressant en cela qu’il est une
force qui a davantage impacté de vies sur la planète
que tout autre homme dans l’Histoire, aidé par des
instruments de communication nouveaux et
miraculeux. Comment était-ce possible qu’un
homme à l’apparence et à la stature aussi
insignifiantes, dépourvu de force physique,
incapable de tout contrôle émotionnel, et sans
envergure intellectuelle aucune, réussisse là où les
Allemands les plus puissants avaient échoué dans le
passé ? »
[ rapport OSS ]

« On sait désormais que la syphilophobie s’enracine
souvent dans la découverte pendant l’enfance de la
nature du rapport sexuel entre les parents. Avec
un père illégitime, probablement d’origine juive, et
une forte fixation sur sa mère, une telle découverte
par l’enfant Adolf aurait bien pu jeter les bases
d’une syphilophobie qu’une aventure avec une
prostituée juive à Vienne aurait ravivée. Terrifié
le risque d’infection, toute la haine dans son  être fut
ainsi dirigée contre les juifs »
[ rapport OSS ]

« Cette combinaison est typique du gangster, mais
Hitler est différent du type ordinaire en ce qu’il
possède certains attributs de l’artiste romantique.
Il est un composé disons de Lord Byron et d’Al
Capone »
[ rapport OSS ]

« C’était comme si un masochiste, ne trouvant
personne qui accepterait de jouer un rôle
suffisamment sadique pour gratifier son érotisme,
dut décider d’assumer lui-même ce rôle »
[ rapport OSS ]

« Les Allemands croient en la pré destination (la
voie de l’avenir), et toute communication qui leur
sera adressée devra être rédigée en partant du
principe que la défaite du Faux Prophète était iné-
luctable »
[ rapport OSS ]

« La plupart des gens qui acclamèrent Hitler en
1930 au Sportpalast auraient probablement évité de
lui demander du feu dans la rue »
Sebastien Haffnerin Mémoires d’un Allemand, Actes-Sud

« Un banquier de New York au gouverneur de la
Reichsbank :
– Dr Schacht, vous devriez venir aux États-Unis, on
a beaucoup d’argent, et ça c’est du vrai métier de
banquier…
Réponse de Schacht :
– Vous devriez venir à Berlin, on n’a pas d’argent, et
ça c’est le vrai métier de banquier »
John Weitz,
in Hitler’s Banker Warner Books

 

~ 1 ~
Une Banque Centrale qui se
prend pour Dieu

Diplômé en médecine de l’ université
américaine de Columbia en 1919, Henry
Murray se tourna très rapidement vers la
psychanalyse, une discipline médicale à l’ é-
poque aussi neuve que révolutionnaire. De
par ses expériences empiriques, il en dé-
duisit au cours des années 1930 que
chaque personne réagit en fonction de ses
besoins, la plupart non exprimés car
contraires « à la morale » . Ses travaux
l’amenèrent à créer un test de personnalité
afin de déceler précisément ces besoins
cachés et d’obtenir ainsi des
renseignements précieux sur n’importe
quelle personne. Ses conclusions et son
test furent publiés de manière anecdotique
par la maison d’ édition de l’ université de
Harvard, et, contre toute attente, son livre
devint un best-seller aux États-Unis, en
particulier auprès des DRH et chefs
d’entreprise qui cherchaient un moyen
pour discriminer les candidatures avec des
outils « scientifiques » plutôt qu’au « pifom» .
Profondément inspiré par les travaux du
médecin suisse Jung ( élève et ami de
Sigmund Freud), Henry Murray se rendra

même à Genève spécialement pour le
rencontrer et approfondir ses recherches
sur les « mécanismes du désir » qui façonnent
si bien chaque individu et sa vie.
Mais le succès de son livre attira également
l’attention des militaires américains qui avaient,
eux aussi, besoin
d’analyser certains de leurs hommes, en
particulier ceux qui étaient appelés à exé-
cuter des missions opérationnelles à l’ étranger
en tant que « espions » . Recruté par
James Grier Miller, directeur des Effectifs
(ou DRH) et William Donavan, grand
patron de la toute jeune Office of Strategic
Services (qui va devenir CIA après la fin de
la guerre), le Dr Murray reçoit le grade de
Lieutenant-Colonel et obtient la mission
opérationnelle de passer au crible et de
choisir parmi les candidats « agents secrets» .
Impressionné par ses résultats, le futur
«légendaire » directeur général de l’OSS lui
confie alors un dossier unique, composé de
tout ce que le personnel de l’ambassade
des États-Unis à Berlin avait amassé comme
informations sur le chancelier Adolf Hitler
depuis les années 1920: les notes, les
coupures de presse, les livres, les analyses
et les télégrammes envoyé s par les attachés
militaires et espions sous les ordres des
divers ambassadeurs ou chargés d’affaires

qui se sont succédé à Berlin après la ré-
ouverture de leur poste diplomatique
(l’ambassade a été fermée après l’entrée en
guerre des Américains en 1917 contre les
Allemands). Ellis Loring Dresel était «Chargé d’Affaires »
à l’ambassade américaine de Berlin de décembre 1921
à avril 1922 et c’est lui qui prit en compte cet « olibrius »
du nom d’Hitler qui commençait à susciter de
plus en plus d’intérêt. Rappelons à nouveau
que: 1) en raison de la guerre de 14-18,
Washington ne disposait plus d’ambassade
et que 2) le premier discours public donné
en Allemagne par Hitler datait du 16
octobre 1919 à Münich, les diplomates
avaient donc beaucoup de retard à rattraper.
C’est en effet en octobre 1919 qu’Hitler a
rejoint le Parti des Travailleurs Allemands,
totalement galvanisé par un discours sur la
« criminalité de la dette » de l’économiste
Gottfried Feder, discours auquel il avait
assisté tout juste un mois avant (voir
encadré page suivante). Hitler expliquera
avoir lu le livre de Feder « Das Manifest zur
Brechung der Zinsknechtschaft » à plusieurs
reprises, livre qui fut littéralement son
« étincelle politique » .

Paru en 1919 « Manifeste pour briser les chaînes de l’usure »
Gottfried Feder jouera un rôle majeur dans les  événements
qui déclencheront la Seconde Guerre mondiale. En effet
c’est en assistant à une conférence de son auteur qu’Hitler
aura son moment « eureka » . Il construira ses premiers
discours sur les idées de Feder et d’Anton Drexler (ci-dessous)
fondateur du Parti des Travailleurs en y ajoutant sa
marque. L’ équipe de l’OSS d’écrit Hitler comme étant « possédé»
lorsqu’il s’exprime en public, comme si une autre entité parlait
à travers lui. C’est précisément ce qui plut à Dexler qui lui
donna immédiatement une carte de membre du parti. Le
Manifeste pour briser les chaînes de l’usure a été republié
2012 par les éditions Le Retour aux Sources . Photos DR.

https://spartacus-educational.com/00drexler1.jpg Résultat de recherche d'images pour "Gottfried Feder"

Hitler, devenu espion pour la Sécurité Militaire allemande, a
envoyé le 12 septembre 1919 faire un rapport sur un petit
groupe politique nommé Parti des Travailleurs Allemands qui
avait pour habitude de se réunir à une dizaine de personnes
l’arrière-salle d’un café .Habillé en civil et armé de son seul
carnet, il écoute un intervenant venu expliquer « Comment et
par quels moyens peut-on se débarrasser du capitalisme ? »
Hitler n’en avait jamais entendu parler, et pourtant Gottfried
Feder, auteur d’un livre financier sur la dette et l’usure
bancaire, va littéralement le captiver. À la fin de la réunion, un
homme (le Pr Baumann) parla de la séparation de la Bavière
pour constituer un nouvel État. Fou de rage en entendant cela,
Hitler prit la parole et parla comme la foudre, avec tant
d’ éloquence et de gestes pendant au moins 13 minutes qu’il sidé-
ra tout le groupe. Le caporal venait de crucifier le « savant »
sans même savoir de qui il s’agissait. Anton Drexler,
fondateur du parti, lui courut après dans la rue pour l’inviter à
revenir à leurs réunions lui expliquant que son organisation
avait besoin de membres comme lui, capables de s’exprimer
en public avec vigueur. À partir de ce jour, le « petit caporal »
allait disparaître pour se transformer progressivement en
dictateur. L’Histoire allait de nouveau être écrite avec des
lettres de sang. DR

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Que faire des banques ? Des mesures immédiates pour aller vers la socialisation


Neuf ans après le début de la crise financière qui continue à produire ses effets délétères à travers des politiques d’austérité imposées aux populations, il est temps de revenir sur les engagements pris à l’époque par les banquiers, financiers, politiques et organismes de contrôle. Ces quatre acteurs ayant gravement failli nous promettaient à l’époque la moralisation du système bancaire, la séparation des banques de détail des banques d’investissement, la fin des bonus et des rémunérations exorbitantes, et enfin le financement de l’économie réelle. Nous ne les croyions pas à l’époque et nous avions raison. En lieu et place de moralisation du système bancaire, nous n’avons qu’une longue liste de malversations révélées au grand jour par les faillites des banques qui se succèdent depuis celle de Lehman Brothers le 15 septembre 2008.

 

Les mots précédés d’un astérisque (*) sont définis dans le glossaire se situant au bas de cet article.

Si on se contente de lister les sauvetages intervenus depuis 2012, on peut mentionner :Dexia en Belgique et en France (2012, 3e sauvetage), Bankia en Espagne (2012),Espirito Santo (2014) et Banif (2015) au Portugal, Laïki et Bank of Cyprus à Chypre (2013), Monte dei Paschi, Banca delle Marche, Banca Popolare dell’Etruria e del Lazio, Carife en Italie (2014-2015), NKBM en Slovénie (2012), SNS Reaal aux Pays-Bas (2013), Hypo Alpe Adriaen Autriche (2014-2015), n’en sont que quelques exemples. Le plus grave est que les pouvoirs publics ont décidé de couvrir les exactions de ces banques en faisant supporter les conséquences des agissements coupables des dirigeants et des actionnaires par la population. La séparation des banques des *banques de dépôt et des *banques d’affaires reste toujours un vœu pieux. La soi-disant réforme bancaire engagée en France en 2012 par Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, n’aura été qu’une fumisterie. Interrogé le 30 janvier 2013 par Karine Berger, rapporteur de la loi de séparation et de régulation des activités bancaires pour savoir quelle est la part des activités spéculatives concernée par la loi, Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, déclarait : « Cela représente entre 3 et 5 % de nos activités de BFI, qui représentent elles-mêmes 15 % des revenus totaux de la banque. » Ce qui fait entre 0,5 % et 0,75 % des revenus totaux de la banque. En ce qui concerne les rémunérations des banquiers, le plafonnement de la part variable décidé par le Parlement européen le 16 avril 2013 a eu pour conséquence immédiate… l’augmentation de la part fixe des rémunérations et le recours à une disposition dérogatoire prévue par la loi. Enfin, pour ce qui est du financement de l’économie réelle, les efforts déployés jusqu’à aujourd’hui par les *banques centrales, la *BCE en particulier, se sont révéler impuissants à enclencher un moindre début de reprise de l’économie.

Parce que nous pensons, notamment à la lumière de l’expérience grecque, que les banques sont un enjeu essentiel à tout projet de changement social, nous proposons ci-dessous les mesures immédiates à prendre pour atteindre les six objectifs suivants :

  • 1. Restructurer le secteur bancaire
  • 2. Eradiquer la *spéculation
  • 3. Mettre fin au secret bancaire
  • 4. Réguler le secteur bancaire
  • 5. Financer autrement les dépenses publiques
  • 6. Renforcer les banques publiques

Dans une seconde partie, nous développons nos arguments en faveur de la socialisation du secteur bancaire.


I. MESURES IMMEDIATES


1. Restructurer le secteur bancaire

Réduire radicalement la taille des banques afin de supprimer le risque « trop grande pour faire faillite » que représentent les *banques systémiques |1|.

Séparer les *banques de dépôt et les *banques d’affaires. Les *banques de dépôt seront les seules institutions financières autorisées à collecter des dépôts auprès des épargnants et à bénéficier d’un soutien public (garantie publique des dépôts d’épargne et accès à la *liquidité de la *Banque centrale). Ces *banques de dépôt ne seront autorisées à octroyer des prêts qu’aux particuliers, aux entreprises et aux acteurs publics locaux et nationaux. Il leur sera interdit de mener des activités sur les *marchés financiers. Cela veut dire qu’il leur sera interdit de faire de la *titrisation : les crédits ne peuvent pas être transformés en titres négociables et les *banques de dépôt doivent conserver dans leurs livres de compte jusqu’à leur remboursement définitif les crédits qu’elles ont consentis. La banque qui a consenti un crédit doit en porter le risque.

Les *banques d’affaires ne doivent bénéficier d’aucune garantie publique, en cas de faillite les pertes seront intégralement assumées par le secteur privé, à commencer par les actionnaires (sur l’ensemble de leur patrimoine, voir plus bas).

Interdire les relations de crédit entre *banques de dépôt et *banques d’affaire. D’accord avec Frédéric Lordon pour imposer un véritable ’apartheid’ entre *banque de dépôt et banque d’affaires, une *banque de dépôt ne pourra en aucun cas être impliquée dans une relation de crédit avec une *banque d’affaires |2|.


2. Eradiquer la *spéculation

Interdire la *spéculation. Comme le propose Paul Jorion, il faut interdire la *spéculation.« En France la *spéculation a été autorisée en 1885, en Belgique en 1867. La *spéculation était d’ailleurs définie très clairement par la loi qui visait à « interdire les paris à la hausse ou à la baisse sur des titres financiers ». Avec une telle interdiction, les gens qui la pratiquent seraient en infraction ; qu’ils se trouvent dans une banque X ou Y, cela ne changerait rien » |3|. On peut ajouter que les banques qui spéculent pour le compte de clients ou pour leur propre compte seront condamnées.

L’acquisition par une banque ou une autre institution financière d’un bien matériel (matières premières, aliments, terres, immeubles…) ou d’un titre financier (*actions, *obligations ou tout autre titre financier) dans le but de spéculer sur son prix sera interdite.

Interdire les *produits dérivés. Cela signifie que les banques et autres institutions financières qui veulent se couvrir contre les risques de différents types (risques de change, de taux d’intérêt, de défaut de paiement…), doivent revenir à des contrats d’assurance classiques.

Obliger les *banques d’affaire à demander une autorisation préalable de mise sur le marché de produits financiers. Tout produit financier nouveau (les *produits dérivés ne sont pas concernés ici puisqu’ils sont interdits) devra être soumis aux autorités de contrôle par les *banques d’affaires afin d’obtenir une autorisation avant d’être mis sur le marché.

Séparer les activités de conseil et les *activités de marché. D’accord également avec l’économiste belge Eric de Keuleneer qui propose de séparer les activités de conseil et les *activités de marché : « Il est en effet anormal que des banques prennent des risques de placement de titres, et conseillent leurs clients quant à la qualité de ces titres, ou soient actuellement en mesure de spéculer sur l’or, tout en conseillant de façon « désintéressée » à leurs clients d’acheter de l’or. » Pour cela il propose de recréer la fonction de courtage.

Interdire le *trading de haute fréquence et le *shadow banking. Limiter strictement ce qui peut être mis dans le *hors-bilan |4|. Interdire les *ventes à découvert et les *ventes à nu.


3. Mettre fin au secret bancaire

Interdire les *marchés financiers de *gré à gré. Toutes les transactions sur les *marchés financiers doivent être enregistrées, traçables, réglementées et contrôlées. Jusqu’ici, les principaux *marchés financiers sont de *gré à gré, c’est-à-dire qu’ils ne sont soumis à aucun contrôle : il s’agit du marché des changes (5 300 milliards de dollars chaque jour) |5|, du marché des *dérivés, du marché des matières premières et des produits agricoles |6|…

Mettre fin au secret bancaire. Les banques doivent avoir l’obligation de communiquer toutes les informations sur leurs responsables, leurs différentes entités, leurs clients, les activités qu’elles exercent et les transactions qu’elles réalisent pour le compte de leurs clients et pour elles-mêmes. De même, les comptes des banques doivent également être lisibles et compréhensibles. La levée du secret bancaire doit devenir un impératif démocratique minimal pour tous les pays.

Concrètement cela signifie que les banques doivent tenir à la disposition de l’administration fiscale :
- une liste nominative des bénéficiaires d’intérêts, de dividendes, de plus-values et autres revenus financiers ;
- les informations sur les ouvertures, les modifications et les fermetures de comptes bancaires en vue d’établir un répertoire national des comptes bancaires ;
- toutes les informations sur les entrées et sorties de capitaux avec en particulier l’identification du donneur d’ordre.

Interdire les transactions avec les paradis fiscaux. Il faut interdire aux banques toute transaction avec un *paradis fiscal. Le non-respect de l’interdiction doit être assorti de sanctions très lourdes (pouvant aller jusqu’au retrait de la licence bancaire) et du paiement de lourdes amendes.


4. Réguler le secteur bancaire

Exiger des banques une augmentation radicale du volume de leurs *fonds propresen rapport avec le total du *bilan |7|. Alors que les *fonds propres sont en général inférieurs à 5 % du *bilan de la banque, nous sommes favorables à porter leur minimum légal à 20 %.

Interdire la socialisation des pertes des banques et des autres institutions financières privées. Il s’agit d’interdire aux pouvoirs publics de mettre à la charge des finances publiques des dettes privées.

Restaurer la responsabilité illimitée des grands actionnaires en cas de faillite. Le coût de la faillite doit pouvoir être récupéré sur l’ensemble du patrimoine des grands actionnaires (personnes physiques ou entreprises/personne morale).
En cas de faillite, les clients de la *banque de dépôt doivent continuer à bénéficier d’une garantie d’État pour leurs dépôts, limitée au montant raisonnable d’épargne d’un ménage moyen-supérieur (estimé aujourd’hui à 150 000 euros, montant à soumettre au débat démocratique).

Taxer fortement les banques. Les bénéfices des banques doivent être soumis strictement aux dispositions légales en matière d’imposition des sociétés. En effet actuellement le taux effectivement payé est très nettement inférieur au taux légal lui-même largement insuffisant. Les transactions bancaires sur les devises |8| et sur les titres financiers doivent être taxées. Les dettes bancaires à court terme doivent être taxées afin de favoriser le financement à long terme.

Poursuivre systématiquement les dirigeants responsables de délits et de crimes financiers et retirer la licence bancaire aux institutions qui ne respectent pas les interdictions et se rendent coupables de malversations.

Sauver les banques d’une autre manière. Outre les dispositions mentionnées plus haut : responsabilité illimitée des grands actionnaires (sur leur patrimoine global), garantie des dépôts jusque 150 000 euros, interdiction de mettre des dettes privées à la charge des finances publiques, il s’agit de créer un mécanisme de mise en faillite ordonnée des banques avec la création de deux structures : une banque de défaisance privée (à charge des actionnaires privés et sans aucun coût pour les pouvoirs publics) et une banque publique vers laquelle sont transférés les dépôts ainsi que les actifs sains. Certaines expériences récentes peuvent servir de source d’inspiration, notamment l’expérience islandaise engagée depuis 2008 |9|.


5. Financer autrement la dette publique

Imposer aux banques privées la détention d’un quota de titres de la dette publique.

Donner pour mission nouvelle à la *Banque centrale d’octroyer des prêts à taux zéro aux pouvoirs publics. A l’inverse de ce qui est pratiqué par la *BCE du fait des traités européens, la *banque centrale serait en capacité de permettre un financement à taux zéro de l’État et de l’ensemble des structures publiques (collectivités, hôpitaux, organisme de logement social, etc.) afin de mener des politiques socialement justes inscrites dans la transition écologique.


6. Renforcer les banques publiques existantes 
et en recréer dans les pays où elles ont été privatisées (bien sûr en les soumettant comme toutes les autres banques aux mesures concrètes mentionnées plus haut). En France, s’est mis en place en 2012 un collectif « Pour un Pôle Public Financier au service des Droits ! » |10| favorable à la création d’un pôle public bancaire. Mais le grave inconvénient de ce projet est qu’il ne va pas au fond des choses car il laisse subsister, à côté d’un pôle public insignifiant, des banques privées et un pôle mutualiste qui n’a de mutualiste que le nom. Dans le cas de la Belgique où le gouvernement a privatisé les dernières banques publiques dans les années 1990, l’État a racheté en 2011, la « partie » banque de Dexia et en est actionnaire à 100 %. Dexia Banque est devenue Belfius et garde un statut privé. Il faut que Belfius devienne une véritable banque publique et qu’on y mette en pratique les mesures concrètes formulées plus haut. Le montant payé par l’État s’élève à 4 milliards d’euros, ce que la commission européenne a considéré elle-même comme tout à fait exagéré. Ce qu’il aurait fallu faire : Belfius aurait dû être constituée sans coût pour les finances publiques comme institution bancaire publique bénéficiant des dépôts des clients chez Dexia Banque et de tous les actifs sains. Cette banque aurait dû être mise sous contrôle citoyen. Les conditions de travail, l’emploi et les revenus du personnel auraient dû être garantis tandis que les rémunérations des dirigeants auraient dû être nettement réduites. Il fallait interdire aux administrateurs et directeurs d’avoir un mandat dans une institution privée. Les dirigeants de Dexia auraient dû être poursuivis en justice par le ministère public pour les différents délits qu’ils ont commis. Le rapport d’information du Sénat n° 58 sur la Société de financement local évalue à environ 20 milliards d’euros (13 milliards pour la France dont 6,6 milliards affectés à la recapitalisation et le reste à la prise en charge d’une partie des indemnités de remboursement anticipé des emprunts toxiques ; 6,9 milliards d’euros pour la Belgique, correspondant à la nationalisation de Dexia Bank Belgique et à la recapitalisation de Dexia) le coût de la faillite de Dexia à cette date. Le 1er février 2013, la France a créé une structure à 100 % publique (avec l’État à 75 %, le CDC à 20 % et la Banque postale à 5 %) afin de procéder à l’acquisition à 100 % de la société de crédit foncier Dexia Municipal Agency (filiale de Dexia Crédit Local) qui est devenue la Caisse Française de Financement Local (CAFFIL).


II. POUR LA SOCIALISATION DU SECTEUR BANCAIRE

La mise en pratique des mesures concrètes qui sont mentionnées plus haut constituerait une avancée dans la résolution de la crise du secteur bancaire mais le secteur privé continuerait à occuper une position dominante.

Il faut aller plus loin que les mesures immédiates proposées.

Ce que démontre l’expérience des dernières années, c’est qu’on ne peut pas laisser les banques aux mains des capitalistes. Si, par la mobilisation sociale, on arrive à faire appliquer les mesures présentées plus haut (qui sont soumises à la discussion afin de les améliorer et compléter), les capitalistes chercheront par tous les moyens à récupérer une partie du terrain perdu, ils multiplieront les activités leur permettant de contourner les réglementations, ils utiliseront leurs puissants moyens financiers pour acheter l’appui de législateurs et de gouvernants afin de déréglementer à nouveau et d’augmenter au maximum leurs profits sans prise en compte de l’intérêt de la majorité de la population.


Il faut la socialisation du secteur bancaire sous contrôle citoyen

Parce que les capitalistes ont démontré à quel point ils étaient capables de commettre des délits et de prendre des risques (dont ils refusent d’assumer les conséquences) dans le seul but d’augmenter leurs profits, parce que leurs activités entraînent périodiquement un lourd coût pour la société, parce que la société que nous voulons construire doit être guidée par la recherche du bien commun, de la justice sociale et de la reconstitution d’une relation équilibrée entre les humains et les autres composantes de la nature, il faut socialiser le secteur bancaire. Comme le propose Frédéric Lordon, il s’agit de réaliser « une déprivatisation intégrale du secteur bancaire » |11|. La socialisation de l’intégralité du secteur bancaire est préconisée par le syndicat Sud BPCE |12|.

Socialiser le secteur bancaire signifie :

- l’expropriation sans indemnité (ou avec comme seule indemnité l’euro symbolique) des grands actionnaires (les petits actionnaires seront indemnisés) ;

- l’octroi au secteur public du monopole de l’activité bancaire à une exception près : l’existence d’un secteur bancaire coopératif de petite taille (soumis aux mêmes règles fondamentales que le secteur public).

- la création d’un service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement, doublement structuré : un réseau de petites implantations proches des citoyens, d’une part, et, d’autre part, des agences spécialisées en charge des activités de gestion de fonds et de financement d’investissements non assurés par les ministères en charge de la santé publique, de l’éducation nationale, de l’énergie, des transports publics, des retraites, de la transition écologique, etc. Ces ministères devront être dotés du budget nécessaire aux financements des investissements relevant de leurs attributions. Les agences spécialisées quant à elles interviendraient dans des domaines et des activités excédant les compétences et les sphères d’action de ces ministères et ce afin d’assurer le bouclage d’ensemble.

- la définition avec participation citoyenne d’une charte sur les objectifs à atteindre et sur les missions à poursuivre, qui mette le service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement au service des priorités définies selon un processus de planification démocratique ;

- la transparence (de la comptabilité) des comptes qui doivent être présentés au public de manière compréhensible.

Le mot « socialisation » est utilisé de préférence à celui de « nationalisation » ou « étatisation » pour indiquer clairement à quel point est essentiel le contrôle citoyen avec un partage de décision entre les dirigeants, les représentants des salariés, des clients, d’associations, les élus locaux et les représentants des instances bancaires publiques nationales et régionales. Il faut donc définir de manière démocratique l’exercice d’un contrôle citoyen actif. De même, il faut encourager l’exercice d’un contrôle des activités de la banque par les travailleurs du secteur bancaire et leur participation active à l’organisation du travail. Il faut que les directions des banques remettent annuellement un rapport public sur leur gestion. Il faut privilégier un service de proximité et de qualité rompant avec les politiques d’externalisation menées actuellement. Il faut encourager le personnel des établissements financiers à assurer à la clientèle un authentique service de conseil et rompre avec les politiques commerciales agressives de vente forcée.

La socialisation du secteur bancaire et son intégration aux services publics permettront :
- de soustraire les citoyens et les pouvoirs publics de l’emprise des *marchés financiers ;
- de financer les projets des citoyens et des pouvoirs publics ;
- de dédier l’activité bancaire au bien commun avec entre autres missions celle de faciliter la transition d’une économie capitaliste, productiviste à une économie sociale et écologique.

Parce que nous considérons que l’épargne, le crédit, la sécurité des encaisses monétaires et la préservation de l’intégrité des systèmes de paiement relève de l’intérêt général, nous préconisons la création d’un service public bancaire par la socialisation de la totalité des entreprises du secteur bancaire et de l’assurance.

Parce que les banques sont aujourd’hui un outil essentiel du système capitaliste et d’un mode de production qui saccage la planète, génère un inégal partage des ressources, sème les guerres et la paupérisation, rogne chaque jour davantage les droits sociaux et attaque les institutions et les pratiques démocratiques, il est essentiel d’en prendre le contrôle et d’en faire des outils au service de la collectivité.

La socialisation du secteur bancaire ne peut être envisagée comme un slogan ou une revendication qui se suffirait en elle-même et que les décideurs appliqueraient après en avoir saisi le bon sens. Elle doit être conçue comme un objectif politique à atteindre par un processus porté par une dynamique citoyenne. Il faut non seulement que les mouvements sociaux organisés existants (dont les syndicats) en fassent une priorité de leur agenda et que les différents secteurs (collectivités locales, petites et moyennes entreprises, associations de consommateurs, etc.) se positionnent en ce sens, mais aussi – et surtout – que les employé.e.s de banque soient sensibilisé.e.s au rôle de leur métier et à l’intérêt qu’ils auraient à voir les banques socialisées ; que les usagers soient informés là où ils se trouvent (exemple : occupations d’agences bancaires partout le même jour) afin de participer directement à la définition de ce que doit être la banque.

Seules des mobilisations de très grande ampleur peuvent garantir que la socialisation du secteur bancaire soit réalisée en pratique car cette mesure touche au cœur le système capitaliste. Si un gouvernement de gauche ne prend pas une telle mesure son action ne pourra pas véritablement provoquer le changement radical pour rompre avec la logique du système et enclencher un nouveau processus d’émancipation.

La socialisation du secteur bancaire et des assurances doit faire partie d’un programme bien plus vaste de mesures complémentaires permettant d’enclencher une transition vers un modèle post-capitaliste et post-productiviste. Un tel programme, qui devrait avoir une dimension européenne tout en commençant à être mis en pratique dans un ou plusieurs pays, comprendrait notamment l’abandon des politiques d’austérité, l’annulation des dettes illégitimes, la mise en place d’une réforme fiscale d’ensemble avec une forte imposition du capital, la réduction généralisée du temps de travail avec embauches compensatoires et maintien du salaire, la socialisation du secteur de l’énergie, des mesures pour assurer l’égalité hommes-femmes, le développement des services publics et de la protection sociale et la mise en place d’une politique déterminée de transition écologique.

Aujourd’hui, la socialisation de l’intégralité du système bancaire est bien une urgente nécessité économique, sociale, politique et démocratique.


GLOSSAIRE :


ACTION
 : Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.


ACTIVITES DE MARCHE / TRADING
 : opération d’achat et de vente de produits financiers (actions, futures, produits dérivés, options, warrants, etc.) réalisée dans l’espoir d’en tirer un profit à court terme.


BANQUE CENTRALE
 : Établissement qui, dans un Etat, est chargé en général de l’émission des billets de banque et du contrôle du volume de la monnaie et du crédit. En France, c’est la Banque de France qui assume ce rôle sous le contrôle de la Banque centrale européenne.


BCE
 : La Banque centrale européenne est une institution européenne basée à Francfort, créée en 1998. Les pays de la zone euro lui ont transféré leurs compétences en matière monétaire et son rôle officiel est d’assurer la stabilité des prix (lutter contre l’inflation) dans ladite zone. Ses trois organes de décision (le conseil des gouverneurs, le directoire et le conseil général) sont tous composés de gouverneurs de banques centrales des pays membres et/ou de spécialistes « reconnus ». Ses statuts la veulent « indépendante » politiquement mais elle est directement influencée par le monde financier.


BANQUE D’AFFAIRES ou BANQUE D’INVESTISSEMENT
 : Société financière dont l’activité consiste à effectuer trois types d’opérations : du conseil (notamment en fusion-acquisition), de la gestion de haut de bilan pour le compte d’entreprises (augmentations de capital, introductions en bourse, émissions d’emprunts obligataires) et des placements sur les marchés avec des prises de risque souvent excessives et mal contrôlées. Une banque d’affaires ne collecte pas de fonds auprès du public, mais se finance en empruntant aux banques ou sur les marchés financiers.


BANQUE DE DÉPÔT ou BANQUE COMMERCIALE
 : Établissement de crédit effectuant des opérations de banque avec les particuliers, les entreprises et les collectivités publiques consistant à collecter des fonds pour les redistribuer sous forme de crédit ou pour effectuer à titre accessoire des opérations de placements. Les dépôts du public bénéficient d’une garantie de l’Etat. Une banque de dépôt (ou banque commerciale) se distingue d’une banque d’affaires qui fait essentiellement des opérations de marché. Pendant plusieurs décennies, suite au Glass Steagall Act adopté pendant l’administration Roosevelt et aux mesures équivalentes prises en Europe, il était interdit aux banques commerciales d’émettre des titres, des actions et tout autre instrument financier.


BANQUES SYSTÉMIQUES
 : Ces banques sont dites systémiques du fait de leur poids et du danger que la faillite de l’une d’entre elles représenterait pour le système financier privé au niveau international.


BILAN
 : ‘photo’ de fin d’année des actifs (ce que la société possède) et passifs (ce que la société doit) d’une société. Autrement dit, les actifs du bilan donnent des informations sur l’utilisation des fonds collectés par la société. Les passifs du bilan informent sur l’origine des fonds collectés.
Dans le cas du bilan d’une banque, on retrouve au passif : le capital (les actions propres), les dépôts des clients, les réserves (bénéfices passés non dépensés) et la dette (notamment ce que la banque a emprunté auprès d’autres institutions). A l’actif, on retrouve les prêts (que la banques à octroyés aux particuliers, aux entreprises), lescréances bancaires (prêts octroyés aux autres banques) et le porte¬feuille financier (actions, titres émis par d’autres sociétés et acheté par la banque).


COURTIERS
 : Une société de courtage ou courtier est une entreprise ou une personne qui sert d’intermédiaire pour une opération, le plus souvent financière, entre deux parties.


FONDS PROPRES
 : Capitaux apportés ou laissés par les associés à la disposition d’une entreprise. Une distinction doit être faite entre les fonds propres au sens strict appelés aussi capitaux propres (ou capital dur) et les fonds propres au sens élargi qui comprennent aussi des dettes subordonnées à durée illimitée.


HORS BILAN
 : Le hors bilan assure le suivi comptable des activités qui n’impliquent pas un décaissement ou un encaissement de la part d’une entreprise ou d’une banque mais qui fait courir à celle-ci un certain nombre de risques. Il s’agit régulièrement de contrats en cours d’exécution qui n’ont pas fait l’objet d’un paiement. Les activités enregistrées dans le hors bilan bancaire sont pour l’essentiel les engagements par signature, les opérations de change et les opérations sur dérivés.


LIQUIDITÉS
 : Capitaux dont une économie ou une entreprise peut disposer à un instant T. Un manque de liquidités peut conduire une entreprise à la liquidation et une économie à la récession.


MARCHÉ DE GRÉ À GRÉ
 : Un marché de gré à gré ou over-the-counter (OTC) en anglais (hors Bourse) est un marché non régulé sur lequel les transactions sont conclues directement entre le vendeur et l’acheteur, à la différence de ce qui se passe sur un marché dit organisé ou réglementé avec une autorité de contrôle, comme la Bourse par exemple.

MARCHÉ FINANCIER
 : Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. A côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.


OBLIGATIONS
 : Part d’un emprunt émis par une société ou une collectivité publique. Le détenteur de l’obligation, l’obligataire, a droit à un intérêt et au remboursement du montant souscrit. Il peut aussi, si la société est cotée, revendre son titre en bourse.


PARADIS FISCAL
 : Territoire caractérisé par les cinq critères (non cumulatifs) suivants : (a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts) ; (b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ; (c) des facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ; (d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ; (e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière. La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes, Hong-Kong, et d’autres lieux exotiques. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent se rendre si nécessaires vers d’autres destinations.


PRODUITS DÉRIVÉS
 : Famille de produits financiers qui regroupe principalement les options, les futures, les swaps et leurs combinaisons, qui sont tous liés à d’autres actifs (actions, obligations, matières premières, taux d’intérêt, indices,..) dont ils sont par construction inséparables : option sur une action, contrat à terme sur un indice, etc. Leur valeur dépend et dérive de celle de ces autres actifs. l existe des produits dérivés d’engagement ferme (change à terme, swap de taux ou de change) et des produits dérivés d’engagement conditionnel (options, warrants…).


SHADOW BANKING
(la banque de l’ombre ou la banque parallèle) : Les activités financières du shadow banking sont principalement réalisées pour le compte des grandes banques par des sociétés financières créées par elles. Ces sociétés financières (SPV,money market funds,…) ne reçoivent pas de dépôts ce qui leur permet de ne pas être soumises à la réglementation et à la régulation bancaires. Elles sont donc utilisées par les grandes banques afin d’échapper aux réglementations nationales ou internationales, notamment à celles du comité de Bâle sur les fonds propres et les ratios prudentiels. Le shadow banking est le complément ou le corollaire de la banque universelle.


SPÉCULATION
 : Opération consistant à prendre position sur un marché, souvent à contre-courant, dans l’espoir de dégager un profit.


TITRISATION
 : Technique financière qui permet à une banque de transformer en titres négociables des actifs illiquides, c’est-à-dire qui ne sont pas (ou pas facilement) vendables. Initialement, cette technique a été utilisée par les établissements de crédit dans le but de refinancer une partie de leurs prêts à la clientèle. Les prêts sont cédés à un véhicule juridique qui émet en contrepartie des titres (généralement des obligations) placés sur les marchés financiers. Avec la titrisation, les risques afférents à ces crédits sont transférés des banques aux acheteurs. Cette pratique s’étend aujourd’hui à d’autres types d’actifs et d’acteurs (portefeuilles d’assurances, immobilier, créances commerciales).


TRADING À HAUTE FRÉQUENCE
 : (de l’anglais high-frequency trading), exécution à grande vitesse de transactions financières faites par des algorithmes informatiques. Ces opérateurs virtuels de marché peuvent ainsi exécuter des opérations sur les marchés financiers — les bourses — en quelques microsecondes.


VENTE A DECOUVERT
 : (short selling en anglais). La vente à découvert consiste à vendre à terme un actif que l’on ne détient pas le jour où cette vente est négociée mais qu’on se met en mesure de détenir le jour où sa livraison est prévue. L’actif vendu à découvert est généralement un titre, mais on peut aussi vendre des devises ou des matières premières à découvert. Si la valeur de l’actif baisse après la vente à découvert, le vendeur peut le racheter au comptant et dégager une plus-value. Le gain potentiel est limité à la valeur de l’actif. Si, à l’inverse, elle monte, le vendeur s’expose à un risque de perte illimitée, tandis qu’un acheteur ne peut pas perdre plus que sa mise de fonds.


VENTE A DECOUVERT A NU
 : dans ce cas, l’acheteur n’emprunte rien : il se contente de vendre à terme des titres qu’il ne possède pas encore. Il parie alors sur la baisse du cours de ce titre, pour pouvoir l’acheter à moins cher que ce qu’il a promis de le vendre. Pratiquée massivement, cette technique peut provoquer la baisse des cours que souhaitent les vendeurs.

Les auteurs :
- Michel Husson, économiste, auteur de Le capitalisme en 10 leçons, La Découverte, Paris, 2012.
- Patrick Saurin, porte-parole du syndicat Sud Solidaires de la Banque Populaire – Caisse d’Epargne (BPCE).
- Stavros Tombazos, professeur d’économie politique à l’université de Chypre.
- Eric Toussaint, porte-parole du CADTM, auteur de Bancocratie, Editions ADEN, Bruxelles, 2014.
- Miguel Urban, PODEMOS, membre du Parlement européen

Notes

|1| Philippe Lamberts, eurodéputé Vert, propose un maximum de 100 milliards de dollars d’actifs.« A titre de comparaison, le total de l’actif* de BNP Paribas et de Deutsche Bank en 2011 était respectivement de 2 164 milliards d’euros et 1 965 milliards d’euros. »http://www.philippelamberts.eu/les-7-peches-capitaux-des-banques/ Nous pensons que la taille maximale doit être nettement plus réduite en particulier dans des petits pays. En effet 100 milliards d’euros, c’est un multiple du PIB de Chypre, c’est plus d’un quart du PIB de la Belgique.

|2| http://blog.mondediplo.net/2013-02-18-La-regulation-bancaire-au-pistolet-a-bouchon

|3| Paul Jorion dans Financité, novembre 2013.

|4| Par exemple, limiter le *hors-bilan aux garanties et aux engagements par signature. C’est donc à discuter.

|5| Voir Eric Toussaint, « Comment les grandes banques manipulent le marché des devises », publié par Le Monde.fr le 13 mars 2014 et repris sur http://cadtm.org/Comment-les-grandes-banques

|6| Eric Toussaint, « Les banques spéculent sur les matières premières et les aliments », 10 février 2014 http://cadtm.org/Les-banques-speculent-sur-les

|7| Ce qui veut dire abandonner le système de pondération des actifs par le risque, un dispositif particulièrement peu fiable puisque cette pondération est laissée à la seule initiative des banques. Pour une explication du système de pondération des actifs par le risque, voir http://cadtm.org/Les-banques-bluffent-en-toute

|8| Eric Toussaint, « Il faut imposer une véritable taxe Tobin au lobby bancaire », opinion publiée par le quotidien L’Humanité le 25 février 2014 et reprise sur http://cadtm.org/Il-faut-imposer-une-veritable-taxe

|9| Interview d’Eva Joly par Renaud Vivien, « En Islande, les responsables du naufrage bancaire n’ont pas pu acheter leur procès », http://cadtm.org/En-Islande-les-responsables-du

|10| Voir son site : http://pourunpolepublicfinancier.org/. Le pôle public promu par le collectif regrouperait des institutions financières publiques (Banque de France, Caisse des Dépôts et ses filiales financières, OSEO, Société des participations de l’État, Banque Postale, UbiFrance, Agence française de développement, Institut d’émission des départements d’Outre-Mer, CNP Assurance), ou dont l’activité relève d’une mission de service public (Crédit foncier, Coface). En ferait partie toute banque ou société d’assurance dans laquelle l’État viendrait à prendre une participation majoritaire ou à laquelle seraient attribuées des missions de service public. En Belgique, un site créé par le PTB est dédié à la promotion de la nécessité d’une banque publique :http://www.banquepublique.be/

|11| Frédéric Lordon, « L’effarante passivité de la « re-régulation financière » », in Changer d’économie, les économistes atterrés, Les liens qui libèrent, 2011, p. 242.

|12| Voir notamment les liens : http://www.sudbpce.com/files/2013/01/2012-projet-bancaire-alternatif-definitif.pdf ; http://cadtm.org/IMG/pdf/PLAQUETTE_BANQUES_SUD_BPCE.pdf ;http://cadtm.org/Socialiser-le-systeme-bancaire

Source : CADTM

– See more at: http://www.investigaction.net/que-faire-des-banques-des-mesures-immediates-pour-aller-vers-la-socialisation/#sthash.aZTfWIjH.dpuf

Enquête sur la loi du 3 janvier 1973


  https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTXKUsFbQdrhfvqmh9vVBAuk7l7rZkItleAn7QdEDwoGGi8oc3X
Auteur : Rougeyron Pierre-Yves
Ouvrage : Enquête sur la loi du 3 janvier 1973 Comment une élite de banquiers et de hauts fonctionnaires a endetté la France auprès des banques privées avec un texte obscur
Année : 2013

 

« Alors que d’anciens
États libéraient les esclaves
pour dette, comment diable un État moderne
comme la France
peut-il se mettre volontairement
en situation d’esclave
par le biais de la loi
du 3 janvier I 973 ? »

« Depuis 1990, 34 pays ont
renoncé à la souveraineté sur
leur banque centrale, ce dispositif
(loi du 3 janvier 1973)
sera repris par l’article I23 du
Traité de Lisbonne, dans sa partie
financière rédigée par le
groupe d’Amato où la France
était représentée par Dominique Strauss-Kahn »

« Il est aujourd’hui pour le
moins paradoxal de constater que,
pendant des siècles, l’Ancien Régime
avait préservé jalousement le droit
de l’État de battre monnaie et le
privilège exclusif d’en garder le bénéfice,
la République démocratique
a abandonné pour une grande part
ce droit et ce privilège à des intérêts
privés »
Maurice Allais

Introduction

<< Voilà ce qui va Je passer : les difficultés monétaires et financières
qui seront considérables vont amener les successeurs
à céder aux Américains. Certes, on leur mettra des « tapis
rouges sous les pieds », mais ils Passeront par la volonté des
Anglo-saxons et, les difficultés financières servant d’excuse,
toute l’indépendance française va disparaître … »
Charles de Gaulle, 24 avril 1969 1

 

 

En 1973, chaque Français ( homme, femme, enfant) était endetté
à hauteur de 808 euros par personne. En 2012 cette dette était
déjà d’environ 26.108 euros par personne, soit 32 fois plus.2

Que s’est-il passé ? Avons-nous été comme le disent certains un
pays-cigale qui jette son argent par les fenêtres ?

Pendant la campagne présidentielle de 2012, quatre candidats
(Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen et
Jean-Luc Mélenchon) totalisant 30% des suffrages exprimés ont
avancé une explication : l’État français pouvait pour réaliser ses
grands travaux, utiliser sa monnaie à travers sa Banque Centrale, mais
il aurait perdu cette possibilité par une loi votée le 3 janvier 1973.

À partir de là, l’État se serait endetté auprès de banques privées,
payant des intérêts pharaoniques qui laisseraient aujourd’hui nos
finances exsangues, et cela menacerait le patrimoine des Français et


1 Cité par Michel Debré Entretien avec le général de Gaulle 1961-1969, Albin Michel,
page 186.
2Bien sûr les Français ont également un patrimoine national privé qui reste supérieur à
cette dette.


son indépendance. La courbe de l’évolution de la dette publique de la
France et de ses intérêts cumulés qu’André-Jacques Holbecq a rendue
publique, a eu un immense retentissement.
Nous avons pris l’initiative de retrouver les témoins et participants
encore vivants de l’élaboration de cette loi pour comprendre
leurs motivations. Nous avons aussi voulu vérifier si cette loi a bien eu
les effets qu’on lui prête.
À travers cette enquête nous avons constaté que les élites
règlent toujours les grandes questions dans la pénombre d7s cabinets
ministériels mais jamais au grand jour devant les citoyens. A partir de
textes et de documents, dont certains sont livrés au public pour la
première fois, nous avons retracé la naissance, les sources et les développements
d’une loi messagère d’un nouvel ordre international qui
signera le retour de l’hégémonie des banques, de la finance, et des
marchés sur nos vies (comme avant la crise de 1929 ).
C’est l’histoire d’une extraordinaire prise de contrôle des États
et des Nations à partir de la confiscation de la monnaie. Dans un
contexte de crise financière et européenne aggravée, écrire sur cette
loi a été pour nous comme si nous avions dû écrire sur les accords de
Munich au milieu de la Seconde Guerre mondiale. La réalité nous rattrape
à grands pas par une souffrance sociale et une violence à venir.
Si nous interrogeons nos parents, ils ont connu l’emploi, le progrès
puis la crise, mais personne ne leur a jamais parlé de la dette. Comment
en sommes-nous arrivés à devoir entendre tous les matins : « Tu paieras la dette » .

Qui en a débattu ?
Quand l’avons-nous contractée, et auprès de qui ?
Pourquoi ont-ils tout caché ?

Les Français ont le droit de savoir qui les a ruinés, par quels
mécanismes et au profit de qui.

suite…

Rougeyron Pierre-Yves Enquete sur la-loi du 3 janvier-1973

L’IMPÉRATRICE NUE OU La grande fraude médicale


 
Auteur : Ruesch Hans
Ouvrage : L’Impératrice nue ou La grande fraude médicale
Année : 1982

«Nous sommes des apprentis sorciers. Surtout
dans le domaine scientifique. Nous nous glorifions
de découvertes qui, en même temps,
nous empoisonnent. Je crois qu’il faudra
beaucoup de temps et de courage aux générations
qui nous suivent pour se débarrasser des
conséquences désastreuses des recherches.»
(Professeur Lépine, chef du services des virus de
l’Institut Pasteur, membre de l’Académie des
sciences et de l’Académie nationale de médecine)

Avant-propos de l’éditeur
Un dossier impressionnant qui a nécessité de la part de son réalisateur
des années d’observations strictes sur ce qui trompe le monde
dans le secteur de la santé par l’expérimentation de «médications» chimiques
sur les animaux et… sur les humains. Il fallait un auteur incorruptible
et courageux pour oser pénétrer de front dans le monde de
cette pseudo-recherche et, parfaitement documenté, il s’agit maintenant
d’ouvrir les yeux du consommateur de santé endormi.
Il met en évidence le fait que les médecins et leurs professeurs sont
trompés dans leurs formations, alors que les uns et les autres, mus par
des sentiments honnêtes, sont convaincus de la validité de leur
«savoir» qui devrait, logiquement, avoir un impact sur le bien-être
sanitaire de l’humanité.
Tel un serpent — comme celui du caducée, emblème des professions
médicales — une super-puissance s’est infiltrée insidieusement dans le
monde de la santé pour déformer la doctrine hippocratique à des fins
de… spéculation monétaire. L’industrie pharmaceutique est, notamment,
sous sa dépendance. Pour cette dernière, le malade est une
aubaine. C’est une opportunité à exploiter par ceux qui ont des $ à la
place des yeux. Le mot d’ordre transmis aux médias devenus complices,
est de rester discret sur ce qui se passe réellement dans les
«laboratoires de recherches» et comment convaincre le malade qu’on
va tout faire pour l’en sortir…
Le Consortium de la chimie, de la médecine et de la vivisection, occupe
aujourd’hui une place beaucoup trop considérable. Ce dernier secteur
est tellement important qu’il ne peut que provoquer un malaise
moral et une sérieuse remise en question chez les chercheurs intègres
qui sont parvenus à pénétrer dans les coulisses de ce type de
«recherche». Et cela provoque un schisme dans le monde médical avec
quatre tendances :
1. Ceux qui choisissent la collaboration, parce qu’il faut bien vivre…
Pour ces derniers, quelle aubaine de «gagner sa vie» en laissant libre
cours à ses bas instincts en torturant des êtres démunis, et ce, sous une
étiquette de «chercheurs».

2. Ceux qui préfèrent rester dans l’ignorance et, de la sorte, continuent
à avoir, comme dans les religions, une confiance aveugle en
leurs «maîtres».
3. Ceux qui, témoins de la perdition de la médecine officielle par le
manque de respect des grandes lois de la Nature enseignées par
Hippocrate, ne font plus confiance en l’éthique médicale. La plupart de
ces derniers — et ils sont de plus en plus nombreux — s’orientent vers
une médecine digne de porter ce nom avec encore la crainte — comme
au temps de l’Inquisition — de se voir attirés au ban des accusés sous
l’inculpation d’«hérésie médicale». Mais heureusement, les temps
changent ! Les mentalités aussi !
4. Ceux qui ne savent pas encore.
Ce n’est pas seulement à ces derniers, mais surtout au grand public,
que ce livre s’adresse.
Hans RUESCH explique pourquoi cette recherche fallacieuse, qui n’a
évidemment rien à son actif dans les progrès de la santé, fonctionne
encore. Ses oeuvres courageuses ne peuvent être ignorées ! (voir
quelques-unes en pages 282 à 284).
Le lecteur comprendra rapidement pourquoi la recherche médicale
vraie ne peut s’investir davantage dans le domaine de la prévention.
C’est là que l’on trouve des causes telles «environnementales», «nutritionnelles»,
«iatrogènes»,… ! Les chercheurs qui s’efforcent de trouver
les causes de déséquilibres de santé (recherches peu coûteuses), comme
tous ceux qui sont en recherche de «vrai», participent au déshabillage
de cette «Impératrice» dont il est question dans les pages qui vont
suivre. Godefroid

… Spéculant sur l’ignorance et sur les souffrances
d’innombrables personnes, sur leur peur
constante de la douleur et de la maladie soutenue
par les mass medias, cette pseudoscience a créé
l’illusion qu’elle détiendrait des pouvoirs mystérieux
et illimités dont le salut de l’humanité
dépendrait. C’est ainsi que les peuples de l’hémisphère
occidental se sont prosternés avec crainte
et servilité à ses pieds, s’en faisant l’image d’une
déesse omnipuissante d’une beauté insurpassable,
vêtue d’or et de brocart, ne pouvant être
contemplée par le commun des mortels sous
peine d’aveuglement. Mais s’ils avaient le courage
de le faire, ils découvriraient que leur impératrice
est toute nue et horrible à voir.
De «Expérimentation animale : Honte et échecs
de la médecine»

Préface
Les circonstances familiales et un penchant pour les lettres
avaient fait de moi un lecteur et écrivain multilingue. A part la
publication de romans parus chez les principaux éditeurs
d’Europe et d’outre-mer, je m’étais intéressé activement à l’étude de la
médecine, entre autres en dirigeant pour une maison d’édition italienne
une longue série de livres médicaux.
Mes expériences avec la médecine avaient malheureusement commencé
au cours de ma toute première enfance à Naples. Déjà comme
bébé, je fus opéré pour une otalgie infectée qui exigeait des nettoyages
très douloureux de l’oreille moyenne encore un ou deux ans après. Et
j’en garde toujours le souvenir. Des photos d’enfance me montrent avec
la joue prodigieusement enflée et la tête toute bandagée.
Pour des raisons d’études, mon père devait passer près d’un an à
Zurich et, ne voulant pas se séparer de la famille, il y loua une petite
maison qui pouvait tous nous accueillir : mon père et ma mère, ma
soeur, moi et le dernier arrivé, mon frère bébé, Konrad dont la vivacité
débordante faisait la joie de toute la famille. Et là, inattendue, la tragédie
: bébé Konrad tué brusquement à l’âge de onze mois par une prescription
risquée et superflue d’un pédiatre de Zurich. J’avais quatre ans.
Je m’en souviens trop bien. C’était terrible. Cet événement m’a profondément
marqué.
Puis, pendant mon adolescence, j’assistai au décès de mon père au
bout d’une longue maladie, terrassé lui aussi par des diagnostics erronés
de la part de grandes coryphées de l’art médical de notre époque. Il
n’avait que 47 ans. Il avait toujours pris soin de lui et ne commettait
aucun excès. Il avait un seul grand défaut : une foi inébranlable en la
«Médecine Moderne». Pour lui, les médecins étaient des oracles.
Par la suite, le résultat de mes études et recherches faites en Europe
et en Amérique me convainquit que la Médecine Moderne tellement
vantée est devenue elle aussi une victime de la révolution industrielle
qui lui a fait oublier le savoir et les idéaux d’Hippocrate dans sa chasse
effrénée au pouvoir et à la richesse. Ni mon petit frère, ni mon père,
n’ont jamais su ce que je n’appris que plus tard : que leur fin prématurée
était due à des médicaments dont l’utilité et la sûreté avaient été
«garanties» par un grand nombre de preuves faites sur des animaux,
qui ne peuvent pas donner d’informations fiables et sont employées
juste pour cette raison.

Ma soeur, qui avait commencé à fumer trois paquets de cigarettes par
jour depuis ses études universitaires, finit par en mourir elle aussi au
bout de plusieurs années, d’un cancer aux poumons, bien avant la
découverte officielle du danger mortel du tabagisme. Cette découverte a
été retardée de près d’un siècle par les soi-disant chercheurs médicaux
chargés par les fabricants de cigarettes de «prouver» à l’humanité l’innocuité
absolue de leurs produits. Ils y réussirent en les testant sur des
millions de chiens et de singes qui, au contraire des êtres humains, n’en
meurent pas…
Mais comment s’explique que, malgré sa flagrante cruauté et la série
de faillites dont quelques unes de proportion désastreuse qui ont
accompagné toute l’histoire de la vivisection, celle-ci n’ait pas encore
été abolie ? La raison fondamentale est que tant qu’on considère légalement
valide cette expérimentation avec le but d’en extrapoler les résultats
sur l’homme, l’industrie pharmaceutique se trouve fournie d’une
irremplaçable courroie d’accélération pour la commercialisation de ses
médicaments. Qu’ils soient dangereux ou non, voire mortels, est secondaire.
Le commerce avant tout ! Comme méthode de recherche médicale,
la vivisection (on comprend par ce terme toutes les preuves létales ou
stressantes faites sur l’animal, même si elles ne sont pas cruentées) est
irremplaçable parce qu’elle donne d’habitude des réponses ambigües ou
vagues qui, de la sorte, peuvent être interprétées comme on veut, ce qui
est contraire à une méthode qui se veut scientifique. Somme toute, il
s’agit d’une affirmation autoritaire dont les seuls interprètes accrédités
sont les représentants de l’industrie pharmaceutique. C’est un fait très
grave en considérant que, dernièrement encore, un important fonctionnaire
de l’Organisation Mondiale de la Santé, Jonathan Quick, a déclaré
que Les multinationales de la Pharmaceutique sont la majeure force
politique et économique de notre société.
En fait ce sont elles, en collusion avec la politique, qui empêchent que
la vérité sur la prétendue recherche médicale soit généralement connue.
Cependant, une fois j’eus la grande chance d’y réussir lorsqu’en janvier
1976 parut en Italie chez l’empire éditorial Rizzoli (quotidiens, livres,
hebdomadaires, cinéma), mon premier livre qui n’était pas un roman
mais un essai, un exposé dans lequel je dévoilais les secrets défendus de
l’actuelle recherche médicale industrialisée qui, peut-être sans le vouloir
mais par incapacité et l’anxiété du gain, fabrique les nouvelles maladies
et empêche la guérison des anciennes : IMPERATRICE NUDA. Ce
fut une sensation éditoriale sans précédent qui retentit jusqu’à la presse

 étrangère et au Parlement italien, où il causa des interpellations en
pleine période électorale.
Mon coup de chance fut que, comme tous les hommes d’affaire
importants, le jeune Angelo Rizzoli qui venait de prendre en main les
rênes de la grande entreprise héritée de son grand-père, n’avait pas le
temps de lire des livres, étant trop occupé à étudier des chiffres. Mes
romans avaient du succès. L’un avait même été porté à l’écran avec Kirk
Douglas, un autre avec Anthony Quinn et Peter O’Toole. Il n’en fallait
pas plus pour établir la réputation d’un écrivain. Lorsque je proposai à
la Maison Rizzoli une nouveauté, IMPERATRICE NUDA, que je venais
d’écrire directement en italien, ma langue maternelle, la Maison accepta.
N’ayant pas lu le livre, Rizzoli ne se doutait pas — moi non plus
d’ailleurs — qu’en le publiant, il casserait les pieds de la multinationale
Montedison, une force politique en Italie, qui était sa principale créancière
et maintenait à flot sa vaste entreprise depuis qu’elle était en difficulté
financière.
Rizzoli dû faire amende immédiate. De ce fait, mon nouveau succès
ne fut qu’un feu de paille. Les volumes disparurent presque du jour au
lendemain de toutes les librairies, avec l’explication aux clients que
l’édition était épuisée et que la nouvelle viendrait de suite. Ce ne fut pas
le cas. J’habitais Rome à ce temps-là et je visitais tous les jours la grande
librairie Rizzoli du centre, un endroit mondain, et j’étais devenu ami
du directeur et des vendeurs. L’un d’eux me conduisit au sous-sol et me
montra les cartons d’Imperatrice nuda qui y avaient été relégués.
Finalement, je dû prendre un avocat pour rentrer dans les droits de
pouvoir republier moi-même le livre que j’avais écrit.
Ma version allemande du livre, publiée par l’éditeur Franz
Hirthammer de Munich (aucun éditeur suisse y aurait touché !), servit
de base à mon compatriote Franz Weber, fameux écologiste, pour lancer
avec moi un référendum pour l’abolition totale de la vivisection en
Suisse. Il y avait eu d’autres référendums contre la vivisection en Suisse,
qui est la citadelle de cette aberration, mais en en demandant seulement
la réduction pour des raisons de piétisme. Le nôtre, par contre, était le
premier référendum au monde qui demandait l’abolition totale pour
des raisons scientifiques et médicales, avalisées par des docteurs internationaux
de renom que j’avais collectionné au cours des années,
comme le chirurgien allemand le Dr Hartinger, le professeur italien
Croce, le professeur américain Mendelsohn. Aucun Suisse ! Ils auraient
risqué leur licence !

Ce fut Franz Weber lui-même qui me trouva un éditeur ami pour la
version française du livre, sans laquelle il ne pouvait lancer le référendum
: les excellentes Éditions Pierre Favre de Lausanne, fameuses pour
avoir édité entre autres grands titres aussi Terre des Hommes
d’Edmond Kaiser. Craignant que les Suisses ne comprennent pas
l’Impératrice nue, Favre la retitra Ces bêtes qu’on torture inutilement.
Le 8 juin 1980, dès que l’édition française fut enfin prête, Franz Weber
organisa une grande conférence de presse à Berne dans laquelle il
annonça sa nouvelle initiative.
Pendant cinq ans et demi, ce référendum fut âprement combattu par
la coalition des institutions helvétiques au grand complet : Parlement,
banques, corps médical, médias, journaux, partis politiques, tous, sans
exception. Quant à l’industrie chimique, la principale intéressée au
maintien du statu quo, elle paya dans le cours des cinq années des
dizaines de millions de francs suisses à une entreprise de relations
publiques pour nous combattre de toutes les manières et même
convaincre la population que la réussite du référendum obligerait la
plus grande industrie du pays à se transférer au Tiers Monde avec la
plupart de ses dépendants.
Puisque pour la première fois la controverse ne touchait pas les animaux
et la compassion mais la science et la médecine, ce fut aussi la
première fois que dans les débats publics on vit l’inanité des porte-paroles
de l’industrie chimique lorsqu’ils venaient confrontés par des
hommes de médecine non inféodés à la chimie ; des hommes libres,
venus de l’étranger. Pendant la dernière quinzaine précédant le vote, en
dépensant fleuves d’argent — qui à nous faisait défaut — nos ennemis
créèrent une véritable atmosphère terroriste en Suisse, tapissant les
journaux et les endroits stratégiques de certaines villes avec des affiches
criant par exemple : «Voulez-vous que vos fils tombent malades de
polio ? Alors votez OUI au référendum !»
Cela se passait au mois de novembre 1985, quand les auteurs de ce
dernier bonbon n’avaient pas encore été ridiculisés par Science, la prestigieuse
revue américaine qui, dans le numéro d’avril 1986, communiquait
dans un article de Daniel Jack Chasan intitulé «Le Paradoxe de la
Polio» : Un des deux vaccins anti-polio a été pour la plupart abandonné
aux Etats-Unis, l’autre est la cause principale de la maladie. Le vaccin
«vivant» (celui de Sabin) est actuellement le «vaccin de choix» aux
Etats-Unis. Il est aussi la cause principale de la polio. En 1982 et 1983,
d’après le Morbility and Mortality Weekly Record du Centre Fédéral
du contrôle de la maladie, il en était la seule cause.

Pour la disparité des moyens à disposition de nos nombreux ennemis
institutionnalisés (Parlement, banques, médias, journaux, partis politiques)
et le chantage économique exercé sans pudeur par notre industrie
chimique (menace d’expatrier) notre défaite était prévue comme
tout aussi écrasante que lors des référendums précédents. Mais le
monde entier fut surpris par le nombre de «OUI» obtenus dans notre
petit pays : presque la moitié de ce qu’avait su obtenir le mastodonte
pharmaceutique avec son armée de puissants.
Un petit titre dans un journal américain annonça ainsi l’issue du référendum
: «Le peuple suisse choisit de protéger ses emplois plutôt que
ses animaux».
Si le rédacteur en charge avait été mieux informé, il aurait dit : «Le
peuple suisse choisit de protéger les profits de la chimie plutôt que sa
propre santé».
En 1991, les Nouvelles Presses Internationales de Toulouse republièrent
la version française, la retitrant Expérimentation Animale : Honte
et échecs de la Médecine. C’est sous ce titre qu’elle existe en France
aujourd’hui.
En même temps qu’en Allemagne, IMPERATRICE NUDA sortait
aussi aux Etats-Unis au printemps 1978. Sa préparation a été tout un
programme, une odyssée qui dura un an et demi. En plus de 20 ans
d’engagement comme écrivain, je n’avais jamais encore reçu de tels
compliments et encouragements de la part d’un éditeur. Et c’était la
plus grande maison de livres de poche d’Amérique, Bantam Books. Le
23 novembre 1976, Roger F. Cooper, un des principaux rédacteurs de la
Maison, m’écrivait : Je suis ravi de prendre en charge la mise au point
de votre livre. Puisque c’est un livre controversé, nous vous prions
d’envisager la possibilité de venir nous voir à New York pour clarifier
certains points ou substancier certains passages avec notre avocat. Ci-joint
notre rapport légal avec une liste de questions. Jusqu’alors, je
veux simplement réitérer l’enthousiasme de nous tous ici chez Bantam
pour ce livre et notre confiance quant à la résolution facile des questions
légales.
Je séjournai trois semaines à New York comme invité de Bantam
Books dans un hôtel de Manhattan, le quartier où j’avais passé presque
huit ans de ma vie. Là se trouvent Rockefeller Center et réunies sur un
mouchoir la plupart des agences littéraires des Etats-Unis, la douzaine
des principaux éditeurs et la rédaction des organes nationaux majeurs
comme NewsWeek, Time & Life, New York Times.

Le premier problème à résoudre fut inattendu. Apparemment, assez
de vestiges du puritanisme d’antan subsistaient encore aux Etats-Unis
pour faire craindre au Conseil que le public pourrait objecter à la nudité
promise par le titre, surtout s’agissant d’une impératrice. On décida
de le retitrer Le Massacre des Innocents, auquel personne ne pouvait
objecter puisqu’il évoquait la Bible.
Tout le reste fut plus facile à résoudre. Deux après-midis passées
dans le bureau de l’avocat Florence Heather, qui était aussi membre du
Conseil de Bantam Books, et quelques visites aux rédactions dont l’avocat
voulait consulter les archives éditoriales, suffirent. Nous signâmes le
contrat fixant la date de publication au 2 avril 1978 en un premier tirage
de 200.000 exemplaires, ce qui est normal dans un pays où tout est
en grand, et je rentrai en Europe, anxieux de commencer mon nouvel
exposé qui est celui que vous êtes en train de lire à présent.
Je serai bref. Bantam Books n’avait pas écouté mon conseil de maintenir
la sortie du livre secrète jusqu’au dernier jour, au contraire.
Croyant bien faire, ils avaient distribué 3600 exemplaires à recenser
avec trois semaines d’avance sur la date de publication à autant de
science writers (rédacteurs scientifiques), pour lesquelles le sujet de
l’expérimentation animale est bien connu comme le plus strict tabou
éditorial. Résultat : encore pire qu’à Rome. Non seulement pas de
volumes dans les librairies, mais pas même une seule recension dans la
presse générale, qui pourtant n’avaient jamais ignoré tous mes autres
livres sortis en Amérique.
Une industrie peut-elle avoir un tel pouvoir sur les moyens d’information
? Deux vétérans des lettres et de la politique n’en doutent pas.
L’un est l’ex-agent secret anglais John Le Carré qui, avec L’espion qui
venait du froid a créé un genre littéraire. Dans son dernier roman, que
le Times de Londres anticipa à ses lecteurs en livraisons, c’est une multinationale
pharmaceutique, emblématique de toutes les autres, qui
cette fois joue le rôle du méchant.
Le Carré dit : «Ils mentent sur tout, sur n’importe quoi. C’est
incroyable comme les moyens d’information ne s’opposent pas aux
corporations. Même s’il y a un motif. Les directeurs risquent leur poste
et les éditeurs risquent de se faire des ennemis». Évidemment, c’est un
risque que Le Carré, tout en ayant atteint l’âge de 72 ans, la célébrité et
la richesse, ne veut pas courir. Il écrit : «Je ne puis révéler les noms des
compagnies, autrement nous finirions tous au tribunal».

L’autre vétéran des lettres et de la politique est le non moins célèbre
Jean Ziegler (La Suisse au dessus de tous les soupçons), Professeur de
sociologie à l’Université de Genève et enfant terrible du Parlement suisse.
Le titre de son nouveau livre dit presque tout : Les Seigneurs du
Crime. Selon lui, depuis une vingtaine d’années, les sociétés démocratiques
qui vivent sur notre continent sont menacées par de nouvelles et
redoutables mafias qui tirent parti de l’effondrement du communisme,
de la déréliction de certains États, de la globalisation financière et de la
mondialisation du libéralisme. Ces nouveaux parrains avancent masqués,
vivent dans l’ombre, nul ne connaît leurs visages ou leurs noms
véritables.
Sortant de cultures profondément diverses, Le Carré et Ziegler semblent
partager avec un nombre croissant d’individus pensants la même
préoccupation, que le crime organisé soit en train de s’emparer des institutions
et que dans certains pays il y soit déjà parvenu. La globalisation
dont on parle tant, inclurait-elle la globalisation du crime ? Ce qui
confirmerait l’ancien dicton selon lequel «pour que le Mal triomphe, il
suffit que les Bons ne fassent rien». Évidemment, le monde est trop
plein de Bons.
Me rendant compte qu’il ne serait facile dans aucun pays de trouver
un éditeur pour un livre comme IMPERATRICE NUDA, je le proposai
avant tout à ceux qui avaient publié avec succès mes romans. Ils étaient
parmi les plus importants du pays. En Allemagne, c’était Rowohlt,
Ullstein, Tauchnitz, Fischer. En Angleterre, Collins, Hutchinson, New
English Library. En France, Albin Michel, Laffont, Calman-Lévy. Tous,
je dis bien tous, le rejetèrent sans aucune considération (…). De même
que les éditeurs moins importants auxquels je le proposai par la suite.
C’est pourquoi mes lecteurs français ont dû attendre une vingtaine
d’années pour pouvoir lire ce nouvel ouvrage.

PREMIÈRE PARTIE

LE DOGME FALLACIEUX

«LE LEGISLATEUR»

suite…

https://mega.co.nz/#!qdVAyT7Y!zCEWXH9ucpxtZ3vsLTo37sB_lCwGSfTyln9AXhmH2F4

Avec la disparition des passagers du vol MH370 de Malaysian Airlines, le milliardaire Jacob Rothschild devient l’unique propriétaire d’un brevet sensible


 

https://worldtruth.tv/wp-content/uploads/2014/03/fc1d76b92905d06679be693c7a4389c0_article.jpgCoïncidence ?

Les mystères entourant le vol MH-370 continuent de croître de jour en jour et M. Rothschild reçoit un coup entre les deux jambes.

Rothschild est, du fait de cette coïncidence, soupçonné d’avoir exploité l’avion de ligne pour obtenir les droits complets d’incroyables brevets de micro-puce KL-03. L’entreprise technologique américaine, Freescale Semiconductor, qui a partagé ses droits avec Rothschild, avait vingt membres très expérimentés à bord qui venaient de lancer un nouveau gadget de guerre électronique pour les systèmes de radars militaires avant que l’avion ne disparaisse. […]

Sur les 239 personnes à bord du vol MH370, la plupart étaient des ingénieurs et d’autres travaillaient pour les usines de la compagnie de puce électronique à Tianjin, en Chine et à Kuala Lumpur.

Freescale avait présenté ses condoléances aux familles des victimes et avait souligné le fait qu’elles étaient des personnes expérimentées et uniques et que c’était une grosse perte pour la société. Sur les 20 individus, 12 étaient malaisiens et 8 chinois. […]

Mais c’est là que ça devient encore plus intéressant. Les actionnaires de Freescale, dont notamment le Groupe Carlyle dont les conseillers de ces dernières ont inclus l’ex-président américain George Bush Sénior et l’ancien Premier ministre britannique John Major. Certaines des entreprises clientes précédents incluent l’entreprise de construction appartenant à la famille d’Oussama ben Laden, au groupe saoudien Ben Laden.

Ce qui fait que cette revendication se démarque de toutes les autres théories, c’est le fait que beaucoup de ses employés et personnels hautement qualifiés se trouvaient à bord.

Selon World Truth TV :

Voila ce que vous devez tous savoir. Partagez cette information à tous vos proches.

Quatre jours après la disparition du vol MH370 un brevet est approuvé par le Bureau des Brevets.

4 des 5 individus titulaires du brevet sont des employés de Freescale Semiconductor à Austin au Texas.

Le brevet a été partagé en 5 parties de 20% pour chaque titulaires, dont la répartition est la suivante :

Peidong Wang, Suzhou, Chine (20%)

Zhijun Chen, Suzhou, Chine (20%)
Zhihong Chen, Suzhou, Chine (20%)
Li Ying, Suzhou, Chine (20%)
Freescale Semiconductor, Etats-Unis (20%)

Si un titulaire du brevet meurt, alors les titulaires qui restent se partagent équitablement les dividendes d’une augmentation.

Si 4 titulaires du brevet sur 5 meurent, alors le titulaire restant possède 100% des profits accumulés par le brevet.

Le dernier titulaire vivant du brevet est Freescale Semiconductor.

Qui possède Freescale Semiconductor ?

Jacob Rothschild via Blackstone (quel nom intéressant pour une compagnie, ‘pierre noire’) qui possède Freescale. Les Rothschild sont une dynastie de financiers et de banquiers internationaux d’origine juive allemande. La famille du XIXe siècle une des familles les plus influentes de banquiers et financiers Européens.

Pour voir le brevet :http://truthnewsinternational.files.wordpress.com/2014/03/us008671381.pdf

https://worldtruth.tv/wp-content/uploads/2014/03/1111.png

 

Rothschild cache les preuve qu’il a obtenu les droits à ce semi-conducteur. Il veut le pouvoir et il veut l’argent! 239 morts ne veulent rien dire pour lui, ça fait juste partie du contrôle de la population. A la fin, il obtient l’argent, la gloire, et le pouvoir; tout ça alors que le monde reste silencieux.

Source(s) : Before It’s News /  Le Nouvel Ordre Mondial / Wikibusterz, le 28.03.2014 / Relayé par MetaTV(metatv.org)

 

Délits et crimes financiers : pourquoi les banquiers ne vont jamais en prison


par Eric Toussaint 11 mars 2014

 

De nombreux délits ont été commis ces dernières années par des banques et leurs dirigeants – escroquerie, blanchiment d’argent, organisation de la fraude fiscale, délits d’initiés ou manipulations, notamment. Pourtant aucune banque n’a perdu sa licence ou n’a été démantelée par décision de justice. A quelques rares exceptions, aucun banquier n’a été condamné à une peine de prison. Les banques seraient-elles au-dessus des lois ? Les banques seraient désormais « trop grandes pour être condamnées » : les inculper auraient des répercussions trop importantes pour l’économie. Explications.

On connaît la maxime : « Trop grandes pour faire faillite » (« Too Big To Fail »). La manière dont les gouvernants ont géré la crise provoquée par les banques débouche sur une nouvelle doctrine, qui peut être résumée par : « Trop grandes pour être condamnées ». Ou « Trop grandes pour être emprisonnées », si on traduit littéralement le nouvel adage qui fait florès aux États-Unis et au Royaume-Uni, « Too Big to Jail » [1]. En effet, alors que le gouvernement des États-Unis a laissé la banque Lehman Brothers faire faillite en septembre 2008, aucune banque n’a été fermée, ne s’est vu retirer la licence bancaire, n’a été démantelée par décision de justice. Aucun dirigeant de banque n’a été condamné à une peine de prison.

L’unique exception dans le monde occidental concerne l’Islande où la justice a condamné à des peines de prison ferme trois dirigeants de banque. Larus Welding, principal dirigeant de la banque Glitnir, qui a fait faillite en 2008 quand elle était encore la troisième banque du pays, a été condamné fin décembre 2012 à neuf mois de prison. Sigurdur Einarsson et Hreidar Mar Sigurdsson les deux principaux dirigeants de la banque Kauphing [2] ont été condamnés respectivement à cinq ans et cinq ans et demi de prison en décembre 2013 (sur le sujet, lire l’enquête de Basta ! Comment jeter les banquiers voyous en prison, en dix leçons).

Pourtant, la justice des États-Unis et d’Europe est confrontée à de très graves délits commis par les plus grandes banques : escroquerie en bande organisée à l’encontre des clients, des (petits) actionnaires et des actionnaires publics, blanchiment d’argent du crime organisé, organisation systématique de la fraude fiscale à très grande échelle, manipulation en bande organisée des taux d’intérêts (Libor, Euribor,…), manipulation en bande organisée des marchés de change, faux et usage de faux, délits d’initiés, destructions de preuves, enrichissement abusif, manipulation en bande organisée du marché des Credit Default swap, manipulation du marché physique des commodities (matières premières), complicité dans des crimes de guerre… Et la liste n’est pas exhaustive !

Traitement de faveur et négociation avec la justice

Eric Holder, procureur général des États-Unis, interrogé en juin 2013 par une commission du Sénat de son pays, a résumé clairement le fond de la doctrine « Trop grandes pour être condamnées ». Il a déclaré en substance à propos des grandes banques que « ces institutions sont si grandes qu’il est difficile de les poursuivre en justice, et si on le faisait, on se rendrait compte qu’effectivement, les inculper pour activités criminelles pourrait avoir des répercussions négatives pour l’économie nationale, voire mondiale » [3].

Les retombées de cette position sont claires. Le fait que la spéculation et les crimes financiers ont causé la pire crise économique depuis le siècle dernier pèse fort peu dans la balance de la justice. Bien que de tels excès soient associés à une épidémie de fraudes [4], à tous les niveaux des opérations des banques des États-Unis, ces institutions sont autorisées à poursuivre leurs opérations. Il leur suffit de passer un accord avec la justice afin de payer une amende pour éviter une condamnation.

Imaginez la situation suivante : après un mois d’enquête, la police retrouve une personne qui a commis un vol d’un million d’euros. Au moment d’être appréhendée, la personne en question déclare au juge d’instruction et à la police : « Je propose de payer deux mille euros d’amende, vous me laissez en liberté et vous n’entamez pas de poursuite. D’accord ? ». Le juge et la police lui disent : « Ok, pas de problème, excusez du dérangement. Bonne continuation. Essayez de ne pas vous faire prendre une prochaine fois, ce serait dommage ». Le traitement de faveur auquel ont droit les banques responsables de délits et de crimes financiers n’est pas très différent de cette situation imaginaire. Bertold Brecht avait pleinement raison de poser la question : « Qui est le plus grand criminel : celui qui vole une banque ou celui qui en fonde une ? » [5].

Des banques au-dessus des lois ?

Les conséquences directes des méfaits des banques sont particulièrement graves : 14 millions de familles aux États-Unis ont été expulsées de leur logement entre 2007 et 2013 (voir tableau ci-dessous), parmi elles, il est avéré qu’au moins 495 000 familles l’ont été de manière parfaitement illégale [6], des millions de personnes ont perdu leur emploi, une partie d’entre elles sont tombées sous le seuil de pauvreté, le taux de suicides a augmenté parmi les personnes affectées, la dette publique a explosé et les fonds de pensions des pays développés ont perdu près de 5 400 milliards de dollars [7].

Saisies immobilières aux États-Unis et en Espagne

Source : Etats-Unis / Espagne.

Le rôle des banques privées est manifestement si important et indispensable au système capitaliste que leur fonctionnement transcende les contraintes légales et constitutionnelles des sociétés modernes. Dès lors, la justice se voile la face devant les délits et crimes commis par les banques et leurs dirigeants, afin de leur éviter de passer ne serait-ce qu’un jour en prison. En fin de compte, on ne peut tout de même pas poursuivre en justice un dirigeant d’une institution bancaire qui « ne fait que le travail de Dieu », pour citer Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs.

La déclaration ci-dessus pourrait prêter à sourire si des transactions entre banques et autorités judiciaires ou de contrôle ne venaient pas régulièrement confirmer l’application de la doctrine « trop grandes pour être condamnées » des deux côtés de l’Océan Atlantique. Les affaires se suivent et la justice se borne à des amendes qui représentent bien souvent une maigre fraction des bénéfices issus d’activités illégales, sans qu’aucun dirigeant ne soit inquiété. Tout au plus comparaissent devant des tribunaux et sont condamnés, des lampistes comme Jérôme Kerviel, jamais les patrons qui les ont poussés à augmenter les bénéfices de l’entreprise en utilisant toutes les entourloupes possibles et imaginables.

Banalisation des conduites illégales ou criminelles

Six exemples suffisent pour témoigner de la situation actuelle : 1. les accords passés entre les banques des États-Unis et différentes autorités du pays afin d’éviter une condamnation en justice dans l’affaire des prêts hypothécaires abusifs et des expulsions illégales de logement (foreclosures) ; 2. HSBC (1ère banque britannique) mise à l’amende aux États-Unis pour blanchiment d’argent des cartels mexicains et colombiens de la drogue ; 3. la manipulation des taux d’intérêt interbancaire et des taux sur les dérivés connue comme l’affaire du LIBOR ; 4. le scandale des « prêts toxiques » en France ; 5. les activités illégales de Dexia en Israël ; 6. l’évasion fiscale internationale organisée par la principale banque suisse UBS.

Il apparaît clairement que les banques et autres grandes institutions financières de dimension mondiale, agissant souvent en bande organisée (en cartel), font montre d’un niveau rarement observé à ce jour de cynisme et d’abus de pouvoir. Aujourd’hui, après que les États aient mis l’argent public à disposition des entités financières dont les paris spéculatifs ont mal tourné, les magistrats en charge de faire appliquer la loi s’emploient à protéger les responsables de ces entités et banalisent ainsi, voire justifient a posteriori la conduite illégale ou criminelle dont ils se sont rendus coupables.

Une impunité qui encourage la prise de risque

Un tel contexte, où règne l’impunité, encourage les dirigeants des firmes financières à davantage d’abus et de prises de risque. Les banques en tant qu’institutions ne sont pas condamnées, et le plus souvent ne sont même pas convoquées devant un tribunal. Ces banques font porter l’entière responsabilité à des traders comme Jérôme Kerviel et quelques dizaines d’autres et obtiennent que la justice les condamne pour leur avoir porté préjudice.

La situation des principaux dirigeants des banques est bien différente : le montant de leurs bonus croît suite à l’augmentation des revenus de la banque (il n’est pas rare de voir que le bonus augmente même en cas de baisse de la rentabilité de la banque), indépendamment de l’origine illégale des ressources, ou du fait qu’elles soient issues d’activités financières spéculatives extrêmement risquées. Dans le pire des cas, s’ils sont découverts, ils n’ont qu’à quitter l’institution (souvent avec un parachute doré), ils ne seront pas poursuivis par la justice et conserveront sur leurs comptes bancaires l’entièreté des bénéfices obtenus.

Poursuivre les dirigeants en justice et obtenir des réparations

Tant que ce genre de dispositif pervers est maintenu, les abus et le pillage des ressources publiques de la part du système financier ne peuvent que se prolonger au fil du temps. Au-delà des hauts dirigeants, il faut souligner l’impunité des banques elles-mêmes à qui les autorités appliquent la doctrine « Too Big To Jail ». Il s’agit surtout de la démonstration de l’imbrication étroite entre les directions des banques, leurs grands actionnaires, les gouvernants et les différents organes vitaux des États.

En cas de graves manquements, il faut mettre en pratique une solution radicale : retirer la licence bancaire aux banques coupables de crimes, bannir définitivement certaines de leurs activités, poursuivre en justice les dirigeants et les grands actionnaires. Il faut aussi obtenir des réparations de la part des dirigeants et des grands actionnaires. Enfin, il est urgent de diviser chaque grande banque en plusieurs entités afin de limiter les risques, de socialiser ces banques en les plaçant sous contrôle citoyen, et de créer ainsi un service public bancaire qui donnera la priorité à la satisfaction des besoins sociaux et à la protection de la nature.

Eric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) Belgique [8].

- Voir également l’article de Daniel Munevar, « La doctrine « trop grandes pour être condamnées » ou comment les banques sont au-dessus des lois », 20 septembre 2013.

 

Notes

[1Les médias anglo-saxons utilisent régulièrement cette expression depuis deux ans. Voir par exemple : Abcnews, « Once Again, Is JPMorgan Chase Too Big to Jail ?« , 7 Janvier 2014. Ou Forbes, « Why DOJ Deemed Bank Execs Too Big To Jail« , 29 juillet 2013.

[2La faillite de sa filiale nommée Icesave au Royaume-Uni et aux Pays-Bas a provoqué une crise internationale entre ces deux pays et l’Islande. Cette crise se poursuit encore en 2014 car le Royaume-Uni et les Pays Bas vont en appel contre la sentence de la Cour d’arbitrage qui a donné raison à l’Islande en janvier 2013. Voir Financial Times, « Iceland premier repels Icesave lawsuit », 12 février 2014. Comme l’écrit le Financial Times : “Iceland, almost uniquely in the western world, has launched criminal cases against the men who used to lead its three main banks that collapsed after the global financial crisis in 2008 after collectively becoming 10 times the size of the island’s economy.” 13 décembre 2013. Voir ici.

[3Huffingtonpost, “Holder admits some Banks too big to jail”. On peut voir et écouter la partie du témoignage du procureur général des États-Unis où il déclare : « I am concerned that the size of some of these institutions becomes so large that it does become difficult for us to prosecute them when we are hit with indications that if you do prosecute, if you do bring a criminal charge, it will have a negative impact on the national economy, perhaps even the world economy,… ». Durée de la vidéo : 57 secondes. Cela vaut la peine.

[4Une étude récente sur les pratiques de crédits des banques aux États-Unis signale qu’en dépit de leur hétérogénéité, les irrégularités et les faux sont présents à divers degrés dans toutes les institutions financières analysées. Voir “Asset Quality Misrepresentation by Financial Intermediaries : Evidence from RMBS Market”.

[5Bertold Brecht, L’Opéra de quat’sous. Comédie musicale de Bertolt Brecht (musique de Kurt Weil), présentée pour la première fois le 31 août 1928 au Theater am Schiffbauerdamm de Berlin, puis en version française le 14 octobre 1930 au théâtre Montparnasse.

[6Source : The New York Times, “Banks to pay $8,5 billion to speed up housing relief”, 7 janvier 2013.

[8Il est auteur du livre Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège. Prochain livre à paraître en avril 2014 : Bancocratie chez ADEN, Bruxelles.

 

Source : http://www.bastamag.net/Delits-et-crimes-financiers