777 La chute du Vatican et de Wall Street selon saint Jean


  
Auteur : Jovanovic Pierre
Ouvrage : 777 La chute du Vatican et de Wall Street selon saint Jean
Année : 2009

 

Note au lecteur :
Si le Christ a existé et si les Anges existent
(ce dont je ne doute pas une seule seconde)
alors le Vatican ainsi que Wall Street
pourraient bien vivre ce que la France a connu
après 1789 ; une période de terrible confusion.
J’ai le sentiment d’avoir démêlé les
parties les plus importantes du texte de Jean,
celles qui permettent de comprendre ce que
sont vraiment les trois << bêtes » et pourquoi
il a utilisé le 666 et pas le 555, 444 ou 333.
Les Anges lui ont vraiment montré notre
époque, et Jean a tenté de l’expliquer avec
les mots d’un homme limité par les connaissances
de son siècle, c’est-à-dire l’Âge de fer.
Certes, il reste des zones d’ombre, mais ce
sera peut-être pour un autre livre.
Pierre Jovanovic

Message donné par la Vierge
lors de l’apparition à La Salette
le 19 septembre 1846:

« Rome perdra la foi et deviendra le
siège de l’Antéchrist ( … ) Les démons de
l’Air avec l’Antéchrist feront de grands prodiges
sur la terre et dans les airs »

suite…

histoireebook.com

 

Que faire des banques ? Des mesures immédiates pour aller vers la socialisation


Neuf ans après le début de la crise financière qui continue à produire ses effets délétères à travers des politiques d’austérité imposées aux populations, il est temps de revenir sur les engagements pris à l’époque par les banquiers, financiers, politiques et organismes de contrôle. Ces quatre acteurs ayant gravement failli nous promettaient à l’époque la moralisation du système bancaire, la séparation des banques de détail des banques d’investissement, la fin des bonus et des rémunérations exorbitantes, et enfin le financement de l’économie réelle. Nous ne les croyions pas à l’époque et nous avions raison. En lieu et place de moralisation du système bancaire, nous n’avons qu’une longue liste de malversations révélées au grand jour par les faillites des banques qui se succèdent depuis celle de Lehman Brothers le 15 septembre 2008.

 

Les mots précédés d’un astérisque (*) sont définis dans le glossaire se situant au bas de cet article.

Si on se contente de lister les sauvetages intervenus depuis 2012, on peut mentionner :Dexia en Belgique et en France (2012, 3e sauvetage), Bankia en Espagne (2012),Espirito Santo (2014) et Banif (2015) au Portugal, Laïki et Bank of Cyprus à Chypre (2013), Monte dei Paschi, Banca delle Marche, Banca Popolare dell’Etruria e del Lazio, Carife en Italie (2014-2015), NKBM en Slovénie (2012), SNS Reaal aux Pays-Bas (2013), Hypo Alpe Adriaen Autriche (2014-2015), n’en sont que quelques exemples. Le plus grave est que les pouvoirs publics ont décidé de couvrir les exactions de ces banques en faisant supporter les conséquences des agissements coupables des dirigeants et des actionnaires par la population. La séparation des banques des *banques de dépôt et des *banques d’affaires reste toujours un vœu pieux. La soi-disant réforme bancaire engagée en France en 2012 par Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, n’aura été qu’une fumisterie. Interrogé le 30 janvier 2013 par Karine Berger, rapporteur de la loi de séparation et de régulation des activités bancaires pour savoir quelle est la part des activités spéculatives concernée par la loi, Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, déclarait : « Cela représente entre 3 et 5 % de nos activités de BFI, qui représentent elles-mêmes 15 % des revenus totaux de la banque. » Ce qui fait entre 0,5 % et 0,75 % des revenus totaux de la banque. En ce qui concerne les rémunérations des banquiers, le plafonnement de la part variable décidé par le Parlement européen le 16 avril 2013 a eu pour conséquence immédiate… l’augmentation de la part fixe des rémunérations et le recours à une disposition dérogatoire prévue par la loi. Enfin, pour ce qui est du financement de l’économie réelle, les efforts déployés jusqu’à aujourd’hui par les *banques centrales, la *BCE en particulier, se sont révéler impuissants à enclencher un moindre début de reprise de l’économie.

Parce que nous pensons, notamment à la lumière de l’expérience grecque, que les banques sont un enjeu essentiel à tout projet de changement social, nous proposons ci-dessous les mesures immédiates à prendre pour atteindre les six objectifs suivants :

  • 1. Restructurer le secteur bancaire
  • 2. Eradiquer la *spéculation
  • 3. Mettre fin au secret bancaire
  • 4. Réguler le secteur bancaire
  • 5. Financer autrement les dépenses publiques
  • 6. Renforcer les banques publiques

Dans une seconde partie, nous développons nos arguments en faveur de la socialisation du secteur bancaire.


I. MESURES IMMEDIATES


1. Restructurer le secteur bancaire

Réduire radicalement la taille des banques afin de supprimer le risque « trop grande pour faire faillite » que représentent les *banques systémiques |1|.

Séparer les *banques de dépôt et les *banques d’affaires. Les *banques de dépôt seront les seules institutions financières autorisées à collecter des dépôts auprès des épargnants et à bénéficier d’un soutien public (garantie publique des dépôts d’épargne et accès à la *liquidité de la *Banque centrale). Ces *banques de dépôt ne seront autorisées à octroyer des prêts qu’aux particuliers, aux entreprises et aux acteurs publics locaux et nationaux. Il leur sera interdit de mener des activités sur les *marchés financiers. Cela veut dire qu’il leur sera interdit de faire de la *titrisation : les crédits ne peuvent pas être transformés en titres négociables et les *banques de dépôt doivent conserver dans leurs livres de compte jusqu’à leur remboursement définitif les crédits qu’elles ont consentis. La banque qui a consenti un crédit doit en porter le risque.

Les *banques d’affaires ne doivent bénéficier d’aucune garantie publique, en cas de faillite les pertes seront intégralement assumées par le secteur privé, à commencer par les actionnaires (sur l’ensemble de leur patrimoine, voir plus bas).

Interdire les relations de crédit entre *banques de dépôt et *banques d’affaire. D’accord avec Frédéric Lordon pour imposer un véritable ’apartheid’ entre *banque de dépôt et banque d’affaires, une *banque de dépôt ne pourra en aucun cas être impliquée dans une relation de crédit avec une *banque d’affaires |2|.


2. Eradiquer la *spéculation

Interdire la *spéculation. Comme le propose Paul Jorion, il faut interdire la *spéculation.« En France la *spéculation a été autorisée en 1885, en Belgique en 1867. La *spéculation était d’ailleurs définie très clairement par la loi qui visait à « interdire les paris à la hausse ou à la baisse sur des titres financiers ». Avec une telle interdiction, les gens qui la pratiquent seraient en infraction ; qu’ils se trouvent dans une banque X ou Y, cela ne changerait rien » |3|. On peut ajouter que les banques qui spéculent pour le compte de clients ou pour leur propre compte seront condamnées.

L’acquisition par une banque ou une autre institution financière d’un bien matériel (matières premières, aliments, terres, immeubles…) ou d’un titre financier (*actions, *obligations ou tout autre titre financier) dans le but de spéculer sur son prix sera interdite.

Interdire les *produits dérivés. Cela signifie que les banques et autres institutions financières qui veulent se couvrir contre les risques de différents types (risques de change, de taux d’intérêt, de défaut de paiement…), doivent revenir à des contrats d’assurance classiques.

Obliger les *banques d’affaire à demander une autorisation préalable de mise sur le marché de produits financiers. Tout produit financier nouveau (les *produits dérivés ne sont pas concernés ici puisqu’ils sont interdits) devra être soumis aux autorités de contrôle par les *banques d’affaires afin d’obtenir une autorisation avant d’être mis sur le marché.

Séparer les activités de conseil et les *activités de marché. D’accord également avec l’économiste belge Eric de Keuleneer qui propose de séparer les activités de conseil et les *activités de marché : « Il est en effet anormal que des banques prennent des risques de placement de titres, et conseillent leurs clients quant à la qualité de ces titres, ou soient actuellement en mesure de spéculer sur l’or, tout en conseillant de façon « désintéressée » à leurs clients d’acheter de l’or. » Pour cela il propose de recréer la fonction de courtage.

Interdire le *trading de haute fréquence et le *shadow banking. Limiter strictement ce qui peut être mis dans le *hors-bilan |4|. Interdire les *ventes à découvert et les *ventes à nu.


3. Mettre fin au secret bancaire

Interdire les *marchés financiers de *gré à gré. Toutes les transactions sur les *marchés financiers doivent être enregistrées, traçables, réglementées et contrôlées. Jusqu’ici, les principaux *marchés financiers sont de *gré à gré, c’est-à-dire qu’ils ne sont soumis à aucun contrôle : il s’agit du marché des changes (5 300 milliards de dollars chaque jour) |5|, du marché des *dérivés, du marché des matières premières et des produits agricoles |6|…

Mettre fin au secret bancaire. Les banques doivent avoir l’obligation de communiquer toutes les informations sur leurs responsables, leurs différentes entités, leurs clients, les activités qu’elles exercent et les transactions qu’elles réalisent pour le compte de leurs clients et pour elles-mêmes. De même, les comptes des banques doivent également être lisibles et compréhensibles. La levée du secret bancaire doit devenir un impératif démocratique minimal pour tous les pays.

Concrètement cela signifie que les banques doivent tenir à la disposition de l’administration fiscale :
- une liste nominative des bénéficiaires d’intérêts, de dividendes, de plus-values et autres revenus financiers ;
- les informations sur les ouvertures, les modifications et les fermetures de comptes bancaires en vue d’établir un répertoire national des comptes bancaires ;
- toutes les informations sur les entrées et sorties de capitaux avec en particulier l’identification du donneur d’ordre.

Interdire les transactions avec les paradis fiscaux. Il faut interdire aux banques toute transaction avec un *paradis fiscal. Le non-respect de l’interdiction doit être assorti de sanctions très lourdes (pouvant aller jusqu’au retrait de la licence bancaire) et du paiement de lourdes amendes.


4. Réguler le secteur bancaire

Exiger des banques une augmentation radicale du volume de leurs *fonds propresen rapport avec le total du *bilan |7|. Alors que les *fonds propres sont en général inférieurs à 5 % du *bilan de la banque, nous sommes favorables à porter leur minimum légal à 20 %.

Interdire la socialisation des pertes des banques et des autres institutions financières privées. Il s’agit d’interdire aux pouvoirs publics de mettre à la charge des finances publiques des dettes privées.

Restaurer la responsabilité illimitée des grands actionnaires en cas de faillite. Le coût de la faillite doit pouvoir être récupéré sur l’ensemble du patrimoine des grands actionnaires (personnes physiques ou entreprises/personne morale).
En cas de faillite, les clients de la *banque de dépôt doivent continuer à bénéficier d’une garantie d’État pour leurs dépôts, limitée au montant raisonnable d’épargne d’un ménage moyen-supérieur (estimé aujourd’hui à 150 000 euros, montant à soumettre au débat démocratique).

Taxer fortement les banques. Les bénéfices des banques doivent être soumis strictement aux dispositions légales en matière d’imposition des sociétés. En effet actuellement le taux effectivement payé est très nettement inférieur au taux légal lui-même largement insuffisant. Les transactions bancaires sur les devises |8| et sur les titres financiers doivent être taxées. Les dettes bancaires à court terme doivent être taxées afin de favoriser le financement à long terme.

Poursuivre systématiquement les dirigeants responsables de délits et de crimes financiers et retirer la licence bancaire aux institutions qui ne respectent pas les interdictions et se rendent coupables de malversations.

Sauver les banques d’une autre manière. Outre les dispositions mentionnées plus haut : responsabilité illimitée des grands actionnaires (sur leur patrimoine global), garantie des dépôts jusque 150 000 euros, interdiction de mettre des dettes privées à la charge des finances publiques, il s’agit de créer un mécanisme de mise en faillite ordonnée des banques avec la création de deux structures : une banque de défaisance privée (à charge des actionnaires privés et sans aucun coût pour les pouvoirs publics) et une banque publique vers laquelle sont transférés les dépôts ainsi que les actifs sains. Certaines expériences récentes peuvent servir de source d’inspiration, notamment l’expérience islandaise engagée depuis 2008 |9|.


5. Financer autrement la dette publique

Imposer aux banques privées la détention d’un quota de titres de la dette publique.

Donner pour mission nouvelle à la *Banque centrale d’octroyer des prêts à taux zéro aux pouvoirs publics. A l’inverse de ce qui est pratiqué par la *BCE du fait des traités européens, la *banque centrale serait en capacité de permettre un financement à taux zéro de l’État et de l’ensemble des structures publiques (collectivités, hôpitaux, organisme de logement social, etc.) afin de mener des politiques socialement justes inscrites dans la transition écologique.


6. Renforcer les banques publiques existantes 
et en recréer dans les pays où elles ont été privatisées (bien sûr en les soumettant comme toutes les autres banques aux mesures concrètes mentionnées plus haut). En France, s’est mis en place en 2012 un collectif « Pour un Pôle Public Financier au service des Droits ! » |10| favorable à la création d’un pôle public bancaire. Mais le grave inconvénient de ce projet est qu’il ne va pas au fond des choses car il laisse subsister, à côté d’un pôle public insignifiant, des banques privées et un pôle mutualiste qui n’a de mutualiste que le nom. Dans le cas de la Belgique où le gouvernement a privatisé les dernières banques publiques dans les années 1990, l’État a racheté en 2011, la « partie » banque de Dexia et en est actionnaire à 100 %. Dexia Banque est devenue Belfius et garde un statut privé. Il faut que Belfius devienne une véritable banque publique et qu’on y mette en pratique les mesures concrètes formulées plus haut. Le montant payé par l’État s’élève à 4 milliards d’euros, ce que la commission européenne a considéré elle-même comme tout à fait exagéré. Ce qu’il aurait fallu faire : Belfius aurait dû être constituée sans coût pour les finances publiques comme institution bancaire publique bénéficiant des dépôts des clients chez Dexia Banque et de tous les actifs sains. Cette banque aurait dû être mise sous contrôle citoyen. Les conditions de travail, l’emploi et les revenus du personnel auraient dû être garantis tandis que les rémunérations des dirigeants auraient dû être nettement réduites. Il fallait interdire aux administrateurs et directeurs d’avoir un mandat dans une institution privée. Les dirigeants de Dexia auraient dû être poursuivis en justice par le ministère public pour les différents délits qu’ils ont commis. Le rapport d’information du Sénat n° 58 sur la Société de financement local évalue à environ 20 milliards d’euros (13 milliards pour la France dont 6,6 milliards affectés à la recapitalisation et le reste à la prise en charge d’une partie des indemnités de remboursement anticipé des emprunts toxiques ; 6,9 milliards d’euros pour la Belgique, correspondant à la nationalisation de Dexia Bank Belgique et à la recapitalisation de Dexia) le coût de la faillite de Dexia à cette date. Le 1er février 2013, la France a créé une structure à 100 % publique (avec l’État à 75 %, le CDC à 20 % et la Banque postale à 5 %) afin de procéder à l’acquisition à 100 % de la société de crédit foncier Dexia Municipal Agency (filiale de Dexia Crédit Local) qui est devenue la Caisse Française de Financement Local (CAFFIL).


II. POUR LA SOCIALISATION DU SECTEUR BANCAIRE

La mise en pratique des mesures concrètes qui sont mentionnées plus haut constituerait une avancée dans la résolution de la crise du secteur bancaire mais le secteur privé continuerait à occuper une position dominante.

Il faut aller plus loin que les mesures immédiates proposées.

Ce que démontre l’expérience des dernières années, c’est qu’on ne peut pas laisser les banques aux mains des capitalistes. Si, par la mobilisation sociale, on arrive à faire appliquer les mesures présentées plus haut (qui sont soumises à la discussion afin de les améliorer et compléter), les capitalistes chercheront par tous les moyens à récupérer une partie du terrain perdu, ils multiplieront les activités leur permettant de contourner les réglementations, ils utiliseront leurs puissants moyens financiers pour acheter l’appui de législateurs et de gouvernants afin de déréglementer à nouveau et d’augmenter au maximum leurs profits sans prise en compte de l’intérêt de la majorité de la population.


Il faut la socialisation du secteur bancaire sous contrôle citoyen

Parce que les capitalistes ont démontré à quel point ils étaient capables de commettre des délits et de prendre des risques (dont ils refusent d’assumer les conséquences) dans le seul but d’augmenter leurs profits, parce que leurs activités entraînent périodiquement un lourd coût pour la société, parce que la société que nous voulons construire doit être guidée par la recherche du bien commun, de la justice sociale et de la reconstitution d’une relation équilibrée entre les humains et les autres composantes de la nature, il faut socialiser le secteur bancaire. Comme le propose Frédéric Lordon, il s’agit de réaliser « une déprivatisation intégrale du secteur bancaire » |11|. La socialisation de l’intégralité du secteur bancaire est préconisée par le syndicat Sud BPCE |12|.

Socialiser le secteur bancaire signifie :

- l’expropriation sans indemnité (ou avec comme seule indemnité l’euro symbolique) des grands actionnaires (les petits actionnaires seront indemnisés) ;

- l’octroi au secteur public du monopole de l’activité bancaire à une exception près : l’existence d’un secteur bancaire coopératif de petite taille (soumis aux mêmes règles fondamentales que le secteur public).

- la création d’un service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement, doublement structuré : un réseau de petites implantations proches des citoyens, d’une part, et, d’autre part, des agences spécialisées en charge des activités de gestion de fonds et de financement d’investissements non assurés par les ministères en charge de la santé publique, de l’éducation nationale, de l’énergie, des transports publics, des retraites, de la transition écologique, etc. Ces ministères devront être dotés du budget nécessaire aux financements des investissements relevant de leurs attributions. Les agences spécialisées quant à elles interviendraient dans des domaines et des activités excédant les compétences et les sphères d’action de ces ministères et ce afin d’assurer le bouclage d’ensemble.

- la définition avec participation citoyenne d’une charte sur les objectifs à atteindre et sur les missions à poursuivre, qui mette le service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement au service des priorités définies selon un processus de planification démocratique ;

- la transparence (de la comptabilité) des comptes qui doivent être présentés au public de manière compréhensible.

Le mot « socialisation » est utilisé de préférence à celui de « nationalisation » ou « étatisation » pour indiquer clairement à quel point est essentiel le contrôle citoyen avec un partage de décision entre les dirigeants, les représentants des salariés, des clients, d’associations, les élus locaux et les représentants des instances bancaires publiques nationales et régionales. Il faut donc définir de manière démocratique l’exercice d’un contrôle citoyen actif. De même, il faut encourager l’exercice d’un contrôle des activités de la banque par les travailleurs du secteur bancaire et leur participation active à l’organisation du travail. Il faut que les directions des banques remettent annuellement un rapport public sur leur gestion. Il faut privilégier un service de proximité et de qualité rompant avec les politiques d’externalisation menées actuellement. Il faut encourager le personnel des établissements financiers à assurer à la clientèle un authentique service de conseil et rompre avec les politiques commerciales agressives de vente forcée.

La socialisation du secteur bancaire et son intégration aux services publics permettront :
- de soustraire les citoyens et les pouvoirs publics de l’emprise des *marchés financiers ;
- de financer les projets des citoyens et des pouvoirs publics ;
- de dédier l’activité bancaire au bien commun avec entre autres missions celle de faciliter la transition d’une économie capitaliste, productiviste à une économie sociale et écologique.

Parce que nous considérons que l’épargne, le crédit, la sécurité des encaisses monétaires et la préservation de l’intégrité des systèmes de paiement relève de l’intérêt général, nous préconisons la création d’un service public bancaire par la socialisation de la totalité des entreprises du secteur bancaire et de l’assurance.

Parce que les banques sont aujourd’hui un outil essentiel du système capitaliste et d’un mode de production qui saccage la planète, génère un inégal partage des ressources, sème les guerres et la paupérisation, rogne chaque jour davantage les droits sociaux et attaque les institutions et les pratiques démocratiques, il est essentiel d’en prendre le contrôle et d’en faire des outils au service de la collectivité.

La socialisation du secteur bancaire ne peut être envisagée comme un slogan ou une revendication qui se suffirait en elle-même et que les décideurs appliqueraient après en avoir saisi le bon sens. Elle doit être conçue comme un objectif politique à atteindre par un processus porté par une dynamique citoyenne. Il faut non seulement que les mouvements sociaux organisés existants (dont les syndicats) en fassent une priorité de leur agenda et que les différents secteurs (collectivités locales, petites et moyennes entreprises, associations de consommateurs, etc.) se positionnent en ce sens, mais aussi – et surtout – que les employé.e.s de banque soient sensibilisé.e.s au rôle de leur métier et à l’intérêt qu’ils auraient à voir les banques socialisées ; que les usagers soient informés là où ils se trouvent (exemple : occupations d’agences bancaires partout le même jour) afin de participer directement à la définition de ce que doit être la banque.

Seules des mobilisations de très grande ampleur peuvent garantir que la socialisation du secteur bancaire soit réalisée en pratique car cette mesure touche au cœur le système capitaliste. Si un gouvernement de gauche ne prend pas une telle mesure son action ne pourra pas véritablement provoquer le changement radical pour rompre avec la logique du système et enclencher un nouveau processus d’émancipation.

La socialisation du secteur bancaire et des assurances doit faire partie d’un programme bien plus vaste de mesures complémentaires permettant d’enclencher une transition vers un modèle post-capitaliste et post-productiviste. Un tel programme, qui devrait avoir une dimension européenne tout en commençant à être mis en pratique dans un ou plusieurs pays, comprendrait notamment l’abandon des politiques d’austérité, l’annulation des dettes illégitimes, la mise en place d’une réforme fiscale d’ensemble avec une forte imposition du capital, la réduction généralisée du temps de travail avec embauches compensatoires et maintien du salaire, la socialisation du secteur de l’énergie, des mesures pour assurer l’égalité hommes-femmes, le développement des services publics et de la protection sociale et la mise en place d’une politique déterminée de transition écologique.

Aujourd’hui, la socialisation de l’intégralité du système bancaire est bien une urgente nécessité économique, sociale, politique et démocratique.


GLOSSAIRE :


ACTION
 : Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.


ACTIVITES DE MARCHE / TRADING
 : opération d’achat et de vente de produits financiers (actions, futures, produits dérivés, options, warrants, etc.) réalisée dans l’espoir d’en tirer un profit à court terme.


BANQUE CENTRALE
 : Établissement qui, dans un Etat, est chargé en général de l’émission des billets de banque et du contrôle du volume de la monnaie et du crédit. En France, c’est la Banque de France qui assume ce rôle sous le contrôle de la Banque centrale européenne.


BCE
 : La Banque centrale européenne est une institution européenne basée à Francfort, créée en 1998. Les pays de la zone euro lui ont transféré leurs compétences en matière monétaire et son rôle officiel est d’assurer la stabilité des prix (lutter contre l’inflation) dans ladite zone. Ses trois organes de décision (le conseil des gouverneurs, le directoire et le conseil général) sont tous composés de gouverneurs de banques centrales des pays membres et/ou de spécialistes « reconnus ». Ses statuts la veulent « indépendante » politiquement mais elle est directement influencée par le monde financier.


BANQUE D’AFFAIRES ou BANQUE D’INVESTISSEMENT
 : Société financière dont l’activité consiste à effectuer trois types d’opérations : du conseil (notamment en fusion-acquisition), de la gestion de haut de bilan pour le compte d’entreprises (augmentations de capital, introductions en bourse, émissions d’emprunts obligataires) et des placements sur les marchés avec des prises de risque souvent excessives et mal contrôlées. Une banque d’affaires ne collecte pas de fonds auprès du public, mais se finance en empruntant aux banques ou sur les marchés financiers.


BANQUE DE DÉPÔT ou BANQUE COMMERCIALE
 : Établissement de crédit effectuant des opérations de banque avec les particuliers, les entreprises et les collectivités publiques consistant à collecter des fonds pour les redistribuer sous forme de crédit ou pour effectuer à titre accessoire des opérations de placements. Les dépôts du public bénéficient d’une garantie de l’Etat. Une banque de dépôt (ou banque commerciale) se distingue d’une banque d’affaires qui fait essentiellement des opérations de marché. Pendant plusieurs décennies, suite au Glass Steagall Act adopté pendant l’administration Roosevelt et aux mesures équivalentes prises en Europe, il était interdit aux banques commerciales d’émettre des titres, des actions et tout autre instrument financier.


BANQUES SYSTÉMIQUES
 : Ces banques sont dites systémiques du fait de leur poids et du danger que la faillite de l’une d’entre elles représenterait pour le système financier privé au niveau international.


BILAN
 : ‘photo’ de fin d’année des actifs (ce que la société possède) et passifs (ce que la société doit) d’une société. Autrement dit, les actifs du bilan donnent des informations sur l’utilisation des fonds collectés par la société. Les passifs du bilan informent sur l’origine des fonds collectés.
Dans le cas du bilan d’une banque, on retrouve au passif : le capital (les actions propres), les dépôts des clients, les réserves (bénéfices passés non dépensés) et la dette (notamment ce que la banque a emprunté auprès d’autres institutions). A l’actif, on retrouve les prêts (que la banques à octroyés aux particuliers, aux entreprises), lescréances bancaires (prêts octroyés aux autres banques) et le porte¬feuille financier (actions, titres émis par d’autres sociétés et acheté par la banque).


COURTIERS
 : Une société de courtage ou courtier est une entreprise ou une personne qui sert d’intermédiaire pour une opération, le plus souvent financière, entre deux parties.


FONDS PROPRES
 : Capitaux apportés ou laissés par les associés à la disposition d’une entreprise. Une distinction doit être faite entre les fonds propres au sens strict appelés aussi capitaux propres (ou capital dur) et les fonds propres au sens élargi qui comprennent aussi des dettes subordonnées à durée illimitée.


HORS BILAN
 : Le hors bilan assure le suivi comptable des activités qui n’impliquent pas un décaissement ou un encaissement de la part d’une entreprise ou d’une banque mais qui fait courir à celle-ci un certain nombre de risques. Il s’agit régulièrement de contrats en cours d’exécution qui n’ont pas fait l’objet d’un paiement. Les activités enregistrées dans le hors bilan bancaire sont pour l’essentiel les engagements par signature, les opérations de change et les opérations sur dérivés.


LIQUIDITÉS
 : Capitaux dont une économie ou une entreprise peut disposer à un instant T. Un manque de liquidités peut conduire une entreprise à la liquidation et une économie à la récession.


MARCHÉ DE GRÉ À GRÉ
 : Un marché de gré à gré ou over-the-counter (OTC) en anglais (hors Bourse) est un marché non régulé sur lequel les transactions sont conclues directement entre le vendeur et l’acheteur, à la différence de ce qui se passe sur un marché dit organisé ou réglementé avec une autorité de contrôle, comme la Bourse par exemple.

MARCHÉ FINANCIER
 : Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. A côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.


OBLIGATIONS
 : Part d’un emprunt émis par une société ou une collectivité publique. Le détenteur de l’obligation, l’obligataire, a droit à un intérêt et au remboursement du montant souscrit. Il peut aussi, si la société est cotée, revendre son titre en bourse.


PARADIS FISCAL
 : Territoire caractérisé par les cinq critères (non cumulatifs) suivants : (a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts) ; (b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ; (c) des facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ; (d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ; (e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière. La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes, Hong-Kong, et d’autres lieux exotiques. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent se rendre si nécessaires vers d’autres destinations.


PRODUITS DÉRIVÉS
 : Famille de produits financiers qui regroupe principalement les options, les futures, les swaps et leurs combinaisons, qui sont tous liés à d’autres actifs (actions, obligations, matières premières, taux d’intérêt, indices,..) dont ils sont par construction inséparables : option sur une action, contrat à terme sur un indice, etc. Leur valeur dépend et dérive de celle de ces autres actifs. l existe des produits dérivés d’engagement ferme (change à terme, swap de taux ou de change) et des produits dérivés d’engagement conditionnel (options, warrants…).


SHADOW BANKING
(la banque de l’ombre ou la banque parallèle) : Les activités financières du shadow banking sont principalement réalisées pour le compte des grandes banques par des sociétés financières créées par elles. Ces sociétés financières (SPV,money market funds,…) ne reçoivent pas de dépôts ce qui leur permet de ne pas être soumises à la réglementation et à la régulation bancaires. Elles sont donc utilisées par les grandes banques afin d’échapper aux réglementations nationales ou internationales, notamment à celles du comité de Bâle sur les fonds propres et les ratios prudentiels. Le shadow banking est le complément ou le corollaire de la banque universelle.


SPÉCULATION
 : Opération consistant à prendre position sur un marché, souvent à contre-courant, dans l’espoir de dégager un profit.


TITRISATION
 : Technique financière qui permet à une banque de transformer en titres négociables des actifs illiquides, c’est-à-dire qui ne sont pas (ou pas facilement) vendables. Initialement, cette technique a été utilisée par les établissements de crédit dans le but de refinancer une partie de leurs prêts à la clientèle. Les prêts sont cédés à un véhicule juridique qui émet en contrepartie des titres (généralement des obligations) placés sur les marchés financiers. Avec la titrisation, les risques afférents à ces crédits sont transférés des banques aux acheteurs. Cette pratique s’étend aujourd’hui à d’autres types d’actifs et d’acteurs (portefeuilles d’assurances, immobilier, créances commerciales).


TRADING À HAUTE FRÉQUENCE
 : (de l’anglais high-frequency trading), exécution à grande vitesse de transactions financières faites par des algorithmes informatiques. Ces opérateurs virtuels de marché peuvent ainsi exécuter des opérations sur les marchés financiers — les bourses — en quelques microsecondes.


VENTE A DECOUVERT
 : (short selling en anglais). La vente à découvert consiste à vendre à terme un actif que l’on ne détient pas le jour où cette vente est négociée mais qu’on se met en mesure de détenir le jour où sa livraison est prévue. L’actif vendu à découvert est généralement un titre, mais on peut aussi vendre des devises ou des matières premières à découvert. Si la valeur de l’actif baisse après la vente à découvert, le vendeur peut le racheter au comptant et dégager une plus-value. Le gain potentiel est limité à la valeur de l’actif. Si, à l’inverse, elle monte, le vendeur s’expose à un risque de perte illimitée, tandis qu’un acheteur ne peut pas perdre plus que sa mise de fonds.


VENTE A DECOUVERT A NU
 : dans ce cas, l’acheteur n’emprunte rien : il se contente de vendre à terme des titres qu’il ne possède pas encore. Il parie alors sur la baisse du cours de ce titre, pour pouvoir l’acheter à moins cher que ce qu’il a promis de le vendre. Pratiquée massivement, cette technique peut provoquer la baisse des cours que souhaitent les vendeurs.

Les auteurs :
- Michel Husson, économiste, auteur de Le capitalisme en 10 leçons, La Découverte, Paris, 2012.
- Patrick Saurin, porte-parole du syndicat Sud Solidaires de la Banque Populaire – Caisse d’Epargne (BPCE).
- Stavros Tombazos, professeur d’économie politique à l’université de Chypre.
- Eric Toussaint, porte-parole du CADTM, auteur de Bancocratie, Editions ADEN, Bruxelles, 2014.
- Miguel Urban, PODEMOS, membre du Parlement européen

Notes

|1| Philippe Lamberts, eurodéputé Vert, propose un maximum de 100 milliards de dollars d’actifs.« A titre de comparaison, le total de l’actif* de BNP Paribas et de Deutsche Bank en 2011 était respectivement de 2 164 milliards d’euros et 1 965 milliards d’euros. »http://www.philippelamberts.eu/les-7-peches-capitaux-des-banques/ Nous pensons que la taille maximale doit être nettement plus réduite en particulier dans des petits pays. En effet 100 milliards d’euros, c’est un multiple du PIB de Chypre, c’est plus d’un quart du PIB de la Belgique.

|2| http://blog.mondediplo.net/2013-02-18-La-regulation-bancaire-au-pistolet-a-bouchon

|3| Paul Jorion dans Financité, novembre 2013.

|4| Par exemple, limiter le *hors-bilan aux garanties et aux engagements par signature. C’est donc à discuter.

|5| Voir Eric Toussaint, « Comment les grandes banques manipulent le marché des devises », publié par Le Monde.fr le 13 mars 2014 et repris sur http://cadtm.org/Comment-les-grandes-banques

|6| Eric Toussaint, « Les banques spéculent sur les matières premières et les aliments », 10 février 2014 http://cadtm.org/Les-banques-speculent-sur-les

|7| Ce qui veut dire abandonner le système de pondération des actifs par le risque, un dispositif particulièrement peu fiable puisque cette pondération est laissée à la seule initiative des banques. Pour une explication du système de pondération des actifs par le risque, voir http://cadtm.org/Les-banques-bluffent-en-toute

|8| Eric Toussaint, « Il faut imposer une véritable taxe Tobin au lobby bancaire », opinion publiée par le quotidien L’Humanité le 25 février 2014 et reprise sur http://cadtm.org/Il-faut-imposer-une-veritable-taxe

|9| Interview d’Eva Joly par Renaud Vivien, « En Islande, les responsables du naufrage bancaire n’ont pas pu acheter leur procès », http://cadtm.org/En-Islande-les-responsables-du

|10| Voir son site : http://pourunpolepublicfinancier.org/. Le pôle public promu par le collectif regrouperait des institutions financières publiques (Banque de France, Caisse des Dépôts et ses filiales financières, OSEO, Société des participations de l’État, Banque Postale, UbiFrance, Agence française de développement, Institut d’émission des départements d’Outre-Mer, CNP Assurance), ou dont l’activité relève d’une mission de service public (Crédit foncier, Coface). En ferait partie toute banque ou société d’assurance dans laquelle l’État viendrait à prendre une participation majoritaire ou à laquelle seraient attribuées des missions de service public. En Belgique, un site créé par le PTB est dédié à la promotion de la nécessité d’une banque publique :http://www.banquepublique.be/

|11| Frédéric Lordon, « L’effarante passivité de la « re-régulation financière » », in Changer d’économie, les économistes atterrés, Les liens qui libèrent, 2011, p. 242.

|12| Voir notamment les liens : http://www.sudbpce.com/files/2013/01/2012-projet-bancaire-alternatif-definitif.pdf ; http://cadtm.org/IMG/pdf/PLAQUETTE_BANQUES_SUD_BPCE.pdf ;http://cadtm.org/Socialiser-le-systeme-bancaire

Source : CADTM

– See more at: http://www.investigaction.net/que-faire-des-banques-des-mesures-immediates-pour-aller-vers-la-socialisation/#sthash.aZTfWIjH.dpuf

GUERILLA LE JOUR OÙ TOUT S’EMBRASA – Roman


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Auteur : Obertone Laurent
Ouvrage : Guerilla Le jour où tout s’embrasa
Année : 2016

1

Que le ciel s’obscurcisse et tu seras seul. — Ovide

LA COURNEUVE, 17 H.

Dans ce trou vivaient des hommes.

Des barbares, comme ils s’appelaient eux-mêmes.
Cette cité était leur territoire. Un quartier redoutable, le plus
craint de la ville, et peut-être du pays. En arrivant ici, en jetant un
oeil vers le haut de ces tours, le flic s’était dit qu’il devait s’y
passer bien des choses sales.
Ce jour-là, il avait l’impression de respirer du vide. Il y avait
quelque chose de lent et de lourd dans cette atmosphère de soir et
de ville. Quelque chose de final.
Il savait depuis le début que ça finirait mal.
Il le savait, bien avant d’être ici.
Le vent brassait des odeurs de chanvre, de pétrole, d’éthanol et
d’urine. Ce calme inhabituel avait quelque chose d’accablant.
C’était comme si l’espace et le temps se comprimaient.
Ils n’étaient que trois, et un chien, mais ce n’était pas une heure

à risque. Il faisait chaud. Il y avait ce chat, galeux au dernier degré,
blotti contre une poubelle de broches de kebab avariées. Il y avait
ce type édenté, assis sur un carton, défoncé à l’acétone. Il y avait
ces barbus, devant leur supérette, qui parlaient à haute voix de
convertis. Quelques passants, quelques guetteurs endormis. Un
bruit de moto, des pneus qui crient.
Comment un chat pouvait survivre ici ?
Les trois policiers longeaient prudemment les tours, en se
méfiant des airs, en surveillant leurs arrières. Ni cris, ni
projectiles. Jusqu’ici, tout allait pour le mieux dans le pire des
mondes.
Puis ils sont entrés dans le bloc.
Et en posant le pied ici, dans ce petit local sordide, ils ont vu
ces dix furieux, bâtis par la tôle et la haine, qui se shootaient là. Ils
ont vu leurs yeux de camés, tous défoncés à la colle et aux sels.
Avant même qu’il n’ait le temps de parler, le brigadier était
encerclé, menacé, insulté.
Comme toujours, lui se tenait derrière, en couverture, la main
sur la crosse d’une arme qu’il n’avait jamais osé sortir. Il
regardait, à la lueur indécise de cette ampoule vacillante, le
brigadier faire face, tenter d’exister. Sa jeune collègue crevait de
trouille, à en pisser sous elle. Il regardait leur chien, qu’elle
retenait à peine, un malinois, gueule noire et robe feu, aboyant sa
fureur.
Derrière eux il n’y avait plus que lui, son surmoi officiel, inerte
et discipliné, et il y avait cette chose, dangereuse et pas tout à fait
soumise, installée tout au fond de lui-même, qui rêvait de sortir le
flingue et de tirer dans le tas.
Pourquoi étaient-ils là, déjà ?

À une heure de la fin du service, une putain de descente dans le
bloc le plus chaud de la cité, parce que ce connard de brigadier
s’était cru obligé de voler au secours de cette femme, habitant soidisant
au septième, qui avait appelé pour se dire en danger de mort,
et dont on ne savait rien. Le brigadier avait demandé à l’autre
équipage d’attendre à deux blocs d’ici, pour surveiller les voitures,
pour ne pas que ça ressemble à une descente, c’est-à-dire, en
langage d’ici, à une « provocation ». Et maintenant pour les beaux
yeux d’un fantôme ils étaient là, encerclés par des barbares, qui
rêvaient de les saigner.
Qui taperait le premier ? Le type au jogging blanc, à la gauche
du brigadier. Le flic voyait son silence, ses yeux mauvais, sa
volonté de se faire oublier dans un angle mort. Le brigadier parlait,
fixant le plus costaud, parlait comme si tout allait bien, pour sauver
le fil de la parole comme le premier feu des premiers hommes.
Il semblait croire qu’ici-bas le langage pouvait encore faire
échec au crime.
Une femme, voilée, entra avec le silence, comme un présage.
Elle regarda les policiers, comme elle aurait regardé Satan dans sa
mosquée. L’ange des cités passa, la confrontation reprit. C’était une
question de territoire et d’honneur, et au bout de l’escalade il y
aurait la mort ou la bavure, ce qui revenait au même.
« Les caïds ne sont que des grandes gueules. »
C’est ce que se disaient les flics, chaque soir entre collègues,
en buvant un verre.
Mais ils étaient hommes et au fond d’eux tous ils savaient. Ces
gars-là n’étaient pas faits du même bois. Et là, maintenant, lui avait
peur et lui trouvait ça surhumain d’avoir une gueule aussi grande.
Ils étaient animaux, blocs de pulsions et de haine, des chiens
d’attaque prêts à rompre leurs laisses, et à broyer des visages.

Il aurait voulu avoir le dixième de leur rage. Pourquoi avait-il
si peur ?
On bouscula le brigadier.
Ça y était.
S’il réagit, il meurt. S’il ne réagit pas, il est mort.
Massive décharge d’adrénaline. Il voulut que tout dégénère, là,
maintenant, tout de suite, pour pouvoir liquider cette tension,
s’expurger de son abjecte discipline à coups de matraque
réglementaire, en priant pour perdre connaissance au plus vite.
La bête des entrailles préparait son putsch.
Mais toujours, ce putain de surmoi officiel, qui lui interdisait
de dégainer le Sig Sauer.
L’homme au jogging blanc était sorti de l’ombre pour décocher
au brigadier le plus terrible coup de poing qu’il ait jamais entendu.
Le bruit mat des phalanges percutant la chair avait résonné dans
toute la cage. Le seul gradé vivant dans les dix barres d’immeubles
à la ronde s’était effondré comme un poids mort. Aussitôt les autres
s’étaient rués, s’acharnant à grands coups de talon et de pied. Lui,
il avait gueulé des ordres convaincants, du genre « non ! »,
« calmez-vous ! », « reculez ! », et n’avait pu s’empêcher d’ajouter
« police ! », comme s’il ne s’agissait que d’un énorme malentendu.
Sa jeune collègue, qui jusque-là s’accrochait à la laisse du chien
comme une alpiniste à sa dernière corde, hurla quelque chose et
laissa le malinois faire son travail.
D’abord remarquable d’efficacité, le carnivore trouva sa limite
quand une machette vint se ficher entre ses vertèbres. Sur le
brigadier pleuvait un déluge de coups. Adossée au mur, la fliquette
hurlait de terreur. Il avait vu une ombre brandir une pelle.
Alors la bête des entrailles avait parlé.

Alors le Sig avait craché l’horreur.
Un, deux, trois.
Au ralenti ils étaient tombés comme des pétales de cerisier.
Quatre, cinq.
Et l’autre, qui leva les mains, terrifié.
Six.
INCIDENT, subst. masc.
Petit événement fortuit et imprévisible, qui survient et modifie
le déroulement attendu et normal des choses, le cours d’une
entreprise, en provoquant une interruption ressentie le plus
souvent comme fâcheuse.
Longtemps, le flic resta en position de tir, l’instinct dans les
yeux et la mort au bout du poing. Le bruit des douilles. L’odeur du
sang. Le nuage de poudre. Et le silence, enfin. Les plus chanceux
avaient fui. Il avait arraché sa collègue au mur, l’avait secouée,
poussée dehors. Il était trop tard pour le brigadier.
L’arme à la main il avait couru le long des tours, sur une
pelouse jonchée d’immondices, en traînant par le bras sa collègue
au bord de l’inconscience, sous ces centaines de balcons et ces
milliers de vitres, sous les yeux noirs de la zone grise. Il avait sur
la main des éclats de sang et de poudre. Aux fenêtres, dans leur
dos, ça criait. Il ne lui restait plus qu’un chargeur. Le regard
halluciné, ils couraient, ils couraient à vomir du sang. Leur voiture
et l’autre équipage étaient à deux blocs de là. Il en avait tué au
moins deux, peut-être trois, peut-être plus. Sa vie était foutue. Le
long du bloc sud, il regarda en arrière, prêt à tirer encore. Il ne vit
personne. Il repensa à celui qui avait tapé le premier, celui au

jogging blanc, touché trois fois, qui rampait dans son sang sur les
coudes, les jambes raides, le maudissant d’une voix au poumon
percé.
S’il survivait aux enquêtes internes, il ne leur échapperait pas,
à eux.
Eux… La gardienne de leur bloc, qui avait cru entendre des
pétards, qui ne les supportait plus, avait déverrouillé sa porte en
râlant. Habituée au chahut, consumée par le réel, elle était, comme
toutes les concierges, dépressive, et membre d’une association de
défense des animaux. Quand elle poussa la porte du hall et qu’elle
vit le sang et les cadavres, il ne se passa rien.
Quand elle vit les morceaux de chien, elle hurla à désarmer les
murs.
Dans son cagibi grillagé, elle s’enferma, prévint la police,
après quoi appela BFM TV, puis la SPA.
Le flic n’arrivait plus à se trouver d’excuses. Dix années qu’il
le redoutait, tous les jours, de la première heure de son service à
cette cage d’escalier. Et c’était arrivé. Pourquoi avait-il continué ?
Pourquoi avoir enduré cette angoisse, l’alcool, les injures, les
humiliations ? Pourquoi mener une telle vie, qui tôt ou tard se
terminerait dans un fragment de folie, à l’ombre d’une cage
d’escalier ?
La femme, les enfants, les collègues, le devoir… L’espoir.
Autrement dit, la naïveté, l’attente, la figuration, la sainte
obéissance en la marche des choses. Il se sentait sale. Il se targuait
d’être éveillé, d’avoir tiré toutes les conséquences de la réalité,
mais devait porter comme sa croix la plus douloureuse d’entre
elles : lui et ses collègues privaient la France de révolution. Ils
étaient les auxiliaires, les garants de son agonie, qui tournaient

autour du lit en veillant à ce que nul n’en débranche les fils. Pas un
agent de la paix n’échapperait à la culpabilité d’avoir permis ça.
Ils arrivaient enfin aux voitures, et les collègues étaient blêmes.
Ils avaient entendu les coups de feu. Il réalisa qu’il n’aurait jamais
plus ni amis ni collègues. La bête des entrailles avait gagné, c’est
lui et lui seul qui ferait face maintenant, qui affronterait l’IGPN, les
enquêtes, la hiérarchie, les médias, les manifs, une vie de procès,
de chantages, de menaces et de terreur…
Il savait que sa fuite se terminait là. C’était affreux comme une
certitude.
C’est lui qui venait de faire ça. C’est lui qui venait d’incarner
la foudre du hasard.
Il installa sa collègue à bord, claqua la portière et les voitures
démarrèrent.
On n’alluma pas les sirènes. Pas un flic n’ouvrit la bouche.
Sur le trottoir des riverains les regardèrent passer d’un air
lugubre.
Derrière eux, des cris.
Le géant s’était réveillé.
L’armée des ombres allait se mettre en marche.
C’est comme ça que ça avait commencé.

2

Que chacun soit à sa place dans l’ordre du tout. — Platon

LA COURNEUVE, 17 H 30.

suite…

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Françalgérie crimes et mensonges d’Etats Histoire secrète, de la guerre d’indépendance à la « troisième guerre » d’Algérie


    
Auteurs : Aggoun Lounis – Rivoire Jean-Baptiste
Ouvrage : Françalgérie crimes et mensonges d’Etats Histoire secrète, de la guerre d’indépendance à la « troisième guerre » d’Algérie
Année : 2004

 

 

Introduction
par Jean-Baptiste Rivoire
Ce soir de novembre 2002, la pluie et le vent s’abattent sur l’avenue Kléber, à Paris. Autour du Centre de conférences internationales, situé non loin de la tour Eiffel, des barrières, des policiers : il faut montrer patte blanche. Grâce à notre équipe de reportage et à la caméra, l’accès est plus facile. À l’intérieur du bâtiment, de jolies hôtesses en tailleur s’activent dans un couloir à l’épaisse moquette rouge surplombée par de magnifiques lustres de cristal. Pour le compte de Pascal Josèphe, un ancien collaborateur d’Hervé Bourges ayant créé une société de conseil aux patrons de l’audiovisuel, elles répertorient les journalistes et leur distribuent de magnifiques dossiers de presse intitulés Djazaïr, une année de l’Algérie en France.
Parrainées par le Quai d’Orsay, les manifestations prévues dans le cadre de cette « Année de l’Algérie » sont essentiellement financées par le régime algérien et par le groupe du milliardaire Rafik Khalifa, un flamboyant businessman d’Alger qui défraie la chronique depuis quelques mois. Dans le dossier de presse distribué aux journalistes, pas un mot sur les problèmes économiques du pays, encore moins sur les très graves atteintes aux droits humains qui y sont commises depuis 1988. Rebaptisée « Année des généraux » par certains opposants, l’Année de l’Algérie est manifestement destinée à améliorer l’image du régime. Pour lui assurer un grand écho médiatique, le gouvernement français a d’ailleurs incité la plupart des médias publics (Radio-France, France 2, France 3, France 5) à devenir partenaires de l’opération.
Dans la salle, une bonne partie de la crème de la « Françalgérie » officielle a fait le déplacement : plus de mille invités — dont des réalisateurs prestigieux et des journalistes bien vus par le régime d’Alger — sont venus écouter les dis¬cours de Hervé Bourges, Dominique de Villepin ou Khalida Toumi. Ancien patron de TF1 et du Conseil supérieur de l’audiovisuel, Hervé Bourges est d’abord un vieil ami du FLN, ce qui contribue à expliquer sa nomination à la présidence de « l’Année de l’Algérie ». Dominique de Villepin, le ministre français des Affaires étrangères, a longtemps été secrétaire général de l’Élysée. Il connaît bien les coulisses des relations franco-algériennes. Quant à Khalida Toumi, plus connue sous le nom, qu’elle a porté jusqu’en 2001, de Khalida Messaoudi, c’est une militante féministe très active en Algérie. Partisane de l’« éradi- cation » des islamistes, c’est-à-dire de leur élimination totale, elle est l’auteur du fameux best-seller Une Algérienne debout, un ouvrage publié en France en 1995 et vendu à plus de 100 000 exemplaires : elle y expliquait notamment les raisons de son opposition totale à toute forme d’islamisme et son engagement aux côtés des généraux « éradicateurs ». Longtemps députée du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) de Saïd Sadi, un parti proche du régime, elle est alors porte-parole du gouvernement algérien.
Pendant deux heures, Hervé Bourges, Dominique de Villepin et Khalida Toumi célèbrent à la tribune la « formidable amitié » qui lie la France à l’Algérie, les « points communs » entre les deux pays, la « bonne humeur » qui caractérise leurs relations.

Question dérangeante
Quarante-huit heures plus tôt, l’ensemble de la presse française a pourtant rendu compte de la diffusion sur la chaîne Canal Plus de notre documentaire confirmant que le « GIA » (Groupe islamique armé, l’un des plus redoutables mouvements terroristes algériens), notamment responsable des attentats de Paris en 1995, était à l’époque infiltré et manipulé par les services secrets algériens, la fameuse Sécurité militaire (de juillet à septembre 1995, des bombes déposées dans le RER parisien avaient provoqué la mort d’une dizaine de personnes et fait plus de deux cents blessés)2. Désireux de recueillir la réaction du ministre français des Affaires étrangères aux très graves accusations que nous portions dans ce documentaire, je profite du micro qui m’est tendu pour poser une question à laquelle aucun responsable politique français n’a accepté de répondre durant l’enquête : « M. de Villepin, nous avons enquêté pendant deux ans sur les « GIA » algériens et il s’avère qu’en 1995, quand ils commettaient des attentats en France, ils étaient contrôlés par les services secrets algériens. Cela vous paraît-il être une information importante ? »
Dans la salle, la question provoque un immense brouhaha. Quelques commentaires fusent : « C’est une honte ! », « Bravo, Canal Plus ! » À la tribune, le ministre français des Affaires étrangères et Khalida Toumi blêmissent. Grand orchestrateur de la conférence de presse, Hervé Bourges, président de l’« Année de l’Algérie », tente d’aider Dominique de Villepin à se sortir de ce mauvais pas : « Je veux bien laisser le ministre répondre, mais j’ai oublié de préciser
qu’il ne s’agit pas d’une conférence de presse avec le ministre des Affaires étrangères français sur les relations franco-algériennes, la situation de l’Algérie aujourd’hui, mais sur l’année 2003, une année à caractère culturel. Il y a d’autres lieux pour ce type de question, qui est peut-être valable, mais ce n’est pas le jour et ce n’est pas l’endroit.
— Même si les services secrets algériens ont commandité des attentats en France ?
— Écoutez, Monsieur, je vous retire la parole ! »
La surprise passée, Dominique de Villepin réagit : « je ne crois pas que l’on puisse ainsi impunément prendre en otage une manifestation comme la nôtre. Nous respectons tous la liberté de la presse. Nous faisons face tous aux questions qui peuvent être posées, mais il y a des moments et des lieux pour cela et je serai ravi en d’autres circonstances de répondre à une telle question3.» Malgré cette promesse, le ministre ne répondra jamais à nos demandes d’interview.
Quelques semaines après cet incident, profitant d’une visite à Strasbourg du président algérien Abdelaziz Bouteflika, un journaliste de Radio judaïque FM lui demande à son tour ce qu’il pense des révélations sur l’implication de la Sécurité militaire algérienne dans les attentats de Paris en 1995 : « Puis-je vous demander de poser la même question au président français ? », répond étrangement Abdelaziz Bouteflika. « Ce qu’il dira, je l’assumerai complètement et sans restriction aucune4.»

Le « GIA », sujet tabou
Après plusieurs années d’enquêtes communes pour tenter de comprendre ce qui se passe réellement en Algérie, Lounis Aggoun et moi-même sommes habitués à ce genre de dérobade, mais elles nous intriguent toujours autant. Pourquoi un tel malaise dès qu’on évoque l’action du mystérieux « GIA », le Groupe islamique armé ? En dix ans de « sale guerre » en Algérie, aucun journaliste étranger n’a jamais réussi à approcher un membre actif de ce sanguinaire mouvement terroristea. À notre connaissance, c’est même la seule « guérilla » au monde dont aucun chef en exercice ne s’est jamais exprimé dans la presse étrangère.
Pourquoi une telle chape de plomb sur le fonctionnement réel du mouvement et sur l’identité de ses commanditaires ? Comment expliquer qu’en 1996 un ancien fondateur du GIA reconnaissant avoir assassiné plusieurs journalistes ait pu bénéficier d’une loi de
«clémence », et puisse se pavaner aujourd’hui dans plusieurs documentaires diffusés à la télévision française, où il confirme opportunément les thèses du pouvoira ? Pourquoi une telle impunité ? Est-il exact, comme l’ont affirmé d’anciens officiers de la Sécurité militaire, que le « GIA » a été très profondément infiltré et manipulé par les services secrets algériens, dès 1992, au point de devenir un groupe «contre-insurrectionnel »5 ? Pourquoi les dirigeants algériens interrogés à ce propos, comme le général Khaled Nezzar, parrain du régime, ou Abdelaziz Bouteflika, devenu président en 1999, renvoient-ils systématiquement vers leurs homologues français, comme si ceux-ci étaient parfaitement au courant d’une telle manipulation ?
Depuis des années, ces questions nous taraudent, Lounis Aggoun et moi-même. Militant des droits de l’homme de longue date (il a notamment contribué, dans les années 1980, avec Ramdane Achab, Arab Aknine et Mouloud Khelil, à la réalisation de Tafsut, la revue clandestine du Mouvement culturel berbère, et ce jusqu’en 1988), Lounis est installé en France depuis 1989, mais il effectue depuis de fréquents voyages en Algérie, où il a conservé de nombreux contacts. Enquêteur rigoureux, il connaît parfaitement les rouages du système politique algérien. Pour ma part, j’ai été embarqué vers Alger en 1972, à l’âge de cinq ans, par des parents désireux d’apporter leur petite contribution à l’édification d’un État indépendant et… socialiste. Des « pieds rouges », en somme. Quatre ans d’école primaire dans la capitale, puis une dernière année en plein Sahara, dans une petite oasis où mes nouveaux copains ne parlaient qu’arabe, une belle langue qu’ils m’aideront à apprendre avec une infinie patience. Depuis le milieu des années 1980, Lounis et moi-même suivons de près ce qui se passe en Algérie. Mais, alors que lui s’y rend régulièrement, je n’y ai effectué qu’un bref retour aux sources en 1992. À l’été 1996, je m’y rends pour la première fois en reportage.

Des journalistes sous haute surveillance

suite…

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HISTOIRE INATTENDUE DES ARABES EN ESPAGNE



Auteur : Argaz André-Henri
Ouvrage : Histoire inattendu des arabes en Espagne
Année : 1983 

 

 

LE POURQUOI DE CE LIVRE
Peu de peuples ont été autant calomniés et ignorés délibérément
que ne l’a été — et ne l’est toujours, hélas ! — le peuple berbère.
On fouillerait vainement les bibliothèques à la recherche d’une
histoire spécifique de cette grande nation dont l’existence est pourtant
attestée depuis au moins quarante-cinq siècles, comme sa remarquable
stabilité dans la même aire géographique, à savoir l’immense pays
délimité par la Méditerranée au nord, l’Atlantique à l’ouest, la rive
occidentale du Nil à l’est, et le Sahel soudanais au sud.

Une histoire gommée

Depuis la plus lointaine antiquité, une espèce de malédiction
s’acharne à refuser à l’histoire des Berbères toute autonomie. Cette
histoire n’est traitée, et encore sommairement, que comme un appendice
de l’histoire des autres peuples auxquels le hasard a confronté les
Berbères. Ainsi de Carthage, dont nous n’ignorons aucune des puériles
intrigues de palais tandis qu’un silence lourd et mystérieux enveloppe le
peuple qu’elle domina : les multitudes berbères autochtones. Si l’on
excepte l’ouvrage de Salluste consacré à la guerre de Jugurtha, les historiens
romains ne se sont guère plus intéressés aux transformations de
la société berbère qui s’opéraient sous leurs yeux. Byzance ni les
Vandales ne firent davantage cas de l’histoire locale. Quant aux Arabes,
à l’exception d’Ibn Khaldoun, leur souci majeur fut d’arabiser l’histoire
des Berbères, au point de l’incorporer à la leur. Même les historiens

berbères de culture arabe ne procédèrent pas différemment : l’évolution
du Maghreb est pour eux subordonnée à celle du Machreq (Orient
arabe) dont elle ne serait qu’un prolongement.
Plus récemment, les historiens européens qui se sont attachés à la
Berbérie ont succombé à la tentative de justifier l’entreprise coloniale
par la recherche d’une « parenté » entre Berbères et Européens. Ils ont
présenté l’histoire de l’Afrique du Nord comme le récit d’une
incompréhensible tragédie au terme de laquelle cette « province
romaine et chrétienne » a mystérieusement épousé le Diable (l’Islam),
des griffes de qui il s’agissait de l’arracher…

« Nos ancêtres les Mecquois »

Avec l’accession des pays berbères à l’indépendance, il y a une
trentaine d’années, on se serait attendu à un revirement. La logique de
l’histoire autant que les passions nationalistes eussent normalement
commandé aux Berbères de ressaisir leur patrimoine et d’écrire enfin
l’authentique histoire de leur nation. Eh bien ! Il n’en a rien été,
jusqu’ici. En très large majorité, les historiens maghrébins se sont
enlisés dans les mêmes ornières que leurs prédécesseurs arabes ou
berbères. Une fois de plus, le devenir berbère n’est pour eux qu’une
parenthèse à peine soulignée dans la grande convulsion qui marque la
renaissance de la … nation arabe. Une fois de plus, le peuple berbère est
frustré de son passé, de sa personnalité, de son originalité. On en est
même venu à enseigner dans les écoles primaires maghrébines que
l’histoire du pays commence au VIIIe siècle, c’est-à-dire avec la conquête
arabe. Après « nos ancêtres les Gaulois », voici « nos ancêtres les
Mecquois »… Plus de deux millénaires et demi d’une riche histoire sont
purement et simplement « gommés » pour satisfaire à des impératifs
politiques à courte vue.

Une restitution

Pourtant, à la lumière des récentes découvertes archéologiques et
historiques, le rôle joué par la Berbérie dans l’Histoire apparaît plus
que jamais essentiel. Elle ne s’est pas contentée d’être une
intermédiaire, le plus souvent à son corps défendant, entre l’Europe de
l’Ouest, l’Orient et l’Afrique. Son génie a fécondé les apports culturels

venus de ces trois côtés et élaboré une synthèse grandiose à laquelle
sont redevables aussi bien la civilisation orientale que l’occidentale et
l’africaine. Oblitéré par les passions religieuses, raciales, culturelles,
politiques, ce rôle fondamental doit être restitué au peuple berbère. Le
présent ouvrage entreprend cette restitution. Lorsque, par exemple,
nous corrigerons l’erreur des historiens répétant que l’Espagne a été
conquise par les Arabes, nous ne ferons que rendre justice aux
véritables conquérants, les Berbères. Et restituer à ceux-ci leur part de
gloire dans l’immense effort qui a engendré la brillante civilisation
hispano-mauresque.

l. l.

INTRODUCTION

L’ARRIÈRE-PLAN
ISLAMIQUE
Le Proche-Orient a été secoué, au début du VIIe siècle, par l’une
des plus formidables révolutions de l’histoire de l’humanité :
l’avènement de l’Islam. Ce n’est pas forcer la comparaison que de
décrire cet événement majeur comme une sorte de « séisme historique
». Rayonnant à partir de son épicentre localisé dans la péninsule
arabique, le phénomène s’est, en effet, propagé à la manière d’une onde
de choc tellurique, progressant irrésistiblement dans toutes les
directions à la fois en suivant des lignes de force concentriques. S’il est
vrai que la progression n’a pas été uniforme du fait des résistances plus
ou moins vives des « terrains » successivement touchés, il demeure
que, de la Chine à l’Ibérie, de Madagascar à la Bulgarie, de la Sicile au
Ghana, nul empire, nul royaume n’a été épargné par le terrible
ébranlement. Cependant, tous les Etats touchés par la secousse ne
s’effondrèrent pas : certains survécurent et, parmi eux, les Etats d’où
allaient naître des contre-ondes de choc faisant momentanément ou
durablement refluer l’Islam. Mais aucun n’échappa à l’influence directe
ou indirecte et plus ou moins accentuée de la nouvelle civilisation,
qu’elle se manifestât dans les domaines de la politique, de la stratégie,
de l’économie, de la culture ou de la religion. Par son ampleur
exceptionnelle et par son intensité durable, l’événement islamique n’est
pas sans rappeler deux illustres précédents : les expansions des
civilisations grecque et romaine, auxquelles, du reste, ne l’apparentent
pas que les circonstances.

La conquête de l’Espagne au VIIIe siècle, puis l’instauration d’une
civilisation musulmane dans ce pays (civilisation qui allait durer un
trois quarts de millénaire), comme la pénétration des « Sarrazins » en
France et en Italie, sont une des conséquences directes de la révolution
arabo-islamique. C’est pourquoi, avant d’étudier le dossier des Hispanomauresques
et des Sarrazins, il nous paraît indispensable de rappeler
dans ses grandes lignes ce que fut cette révolution, au Proche-Orient.

Le double pays des Arabes

Gigantesque appendice coincé entre l’Afrique et l’Asie, la péninsule
arabique, patrie originelle des Arabes, ne mesure pas moins de 3,5
millions de kilomètres carrés, soit presque la superficie du souscontinent
indien (4 millions de km2), le tiers de celle de l’Europe ! Mais,
tandis que l’Inde nourrit plusieurs centaines de millions d’hommes, la
population de l’Arabie n’atteint même pas 15 millions d’âmes
actuellement. C’est que les déserts occupent les neuf dixièmes du
territoire. L’un de ces déserts, le Roub al-Khali, couvre à lui seul une
superficie égale à celle de la France !
Le nom par lequel les autochtones désignent leur pays est d’ailleurs
fort révélateur : Djazirat al-Arab, disent-ils, c’est-à-dire : « l’île des
Arabes », C’est bien d’une île qu’il s’agit : bordée sur trois de ses côtés
par la mer, golfe Persique à l’est, océan Indien au sud et mer Rouge à
l’ouest, la péninsule est isolée du continent, au nord, par une autre
« mer », de sable et de cailloutis celle-là, le Grand Nafud. Cette
situation déterminera naturellement un mode de vie et un type de
rapports avec l’environnement originaux.
On distingue traditionnellement trois grandes subdivisions
naturelles dans la péninsule arabique. A l’ouest, surplombant la fosse
de la mer Rouge, un système orographique très complexe court depuis le
golfe d’Aqaba jusqu’à la pointe d’Aden, orienté dans le sens nord-sud :
les sommets, abrupts sur le versant occidental maritime, descendent
plus graduellement sur le versant oriental, vers l’intérieur. Deux
chaînes principales composent ce système : au nord, le Hidjaz1, qui
domine les villes saintes de Médine et de La Mekke ; au sud, le Yémen.
1 . (Note des éditeurs). Nous avons respecté, à partir d’ici, les orthographes
des noms de lieux ou de personnes que l’auteur emploie, en arabisant, attentif
aux bonnes transcriptions des vocables arabes originels.

Perpendiculairement à ce système, une autre barrière montagneuse
se dresse au sud, au-dessus des profondeurs de l’océan Indien : orientée
d’ouest en est, elle relie presque sans solution de continuité l’Aden à
l’Oman, culminant avec les sommets de l’Hadramaout et du Dhofar. Ce
second système orographique a un retentissement déterminant sur
toute l’écologie de la péninsule : les sommets trop élevés arrêtent la
mousson au voisinage même de la mer, privant ainsi de pluies tout
l’intérieur. Le processus qui a abouti à la désertification de l’Arabie doit
beaucoup à cette barrière naturelle anti-mousson.
La troisième grande subdivision naturelle de l’Arabie constitue
l’intérieur de la péninsule, vaste cuvette de plateaux sablonneux ou
caillouteux, enfermée entre les deux remparts montagneux de l’ouest et
du sud. Nous sommes en présence d’une immense zone aride,
comparable, à bien des égards, au Sahara et à ses franges sahéliennes.
Il peut se passer parfois dix et même quinze années de suite sans qu’il
pleuve dans certaines régions.
Le paysage porte, cependant, témoignage d’un lointain passé
(nettement antérieur aux temps historiques) beaucoup plus fertile : de
profondes vallées (wardi) tissent tout un réseau fluvial totalement
asséché de nos jours. La péninsule ne compte plus qu’un seul fleuve à
débit permanent : le Hadjar, qui prend source dans l’Hadramaout et se
jette dans l’océan Indien. Tous les autres cours d’eau ont une existence
« météorique », apparaissant puis disparaissant au hasard des pluies
avec une soudaineté et une violence inouïes.
Ces pluies métamorphosent le désert en quelques heures, donnant
naissance à des générations spontanées et spectaculaires de la flore,
puis s’enfoncent sous les sables et vont grossir la nappe phréatique.
Celle-ci affleure parfois naturellement, engendrant ces « nids de
verdure » aussi inattendus que merveilleux que sont les oasis. Mais, le
plus souvent, il faut creuser des puits très profonds, dépassant les cent
mètres, pour atteindre la précieuse nappe liquide.

Les Sudarabiques antiques

A l’instar de la géographie physique, la géographie humaine et
économique, l’histoire et la sociologie distinguent plusieurs Arabies. A la
zone favorisée par la pluviométrie — les versants occidental du Yémen
et méridional de l’Hadramaout, notamment, qui reçoivent les moussons
— correspond ce que les Anciens dénommaient « Arabie heureuse » du

Yémen, par opposition à l’Arabie désertique. (Notons que, avec la
découverte des richesses pétrolières, les termes de la comparaison ont
été purement et simplement inversés.)
L’Arabie heureuse a vu se développer sur son sol des civilisations
sédentaires qui accédèrent aux plus hauts niveaux de développement.
Très tôt, les Sudarabiques maîtrisèrent les techniques de l’irrigation et
réalisèrent des barrages considérables dont les ruines sont encore
impressionnantes : près de Mareb, les vestiges de trois de ces ouvrages
monumentaux tiennent encore debout, sur une hauteur de 15 mètres !
A la richesse du sol et à l’ingéniosité des hommes s’est ajouté
l’avantage né de la situation géographique exceptionnelle de cette
région. Car, pendant des siècles, elle fut le carrefour vers où convergeaient
les produits de trois continents : l’Europe (par la Méditerranée),
l’Afrique et l’Asie. Sur ses marchés s’offraient les richesses les plus
variées : « On voyait (dans le grand port de Muza) les perles du golfe
Persique, l’ivoire, la soie, le coton, les toiles, le riz et surtout le poivre de
l’Inde, les esclaves, les singes, l’or, les plumes d’autruche de l’Afrique
orientale, sans parler des produits locaux (en particulier myrrhe et
encens) et des produits méditerranéens envoyés en « échange » (M.
Rodinson). Les Sudarabiques étaient des commerçants avisés : par mer
ou par terre (en caravanes), ils se répandaient dans tout le Proche-
Orient et jusqu’en Egypte et en Grèce (Délos).
C’est ainsi que se développèrent plusieurs royaumes, dont le
souvenir nous a été conservé par les historiens antiques : on peut citer
parmi les plus florissants le Ma’in, le Kataban, l’Hadramaout, l’Awsan
et surtout le fameux Saba dont la reine a laissé une trace aussi
éblouissante que légendaire dans l’histoire proche-orientale. Toutefois
les historiens ne sont pas d’accord sur la chronologie, hésitant sur une
période de près d’un millénaire : les uns font remonter les premiers âges
de ces royaumes au XIIIe siècle avant J.-C,, tandis que d’autres ne les
datent que du Ve siècle avant J.-C. On sait cependant que, dans la
dernière période, juste avant l’avènement de l’Islam. L’Arabie heureuse
était dominée par les Himyarites ou Homerites. Le dernier monarque de
cette dynastie, Dhou Nouwas, attira contre son pays une expédition
punitive des chrétiens d’Abyssinie vers 523 après J.-C., dans des
circonstances que nous exposons plus loin.

Les Arabes du désert ou Bédouins

A côté de cette Arabie heureuse ouverte aux influences les plus
diverses, commerçant avec tout le monde connu et organisée en
royaumes puissants et riches, l’autre Arabie, celle des immensités
arides de l’intérieur, faisait figure de pays arriéré, sauvage. Renfermée
sur elle-même, malgré les incursions des armées des empires du Nord
ou de l’Est, elle connut une organisation politique, économique et sociale
rudimentaire.
La société bédouine se divisait en deux grands groupes
interdépendants : celui des sédentaires agglutinés, autour des rares
oasis, en petites bourgades laborieuses d’agriculteurs et d’artisans, et
celui des nomades, pasteurs battant la campagne sans relâche derrière
leurs troupeaux. La ressource essentielle des premiers était le palmierdattier,
dont les fruits constituent une nourriture presque miraculeuse
dans ce milieu si parcimonieux. Le nomade, quant à lui, disposait d’une
« ressource » encore plus extraordinaire : le chameau. Domestiqué à
une époque relativement récente (XVI-XIIIe siècle avant J.-C.), le
chameau, ou plus exactement le dromadaire, est un animal
véritablement miraculeux. Il est capable d’emporter des charges importantes
(jusqu’à 300 ou 400 kilos) sur des distances pouvant atteindre
300 kilomètres en une seule journée. D’un entretien presque
insignifiant, d’une sobriété légendaire, il offre en outre une prodigieuse
variété d’utilisation : sa laine sert à confectionner des vêtements, sa
peau des boucliers, des selles, des chaussures, des cordages ; sa bouse
est un excellent combustible ; la femelle fournit un lait très riche ; sa
viande est succulente ; il n’est pas jusqu’à son estomac et sa vessie qui
n’offrent des sortes de réserves d’eau utilisables dans les cas extrêmes.
Entre nomades et sédentaires, les relations ont été souvent
orageuses : les razzias, une manière d’institution, pourvoyaient aux
besoins du nomade, au détriment du sédentaire, chaque fois que la
nécessité s’en faisait sentir. Cependant, une sorte d’équilibre instable a
fini par s’imposer aux deux partenaires inconciliables.

Un échange de « services »

« Le sédentaire installé aux oasis, écrit A. Miquel1, ou sur les marges
du désert, se définit comme un fournisseur, mi-contraint mi consentant,
de produits de première nécessité : grains, dattes, armes et vêtements
avant tout. En échange de quoi le Bédouin lui assure sa protection
contre les incursions des autres nomades et, tout autant, contre les
désagréments que lui vaudrait une attitude récalcitrante. Le même
contrat règle le passage des caravanes marchandes, que le Bédouin
guide et escorte sur toute la traversée de son territoire. Pur et simple ou
assorti d’un troc par lequel le nomade livre bétail, chameaux ou
chevaux, l’échange d’un service (en l’occurrence la protection) contre certains
produits de base est justiciable, en dernière analyse, des mêmes
raisons que les raids sur le territoire voisin : toutes tiennent à
l’impossibilité, même avec les moyens et les caractères appropriés, de
vivre, au désert, en autarcie complète. […] Plus que d’un isolement, tout
relatif, du Bédouin, mieux vaut parler d’un équilibre subtil dans le
domaine des échanges, le nomade tenant la bride au cultivateur et au
marchand, assez ferme pour obtenir d’eux ce qu’il désire, assez souple
pour ne pas les éliminer de circuits économiques sans lesquels lui-même
ne survivrait pas. »
Ainsi l’Arabie intérieure était-elle une mosaïque de tribus plus ou
moins puissantes, se livrant à des luttes acharnées pour l’hégémonie ou
le contrôle des terrains de pâturages ou des pistes de caravanes. Ces
tribus, constituées par une multitude de familles regroupées en clans
qui se reconnaissent un ancêtre éponyme, professaient des croyances
rudimentaires : elles adoraient des pierres (bétyles) et les astres. La
pratique des pèlerinages aux lieux de culte les plus vénérés était très
répandue. L’un de ces lieux, la Kaaba à La Mekke, attirait des foules
considérables venues de toutes les régions pour rendre grâces aux
divinités locales, Houbal, Allat, Ouzza, Manet. Il faut remarquer,
cependant, que certaines tribus étaient judaïsées depuis longtemps,
d’autres christianisées ; il en était même — les hanif — qui
pratiquaient le mysticisme et l’ascétisme sans se reconnaître pour
autant juives ou chrétiennes.


1 . L’Islam et sa civilisation (Armand Colin 1977).


Entre deux empires, Byzance et la Perse

Mais, à la veille de la proclamation de l’Islam, la péninsule arabique
avait subi, tout comme le reste du Proche-Orient, des métamorphoses
profondes. L’époque est dominée par les affrontements pour l’hégémonie
entre l’empire byzantin et l’empire perse des Sassanides. Deux
puissances colossales entre lesquelles la géographie, au moins autant
que l’histoire, a glissé les étendues désertiques arabes, entre la frange
côtière syro-égyptienne et la vallée de la Mésopotamie ; ici Rome et
Byzance, là Ctésiphon. Deux supergrands qui rêvaient, chacun de son
côté, d’abattre le concurrent, quoique ne se livrant que des combats
sporadiques, meurtriers mais jamais décisifs.
L’un des enjeux les plus importants de cette compétition entre
Perses et Byzantins était la maîtrise du commerce avec l’Extrême-
Orient. Celui-ci transitait par deux axes principaux : l’axe septentrional,
appelé aussi « Route de la Soie », qui courait depuis les confins
de la Chine jusqu’à Byzance, en traversant toute l’Asie centrale ; l’axe
méridional, ou axe maritime, qui reliait les ports d’Extrême-Orient à
ceux du golfe Persique et du Yémen. Ce dernier axe se subdivisait vers
l’ouest en trois sections : la première reliait les ports du golfe à la
Palestine et à La Mekke, par deux pistes caravanières ; la seconde,
également terrestre, joignait Aden à Gaza et Damas en suivant la côte
de la mer Rouge et passant par La Mekke et Adhruh ; la troisième,
maritime celle-là, mettait en contact les ports situés sur les deux rives
de la mer Rouge et jusqu’au fond des golfes d’Aqaba (Ayla) et de
Clysma.
Comme on le voit, les routes méridionales passaient toutes, en un
point seulement ou sur la plus grande portion, en territoire arabe. Il en
résultait une importance stratégique considérable pour la péninsule.
D’autre part, compte tenu du fait que la « Route de la Soie », au nord,
était facilement contrôlée par les Sassanides ou leurs alliés, Byzance
était obligée de s’assurer domination ou en tout cas influence sur l’axe
méridional. Une politique de « clientèle » et de surenchères, dont les
tribus arabes allaient être les bénéficiaires, se développa, exacerbant la
rivalité des deux empires.
Ce fut ainsi que les Sassanides s’attachèrent l’alliance des
Lakhmides, Arabes nomades qui établirent leur capitale, Hira, tout près
de celle des Perses. Les Lakhmides effectuaient des raids meurtriers et
incessants contre la province byzantine de Syrie. La situation devenant
très préoccupante au début du VIe siècle, Byzance dut se résoudre à

rechercher d’autres Arabes pour s’opposer aux razzieurs. Les Byzantins
traitèrent avec la tribu des Ghassanides, nomades établis sur le
territoire de l’actuelle Jordanie. Ces Arabes se convertirent au
christianisme, mais dans sa version monophysite en faveur en Syrie et
en Egypte. Les Ghassanides se lancèrent bientôt dans une guerre contre
les Lakhmides qui s’acheva par la prise et la mise à sac de Hira.

Ethiopiens puis Perses au Yémen

Dans le même temps, l’Arabie du Sud était le théâtre d’événements
très graves. Vers 510, un nouveau roi montait sur le trône himyarite,
Dhou Nouwas. Il avait la particularité de professer le judaïsme. Pour
des raisons qui restent obscures, Dhou Nouwas accabla de persécutions
les chrétiens de son royaume. Pis encore aux yeux de Byzance : il noua
des relations étroites avec les Lakhmides, c’est-à-dire indirectement
avec les Perses. C’en était trop pour l’empereur chrétien : une menace
majeure pesait sur la route commerciale méridionale. La riposte ne se
fit pas longtemps attendre : une expédition partie d’Axoum, l’empire
chrétien d’Abyssinie, traversa la mer Rouge et ravagea le Yémen. Dhou
Nouwas fut battu, l’influence de Byzance restaurée, un ordre nouveau
établi sur le pays. Pendant quelques décennies, cet équilibre se
maintint.
Mais au milieu du VIe siècle, un rebondissement aux nombreuses
répercussions ultérieures se produisit. Le « roi des rois » sassanide,
Khosrô, détruisit l’empire centre-asiatique des Huns hephtalites. Mais,
pour y parvenir, il avait dû s’allier aux T’ou-Kiue (Turcs d’Asie centrale)
et, naturellement, ceux-ci reçurent en récompense leur part, généreuse,
du défunt empire. Alors, se sentant assez puissants pour braver le
Sassanide, les Turcs négocièrent un accord avec Byzance aux termes
duquel ils traiteraient désormais directement avec leur nouvel allié,
notamment dans le domaine commercial, sans passer par
l’intermédiaire des Perses. C’était en Centre-Asie une nouvelle
ouverture des hostilités que l’empereur byzantin Justin II confirma
dans les faits en 572, date capitale pour la période.
La réaction de Khosrô fut double : d’une part, il fit face à la guerre
imposée au nord ; d’autre part, il expédia un corps d’armée au Yémen
d’où, avec l’aide d’anciens partisans de Dhou Nouwas, il chassa les
Ethiopiens.

La montée des commerçants

suite…

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Une histoire de la science arabe


  
Auteur : Djebbar Ahmed
Ouvrage : Une histoire de la science arabe – Introduction à la connaissance
du patrimoine scientifique des pays d’Islam
Année : 2001

ENTRETIENS AVEC JEAN ROSMORDUC

 

Introduction

que leurs contributions n’ont pas encore été publiées dans
les langues européennes. Enfin, en quatrième lieu, étant
convaincus que la production scientifique n’est qu’une composante
des activités d’une société donnée à différentes
époques de son histoire et une étape dans la grande aventure
scientifique de l’humanité, nous avons constamment eu pour
souci d’évoquer, dans la mesure du possible, les autres
aspects relatifs à la civilisation qui ont accompagné ces activités
scientifiques.
Nous avons tenu compte du fait que les lecteurs de ce
livre n’ont pas eu, dans leur grande majorité, la possibilité de
se familiariser avec l’histoire de la civilisation arabo-musulmane,
encore moins avec l’histoire de ses sciences, et, d’une
manière plus générale, avec les activités intellectuelles qui y
ont été pratiquées durant des siècles. La situation s’est relativement
améliorée depuis l’introduction, il y a quelques
années, dans les programmes et dans les manuels scolaires,
d’un certain nombre de chapitres sur l’Islam et sa civilisation.
Mais, à notre avis, cela reste en deçà de ce que l’on
devrait connaître en France et en Europe sur le sujet. Aussi
avons-nous jugé utile de consacrer le premier chapitre de ce
livre à certains aspects liés aux contextes géographiques,
sociaux, culturels, politiques et économiques dans lesquels
sont nées et se sont développées les sciences arabes, du IXe
au XVe siècle.
En plus d’un certain nombre d’informations nouvelles qui
manquent dans d’autres ouvrages de vulgarisation et qui ont
été insérées dans ce livre, nous avons voulu apporter un
regard différent : évitant de se cantonner aux foyers scientifiques
de l’Orient musulman, nous évoquons, d’une manière
développée, les contributions des autres centres, et plus particulièrement
celles de l’Espagne et du Maghreb. Ces deux
régions ont souffert de deux phénomènes : la faiblesse des
recherches portant sur l’histoire de certaines activités scientifiques
attestées dans ces régions, et la persistance de préjugés
sans fondement à la fois sur leurs contributions au
développement des activités intellectuelles en pays d’Islam
et sur l’originalité de certaines de ces contributions.

Comme on le verra tout au long des pages à venir, l’importance quantitative et qualitative de ces deux traditions scientifiques est tout à fait incontestable.
Cela dit, et malgré notre volonté de présenter le maximum
d’informations sur les sujets abordés, nous ne répondrons
pas à toutes les interrogations des lecteurs, non seulement
parce que nous ne connaissons pas tous ces sujets dans
le détail, mais aussi, et surtout parce que, dans l’état actuel
de la recherche, de nombreuses questions (que nous-mêmes
nous nous posons parfois) sont encore sans réponse. Nous
espérons que, dans les années à venir, nous pourrons non
seulement compléter et améliorer les informations présentées
dans ce livre, mais également aborder des aspects nouveaux
sur lesquels les recherches futures auront apporté au
moins un peu de lumière. Nous sommes en effet convaincus,
au vu du dynamisme actuel de la recherche sur l’histoire des
sciences arabes, que, dans quelques années, certaines des
réponses esquissées dans ce livre pourront être complétées,
enrichies et peut-être même révisées. Ce fut déjà le cas
durant les deux dernières décennies, en particulier pour
l’histoire de certains chapitres des mathématiques et de l’astronomie
arabes, et il n’y a pas de raison pour que cela ne se
reproduise pas dans l’avenir pour ces mêmes disciplines et
pour d’autres.
Par ailleurs, compte tenu du volume réduit de ce livre,
nous avons été contraints de faire des choix et de nous limiter
à des exposés généraux sur des sujets concernant des disciplines
relativement techniques, comme les mathématiques,
la physique et l’astronomie.
Nous avons préféré présenter la matière de ce livre sous
la forme d’un entretien, à la fois pour aérer l’exposé et pour
le rendre plus vivant. La forme retenue, en abrégeant parfois
les développements, facilite dès lors l’introduction d’interrogations
qui peuvent naître chez certaines catégories de lecteurs,
comme nous avons pu le constater dans le cadre de nos
activités tant culturelles que professionnelles. Dans un certain
nombre de cas, nous avons volontairement introduit des
commentaires ou des rappels afin de préciser les explications
données et pour mieux les situer dans un contexte ou
dans une problématique dépassant le cadre de la civilisation

arabo-musulmane. D’une manière générale, nous pensons
qu’il ne faut pas isoler les événements scientifiques de cette
civilisation des épisodes qui les ont précédés, et peut-être
alimentés, comme de ceux qui en ont été le prolongement
naturel dans le cadre de l’histoire postérieure.
Quant aux réponses aux questions, elles sont, à quelques
exceptions près, relativement courtes et elles ne dépassent pas
les limites des problèmes évoqués. Autrement dit, il ne s’agit
pas d’un exposé détaillé sur le sujet suscité par chaque question.
Il est vrai que la compréhension parfaite de certaines
explications justifierait parfois de longs développements,
sous forme de paragraphes étoffés et structurés. Il nous était
possible de le faire pour tous les sujets relevant de nos activités
d’enseignement ou de recherche. Ce faisant, nous risquions
néanmoins d’introduire un déséquilibre entre les différents
thèmes, ce que nous avons jugé préférable d’éviter.
Nous nous sommes également efforcés de répondre à
l’attente des lecteurs qui souhaiteraient approfondir leurs
connaissances sur tel ou tel sujet exposé brièvement dans le
livre. À leur intention, nous avons réservé les encadrés à des
informations techniques ou bibliographiques, et nous avons
regroupé, à la fin de chaque chapitre, les références de publications
spécialisées. Pour d’évidentes raisons de commodité,
nous avons privilégié les références bibliographiques écrites
en français et publiées en France. Bien sûr, nous n’avons pas
sacrifié les références de base (publiées en allemand, en
anglais, en arabe et en espagnol), que nous avons rassemblées
dans la bibliographie générale.
Ce faisant, nous savons que nous ne répondons que
superficiellement à un certain nombre d’interrogations,
risquant donc de décevoir les lecteurs qui ont déjà des
connaissances solides sur l’histoire de certaines disciplines
à d’autres époques et qui souhaiteraient peut-être disposer
d’analyses approfondies et détaillées sur leur évolution dans
le cadre de la civilisation arabo-musulmane. Mais, comme
ce livre se veut seulement une introduction à un vaste
domaine qui mériterait certes de plus amples développements,
nous espérons que sa lecture donnera envie au lecteur
d’en savoir davantage.

Nous aimerions que cette contribution puisse convaincre
le public que la science arabe, qui ne se réduit pas aux
apports de quelques savants prestigieux, représente dans
l’histoire de la science à l’échelle de l’humanité, non pas un
épiphénomène, mais un chaînon spécifique dans un long
processus. Héritière de presque toutes les traditions scientifiques
qui l’ont précédée (et pas uniquement celle de la
Grèce), passage obligé vers les sciences ultérieures, elle
constitue l’une des phases importantes qu’a connues l’humanité
dans sa quête obstinée de la vérité, cette quête qui a
démarré lentement dans la nuit des temps et qui s’est poursuivie
à travers les traditions prestigieuses de la Chine, de
l’Inde, de la Mésopotamie, de l’Égypte et de la Grèce (pour
ne parler que de celles qui ont eu un lien attesté avec la tradition
scientifique arabe).
Enfin, nous devons préciser que nous avons opté, volontairement,
pour une transcription internationale des lettres
arabes (dans l’écriture des noms propres, des titres d’ouvrages
et de certains éléments de la terminologie scientifique arabe).
C’est la raison pour laquelle nous avons donné, au début du
livre, un tableau de ces transcriptions avec leurs correspondances
phonétiques. Cela pourra aider certains lecteurs qui
auraient à consulter des ouvrages spécialisés concernant telle
ou telle discipline traitée dans ce livre.
Toujours par souci de rigueur, nous avons systématiquement
donné, pour les ouvrages arabes et ceux traduits en
arabe à partir du vme siècle, la transcription latine de leur titre
suivie, entre crochets, de la traduction française de ce titre.
En faisant ainsi pour les écrits grecs, nous avons voulu restituer
exactement les titres donnés à ces ouvrages non arabes
par les traducteurs et non pas leurs titres originels grecs.

1. Avènement et essor

de l ’Empire musulman

suite…

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Qui nous affame? De la crise financière à la famine organisée. L’Odieuse stratégie des riches.


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Ouvrage: Qui nous affame ? De la crise financière à la famine organisée.

L’Odieuse stratégie des riches

Auteur: Daniel Estulin

Année: 2014

Traduit de l’anglais par C. P. HENRY

 

 

Affirmons pour commencer que Wall Street n’est qu’ une mystification.
La vérité est ailleurs. C’est un parc d’attractions, un cirque ambulant,
avec ses jongleurs, ses danseuses du ventre, ses bonimenteurs, ses
chanteurs de second ordre et ses strip-teaseuses. Et nous, spectateurs
béats, sommes hypnotisés par le spectacle. On se plante devant l’estrade,
jour après jour, nuit après nuit, en prenant note des marges bénéficiaires,
des progressions, des incitations financières, des produits dérivés. Quelle
folie ! Combien de millions d’entre nous sont prêts à croire tout ce qui sort
de la bouche des experts en Bourse ? Se rend-on compte qu’un nombre
infime d’individus au sommet de la pyramide sont prêts à nous annoncer
n’importe quoi pourvu que nous investissions quelques euros que nous
n’ avons peut-être même pas dans ce gigantesque système de Ponzi ?
Ajoutons que pour la plupart des gens la seule vérité en matière
économique ne leur parvient que par le biais de la télévision.
Une génération entière de nos contemporains ne connaît rien à
l’ économie hormis ce qui leur est offert par Wall Street. Wall Street est
devenu la Bible, la révélation ultime. La Bourse américaine fait et défait
les présidents, les premiers ministres, les ministres des finances ou les
chanceliers de l’Échiquier. Essayons d’imaginer quelles seraient les
conséquences si l’on découvrait que toute la structure de Wall Street et
des marchés boursiers n’ était qu’ une imposture ? Une mauvaise blague
organisée par des individus peu recommandables ? Des individus prêts à
recourir à tout un arsenal de vieilles ficelles pour maquiller la vérité, afin
d’empocher des gains boursiers et financiers totalement artificiels.
Je voudrais que nous nous accordions d’abord sur quelques faits. Les
résultats de la Bourse n’ont absolument rien à voir avec la réalité.
L’économie repose sur des considérations centenaires, et non sur les
chiffres de clôture de Wall Street la semaine passée. Wall Street est une
attraction de foire qui ne devrait convenir qu’ à des enfants en bas âge.

L’idée fausse que nous entretenons tous à propos de l’économie découle
du fait que nous considérons qu’ il s’agit d’une affaire d’argent. La
richesse, pourtant, n’est pas déterminée par l’argent. Les statistiques
concernant les flux monétaires n’ont rien à voir avec les véritables
prévisions de richesse. C’est le développement de l’esprit de chaque
individu qui influe le plus sur la planète. Voilà la véritable mesure de
l’ humanité.
De ce fait, ce n’est pas l’argent, pas plus les statistiques ou une
quelconque théorie monétaire qui déterminent la manière dont fonctionne
une économie, mais un facteur physique. Et dans ce facteur physique, il
faut inclure le cerveau humain, radicalement différent du cerveau animal
puisqu’ aucun animal n’est capable d’inventer, seul l’homme est doté de
cette capacité. Et c’est ainsi que nous organisons notre système social par
l’ adoption de conventions sociales, qui dictent notre conduite en tant
qu’ êtres humains et produisent des effets physiques. En conséquence, si
nos conventions sont défectueuses, nous allons au-devant de sérieux
problèmes. Des problèmes prévisibles, en termes physiques.
Avant même d’analyser les points les plus subtils de la crise que nous
traversons, je voudrais que mon lecteur comprenne bien ceci : ce à quoi
nous assistons aujourd’hui dans le monde, c’est-à-dire la destruction
totale de l’économie mondiale, n’est pas un accident ni une erreur de
calcul résultant de combines de la part de politiciens maladroits. Cette
situation est la conséquence d’une stratégie conçue délibérément. Dans
un but bien précis. La raison en est que l’Empire a pris conscience du fait
que le progrès de l’humanité signifie la fin imminente de sa propre
hégémonie. Celui-ci ne peut survivre dans un monde où le progrès
scientifique et technologique se répand partout. L’Empire a besoin d’un
monde d’êtres humains abrutis et serviles, de moutons dociles ; c’est pour
servir cette cause que l’Empire entreprend de détruire les structures
fondamentales telles que l’état-nation, une assistance vitale qui sous-tend
le progrès de l’humanité. Il s’attaque délibérément aux États-nations, aux
pays indépendants, en visant les économies de ces nations afin de les
détruire dans le but de préserver son pouvoir. Une stratégie délibérément

conçue et appliquée.
Mais qu’ appelons-nous l’Empire ? Ce n’est ni un roi ni une reine
installés sur un trône en or massif. Les Empires sont au-dessus des rois.
Nous parlons ici d’un système de contrôle. Un contrôle de tout ce qui se
passe, opéré par le biais d’un système monétaire international aux mains
de grandes banques internationales. La mondialisation, on le constate,
n’ est rien d’autre qu’ un nouvel avatar de l’Empire. Elle est synonyme
d’élimination de l’état-nation, de l’éradication de la liberté, de l’ élimination
de tous les droits.

Le Fonctionnement de l’argent
C’est ici que nous abordons le problème de l’économie. L’économie n’a
rien à voir avec l’argent. Ce que vise l’élite, c’est un Empire. Trop d’entre
nous s’ imaginent que pour mettre en place un Empire, il faut de l’argent.
Ce n’est pas lui qui détermine la richesse ni l’économie. L’argent est un
instrument. Il n’influe pas sur le développement de la planète. Une
croyance erronée implique que l’argent exprime une valeur physique
intrinsèque. Une valeur s’exprime, non pas en tant que quantité mais
seulement en tant qu’ effets relatifs de la croissance ou de la décroissance
du potentiel physique relatif population-densité d’un individu dans une
société donnée. La valeur de l’argent ne réside pas dans l’ échange
individuel mais dans l’unité fonctionnelle, que l’on nomme dynamique
unificatrice, du processus social d’une nation.
Savez-vous ce qui influe sur le développement de la planète ? C’est
l’ esprit humain, l’intelligence. Voilà l’instrument capable de mesurer
l’humanité. Ce qui sépare l’homme de l’animal, c’est sa capacité à
découvrir des principes physiques universels destinés à accroître et
améliorer le pouvoir de l’homme sur la nature par kilomètre carré
d’espace. Cette capacité lui permet d’innover, en vue d’ améliorer ensuite
la vie des habitants de cette Terre. Le développement de l’ humanité, le
développement du pouvoir de l’individu et de la nation dépendent des
développements scientifiques, des découvertes scientifiques et du progrès
technologique.
En réduisant la productivité, en réduisant les infrastructures, en
limitant les inventions et la technologie, on provoque un effondrement de
la population. Tant que vous parvenez à maintenir les gens dans
l’ignorance et la surpopulation, une infime minorité sera en mesure de les
contrôler.

La crise monétaire que nous connaissons actuellement reflète
l’ incohérence imposée par le processus de destruction matérielle de
l’ économie. Cet effondrement n’ est pas la conséquence de la fluctuation
des marchés financiers. La crise financière résulte du fait que nous
dépendons d’un système hyper-inflationniste : si vous prenez en effet en
compte le montant total de l’argent censé être en circulation et tentez de
dégager le pourcentage de cette masse monétaire qui correspond à une
réalité physique, vous vous apercevez qu’ il est devenu infime, proche
même de zéro. Mais cela ne constitue pas la crise en soi ! La crise se
mesure à la production physique per capita. Et les ressources dont
dépend cette production s’effondrent.
L’avenir de l’humanité repose sur l’économie physique, les
transformations physiques du monde qui nous entoure. Je vous donne
un exemple. Imaginons un monticule de terre qui s’ avère riche en minerai
de fer ; si l’ on exploite ce minerai, qu’ on l’utilise pour produire du métal,
puis que l’ on utilise ce métal pour fabriquer de l’acier et que cet acier sert
à fabriquer des machines-outils afin de produire toutes sortes de choses,
des voitures, des trains, des engins spatiaux, des réacteurs nucléaires… À
chaque étape de ce processus, le produit issu de la transformation
présente plus de valeur pour la société et a plus de valeur en termes
physiques que le produit dont il est issu. Le produit final vaut plus que la
somme des apports.
Lorsque l’on met en place une infrastructure, nous réorganisons en
vérité l’espace-temps physique de la biosphère, afin de lui permettre
d’atteindre des niveaux de plus en plus élevés de densité du flux
énergétique.
Par conséquent, si l’ on parle d’un système que l’ on fait évoluer à des
densités de flux énergétique de plus en plus élevées, par exemple en
passant d’une économie fondée sur le charbon à une économie reposant
sur le pétrole, puis à une économie reposant sur le nucléaire, on accroît
la puissance de production du travail humain à chaque étape, et c’est
ainsi que se crée la véritable richesse. Les gens se livrent à des activités
de production. À quoi sert donc l’ argent dans ce cas ? Il n’ intervient que
pour faciliter les échanges, le commerce, entre les personnes qui
produisent. Il ne possède pas de vertus magiques. Ni de valeur
intrinsèque.
Si vous êtes agriculteur, vous produisez des céréales, mais vous n’avez
pas envie d’échanger votre récolte contre un tracteur avec votre

concessionnaire de machines agricoles. Alors il faut une solution de
rechange que nous appelons l’argent. On choisit dans le monde physique
un étalon qui servira à établir la valeur d’une certaine somme, ce qui
facilite les échanges entre les personnes. Mais la valeur n’est pas dans
l’ argent lui-même. La valeur réside dans la richesse physique que
représente cette somme d’argent. L’énorme erreur qu’ a fait l’Empire, et
que perpétuer le système bancaire, c’est affirmer que l’argent possède une
valeur, et que nous en voulons toujours plus. Et ainsi, parce qu’ il existe
aujourd’ hui un système de renflouement des banques, nous sommes
contraints de nous précipiter au secours du système bancaire, et pour ce
faire, de fermer définitivement les secteurs productifs de notre économie.
On ne peut se permettre une économie nucléaire parce que ceux qui
contrôlent l’ argent détruisent systématiquement la richesse de l’ économie
dans le but illusoire de maintenir la valeur de l’ argent.
Et quelles sont les conséquences d’une telle conduite ? En créant de
plus en plus d’ argent par ces opérations de renflouement, la valeur de cet
argent s’ effondre de façon spectaculaire jusqu’ à devenir pratiquement
nulle. C’est à ce phénomène que l’on assiste aujourd’hui. C’ est ce qu’ on
appelle l’ hyperinflation. Les banques centrales doivent faire marcher la
planche à billets sans discontinuer pour tenter d’ enrayer le mouvement.
C’est ce qui se passe aujourd’ hui. Nous sommes en train de détruire le
peu de richesse que nous possédions pour tenter de sauvegarder la valeur
de l’ argent, ce qui est d’ une imbécilité totale, et qui ne fonctionnera
jamais.

Pourquoi l’Empire est-il en train de
détruire le système financier mondial ?

La planète compte aujourd’ hui un peu plus de 7 milliards d’individus.
La Terre est une petite planète aux ressources naturelles limitées et
confrontée à une explosion démographique sans précédent. Les
ressources en eau et en nourriture commencent à se faire rares. Ainsi, si
l’ on en croit une étude de la mission GRACE de la NASA sur la gravité et le
climat, les nappes phréatiques de l’Inde ont perdu un cinquième de leurs
réserves au cours des deux dernières années[1]. Le secteur agricole de
l’ Inde utilise près de 90% des ressources totales en eau du pays. Le
problème de la rareté de l’ eau devient de plus en plus pressant, et l’ Inde
s’ apprête à connaître des pénuries de nourriture catastrophiques. D’ ici les
douze prochains mois, l’ Inde sera contrainte d’ importer de la nourriture.
Si l’ on prend en compte une population de 1,2 milliard d’habitants, les
maigres surplus alimentaires qui existent dans le monde vont fondre
dangereusement, ce qui accroîtra la situation mondiale, déjà précaire.
L’ élite du monde comprend parfaitement cela. David Rockefeller
comprend la situation. Les rois et les reines de la planète en ont bien
conscience. En l’ absence de progrès scientifique et technologique, on ne
peut soutenir un certain niveau de population car si une population
s’ accroît de plus en plus rapidement, il faut une technologie de plus en
plus complexe pour assurer sa survie. Néanmoins, avec le progrès
technologique, un système oligarchique ne pourrait survivre très
longtemps, où que l’on se trouve. Des nations qui favoriseraient le
développement créatif de l’ intellect au sein de leur population
produiraient des individus qui ne sauraient tolérer indéfiniment des
formes de pouvoir oligarchiques.
Par conséquent, du point de vue de l’ élite, si vous voulez contrôler les

ressources en eau et en nourriture, il est impératif de réduire la
population mondiale dans des proportions “gérables”. Sept milliards
d’individus aujourd’ hui, le double dans quelques décennies seulement,
c’est trop de bouches à nourrir. Voilà ce qu’ ont compris les Rockefeller et
consorts, même si cette problématique semble nous échapper. Pour que
l’ élite puisse s’asseoir aux meilleures tables, vous et moi devons mourir de
faim. La conclusion n’est-elle pas limpide ?

La réduction de la population
et les « limites à la croissance »
du Club de Rome
Le Club de Rome est l’institution mondiale la plus active en faveur de la
thèse d’une dépopulation malthusienne. Parmi ses membres, on compte
quelques-unes des personnalités les plus influentes de la planète. Comme
David Rockefeller, Michael Gorbatchev, le roi et la reine d’Espagne, la
reine Beatrix des Pays-Bas, le prince Philippe de Belgique. Fondé en avril
1968 par des hauts responsables européens du monde des Assurances, à
l’ origine suisses et vénitiens, le Club de Rome accueille les membres les
plus anciens de la noblesse noire de Venise, descendants directs des
familles vénitiennes les plus riches de toute l’Europe, qui contrôlaient et
dirigeaient Gênes et Venise au XIIe siècle.
Le Club a publié en 1972 un des documents les plus pernicieux de tous
les temps, Les Limites à la croissance, qui démontre que la planète sera à
court de ressources d’ici 40 ans. Pour que l’humanité survive, il est donc
impératif de remettre en cause notre style de vie et de réguler la
population mondiale.
Toujours selon le Club de Rome, et dans l’objectif de notre survie à
tous, l’ humanité doit réduire sa dépendance à la technologie, ralentir la
course au progrès, à l’ innovation et aux avancées technologiques, et
imposer à l’ échelle mondiale un régime de « désintégration contrôlée » de
l’économie.
« Depuis cette date, la thèse des Limites à la croissance a été intégrée
dans le monde entier par les gouvernements, les institutions
gouvernementales supranationales, les administrations chargées de
l’ éducation, les programmes universitaires et ainsi de suite, c’est-à-dire

qu’ elle transparaît désormais dans tous les aspects de la culture
populaire. Avec pour conséquences la désindustrialisation générale, des
guerres et le génocide auquel nous assistons aujourd’ hui[2]. »
L’objectif final étant l’ effondrement de l’économie mondiale, même avec
leur version de ressources « illimitées », qui exclut toute découverte
scientifique, ou le développement de nouvelles technologies
révolutionnaires. Si l’ on arrive à éliminer le jargon et la confusion qui
émaillent le rapport, celui-ci ne laisse que peu de doutes quant au
véritable objectif du Club de Rome : « En cherchant un nouvel ennemi qui
pourrait nous unir, nous sommes parvenus à la conclusion que la
pollution, la menace du réchauffement de la planète, la rareté des
ressources en eau, la famine et autres menaces pourraient faire l’affaire. »
Et la conclusion s’impose donc : « Le véritable ennemi, c’est l’ humanité
elle-même. »
Ainsi, les institutions internationales les plus influentes promeuvent
des politiques de régression dans le domaine technologique, et une
réduction de la population mondiale de plusieurs milliards d’individus,
c’est ce que j’ai appelé un génocide, vous l’ aurez compris.
Toutefois, avant d’ être en mesure de réduire la population et maîtriser
le troupeau, il est impératif de détruire l’ économie et la demande. Peut-être
vous demandez-vous pourquoi David Rockefeller et consorts tiennent
tant à détruire la demande ? Ne souffriraient-ils pas financièrement de
cette destruction ? La réponse est NON. Ils n’en pâtiraient pas le moins du
monde pour la simple raison qu’ils contrôlent déjà la majeure partie de la
richesse mondiale. Leur principal souci en cette période de l’ Histoire est
d’assurer la survie de leur espèce. Et, affirmons-le une fois de plus, pour
qu’ ils puissent survivre en ces temps de pénurie des ressources
naturelles, une grande partie d’entre nous doit périr. Nous avons tous
entendu parler de la Grande Dépression. Toutefois, la plupart des gens
ignorent tout de leur histoire et n’ ont pas les outils nécessaires pour
comprendre ce qui s’ est passé pendant cette période. Contrairement à ce
qu’ expliquent les livres d’histoire “officiels”, la Grande Dépression n’ est
pas l’événement qui a anéanti les capitalistes américains. Au cours de
cette période, les riches se sont enrichis en transférant simplement la
richesse des moins riches vers les poches de ceux qui étaient déjà nantis.
Voilà comment la Bank of America s’est adjugé des milliards de dollars
par le biais des saisies de propriétés entre 1929 et 1937. N’ allez pas
imaginer une seconde que les plus riches des nantis souffriront de

l’ effondrement qui nous guette. Les seuls à en pâtir, ce sont vous et moi.
La question se pose maintenant de savoir comment détruire la
demande. De toute évidence, en détruisant sciemment l’ économie
mondiale. Ou, en d’autres termes, par la désintégration contrôlée. C’est
précisément la pierre angulaire d’un autre document politique préparé
par une organisation différente de l’élite du monde : Projet pour les
années 80, publié par le CFR, le Council on Foreign Relations.
Désintégration contrôlée et démantèlement des concentrations
industrielles et scientifiques avancées de la planète. Le CFR, une des
institutions majeures de l’oligarchie aux États-Unis, qualifiait alors ce
projet « d’entreprise la plus importante de son histoire ».
« Les 33 volumes du rapport de la CFR ont servi de ligne directrice à
l’oligarchie, forte de son pouvoir, pour mettre en place son plan à partir
de la seconde moitié des années 70 jusqu’à la fin des années 80. Ainsi fut
générée une des modifications les plus cruciales de la politique en matière
d’économie et d’état-nation du XXe siècle — la révolution conceptuelle
qui annonce l’économie post-industrielle[3]. »
Quel sens donner à ce terme de « désintégration contrôlée » ? L’objectif
est de démanteler l’économie mondiale, mais de façon ordonnée et
contrôlée. Du moins l’oligarchie espérait-elle contrôler le processus. Dans
ce but, il s’avérait nécessaire pour les forces extérieures de provoquer des
crises susceptibles de mettre à mal l’économie de la planète : chocs
pétroliers, suspension des crédits, crise des taux d’intérêt ralentissant
fortement l’économie, jusqu’à ce qu’elle atteigne un taux de croissance
proche de zéro, ou même négatif. Simultanément, on assiste à la création
du marché au comptant du brut, des marchés de l’euro bond, ainsi qu’au
blanchiment de vastes quantités d’argent sale provenant du trafic de
drogue au travers de certaines banques parmi les plus influentes dans le
monde. Au cours des dernières années, certaines des plus importantes
institutions bancaires mondiales ont été prises la main dans le sac,
accusées d’avoir blanchi des milliards de dollars de bénéfices frauduleux
en provenance des mafias de la drogue par le biais de leurs coffres
réputés. Citons au hasard Wachovia Bank, HSBC, CitiGroup, et Coutts, la
banque privée de Sa Majesté la reine d’Angleterre.
Il existe une autre organisation étroitement liée au Club Bilderberg et
au Council on Foreign Relations, c’est la Commission Trilatérale, plus
connue sous l’appellation de Trilatérale. Mise en place en 1973, il s’agit
d’une initiative de David Rockefeller. Tous ses membres partagent la

même philosophie antinationaliste, qui vise à empêcher les forces
nationales, dans leurs pays respectifs d’exercer une influence sur la
politique. En établissant la Trilatérale, David Rockefeller désirait favoriser
« l’unité des pays industrialisés, afin qu’ensemble ils soient en mesure
d’atteindre leur objectif d’une structure économique et politique mondiale
plus intégrée[4]. »
La stratégie de David Rockefeller « révèle également un fait absolument
fondamental à propos de la richesse et du pouvoir : peu importe l’argent
dont dispose un individu, si celui-ci ne sert pas à s’emparer et à contrôler
les organisations qui produisent les idées et les politiques visant à guider
les gouvernements et les individus qui les servent, le pouvoir réel d’une
grande fortune n’atteindra jamais son potentiel de départ[5]. » En dépit de
la nature essentiellement financière des intentions et des méthodes de la
Trilatérale, son objectif politique n’a pas varié depuis 40 ans : « Quoique
la Commission s’intéresse essentiellement à l’économie, les membres de la
Trilatérale se sont fixé un objectif politique vital : s’assurer le contrôle de
la présidence des États-Unis[6]. »
Une des recrues les plus notables de la Trilatérale a été le candidat à la
présidence, et futur président, Jimmy Carter. En ce qui concerne le récit
de la sélection de Carter pour la présidence, je vous recommande la
lecture de La Véritable histoire du Club Bilderberg.
Une fois installé à la présidence des États-Unis, Jimmy Carter, le favori
de la Trilatérale, a instillé au sein de son Administration, et au nom de
l’oligarchie, le Projet pour les années 80 de la CFR. Les principaux
rédacteurs et responsables du Projet se sont retrouvés à partir de 1977
aux plus hautes marches du pouvoir pour prendre en charge le
gouvernement de Jimmy Carter. Deux des neuf directeurs du Projet,
Michaël Blumenthal et Zbigniew Brzezinski ont été nommés
respectivement aux postes de secrétaire au Trésor (l’équivalent du
ministre des Finances) et de conseiller à la Sécurité nationale. Le poste de
secrétaire d’État (l’équivalent du ministre des Affaires étrangères) a échu à
Cyrus Vance, qui avait dirigé un groupe de travail du Projet. Et Paul
Volcker, porte-parole du Projet « désintégration programmée » a été
bombardé président de la Réserve fédérale américaine.
« À partir de la semaine du 6 au 12 octobre 1979, Paul Volcker a décrété
une hausse des taux d’intérêt par le biais d’une augmentation du taux
des fonds fédéraux ainsi que de certaines catégories d’exigences de
réserves imposées aux banques commerciales. Il a poursuivi

cette politique jusqu’ à ce qu’ en décembre 1980, les principaux taux de
prêt des banques commerciales américaines atteigne 21,5%[7]. »
« Les conséquences de cette politique, se sont avérées rapides et
catastrophiques, surtout parce que l’oligarchie avait eu recours à deux
canulars à propos du pétrole dans les années 70, résultant en une
hausse phénoménale du cours du brut. Aux États-Unis, de vastes pans
de la production industrielle et agricole s’effondrèrent. Entre 1979 et
1982, la production des secteurs suivants de l’industrie manufacturière
américaine a subi des pertes selon les proportions per-capita indiquées :
équipement pour l’usinage du métal, en baisse de 45,5% ; bulldozers, en
baisse de 53,2% ; secteur automobile, baisse de 43,3% ; aciéries, en
baisse de 49,4%[8]. »
Cela n’annoncerait-il pas une avancée majeure vers une société postindustrielle?

Bien évidemment, l’histoire était en marche.

Le rêve de Franklin D. Roosevelt
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Empire était encore très
faible, l’Europe était en ruine, et les États-Unis étaient devenus, et de
loin, la nation la plus puissante de la planète. Et sous la présidence de
Roosevelt, comme il l’avait déclaré à plusieurs reprises à Churchill, les
États-Unis ne s’étaient pas engagés dans la guerre pour préserver
l’Empire britannique, les Britanniques devaient y renoncer de leur propre
gré, ce qui constituait pour eux une menace très réelle. Ils ont ainsi
décidé, dès la mort de Roosevelt et dès qu’ils ont senti qu’ils allaient
gagner la guerre, que les Alliés allaient l’emporter, de saper la puissance
des États-Unis. L’Empire ne pouvant battre les États-Unis sur le plan
économique ou militaire, ils s’en sont pris à la domination politique et
culturelle américaine. En réalité, ils ont tout fait pour pousser l’Amérique
au suicide, en utilisant des traîtres au sein des banquiers de Wall Street,
ainsi que les Brahmanes de Boston, le noyau dur de l’establishment
américain, pour fomenter ce suicide économique. Ils ont ainsi provoqué
l’arrêt du grand bond en avant que le pays était en train d’accomplir vers
une économie nucléaire, le programme « des atomes pour la paix ». Le
projet a été abandonné. Ce qui a pris sa place, c’est l’ère de l’information,
la réorganisation des journaux, les ordinateurs et les magouilles
financières.

« Les mesures de protection mises en oeuvre du temps de Roosevelt ont
été systématiquement démantelées, favorisant le passage de l’industrie
américaine d’une puissance industrielle vers une économie fondée sur les
services et la spéculation. Les États-Unis sont ainsi devenus une nation
de consommateurs plutôt que de producteurs, l’industrie manufacturière
étant externalisée vers des pays où la main-d’oeuvre s’avérait moins chère,
sous le prétexte fallacieux que cela rendrait l’Amérique plus compétitive,
alors que la véritable conséquence était la destruction de la nation. Sous

prétexte de « l’économie de marché et de la mondialisation, les États-Unis
ont fait de leur économie un paradis de la spéculation, de l’établissement
de cartels et d’entreprises géantes, qui prêtent allégeance non pas à la
nation, mais à des financiers[9]. »
Mais comment tout cela a-t-il pu se passer ?

Bretton Woods et le
canular pétrolier des années 70
Le 1er juillet 1944, le président Franklin Delano Roosevelt décide
d’organiser une Conférence monétaire et financière des Nations unies
dans la cité balnéaire de Bretton Woods, New Hampshire, dans les salons
du Mount Washington Hôtel. Cette conférence réunissant 44 pays a établi
ce que nous appelons désormais le système monétaire de Bretton Woods,
un accord de traité international dont l’objectif était de réguler le
commerce mondial et la stabilité monétaire et financière de la planète.
Une des clauses majeures des accords de Bretton Woods concerne la
création d’un système de fixation des taux de change des devises entre les
nations signataires.
Dans le cadre de cette clause de Bretton Woods, un taux standard
d’échange basé sur le cours de l’or a été établi, le dollar américain étant
assujetti au cours de 35 $ l’once d’or. « Après la guerre, la valeur de la
livre britannique, du franc français, de la couronne suédoise, de la lire
italienne, et après 1948 du mark allemand, a été fixée pour tous à un
taux proportionnel, reconnu et plus ou moins permanent, par rapport à la
devise américaine[10]. » Les accords de Bretton Woods éliminaient ainsi
totalement le risque de pertes financières catastrophiques qui pourraient
résulter d’opération spéculatives sur les devises.
Les taux de change devaient ainsi varier en fonction du dollar ou de
l’or. À la condition, bien sûr, qu’il eût été nécessaire de résoudre un
conflit entre nations, car si un pays refusait votre devise, il pouvait choisir
l’or au taux fixé. Le commerce international s’en trouvait donc
parfaitement stabilisé, ce qui était une nécessité à l’époque puisqu’une
grande partie de la planète pansait ses plaies et avait besoin de se reconstruire.

C’est sur ces bases économiques solides que le monde à l’orée de la
Seconde Guerre mondiale a été reconstruit, sous l’impulsion de la
puissance industrielle des États-Unis[11].
« À l’issue de la guerre, le dollar s’est imposé comme la seule devise
majeure, soutenu qu’il était par l’économie industrielle la plus puissante
et productive du monde, la plus grande nation commerciale, et celle qui
possédait les réserves en or les plus vastes pour épauler le dollar. Le
dollar américain, en résumé, était la seule monnaie qui valait,
littéralement “son poids en or”. Les réserves en or de l’Europe avaient
depuis longtemps été épuisées par le coût de la guerre.
L’objectif était d’encourager les gouvernements signataires à ne pas
dévaluer leur devise en actionnant la planche à billets ou en créant des
déficits, problème majeur nuisant à la stabilité dans de nombreux pays
d’Europe au cours de la période d’après-guerre. De plus, la garantie d’un
taux de change fixe devait faciliter la reprise du commerce international
dans les meilleurs délais[12]. »
La conférence de Bretton Woods est également à l’origine de la création
du Fonds monétaire international (le FMI) et de la Banque mondiale, «
avec pour objectif spécifique de gérer les problèmes économiques des
pays industrialisés, principalement en Europe, ravagés par la guerre[13]. »
Dans l’optique de Roosevelt, le FMI et la Banque mondiale devaient
s’engager à prêter également des fonds à des pays récemment libérés du
joug colonial afin qu’ils puissent se développer par eux-mêmes.
La perspective était un monde dans lequel chaque nation serait libre de se
développer pour le bien de ses citoyens. Tel se présentait le système de
Bretton Woods, malgré les efforts de l’oligarchie pour saboter ses travaux,
par le biais d’individus comme John Maynard Keynes, un des
économistes britannique les plus connus « qui avait adhéré à l’idéologie
fasciste en 1938, et dont le système monétaire reposait sur l’Empire
britannique[14]. »
Toutefois, l’oligarchie européenne était déterminée à démanteler le
système mis en place par Roosevelt pour l’ère d’après-guerre
annonciatrice de la décolonisation à l’échelle planétaire. Les Britanniques,
par l’intermédiaire d’Harold Wilson ont porté les premiers coups visant à
affaiblir et détruire le système de Bretton Wood vers le milieu des années
60, mais il faut attendre 1971 et Richard Nixon pour en sceller le destin.
À partir de cette date, tout est en place pour l’élimination du système de

taux de change fixes, qui favorisait le développement productif et
l’investissement réels. À partir de 1971, le monde bascule entre les mains
des spéculateurs.

La fin de Bretton Woods
« La guerre du Vietnam dans les années soixante portera le coup fatal au
système de Bretton Woods. Les déficits publics colossaux engendrés par le
financement de cette guerre impopulaire ont permis aux banques
centrales étrangères d’accumuler de vastes réserves de dollars par le biais
de ce qu’on a appelé le marché Eurodollar. Après 1965, les banques
centrales européennes, surtout la Banque de France, se sont mises à
convertir de plus en plus de ces réserves de dollars en or de la Trésorerie
américaine[15]. »
Fin 1969, l’économie américaine renoue avec une dépression majeure.
En 1970, l’administration Nixon, appuyée par la Réserve fédérale, a
relâché sa politique monétaire en vue de réduire les taux d’intérêt et de
stimuler la croissance dans le pays. Les spéculateurs internationaux sur
les taux de change ont réagi immédiatement en lançant une attaque
généralisée contre le dollar.
En août 1971, les réserves en or officielles américaines avaient fondu
de moitié par rapport à celles de 1958. En théorie, si toutes les banques
centrales avaient exigé de l’or en échange de leurs réserves en dollars, les
États-Unis auraient dû faire face à une banqueroute totale. Les accords
de Bretton Woods sur le taux de change et l’or étaient au bord de la
rupture.
« Dans les premiers jours du mois d’août 1971, la Trésorerie américaine
a reçu des informations concernant un projet d’entente des banques
centrales européennes sur ce qui restait des réserves d’or officielles des
États-Unis. Une attaque concertée qui devait être menée par la Banque de
Grande-Bretagne et la Banque de France. Mais avant la date prévue pour
cette offensive, le président Nixon a annoncé, le dimanche 15 août 1971,
à un monde frappé de stupeur que la Réserve fédérale américaine cessait
purement et simplement d’honorer ses obligations spécifiées dans les
accords de Bretton Woods de racheter des dollars contre de l’or. Le dollar,
à l’instar des autres devises importantes du monde, serait désormais
flottant[16]. »
C’est le président Nixon qui, en rompant le lien de convertibilité entre le
dollar et l’or, a précipité le démantèlement « du système de Bretton
Woods, et pavé la voie au genre de manipulations que nous avons

connues depuis. Fluctuation des monnaies, « crises » pétrolières et plus
récemment tous les types de bulles imaginables. Ces dernières coïncident
avec la formation du groupe Inter-Alpha, un groupe bancaire oligarchique
dirigé par David Rothschild, responsable de la bulle financière récente, et
qui a pris les commandes en remplacement des accords de Bretton
Woods.
Le système de Bretton Wood favorisait la stabilité, et si votre objectif est
de plonger le monde dans le chaos, votre première tâche est de détruire
les éléments de la stabilité. Comment ferez-vous pour éliminer la stabilité
des marchés ? D’abord, vous vous débarrassez des taux de change fixes,
des échanges de devises, puis vous cooptez la Banque mondiale et le
Fonds monétaire international pour en faire des agences de l’Empire,
jetant à la poubelle les objectifs primordiaux de Roosevelt, qui étaient d’en
faire des agences de décolonisation.

Le FMI et la Banque Mondiale
On estime généralement aujourd’ hui, et en cela on a tort, que les
objectifs primordiaux de la Banque mondiale et du FMI, dont les États-
Unis demeurent le principal contributeur financier et seul détenteur d’un
pouvoir de veto, sont les mêmes qu’à l’origine. Il s’agissait à leur création
de favoriser le développement et de pallier à la pauvreté dans le tiersmonde,
mais dans la pratique, ces organismes ont aggravé
l’appauvrissement et la déchéance de millions de gens par le biais d’un
programme de prêts baptisé « Programme d’Ajustement Structurel » (PAS),
qui a réussi à ajouter au fardeau des nations emprunteuses en termes de
dette, d’intérêt, de stagnation et d’instabilité.
Le résultat le plus frappant des prêts d’ajustement structurel de la
Banque mondiale et du FMI, c’est que l’argent prêté aux pays sans
ressources est utilisé pour le remboursement immédiat d’intérêts aux
institutions bancaires occidentales. Ce n’est pas innocent car la Banque
mondiale et le FMI font aujourd’hui office d’agents du nouveau système
colonial.
Les PAS ouvrent la voie à la libéralisation des économies africaines et
autres, ce qui implique que les entreprises étrangères sont encouragées à
s’approprier des secteurs définis de l’économie. Les pays les moins
favorisés du tiers-monde n’ont d’autre choix que de se plier aux mesures
drastiques exigées par la Banque puisque ces mesures, selon les propres
termes de la Banque Mondiale, s’avèrent « essentielles pour maintenir la
croissance et la stabilité économique », remplissant un des objectifs
fondamentaux de l’oligarchie qui demeure acheter à vil prix pour revendre
très cher.

1973 : La rencontre de Bilderberg
et le projet de canular pétrolier
Au cours des premiers mois de 1973, le dollar chute, tandis que les
économies de la France, de l’Allemagne et du Japon commencent à
prospérer. À la même époque, le mark allemand avait déjà dépassé de
beaucoup la livre britannique et, vers juillet-août, était en passe d’affirmer
son hégémonie face à un dollar américain chancelant.
C’est au mois de mai 1973 que le groupe Bilderberg organise une
conférence dans la station balnéaire de luxe de Saltsjobaden, en Suède. «
Certains membres de l’élite proche des centres bancaires et financiers de
New York ont décidé qu’il était grand temps d’élaborer un choc
spectaculaire en vue de renverser la direction prise par l’économie
mondiale, même au prix d’une récession de l’économie américaine, dont
ils se souciaient peu tant qu’ils continuaient à contrôler les flux
financiers[17] ».
La pièce maîtresse sur l’agenda de cette conférence Bilderberg a été à
l’origine du choc pétrolier de 1973 : une augmentation prévue et
imminente de 400% du cours du brut de l’OPEP. Si l’on en croit
l’économiste William Engdahl, « le thème de toutes les discussions n’était
pas de savoir comment, nous, un groupe de représentants parmi les plus
puissants du monde industrialisé, pourrions convaincre les pays arabes
de l’OPEP de renoncer à une telle augmentation des cours du pétrole brut.
En réalité, les membres présents à la conférence se sont simplement
demandé comment ils pourraient bien utiliser cette manne de pétrodollars
qui ne manquerait pas de remplir les coffres des banques à Londres et à
New York en provenance des revenus pétroliers de l’OPEP.

« Le choc pétrolier intervient deux ans après la décision de laisser flotter le dollar, alors que celui-ci chute lourdement, parce que l’économie
américaine commence à présenter des ruptures spectaculaires avec la
période qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, où les États-
Unis représentaient une puissance industrielle de premier plan, et où les
réserves en or étaient en corrélation parfaite avec le reste de l’économie[18].»

 La vraie raison de la hausse
de 400 % du cours du brut

La hausse de 400 % du cours du brut en 1973-1974 a sauvé le dollar.
Le dollar a continué de flotter sur une mer de pétrole. Une nouvelle fois, il
faut se souvenir que Richard Nixon avait rompu le lien entre le dollar et
l’or de façon unilatérale en août 1971, et qu’à la suite de cette décision, la
devise américaine avait plongé de quelque 40% face aux principales
monnaies d’échange, comme le mark allemand ou le yen japonais. Ce qui
a sauvé le dollar, ce qui a sauvé Wall Street et la puissance du dollar en
tant qu’entité financière, mais sans sauver l’économie américaine, loin de
là, c’est la hausse de 400 % du cours du brut décidée par l’OPEP.
Le choc pétrolier a donné un coup d’arrêt à la croissance en Europe,
étouffé le processus d’industrialisation des pays en développement dans le
tiers-monde, qui jouissaient pourtant d’une dynamique de croissance
rapide au début des années 70 et il a fait pencher de nouveau la balance
du pouvoir du côté de Wall Street et du dollar au sein du système
monétaire.
Cette opération visait à inaugurer un processus systématique de pillage
de la véritable richesse productive des grands pays de la planète, l’Arabie
Saoudite et tous les autres pays du Golfe n’étant plus que des États
fantoches sous la domination de la City de Londres.
Comment pouvez-vous affirmer cela, me demanderez-vous ? Eh bien, il
faut savoir que « le marché du brut est contrôlé non par l’OPEP mais par
l’Empire britannique par le biais de la domination des géants de
l’industrie pétrolière qui constituent le cartel international du pétrole. Ces
sociétés qui contrôlent le transport, la transformation et la distribution
des produits pétroliers, ont la mainmise sur la partie physique du marché
du pétrole, tandis que les prix dépendent des marchés financiers. Cet

arrangement permet une désynchronisation des cours du brut et de l’offre
et de la demande, et s’est révélé extrêmement profitable pour les
financiers qui contrôlent l’Empire[19]. »
Ce canular pétrolier est à l’origine d’un volume énorme de transfert de
richesse, surtout vers les pays de l’OPEP, ce que l’on appelle depuis les
pétrodollars, mais tout cet argent a immédiatement pris le chemin de
Londres et de Wall Street où il a été géré. De cette façon, l’oligarchie
financière s’est servie de ce tour de passe-passe dans les centres
financiers importants pour s’assurer la mainmise absolue sur le crédit
mondial et veiller à ce que celui-ci ne serve plus au développement.
Cette manne financière a servi à « fonder des opérations visant à
transformer les États-Unis de l’intérieur, ce qui incluait la prise de
contrôle du système bancaire américain et la cartellisation, déguisée sous
les termes de fusion/acquisition, des entreprises américaines. Wall Street
s’est transformée en un gigantesque casino, les paris sur les instruments
financiers remplaçant l’investissement, rompant ainsi tout lien avec la
réalité économique. Dans le même temps, les pétrodollars servaient à
financer des opérations de guerre culturelle contre les Américains eux-mêmes,
afin de les rendre aveugles aux dégâts engendrés par le processus
de transformation, ou même à les persuader qu’il s’agissait là d’un
véritable progrès[20]. »
« Cette manipulation du choc pétrolier de 1973-1974, qui a introduit la
spéculation financière dans les marchés du brut par le biais du marché
au comptant, a entraîné la création d’un vaste pool de pétrodollars grâce
auquel la City de Londres a été à même de mener sa guerre contre les
nations. Ces pétrodollars, mêlés aux bénéfices tirés du trafic de drogue
orchestré par l’empire britannique, « Dope, Inc. », sont à l’origine de la
restructuration de Wall Street dans les années 70, ouvrant la voie aux
obligations à risques des années 80, puis aux produits dérivés des années 90[21].

Comment fonctionne un marché au comptant

Avant le déclenchement de la guerre israélo-égyptienne en 1973, le prix
du pétrole brut était fixé par des contrats à long terme entre nations, par
exemple entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite dans lequel le cours du
brut au travers des compagnies pétrolières était fixé à 10$ le baril
pendant des années. Ce prix ne pouvait être changé et ne fluctuait donc
pas. Que s’est-il passé ensuite ? La guerre israélo-palestinienne a servi de
prétexte pour déclencher un embargo sur le pétrole contre les États-Unis
et certains autres pays. Afin de s’approvisionner en brut, l’oligarchie a mis
en place un marché au comptant à Rotterdam où les États-Unis et les
autres pays figurant sur la liste noire allaient acheter du brut, mais en le
payant au cours du marché. Le marché au comptant était né ; un
mécanisme qui permettait d’acheter et de vendre du pétrole au cours
supporté par le marché.
Tout ce bel arrangement était savamment orchestré : la création d’un
marché au comptant et ses conséquences, la flambée des prix du brut.
Dès que le cours du brut a flambé, dès que cette manne de pétrodollars a
commencé de s’accumuler en Europe, s’est créé le « marché de
l’Eurodollar ». Ainsi a décollé le processus à la base de l’Empire financier
responsable d’une véritable opération de guerre financière contre les
États-nations au bénéfice de Wall Street. « Plus tard, le choc pétrolier
servit à promouvoir l’idée que les États-Unis “consommaient trop”
d’énergie et qu’il fallait se restreindre… En même temps, grâce aux
mesures combinées de “conservation” de l’énergie, des prix en hausse et
des pénuries organisées, la base industrielle américaine s’est réduite,
remplacée par le canular de l’Ère de l’information post-industrielle[22]. » De
nouveau nous abordons le sujet des mesures tendant à créer une société post-industrielle.
De nos jours, le cours du pétrole brut est déterminé par la spéculation
dans les marchés à terme et ce cours s’avère beaucoup plus élevé que si
l’on fait la somme du coût de l’extraction, du transport, du raffinage
auquel on ajouterait le prix des produits issus de ce raffinage. Cela peut
sembler surprenant, mais près de 60% du cours du brut actuel est le
résultat de la spéculation organisée par les grandes banques
commerciales et les fonds spéculatifs par le biais des bourses du pétrole à
Londres et New York.
Il s’agit donc bien d’une gigantesque escroquerie financière qui a servi à
l’Empire pour mener son offensive de prise de contrôle de la planète. « Les
effets de cette offensive sont devenus clairs aujourd’hui. La bulle financière a éclaté, et ce grand moteur financier qui était censé remplacer
l’industrie en tant que moteur économique de l’avenir n’a pas plus de
substance que les habits neufs de l’empereur. Que nous reste-t-il
désormais ? Un système bancaire en faillite au sommet d’une ; carcasse
rouillée d’économie ; nous ne dépendons plus que de cartels d’entreprises
multinationales, que d’aucuns appellent la « World Company », pour la
plupart des choses indispensables à notre vie[23]. »

Produits dérivés, prêts hypothécaires
et bulle spéculative

suite…

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La doctrine traditionnelle des races et des castes


lelibrepenseur.org

par P.-Y. Lenoble

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« Il (Dieu) donna en partage aux Brâhmanes l’étude et l’enseignement des Védas, l’accomplissement du sacrifice, la direction des sacrifices offerts par d’autres, le droit de donner et celui de recevoir ; Il imposa pour devoirs au Kshatriya de protéger le peuple, d’exercer la charité, de sacrifier, de lire les livres sacrés, et de ne pas s’abandonner aux plaisirs des sens. Soigner les bestiaux, donner l’aumône, sacrifier, étudier les livres saints, faire le commerce, prêter à intérêt, labourer la terre, sont les fonctions allouées au Vaishya. Mais le souverain Maître n’assigna au Shûdra qu’un seul office, celui de servir les castes précédentes, sans déprécier leur mérite », Lois de Manou (Traduit par A. Loiseleur Deslongchamps).


Tout d’abord, à notre époque chaotique de conditionnement mental et de guerre cognitive généralisés, période parodique de stupidité bien-pensante et de commantarite de bonne femme, nous tenons à lever une importante équivoque touchant au sujet fort glissant de ce présent article : nous ne sommes absolument pas racistes (nos proches peuvent en témoigner), dans le sens biologique et naturaliste du terme, car ce concept scientifique tout moderne — inventé par les néodarwinistes de la perfide Albion il y a à peine deux siècles pour justifier la pseudo-domination raciale du bourgeois blanc parasitaire sur le reste de la planète — n’est pas du tout précis et manque cruellement de fiabilité, notamment et surtout de nos jours, à l’heure de la mondialisation totale et du « village planétaire », avec la généralisation des échanges internationaux, des mélanges culturels et des métissages ethniques de grande ampleur.

De même, nous n’écrivons pas ce petit texte pour justifier une quelconque thèse racialiste subjective, mais plutôt pour tenter d’expliquer, à grands traits et sans y mettre de sentiments, le système traditionnel des races et des castes.

N’oublions pas également de rappeler que, suivant le récit génésiaque, la peau de l’homme ne représente qu’une simple « tunique », un avoir contingent, un voile extérieur cachant son proprium spirituel, masquant son être immuable, par définition invisible.

Bien entendu, nous pouvons admettre qu’il existe des peuples ou des ethnies divers et variés, en des termes tant socioculturels que biologiques, mais nous n’établissons entre eux aucune sorte de hiérarchisation, chaque communauté particulière, comme du reste chaque être humain pris isolément, revêtant à nos yeux les qualités de ses défauts et inversement.

À cet égard, il est expressément proclamé dans un magnifique passage du Mahâbhârata (Shanti-Parvan, 188) : « Il n’y a pas de caste supérieure. L’univers est l’œuvre de l’Être immense. Les êtres créés par Lui furent seulement divisés en castes selon leurs aptitudes ».

D’ailleurs, en tant que traditionaliste, nous pensons que le véritable multiculturalisme, la légitime fraternité entre les peuples et la vraie diversité ethnique — impliquant une large variété de populations différenciées et une hétérogénéité psychosomatique qualitative entre les individus — sont une très bonne chose en soi et ne sont aucunement comparables avec leurs parodies actuelles du style « vivre-ensemble » ou du soi-disant « antiracisme » (menant tout droit à une fade uniformisation générale), car il nous faut rappeler en priorité que, du point de vue métaphysique, la Qualité pure suppose nécessairement la différenciation/distinction alors que la Quantité pure suppose l’indifférenciation/indistinction.

En clair, nous avancerons que la doctrine raciale traditionnelle prône la diversité biologique des membres de l’espèce humaine et l’unité transcendante de celle-ci, alors que les théories modernes de la race mettent sciemment de côté cette unité anthropologique d’origine non-humaine (pour ne pas dire divine) et prônent inversement une uniformité dégradante de l’humanité entière. L’une considère subtilement l’homme comme une forme dégradée de l’ange, les autres, au contraire, voient grossièrement l’humain comme un vulgaire dérivé du singe ; selon nous, l’une constitue une sacralisation légitime, l’autre n’est qu’une profanation moderniste…

Par là-même, nous dirons simplement que tous les enseignements traditionnels évoquant les différences entre les hommes ne concernent ni leur extériorité physiologique ni leur capacité intellectuelle ni leur psychologie particulières, mais plutôt leur intériorité ontologique foncière, leur typicité profonde, leur caractère unique, leur fonction sociale et leur utilité intrinsèque pour le bien et la viabilité du groupe (ainsi, on jugera avant tout leur degré de connaissance, de courage et l’efficience de leur « savoir-faire » professionnel).

Ici, il ne s’agit donc pas de différencier entre eux les corps (correspondant à la Matière passive et sans vie), seul compte le domaine de l’esprit, la Forme intérieure, incarnant l’unique et véritable personnalité de chacun d’entre nous : dès lors, dans l’optique traditionnelle, l’homme n’a pas à proprement parler de race biologique (ni du reste de classe sociale), en revanche, il est plus au moins  »racé », soit différencié et qualifié, au regard de ce qu’il porte dans son for intérieur.

Aussi, nous tient-il à cœur de reproduire une nouvelle fois quelques intéressantes réflexions de Julius Evola — accusé injustement de racisme radical, alors qu’il a pourtant toujours copieusement critiqué les doctrines raciales simplistes et violentes des régimes nationaux-socialistes — qui permettent d’entrevoir à travers quel prisme il convient d’aborder la perspective traditionnelle de la question raciale ; le penseur italien — qui a théorisé le concept de « race de l’esprit » et qui parlait parfois de « race interne », de « nature profonde » ou de « style particulier » pour caractériser les vraies différences anthropologiques — affirmait au sujet de l’antique doctrine de la différenciation ontologique, que celle-ci « concerne non plus les différents types de réaction de l’homme en face du milieu et les contenus de l’expérience normale de tous les jours, mais ses différentes attitudes vis-à-vis du monde spirituel, supra-humain et divin, tel qu’il se manifeste sous la forme propre aux systèmes spéculatifs, aux mythes et aux symboles comme à la diversité de l’expérience religieuse elle-même. Il existe également, en ce domaine, des « invariants », ou dénominateurs communs, si l’on veut, des similitudes d’inspiration et d’attitude qui reconduisent précisément à une cause interne différenciatrice — laquelle est précisément la « race de l’esprit » » (Éléments pour une éducation raciale, Pardès, 1984, p. 51).

Dans un esprit identique, faisons remarquer que le terme sanskrit varna : « caste » a également la signification connexe de « couleur », mot qu’il faut surtout entendre non pas de façon littérale mais bien comme la qualité, la saveur, la particularité ou l’intériorité de toutes les choses et de tous les êtres manifestés au sein de la contingence mondaine (le terme varna équivaut ainsi au grec eidos : « forme, idée »).

Une illustration frappante de cette conception raciale supra-corporelle nous est offerte par les barons européens lors des croisades médiévales qui n’hésitaient pas à convoiter et à contracter des alliances matrimoniales avec les princesses des nobles familles orientales, alors que cela aurait été absolument inconcevable pour eux de le faire avec une roturière partageant pourtant les mêmes origines ethniques.

René Guénon donne de précieuses précisions quant au concept traditionnel de la caste, qui se veut avant tout extra-biologique : « Le mot varna, dans son sens primitif, signifie  »couleur », et certains ont voulu trouver là une preuve ou tout au moins un indice du fait supposé que la distinction des castes aurait été fondée à l’origine sur des différences de race ; mais il n’en est rien, car le même mot a, par extension, le sens de  »qualité » en général, d’où son emploi analogique pour désigner la nature particulière d’un être, ce qu’on peut appeler son  »essence individuelle », et c’est bien là ce qui détermine la caste, sans que la considération de la race ait à intervenir autrement que comme un des éléments qui peuvent influer sur la constitution de la nature individuelle » (Introduction générale à l’étude des doctrines Hindoues, Éd. Véga, 2009, p. 199).


…l’énorme gouffre ontologique qui sépare inexorablement l’homme traditionnel, qualitativement différencié, et l’homme moderne, dégénéré de médiocrité, pourrait être symboliquement comparé à la différence zoologique qui existe entre un lynx (ou un chat sauvage) et un gros matou domestique, tout engourdi et castré.


Plus trivialement, il est important d’affirmer haut et fort que pour l’intemporelle tournure d’esprit traditionnelle (c’est-à-dire normale) un guerrier Massaï, un hoplite de Sparte, un chasseur/cueilleur Pygmée, un Samouraï nippon, un éleveur nomade des steppes mongoles, un chevalier médiéval, un moudjahidin afghan, un medecine-man australien ou un grand-chef Sioux incarnent chacun un type humain clairement différencié et possèdent beaucoup plus de valeur, de virilité, de carrure, de droiture et de prestance anthropologiques (et plus de beauté physique) que n’importe quelle soi-disant élite occidentale actuelle appartenant au monde dit  »civilisé », fusse-t-elle un de ces gros allemands en short et en claquettes, un vil homme d’affaire métrosexuel londonien, un politicard/médiateux en costume raffolant de jeunes boxeurs thaïlandais, un servile et interchangeable journaleux/menteur d’un mètre cinquante efféminé, un sous-intellectualeux à lunettes bobo-baragouineur du style l’imbécile heureux onfray (l’étron philosophailleux moderne par excellence, qui n’aurait pas sa place dans un monde normal) ou un chanteur/sportif drogué intégralement décérébré, et on ne parle même pas de certaines créatures grotesques du type conchita wurst.

Pour faire bref, nous avancerons que l’énorme gouffre ontologique qui sépare inexorablement l’homme traditionnel, qualitativement différencié, et l’homme moderne, dégénéré de médiocrité, pourrait être symboliquement comparé à la différence zoologique qui existe entre un lynx (ou un chat sauvage) et un gros matou domestique, tout engourdi et castré.

En outre, au regard de l’histoire, de l’ethnologie et de la sociologie, nous devons observer que l’ancien monde, avec son paradigme et son mode de vie traditionnels, a partout et toujours conçu la structure de ses divers modèles sociétaux en fonction d’un ordre hiérarchique sacralisé, en s’organisant autour de principes supra-humains et de critères discriminants basés sur la valeur intérieure des êtres (valeur qui peut être de type ascétique ou héroïque, contemplative ou active) et, plus généralement, en s’axant sur la plus-value effective de chaque individu au sein du groupe (ex : aptitude à la guerre ou à l’agriculture, degré de sainteté, de savoir religieux et autres connaissances diverses et variées, maîtrise de techniques artisanales ou d’un art utile quelconque… etc.).

On sait également que les sociétés traditionnelles ont fonctionné à l’image de la constitution d’un organisme vivant ou du métabolisme d’un corps humain : elles se sont distinguées par le simple fait qu’elles furent des Touts se suffisant à eux-mêmes, des sortes d’îlots de néguentropie, des Unités civilisationnelles spirituellement orientées et composées de multiples sous-parties différentes harmonieusement réparties.

Ayons bien en mémoire que la science métaphysique professe à ce titre que plus un organisme (ou une entité non-vivante) contient un grand nombre de parties distinctes, bien agencées et toutes interdépendantes malgré leur spécificité, — l’ensemble des subdivisions internes se trouvant ainsi ordonnées selon un mouvement néguentropique, telle une mosaïque complexe divisée en d’innombrables pièces disposées de manière fractale, dira-t-on — plus celui-ci aura une nature supérieure et une configuration qualitative (songeons simplement à l’échelle graduelle des quatre règnes biologiques) : il en est de même en ce qui concerne les collectivités et les individus qui les composent…

Une belle illustration de cet organicisme sociétal nous est offerte par Platon dans sa République (notamment aux Livres II et IV) en tant que communauté idéale, pour qui toute entité (cosmos, peuples, cités, familles et individus) est naturellement ordonnée selon le principe universel de « Justice » (dikaiosyné) ; celle-ci ne peut être atteinte que « lorsque chacune des diverses parties de la communauté des pouvoirs accomplit sa propre tâche. (…) nos diverses natures ne sont pas semblables mais différentes, chacun est tenu d’accomplir pour l’État un service social, celui pour lequel sa nature est le mieux adaptée », dès lors, « davantage sera produit, d’une meilleure sorte et plus aisément, lorsque chacun ne fait qu’une chose, celle à laquelle il est propre, dans le temps voulu, sans s’occuper des autres ».

Bien que ce fait soit largement connu, précisons que le monde traditionnel a toujours connu des modes d’organisation sociétale élitistes (des aristocraties au vrai sens du mot), faits de plusieurs strates hiérarchiques graduelles, et, plus généralement, a adopté un modèle trifonctionnel (à l’exemple de la fameuse tripartition sociale indo-européenne mise en lumière par G. Dumézil) avec trois castes principales réparties comme suit :

  • le sommet de la pyramide sociale est occupé par la prêtrise (l’autorité spirituelle, l’Auctoritas, « ceux qui savent et qui prient », les Oratores ou Brâhmanes, la Religion/Contemplation correspondant analogiquement au cœur humain, siège de la connaissance divine) ;
  • vient ensuite l’aristocratie guerrière formant une noblesse de sang (le pouvoir temporel, la Potestas, « ceux qui combattent et qui rendent justice », les Bellatores ou Kshatriyas, la Politique/Action s’apparentant au cerveau qui réfléchit et aux bras qui agissent) ;
  • puis, on trouve la troisième strate sociale qui est occupée par la classe économique des gros propriétaires terriens/agriculteurs et des riches artisans/commerçants (c’est la véritable bourgeoisie, le « Tiers-état » proprement dit, le Patriciat, la gens ou l’ethnos, « ceux qui travaillent et qui possèdent », les Laboratores ou Vaishyas, l’Économie/Production responsable du socle alimentaire et démographique du groupe, soit le ventre et le bas-ventre) ;
  • enfin, la quatrième et dernière couche sociale (les « hors-castes ») est composée par le bas-peuple, soit la somme de tous les profanes exclus des trois castes principales (« ceux qui ne possèdent pas les moyens de production et qui n’ont que leurs mains », employés, serfs, esclaves, métèques), ce sont les Shûdras, la Plèbe, le Travail/Consommation, le démos qui se trouve en-dehors du système de caste, mis à l’écart des affaires publiques et de toutes les décisions politico-économiques ; c’est la masse des ignorants non-autonomes (« ceux à qui il est uniquement demandé de croire et d’obéir »), et qui s’apparente, si l’on peut dire, à la multiplicité amorphe, soit à la chair et aux os — à la substance plastique — du composé humain.

À l’extérieur du groupe, se trouvent les bas-fonds sociaux, les vagabonds apatrides et les peuples ennemis (tels les « intouchables » de l’Inde, les « barbares » de l’Antiquité, ou encore les sorcières, les lépreux et autres cagots du Moyen-âge tardif).

Au demeurant, nous laisserons ici le soin au penseur pérennialiste Frithjof Schuon de nous éclairer encore un peu plus sur la doctrine traditionnelle des races et des castes ; s’appuyant sur l’exemple de l’organicisme civilisationnel de l’Inde védique, il récapitule parfaitement nos dires précédents quant à ces quatre grands types d’être humain (que l’on a déjà croisé dans la citation en préambule de cet article) : « Pour le brâhmana, ― le type purement intellectuel, contemplatif, « sacerdotal » ― c’est l’immuable, le transcendant, qui est « réel » ; il ne « croit », en son for intérieur, ni à la « vie » ni à la « terre » ; il y a quelque chose en lui qui reste étranger au changement et à la matière ; c’est là, grosso modo, sa disposition intime, sa « vie imaginative » si l’on peut dire, quelles que puissent être les faiblesses qui l’obscurcissent. Le kshatriya ― le type chevaleresque ― a une intelligence aiguë, mais tournée vers l’action et l’analyse plutôt que vers la contemplation et la synthèse ; (…) Pour le vaishya ― le marchand, le paysan, l’artisan, c’est-à-dire l’homme dont l’activité est directement liée aux valeurs matérielles, non en fait et par accident, mais en vertu de sa nature intime ―, pour le vaishya, c’est la richesse, la sécurité, la prospérité, le « bien-être », qui sont « réels » ; (…) On pourrait définir l’homme « deux-fois né » (dwîja, à savoir les trois castes dont nous venons de parler) comme un esprit doué d’un corps, et le shûdra ― qui représente la quatrième caste ― comme un corps doué d’une conscience humaine ; (…) Pour ce type humain, qui se sépare des types précédents encore plus que le vaishya ne se sépare des castes nobles, c’est le corporel qui est « réel » ; c’est le manger et le boire qui font à rigoureusement parler le bonheur, avec les concomitances psychologiques qui s’y rattachent » (Castes et races, Archè, 1979, p. 9 et 10).

Il est bien dit du reste, dans un célèbre hymne du Rig-Véda (X, 90), que « De Purusha ― « l’Homme universel » décrit sous la forme d’un géant primordial d’une ampleur macrocosmique ― le Brâhmane fut la bouche, le Kshatriya les bras, le Vaishya les hanches ; le Shûdra naquit sous ses pieds ».

Le grand penseur juif du XIIe siècle (surnommé « l’Aigle de la synagogue » par saint Thomas d’Aquin), Moïse Maïmonide, dans son monumental ouvrage : Le guide des égarés (III, 4) plus ésotérique et universaliste qu’on ne pourrait le croire au premier abord, à l’instar de la tradition hindouiste, distinguait lui-aussi quatre types distinctifs d’homme ici-bas, vivant ensemble en ce monde imparfait et imperfectible. En effet, usant d’une belle allégorie symbolique (comparable à la figure de la « triple enceinte » druidique), l’éminent métaphysicien néoplatonicien définissait quatre degrés hiérarchiques entre les êtres humains, tous répartis suivant leur niveau personnel de connaissance et de pureté ontologique.

Selon sa terminologie imagée, les plus valeureux des hommes, situés au sommet de sa classification anthropologique pyramidale, sont ceux qui symboliquement se trouvent « à l’intérieur de la chambre du roi », soit les êtres les plus élevés spirituellement, qui sont en relation directe et permanente, via l’intériorité du cœur, avec Dieu, l’unique « roi » (c’est-à-dire le Soi universel) : ce sont les saints, les maîtres spirituels, les yogis, les prophètes et tous les « Amis de Dieu » ;

la seconde caste est composée des hommes situés « à l’extérieur de la chambre royale », mais tout de même « à l’intérieur de l’enceinte du palais », soit les hommes initiés ayant acquis un certain état de purification ontologique : ce sont les religieux et les membres des confréries initiatiques opératives (ordre de chevalerie et initiations de métiers) ;

le troisième type correspond aux hommes qui sont « à l’extérieur du palais », mais qui toutefois « regardent en direction du palais » : ce sont les membres du peuple, la masse restante des simples croyants (littéralement les « profanes », du latin pro-fanum : « hors du temple ») ;

enfin, la dernière catégorie est celle des plus mauvais, constituée par les mécréants, les idolâtres et les pécheurs de toutes sortes qui « sont à l’extérieur et qui en plus regardent à l’opposé du palais » : aux yeux de Maïmonide, ceux-ci représentent des sous-hommes à éradiquer ou au moins à fermement ostraciser.

Or, pour en revenir à nos jours kali-yuguesques, à l’heure de la médiocrité quantitative intégrale ― soit « le désenchantement du monde », « le règne de la quantité », la « fin de l’histoire », « la société de l’indistinction », la « pax americana », pour ne pas dire « le règne de l’Antéchrist » ou l’ordo ab chao planétaire ―, à l’heure de la « lutte des classes », de la « fracture sociale » et du « choc des civilisations », où toute qualité individuelle s’est divisée et dissoute dans une vaste uniformité grégaire, désintégrée dans une immense soupe amorphe, ces quatre qualités humaines distinctives sont toujours bel et bien présentes, mais totalement diffuses et éparpillées au sein de la population mondiale, toute entière diluée ethniquement et culturellement.


Au final, pour faire court, aujourd’hui, en 2017, le règne du Cinquième-état (celui des voleurs, des andouilles, des fous, des prostituées, des pédophiles, des mafias, des sorciers et autres parasites sociaux) s’est fatalement enclenché et aboutira à une catharsis cataclysmique…


En bref, on peut aller jusqu’à dire qu’à notre époque de parodie et d’inversion de toutes choses, où sévissent la confusion sociale et les mouvements de population anarchiques, où la large majorité des hommes ont perdu leur être véritable, n’ont plus aucune valeur intrinsèque et sont seulement gouvernés par les besoins animaux et les passions sentimentalistes, les sociétés sont désormais dirigées par les plus mauvais membres du groupe (sociopathes, bandits, escrocs, abrutis, pervers… etc.), littéralement les dégénérés, autrefois exclus, formant une pseudo-élite parasitaire ― des toxines et des bacilles humains ayant pour rôle de s’attaquer au cadavre de notre civilisation arrivée en fin de cycle ―, alors que les véritables élites (celles du cycle futur) se trouvent mélangées, oubliées, reléguées en puissance, au sein des masses populaires grouillantes.

« Les sages se tairont et les fous parlerons. (…) la confusion tombera sur tous les hommes », est-il tout simplement déclaré au sujet du chaos ethnico-social propre à toute civilisation en voie d’effondrement, dans un texte inter-testamentaire intitulé l’Apocalypse de Baruch (LXX, 5 et 6) ; voici également ce qu’écrivait le philosophe persan Qotboddîn Shîrâzî au XIIIe siècle, au sujet de la dégénérescence humaine et de la confusion sociale de notre ère historique, qui constitue typiquement une fin de cycle civilisationnel : « Parce que le temps des prophètes est passé, les imbéciles et les ignorants s’emparent triomphalement du pouvoir. C’est le fait d’une époque comme la nôtre, où les religions ont perdu leur force, où les catastrophes se succèdent, où les sentiers et les voies de la sagesse sont effacés au point qu’il n’en reste plus trace, époque où sont abolis les rangs et les degrés qui constituent la hiérarchie de l’Intelligence »…

En adoptant une plus large perspective, nous dirons que cette quadripartition des types humains évolue avec le temps et se désagrège graduellement, voyant petit à petit le degré de qualité ontologique des élites politico-sociales dangereusement régresser ; ce processus, que J. Evola dénommait la « loi générale d’involution des castes », est d’une extrême importance pour la compréhension de l’histoire universelle. Nous utiliserons, pour conclure cet article, l’exemple parlant de la destinée historique régressive du monde occidental (ce qu’on a appelé un temps la « Chrétienté »).

Ainsi, dans le cadre d’existence traditionnel, on l’a vu, ce sont les élites spirituelles, la caste sacerdotale, qui occupent le pyramidion de la hiérarchie sociale (au Moyen-âge, le pape  »fait » les rois en leur conférant le « Droit divin » et le clergé dirige l’ensemble des aspects de la société).

Puis arrive l’heure de l’usurpation sacrilège, de la coupure du lien sacral et de la prise de pouvoir des élites temporelles aux dépens de l’autorité spirituelle ; c’est ce que l’Hindouisme appelle la « révolte des Kshatriyas » (cela correspond à l’arrestation des Templiers au début du XIVe siècle et à l’action antitraditionnelle de Philippe-le-Bel : apostasie, faux monnayage, assassinats de clercs, vols de biens ecclésiastiques, politique mercantile et centralisatrice… etc.).

Dès lors, pas à pas, c’est au tour des rois et de la noblesse de sang, désormais dépourvus de la moindre légitimité sacrée, de se voir déposséder du pouvoir réel par le Tiers-état, soit la classe marchande et bourgeoise, mettant en place la « démocratie » dans le sens premier du terme (Renaissance, Réforme, puis Révolution de 1789, mort de Louis XVI, avènement des nationalismes laïcs et des ripoubliques maçonniques, singerie de la monarchie avec l’empereur/bankster Napoléon, séparation entre l’Église et l’État… etc.).

Enfin, arrive l’ultime période dominée par le Quatrième-état, c’est l’ère terminale du matérialisme de masse, des foules et des collectivismes sans âme broyeurs de toutes qualités anthropologiques (avec le développement du Communisme bolchevique et des divers régimes nationaux-socialistes, puis l’établissement global, après les deux guerres mondiales, du Capitalisme spectaculaire et son consumérisme obligatoire).

Au final, pour faire court, aujourd’hui, en 2017, le règne du Cinquième-état (celui des voleurs, des andouilles, des fous, des prostituées, des pédophiles, des mafias, des sorciers et autres parasites sociaux) s’est fatalement enclenché et aboutira à une catharsis cataclysmique, le monde entier, désormais sans dessus-dessous, se voit froidement managé dans une gigantesque « diablerie de foule », gangrené par les influences démoniques les plus inférieures, où, on l’a déjà écrit ailleurs, l’humain n’est plus sujet mais objet des forces historiques, et, où le borgne (à la fois initié, pirate et diable) a été sacré roi des aveugles, soit tout simplement « des aveugles qui guident des aveugles », et qui « tous les deux tomberont dans un trou » (Matthieu XV, 14)…

Tout ce que l’on ne vous dit pas sur le cerveau par M. Bernard-Michel Boissier


lelibrepenseur.org

Vidéo fort intéressante, à voir absolument, concernant le cerveau. Très riche, documentée, cette vidéo est une mine d’or pour les curieux.

 

Source : Les conférences du cerveau


Ajoutée le 25 août 2016
Une des conférences de M. Bernard-Michel Boissier. Un grand merci pour cette vidéo à M. Frédéric Chomel. Pour les nouvelles conférences de M. Bernard-Michel Boissier :  https://www.facebook.com/conferences….
Catégorie Science et technologie

Saïd Bouteflika, Haddad, Bouchouareb : le ciment de la corruption en Algérie.


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via Saïd Bouteflika, Haddad, Bouchouareb : le ciment de la corruption en Algérie — Algérie Résistance

Les horreurs de la colonisation. A quand un TPI pour juger les crimes contre l’humanité?


mondialisation.ca

Par Chems Eddine Chitour

 

 

«Le manque chronique de nourriture et d’eau, l’absence de sanitaires et d’aide médicale, le délaissement des moyens de communication, une éducation nationale pauvrette et l’esprit dominant de dépression que j’ai pu constater moi-même dans nos villages après un siècle de gouvernance britannique me font désespérer de ses avantages.»  Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature

Il est connu, malgré la doxa ambiante, que l’Occident donneur de leçons a toujours eu un langage ambivalent. Il se veut seul détenteur de sens et dicte cependant la norme de ce qui est licite et de ce qui est illicite. Je veux dans cette contribution encore une fois déconstruire ce double langage à la fois des Lumières et dans le même temps de la traite esclavagiste, le Code noir, le Code de l’indigénat, la colonisation dans toute son horreur. Ce 8 mai est toujours pour les Algériens un moment de grande solitude et de recueillement devant l’injustice des grands vis-à-vis des peuples faibles. Qu’on en juge! Partout en Europe le 8 mai est fêté comme la fin de la guerre, l’avènement de la paix pour les peuples d’Europe, qui, à des degrés divers, ont souffert et au premier rang desquels le peuple russe qui laissa sur le champ de bataille 20 millions de ses enfants, La France perdit 200.000 combattants dont une grande partie venait des colonies et près de 300.000 civils.

Pas un mot des tirailleurs algériens, marocains qui ont été déterminants dans la victoire sur le nazisme. N’est-ce pas en effet le général de Lattre de Tassigny qui écrivait dans son ordre du jour numéro 9 du 9 mai 1945 adressé à ses soldats: «De toute mon âme, je vous dis ma gratitude. Vous avez droit à la fierté de vous-mêmes comme celles de vos exploits.» Le général de Montsabert ne fut pas en reste en s’adressant à ses soldats de la 3e DIA, il écrit: «C’est grâce à l’Armée d’Afrique que la France a retrouvé non seulement le chemin de la victoire et la foi en son armée, mais aussi et surtout l’honneur et la Liberté.» Ce sont ces tirailleurs qui, revenant au pays, se feront raconter les massacres. Ce 8 mai qui devait marquer le début de l’horreur pendant plus de deux mois de terreur avec des dizaines de milliers de morts innocents dont le seul crime était d’avoir demandé à s’émanciper.

«Veuillez transmettre aux familles des victimes de l’agression de Sétif la sympathie du général de Gaulle et du gouvernement tout entier. Veuillez affirmer publiquement la volonté de la France victorieuse de ne laisser porter aucune atteinte à la souveraineté française sur l’Algérie. Veuillez prendre toutes les mesures nécessaires pour réprimer tout agissement anti-français d’une minorité d’agitateurs. Veuillez affirmer que la France garde sa confiance à la masse des Français, musulmans d’Algérie.»

Voilà ce qu’écrivait Charles de Gaulle le 10 mai 1945, Je ne suis pas sûr qu’il s’adressait aux familles des Algériens et de fait, il ne s’adressait en fait qu’aux Français d’Algérie et donnant des instructions fermes au gouverneur de mater la rébellion. Il ne faut pas croire que dans cette croisade des criminels de guerre jamais jugés tels Achiary, il n’y eut que les autochtones, même les prisonniers italiens, allemands, les tirailleurs sénégalais, tous les planqués européens d’Algérie partisans de «Maréchal nous voilà», Vichy, se découvrent une âme de patriotes gaullistes et défendent la patrie en danger contre de pauvres hères. Le Parti communiste ne fut pas en reste, Le 12 mai le journal L’Humanité appelle à châtier impitoyablement et rapidement les organisateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigé l’émeute.’ Bref, de la droite à la gauche il y eut un consensus pour tuer dans l’oeuf l’insurrection. Le ministre de la Guerre, un communiste, fut chargé entre autres de pilonner les villes de Kherrata et Béjaïa à partir de la mer avec ses navires qui n’ont servi que contre les Algériens.

L’écrivain Kateb Yacine l’auteur du chef d’oeuvre « Nedjma » était lycéen à l’époque et a vécu les événements de Sétif; il écrit:

«Je témoigne que la manifestation du 8 mai était pacifique. En organisant une manifestation qui se voulait pacifique, on a été pris par surprise. Cela s’est terminé par des dizaines de milliers de victimes. A Guelma, ma mère a perdu la mémoire (…) On voyait des cadavres partout, dans toutes les rues. La répression était aveugle; c’était un grand massacre. L’armée vide des villages entiers et regroupe tous les musulmans pour organiser des cérémonies de soumission où tous les hommes doivent se prosterner devant le drapeau français et répéter en choeur: Nous sommes des chiens et Ferhat Abbas est un chien. » Après ces cérémonies, certains sont quand même embarqués puis assassinés.» (1)

Au total, le trop-plein de haine que les Français de France et d’Algérie n’ont pas pu extérioriser contre la Wehrmacht a trouvé un exutoire contre des êtres sans défense. Il y eut 107 Français qui ont été tués lors de ces émeutes contre au moins 20.000 Algériens (1) pour 200). Les Algériens avancent le chiffre de 45.000 morts Le général Deval, surnommé à juste titre le boucher du Constantinois, savait ce qu’il disait en interpellant les pouvoirs politiques: «Je vous ai donné pour dix ans.»

La colonisation matrice des invasions coloniales de l’Europe

En fait mis à part la perfide Albion et le coq gaulois son âme damnée qui furent les premiers à mettre en œuvre les invasions de pays vulnérables pour des motifs tout aussi répréhensibles les uns que les autres.   Tout commença avec la débâcle de Napoléon sur les théâtres européens , d’abord en tentant d’envahir la Russie ,ce sera la Bérézina avec le maréchal Koutouzov qui infligea hiver aidant une sévère défaite , ce sera la retraite de Russie bien décrite par Victor Hugo : «  Il neigeait on était vaincu par sa conquête, pour la première fois l’aigle baissait la tête.. . La France vaincue d’une façon humiliante à Waterloo, du fait notamment de la défection d’un de ses militaires, le général de Bourmont, qui passa à l’ennemi Napoléon fut battu exilé à Saint Hélène où il mourut . Après le traité de Vienne, justement en 1815 les pays européens ont compris que pour pouvoir soutenir l’expansion européenne il fallait sortir de l’Europe et aller combattre des pays faibles.

L’Angleterre commença dès 1757 en envahissant le sous continent indien et la colonisation dura près de 190 ans jusqu’en 1947 en laissant en guise de cadeau d’adieu une bombe à retardement la partition de l’Inde qui verra la création du Pakistan. La France pour sa part envahira l’Algérie un matin de 1830 avec le même général de Bourmont traite de Waterloo envoyé par le roi Charles X aller mettre en pratique une guerre d’épouvante Par la suite avec toujours son acolyte dans les mauvais coups ce sera la guerre de l’opium infligée à la Chine et l’invasion du Palais d’été. Le 18 octobre 1860, les Français et les Anglais brûlent le Palais d’Été de l’empereur de Chine, près de Pékin, après l’avoir pillé. C’est une des merveilles du monde qui part en fumée. la Grande-Bretagne et la France de Napoléon III ont envoyé vers Pékin un corps expéditionnaire avec mission de contraindre l’empereur à ouvrir son pays à leurs commerçants et missionnaires. C’est ce que l’on a appelé plus tard la «Seconde guerre de l’opium», la première s’étant conclue en 1842 par le traité de Nankin.

Victor Hugo  immortalisa cette rapine sanglante:

« Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. Une dévastation en grand du Palais d’été s’est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d’Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu’on avait fait au Parthénon, on l’a fait au Palais d’été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l’orient. Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’œuvre d’art, il y avait un entassement d’orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits ». (2)

« Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais. L’empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd’hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été. J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée. En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate ».(2)

Par la suite ce sera les provocations au nom de la protection des minorités. Les mêmes acolytes s’en prennent à l’empire ottoman «  l’homme malade de l’Europe » en tentant et en réussissant à attiser les tensions interconfessionnelles. C’est ainsi que la France découvre les maronites et se souvient de la promesse de Saint Louis à l’évêque Maroun. Naturellement cela débouchera sur des émeutes et l’Emir Abdelkader exilé d’Algérie, à Damas eut toutes les peines du monde avec ses proches à secourir à sécuriser plusieurs milliers de chrétiens en les hébergeant et les sécurisant dans sa propriétés pendant quelques semaines ; Cela n’a pas empêché les acolytes français et britanniques d’imposer un gouverneur spécifique ( Moutassarif) chrétien pour gérer les affaires des chrétiens . C’est d’ailleurs comme cela que le Liban qui faisait partie de Bilad Echam ( la grande Syrie) sera crée . Le détricotage de l’empire ira croissant, ce sera la Grèce la Bulgarie …) Pour arriver en définitive aux accords de Sykes Picot ; la bête n’était pas encore morte que la curée commença et l’empire Ottoman fut dépecée.

Il faut savoir que l’autorisation de coloniser sera donnée à la conférence de Berlin . En effet, La conférence de Berlin marqua l’organisation et la collaboration européenne pour le partage et la division de l’Afrique. La conférence  commença le 15 novembre 1884 à Berlin et finit le 26 février 1885.

Quand Winston Churchill approuvait les gaz de combat

 Winston Churchill a été un fervent défenseur de l’Empire britannique au point de préconiser le recours aux gaz qui avaient été la terreur des tranchées. Mais le recours à de telles armes suscite l’hostilité du gouvernement, au grand dam de Churchill, qui comptait également employer des engins toxiques contre les tribus rebelles du nord de l’Inde. « Je suis fermement en faveur de l’utilisation de gaz toxiques contre les tribus non civilisées », déclare-t-il dans un mémorandum secret. Reprochant à ses collègues leur « sensiblerie », il ajoute que « les objections du ministère de l’Inde face à l’emploi des gaz contre les indigènes sont déraisonnables. Le gaz est une arme plus miséricordieuse que les explosifs de forte puissance » En quoi serait-il injuste qu’un artilleur britannique tire un obus qui fera éternuer ledit indigène?» (3)

Parmi les autres prouesses des empires coloniaux, la famine. Rabindranath Tagore qualifie ainsi la colonisation britannique qui fait de l’organisation de la famine une science exacte ainsi:

«60 millions d’Indiens périrent de faim sous l’Empire britannique (…) Churchill, eugéniste et malthusien, expliquant pourquoi il défendait le stockage de biens alimentaires en Angleterre au moment où des millions de personnes mouraient de faim au Bengale (en 1943) disait à son secrétaire privé que: Les Hindous sont une race sotte, protégée par sa pullulation du destin qu’elle mérite ». Et des Indiens, Churchill disait: Je déteste les Indiens, c’est un peuple bestial avec une religion bestiale. La famine c’est entièrement de leur faute car ils se reproduisaient comme des lapins ».» Durant les 190 ans de pillage, le sous-continent indien a dû subir deux grandes famines qui ont fait périr des millions d’Indiens dans tout le pays. Bien qu’on ne connaisse toujours pas avec exactitude le chiffre total, le décompte de l’administration coloniale indique qu’il s’agit d’au moins 60 millions de morts! Et la réalité pourrait être nettement pire. (…) Sur place, des individus réduits à des ombres squelettiques erraient dans le pays et mouraient comme des mouches. On ne saura exagérer le caractère abject et anti-humain de ces coloniaux.» (4)

Nous arrivons au tournant du siècle et les velléités de conquête européennes furent mises ne veilleuse car la première guerre mondiale vit des pays européens s’affronter pour un nouvel espace vital et des marchés. Le Bagdad-Bahn marque la coopération du sultan de Constantinople avec le Kaiser. On commença déjà à supputer l’existence de pétrole au Moyen Orient notamment en Irak à Kirkouk. Naturellement les deux acolytes mirent en ouvre une politique diabolique pour s’emparer du pétrole . Après le dépècement de l’empire ottoman et de l’Allemagne. La Turkich Pétroleum Company sera créée en 1927 avec des parts pratiquement égales de la Royal Dutch Shell de BP la Nedec américaine et de la CFP avec Gulbenkian un homme politique qui prendra 5%,

Les massacres de Madagascar par le colonialisme français

Le plus grand massacre, beaucoup moins connu que celui de Sétif eut lieu à partir du 30 mars 1947 à Madagascar, donnant lieu aux pires atrocités. Le nombre de victimes de la répression a atteint le chiffre vertigineux de 89.000 morts en vingt et un mois, selon les comptes officiels de l’état-major français. (…) La répression avec tortures, exécutions sommaires, regroupements forcés, viols, pillage, villages incendiés avec femmes, vieillards, enfants brûlés vifs se prolonge pendant 21 mois. C’est d’ailleurs sur ordre du ministre «socialiste» des Colonies, Marius Moutet, que les troupes françaises agissent à Madagascar. (..;) A la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Etat français couvrait ses crimes et la sordide réalité de la défense de son intérêt national sous le masque héroïque et le prestige de la France de la Libération, de la résistance à la barbarie nazie, tout en se faisant publiquement l’apôtre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à la tribune de l’ONU.» (1)

A côté de la France de l’Angleterre , l’Italie a eu aussi ses colonies, notamment la Somalie l’Erythrée . Ce fut là aussi des invasions brutales des crimes sans nom que les médias et la conscience scientifique. Ainsi comme lue ur la contribution suivante : « i Le 2 octobre 1935, Mussolini annonce son intention d’envahir l’Éthiopie sur un fallacieux prétexte. Mussolini prétexte de l’agression d’inspecteurs italiens, quelques mois plus tôt, le 23 novembre 1934, aux confins de la colonie italienne de Somalia et de l’Éthiopie. Le Duce adresse un discours belliqueux aux Italiens et leur annonce sa décision d’envahir l’Éthiopie. En Italie, la condamnation de la SDN a l’effet paradoxal de souder la population autour du Duce. Le vieux pape Pie XI (78 ans) commet lui-même l’erreur de visiter une exposition consacrée à la conquête et de saluer l’expansion italienne (aux dépens de l’Éthiopie chrétienne!). Son secrétaire d’État, Eugenio Pacelli, futur Pie XII, tente de minimiser la portée de sa déclaration.» (5)

Même scénario concernant italien pour l’invasion de la Libye:

«Le général Rodolfo Graziani, fidèle du régime fasciste, devient quant à lui vice-gouverneur de Cyrénaïque. Entre 1930 et 1931, les Italiens occupent l’ensemble du Fezzan et l’oasis de Koufra, grâce aux opérations de Graziani. (…) Si la situation est maîtrisée dans le Fezzan, elle est nettement plus délicate en Cyrénaïque, où le cheikh Omar Al Mokhtar, soutenu par les Sanussi, dirige une guérilla de moudjahidines et fait régner une insécurité générale. Pour éradiquer la guérilla senoussite en Cyrénaïque, les forces italiennes recourent, sur l’ordre de Graziani, à des méthodes impitoyables de représailles contre la population locale quand elle était accusée d’appuyer la rébellion. Enfin, les Italiens déportent plus de la moitié de la population de la province dans treize camps de concentration préparés dans l’est et le sud du pays. Environ 100.000 personnes perdent la vie en raison des épidémies provoquées par les fatigues d’une marche longue; Omar Al Mokhtar voit se disperser ses troupes blessé et capturé le 11 septembre 1931. Le 16 septembre, il est pendu. La disparition du chef de la guérilla libyenne met fin à vingt ans de guerre et achève la pacification totale de la Tripolitaine, de la Cyrénaïque et du Fezzan. La conquête italienne cause au pays de lourdes pertes humaines et matérielles: aux dizaines de milliers de morts s’ajoute le bouleversement de l’organisation sociale et de l’économie traditionnelle. Les structures agro-pastorales sont anéanties et le pays est partiellement dépeuplé.» (6)

Bien plus tard, Silvio Berlusconi, en visite à Tripoli, s’est également excusé auprès du colonel Kadhafi pour l’occupation de la Libye entre 1911 et 1942. «Il est de mon devoir, en tant que chef du gouvernement, de vous exprimer au nom du peuple italien notre regret et nos excuses pour les blessures profondes que nous vous avons causées» «Il s’agit d’un moment historique durant lequel des hommes courageux attestent de la défaite du colonialisme», a déclaré de son côté Mouammar Kadhafi «Le peuple libyen a subi une injustice et a été agressé chez lui et il mérite excuses et compensations», en présence des fils et petits-fils des héros de la résistance.» (7)

Le massacre des Héréros et des Namas

Les Allemands ne furent pas en reste comme lu sur Wikipédia,: «Le massacre des Héréros et des Namas perpétré sous les ordres de Lothar von Trotha dans le Sud-Ouest africain allemand (Deutsch-Südwestafrika, actuelle Namibie) à partir de 1904, est considéré comme le premier génocide du XXe siècle. C’est un programme d’extermination qui s’inscrit au sein d’un processus de conquête d’un territoire par les troupes coloniales allemandes entre 1884 et 1911. Il entraîna la mort de 80% des autochtones insurgés et de leurs familles (65.000 Héréros et près de 20.000 Namas). Les faits ont été consignés pour la première fois dans un rapport commandé en 1917 dans un but politique par le Gouvernement britannique au juge Thomas O’Reilly et connu sous le nom de «The Blue Bookhttps.» (8)

« Réévalué à partir des années 1990, ce crime de masse suscite depuis, un important travail de mémoire, que ce soit en Namibie même, ou au sein de la communauté des historiens. (…) Trotha pratique une guerre d’usure durant quatre mois: il ne fait pratiquement rien, observe et s’amuse à effrayer l’ennemi à coups de fusils. Mais en octobre, il fait encercler les Héréros de trois côtés et les mitraille: c’est un véritable carnage qui n’épargne ni femmes ni enfants. Trotha ne leur laisse qu’une seule issue pour fuir: le désert du Kalahari. Alors que les Héréros survivants essayent d’y trouver refuge, Trotha fait empoisonner les points d’eau, dresse des postes de garde à intervalles réguliers avec ordre de tirer sans sommation à vue sur chaque Héréro, homme, femme ou enfant. L’ordre d’extermination (Vernichtungsbefehl) officiel du général von Trotha est libellé en ces mots: «Chaque Héréro trouvé à l’intérieur des frontières allemandes, armé ou non, en possession de bétail ou pas, sera abattu.» (8)

Discours de Léopold II aux missionnaires se rendant en Afrique

Les meilleures illustrations du rôle de l’assimilation religieuse en vue de la réussite de la colonisation et de l’exploitation économique sont probablement les discours tenus par le ministère belge des Colonies, et surtout le discours tenu, en 1883, par Léopold II, roi des Belges, devant les missionnaires se rendant en Afrique.:

«Révérends Pères et mes Chers Compatriotes, vous allez certes pour l’évangélisation, mais cette évangélisation doit s’inspirer avant tout des intérêts de la Belgique.(…) Votre rôle essentiel est de faciliter leur tâche aux Administratifs et aux Industriels. C’est dire donc que vous interpréterez l’Évangile d’une façon qui serve à mieux protéger nos intérêts dans cette partie du monde. Pour ce faire, vous veillerez entre autre à désintéresser nos sauvages des richesses dont regorgent leurs sol et sous-sol, votre connaissance de l’Évangile vous permettra de trouver facilement des textes recommandant aux fidèles d’aimer la pauvreté, tel par exemple: ‘Heureux les pauvres car le royaume des cieux est à eux. Il est difficile au riche d’entrer au ciel »». Vous ferez tout pour que les Nègres aient peur de s’enrichir pour mériter le ciel. (…) Apprenez aux élèves à croire et non à raisonner. (…) Convertissez toujours des Noirs par tous les moyens, bastonnez par la chicotte par exemple. Chantez chaque jour qu’il est impossible au riche d’entrer au ciel.» (9)

Nous empruntons à Alain Corvez qui décrit la perpétuation d’une nouvelle forme de crimes coloniaux:

«La sauvage agression du Yémen par l’Arabie saoudite se déroule depuis mars 2015 dans l’indifférence générale des pays occidentaux pourtant ardents à donner des leçons de morale au monde entier pour dénoncer les crimes des Etats auxquels ils sont hostiles, voire dont ils veulent changer les dirigeants, qui ne répondent pas à leurs critères, par la force des armes, en dehors de toute légalité internationale. (…)La Grande-Bretagne et la France, si promptes à donner des leçons de morale au monde, non seulement ne dénoncent pas ces crimes dont pâtit atrocement la malheureuse population du Yémen, mais participent au soutien en armement de la monarchie wahhabite» (10).

Tout est dit la colonisation ne fut pas un long fleuve tranquille. Dans un cri du cœur :

«  Le discours sur le colonialisme » Aimé Césaire eut ce jugement sans concession concernant la colonisation et l’ensauvagement de l’Europe : « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-Nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fille violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent ».(11)

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique » (11)

Tout est dit Maintenant que les faits ont établis que la colonisation fut un cortège de morts de violence qui interpelle même les génomes et on parle de transmission de douleurs par l’ADN , on peut comprendre les errances et les désarrois des peuples subjugués qui ont souffert . A quand un Tribunal pour rendre justice sans pompe à finance à la clé comme ce le fut pour les massacres des juifs. Simplement un tribunal de l’histoire, du type Bertrand Russel qui permettra de faire peut être le deuil par la reconnaissance sans équivoque, franche des pays qui ont envahi d’autres . C’est de mon point de vue le plus sûr moyen de mettre en accusation la doxa occidentale dont les détenteurs qui se veulent les seuls détenteurs de sens en dictant leur norme ont amené l’humanité à ce degré de bestialité. En tournant la page de l’abjection- sans la déchirer,   on redimensionnera la sombre certitude des « héritiers dit du   « siècle des lumières » qui fut un siècle des ténèbres pour les pays colonisés.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

Photos : [Guerre d’Algérie] Quand la France plongeait les Algériens dans des fosses d’acide

source : https://www.algerie1.com/focus/oui-le-colonialisme-est-un-crime-contre-l-humanite-286

 

Notes

1.http://www.oclibertaire.lautre.net/spip.php?article866

2.Lettre de Victor Hugo au capitaine Butler à propos de l’incendie du Palais d’Eté : https://www.monde-diplomatique.fr/2004/10/HUGO/11563

3.Quand Winston Churchill approuvait les gaz de combat The Guardian 13 09 2013

4. http://www.solidariteetprogres.org/grande-famine-bengale-genocide-britannique.html

5.https://www.herodote.net/2_octobre_1935-evenement-19351002.php

6.. https://fr.wikipedia.org/wiki/Libye_italienne

7.http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-italie-s-excuse-et-paie-une-dette-a-la-libye-pour-la-colonisation-subie_556898.html

8.https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_des_H%C3%A9r%C3%A9ros_et_des_Namas

9.http://afrikhepri.org/heureux-les-pauvres-car-le-royaume-des-cieux-est-a-eux-il-est-difficile-au-riche-dentrer-au-ciel/

10.http://reseauinternational.net/les-pays-occidentaux-complices-de-crimes-contre-lhumanite-au-yemen/#PKDFWIu5W3omjz0s.99

11.Aimé Césaire  : Discours sur le colonialisme  Editions Présence Africain   Paris 1955

Article de référence :

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/266536-a-quand-un-tpi-pour-juger-les-crimes-contre-l-humanite.html

 

Histoire de ma vie


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Ouvrage : Histoire de ma vie

Auteure : Fadhma Aïth-Mansour Amrouche

préfaces de :

Vincent Monteil et de Kateb Yacine

 

 

 

Une vie. Une simple vie, écrite avec limpidité par une grande dame kabyle,
d’abord en 1946, puis en 1962, avant que la mort ne vienne la prendre en
Bretagne, le 9 juillet 1967, à quatre-vingt-cinq ans. Fadhma Aïth Mansour
Amrouche, la mère de Taos et de Jean, a quitté cette terre, mais elle nous reste présente,
par ces pages où l’on retrouve les travaux et les jours, les naissances, les morts,
le froid cruel, la faim, la misère, l’exil, la dureté de coeur, les moeurs brutales d’un
pays rude où les malédictions, les meurtres, les vendettas étaient monnaie courante,
pour des gens si pauvres que les glands doux formaient encore la nourriture de base,
comme les châtaignes au Limousin de mon grand-père. Fadhma Amrouche n’est
plus : tekhla taddart — et le village est vide.
Zigh… Comme on dit en kabyle : « et voilà que, je m’aperçois que » tant
d’images, de souvenirs se lèvent. J’ai là le petit carnet noir sur lequel, il y a trente
ans, j’écrivais mes premières notes de kabyle, prises avec mes tirailleurs en
Dordogne. Je pense à mes amis kabyles, au pauvre Mouloud Feraoun, lâchement
assassiné par l’O.A.S. à El-Biar, le 15 mars 1962, au « fils du pauvre »
enterré à Tizi Hibel, en face de la maison des Soeurs Blanches. La neige bleuit
sur les pentes des montagnes, et l’enfant kabyle, l’aqshish, crie bien fort :
d’ul-iu, dayem di-Jerjra (mon coeur est toujours au Djurdjura). Zigh…
Comment oublier l’étonnant Belaïd Aït-Ali, mort en 1950, dont le fichier
berbère des Pères Blancs de Fort-National nous garde précieusement la
mémoire ? Sous-officier cassé, ivrogne, clochard, déserteur, « de volonté aussi
pauvre que son intelligence était belle », il écrivait en français comme en kabyle,
et les beaux textes qu’il nous a laissés vont à la rencontre de ceux de Fadhma
Amrouche. Ce n’est pas à elle, qui a perdu cinq enfants, qu’il faut apprendre que
« rien ne vaut l’amour maternel » (ulash, am yemma-k lehqiq). Elle sait,

mieux que personne, elle qui a tant de mal à faire vivre les siens, que le proverbe
a bien raison : « montre-moi comment tu t’habilles, et je te dirai comment tu te
nourris ! (ml-iyi d-ashu telsid, a-k-emlegh d-ashu tettshid). Et, à travers
tout son livre, retentit l’écho de la sagesse des anciens : « inutile de dire à
l’orphelin qu’il doit pleurer ! » (agujil, ur-t-ettwessi ara gheff imettawen).
Une vie toute simple, nouée aux joies et aux deuils, une vie de courage, de lutte,
dont la devise pourrait être celle d’un Gallieni : « la tête haute ». La petite bâtarde
rejetée par une société close, impitoyable, se bat, jour après jour, pour sa dignité. En
1899, à seize ans, elle reçoit, en même temps, le baptême et le mariage avec
Belkacem-Ou-Amrouche. Elle entre alors dans le clan Amrouche, dont le
patriarche a fait la campagne de Crimée et parle de Sébastopol, qu’il appelle « la
ville du cuivre ». Elle décrit sans complaisance le milieu familial où les co-épouses se
haïssent, où les enfants meurent faute de soins, où chaque jour lutte contre la faim et
chaque nuit contre le froid des montagnes. Mais Fadhma a une énergie indomptable,
et elle sait lire : elle a donc en elle une possibilité d’évasion, de communication,
d’issue vers la liberté. Les premières écoles françaises en Kabylie remontent à 1873
et Fadhma Aïth Mansour fut une des toutes premières à les fréquenter. A l’époque,
cela fit scandale. Mais le rôle de ces écoles fut très grand : il n’est que de feuilleter,
par exemple, le Bulletin des anciens élèves et des amis de l’amie d’Aït-
Larba. Certes, il faut déplorer que l’administration française soit restée, jusqu’au
bout, selon le mot de Louis Massignon, « orthodoxe, mais obscurantiste » :
stupidement opposée à l’enseignement de l’arabe, langue nationale de tous les
Algériens. Le résultat (souhaité ?) ne pouvait être que de renfermer les Kabyles dans
un particularisme têtu, que la Guerre de Sept Ans devait enfin réduire : on connaît
la part considérable prise par les Kabyles à la Bataille d’Alger et à la Résistance
nationale.
Il serait lâche, de ma part, d’esquiver ici le douloureux problème des Kabyles
chrétiens, qui sont encore plusieurs centaines, et dont font partie Fadhma Amrouche,
son mari et ses enfants. Ces conversions, en milieu musulman traditionnel, ne
pouvaient être que source de conflits inextricables, d’incompréhension, de souffrances et
d’humiliations. La question n’est pas de savoir si une religion est « bonne » en soi, ou
même « meilleure » qu’une autre : posé ainsi, cela n’a aucun sens. Mais il s’agit
d’apprécier si l’état actuel d’une société donnée lui permet d’accueillir des ferments
étrangers sans risque de perdre son identité, sans tension insupportable. Or, c’est un
fait qu’encore aujourd’hui les structures réelles de l’Islam maghrébin ne supportent
pas ceux qu’on appelle les « renégats » (mtûrni). J’en pourrais citer beaucoup
d’exemples. Le Chrétien kabyle, en particulier, est mal à l’aise, à peine toléré, et se
sent déchiré entre des fidélités contradictoires. On peut, si l’on est soi-même
catholique, le regretter, mais c’est un fait d’expérience. Le livre de Fadhma

Amrouche est plein de témoignages de ces difficultés, et il faut voir un effort
d’adaptation, de compromis, dans l’usage, dans la famille Amrouche, de donner aux
enfants un double prénom, chrétien et musulman. Exilée à Tunis, Fadhma, qui ne
sait pas un mot d’arabe, ne fréquente guère que des étrangers comme elle, des
Siciliens surtout. Toute la famille sera naturalisée française en 1913.
Écoutez la voix de Fadhma Amrouche : « J’étais toujours restée « la Kabyle ».
Jamais, malgré les quarante ans que j’ai passés en Tunisie, malgré mon instruction
foncièrement française, jamais je n’ai pu me lier intimement, ni avec des Français, ni
avec des Arabes. Je suis restée, toujours, l’éternelle exilée, celle qui, jamais, ne s’est
réellement sentie chez elle nulle part. Aujourd’hui, plus que jamais, l’aspire à être
enfin chez moi, dans mon village, au milieu de ceux de ma race, de ceux qui ont le
même langage, la même mentalité, la même âme superstitieuse et candide, affamée de
liberté, d’indépendance : l’âme de Jugurtha ! » Et encore ceci : « Je suis vieille,
fatiguée, mais j’ai gardé mon âme d’enfant, prompte à vouloir redresser les torts et à
défendre les opprimés. » Et enfin, cet adieu : « Ma vue baisse de plus en plus et mes
mains tremblent, et il me faut faire des efforts pour écrire de façon lisible. J’ai eu tant
de malheurs ! »
Quand je lis ces lignes, avec toute l’émotion que l’on devine, je crois revoir et
entendre encore le cher Jean Amrouche, peu avant sa mort, à Venise, en septembre
1961. Nous étions ensemble à un colloque sur l’humanisme africain, dans cette
merveilleuse île de San Giorgio Maggiore. Quand vint son tour, l’auteur des Chants
berbères de Kabylie, recueillis de la bouche de sa mère en 1939, déclare qu’il veut
parler au nom du peuple algérien, dont il partage les angoisses, les souffrances, les luttes
et l’espoir. Il prend la défense de la culture populaire, de la tradition orale. Il s’écrie
qu’il lui a fallu passer par la connaissance de Mallarmé et de Baudelaire,
pour « redécouvrir » le chant des aèdes berbères, et pour comprendre enfin
que « la poésie est accordailles ». Et puis, le voilà qui nous chante, de sa
voix grave, un chant kabyle sur la peine des hommes, et nous sommes tous
pris et bouleversés par Jean Amrouche. Enfin, il évoque sa mère, « de qui je
tiens, dit-il, l’essence de tous ces poèmes et de tous ces chants ». Après le
déjeuner dans l’île, Jean me confie son déchirement entre la France et
l’Algérie et, comme je lui cite ces vers de Pierre Emmanuel (Ordalies, 1957) :

« Je n’ai qu’un nom : celui d’homme.
France n’est que mon prénom »,
il me répond, pensif ; « mais, c’est très important, un prénom… »

En refermant L’histoire de ma vie, je pense avec affection à cette étonnante
lignée des Amrouche, qui unissent, en un même élan, deux grandes cultures.
Lorsque Fadhma décrit, en Tunisie, sa chère « Rue de la Rivière », sa fille,
Marguerite-Taos, lui répond, en contre-point, par sa « Rue des Tambourins »
(1960). Ainsi, les mémoires du grand âge rejoignent les souvenirs d’enfance. Et
puis, Fadhma Aïth Mansour Amrouche nous reste inoubliablement présente, à
travers l’admirable voix de Taos et son Florilège de chants berbères de
Kabylie1. Fadhma, Jean, Taos, trois chantres de l’Algérie profonde, trois êtres
frontières entre les deux rives d’une Méditerranée que nous voulons toujours plus
fraternelle.
Vincent MONTElL
Paris, octobre 1967.


1 . Editions de la Boite à Musique, Paris, 1966. Grand Prix de l’Académie du Disque
français.


Jeune fille de ma tribu
___________________
Fadhma Aïth Mansour Amrouche, l’auteur des lignes qu’on va lire, ne saurait
être mieux présentée que par son propre fils, Jean Amrouche, qui la devança dans la
mort ; il fut en quelque sorte le torrent précurseur de cette source vive où il puisait,
dès la plus tendre enfance, avec sa soeur Taos, le don de poésie qui ne les quittera
plus :
Toute poésie est avant tout une voix, et celle-ci plus particulièrement. Elle est un
appel qui retentit longuement dans la nuit, et qui entraîne peu à peu l’esprit vers une
source cachée, en ce point du désert de l’âme où, ayant tout perdu, du même coup on
a tout retrouvé… Mais avant que j’eusse distingué dans ces chants la voix d’un
peuple d’ombres et de vivants, la voix d’une terre et d’un ciel, ils étaient pour moi le
mode d’expression singulier, la langue personnelle de ma mère. »
Jean Amrouche n’est plus. Il a succombé, dans la force de l’âge, au moment
même où l’Algérie allait briser ses chaînes.
Souvent, il parlait de sa mère, comme il parlait de l’Algérie, avec la même
passion, la même gravité que dans les Chants Berbères de Kabylie :
« Je ne saurai pas dire le pouvoir d’ébranlement de sa voix, sa vertu
d’incantation. Elle n’en a pas elle-même conscience, et ces chants ne sont pas
pour elle des oeuvres d’art, mais des instruments spirituels dont elle fait usage,
comme d’un métier à tisser la laine, d’un mortier, d’un moulin à blé ou d’un
berceau. C’est une voix blanche et presque sans timbre, infiniment fragile et
proche de la brisure. Elle est un peu chevrotante et chaque jour plus inclinée
vers le silence, son tremblement s’accentue avec les années. Jamais rien
n’éclate, pas le moindre accent, pas le moindre effort vers l’expression
extérieure. En elle tout est amorti et intériorisé. Elle chante à peine pour

elle-même ; elle chante surtout pour endormir et raviver une douleur d’autant
plus douce qu’elle est sans remède, intimement unie au rythme des gorgées de
mort qu’elle aspire. C’est la voix de ma mère, me direz-vous, et il est naturel
que j’en sois obsédé et qu’elle éveille en moi des échos assoupis de mon
enfance, où les interminables semaines durant lesquelles nous nous heurtions
quotidiennement à l’absence, à l’exil, ou à la mort. C’est vrai. Mais il y a
autre chose : sur les longues portées sans couleur de cette voix flotte une
nostalgie infiniment lointaine, une lumière nocturne d’au-delà, qui imposent
le sentiment d’une présence insaisissable et toute proche, la présence d’un pays
intérieur dont la beauté ne se révèle que dans la mesure même où l’on sait
qu’on l’a perdu… »

Les chemins de l’orphelinat
________________________
Les chants de Jean et de Fadhma sont avant tout les cris du déracinement du sol
natal. Même promus citoyens français, même convertis au christianisme, les
Amrouche restent des intrus, et ils doivent s’expatrier, comme tant d’autres
Algériens : la patrie asservie doit rejeter ses propres fils, au profit de la race des
maîtres.
Ce n’est pas tout. A l’étouffement de tout un peuple, à sa détresse et à sa honte,
s’ajoute la tragédie de tous et de chacun. Ce n’est plus un pays, c’est un orphelinat.
Fadhma n’a pas de père. Sa mère l’a protégée tant qu’elle a pu contre la famille,
contre le village qui la considère comme un être maudit. Enfin, la mère se décide, la
mort dans l’âme, à la première séparation :
« Un mercredi, jour de marché, ma mère me chargea sur son dos et m’emmena
aux Ouadhias. Je me souviens très peu de cette époque. Des images, rien que des
images. D’abord, celle d’une grande femme habillée de blanc, avec des perles noires ;
à côté du chapelet, un autre objet en cordes nouées, sans doute un fouet… »
« Mais je vois surtout une image affreuse, celle d’une toute petite fille
debout contre le mur d’un couloir ; l’enfant est couverte de fange, vêtue
d’une robe en toile de sac ; une petite gamelle pleine d’excréments est pendue à
son cou ; elle pleure. Un prêtre s’avance vers elle ; la Soeur qui l’accompagne lui
explique que la petite fille est une méchante, qu’elle a jeté les dés à coudre de ses
compagnes dans la fosse d’aisance, qu’on l’a obligée à y entrer pour les y chercher :
c’est le contenu de la fosse qui couvre son corps et remplit la gamelle. »
« En plus de cette punition, la petite fille fut fouettée jusqu’au sang : quand ma
mère vint le mercredi suivant, elle trouva encore les traces des coups sur tout mon
corps. Elle passa ses mains sur toutes les meurtrissures, puis elle fit appeler la Soeur,

et lui montra les traces des coups, en lui disant : « C’est pour cela que je vous l’ai
confiée ? Rendez-moi ma fille !… »
« A l’automne, le caïd fit venir ma mère et lui dit : « ta fille Fadhma te gêne,
mène-la à Fort-National où l’on vient d’ouvrir une école pour les filles, elle sera
heureuse et bien traitée, et l’Administrateur te protégera. Tu n’auras plus rien à
craindre des frères de ton premier mari. » Ma mère résista longtemps ; l’expérience
des Soeurs Blanches la laissait sceptique ; mais son jeune mari et les habitants du
village, qui voyaient toujours en moi l’enfant de la faute, la regardèrent d’un
mauvais oeil. C’est en octobre ou novembre 1886 qu’elle consentit à se séparer de
moi. Elle me prit à nouveau sur son dos, et nous partîmes.

La muse matriarcale
_________________
« Juchée sur mon mulet, une malle devant moi, je remplissais mes yeux de toute
cette nature que je ne devais revoir que bien longtemps après, et pour très peu de
temps. Car depuis 1898, je n’ai revu mon village que trois fois, très espacées, et
jamais par la route que je venais de parcourir !… J’avais bien pleuré, mais je m’étais
dit : Il faut partir ! Partir encore ! Partir toujours Tel avait été mon lot depuis ma
naissance, nulle part je n’ai été chez moi ! »
Et de nouveau, la voix du fils (Jean Amrouche vivait à Tunis lorsque furent
publiés les Chants Berbères de Kabylie, en 1939) fait écho à la voix où il
retrouve ses origines :
« … Arrachée à son pays natal depuis quarante ans, tous les jours, comme
autrefois sa mère de qui elle les tient pour la plupart, c’est sur les ailes du chant que,
dans sa solitude, elle lance ses messages aux morts et aux vivants. Elle est d’une
famille de clairchantants, et elle parle quelquefois de sa mère et de ses frères que tout
le village écoutait en silence lorsque leur chant se répandait dans les rues. Elle a
recueilli les chants du pays Zouaoua, son pays natal ; et aussi les chants des Aïth-
Abbas, pays de mon père, auxquels se sont ajoutés quelques chants des Aïth-
Aydel… »
Ce n’est plus une seule voix, c’est la tribu qui chante, une de ces tribus dont Ibn
Khaldoun disait :
« Les Berbères racontent un tel nombre d’histoires que, si on prenait la peine de
les mettre par écrit, on en remplirait des volumes…
C’est encore l’arbre de la tribu qui a produit en si grande quantité, par branches
et par grappes, d’une saveur qui n’en finit pas, ce fruit déconcertant qu’on appelle un

poète, la vieille tribu sans feu ni lieu, où brille, étoile secrète1, le génie méconnu, hérité
des ancêtres, reconquis pas à pas dans l’ombre inviolée de la patrie des morts, qui «
restent jeunes », selon le mot d’Anna Seghers.
Le livre de Fadhma porte l’appel de la tribu, une tribu comme la mienne, la
nôtre, devrais-je dire, une tribu plurielle et pourtant singulière, exposée à tous les
courants et cependant irréductible, où s’affrontent sans cesse l’Orient et l’Occident,
l’Algérie et la France, la Croix et le Croissant, l’Arabe et le Berbère, la montagne
et le Sahara, le Maghreb et l’Afrique, et bien d’autres choses encore : la tribu de
Rimbaud et de Si Mohand ou M’hand, d’Hannibal, d’Ibn Khaldoun et de Saint
Augustin, un arbre de Jouvence inconnu des civilisés, piètres connaisseurs de tout
acabit qui se sont tous piqués à cette figue de Barbarie, la famille Amrouche.
Examinons une dernière fois l’arbre de la tribu, et voyons seulement son
bourgeon terminal : Jean, Taos2, Fadhma : le fils, la fille, la mère, tous les trois sont
poètes ! N’est-ce pas merveilleux ? Tous les trois sont poètes, mais le don poétique ne
leur appartient pas comme un méchant volume à son auteur, non, la poésie qu’ils
incarnent, c’est l’oeuvre de tout un peuple.
Mais ce livre est aussi, dans son humilité, un implacable réquisitoire.
Trop de parâtres exclusifs ont écumé notre patrie, trop de prêtres, de toutes
religions, trop d’envahisseurs de tout acabit, se sont donné pour mission de dénaturer
notre peuple, en l’empoisonnant jusqu’au fond de l’âme, en tarissant ses plus belles
sources, en proscrivant sa langue ou ses dialectes, et en lui arrachant jusqu’à ses
orphelins ! Ils devraient désormais comprendre qu’on peut faire beaucoup de mal avec
de bons sentiments.
Pour ma part, en signant cette introduction, j’ai tenu à être présent au grand
événement que constitue pour nous la parution d’un tel livre. Il s’agit d’un défi aux
bouches cousues : c’est la première fois qu’une femme d’Algérie ose écrire ce qu’elle a
vécu, sans fausse pudeur, et sans détour. Du plus profond de sa tombe d’exil, en
terre bretonne, Fadhma semble nous dire :
« Algériennes, Algériens, témoignez pour vous-mêmes ! N’acceptez plus d’être
des objets, prenez vous-mêmes la plume, avant qu’on se saisisse de votre propre
drame, pour le tourner contre vous ! »
Puisse l’Algérie libre ne plus prêter l’oreille aux diviseurs hypocrites qui
voudraient faire de toute vérité un tabou, et de tout être un intouchable… Et qu’on
ne vienne pas me dire : Fadhma était chrétienne ! Une vraie patrie se doit d’être
jalouse de ses enfants, et d’abord de ceux qui, toujours exilés, n’ont jamais cessé de
vivre pour elle. L’ouvrage que voici l’atteste plus que tout autre.
Je te salue, Fadhma, jeune fille de ma tribu, pour nous tu n’es pas morte !


1 . Etoile Secrète, poème de Jean AMROUCHE, un volume, aujourd’hui épuisé.
2 . Taos AMROUCHE, Le Grain magique, François Maspero.


On te lira dans les douars, on te lira dans les lycées, nous ferons tout pour qu’on
te lise ! 1
KATEB YACINE.


1 . Fadhma Aïth Mansour Amrouche s’est éteinte en Bretagne, le 9 juillet
1967, à l’hôpital de Saint-Brice-en-Coglès, entourée des soins dévoués des Soeurs
de la Sagesse. Quelque temps avant sa fin, elle a su que ses Mémoires seraient
édités, et cet hommage de Kateb Yacine, écrit pour l’essentiel avant sa mort, et
dont elle a pris connaissance, lui est allé au coeur.


Paris, le 18 avril 1945.
Ma chère maman,
Voici plusieurs semaines que je veux t’écrire une longue lettre. En
marchant dans Paris il m’arrive de rêver que tu es à mon bras. Nous
allons lentement, très lentement, comme le soir, sur la route le long de
la voie du chemin de fer, à Radès. Tu traînes tes pauvres pieds dans tes
vieilles savates, tu croises ton fichu décoloré sur ta poitrine. Mais tes
yeux de petite fille malicieuse regardent tout autour, et rien ne leur
échappe, des nuances du ciel, des étoiles qui nous font des signes ; une
grande paix monte des jardins parmi les parfums qui va se fondre dans
la paix qui tombe du ciel.
Et je pense, mélancoliquement, que la vie ne nous accordera plus
bien souvent de faire ces promenades, avant que la maison ne replie sur
nous ses ailes pour la nuit. Notre maison de Radès, je ne l’évoque
jamais sans être ému aux larmes. Elle est si lourde de souvenirs, si
pleine de songes où les images désolées et celles que la joie illumine —
plus rares hélas ! que les premières — sont unies si étroitement qu’elles
composent une harmonie amère et douce qui est comme la musique
même de son âme.
Petite maman, douce maman, maman patiente et résignée, maman
douloureuse et pleine de courage ! Sais-tu seulement que ton Jeannot
n’est pas sorti de tes jupes, qu’il ne sera jamais guéri de son enfance, et
que, quoi qu’il fasse, et où qu’il soit, tu es avec lui, non point comme
une image fugitive qui traverse en éclair la mémoire, mais comme l’air
qu’il respire, et sans lequel il mourrait étouffé ?
Comment vas-tu en ce printemps si semblable à l’été ? Comment
supportes-tu tout le travail de la maison ? Toutes les charges finissent
par retomber sur papa et sur toi. Après avoir trimé pendant plus de
cinquante ans vous aviez droit au repos, et nul de vos enfants n’a pu
encore vous l’assurer.
Mais, petite maman, tu es notre miracle secret. Car malgré tous les
travaux qui usent l’âme et le corps, Dieu t’a accordé la grâce la plus
rare : sous les rides et sous les cheveux blancs tu as gardé l’âme fraîche,

et une réserve de joie comme une source sous les roches jaillit de tes
yeux fatigués.
Si quelque poésie et quelque sentiment de l’art nous portent, Marie-
Louise et moi, c’est à toi que nous le devons. Tu nous as tout donné, tu
nous as transmis le message de notre terre et de nos morts. Mais ton
oeuvre n’est pas terminée, petite maman. Au moment où je commence
à entrevoir ce sur quoi doit porter mon effort principal, je fais encore
appel à toi. Il faut que tu rédiges tes souvenirs, sans choisir, au gré de
ton humeur, et de l’inspiration. Ce sera un grand effort. Mais songe, ma
petite maman, que tu ne dois pas laisser perdre ton enfance, et
l’expérience que tu as vécue en Kabylie. Un enseignement de grand prix
peut s’en dégager. Et ce sera pour moi un dépôt sacré. Je t’en supplie,
petite maman, prends en considération ma requête…
Petite maman, je t’embrasse tendrement.
Ton Jeannot.
(JEAN AMROUCHE.)

suite…

histoireebook.com

Dorénavant, le site histoireebook.com, demande une participation via le site TIPEEE.com

Israël-Arabie Saoudite : une alliance solide


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saudie-israel

Quand on dit que les Saoudiens et le wahhabisme sont les deux faces de la même fausse monnaie, on nous accuse de complotisme. Lorsqu’on dit que les Saoud sont des sabbataïstes qui n’ont rien à voir avec l’islam et qu’ils l’ont totalement dénaturé, on nous dit que l’islam est protégé, que personne ne peut l’altérer…. Quand on dit qu’ils ont financé et organisé le terrorisme daechiste dans le monde entier, on nous répond que ce ne sont que fadaises et billevesées…

En réalité, tout ce que l’on avance depuis 10 ans s’avère être exact à la virgule près, et maintenant que les cartes tombent sur la table et qu’ils découvrent leur jeu, vous pouvez le vérifier par vous-mêmes.


L’alliance entre Israël et l’Arabie Saoudite au Moyen-Orient continue d’évoluer rapidement au niveau de convergences géopolitiques, militaires et économiques.

Si, il y a seulement quelques mois, les premiers médias du Moyen Orient et de l’Europe ont commencé à évoquer des relations et des contacts entre les deux États, il est clair qu’il s’agit maintenant d’une véritable normalisation des relations entre Israël et les Saoudiens, mais aussi d’une alliance politique et militaires avec des réunions et des contacts plus fréquents.

La preuve de ce rapprochement entre les deux pays est liée, par exemple, à l’annonce du début des travaux de construction de l’ambassade saoudienne en Israël, probablement la plus grande et la plus importante à Tel-Aviv. Officiellement, les deux pays n’ont pas des relations diplomatiques depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948 (la Nakba) qui a entraîné l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs terres. Cependant, en 2005, par un accord formel entre le président américain George Bush (proche allié d’Israël et de sa politique coloniale) et le roi saoudien Fahd, la monarchie du Golfe s’est déclarée favorable à la reconnaissance officielle de l’Etat d’Israël. Depuis lors, selon de nombreux analystes, les convergences entre les deux pays se sont progressivement confirmées, jusqu’à la récente désignation comme futur ambassadeur d’Arabie Saoudite à Tel-Aviv du prince Walid Bin Talal.

Les déclarations du directeur saoudien du Centre d’études stratégiques du Moyen-Orient à Jeddah, Anwar Eshqi, laissent peu de doute.

Dans une interview avec le journal israélien Yediot Aharonot, l’ancien général a clairement déclaré que « la coopération entre Riyadh et Tel-Aviv contre leurs ennemis communs (l’Iran, la Syrie et le Hezbollah, ndlr) est arrivée à un tel point que l’État saoudien s’engage à encourager tous les pays arabes à normaliser leurs relations diplomatiques avec Israël ». La seule condition imposée par la monarchie saoudienne serait l’acceptation de la proposition de paix, présentée par les Saoudiens en 2016, au sujet des Territoires Occupés (Palestine et les plateaux du Golan). Une proposition qui a été modifiée, ou mieux, qui a été expurgée des clauses du droit de retour des milliers de réfugiés palestiniens dans leurs foyers et de celles pour le retour du plateau du Golan qui resterait sous administration israélienne. Eshqi a ajouté que « si le gouvernement Netanyahou accepte la proposition de paix arabe, l’Arabie Saoudite invitera Israël à participer à une confédération économique avec tous les pays de la région (pour la création d’une zone de libre-échange que les Saoudiens veulent créer sur l’île de Tiran cédée par le Général égyptien Al Sissi en 2016, avec la construction d’un pont sur la Mer Rouge reliant l’Asie au continent africain, ndlr) ». Sur le plan économique en effet, la presse israélienne rapporte que l’État saoudien et les Emirats ont signé des contrats de plusieurs centaines de millions de dollars avec Tel-Aviv précisément pour « fournir un soutien financier à l’économie israélienne.»

Sur le plan militaire, les convergences entre les deux pays ont des racines plus lointaines. Riyadh avait financé l’invasion israélienne du Liban en 2006, dans le but de détruire l’ennemi commun représenté par Hezbollah et par la résistance libanaise (Source AFP). Le soutien économique a été le même lors de l’opération militaire contre Gaza en 2008-2009, appelée « Plomb durci », parce que la résistance palestinienne n’était plus alignée aux directives saoudiennes. Ces dernières années, les accords de Vienne (entre le quintet Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie ainsi que Allemagne et Iran), l’influence croissante de la République iranienne, le changement de direction de l’administration Obama (avec une détérioration des relations entre les Etats-Unis et ses alliés traditionnels dans la région, les Saoudiens et les Israéliens) et, enfin, les difficultés à faire tomber le régime syrien de Assad Al Bachar, ennemi commun, ont amené inévitablement les deux pays à une alliance solide.

Au niveau militaire, l’État juif soutient, officiellement et officieusement, toutes les initiatives et les interventions de Riyadh.

Au Yémen, par exemple, le gouvernement israélien fournit des armes et un soutien logistique aux troupes saoudiennes qui combattent les chiites (Houti), ce qui entraîne le massacre des civils. Le même soutien, indirectement, s’opère contre les groupes djihadistes financés et soutenus par les Saoudiens en Syrie au point qu’un analyste israélien, Yossi Melman, a écrit dans le Jerusalem Post que « les groupes djihadistes comme Daesh ou Al Nusra ne sont pas une menace pour Israël parce que, depuis que ces groupes se sont installés dans la zone des hauteurs du Golan, ils ont toujours fait preuve de bonnes relations de voisinage avec Israël ». Le soutien logistique et médical des miliciens djihadistes protégés et soignés dans les hôpitaux israéliens a été documenté dans le passé par plusieurs journaux du Moyen-Orient.

Témoigne de cette coopération militaire bien établie la construction d’une base militaire dans le territoire saoudien dirigée par les troupes américaines et, pour la première fois, par l’armée israélienne. La base, qui a des systèmes de radar et de missiles sophistiqués, a été construite dans la région de Tabouk, dans le nord-ouest du royaume saoudien, et est devenue opérationnelle depuis novembre 2016. La nouvelle a été annoncée par le site israélien Hona et une parlementaire de la gauche sioniste du parti Meretz, Zahaava Gal-On s’est déclarée « désorientée par la décision prise par le Premier ministre Netanyahou parce qu’il placerait les officiels israéliens en première ligne contre les risques d’attaques terroristes des djihadistes en territoire saoudien « .

L’alliance entre ces deux pays apparaît donc de plus en plus forte et consolidée. Dans une perspective régionale, le plus préoccupant, en particulier pour la résistance libanaise et palestinienne, est le fait que la stabilisation des relations entre Israël et les puissances sunnites va permettre à Tel-Aviv de poursuivre tranquillement sa politique raciste et coloniale ou de frapper son ennemi avoué, le Hezbollah, sans trop de répercussions au niveau international. L’élection à Washington de Donald Trump, fidèle ami de Tel-Aviv, semble même soutenir la consolidation d’une telle alliance dans la lutte contre l’Iran. Les paroles menaçantes «je ne conseille à personne de nous provoquer ou nous tester» proférées par le ministre israélien de la Défense, le faucon et ultra-nationaliste Avigdor Lieberman, lors d’une visite à la frontière nord avec le Liban ne semblent malheureusement pas prononcées par hasard.


Stefano Mauro – Source : Investig’Action

Douce France-Porno politique : les cons cela osent tout…Par Master T


Douce France-Porno politique : les cons cela osent tout…
Par Master T

Le blog A Lupus un regard hagard sur Lécocomics et ses finances

Porno politique : les cons cela osent tout…Par Master T

Je pense que ces élections ont été révélatrices… apocalyptiques au sens propre du terme car révélatrices du message qu’elles nous envoient.


Comme je l’ai décrit à de nombreuses occasions nos maîtres (qui sont ceux aussi de Macron qui est littéralement leur GOLEM (1)) nous offrent dans le plus pur style télé-réalité une saison politique truffée de rebondissements. On a vu des primaires chaotiques ou les favoris s’effacent, un Fillon abattu en plein décollage électoral par un missile sortie vraisemblablement des tuyères de Bercy ou le PS a eu 5 ans pour préparer son attaque. En sursis, le PS, Hollande le suicidé et son « cabinet noir » balancent sur la place médiatique spécialisée dans les règlements de compte -le Canard enchaîné- une salve thermonucléaire ou on apprend que le vertueux Fillon faisait fonctionner sa petite entreprise familiale aux frais du…

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Humour GLACIAL


lelibrepenseur.org

Cydia

La microbiologie des sols


lelibrepenseur.org

par Claude Bourguignon

On ne se lasse jamais de voir les vidéos de Claude et Lydia Bourguignon nous parler des sols et de la vie extraordinairement riche et sophistiquée qui s’y développe lorsque la terre est respectée, lorsqu’elle n’est pas massacrée par des dizaines de produits chimiques toxiques et cancérigènes.


Ajoutée le 3 nov. 2014

Cet exposé rapide permet notamment de comprendre en quoi consiste un sol en bonne santé et de faire connaissance avec les différents acteurs qui favorisent l’homéostasie de la terre. Suivez le lien ci-dessous pour connaître le travail de Claude et Lydia Bourguignon: http://www.lams-21.com/artc/1/fr/

 

 

 

L’odeur du soufre et de la carpe farcie


J’aime écouter Alain Soral. Pourquoi ? Pour tout ce qu’il représente. Ce type est une énigme fascinante. Indéfinissable, car il n’est fini ni dans sa forme, ni dans son fond. En constante évolution, on pourrait supposer qu’il est en réalité une expérience à lui tout seul dirigé par un savant fou qui cherche à tester […]

via L’odeur du soufre et de la carpe farcie* —

« La révolution est notre seul espoir de salut »


Dr. Garry Potter. DR. English version Por traducir, haga clic derecho sobre el texto Per tradurre, cliccate a destra sul testo Um zu übersetzen, klicken Sie rechts auf den Text Щелкните правой кнопкой мыши на тексте, чтобы перевести Για να μεταφράσετε, κάντε δεξί κλικ στο κείμενο Mohsen Abdelmoumen : Quelle est votre analyse de la […]

via Dr. Garry Potter : « La révolution est notre seul espoir de salut ». — Algérie Résistance

Les islamophilistes français, idiots utiles du terrorisme islamiste


madaniya.info

PAR

FRANÇOIS BURGAT BURQA, LE BACHAGHA DE L’ISLAMOLOGIE NÉO-COLONIALISTE

Erhal Erhal Ya Burqa, Erhal Erhal bila Awdat : Parmi les grands naufragés de Syrie figurent les trois anciens résidents français de Damas, Pierre Vladimir Glassman, servant multicartes de la mission française en Syrie, François Burqa Burgat, son alter à l’ego surdimensionné, ainsi que Jean Pierre Filiu, dont ses révélations sur son chemin de Damas n’ont pas fini de provoquer en lui des déflagrations aux effets pervers.

Faux nez de l’administration, ils se porteront aux avants postes de l’offensive médiatique déployant un zèle omnidirectionnel pensant compenser ainsi leur mutisme sur les abus du pouvoir baasiste lors de leur immersion en pré-positionnement en Syrie. Ce trio d’intellectuels embedded fera long feu, démasqué et déconsidéré au grand dam de leur commanditaire.

Pierre Vladimir Glassman : Celui qui a été perçu dans les milieux progressistes arabes de Beyrouth comme le chiffreur de l’ambassade française en Syrie, -et désigné sous le sobriquet d’«Al Kazzaz», au choix «le vitrier ou le verrier»- sera par la suite animateur clandestin du site d’un «œil borgne sur la Syrie» de l’officieux journal du Quai d’Orsay le journal le Monde, sous le pseudonyme d’Ignace Leverrier. Il trépassera, l’été 2015 sans voir vu se réaliser son rêve, la chute du régime bassiste.

Le fonctionnement réticulaire du trio (Burqa, Leverrier, Filui) en synchronisation avec Thomas Pierret (Médiapart) fera du quatuor, les «tontons flingueurs» de la bureaucratie française, les drones tueurs de toute pensée dissidente, au mépris de la tradition de rigueur et d’objectivité scientifique de la recherche académique française.
Les sociétés connectées favorisent en effet l’épidémie du dénigrement et la culture de l’insulte.

Fébrile, vibrionnaire, l’ancien résident de Damas à la tête de l’Institut Français Pour le Proche Orient (IFPO), s’est arrogé, lui, le rôle de chef de meute des islamophilistes se vivant en Bachagha de l’islamologie néo-colonialiste.

Il a ainsi achevé une carrière, jadis prometteuse, par sa gratification du sobriquet de «Burqa-Burgat», glané sur le champ de bataille imaginaire de ses fantasmes, pour ses œillères idéologiques et sa déconfiture intellectuelle dans le décryptage des soulèvements arabes de l’hiver 2011.

Sa grille de lecture ressemble à une passoire de thé. Des impressions partielles et fugaces, des ajustements progressifs entre ses structures mentales personnelles et les structures sociales du champ social où il évolue. Ses automatismes de pensée l’enfermant dans des raisonnements déductifs et abstraits, qui débuchent sur une compulsion de répétition.

«Burga»… Un sobriquet dont il sera affligé ad vitam, d’autant plus cuisant que l’un des chefs de file du néo-islamisme, le tunisien Rached Al Ghannouchi, en adhérant au principe de réalité par l’abandon de l’Islam politique au profit d’une «démocratie musulmane», lâchera en rase campagne son outrancier thuriféraire à son triste sort, rendant caduques ses élucubrations qui lui valurent jadis leur pesant d’or.

Bénéficiaire d’une subvention de deux millions d’euros octroyée par le très atlantiste Conseil Européen des Relations Extérieures, le conférencier de l’Otan, en mission commando -en mission commanditée ?- se démènera comme un diable à l’ouverture des pourparlers de paix sur la Syrie, fin janvier 2016, pour discréditer l’opposition démocratique syrienne et valoriser ses amis djihadistes en une roue dentée de la diplomatie néo conservatrice française.

Assemblée Nationale (1), Sénat, RFI, le plus de l’Obs, tous, bien tous, -à l’exception du Conseil Constitutionnel et du Conseil d’État-, subiront la logorrhée de l’ancien résident de Damas, au point qu’au Palais Bourbon, des parlementaires affligés par sa sialorrhée quitteront la salle à la mi audience, laissant en pan ce paon de la pensée stratégique française. Ce dindon de la farce.

Indifférent aux malheurs de son pays, -dont il aura été grandement responsable par ses analyses fantaisistes-, sans craindre le ridicule, Burqa, agité d’une pensée diffluente, se répandra en complainte devant une commission parlementaire de son sobriquet. Confondant balourdise et humour, il fera valoir qu’à tout prendre il aurait préféré le sobriquet de Bucca, du nom du camp de prisonniers américain qui avait regroupé en Irak, entre 2003 et 2007, le noyau dirigeant du futur état islamique (Daech), suggérant par là sa préférence pour une identification à ce groupement terroriste.
Pathétique identification d’une pitoyable prestation. Une piteuse posture d’une imposture.

Jouissif comme Néron au spectacle de l’incendie de Rome, Burqa d’IREMAM, trônant sur son promontoire du Pharo, le compte en banque matelassé par des «primes d’expat», pourra désormais à loisir méditer, non sur les splendeurs du «Vieux Port» de Marseille, mais en «Idiot utile» du terrorisme islamiste, sur le champ de ruines que son narcissisme pervers aura infligé au Monde arabe, particulièrement les pays à structure républicaine.

Son programme «Wafaw», un programme de recherche sur l’autoritarisme dans le Monde arabe, aux analyses d’outre temps, prendra fin en 2017, augurant sinon d’une retraite anticipée à tout le moins d’une disgrâce. Malgré ses effets de manche, ses vitupérations, il quittera la scène vaincu et déconsidéré de tant d’excès. Dégagé bien avant son obsessionnel point fixe Bachar Al Assad.

La vieillesse, dans le cas de Burqa, est un naufrage. Et, dans le cas d’espèce, ce naufragé ne reposera pas en paix. La plus grande bonne volonté du monde ne lui épargnera pas un sort funeste. Rien n’y fait, rien n’y fera : En dépit des suppliques réitérées de ses partisans et l’intercession de ses détracteurs, l’œil était dans la tombe et regardait Caïn. Inexorablement, inéluctablement, immanquablement, l’œil sera dans la tombe et fixera Burqa.
Erhal Erhal Burqa, Erhal Erhal Bila Awdat.

Romain Abdallah Caillet Calimero, alias Colonel Salafi et ses anciennes connections avec le djihadisme

Si François Burgat a inondé la planète de ses jérémiades sur le sobriquet Burqa,- qui lui colle désormais en plein visage, comme le sparadrap sur le nez du Capitaine Haddock-, son disciple désormais renié par son démiurge, le djihadophiliste, Romain Abdallah Caillet Calimero, alias le Colonel Salafi, -son nom de conversion qu’il portait à sa fréquentation d’une mosquée salafiste du Caire- s’est symboliquement drapé, via son épouse, en Burqa, signant par là même et sa soumission au mimétisme ambiant et son indigence intellectuelle et son abdication idéologique.

Une insulte aux combats des femmes arabes à visage découvert contre leurs ennemis, de Leila Khaled et Dalal Moughrabi (Palestine) à Djamila Bouhired (Algérie).

Ci joint Abdallah Caillet-Calimero aux côtés de son épouse, d’origine marocaine, en Burqa, en promenade familiale sur la Corniche de Beyrouth portant dans ses bras un de ses enfants :

Dans une démarche destinée sans doute à masquer ses connections djihadistes anciennes, il se placera à l’avant garde de la curée anti-iranienne.

Il sera toutefois, curieusement mutique lors des honneurs militaires rendus au président Hassan Rouhani, début 2016, dans l’enceinte de la Cour des Invalides.

Une cérémonie dans l’une des plus prestigieuses places militaires françaises, en présence du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le grand vaincu de l’accord international sur le nucléaire iranien. Tout un symbole. Alors, Colonel Salafi : Laurent Fabius, agent iranien lui aussi ? Ou petit télégraphiste israélien ?

Sur ce lien, le procès verbal de l’audition d’Abdallah Caillet par la Sous Direction Anti terroriste (SDAT).

La publication de cette note a fait tarir la pépite d’or du consultant BFM TV. Au lendemain de cette divulgation, la chaîne se débarrassera de son «djihadologiste» en herbe désormais encombrant en raison du fait qu’il n’avait «pas jugé utile de lui préciser un certain nombre d’éléments importants de son passé, liés directement aux questions qu’il devait évoquer à l’antenne».

Fiche «S» en 2008 et boursier de l’état français pendant quatre ans (2011-2015)…

Fiché S, et néanmoins boursier de l’état et échapper en cette période ultra sensible de montée en puissance du djihadisme, à la vigilance du «fonctionnaire sécurité défense», l’officier supérieur français affecté habituellement au ministère de l’enseignement supérieur pour détecter les brebis galeuses ?

Et si Romain Caillet n’était finalement qu’un «poisson pilote» des services français, «à l’insu de son plein gré», opérant sous couverture académique de François Burqa dans le marécage djihadiste, dont les connections ont pu être reconstituées par le pistage des ses interlocuteurs sur les réseaux sociaux, à l’instar de son compère qatarologue Nabil EnNsari, opportunément reconverti dans la «dé-radicalisation» après soufflé sur les braises ?

Jeté en pâture après avoir été pressé tel un citron, à la manière de Mohammad Merah, le tueur de Toulouse et de Montauban (2012)?

Sauf à y déceler l’indice d’une complaisance coupable des pouvoirs publics, la question mérite d’être posée au vu de son parcours chaotique et de sa longue immunité et impunité. Si tel était le cas, gare au retour de bâton d’Al Qaida, dont «les dirigeants sont des ignorants», Abdallah Calimero dixit.

Signe de son grand respect des deniers publics d’un état en faillite, l’homme vivra cinq ans aux frais du contribuable français à Beyrouth, boursier du Quai d’Orsay, sur instigation de son mentor Burgat auprès de son ami Eric Chevallier, poulain du socialo sioniste Bernard Kouchner et ancien ambassadeur de France auprès de l’opposition syrienne off-shore.

Cinq ans à abreuver ses censeurs de ses injures, sans soutenir sa thèse doctorale. Sans la moindre interpellation de l’autorité de tutelle sur cette défaillance, ni sur ses répercussions financières sur les deniers public.

Sans le moindre rappel à l’ordre de la hiérarchie quant aux choix aléatoires du directeur de thèse. Son expulsion de Beyrouth, en 2015, constituera le point final de sa lévitation et de son magistère sur les gazouillis de la planète djihadiste, en même temps que la fin de l’imposture intellectuelle de ce djihadologue autoproclamé.

Le quatuor Burgat-Caillet-Pierret-Ennasri… une parfaite illustration de l’utilité du copinage, du mépris du contribuable et de l’irresponsabilité de la tutelle.

Le tableau serait plus complet avec l’adjonction de Vincent Geisser, en état d’épectase permanent devant son gourou nahdaouiste Mouncef Marzouki, le fossoyeur de la démocrate post dictature par son alliance contre nature avec Rached Ghannouchi, le chef de la branche tunisienne des Frères Musulmans, ainsi que Pierre Puchot, l’appendice beyrouthin du quatuor, la relève fumeuse de l’expulsé du Liban, Abdallah Cailllet, qui recommande de «relativiser l’importance du phénomène djihadiste» et dont l’ignorance crasse s’étale sur ce lien, sur le dos du contribuable français :

«En Syrie, Les djihadistes ne représenteraient que «10 à 15%» des combattants de la rébellion syrienne, selon le chercheur Romain Caillet (sic). Ils sont mieux entraînés, mais le rapport de force sur le terrain est en train de changer à l’avantage des laïques et islamistes modérés», soutient Pierre Puchot.

«Islamiste modéré»? Une spécificité française qui vire à la spéciosité en ce que la France est l’unique pays au Monde à pratiquer ce distinguo qui se veut subtil, indice patent de sa confusion mentale.

Chapeau l’artiste. Au rythme des âneries pareilles débitése à journées faites par ce quarteron d’«ex-pat», à l’abri du risque et du besoin, la décadence est assurée.

À croire que «les conseillers ne sont pas les payeurs». Pierre Puchot apparaît rétrospectivement comme une parfaite illustration de cette caste de bureaucrates intellectuels sans rapport avec les périlleuses réalités du terrain, à qui fait défaut le sentiment de leur insignifiance devant la gravité des périls qui fondent sur la Nation.

La rigueur morale commande à cette quintette de branquignoles de la pensée d’interroger les survivants des carnages de Charlie Hebdo et du Paris Bataclan, en 2015, et de Bruxelles et de Nice, en 2016, de même que les familles des victimes pour savoir si de tels arguties emportent leur adhésion ; si de tels arguments fallacieux développés depuis leur tour d’ivoire collective vaut quitus de leur malheur, alors qu’il serait plus sain d’admettre que la spirale de la terreur en France se terminera quand celle-ci cessera de se comporter en état-voyou.

BHL et le serment de Toubrouk

http://www.purepeople.com/media/bhl-laurent-fabius-et-bernard-kouchner_m655341
Dernier et non le moindre, BHL : «l’homme des ides de Mars», loin des rumeurs désobligeantes de la ville et des imprécations contre son auguste personne, médite sur son exploit rarement égalé d’avoir libéré les forces bridées du djihadisme tant en Syrie qu’en Libye, déblayant ainsi la voie à l’accès de l’État Islamique au flanc sud de l’Europe, projetant dans l’espace européen près d’un million de migrants faméliques vers un continent en crise systémique de son économie.

Le Malraux des temps modernes se voulait un homme de son temps, il s’est révélé un homme de l’Otan. L’homme de la guerre et de la paix est, en fait, un homme guère épais… Avec son «Serment de Toubrouk» en guise de cache misère.
Six ans après le soulèvement populaire arabe, la légende d’un mouvement spontané de révolte mené par des cyber-activistes est mise à mal. Elle tourne, par moments, à la mystification, voire à la supercherie en raison de leurs connexions anciennes avec leurs bailleurs de fonds opérant sous couvert d’ONG et l’intervention massive des agences de communications, notamment depuis Doubaï de la firme Saatchi and Saatchi, sous la houlette du libanais Élie Khoury, «spécialiste en stratégie des communications» et artisan de la «Révolution Orange» au Liban.

«Fron Confrontation to Containement» : Le rapport de la Rand coproration

Le premier à avoir mentionné un plan prémédité américain pour donner un coup de balai à la nomenklatura arabe et renouveler les autocrates gérontocrates a été Mohammad Djibril, ancien premier ministre de la période transitoire de Libye.
«La stratégie américaine, depuis 2007, a visé à confier la gestion de l’Islam politique aux Frères Musulmans afin que la confrérie assume le rôle de chef de file du courant se réclamant de l’Islam modéré». Elle s’est inspirée d’un rapport de la Rand corporation, qui avait pour nom de code «C-C» pour «From Confrontation to Containement», a-il assuré lors d’une interview à la presse arabe à l’occasion du 3e anniversaire de la chute de la dictature.

Volant au secours de la victoire, des intellectualoïdes (3), en fin de parcours, se sont ralliés à la bannière du néo-islamisme de la confrérie des Frères Musulmans, dont les pronostiqueurs annonçaient la victoire, dans l’espoir d’un pathétique rôle de gourou de la contre-révolution arabe.

Les dérives de leurs poulains vers le djihadisme planétaire, les mésalliances d’un Occident porteur de civilisation, la résistivité de certaines cibles de la stratégie atlantiste, Bachar Al Assad de Syrie, et les Houthistes au Yémen, le soutien résolu de l’Iran, de la Russie et du BRICS (Brésil, Inde, Chine, Afrique du sud) à leurs alliés régionaux, mettront en échec ce plan.

La fin du monopole des airs exercé depuis 70 ans par l’alliance atlantique.
La guerre de Syrie a brisé le monopole des airs détenus depuis la fin de la IIe Guerre mondiale (1939-1945), il y a 70 ans par l’Otan et son allié israélien, de même que la fin du leadership en Méditerranée, désormais sillonnée en permanence par les flottes russes et chinoises avec des facilités à Tartous (Syrie) et Mers El Kébir (Algérie), bouleversant la stratégie régionale au bénéfice du coupe moteur du BRICS.

L’Histoire retiendra, rétrospectivement, que Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, Laurent Fabius, BHL, Bernard Kouchner et Burqa-Burgat auront été les grands vaincus de la guerre de Syrie, entraînant la France dans leur naufrage moral signant par la même la déconfiture de la pensée stratégique française.

La Syrie, six ans après, se présente comme un vaste cimetière de la classe politico-médiatique française, un naufrage de l’ampleur du désastre de Trafalgar, à l’effet de marginaliser considérablement la France dans la gestion des affaires du monde.

L’anthropologie arabe devra un jour s’attacher prioritairement à décrypter les motivations profondes qui ont propulsé des militants communistes aux convictions solidement ancrées, allant jusqu’à leur incarcération, en «Fou du Roi», faire valoir des pétromonarchies les plus antinomiques à leur combat de vie. Et la psychiatrie arabe interpréter cette singulière prédisposition des bi-nationaux franco-syriens à se dévouer pour une fonction supplétive de deux pays (France-Turquie) à l’origine du démembrement de leur partie d’origine, Alexandrette (Syrie).

1- Audition de François Burqa Burgat à l’Assemblée Nationale française sur les moyens de Daech. Audition diffusée par LCP. Écouter à partir de la 48e minute ou il se plaint d’être qualifié de Burqa :

Réunion de la mission d’information sur les moyens de Daech et audition de François Burgat, directeur de recherche au CNRS et coordonnateur du (…)

http://archive.lcp.fr/emissions/travaux-de-l-assemblee/vod/178656-reunion-de-la-mission-d-information-sur-les-moyens-de-daech-et-audition-de-francois-burgat-directeur-de-recherche-au-cnrs

Pour aller plus loin sur ce personnage
Sur la déconfiture de la presse française

Les charlatans de la révolution syrienne par Bruno Gigue

2- Cf. à ce propos Haytham Manna, président de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme dans son ouvrage «La Résistance civile, contribution à l’auto-immunisation des sociétés» SIHR 2e édition 2015).

3- Intellectoïdale : L’intellectoïdale est à l’intellectuel ce que l’androïde est à l’être humain. Une vague ressemblance à l’extérieur, et, à l’intérieur, juste en fatras de câblage pré-programmes. François Burgat et BHL relèvent de la faune intellectoïdale, Noam Chomsky est, lui, un intellectuel.

Le 11 septembre a détruit les États-Unis d’Amérique


La Genèse des temps modernes ! Les masques sont tombés.

mondialisation.ca

Par Dr. Paul Craig Roberts

Les événements du 11 septembre 2001 ont changé le monde. Ils ont fourni l’alibi au gouvernement américain pour lancer des attaques militaires sur sept pays du Moyen-Orient, causant des pertes de civils se comptant en millions de morts et envoyant des vagues de réfugiés musulmans dans le monde occidental. Le gouvernement américain a gaspillé des milliards de dollars pour détruire ces pays et pour assassiner des femmes et des enfants, tandis que les infrastructures publiques aux États-Unis se sont détériorées, des maisons américaines ont été saisies et les besoins de santé américains ont été laissés sans surveillance. Le 11 septembre a également été  l’excuse pour la destruction de la protection prévue par la Constitution des États-Unis pour assurer la liberté du citoyen américain. Aujourd’hui, aucun Américain n’a plus la protection de ses libertés civiles que la Constitution garantit.

Le 11 septembre 2001, lorsqu’un voisin m’a appelé et m’a dit d’allumer la télévision, j’ai interrompu ce que je faisais et j’ai regardé la télévision. Ce que j’ai vu, c’est que les deux World Trade Center Towers avaient explosé. J’avais souvent apprécié de déjeuner dans le restaurant sur le toit d’une des tours de l’autre coté de la rue où j’avais mon bureau au Wall Street Journal.

Un minuscule et fragile avion de ligne en aluminium a frappé une grande tour en acier et un autre avion de ligne en aluminium a frappé l’autre. Il y avait des panaches oranges à l’extérieur des bâtiments. Ensuite, environ après une heure, moins dans un des cas, plus dans l’autre, les deux tours ont explosé étage par étage alors qu’elles tombaient sur elles-mêmes.

C’était précisément la façon dont les nouvelles ont décrit ce que je voyais. « Cela ressemble exactement à une démolition contrôlée », ont annoncé de nouvelles sources. Et en effet, c’était ça. En tant qu’étudiant en technologie de la Georgia Tech, j’avais assisté à une démolition contrôlée, et c’est ce que j’ai vu à la télévision, de même que c’est ce qu’ont vu les sources d’information.

Plus tard ce jour-là, Larry Silverstein, qui possédait ou détenait le bail du World Trade Center, a expliqué à la télévision, que l’effondrement en chute libre en fin d’après-midi du troisième gratte-ciel WTC, bâtiment 7, sur lui-même était une décision délibérée de « faire sauter » le bâtiment. « Faire sauter » est le terme utilisé par la démolition contrôlée pour décrire un bâtiment à détruire, câblé avec des explosifs. Le bâtiment 7 n’a pas été touché par un avion de ligne et n’a subi que des incendies de bureau mineurs et très limités. La déclaration de Silverstein a ensuite été corrigée par les autorités pour signifier que les pompiers avaient été retirés du bâtiment. Cependant, de nombreuses vidéos montrent que les pompiers étaient déjà sortis, l’un d’eux affirmant que le bâtiment allait être démoli.

Comme il n’y a aucun doute que le bâtiment 7 a été câblé pour la démolition, la question est : pourquoi ?

Parce que les Américains sont des gens insouciants et confiants en la bonté intrinsèque de leur pays, des années se sont écoulées avant même que les experts aient remarqué que l’histoire officielle était en contradiction totale avec les lois de la physique connues, était aussi en contradiction totale avec la façon dont les bâtiments s’effondrent suite à un dommage asymétrique, et que ces bâtiments n’auraient pas pu s’effondrer en étant touchés par des avions de ligne alors que qu’ils satisfaisaient à tous les exigences réglementaires pour résister aux collisions avec de tels avions. Beaucoup ne savaient même pas que le troisième gratte-ciel, le bâtiment 7, s’était aussi effondré.

Le professeur Steven E. Jones, professeur de physique à la BYU, a été le premier à s’apercevoir que l’histoire officielle était une pure fantaisie. Sa récompense pour avoir parlé a été de voir son contrat de travail annulé par la BYU. Beaucoup croient que c’est sous la pression du gouvernement fédéral, sous la menace que tout le soutien fédéral à BYU serait annulé à moins que Stephen Jones ne soit viré.

Cynthia McKinney, une femme noire qui représentait un district du Congrès de la Géorgie à la Chambre des représentants des États-Unis était soit beaucoup plus brillante, soit beaucoup plus courageuse que ses collègues blancs. Elle a soulevé des questions évidentes au sujet du 11 septembre, des questions demandant des réponses, et elle a perdu son siège.

Environ cinq ans après le 11 septembre, l’architecte de San Francisco, Richard Gage, a remarqué que les trois bâtiments du WTC n’étaient pas tombés conformément aux explications officielles. Il a formé un mouvement nommé Architectes et ingénieurs pour la vérité du 11 septembre (A&E for 9/11 Truth), qui compte environ 3 000 membres. Ce groupe comprend des architectes de haut niveau et des ingénieurs des structures qui sont réellement expérimentés dans la construction de gratte-ciel. En d’autres termes, ce sont des gens qui savent de quoi ils parlent.

Ces 3 000 experts ont déclaré que l’explication officielle de l’effondrement de trois gratte-ciels est en contradiction avec les lois de la physique, de l’architecture et de l’ingénierie structurelle connues.

En d’autres termes, l’explication officielle est totalement impossible. Seul un public non instruit et ignorant peut croire l’histoire officielle du 11 septembre. La population des États-Unis correspond à cette description.

A&E for 9/11 Truth a obtenu progressivement l’assentiment des architectes et des ingénieurs. Il est très difficile pour un architecte ou un ingénieur de soutenir la vérité, parce que la population américaine, et les sociétés de construction patriotiques dont les employés collent des drapeaux américains sur leurs camions ne veulent pas embaucher des architectes et des ingénieurs qui sont « les ennemis de l’Amérique alignés avec des terroristes arabes ». En Amérique, si vous dites la vérité, vous risquez de perdre vos clients et même votre vie.

Pensez maintenant aux physiciens. Combien de facultés de physique connaissez-vous qui ne dépendent pas des subventions fédérales, en général pour un travail lié au domaine militaire ? Il en va de même pour la chimie. Tout professeur de physique qui, devant le fait évident que l’histoire contrevient aux lois de la physique connues a contesté l’histoire officielle du 11 septembre, a mis en danger non seulement sa propre carrière, mais aussi les carrières de son département entier.

La vérité en Amérique est extrêmement coûteuse à exprimer. Elle a un prix élevé que presque personne ne peut se permettre de payer.

Nos maîtres le savent, et ils peuvent donc se passer de la vérité à volonté. En outre, tout expert assez courageux pour dire la vérité est facilement marqué comme un « théoricien de la conspiration ».

Qui vient à sa défense ? Pas ses collègues. Ils veulent s’en débarrasser aussi vite que possible. La vérité est une menace pour leur carrière. Ils ne peuvent pas se permettre d’être associés à la vérité. En Amérique, la vérité est un mot qui peut tuer votre carrière.

En Amérique, la vérité devient un synonyme d’« agent russe ». Seuls les agents russes disent la vérité, ce qui signifie que la vérité est un ennemi de l’Amérique. On prépare des listes de sites Web qui parlent de vérité au pouvoir en place et sont donc séditieux. Aux États-Unis, aujourd’hui, les gens peuvent mentir à volonté sans conséquence, mais il est mortel de dire la vérité.

Soutenons A&E for 9/11 Truth. Ce sont des personnes héroïques. Le 11 septembre a été l’excuse fabriquée de toutes pièces pour 16 ans de crimes de guerre des néo-conservateurs contre des millions de personnes, des peuples musulmans, dont le reste cherche maintenant refuge en Europe.

Les néo-conservateurs sont un petit nombre de personnes. Pas plus d’une douzaine tout au plus. Pourtant, ils ont utilisé l’Amérique pour tuer des millions de personnes. Et maintenant ils fomentent la guerre avec la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord. Le monde ne survivra jamais à une telle guerre.

Les Américains sont-ils si insouciants qu’ils resteront à regarder ailleurs alors qu’une douzaine de néo-conservateurs sont prêt à détruire le monde ?

Paul Craig Roberts

Article original en anglais :

9/11 Destroyed America

 

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Michèle pour le Saker Francophone

Le désir de la guerre s’impose en Occident !


Par Jean-Yves Jézéquel

mondialisation.ca

Les médias, comme un essaim d’abeilles qui s’agglutine, suspendu à une branche morte, entourent leur reine : Emmanuel Macron, afin de la protéger de toutes parts des attaques et du danger venus de « l’inconscience du peuple ».

Macron est « un homme libre et indépendant », répètent-ils à volonté, mais le gamin refuse la publication des noms de ses sponsors financiers qui ont porté sa campagne électorale. D’ailleurs, cette campagne s’est déroulée dans un confort hallucinant de moyens sortis de son chapeau de magicien !

Il serait plus juste de dire qu’il est plutôt la marionnette d’un spectacle pitoyable donné au peuple français par une caste d’oligarques qui n’a plus aucun complexe dans l’expression de son mépris pour le peuple, du moment que ce dernier comprenne bien que c’est elle, la caste au pouvoir, qui fait la pluie et le beau temps à sa guise en se moquant éperdument de la revendication démocratique! La démocratie n’est plus d’actualité, ces gens là la nie même ouvertement et ne s’encombrent plus l’esprit à dissimuler un langage et un point de vue devenus ouvertement intolérants, adressés au plus grand nombre en lui donnant le seul droit de se taire et de se soumettre.

Macron, candidat « anti-système » est déjà sur le perron de l’Elysée à la demande des seigneurs de la haute finance. Puis, ce sont les Attali, Minc, BHL, et les milliardaires détenant l’essentiel de nos grands medias, qui ont transporté du jour au lendemain ce dauphin du capitalisme parasitaire financier, sur le siège de la monarchie absolue du royaume de France rétabli, à l’occasion ! Les oligarques étaient avant tout soucieux de soigner leur place de courtisans privilégiés du jeune roi, porté sur le trône de France, par la nouvelle noblesse du monde de l’aristocratie ultra libérale et prédatrice de cette cour de la corruption et des privilèges rétablis. Le roi Macron 1er est le fils ou le clone du roi Hollande 1er : il est le successeur légitime du trône, puisqu’il a déjà été l’un des principaux artisans de la politique désastreuse de Hollande 1er.

Il s’agissait donc d’assurer une « belle continuité » entre le règne précédent et le règne suivant.

Un bilan économique désastreux

Du 15 mai 2012 au 15 juillet 2014, Macron était Secrétaire général de l’Elysée ; il était chef du pôle Economie et finance. Du 26 août 2014 au 30 août 2016, il devint ministre de l’Economie et de l’industrie.

En mai 2012, la France comptait moins de 5 millions de chômeurs toutes catégories confondues. En août 2016, on pouvait compter 11 millions de personnes sans ressources! Aux 6,5 millions de chômeurs, il fallait ajouter plus de 5 millions d’exclus des statistiques.

Quant à la dette publique, elle passait de 1800 milliards d’euros à plus de 2200 milliards d’euros en août 2016. Les impôts explosaient de 900 milliards d’euros par an à 1000 milliards d’euros par an dès août 2016.

63 081 entreprises faisaient faillite en 2015. En 2016, dans l’agriculture, la sylviculture et la pêche, le nombre de faillites augmentait de 4,5 %, passant de 1365 mises en liquidation fin 2015 à 1427 fin 2016 !

Macron était donc déjà « en marche » arrière pour l’application de son programme !

C’est lui qui se chargeait de solder le meilleur du patrimoine industriel français.

Il bradait l’aéroport de Toulouse-Blagnac, de Nice- Côte d’Azur, de Lyon… des lignes d’autobus.

Il exaltait le travail du dimanche et de nuit ! Il limitait le rôle des prud’hommes et dézinguait le code du travail. Il a même déréglementé la profession des notaires ! L’industrie de l’armement et des aéroports est passée dans des mains privées.

Macron, c’est moins d’Etat, moins de protection sociale, moins de droits syndicaux, moins de règles pour les entreprises, moins de contrôle public, moins de souveraineté, moins d’indépendance, plus de vulnérabilité face aux multinationales américaines qui attendent impatiemment que leur missionnaire, à l’œuvre en France, en bon cheval de Troie qu’il est, leur ouvre grand les portes du pillage annoncé !

Ce grand bon de « la marche arrière » de Macron, témoigne d’une aggravation de la situation économique et sociale de la France, car ce qui est recherché c’est la richesse du sérail des privilégiés du système, pas celle du peuple qui peut se contenter de ce qu’il a ! En prétendant « libérer le travail », nous savons déjà ce que cela signifie puisque la loi « Valls/El-Khomri/Macron » nous a déjà été infligée ! Et pourquoi ne serait-il pas tenté, comme son père Hollande, de jouir tout seul dans son coin en caressant l’organe de la toute-puissance, l’instrument phallique du 49-3, pour un orgasme politique absolu?!

Le Macron « patriote et défenseur des croyants » nous inflige ses fables et se permet une arrogance décomplexée…

Avec lui, on est certain de voir venir très rapidement le TAFTA /TTIP qui placerait l’Etat Français et les entreprises françaises sous la loi des « tribunaux d’arbitrage », donnant systématiquement raison aux multinationales américaines, puisque ces traités sont faits pour elles !

Avec Macron, c’est l’UE totalitaire qui fera définitivement la loi sur toute la vie locale et nationale de la France. Avec ce nouveau roi de France, il faudra se soumettre encore plus à l’OTAN, c’est-à-dire, entrer plus loin dans la vassalité à « l’imperator et dictator, pantocrator et basileus rex » de l’Empire, infiniment désireux de plus de guerre, de plus de feu, de plus de sang, de plus de saccage et de plus d’esclaves à son service, pour le triomphe de l’aigle prédateur des nations! Il maintient et défend sans sourciller ce mensonge que « les Russes nous provoquent » alors que tout le monde sait que l’OTAN provoque les Russes et veut à tout prix la guerre avec la Russie…

Le jeune roi a déclaré « qu’il n’y a pas de culture française »! C’est un imposteur…

Dans son programme on peut lire : « Réduction des dépenses publiques » : 50 milliards d’économie comme contrepartie du « pacte de responsabilité ». Par expérience, nous savons, lorsqu’on ne vient pas de naître et qu’on a fini de porter des couches, que toucher aux dépenses publiques a toujours conduit tout droit à la récession économique.

Il faut redéfinir « la portée de l’action des pouvoirs publics ». Traduction en clair : privatiser à tours de bras, brader, solder, piller, détruire notre système de santé et l’ensemble des services publics qui assurent l’efficacité du modèle social français.

Il faut organiser « d’importantes économies à court terme, économies qui ne peuvent être réalisées sans une réduction significative de l’augmentation des dépenses de sécurité sociale».

Traduction en clair : baisse massive des remboursements de santé et privatisation subtile de la Sécurité sociale par le débridage des mutuelles privées. Puis, hausse de l’âge de départ à la retraite et des annuités cotisées; gel du montant des pensions ; appauvrissement galopant de millions de Français venant rejoindre la cohorte des 9 millions de personnes vivant déjà sous le seuil de pauvreté. Quant au chômage, ce qui est prévu par le roi Macron 1er, c’est la « dégressivité des allocations »! C’est un autre contingent de maltraités par l’idéologie esclavagiste de l’Empire du couchant qu’il faudra ajouter à tous les autres « déportés » du système dans le camp de l’extermination programmée!

Il faut « Simplifier les différents échelons administratifs » : il n’est pas question de clarifier les lourdeurs bureaucratiques, mais d’écarter les citoyens des pôles de décision. Il s’agit en clair de liquider la République Française en restaurant la monarchie absolue mais vassalisée à l’impérialisme des USA.

Sur le coût du travail, « il convient que le salaire minimum continue d’évoluer d’une manière propice à la compétitivité et à la création d’emplois » : en clair, bloquer le SMIC et aller vers sa suppression pure et simple.

«Une attention particulière devrait être accordée aux dispositions réglementaires du Code du travail ou aux règles comptables liées aux seuils spécifiques en matière d’effectifs, qui entravent la croissance des entreprises françaises ».

Traduction en clair: il faut libérer la « liberté d’exploitation » par le grand patronat! C’est la loi El-Khomri. Le grand patronat, (le petit patronat n’est pas concerné par cette politique du mépris), est tellement fier des valeurs de la République, qu’il ne veut pas des conquêtes sociales pour le peuple, qu’il ne veut pas d’un haut niveau de qualification des ouvriers, car ce qui compte c’est la main-d’œuvre à bon marché, c’est la disparition du syndicalisme.

Avec les Sarkozy et Hollande qui se sont jetés dans des guerres illégales et meurtrières, nous devons maintenant nous attendre à encaisser un choc de « trois millions de personnes supplémentaires qui devraient arriver prochainement dans l’Union européenne», du fait de ces guerres insensées et criminelles sur les peuples Lybien, Syrien, et Sub-Sahariens…

Il faut « Accroître la souplesse des conditions de travail en cas de difficultés économiques provisoires ».

Traduction en clair: poursuivre la démolition systématique des contrats de travail CDI et installer les statuts précaires.

Il faut « qu’une majorité reste confrontée à d’importantes barrières à l’entrée ou à l’exercice » selon les directives des traités de l’UE : les taxis, secteur de santé, notaires et les professions juridiques en général…

« Les tarifs réglementés restent d’application pour les ménages et, en ce qui concerne l’électricité, ils sont fixés en-dessous des niveaux de coûts et l’accès pour les autres fournisseurs est limité.»

Traduction en clair: les tarifs EDF vont être revus à la hausse et sa privatisation accomplie. Ce qui aura pour effet assuré, une totale libéralisation de ce marché avec une flambée du coût de l’électricité et la pénalisation automatique des millions de pauvres déjà survivants de ce système mis volontairement en place pour les achever.

« Dans le secteur ferroviaire, des barrières à l’entrée continuent d’entraver le bon fonctionnement du marché ».

Traduction en clair: la privatisation de la SNCF et sa mise en concurrence forcée sont absolument obligatoires. On connaît déjà les dégâts que la privatisation partielle de la SNCF a répandus, les actionnaires des sociétés privées trouvant trop coûteux les investissements nécessaires pour un bon fonctionnement du réseau. C’est donc un délabrement progressif qui va advenir comme ce fut le cas en Grande Bretagne qui faisait ce triste constat après la privatisation de ses chemins de fer. L’idéologie ultra libérale c’est l’argent rapide avant tout, le profit ici et maintenant tout de suite et « après c’est le déluge » on en a rien à foutre !

Quant à l’écologie ! « C’est quoi ce truc là, s’interrogerait Macron ? Ah bon ! Il y a un changement climatique ? Le niveau des Océans est entrain de monter ? Il y a des réfugiés climatiques qui arrivent ? Mais en quoi tout cela me concerne, moi Macron : s’il fait trop chaud j’ai la clim et je peux aussi tomber la veste de mon costard pour trôner en chemise blanche à boutons de manchettes ! »

Voilà le programme du roi Macron 1er.

CONCLUSION : La fin du contrat social français et la guerre

Nous allons, tambours battants vers la dislocation du contrat social français et la guerre contre la Fédération de Russie.

Nous avons déjà expliqué, dans un article précédent, que l’objectif de la stratégie du camp Macron était de mettre François Fillon hors jeu en ménageant scrupuleusement Marine Le Pen. Le report massif aurait lieu ensuite sur le dauphin du roi Hollande et de sa bande de criminels bellicistes, tortionnaires du peuple Syrien via les criminels de Daech qu’ils soutiennent en les félicitant pour avoir« fait du bon boulot en Syrie » et pour être « les seuls qui ont un sens de la démocratie en Syrie ».

Quant à Benoît Hamon faisant campagne sous les couleurs du camp « socialiste », il est clair que son rôle était bien de torpiller le camp Mélenchon devenu trop fort. La diabolisation du Front national pouvait donc reprendre à cœur joie, entre les deux tours. Même l’UE est venue à la rescousse pour aggraver le sort de Marine Le Pen et dissuader les Français de voter pour elle. Voilà comment se fera l’intronisation du roi Macron 1er sur le trône de France.

Jacques Sapir écrivait : «… la candidature d’Emmanuel Macron précède le programme, alors que la logique imposerait l’inverse. Car, se présenter à l’élection présidentielle, ce n’est pas rien, même si ce n’est que pour briguer le poste de gouverneur d’une France soumise à l’Allemagne (et aux USA). On attend d’un candidat un programme et une vision, qui ne se limite pas à des effets de manche dans des salles de réunions et devant des auditoires conquis d’avance. On attend du fond ; et le fond ici, contrairement à la fable du laboureur et de ses enfants, c’est bien ce qui manque le plus.»

La victoire de Macron, c’est ce qui va entraîner la France dans l’aggravation de la situation économique et financière du pays par la poursuite de la politique de déréglementation et de privatisation avec pour conséquence une précarisation sociale sans précédent.

Macron est un ancien collaborateur du criminel François Hollande face au droit international. Macron s’est déclaré favorable à la guerre contre la Syrie et a pris position contre la Fédération de Russie. Mais « que peut faire d’autre un candidat de la grande finance apatride alors que les milieux atlantistes de Washington et de Bruxelles cherchent à provoquer un nouveau conflit majeur pour effacer leur endettement et sauver leur système en crise ? » s’interrogeait le journaliste d’investigation, Jean-Loup Izambert.

Les 23% de Français qui ont voté Macron, c’est-à-dire une minorité de Français, sont inconscients de la catastrophe qu’ils ont d’ores et déjà joyeusement cautionnée pour le malheur de tous!

Nous allons donc nous opposer de toutes nos forces à ce dauphin du système et l’empêcher de gouverner, en rétablissant la République, si par malheur il était placé par une minorité d’inconscients sur le trône de France. De toute façon, vu le choix qui nous reste, la conjoncture électorale nous prédit le chaos quoi qu’il arrive! Courage, Françaises, Français, le peuple a toujours le dernier mot, même si la « conversation » paraît longue !

Jean-Yves Jézéquel

Le dimanche 30 avril 2017

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