La lumière inextinguible de Jacques Attali


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El Quixot (1979), Gravat, Joan Ponç

par Lotfi Hadjiat

Mesdames, Messieurs, oubliez les grands moments de l’histoire de la logique, l’Organon d’Aristote, les Éléments d’Euclide, la logique transcendentale de Kant (et pas « transcendentaire », comme me le disait l’autre jour Luc Ferry), oubliez les Recherches logiques de Husserl, oubliez Frege, Peirce, Carnap, Russel, Cantor, Gödel, ne vous emmerdez pas à lire L’axiomatique de Robert Blanché ou à comprendre le théorème de Zermelo, la révolution logique qui arrive est tellement inouïe que la révolution néolithique à côté est un gribouillis d’enfant. Laissez-moi vous tracer les grandes lignes de cette nouvelle logique qui se dessine et qui, j’en suis sûr, émancipera l’humanité définitivement.

Cette nouvelle logique apparut en novembre 1945 au tribunal de Nuremberg par l’abolition pure et simple du principe de contradiction, principe formulé par Aristote dans le chapitre 3 du Livre Gamma de sa Métaphysique, principe qui dit ceci : « Il est impossible qu’un même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps et sous le même rapport à une même chose ».

Premier exemple d’application de cette abolition : les Juifs marxistes bolcheviques qui ont massacré des millions de Russes au siècle dernier n’étaient pas Juifs, parce que athées ; dans le même temps, les Juifs marxistes athées morts dans les camps nazis étaient juifs, parce que victimes.
Second exemple : Les escrocs juifs ne sont pas juifs, parce que escroc ne peut être juif ; dans le même temps, tous les artistes juifs sont des génies parce que juifs.
Troisième exemple : les coupables juifs ne sont pas vraiment coupables car il faut tenir compte de la souffrance millénaire des Juifs, dans le même temps les Allemands sont éternellement coupables et doivent payer éternellement.
Quatrième exemple : Jésus-Christ n’était pas un prophète juif, il eut tord de chasser les usuriers Israélites du temple juif ; Moïse était un prophète juif, il eut raison de faire massacrer les Israélites qui célébraient le Veau d’or.
Cinquième exemple : quand Hitler interdit les mariages entre Juifs et Goyim c’est le mal absolu ; et quand Israël interdit les mariages entre Juifs et Goyim c’est le bien absolu. Variante : quand des nazis tuent des enfants juifs c’est le mal absolu ; et quand des israéliens tuent des enfants palestiniens c’est le bien absolu.
Sixième exemple : un Juif talmudiste raciste explicite ne doit susciter aucune indignation ; dans le même temps, un blanc européen raciste non-explicite doit susciter toute l’indignation.

Jan Lukasiewicz voyait dans le principe de contradiction d’Aristote un fondement éthique. Certes, on pourrait penser logiquement que l’abolition du principe de contradiction ouvre la voie à l’immoralité la plus sordide, mais cette manière de penser relève de l’ancienne logique, mesdames et messieurs. Désormais avec la nouvelle logique, il n’y a plus de contradiction morale, nous ne sommes pas seulement émancipés de la moralité, nous sommes aussi émancipés de l’immoralité, et ça c’est bien, c’est le bonheur suprême. Remercions l’élite juive de nous avoir émancipé des contradictions morales. Nous n’oublierons jamais « l’altruisme intéressé » de l’honorable Jacques Attali, qui prête aimablement de l’argent avec intérêts à des enfants des rues, et qui nous a sortis de l’obscurantisme moral où nous étions ; dans notre ignorance terrible nous donnions à notre conscience une direction morale, Attali nous a appris à prêter à notre conscience une direction morale, à prêter à usure à notre conscience. L’usure morale, voilà la lumière inextinguible que nous lui devons éternellement.