PRÉCIS DE NATUROTHÉRAPIE


histoireebook.com

Résultat de recherche d'images pour "PRÉCIS DE NATUROTHÉRAPIE" Résultat de recherche d'images pour "PRÉCIS DE NATUROTHÉRAPIE"

Auteur : Dr Baugé-Prévost Jacques
Ouvrage : Précis de naturothérapie – LETTRES DE NOBLESSE
DE LA MÉDEClNE NATURELLE

Année : 1983

 

INTRODUCTION

La médecine est à la fois une et multiple. Ses nombreuses
manifestations diffèrent selon la race, le milieu ,
le temps, le tempérament, la régression , l’intérêt, l’évolution
ou la culture. Ce que l’on appelle « découverte » n’est
le plus souvent qu’une « redécouverte ». Beaucoup de
choses oubliées ou interdites renaissent. Leur rénovation à
caractère scientifique est la marque du progrès.
Or, sous les cieux et bien au -delà, il y a autre chose de
tout à fait nouveau. Pour ceux que cela intéresse, rappelons
d’abord comment le Dieu de la Bible accablait Job.

Qui est celui qui obscurcit mes desseins
Par des discours sans intelligence?
Ceins tes reins comme un vaillant homme.
Je t’interrogerai, et tu m ‘instruiras.
As-tu pénétré jusqu’aux sources de la mer?
T’es-tu promené dans les profondeurs de l’abîme?
Les portes de la mort t’ont -elles été ouvertes?
As-tu embrassé du regard l’étendue de la terre?
Parle, si tu sais toutes ces choses.
Qui a ouvert un passage à la pluie?
Et tracé la route de l’éclair et du tonnerre?
Connais-tu les lois du ciel?
– Job 38

Oui, après bien des détours, les Terriens ont relevé tous
les défis de Yahvé. La science s’empresse de découvrir des
avenues nouvelles et de résoudre des énigmes qui n’ont
aucun point de comparaison avec le passé. La connaissance
et la compréhension de la nature humaine ont considérablement
évolué. Représentants et représentantes de notre
espèce savent maintenant qui ils sont, d’où ils viennent et
où ils vont. Ce même savoir pourrait nous permettre de

réduire au minimum le nombre toujours grandissant de
pillages et de pollutions, risques d’ailleurs inhérents à tout
progrès scientifique ou simplement humain. Croître au
milieu des dangers, telle est la loi de notre évolution, tel
sera aussi notre destin futur.
Nous sommes les héritiers de milliers de générations.
Quand notre regard s’est reposé longtemps sur le passé
duquel est sorti, au prix de tant d’efforts, le présent, on se
rend compte que l’avenir doit s’édifier par le travail et porter
notre empreinte, et qu’il faut tout prévoir et préparer
avec une ardeur inquiète. Quand il s’agit d’histoire, comprendre
signifie: voir surgir le présent des résolutions du
passé. C’est là seulement que nous trouvons le fil conducteur
indispensable à notre jugement.
Des forces économiques nous ont été léguées, nous
avons hérité d’une multitude de traditions, techniques et
connaissances, nous sommes fabriqués d’erreurs, de vérités,
d’idéals, de superstitions et de crimes. De ces éléments,
plusieurs ont si bien passé dans notre chair que nous ne
concevons pas d’existence possible sans eux; d’autres se
sont étiolés qui promettaient beaucoup; d’autres encore
ont atteint en quelques années un développement si prodigieux
qu’ils paraissent hors de proportion avec la vie de
l’ensemble. Ainsi les voyages dans l’espace. Bien que les
racines de ces nouvelles merveilles plongent dans les siècles
oubliés, leur éclosion fantastique semble tenir du miracle
ou, si l’on préfère, d’une haute magie. Mais avant tout,
nous avons hérité des gènes, des cerveaux et des corps par
quoi et en quoi nous vivons. « Connais-toi toi-même »,
disait la sagesse des mystères antiques gravée au fronton du
temple de Delphes. Quiconque prend ce précepte au sérieux
reconnaîtra bientôt qu’il doit « devenir quelqu’un »
au-delà de lui-même, c’est-à-dire créer, participer à la vie
des idées, s’engager dans une cause commune, ou bien
dégénérer.
Dans notre culture occidentale, la médecine s’est tracé
trois grands itinéraires. Il convient de laisser au passé certaines
des idées et pratiques anciennes. Mais à côté d’elles,

on relève une attitude de pensée et une thérapeutique qui
gardent une valeur permanente dans la Naturothérapie
moderne.
Un premier courant médical nous fait remonter à Hippocrate.
La Grèce antique s’intéressait davantage à la santé
qu’à la maladie. La déesse Hygie était la gardienne de la
santé intégrale et symbolisait la croyance selon laquelle la
santé est une chose naturelle et un attribut positif de tout
être humain qui vit raisonnablement. D’après cette conception,
la fonction principale de la Naturothérapie est de
re-découvrir et d’enseigner les lois de la Nature qui assureront
à l’homme un esprit sain dans un corps sain.
Tout comme le culte d’Hygie idéalisait le mode de vie
des anciens Grecs, le grand naturothérapeute Hippocrate
accordait une place importante aux moyens que la nature a
mis gracieusement à la disposition de l’Homme: le soleil,
l’air, l’eau, l’exercice, le repos et l’alimentation. Pour Hippocrate,
la maladie était le résultat de la violation des lois
naturelles. Il croyait que le corps malade déclenche luimême
le mécanisme des forces naturelles qui s’appliquent à
rétablir l’équilibre rompu et la santé. Le thérapeute doit
profiter de cette tendance naturelle à guérir. C’est parce
que le naturothérapeute admet ces principes qu’il est avant
tout un hygiéniste.
« Si tu es malade, disait Hippocrate, recherche d’abord
ce que tu as fait pour le devenir. » Conséquemment à la
doctrine, cette thérapeutique s’appliquait à réformer la
conduite du malade en faisant le contraire de ce qu’il avait
fait pour se rendre malade. Il ne s’agissait pas, en réalité, de
« guérir » dans le sens que les charlatans de tout poil donnent
à ce mot, mais bien plutôt d’apprendre à se guérir soimême.
Hippocrate fut à ce titre le père du naturisme, tandis
qu’Esculape représentait la médecine symptomatique.
Bien que l’on accorde au Maître de l’île de Cos le fait
d’avoir soustrait le naturisme aux superstitions religieuses,
il n’était pas question de le dissocier de la spiritualité. Dans
les instituts fondés par Pythagore duquel Hippocrate était
l’un des continuateurs, science, culture physique et religion

tendaient à former des individus aussi complets que possible.
On y pratiquait la prière, la méditation et l’initiation.
Cet accomplissement de la perfection du corporel à celle
du spirituel se retrouvait aussi dans les anciennes Olympiades,
instituées originellement pour le rétablissement de
la santé publique.
Continuateurs des anciens Grecs mais à un degré moindre,
les Romains personnifiaient la défense de la santé par
Minerva Medica, déesse aux qualités viriles tout en étant
naturellement féministe, qui soignait les malades sous le
signe de son bois sacré. Dans la Rome montante, les médecins
se faisaient rares. À son déclin, ils étaient devenus si
puissants qu’ils constituaient un fardeau public.
Néanmoins, l’éducation indispensable inspirée par la
jeune et belle Hygie a mené à quelques démesures. Elles
consistent à croire que la nature auto-guérisseuse n’a
jamais besoin d’être aidée, que toute maladie découle
uniquement de la violation d’une ou de plusieurs règles
d’hygiène, que la guérison résulte automatiquement de la
suppression des causes nuisibles et que l’hygiène naturelle
conduit infailliblement à un état paradisiaque.
Un deuxième courant médical nous mène à une subordination
de la logique au sentiment intuitif. De là la série
nombreuse et variée des conceptions mystico-naturistes
qui commencent avec François d’Assise (1182-1226). Peu
d’esprits se sont autant identifiés à un respect de la nature.
Considérant toutes choses, . vivantes ou inanimées, comme
les membres d’une même famille, il a ouvert le chemin à la
sagesse écologique.
Son « Cantique au Soleil » témoigne d’une vision globale
peu commune à l’époque. Le voici exprimé en de simples
mots et aux accents proprement poétiques:

« Très-Haut, Tout-Puissant et Tout-Bon Seigneur,
À Toi sont les louanges, la gloire, et l’honneur, et toute
bénédiction,
À Toi seul, Très-Haut, ils conviennent,
Et nul homme n’est digne de nommer ton nom.

Loué sois-Tu, Monseigneur, avec toutes tes créatures,
Et tout spécialement Messire Frère Soleil,
Qui nous donne le jour et par qui tu nous illumines,
Et qui est beau et rayonnant, et qui, avec sa grande
splendeur,
De Toi, Très-Haut, nous porte signification.
Loué sois-Tu, Monseigneur, pour soeur Lune et les
Étoiles,
Que Tu as formées dans le ciel, claires et précieuses et
belles.
Loué sois-Tu, Monseigneur, pour frère Vent,
Et pour l’air, et les nuages, et le serein et tous les temps,
Par lesquels aux tiennes créatures Tu donnes soutien.
Loué sois -Tu, Monseigneur, pour soeur Eau,
Qui est moult utile, et humble, et précieuse, et chaste.
Loué sois-Tu, Monseigneur, pour frère Feu,
Au moyen duquel Tu enlumines la nuit,
Et qui est beau, et joyeux, et robuste, et fort .
Loué sois-Tu, Monseigneur, pour soeur notre mère
Terre,
Qui nous entretient et nous soutient
Et p.r.o duit les divers fruits, et les fleurs colorées, et les
prairies.
Louez et bénissez Monseigneur et lui rendez grâces
Et le servez avec grande humilité. »

Nonobstant une compassion qui l’a parfois porté à des
extrêmes, envers lui-même comme envers les autres, les
relations d’aide que François d’Assise établissait auprès
des malades étaient empreintes de compréhension et de
respect chaleureux, gage d’une personnalité authentique
et dévouée. Soulager les souffrances morales et physiques
ne faisait -il pas partie intégrante de la mission d’un disciple
de Jésus!
Tous les champions d’une véritable spiritualité de la
nature reçurent une impulsion vitale de François d’Assise.
On se souviendra qu’il fut le fondateur d’un Ordre qui
compta parmi ses membres Roger Bacon ( 1204-1294 ),

Duns Scot (1266-1308) et Guillaume d’Ockham (1300-
1350), tous trois dotés d’un audacieux instinct de recherche
et doués de grandes capacités philosophiques. Le
moine anglais Bacon, surnommé le Docteur admirable, prévoyait
l’union de la science et de la religion. Ce qui importait
pour ces Franciscains, c’était de placer la volonté au
centre de la religion, par opposition à une adhésion forcée,
sentimentale, calculée ou purement intellectuelle. Continuer
la création et se hisser jusqu’à Dieu, telle était leur
oeuvre maîtresse.
Il importe de souligner que le comportement de François
est une réaction vivante contre le despotisme clérical.
Alors que la caste sacerdotale lui prescrit des voies déterminées
qui doivent mener seules au salut, il suit son propre
chemin et, en personne libre, se lie directement avec son
Dieu. Il est à peine besoin de le faire observer: entre cette
liberté personnelle et la « terreur frissonnante » qui, d’après
le père des Jésuites, Ignace de Loyola, fait l’âme de la
religion, se trouve un abîme. « Aucune religion qui se fonde
sur la peur n’est respectée parmi ceux qui, de l’obscurité,
s’efforcent vers la lumière », dira un jour Goethe.
Pour vaincre cette peur, il a fallu extirper de la nature
humaine ce mépris que l’Église d’orientation judéo-chrétienne
a entretenu au cours des siècles, par sa doctrine de
l’homme déchu. La circoncision (mutilation qui se perd
dans la nuit des temps africains), marquait la sujétion du
mâle à Yahvé. Quant à la femme, l’assimilation de tout son
être à un état d’impureté, voire au péché, exigeait, lors de
ses périodes menstruelles, des rites allant de l’isolement
total jusqu ‘aux sacrifices d’expiation et à l’holocauste
d’animaux.
Dès le 2e siècle, le zélé Tertullien donne le ton à de
nombreux propos à venir: « Femme, tu devrais toujours
porter le deuil, être couverte de haillons et abîmée dans la
pénitence, afin de racheter la faute d’avoir perdu le genre
humain. Femme, tu es la porte du diable. C’est toi qui as
touché à l’arbre de Satan et qui, la première, as violé la loi
divine. » (De cul tu feminarum).

Faut-il ajouter qu’à la remorque du judéo-christianisme,
la médecine allopathique considérait, il n’y a pas si longtemps,
les différentes périodes de la vie féminine (puberté,
menstruation, grossesse, ménopause , etc.) comme des
maladies à caractère médical. La circoncision est encore
une pratique courante. Si la castration fait partie d’un
autre âge, il existe aujourd’hui un service de transsexualité.
De plus, l’allopathie traite la nymphomanie, l’homosexualité
et toutes les autres prétendues déviations, perversions
et souillures sexuelles.
De la mystique ou de l’intuition religieuse découla une
science géniale de la nature. À cette troisième voie était
réservée une riche moisson.
L’homme qui jeta un pont entre le Moyen Âge et l’époque
moderne fut Paracelse, de son vrai nom Théophraste
Bombast von Hohenheim, né à Einsiedeln (Suisse) en
1493 . Il proclama fièrement que ses méthodes de guérison
n’avaient pas été empruntées d’Hippocrate, mais qu’il les
avait créées en s’appuyant sur l’expérience, maîtresse suprême
de toutes choses.
Sa doctrine des correspondances entre le Microcosme
(homme) et le Macrocosme (univers) compte des adeptes
de tous les milieux : religieux, nobles, chrétiens, juifs, savants,
illettrés et même sorcières, ce qui permettra de la
discréditer en déclarant qu’elle abritait en son sein davantage
de charlatans et d’empoisonneurs que de chercheurs
authentiques et d’individus honorables. Pour les médecins
en place, Paracelse ne peut avoir raison puisqu’il n’est
qu’un « mauvais médecin », un « guérisseur ». Vieille rengaine
qui traverse allègrement les siècles!
Paracelse fut l’un des premiers à affirmer que l’âme
influence le corps et l’esprit, tout autant qu’elle est influencée
par eux. La psychosomatique en dira plus tard la
justesse. Ses traitements se fondent encore sur la connaissance
des plantes. Sa théorie de la quintessence est alors
révolutionnaire.
Paracelse a montré la place exceptionnelle de l’homme
dans l’univers. La vie de l’être humain est inséparable de

celle du cosmos. Loin d’être une forme de vie parmi toutes
les autres, l’homme est à lui seul un univers. Mieux, il est
1 ‘expression totale du cosmos tout entier, sous toutes ses
formes et sous tous ses aspects. Il est « cet être unique »,
écrira quatre siècles plus tard le biologiste Julian Huxley.
Quelques citations de Paracelse donneront une bonne
idée de sa conception de la thérapeutique:
« L’homme porte tout en lui: le bien comme le mal, le
paradis et l’enfer, la santé et la maladie. »
« C’est sur soi-même qu’il faut oeuvrer, c’est en soi-même
qu’il faut chercher. »
« Le médecin doit ordonner à sa sagesse ce que la vie
naturelle lui enseigne. »
« Respectez les fièvres, ce sont des tempêtes qui s’apaisent
elles-mêmes. »
« Tout est poison; rien n’est poison. »
« Les maladies du cosmos sont aussi les maladies de
l’homme. »
« Dieu n’a jamais permis une seule maladie dont il n’ait
pas créé le remède. »
« La plus haute raison de la médecine, c’est l’amour …
C’est l’amour qui enseigne l’art et en dehors de lui il ne
naît pas de médecin! »
Paracelse fut le créateur de la physiologie proprement
dite. Il ne voulait presque rien savoir de l’anatomie, qui lui
semblait « morte », et l’essentiel était à ses yeux de « conclure
de la grande nature – l’homme extérieur – à la petite
nature de l’individu. » Mais pour aider à la connaissance
de cet « homme extérieur », il pose deux principes, qui
sont devenus les principes fondamentaux de toute science
naturelle: l’observation et l’expérimentation. Par là, il
réussit à fonder une pathologie rationnelle: « Les fièvres
sont des tempêtes qui s’apaisent elles-mêmes », etc., comme
aussi une thérapeutique naturelle qui lui valut le titre
de fondateur de la médecine scientifique. Un autre mérite
de cet esprit supérieur: il fut le premier à introduire une
langue vivante, soit l’allemand, dans l’Université.
Si l’allopathie a su, au cours des siècles, profiter de l’ana-

tomie, l’alchimie, la physiologie, la chimie et la biochimie,
qui sont des branches des sciences naturelles, elle a aussi
hérité de nombreuses erreurs.
Sur le plan strict de la santé, la médecine qui drogue
échoue la plupart du temps. Sa méthode consiste à combattre
la toxicité psychique et physique par la toxicité du
médicament. De la même façon qu’on tente d’épurer la
mer polluée par le pétrole au moyen de traitements chimiques
qui sont aussi dangereux, sinon plus, que la pollution
elle -même. La médecine pasteurienne, tantôt hygiène épidermique,
tantôt empoisonneuse des humeurs, mène à
plusieurs abus. L’écoulement massif et périodique de vaccins,
pour citer un exemple frappant, n’est pas une oeuvre
philanthropique.
« La science médicale, qui n’en est pas une, n’est pas la
science de l’homme sain », disait Alexis Carrel, prix Nobel
de physiologie 1912, l’un des premiers directeurs scientifiques
de l’Institut Rockefeller et célèbre auteur de
« L’homme, cet inconnu ». Après ce précurseur, l’un des
continuateurs, René Dubos, microbiologiste et écologiste
de réputation internationale, déboulonne l’une des plus
grandes prétentions allopathiques. Voyons-en les grandes
lignes:
La génération actuelle croit que le contrôle des maladies
infectieuses date de la vulgarisation des antibiotiques. En
réalité, la mortalité due à de nombreuses autres infections
avait déjà commencé à baisser en Europe occidentale et en
Amérique du Nord, bien avant l’introduction de méthodes
spécifiques de traitements et l’acceptation de la théorie du
microbe dans la maladie. L’effet des antibiotiques n’est
qu’une ride sur la vague qui balaye la mortalité causée par
l’infection dans nos communautés. Ce n’est pas dans la
pharmacothérapie que se trouvera la solution définitive de
ce problème. La victoire remportée sur ]es maladies épidémiques
est due en grande partie à la campagne en faveur
d’une nourriture, d’un air et d’une eau purs. Elle dépend
d’une doctrine philosophique, non d’une théorie vaccinale.
Le maintien de la santé dans la joie et la recherche d’une

nouvelle formule de vie plus conforme aux penchants
naturels est un but bien plus élevé que la découverte d’un
nouveau médicament. Et Dubos parle d’une nouvelle
science de la nature humaine, sous le patronage de la
déesse Hygie, qui n’est pas sans nous rappeler ce que
Herbert M. Shelton, doyen des naturo-hygiénistes américains,
et Pierre De lore, de l’école néo- hippocratique française,
ont partiellement réalisé.
Fernand Seguin, biochimiste et commentateur scientifique,
qui recevra une consécration mondiale en 1978, soit
le prix Kalinga de l’UNESCO, la plus haute distinction
pour la vulgarisation scientifique, appelait de ses voeux un
manifeste qui rendrait compte de l’état déficient de la formation
médicale universitaire, en remplacement du serment
d’Hippocrate, et qui se lirait comme suit:
« Nous, médecins, inscrits à la faculté grâce à un processus
de sélection qui privilégie une forme d’intelligence
symbolisée par les succès scolaires, indépendamment de
toute autre qualité humaine, avons reçu une formation académique
dont les traits marquants sont l’acquisition d’un
vocabulaire de trente mille mots, la dissection d’un cadavre,
l’apprentissage d’un nombre considérable de données
théoriques et la familiarité, au seip des C.H.U., des maladies
les plus rares et les moins représentatives des problèmes
de santé de la population. Bardés de nos diplômes,
détenteurs d’un arsenal de drogues dont nous connaissons
parfois mal les mécanismes et les interactions, nous vous
accueillons dans nos cabinets, aussi angoissés que vous
pouvez l’être, car nous ne connaissons guère plus que vous
votre sexualité, votre alimentation, la qualité de votre vie,
et nous ne savons pas comment réagir devant l’insomnie, la
fatigue, les vagues douleurs lombaires, la dépression diffuse,
le stress, l’aliénation et la solitude, tout ce cortège de
syndromes étrangers à notre formation professionnelle et
qui forme l’essentiel de votre détresse. Happés par le système,
nous n’avons pas le temps de vous expliquer notre
impuissance; voici donc des pilules, des comprimés, des
cachets dont la plupart sont des sous-produits de l’indus-

trie des colorants du XIXe siècle. Ces mystères nous échappent;
nous feignons d’en être les grands-prêtres. »
Ces paroles ont été prononcées en 1976 au colloque
international d ‘Orford, Québec, auquel ont participé des
noms aussi prestigieux que A.L. Cochrane, René Dubos,
Jean Trémolières, Jean-Paul Escande et Henri F. Ellenberger.
À cette occasion, le professeur Dubos dira:
« Il me semble utile d’insister ici sur le fait que les
connaissances scientifiques ne donnent pas d’autorité aux
professions médicales en ce qui concerne la qualité de la
vie. Le médecin le plus savant et le plus expérimenté n’a
pas de qualification spéciale, en tant que médecin, pour
enseigner l’art de la vie. ( .. . ) Mais rien dans leur formation
scientifique ne donne aux professions médicales l’au-
torité de choisir pour la société ce que devraient être ses
institutions et ses modes de vie. Ainsi, il ne faut pas attendre
de la médecine qu’elle puisse déterminer par elle-même
la qualité de la vie. » (Critère, automne 1976).
La médecine actuelle avec son brillant outillage, ses
médicaments spectaculaires et sa technique chirurgicale
prodigieuse, constitue par ses lacunes un risque énorme
pour la santé publique. Elle réclame des esprits novateurs
pour sortir des sentiers battus.
Effectivement, une première mondiale s’est réalisée en
octobre 1982. L’Université Paris-Nord, Unité d’Études et
de Recherches (U.E.R.) en Médecine et Biologie Humaine,
dépendant de la Faculté de Médecine de Paris, a entrepris
l’enseignement de la Naturothérapie pour perfectionner la
formation des médecins. Cette création est sanctionnée par
un diplôme officiel.
Lors de la séance inaugurale, le responsable du nouveau
département, le docteur René Féjan, a débuté ainsi: « La
décision d’appliquer un nouvel enseignement sur la Naturothérapie
ne procède pas du hasard, mais de la nécessité de
répondre à une demande sociale sans cesse grandis san te. »
Pierre Cornillot, doyen de la Faculté de Médecine
Paris XIII, en avait déjà précisé le sens: « Il est extrêmement
clair que l’idée fondamentale, c’est de renforcer

l’autonomie du patient et son aptitude naturelle à répondre,
et non pas le placer dans une situation de substitution
et de renforcement à autrui qui va créer beaucoup plus
d’aliénation et beaucoup plus de dépendance. Et je pense
que, dans ce sens -là, il s’agit quand même d’une éthique
dans la pratique médicale. » (France-Culture, 18-9-1982).
Bien entendu, on a fait appel aux pionniers. André Passehecq,
directeur du Centre de Recherches et d’Education
Orthobiologiques (Vence) et Jacques Baugé-Prévost, président
de l’Ordre des Naturothérapeutes du Québec, ont
été invités à participer à la mise au point et au démarrage
de ce programme.
Le chemin étant tracé, de larges perspectives s’ouvrent
désormais à la Naturothérapie.

 

ANTHROPOLOGIE NATURELLE

« Féminine, cette première histoire, éternelle, maternelle,
végétale … , cette histoire qui s’étend à travers l’existence
de toutes les espèces animales et humaines. Si l’on s’y
reporte en esprit, elle signifie la même chose que la vie elle-même »,
déclare le philosophe Oswald Spengler.
Dans les Védas, écrits sacrés des Indo-Aryens, le commencement
du cosmos est expliqué par la coagulation de la
mer de lait originelle, battue par les dieux créateurs. La
déesse Maya, source de la Voie Lactée, était ornée d’un
nuage lumineux en forme de croix. Tous les êtres vivants
sont nés de ce liquide primordial.
De tout temps, la Terre, la Lune, la Mer, l’Eau, la Matière,
la Nature, la Nourriture, la Fécondité, l’Intuition et
l’Amour, ont été reliés à la Femme. Déméter, Héra, Athéna,
Thémis, Cérès, Minerve, Junon, Astarté, Mnémosyne,
Frigga, Isis, etc., autant de noms mythologiques pour signifier
les multiples aspects et fonctions de la Déesse-Mère
des origines. Maïa, par exemple, divinité dont le mois
de mai tire son nom, personnifiait la saison des amours et
le réveil de la nature de son profond sommeil hivernal à
une vie palpitante. Elle symbolisait aussi la maternité que
le culte de Marie (mère de Jésus) a plus ou moins assimilée.
C’est toujours au mois de mai que l’on fête les mères et
il convient de profiter de cette période pour repenser
l’écologie que nous pouvons définir comme la science de la
tenue de la maison Terre. Il est utile aussi de rappeler
qu’au point de vue étymologique, le terme mariage (lat.
matrimonium, ma tris, mu nus: fonction de la mère) désigne
uniquement l’apport maternel.

 

SEXUALITÉ NATURELLE

suite PDF