Changement de Civilisation ?


Vidéo très intéressante qui nous explique que le changement de paradigme est en cours, et qu’une génération (30 ans) sera nécessaire.

par Marc Luyckx Ghisi

 

 

www.marcluyckx.be

 

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Auteur: Luyckx Ghisi Marc

Ce que la chenille appelle la mort,
le papillon l’appelle Renaissance
Violette Lebon (Canada).

 

PRÉFACE
Le livre de Marc Luyckx arrive à point nommé pour éclairer l’avenir, à ce moment exceptionnel dans l’histoire des hommes d’Occident où nous sommes en train de changer de paradigme. Ce changement devient de plus en plus perceptible par de plus en plus de personnes, en réaction au mal-être généré par un avenir qui se brouille et s’annonce désespérant dans sa trajectoire actuelle.
La conscience collective des hommes et des femmes (et surtout ces dernières) s’est imprégnée du sentiment de suicide collectif, connecté à l’appauvrissement de notre planète, auquel nous mène la société industrielle (les temps modernes) dévoreuse d’énergie, de matière, de biodiversité, polluante et agressive envers l’homme.
Face à ce futur insoutenable, les solutions et les attitudes divergent.
– certains continuent à croire au progrès matériel et à la croissance quantitative, confiants que la science et les technologies sauront répondre aux défis écologiques et humains, nous évitant ainsi l’apocalypse sans changer de modèle ;
– d’autres cherchent une refondation complète des critères de progrès, s’imposant une décroissance forte de leurs ambitions matérielles et technologiques, s’enracinant dans le local et affirmant le retour à une terre nourricière et source d’équilibre. La finalité de cette démarche étant de retrouver les rythmes d’harmonie entre la terre et les hommes, entre les hommes entre eux, et de l’homme avec lui-même !
Entre ces deux voies parfaitement opposées, Marc Luyckx nous en propose une troisième, conciliant la soif de progrès de l’homme – mais un progrès essentiellement qualitatif centré sur le potentiel humain -, avec une philosophie de sobriété en phase avec les rythmes de la nature et rendant le progrès soutenable.
La triple formation de Marc Luyckx en philosophie, théologie et sciences qui s’est accompagnée d’une expérience incomparable de 10 ans à la « Cellule de Prospective » de la Commission Européenne, et la fréquentation des meilleurs penseurs de notre temps, l’ont doté d’une intuition du futur propre à nourrir une réflexion sur les chemins du possible et du désirable.
C’est d’abord dans les croyances collectives et les mythes de notre civilisation occidentale, au travers de 5 000 ans d’histoire, qu’il va chercher les raisons de nos succès et de nos échecs collectifs, débouchant sur l’impasse actuelle. Impasse qui exige aujourd’hui un changement radical du vieux paradigme basé sur le patriarcat, la domination et le progrès devenu essentiellement matériel et quantitatif.

Cette analyse est confortée par une observation très fine des nouvelles valeurs et modes de vie en gestation chez ces avant-gardistes du monde de demain que sont les « créatifs culturels » dont le nombre va croissant et qui seraient déjà plus de cent millions en Europe.
Cela lui permet de dessiner avec une beaucoup d’acuité et de clairvoyance ce que seront les valeurs collectives du nouveau paradigme « transmoderne » en train de naître sous nos yeux dans un silence étonnant. Il y voit une révolution de nos buts et de nos moyens encore plus importante que ne fut la Renaissance il y a 6 siècles, un basculement à 180° du projet humain centré dorénavant sur la valorisation de l’immatériel et du capital humain avec des valeurs essentiellement féminines, écologiques et coopératives.
Dans le nouveau monde que dessine l’ouvrage, la ressource économique essentielle n’est plus la matière, mais la connaissance et les savoirs qui se valorisent par leur partage grâce à des réseaux ouverts, provoquant une augmentation considérable de l’intelligence collective. On retrouve des thèmes chers à Teilhard de Chardin, souvent cité par l’auteur. A la différence des ressources matérielles et monétaires, cette intelligence est inépuisable et est compatible avec les limites physiques de la planète, d’autant qu’elle puise dans la nature de nouvelles connaissances et une nouvelle relation au sacré. Enfin, il redonne à chaque homme la possibilité de participer à égalité au projet humain, puisque la diversité de pensée et de culture est valorisée.
A partir de cette intuition fondamentale, Marc Luyckx déduit de nouveaux systèmes organisationnels possibles, en particulier dans les entreprises qui jouent un rôle moteur important dans le changement de paradigme. En rétablissant le profit comme étant au service du développement humain et non le seul but stérile du travail collectif, il donne aux entreprises une nouvelle énergie et une nouvelle légitimité. Sa connaissance certaine du monde de l’entreprise lui permet de nous proposer des voies très intéressantes de ce que serait l’entreprise de la société de la connaissance, qui remplacerait la société de la consommation.
La description fine des systèmes de gouvernance de la Communauté Européenne nous offre également des pistes sur ce que pourrait être demain le gouvernement mondial au service du nouveau paradigme.
Bien loin de nous imposer un autre dogme, le livre de Marc nous propose une culture dans laquelle chacun de nous peut trouver sa place et puiser une énergie et du courage pour agir dans un monde qui fait sens à nouveau.
C’est surtout un monde où nous nous enrichirons les uns les autres de nos complémentarités et de nos différences, un monde où la conscience de notre enracinement local s’inscrit dans un projet collectif global, un monde qui nous redonne le goût de l’avenir !
Il faut saluer une oeuvre profondément généreuse et humaine, dans laquelle l’auteur se met à nu et prend tous les risques pour nous faire partager ses intimes convictions sur sa vision et son désir d’avenir. La passion que nous livre Marc, ses intuitions sensibles, nous changent clairement des ouvrages académiques et rationnels qu’on a trop connus. Marc allume une lumière dans un monde où le futur est trop souvent dépeint en noir.
Nul doute qu’il nourrira de nombreux débats qui ne pourront servir qu’à mettre chacun de nous en mouvement vers la construction d’un nouveau monde soutenable, désirable et… joyeux !
François Lemarchand
Président et Fondateur de Nature et Découvertes.

 

 

PROLOGUE :

UNE HISTOIRE DU 21e SIÈCLE de 2020 à 2050 :
Un scénario positif du futur

Ce livre s’ouvre sur une histoire de la première partie du 21° siècle.
Je dédie ce prologue à la mémoire de Willis Harman, qui, à la fin de sa vie, insistait énormément sur l’importance de produire et de diffuser des scénarios positifs du futur. Car disait-il, ils agissent à un autre niveau, sur le champ morphogénétique1 de la conscience humaine globale et font advenir l’avenir positif que nous désirons. Agissons donc ensemble sur le futur en le racontant.
Nous sommes en 2050
Nous sommes en 2050, et L’UNESCO est confrontée, au sein de la génération née en 2040, à une absence totale de compréhension de comment il a été possible que les générations précédentes aient mis en danger notre vie collective en polluant comme elles l’ont fait. Elle mandate donc un groupe d’historiens et lui demande de composer un récit facile à insérer dans les manuels scolaires, afin de raconter et d’expliquer à nos enfants comment et pourquoi les choses ont tellement changé. Et comment elles étaient en 2015. Comment les gens vivaient, et quelle était la situation. Et pourquoi on avait détruit les espèces animales et végétales par milliers, et comment on était parvenu à influencer négativement le climat. Comment


1 Rupert SHELDRAKE a le premier utilisé ce terme de « champs morphogénétique». Selon lui, les humains et même les animaux et les plantes sont liés par un champs de communication instantanée qu’il appelle « morphogénétique ». Voir Rupert SHELDRAKE : Une nouvelle science de la vie, Éditions du Rocher (19 juin 2003), Collection : Sciences Humaines, 233 pages


pendant si longtemps on avait appauvri les pauvres et enrichi les riches, tout en promettant le contraire.
Mais laissons la parole au récit….
Aux environs des années 2020-2022, un malaise grandissant a commencé à se manifester au sein de la population mondiale, y compris dans les pays riches.
Au Sud, on acceptait de moins en moins un système où une énorme majorité de la population était exclue, tandis qu’une faible minorité s’emparait de la majorité des biens et surtout que la situation, non seulement ne s’améliorait pas, mais qu’elle empirait de jour en jour, malgré les promesses des dirigeants et des économistes que la croissance du PNB allait apporter la prospérité à tous. On ne voyait pas comment un système qui avait, depuis 1950, promis d’apporter le développement au Sud, et n’avait fait qu’approfondir les structures d’inégalité, pourrait tout à coup produire des effets contraires.
Au Nord, le nombre de citoyens qui commençaient à se poser des questions grandissait de jour en jour. L’inquiétude grandissait par rapport au futur. N’allons- nous pas vers des changements climatiques graves ? Le Gulf Stream n’est-il pas déjà en train de se déplacer vers le Canada, ce qui plongerait l’Europe dans la glaciation ? Qu’en est-il de l’extinction des espèces animales et végétales ? Comment faisons-nous face à l’explosion démographique ? Si nous ne résolvons pas les problèmes de pauvreté aigus à nos frontières, la pression migratoire vers les pays riches de l’Union Européenne va devenir intolérable, voire violente. Que faire ?
Et cette inquiétude ne recevait de la part des dirigeants et gouvernements qu’une seule et même réponse : il faut faire confiance aux méthodes d’hier pour résoudre les problèmes de demain.
L’inquiétude du public augmentait donc et le fossé avec les dirigeants s’agrandissait. Leur légitimité et la crédibilité du pouvoir politique et des structures économiques diminuait d’année en année.
Le 21 septembre 2021, le dollar perdit en un jour 75% de sa valeur, car la dette des États-Unis était devenue inacceptable et mettait en péril le système économique mondial. Et tout à coup, les États-Unis furent en banqueroute parce qu’en cessation de paiement. En effet, soudain, plus personne n’acceptait de leur prêter de l’argent comme la Chine, le Japon, l’Union Européenne, le Brésil et l’Inde, etc. l’avaient fait, chaque mois, depuis des années.
Si bien que toute la politique extérieure des États-Unis changea brusquement. Les troupes furent rapatriées du monde entier, car il n’y avait plus d’argent pour les financer. Le programme de réarmement militaire des États-Unis fut stoppé net. La politique étrangère des États-Unis atteignit son point le plus bas depuis la création des États-Unis.

C’était la fin brusque d’un monde hégémonique dominé par les États-Unis. Mais aussi la fin de l’hégémonie Occidentale.
L’euro souffrit de devenir subitement une des monnaies de référence mondiale. Il perdit aussi 15% de sa valeur par rapport au rouble, le real brésilien, la roupie indienne et la monnaie chinoise qui prirent une position de monnaies stables mondiales.
Le coup le plus dur pour les États-Unis fut l’assassinat en novembre 2023, du Président des États-Unis et de plusieurs autres chefs d’État de France, Chine, Japon et Thaïlande, réunis à Rio de Janeiro lors d’une réunion du G 20 (comprenant aussi les BRIC, Brésil, Russie, Inde, et Chine). En effet un groupe terroriste lié à la mafia brésilienne, bloqua le palais où ils étaient réunis et essaya d’obtenir une rançon, qui ne fut jamais versée…
Ce fut le choc final qui amena un basculement mondial.
C’est alors que le parti communiste Chinois décida soudain de changer la constitution et de permettre aux citoyens Chinois d’élire un président de la République au suffrage universel direct, et doté de pouvoirs étendus.
Et ce fut Madame Chang, une jeune femme Chinoise, poète extrêmement populaire et prix Nobel de l’Environnement2, qui fut élue le 13 décembre 2025.

Le mémorable discours de Mme Chang.
Sa première visite à l’étranger fut en Inde où elle alla d’abord rendre visite au Dalaï Lama dans son monastère au nord de l’Inde et elle lui demanda de revenir au Tibet où elle lui offrit de reprendre sa position de Lama du Tibet immédiatement, puisque c’était sa place. Elle proposa ensuite au gouvernement de Delhi et à la présidente du Parti du Congrès, d’établir entre la Chine et l’Inde, mais aussi les autres pays de la région qui seraient preneurs, comme le Pakistan et le Bangladesh, une alliance de non violence entre États, et une communauté de solidarité économique et monétaire, d’après le modèle européen.
Mais l’événement historique majeur fut son discours mémorable le mardi 15 mars 2026, aux Nations Unies, qui avaient déménagé à Genève en 2024, par précaution, à cause de la montée énorme de violence urbaine aux États-Unis, après la crise financière du dollar, et après l’attentat de Rio en 2023.
En des mots très simples, elle expliqua que nous n’étions plus dans une société moderne capitaliste de style occidental, mais que le monde entier entrait dans une société de la connaissance postcapitaliste, et post-occidentale, qu’il nous fallait inventer ensemble afin qu’elle soit totalement soutenable et socialement équitable.


2Le prix Nobel de l’environnement fut crée en 2023. Il fut attribué pour la première fois à une jeune femme Brésilienne qui parvint à stopper la destruction de la forêt amazonienne.


Il était donc urgent de nous adapter à cette situation nouvelle avec une vision nouvelle et des outils nouveaux à inventer et créer. Il s’agissait d’abord et surtout de changer les objectifs mêmes de notre société. Depuis plusieurs siècles, la société industrielle moderne de type occidental nous avait enseigné à produire le plus possible d’objets les moins chers possibles, et de convaincre ensuite la population de les acheter même si elle n’en avait pas besoin. Ces buts ne correspondaient plus au 21° siècle, où l’urgence première était l’avenir des générations futures et notre survie à tous.
Elle proposa que la société mondiale se donne comme but l’entrée dans la société de la connaissance de manière soutenable et socialement inclusive, ce qui suppose le développement de la créativité et de la qualité humaine y compris la dimension intérieure, et cela dans un respect total de la nature et de l’environnement.
Elle fit d’abord un appel à la société civile mondiale, lui demandant de mettre toute son énergie et tout son coeur à construire cette nouvelle société. Elle s’adressa ensuite aux universitaires et aux intellectuels de tous les pays pour leur demander de mettre toute leur intelligence et leur créativité en réseau afin de concevoir ensemble et faire fonctionner une logique économique et politique nouvelle. Le plus urgent étant la repensée fondamentale de l’économie et des finances en transdisciplinarité. Elle s’adressa ensuite aux politiciens du monde afin qu’ils se mettent à dialoguer sincèrement avec la société afin de créer ensemble des pratiques politiques nouvelles et crédibles, nous portant vers un avenir soutenable et inclusif au plan mondial.
Mais affirma-t-elle, nous nous trouvons aussi devant un enjeu spirituel important. Il est faux de croire, comme la modernité occidentale capitaliste ou communiste l’a prétendu, que l’homme peut se passer de sa dimension intérieure. Il y a donc un défi majeur que notre civilisation mondiale doit relever. Elle doit réinventer de nouveaux chemins vers une dimension éthique et intérieure. Et ce chemin commence par une descente dans la profondeur de chacun. Notre nouvelle civilisation mondiale est invitée à intégrer des nouvelles formes de sacré qui nous reconnectent avec la nature et le cosmos.
Et le dernier passage de son discours fut adressé aux femmes du monde, de toutes races, religions et cultures. Elle leur annonça que le règne du patriarcat était terminé, quelle que soit la culture ou la religion dans laquelle elles vivaient. Car les valeurs patriarcales ne permettaient pas à l’humanité de protéger la terre bleue, notre planète. Elle leur demandait de descendre dans l’arène et de participer pleinement à la discussion sur l’avenir du monde et de notre économie mondiale puisqu’il s’agissait de l’avenir de nos enfants. Et, sans elles, la moitié de l’humanité manquerait dans la discussion. Ses dernières phrases furent empreintes d’émotion et de force, car on sentait en elle vibrer la femme dans toute sa puissance.

Accueil très contrasté…puis enthousiaste.
Ce message « passa » de manière extraordinaire, instantanément, et dans le monde entier. Le lendemain on en parlait partout, autant dans les favelas de Rio, que dans les mosquées du Qatar, et dans les rues de Paris ou de New York, ou au parlement de New Delhi, ainsi que dans les villages de Chine.
Mais sur place, aux Nations Unies, elle fut applaudie poliment par les chefs d’État qui n’ont pas du tout pris ce discours au sérieux. La presse non plus, n’a pas compris ni accepté ce discours qui était trop « déviant ». Certains médias ont même ridiculisé le discours de la « poétesse chinoise» !
Mais après quelques jours, des personnalités importantes du business, du monde intellectuel, des organisations de la société civile, et des corps constitués ont réagi fortement et rapidement. Ils ont formé sur Internet un forum de millions de personnes, des anciens chefs de presse, des grands patrons d’entreprises mondiales, et des responsables de la société civile comme « Greenpeace », « Amnesty International » et même le « Croissant rouge » et d’autres organisation musulmanes démocratiques qui se développaient énormément depuis que la date de l’entrée de la Turquie dans l’union européenne avait été fixée définitivement pour le 1 janvier 2027.
Ce « Forum mondial pour Mme Chang » a déclaré le 20 mars, cinq jours plus tard, par la voix de son porte-parole, qu’il considérait ce discours comme historique et fondateur pour le 21° siècle. Pour la première fois depuis des années, un discours politique répondait enfin aux véritables attentes des populations et à leurs questions rarement entendues jusqu’ici.
Et ce mouvement de la société civile prit de plus en plus d’ampleur à tel point que certains médias commencèrent à refléter ces opinions nouvelles qu’ils n’avaient pas prévues.
Et c’est ainsi que petit à petit la situation se retourna totalement, à tel point que nombre de politiciens avouèrent, à la fin du mois de mars, avoir toujours pensé comme Mme Chang. Son discours commença à être analysé et disséqué par la presse, par les médias, et même par les universités et par les économistes. Tout le monde fut soudain d’accord que ce discours avait enfin dit tout haut ce que bon nombre pensaient tout bas et qu’il était temps d’agir… ensemble au plan mondial. Car aucune solution partielle n’était capable de fournir de réponse aux problèmes globaux. Il fallait réinventer notre fonctionnement mondial.
Le Vice-Président qui avait succédé au président US assassiné en 2023, appuya clairement l’initiative de Mme Chang. Mais il était trop préoccupé par la crise financière de son pays et les remous sociaux importants qui se produisaient un peu partout aux États Unis, pour être vraiment efficace. Il s’en excusa auprès de Mme Chang. Mais des milliers d’intellectuels américains participèrent très activement à la réflexion mondiale et y jouèrent un rôle très important.

Toute la société mondiale se mit, en effet, à réfléchir à des audacieuses alternatives économiques, politiques, juridiques, pour le 21° siècle. Un mouvement d’enthousiasme et de créativité inouïe vit le jour rapidement dans le monde entier. Un vent d’espoir et de changement soufflait un peu partout. Un grand nombre de réunions furent organisées en Chine et ailleurs, avec l’aide financière de la Chine. Elles étaient ouvertes et accessibles sur le web en temps réel ce qui ne posait plus aucun problème technique.

2025 – 2030 : Une réflexion collective qui réenchante les citoyens du monde.
Les années qui suivirent furent des années intenses de repensée et de créativité. Un espace avait été ouvert et la société civile s’y engouffra avec un dynamisme inattendu. Tout à coup les analyses « alternatives » qui avaient été mises sous le boisseau pendant des années firent surface. On découvrit tout à coup l’existence de concept nouveaux et de projets intéressants concrets et assez élaborés, et ceci dans les domaines les plus divers. Mais Mme Chang menait sa barque de manière intelligente. Il fallait commencer par les finances et le système économique mondial. La chute spectaculaire du dollar forçait tout le monde à réfléchir sérieusement, et hors des sentiers battus.

Les Accords Monétaires de Pékin en 2027
Elle demanda donc que l’on repense le système économique et financier mondial, notamment les mécanismes monétaires de base, pour les adapter à la nouvelle économie de la connaissance, que peu d’économistes connaissaient vraiment. Et elle insista que le bien commun de la majorité de la population mondiale soit réellement défendu et que l’on aille vers une société véritablement soutenable. Elle mit la barre très haut en exigeant que l’empreinte écologique de la Terre redevienne positive3. Plusieurs jeunes femmes économistes, membres du groupe des « économistes pour un monde soutenable », firent des propositions vraiment innovantes… qui furent acceptées… Et cela déboucha, après six mois de réflexion, sur un nouvel accord monétaire mondial, les Accords Monétaires de Pékin, 2027. Ces accords ouvraient le


3 Nous savons que la pollution provoquée par l’Union Européenne correspond à 2,4 fois la capacité d’absorption de notre terre. On dit donc que l’empreinte écologique de l’UE est de – 2,4. Celle des États-Unis est de – 4,5, presque le double de celle de l’UE. Globalement l’empreinte de l’humanité aujourd’hui est de -2. Nous allons donc droit vers la catastrophe. Une empreinte écologique positive est la situation où l’influence humaine sur l’environnement est globalement absorbée par la Terre et donc non seulement inférieure à -1, mais éventuellement + 1. C’est à dire que globalement l’Humanité nettoie l’environnement. Mme Chang a donc raison.


21° siècle en créant une monnaie de référence mondiale basée non sur de l’or mais sur les ressources vitales de la Terre4. Car là se trouvait le trésor de notre humanité pour les générations à venir. Et à côté de cette monnaie de référence mondiale, les accords prévoyaient aussi l’utilisation de monnaies complémentaires crées par les citoyens ou par les entreprises. Le paysage monétaire mondial s’était complètement transformé en quelques années, et ces accords venaient donner une forme officielle à une situation de fait, réalisée en partie par des citoyens un peu partout dans le monde.

Un nouvel ordre économique mondial et un nouvel ordre de l’information.
Dans la foulée on mit sur pied, en l’espace de quelques mois, les grandes lignes d’un nouvel ordre économique mondial, basé non plus sur le libre commerce des objets, comme dans l’économie industrielle, mais sur le libre partage de la connaissance. Et ceci dans le cadre du respect absolu de l’environnement et de l’inclusion sociale. Ce nouvel ordre se voulait un message d’espérance pour la majorité d’exclus de la planète et pour les générations futures…nos enfants et nos petits-enfants. L’idée était simple : dans une économie de la connaissance mondiale, les six milliards d’humains sont la ressource principale. Il faut donc la valoriser au maximum l’humain et changer les priorités économiques vers la croissance des ressources humaines mondiales par l’éducation, l’accès à l’eau propre, aux soins médicaux etc. Mais on ne faisait plus cela, « pour aider le Tiers-Monde », mais pour augmenter le capital humain global et donc notre prospérité à tous à court, moyen et long terme. Basculement de vision à 180°.
On intégra entièrement les « intangible assets » (acquis immatériels des entreprises) et autres nouveaux concepts de l’économie postcapitaliste. Et nombre d’économistes alternatifs qui avaient été mis sur le côté, pendant des années, purent enfin expliquer leur vision qui fut acceptée et amplifiée dans l’interaction positive. En l’espace de quelques mois, on est parvenu à façonner les grandes lignes d’une nouvelle société mondiale : la société postindustrielle et postcapitaliste de la connaissance.
Enfin, les pauvres du monde virent poindre une lumière nouvelle d’espérance puisque dans cette nouvelle vision, l’humain est le capital principal et donc les mécanismes d’inclusion sociale ne sont désormais plus considérés comme des coûts mais comme des atouts « immatériels » inestimables. La plus importante association de business leaders des États-Unis avança l’idée que l’entrepreneur de demain serait


4 Cette idée est proposée par Bernard LIETAER dans ses publications. Voir par exemple Bernard LIETAER et Margrit KENNEDY: Monnaies Régionales: de nouvelles voies vers une prospérité durable. Préface Michel ROCARD. Éditions Charles Léopold Mayer, Paris 2008. Voir aussi son site http://www.lietaer.com


un champion de la cohésion sociale. Et le miracle se produisit. Les gens des bidonvilles dans le monde entier comprirent soudain que les choses changeaient vraiment et que s’ils travaillaient sérieusement, ils avaient une véritable chance de s’en sortir dans un système basé sur le « win-win » social et environnemental, ainsi que sur le respect des cultures locales. Un très puissant mouvement d’espoir bruissait dans le monde.
Et les mouvements terroristes étaient en chute libre.
Tout ce mouvement était aussi facilité par le fait qu’il ne se passait pas à huis clos, dans une capitale occidentale, mais toutes les discussions se passaient dans l’ouverture d’un forum mondial suscité et protégé par la république de Chine. Car c’était en effet Madame Chang en personne qui protégeait l’ensemble du processus, de son autorité devenue mondiale et désormais incontestée.

Un nouvel ordre de l’information promu par l’UNESCO.
Elle invita aussi poliment l’UNESCO, dont le nouveau président était un chinois, à relancer le « nouvel ordre de l’information » que l’Unesco avait essayé de lancer dans les années 1980, sans succès. Et ce fut un succès total car le contexte avait complètement changé. La stratégie était désormais le « win-win-win », où tout le monde gagne, les individus, les organisations, business ou autres, mais aussi la planète. (« People-organizations-planet »). Le nouveau mot d’ordre était: « Plus je partage mon information et ma connaissance, plus j’en reçois ». On avait aussi enfin compris que les stratégies « patriarcales » de commande, conquête, contrôle et exclusion, qui étaient la colonne vertébrale de la société industrielle n’étaient plus opérationnelles dans la nouvelle société. Cette nouvelle politique de partage de la connaissance au plan mondial eut un impact retentissant, et inattendu.
C’était aller d’un coup beaucoup plus loin que toutes les politiques industrielles de « développement » n’avaient jamais été. Ici, pour la première fois on s’asseyait autour de la table du monde et on partageait réellement et honnêtement le gâteau de la connaissance, pour l’augmenter au profit de chacun. On n’avait jamais vu ni entendu pareille vision. Et, sous l’égide de madame Chang, tout le monde se mit d’accord, en l’espace de quelques mois.
Bien entendu il y eut des résistances farouches de la part de certaines entreprises, car c’était la notion même de propriété intellectuelle et de brevets qui était mise en question, et basculait sur ses bases. Certaines entreprises, américaines et européennes surtout, voulaient continuer à protéger leurs brevets, notamment en nanotechnologie. Ces brevets leur permettaient d’ »améliorer », mais surtout de manipuler le cerveau humain. Et c’est Madame Chang qui eut le mot de la fin, quand elle proposa que précisément, la seule protection que l’Humanité pouvait se donner contre les utilisations néfastes des nouvelles nanotechnologies touchant à la vie humaine et au cerveau humain était précisément de les rendre publiques, de les faire « part du patrimoine commun de l’humanité ». Et les entreprises seraient récompensées selon le degré d’utilisation au profit du social et de l’environnement qu’elles pourraient en faire. Et plus elles travailleraient honnêtement pour le bien commun de l’Humanité plus elles accumuleraient des acquis immatériels (intangible assets). Le profit serait la conséquence et la garantie du caractère social et environnemental des utilisations proposées. C’était vraiment une logique entrepreneuriale nouvelle, mais cohérente.
Le Nouvel Ordre de l’Information fut voté par les Nations Unies à 72% de majorité, le mardi 20 mars 2028.

Le modèle européen, une porte transmoderne vers le 21ème siècle
Madame Chang fit en janvier 2027, une visite très célèbre à Bruxelles au siège de l’Union européenne. Elle fut l’invitée spéciale à la réunion du Conseil européen (des chefs d’État). Elle écouta longuement les chefs d’État et le président de l’Union Européenne.
Madame Chang fit ensuite un éloge très appuyé – et très remarqué – du concept même qui était à la base de l’Union Européenne. Elle affirma qu’elle considérait l’Union Européenne comme la première concrétisation -certes encore imparfaite – d’un nouveau paradigme politique pour le 21° siècle, que certains intellectuels appellent transmoderne et post-patriarcal.
L’Europe avait en effet, en 1950, été obligée de créer la première alliance de non violence entre États. Et cette alliance avait stabilisé l’Europe depuis plus de cinquante ans de manière incroyable et inattendue.
Elle expliqua que son projet était de reproduire ce nouveau paradigme politique en Asie avec la Chine, l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh mais aussi le Sri Lanka (Ceylan) et Myanmar. Ces structures politiques transmodernes étaient, selon elle, les structures du 21° siècle, qu’il fallait continuer à développer et perfectionner.
Elle rendit un hommage appuyé au Ministre européen des Affaires Étrangères. Elle souligna surtout qu’il avait été dans l’ombre, le créateur patient et concret d’un nouveau paradigme de politique étrangère non-violente et postpatriarcale. La politique étrangère de l’Union avait, en silence, enterré Clausewitz et Machiavel, et s’était mis à proposer une politique étrangère non-violente de plus en plus efficace.
Madame Chang félicita également les chefs d’État d’avoir finalement décidé d’accepter l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, en 2027. « Par cette politique étrangère d’un type nouveau, vous êtes devenus un véritable bulldozer de paix, de stabilité et de démocratie. Et l’Union européenne a fait plus pour inviter l’Islam mondial à adopter les critères de la démocratie, des droits de l’Homme et de l’État de droit, que toutes les autres politiques étrangères additionnées. Et de plus, cette politique est presque gratuite, et absolument non-violente, puisque ce sont les candidats qui font tout le travail tous seuls à leurs frais et totalement librement».

La création de l’Agence de Sécurité Internationale (ASI, ISA)5
Dans la conversation, le Ministre européen des Affaires Étrangères lui fit part d’un concept de défense mondiale tout à fait nouveau qui se discutait dans son groupe de réflexion, à Bruxelles. Il s’agissait de proposer aux États qui étaient intéressés de supprimer leur armée nationale et de payer une assurance à la nouvelle Agence de Sécurité Mondiale des Nations Unies. Et celle-ci garantissait la protection du territoire national du pays contre toutes les agressions extérieures mais aussi intérieures par l’intervention immédiate de ses casques blancs.
Elle trouva l’idée excellente et l’adopta. « From now on, it is also my idea » répondit-elle au Ministre européen des Affaires Étrangères. (A partir de maintenant c’est aussi mon idée). Car c’est exactement de ce genre de troupes qu’on aurait eu besoin afin d’intervenir en ex-Yougoslavie, et en Afrique, afin d’empêcher efficacement les massacres et les viols de masse. Elle proposa la création immédiate d’un groupe de travail sur le sujet au sein des Nations Unies. Et un an plus tard, celles-ci proposaient la création d’une « Agence pour la Sécurité Internationale» (ASI) ou ISA (International Security Agency).
L’ambiance aux Nations Unies avait beaucoup changé en deux ans, et les Nations Unies acceptèrent par un vote à 80% favorable. On n’avait jamais vu cela. Cette agence reçut une puissante armée de casques blancs et une technologie de pointe. Le coeur de ces troupes était formé par les armées européennes (allemande, belge, néerlandaise, suédoise, danoise, finlandaise, etc.) qui depuis des années s’étaient réorientées vers des actions de promotion de la paix sur le terrain( « peace keeping ») et avaient appris à travailler ensemble, notamment en ex-Yougoslavie.
C’est aussi en Europe que l’on a trouvé les premiers cotisants sérieux : Allemagne, France, Belgique, Pays Bas, Irlande, Suède, Norvège, Danemark, Espagne, Portugal, et Grèce et Turquie ensemble. Et très vite le Japon se joignit ainsi que la Chine (poussée par Mme Chang), suivis peu après par l’Inde, car en Inde le lobby des généraux est impressionnant et il était fortement hésitant. Le Royaume Uni et la France, qui étaient toujours des petites puissance nucléaires finirent aussi par se décider ainsi que le reste des États de l’Union européenne.
Avec tout ce beau monde dans le projet, la moitié de l’Humanité était largement


5 Cette idée a été déjà proposée officiellement aux Nation Unies en 1995, par un groupe d’intellectuels parmi lesquels Harlan CLEVELAND(+), et Hazel HENDERSON. Le nom proposé était UNSIA. (United Nations Security International Agency). Voir l’article qui explique le concept : http://www.hazelhenderson.com/financing_un.html Voir aussi le livre: The United Nations ; Policy and Finance alternatives : Innovative proposals by visionnary Leaders Harlan Cleveland, Hazel Henderson, Inge Paul. Elsevier Press, New York, 1995.


représentée. C’était parti. Les autres États, n’avaient qu’à suivre, s’ils voulaient et quand ils voulaient. C’est alors que soudain tous les États africains, Afrique du Sud en tête, décidèrent d’adhérer. Les cotisations étaient adaptées au revenu par habitant, et c’était pour l’Afrique, un choix sage et bon marché, qui augmentait énormément les chances de stabilisation de ce continent qui soudain avait compris qu’il pourrait vraiment entrer dans la société de la connaissance à cause du nouvel ordre de l’information lancé par l’Unesco. Les États africains commençaient à entrevoir la possibilité réelle de valoriser le potentiel énorme de créativité des leur population, y compris et surtout les femmes. Ils furent suivis par les Russes, qui ne demandaient pas mieux que de dépenser moins pour leur défense, mais avaient attendu prudemment de savoir comment fonctionnait cette armée de casques blancs. Après une intervention extrêmement efficace en Afrique, et en Turkménistan, en 2028, tout le monde a soudain compris.
Et puis tout le monde a fait ses comptes, et s’est rendu compte qu’un énorme surplus s’était accumulé dans les budgets nationaux, puisque les dépenses militaires s’étaient évanouies. Mme Chang saisit la balle au bond et annonça que la Chine allait investir 10% de son budget national pour la promotion de la qualité humaine dans l’éducation, d’abord en Chine puis dans le reste du monde. Mais en même temps elle introduisit enfin une réforme de l’éducation qui suscita tellement d’enthousiasme dans les écoles chinoises que le monde entier la suivit. La civilisation mondiale était vraiment en train de bouger.

La refonte complète des Nations Unies: un nouveau niveau de pouvoir…
Mais suite à sa visite à Bruxelles, et suite aussi au succès de l’ « Agence de Sécurité internationale », Madame Chang, se rendit compte qu’il était urgent de repenser complètement la structure et le concept de base des Nations Unies. De fait, comme l’avait déjà dit Jean Monnet, les Nations Unies étaient construites sur un concept de base dépassé parce qu’aucun niveau de pouvoir n’était accepté au dessus de l’État Nation, ce qui condamnait l’ONU à une relative impuissance.
Or c’est ce niveau de pouvoir supérieur, mais subsidiaire, que l’Union européenne avait créé de facto. Même si les États membres européens, surtout les nouveaux arrivés tardaient à comprendre ce qu’ils avaient accouché ensemble. Et paradoxalement, Mme Chang trouva en la nouvelle présidente du Brésil et la première Ministre du Japon, qui venait d’être élue en 2028, les premières qui comprirent cette nouvelle manière de raisonner, alors que les diplomates indiens, chinois et russes, et même de quelques États européens, et d’autres gouvernements hésitaient à concevoir une instance d’autorité au dessus des États et qui ne soit pas un État.
Mais c’est à la séance des Nations Unies de novembre 2029, que les choses bougèrent vraiment, quand le Général Smith, chef de l’armée des casques blancs dont tout le monde était enchanté, dit carrément lors de son rapport annuel très attendu : « Mais la seule chose qui manque à nos casques blancs, c’est qu’ils soient l’émanation d’une autorité mondiale, qui soit supérieure en légitimité à l’autorité légitime des États, et fonctionne selon le principe de subsidiarité. Et cela, seule une « Union Mondiale des Nations » de style européen peut nous l’apporter. Il faut donc rapidement aller dans ce sens, sinon nous allons avoir des problèmes dangereux avec les États forts du globe. » Un grand silence suivit. Et ce fut la présidente du Brésil, soutenue par la première ministre du Japon et Mme Chang elle-même, qui proposèrent une commission pour transformer les Nations Unies en une « Union mondiale des nations ».
La réforme prit six mois seulement, car les mentalités étaient mûres. Cette réforme dont les effets continueront à se faire sentir tout au long du 21° siècle, a évidemment engendré une refonte totale de toutes les agences des Nations Unies.
La réforme la plus spectaculaire a été la disparition du Conseil de Sécurité qui a été remplacé par un « Conseil exécutif » élu par les Etats Membres à la majorité qualifiée. Un nouveau niveau de pouvoir mondial était né.
Ceci permettait à l’Union européenne d’avoir enfin une politique étrangère cohérente, maintenant que le Royaume Uni et la France avaient perdu leur siège au sein du défunt Conseil de Sécurité, et se joignaient à la politique étrangère de l’Union.
Ensuite l’OMC – WTO, l’organisation mondiale du commerce, s’est transformée sans crier gare en 2029, en l’ « Organisation Mondiale du partage des connaissances et du Commerce», l’OMPCC ou « World Information Sharing and Trade Organization » (WITSO). Elle ne faisait que tirer les conséquences du « Nouvel ordre de l’information » proposé par l’Unesco et approuvé lui aussi par l’Assemblée Générale en 2028. Son but était donc dorénavant de favoriser le partage des connaissances tous azimuts, car c’était la seule manière de créer de la nouvelle connaissance. La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire furent fermés en 2027, lors des Accords Monétaires de Pékin de 2027. Ils ne furent pas remplacés immédiatement.
Nous sommes en 2050

Nous sommes maintenant en 2050.
Le monde a véritablement évolué vers un nouveau niveau de responsabilité et d’éthique. Les populations sont beaucoup moins désespérées. Certes il y a encore de nombreux problèmes, mais le climat mondial est transformé.
Mais il ne faut absolument pas perdre la mémoire de nos erreurs passées, car sinon le danger de recommencer est imminent.

 

1° PARTIE
UN MONDE SE MEURT

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