Le Lyssenkisme et la mesure de l’intelligence


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Ouvrage: Le Lyssenkisme et la mesure de l’intelligence

Auteur: Massot Alain

Année: 2016

 

 

Quatrième de couverture

N’y a-t-il pas lieu, parfois, de dépasser les interprétations puristes
des conditions de production des sciences à partir de deux cas — l’affaire
LYSSENKO et l’affaire BURT — pour s’interroger sur la nature
sociale des connaissances scientifiques et finalement sur le statut des
sciences comme discours. Le défi étant, ici, d’établir des correspondances
entre deux « corpus savants » apparentés par l’existence d’un
même système de relations isomorphiques et montrer l’ancrage
socio-historico-philosophique de certains corpus scientifiques.
Ses travaux sur les inégalités scolaires s’inscrivent dans le paradigme
de l’individualisme méthodologique. L’économie politique de la
fin du travail pour tous conduit à considérer le revenu de citoyenneté
universel comme une utopie réaliste à la redistribution de la richesse.

 

1
Sciences et idéologies

Suis ton chemin
Et laisse dire les gens !

 

Se pourrait-il que les coupures communément admises entre sens
commun/connaissances scientifiques, sciences molles/sciences dures,
oeuvres de jeunesse/oeuvres de maturité, sujet/objet, idéologies/science
soient plus complexes que de simples fractures ? Le paysage dévasté
du champ de la pensée ressemble davantage aux lendemains d’un cataclysme
: effondrement des méga-théories ; collusion des A.I.E. (appareils
idéologiques d’État) et des I.S.M. (institutions scolaires marginales)
; rapprochement de la littérature, des sciences, de la religion ;
redécouverte de BATAILLE comme le plus illustre des économistes
inconnus du XXe siècle ; recherche d’un nouveau paradigme et du passage
du Nord-Ouest ; le bonheur-liberté ; l’affrontement commémoratif
d’un THOM et d’un ABRAGAM à l’Académie des Sciences (1984).
Tout cela ne caractérise-t-il pas encore l’esprit du temps symptomatique
d’une crise de la civilisation, du télescopage des civilisations et
des continents de l’âme et de la science ?
Alors osons prendre le problème par l’autre bout du bâton, pas du
côté de la neutralité mais du biais, pas du côté de l’honnêteté pontifiante
mais de la supercherie sordide, pas du côté du désintérêt distant mais de la survie, pas du côté de l’autonomie des [4] sciences mais de
l’ancrage socio-historico-philosophique des corpus scientifiques. Posons
carrément : Et si les scientifiques étaient parfois aussi des escrocs ?
Et si les sciences étaient parfois aussi chimères ? Et si parfois
aussi les idéologies étaient constitutives des sciences ? Et si « tout
était bon » pour reprendre le mot de FEYERABEND ?
Nous essaierons de voir s’il n’y a pas lieu de dépasser des interprétations
puristes des conditions de production des idées à partir de deux
cas – l’affaire LYSSENKO et l’affaire BURT – pour s’interroger sur la
nature sociale des connaissances scientifiques et finalement sur le statut
de la science comme discours, l’originalité s’il y a, le défi, certes,
étant d’établir des correspondances entre ces deux « corpus savants ».
Le concept d’isomorphie est ici central. On appelle isomorphie la correspondance
entre deux ensembles apparentés par l’existence d’un
même système de relations.

 

2
Sciences bourgeoises,
sciences prolétariennes

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