Pouvoirs Spirituels et Psychiques


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Auteur : Coquet Michel
Ouvrage : Pouvoirs spirituels et psychiques – Essai d’explication des miracles et pouvoirs paranormaux
Année : 2011

 

 

Où que vous soyez, quoi que vous fassiez,
souvenez-vous que vous passez …
Yvonne-Aimée
Ma bouche prononcera des paraboles,
elle clamera des choses cachées depuis
la fondation du monde.1
Jésus-Christ

Magna est veritas et prevalebit
(Grande est la Vérité et elle prévaudra)


1. Matthieu, XIII, 35.


 

 

INTRODUCTION

Je suis bien conscient que le sujet de ce livre soulèvera doutes et contestations.
Je tiens aussi à informer les lecteurs que je considère cet aspect
de la vie comme secondaire par rapport à la pratique de la contemplation
visant à réaliser la Soi-conscience. Cependant bien des questions
ont été posées sur les pouvoirs psychiques trop souvent confondus avec
les facultés spirituelles, et cela justifiait une étude.

Il n’est que de lire les ouvrages sur ce thème pour se rendre compte que
l’on confond souvent l’aspect conscience et l’aspect énergie. La question
est vaste et peut intéresser autant les médecins que les religieux ou les
parapsychologues. D’autre part, nous sommes confrontés au fait que les
connaissances sur les chakras et les pouvoirs qui leur sont inhérents, ont
été soigneusement voilées afin de ne pas être mises dans des mains ambitieuses
ou pires. Par exemple, Tsongkhapa (1355-1419), le grand réformateur
du bouddhisme tibétain, dut imposer de nouvelles règles pour un
bouddhisme déjà profondément altéré par son contact avec les chamans
Bônpos. Les règles rigoureuses, morales et mentales qu’il mit en place ont
permis aux moines de se préparer à recevoir la puissante énergie provoquée
par la pratique des grands tantras. En vue de protéger ces moines,
il formula des interdits quant à la nécromancie, aux relations sexuelles,
à l’alcool, etc., et fonda l’ordre des Gelugpas (ceux qui ont des coutumes
vertueuses) dont les adeptes se distinguent des non-réformés par le port
d’une coiffe jaune à la place d’une noire ou d’une rouge portée par les
premières sectes de bouddhisme. 40000 moines et lamas furent exilés
et l’on imposa au novice au moins douze ans de purification physique
et morale avant d’être considéré apte à recevoir les initiations favorisant
l’épanouissement des pouvoirs latents supérieurs. Cette préparation avait pour but d’éviter les dangers d’un développement des siddhis inférieures,
tout en protégeant la pureté de la tradition.

Les pouvoirs supranormaux exercent, même au sein de notre société
matérialiste, une fascination que ne démentent pas le cinéma ou la littérature.
L’homme est si peu lui-même, emporté dans la violente compétition
mondiale imposée par une politique de consommation à outrance
que le temps lui manque. Il est alourdi par les responsabilités familiales
et poussé à l’extrême de ses ressources. La conséquence est l’apparition
d’un stress permanent, d’une perte de confiance (et souvent de santé)
en lui-même tout d’abord et dans un monde sans âme ensuite. À l’égal
des plus jeunes, il cherche à perdre de vue sa condition et s’illusionne
pendant ses moments de repos en vivant par procuration des exploits
réalisés par les autres. Une telle attitude conduit un individu à l’inertie
mentale et à la perte de ses capacités psychiques. Ce héros sans vision ni
espoir cherche souvent une échappatoire dans la drogue, les distractions
intoxicantes; l’alcool, les discothèques, les musiques aberrantes, la télé, les
jeux vidéos, etc. Au mieux, il se contentera d’adhérer à un groupe quelconque
dans lequel il trouvera un héros auquel s’identifier (footballeur,
politicien, chanteur, etc.). Ce manque de confiance en soi se traduit par
un goût immodéré pour les supermen, les puissants magiciens, (voyez le
succès de la Guerre des Étoiles ou d’Harry Potter !), un vrai jeu de rôle qui
fait d’eux des héros virtuels sans prise de risque et sans effort! Mais tout
cela n’est qu’un rêve sans lendemain et la réalité a tôt fait de remettre les
consciences dans le train des réalités quotidiennes.

Nous n’écrivons pas pour les curieux et encore moins pour les ambitieux,
mais plutôt pour les gens profondément spirituels qui, en complément
de leurs études en religion ou en philosophie, cherchent sincèrement
la connaissance de Dieu, du monde et d’eux-mêmes, car en définitive ce
qui est recherché est en soi et nulle part ailleurs!
Si l’on attribue une réelle valeur spirituelle aux religions hindo-bouddhistes,
ainsi qu’aux systèmes ésotériques présents au coeur de chacune des
trois dernières religions, la kabbale juive, la gnose chrétienne et le soufisme
de l’islam, on se doit de les entendre lorsqu’elles enseignent que le but
de l’âme incarnée dans un corps le court laps de temps d’une existence,
est essentiellement de se perfectionner et de s’éveiller. Ce n’est qu’une
fois cet éveil accompli, qu’elle pourra comprendre, réaliser et fusionner
avec ce qu’elle est fondamentalement, un Esprit, une pure êtreté divine
qui n’attend de nous qu’une reconnaissance et un embrasement. Celui
qui atteint cet objectif idéal de perfection sera considéré comme un être

parfaitement éveillé, un Bouddha, un Christ. Cet éveil de la conscience
au cours d’une multitude d’existences terrestres est la cause naturelle
d’un éveil parallèle des vertus de l’âme et des facultés permettant à un tel
homme une maîtrise sur le monde dont il cherche à se libérer. C’est là le
sujet de notre étude.

D’autre part, nous ne pouvions passer outre une recherche (même
succincte) sur l’évolution parallèle à l’humanité, connue de toutes les
religions de manière populaire et souvent superstitieuse, une évolution
constituée d’entités angéliques, ou déviques selon la terminologie
orientale, les deux évolutions étant intimement reliées. Cette obligation
d’étudier ou de prendre en compte l’évolution angélique découle d’une
réalité fort simple: aucun des phénomènes que nous allons étudier ne
peut exclure leur présence puisqu’ils sont l’essence même de toute forme
et de tout phénomène. Comme le mot ange n’exprime plus du tout la
vérité, nous avons préféré le remplacer par son homologue sanskrit, déva.

Sachant combien les termes techniques utilisés peuvent être cause de
confusion et de malentendu, j’aimerais préciser que lorsque nous parlons
du psychisme, nous envisageons la nature astrale et mentale (inférieure
et supérieure) de l’homme. Lorsque nous parlons de spirituel, nous avons
en tête l’aspect âme ou conscience de sa nature. Et nous utilisons l’expression
« divin )) pour tout ce qui dans l’homme se rapporte à son Dieu intérieur
(Esprit, Soi, âtma, Brahman ou Père).
Et puisque nous avons puisé nos sources dans l’hindouisme et le
bouddhisme, nous utiliserons le mot sanskrit siddhi pour désigner un
pouvoir paranormal.

Cet ouvrage aurait pu se limiter à l’étude des siddhis, mais cela aurait
impliqué une sélection arbitraire, la fragmentation d’un tout, et n’aurait
pas permis de dégager d’autres dimensions de la connaissance des siddhis.
Je ne fais pas de parapsychologie et cette étude n’a d’intérêt que parce
qu’elle nous rapproche de l’âme et de sa perfection. J’ai donc élargi le
sujet afin de donner au lecteur une vision d’ensemble et non une simple
énumération de facultés plus ou moins merveilleuses.

Je reste tout à fait conscient des lacunes restant à combler car cette
connaissance est demeurée depuis des siècles prudemment voilée entre les
mains des grands instructeurs de la race. Tout en m’inspirant de ce qu’ils
ont eux-mêmes révélé et en respectant le secret de ce qui doit le rester, il
m’a semblé utile de la dépoussiérer des superstitions qui l’enlaidissent

depuis des siècles, que ce soit à cause des interprétations religieuses issues
de dogmes désuets, d’une banale ignorance intellectuelle ou de l’imaginaire
débridé des nouvelles générations nourries d’une littérature et d’un
cinéma à effets spéciaux. La vérité sur ce sujet est plus belle, plus discrète
aussi. Elle ne pavoise pas sur les toits, ne s’exhibe pas, mais s’illumine
chaque jour davantage dans le mystère de son êtreté.

La science est devenue la référence en termes de vérité expérimentée.
Elle a fait un bond énorme et ne s’arrêtera plus. Il est urgent que tous les
spiritualistes fassent eux aussi l’effort de tendre la main à cette science sans
conscience car nos vues se rapprochent de jour en jour. Chaque découverte
scientifique confirme les connaissances des anciens, et loin d’être
une compétition du savoir, c’est d’une collaboration dont nous avons
besoin, une collaboration franche, fraternelle et dénuée d’intérêt personnel
ou économique qui permettra d’aller plus vite et mieux pour sauver la
planète et imposer une éthique qui n’est rien d’autre que l’expression de
la nature de l’âme au coeur de l’existence matérielle de l’humanité.

Enfin, en ce qui concerne le choix des sages, saintes et saints évoqués
en vue de donner des exemples de la nature et de l’identité des siddhis
ou pouvoirs supranormaux, je prends la responsabilité de mon choix,
mais nullement de l’authenticité de la personne ou des pouvoirs qu’elle
est supposée avoir possédés tels qu’ils sont décrits dans les ouvrages qui
en parlent, à l’exception, évidemment, de ce dont je fus moi-même le
témoin et l’expérimentateur. C’est à chacun de se faire une opinion sans
apriori, de chercher et d’expérimenter. Ce que j’écris est le résultat d’une
longue investigation qui ne se prétend pas la seule vérité, mais l’expression
prudente d’une hypothèse de travail que chaque lecteur doit, s’ille
souhaite, infirmer ou confirmer selon ses propres recherches et réflexions.
La vérité ne s’impose jamais par dehors, elle se dévoile par le dedans.2


2. Pour le confort du lecteur français, nous avons employé à la fin des mots sanskrits la lettre << s » pour marquer le pluriel.


 

PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE 1

 

Il y aura là, une route qu’on appellera la Voie Sacrée,
aucun impur n’y passera,
les insensés n’y erreront pas.
(Isaïe XXXV, 8)

Dans le chaos des superstitions populaires,
il y eut toujours une institution qui empêcha
l’homme de tomber dans un entier abrutissement;
ce fut celle des Mystères.
(Voltaire)

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