LA FACE CACHÉE DE L’ÉCOLE


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Auteur : De Tocquesaint Arnaud
Ouvrage : La face cachée de l’école – Essai de déconstruction idéologique
Année : 2013

 

 

 

4ème de couverture
Défiant la police de la pensée qui sévit au « pays des
droits de l’Homme », La. Face cachée de l’École mène
une analyse fouillée et sans langue de bois du
délitement d’une institution qui fit pendant un siècle
l’admiration du monde entier. Dépassant une vision
trop souvent édulcorée ou cloisonnée du problème, ce
livre l’aborde par le cœur : la stratégie de sape
habilement mise en œuvre par les antinationaux.
Pour la première fois, un auteur envisage
l’abaissement de l’instruction dans sa globalité,
comme un système de pensée et d’action, comme un
objectif idéologique en passe d’être atteint. La Face
cachée de l’École est un livre de prophétie politique,
un livre qui élève.
Arnauld de Tocquesaint est historien et essayiste,
spécialiste des questions scolaires.

 

 

PRÉFACE
Qu’ils soient tenus en place publique ou en cercle plus
spécialisé, les discours portant sur les maux de !’Éducation
nationale française confinent au grotesque. Conditionnés
par l’ignorance générale et une stratégie de détournement
orchestrée par l’appareil politique, ils ne portent jamais sur
les véritables causes et rouages qui ont fait charogne d’un
système envié autrefois à travers le monde. Tenons-en pour
preuve le faux débat actuel sur la semaine de quarre jours
et demi, que personne n’a demandée mais qui nourrit la
manoeuvre dite du hareng fumé, dont Vincent Peillon use et
abuse. Ce projet, qui ne répond à aucun souhait particulier
ni ne propose quelconque solution à court ou long terme,
a l’immense avantage de confisquer l’intérêt pour les réels
enjeux et analyses tout en monopolisant les parents sur
l’unique bordel d’organisation familiale à venir. Bref, on
brasse du rien pour masquer le tour.

 

 

La première condition à toute réflexion pertinente est
donc d’avoir à l’esprit le schéma structurel d’une hiérarchie
qui n’a plus rien de nationale tant elle satisfait des intérêts
d’orientation mondialiste. Nous proposerons donc en guise
de préambule au travail d’Arnauld de Tocquesaint un rappel
analytique de la régie pyramidale déterminant le pseudo enseignement
dispensé à notre jeunesse.
En base de cette représentation, la masse des principaux
concernés dont, disons-le clairement, la voie et l’intérêt valent
pour pets de lapins dans les prises de décisions: parents, élèves,
professeurs et peuple sont les soucis cadets des instances
directrices. Selon cette dimension verticale montante vient
ensuite tout un appareil administratif composé de chefs
d’établissement, d’inspecteurs à responsabilités variées, de
recteurs et autres sous-fifres dont la tâche essentielle est de
veiller au bon fonctionnement et à la bonne application de
consignes décidées en amont. Ce corps administratif dispose
donc d’une autonomie très relative et regroupe des personnels
à vocations diverses allant de la corruption1 éhontée du
carriériste à l’honnêteté sacerdotale du fonctionna ire intègre.
Le sens de lecture porte ensuite au ministre de
l’Éducation dire nationale, censé être l’autorité française
en la matière et principal décideur en fonction de l’intérêt
majeur de la population dont il est redevable. Cependant,
depuis plusieurs décennies, la figure ministérielle n’est plus
garante de rien et son activité essentielle consiste en le
relais de recommandations imposées par l’ordre européen,
l’entretien d’un électorat de profs et la manipulation susdite
relevant du détournement d’opinion publique. La rupture
est ici. Auparavant envisagé, de façon sommaire, comme


1. Voir la deuxième partie de notre article  » Le pion, la brute et le truand ,,
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-pion-la-brute-et-le-truand-6899.html.


foncièrement protecteur de l’avenir de notre jeunesse et
nation, le ministre de l’Éducation française, sorte de VRP
euro-carte, est aujourd’hui le chien des pires instincts de la
nouvelle oligarchie, sans plus. Cette castration d’autorité
trouve son pendant complice en une opposition syndicale
de carton-pâte qui, si elle eut une fonction contraignante
par le passé en instaurant de la contradiction sociale, a perdu
aujourd’hui tout crédit par abus de privilèges et incapacité à
produire de véritables réflexions. Cette double déconfiture
s’est matérialisée en une piètre coalition d’intérêt où chacun
feint de jouer hypocritement son rôle tout en prenant garde
de ne pas libérer son siège par crainte qu’on le lui prenne.
Pitoyable.
Remontant la pyramide de notre disgrâce nationale,
entrons maintenant dans les arcanes européistes, où se perd
l’avenir de millions d’enfants. À noter que nous passons outre
la fonction protectrice du chef d’État puisque le président de
la République n’intervient en rien quant à ce qui nous occupe,
à l’exception de deux ou trois saillies en périodes électorales
en espoir de collecte de voix. Plus personne ne tient donc
vraiment la baraque, la basse-cour trouve donjon fermé et
voit son sort remis en mains de suzerains d’autres contrées,
qui entrent dans notre futur comme dans un moulin pour
piller les réserves de nos temps prochains.
Androulla Vassiliou est la commissaire à !’Éducation,
la Culture, le Multilinguisme et la Jeunesse. Rien que ça.
Elle n’a pas été élue mais nommée par Barroso. Le premier
constat est donc celui du caractère non-démocratique de
l’exercice politique d’une haute responsable de l’Union
européenne (UE). Avant 2012, année de sa nomination,
elle évolua professionnellement dans le milieu bancaire en
tant que conseillère juridique de la Standard Chartered,

importante entité financière réalisant de colossaux profits sur
les marchés asiatiques et africains puis à la Bank of Cyprus
avant de se reconvertir en femme de président. L’une des plus
hautes dirigeantes en charge de la formation intellectuelle,
culturelle, sociale et morale des élèves, apprentis et étudiants
français est donc une banquière parachutée sans aucune
expérience dans le domaine et qui n’a pas eu recours à la
légitimité des suffrages pour occuper sa fonction.
Sa responsabilité consiste à prolonger les grandes
lignes idéologiques prescrites dans les textes européens
fondamentaux et à veiller à leur application dans le champ
qui lui a été confié. Par le biais de sous-commissions,
programmes et enquêtes menés par des exécutants de
l’ombre, elle est donc garante de la fin des souverainetés
nationales sur leur système éducatif. Son autre rôle, moins
connu, est la surveillance de la bonne allégeance des ministres
concernés accompagnée d’avertissements, flicage et autres
sanctions en cas d’insoumission. Cette posture est cependant
illégale selon le Traité sur le fonctionnement de l’Union
européenne (TFUE), qui place l’ éducation au rang des
compétences d’appui respectant l’autonomie de gestion des
pays membres uniquement censés recevoir conseils de la part
de la Commission. Il n’est d’ailleurs rien de plus illustrant
pour vérifier que l’UE enfreint ses propres codes en toute
impunité que les allocutions de Viviane Redding, ancienne
commissaire de !’Éducation au brushing improbable,
véhémente et zélée, grande offusquée du sort des Roms mais
employeuse de sans-papiers à bénéfice personnel sur le dos
du contribuable2.
Enfin, il serait stupide de penser que tout cela n’est


2. Sur ce point, voir notre article  » Quand l’Union européenne triche à son propre jeu  » :
http ://www.egaliteetreconciliation.fr/Quand-l-Union-Europeenne-triche-à-son-propre-jeu-8039.html.


qu’affaire de politicards autoproclamés et d’ignorer la grande
influence des groupes de pression qui terminent la structure
annoncée. La collusion entre instances européennes et
lobbyisme n’est même plus un secret de Polichinelle et la
suprématie de l’économique et du financier sur l’intérêt
public s’affirme aujourd’hui sans la moindre retenue ni
stratégie déguisée. L’Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE) et le Table ronde
européenne (European Round Table, ERT) sont en ce sens
les entités les plus agressives. Si l’une est assez connue, l’autre
entretient sa redoutable et permanente activité dans une
opacité totale qui ne supporte aucune pénétration d’autorités
officielles. L’ERT, qui rassemble les représentants des 45 plus
grandes entreprises européennes (Total, Nestlé, Siemens … ),
exerce, entre autres, son influence sur la rédaction de tous les
textes fondamentaux de l’UE et impose ses lois de destruction
sociale au nom du sacro-saint principe de « stimulation de
la compétitivité mondiale3 ». Elle est organisée en groupes
de travail relatifs à mus les champs de l’activité politico-économique
et affiche une conception très clairement arrêtée
de l’éducation qui « doit être considérée comme un service
rendu au monde économique4 ». Sans commentaire. Anecdote
tristement drôle, l’un des présidents les plus actifs du « groupe
éducation » fut François Cornélis, sans doute un expert en
pédagogie et PDG de Pétrofina …
Quant à l’OCDE, elle fournit des programmes de
destruction de systèmes nationaux « clés en main » en prenant
jusqu’au soin d’en livrer la stratégie: «Pour réduire le déficit
budgétaire, une réduction très importante des investissements
publics ou une diminution des dépenses de fonctionnement ne


3. Voir le rapport sur l’ERT de l’Assoreveil : http://assoreveil.org/err.lrnnl.
4. Idem


comportent pas de risque politique. Si l’on diminue les dépenses
de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité
de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire,
par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux
universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre
d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment
à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une
baisse graduelle de la qualité de l ‘enseignement et l’école peut
progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des
familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par
coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de
telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la
population » (Christian Morisson, ancien chef de la division
du centre de développement à l’OCDE, consul tant auprès de
la Banque mondiale, du Bureau international du travail et de
l’OCDE a écrit ces propos dans La Faisabilité des ajustements
économiques, cahier d’économie politique n° 13 de l’OCDE).
Il semble que les choses ne puissent pas être plus clairement
exposées.

Divers enseignements s’imposent au constat de cette
séquence lobby-commission européenne-ministre de
l’éducation/syndicats-corps administratif- parents/ élèves/
profs/ peuple.
La série doit d’abord s’envisager objectivement pour ce
qu’elle est : un appareil idéologique destiné à scléroser les
indépendances nationales et formater les jeunes esprits en
vue de les modeler aux aspirations du mondialisme oligarque.
Arnauld de Tocquesaint fait une démonstration sans appel des
amputations agressives effectuées au cours de la composition
des programmes scolaires et de leur répartition selon le
niveau d’études. On pourrait ajouter à ce point fondamental
une constante incitation, voire exhortation, à la mobilité

géographique intrinsèque à la préparation de populations
nomades et malléables dont le déracinement identitaire est
plus qu’encouragé. Programmes d’études hors frontières de
diverses natures, bourses, skill5 accreditation card (sorte de
passeport européen recensant les compétences), et validations
internationales des niveaux acquis par des organismes
privés ne son que peu d’exemples de ce conditionnement
à l’orientation professionnelle apatride. Quant à
l’assujettissement de l’éducatif au tout-économique, on en
trouve de nombreuses manifestations relies, entres autres, les
axes de tâches préconisées dans le Cadre européen de langue :
«salutations de l’employé», « remerciements de l’employé», «se
renseigner sur la durée du préavis », « comprendre et suivre les
règles d’embauche », « présider une réunion », « donner son
accord sur l’achat!6 ». Là encore on ne peut être plus clair dans
les attentes de formation.
Ajourons que ce façonnage d’esprits est parallèlement
accompagné d’un abrutissement intellectuel et culturel
délibéré fort bien détaillé par Jean-Claude Michéa dans
L’Enseignement de l’ignorance. À l’exception des rares éléments
de pôles d’excellence qui bénéficient encore d’une formation
minimale motivée par des fonctions à venir exigeant un
seuil de culture et d’autonomie critique sommaires, le reste
des « apprenants » n’est en rien destiné au développement
d’entendement, en raison du risque d’une trop gênante
appréhension du monde et d’une dangereuse indépendance.
La majorité d’entre eux sont donc considérés soit comme des
techniciens moyens à vocation pragmatique qui ont « une
demi-vie de dix ans, le capital intellectuel se dépréciant de 7 %
par an, tout en s’accompagnant d’une réduction correspondante


5. Voir notre article « I:école des nomades » : http://www.egaliteetreconciliation.fr/L·ecole-des-nomades·5914.html.
6. ldem


de l’efficacité de la main d’oeuvre7 » soir comme des inutiles
qui « ne constitueront jamais un marché rentable » et donc
l’ « exclusion de la société s’accentuera à mesure que d’autres
vont continuer à progresser2 ». A partir de là, c’est open bar,
tittytainment en perfusion pour tout le monde, TF1, RSA,
foot, shit ou shopping, chacun sa came, le tout étant de
maintenir sous contrôle un troupeau de consommateurs
abrutis et inoffensifs qui iront se faire garder à l’école, où
on leur expliquera l’égalité entre citoyens selon une mixture
sociétale prévenant de tous risques de compréhension
fondamentale, de culture solide, de morale ferme et d’éveil
intellectuel.
Le schéma d’organisation décrit a par ailleurs engendré un
tour autre phénomène, beaucoup moins connu et abordé : la
transformation de !’Éducation nationale en cliente du marché
dominant. N’oublions pas que le but de ces braves membres
de l’ERT est d’engranger pépètes et développer la puissance
du groupe coré en bourse. Fort de son accaparement,
l’oligarchie financière et économique a trouvé dans la faillite
et la lâcheté de l’administration politicienne un segment de
ventes qui semble illimité. L’argent public remplit désormais
les caisses de sociétés d’équipements informatiques, de
production de didacticiels ou d’aménagement multimédia
high-tech. Là encore, les illustrations de cette soumission du
politique au lobbyisme économique ne manquent pas. Les
conseils généraux ou régionaux inondent les établissements
de machines qui finissent au placard pour cause de double
emploi, offrent en masse des tablettes pré-configurées aux
élèves en échec parce que les pauvres petits ont du mal
à apporter les manuels en classe, ou plongent les salles de


7. Rapport de la Commission du 24 mai 1991 repris à plusieurs reprises dans Tableau noir (Gérard de Selys et Nico Hirtt, EPO, Bruxelles, 1998).
8. Rapport de la Table ronde, février 1996. Cité dans Tableau noir, p. 43.


philo dans l’obscurité car Platon et Kant se découvrent
maintenant à la lueur d’écrans en tous genres9. Comme le dit
fièrement Borredon, PDG du groupe ITOP, les académies
sont devenues les « partenaires » des fournisseurs en haute
technologie.
Enfin, il est impossible d’éviter, par le biais de la hiérarchie
décrite, un énième constat de la faillite d’une prétendue
gauche au profit de la pire des droites. La saisie de l’école
par infiltration de l’économico-financier n’a été possible
que par l’asservissement, la lâcheté et la bêtise d’un corps
politique qui mériterait l’inculpation pour haute trahison.
Considérée comme l’un des derniers remparts à l’immoralité
du libéralisme sauvage, l’école est devenue perméable à
ses perversions. Affaiblie, dénaturée, discréditée et non
protégée, elle ne fut que la proie facile pour les charognards
en quête de nouveaux champs d’expansion. D’influence
étasunienne, les sciences de l’éducation émergent peu avant
les années 60 et regroupent autour du pédagogisme un
conglomérat d’approches plus ou moins fumeuses selon le
cas (pragmatisme, behaviorisme, constructivisme et plein
d’autres« ismes ») qui ont fait depuis longtemps leur preuve
outre-Atlantique en matière de création d’illettrés10.

Incapable de reconnaître ses erreurs et de tirer leçon,
un gauchisme forcené, amplement décrit dans La Face
cachée de l’École, a détruit notre modèle éducatif plaçant un
«apprenant» en sucre au centre de tout, réduisant le professeur
au rang d’accompagnateur sans autorité, introduisant
le sociétal en abondance aux dépends de l’instruction,
immisçant le communautarisme au mépris du sentiment
national, les pédagos ont offert nos enfants au délitement
moral, à la faillite scolaire, au déracinement culturel, à la
rupture du pacte social. Aujourd’hui « L’apprenant » te
crache à la gueule et son « vas-y (foire enculés » est à peine
sanctionné. Autant faire confiance à Dolto pour l’avenir de
notre jeunesse, quand on voir ce que son partouzeur de fils
est devenu … Aujourd’hui, le sparring partner gauchiste a
pratiquement disparu, car désormais inutile à l’installation
des nouveaux maîtres, cerces, Mme Machin continue toujours
son apologie d’une lointaine mixité avant de retourner vire se
faire épiler la charte chez Dessange, mais l’épaisseur politique
de la majorité des enseignants se mesure aujourd’hui en
millimètres. La fausse résistance a donc fait place au désert
idéologique.
Prise de pouvoir néolibérale favorisée par la faiblesse
politicarde, abrutissement volontaire de populations adaptées
aux exigences du marché, clientélisation de l’Éducation
nationale et déliquescence idéologique d’une gauche idiote
diluée dans les intérêts de la droite mondialiste, voilà ce qui
détermine l’avenir de nos gosses et de notre pays.
La représentation de la hiérarchie pyramidale énoncée
doit présider aujourd’hui à toutes réflexions sérieuses avant
d’envisager une quelconque résistance. Cette prise de
conscience nécessaire s’avèrera bien plus utile que les manifs
de pseudo-syndicats ou le matraquage aveugle et incessant
également subi, et à tort en ce cas, par les personnels éducatifs
intègres, responsables et professionnels qui, à l’opposé des
corrompus ou imbéciles, préservent les jeunes esprits de cette
décadence générale.
Ruben Azahar

AVANT-PROPOS
En 2008, la Palme d’or du festival de Cannes – dont on
pouvait espérer qu’il était un festival de cinéma et pas une
tribune idéologique – a été attribuée au film Entre Les murs
de Laurent Canter, tiré du livre de François Bégaudeau, ex-professeur
stalinien devenu libertaire et «écrivain». Ce livre
et ce navet veulent pourfendre l’« idéologie réactionnaire ». lis
prônent, sans grande originalité, un soi-disant « réalisme» qui
consisterait à « s’adapter et non exclure », c’est-à-dire à adapter
l’École aux élèves et non l’inverse, c’est-à-dire plier l’institution
scolaire aux exigences – fort variées par ailleurs – des enfants et
adolescents. Les deux« artistes »ne savent probablement pas que
c’est ce qui est déjà explicitement demandé aux professeurs par
le ministère : « Le professeur est capable d’adapter son enseignement
à la diversité des élèves [ … ] de participer à la conception d’un projet
personnalisé de scolarisation, d’un projet d’accueil individualisé1. »

Or, l’apologie de la démagogie donne depuis quarante ans les
résultats que les professeurs connaissent tous, du moins ceux qui
sont encore devant des élèves ce qui, à sa décharge, n’est plus
le cas de monsieur Bégaudeau qui a déserté le navire aussi vire
que le capitaine du Concordia. Il préfère le strass et les paillettes,
on peut le comprendre. Le métier n’était-il plus intéressant?
Le salaire n’était-il plus suffisant? Les élèves n’étaient-ils plus
« sympas » ? Le chahut n’était-il plus aussi mélodieux? Arrêtons
l’hypocrisie! M. Bégaudeau n’est pas habilité à parler de l’École
qu’il a – heureusement – abandonnée.
Philippe Meirieu, Grand Prêtre du pédagogisme droit-de-l’hommiste,
s’est lui-même désolidarisé du film : il a déclaré,
avec raison, que « le film montre exactement ce qu’il ne faut pas
faire en matière de pédagogie2 ». La pédagogie du professeur
repose sur « l’affect » et il est «sans cesse entraîné par Les élèves
sur leur propre terrain, au lieu de les tirer vers le haut, vers la
culture et le savoir ». Parfois, les dérapages sont plus graves:
quand une élève lui dit qu’elle n’aime pas la France, notre
hussard de la République répond qu’ il n’est pas non plus
toujours fier de son pays3. Mais de cela, l’écolo-gauchiste
Meirieu ne dit mot.
L’École républicaine, jusqu’en 1968, avait ses défauts et
nul n’en disconvient; elle n’était pas parfaite et il est inutile
de ressasser une nostalgie stérile de l’École de Jules Ferry. Elle
fonctionnait, à partir du lycée surtout, sur un mode élitiste et
était en grande partie réservée aux classes dirigeantes. Mais elle
ne mentait pas. Elle avait promis la gratuité et la laïcité: elle
tint parole. Elle avait promis d’éradiquer l’analphabétisme,

pour les garçons et les filles : elle le fit. Elle avait promis
d’instruire les enfants de six à treize ans dans les matières
fondamentales : elle le fit. Elle avait promis de préparer les
enfants à s’insérer dans le monde du travail : elle le fit. Elle
avait promis de récompenser les élèves méritants et d’aider les
nécessiteux : elle le fit. Elle avait promis la promotion sociale
par le travail et l’effort: elle le fit. Elle avait promis d’élever
tout un peuple dans l’unité nationale et la communion
patriotique: elle le fit. Elle avait promis de sanctionner la
fin des études primaires par un examen solide et reconnu :
elle le fit. Elle avait promis aux professeurs la reconnaissance
et le respect : elle le fit. Elle avait promis aux Français qu’ils
seraient fiers de leur École et ce fut le cas.
En cela réside la grande différence avec l’École post-68,
l’École qui ment. I’ École qui ment aux élèves, qui ment aux
parents et qui ment à ses professeurs. L’École de la démagogie
et du renoncement, l’École des ânes. L’École des fans et
celle des femmes. l’École des gauchistes et des syndicalistes
intégristes, main dans la main avec les ultra-libéraux qui n’ ont
surtout pas besoin de jeunes qui pensent et réfléchissent.

L’ÉCOLE DES FANS

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