Grenouille ou crapaud ?


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Étonnamment, il y en a qui ne font pas de différence entre les grenouilles et les crapauds. Bien que se ressemblant d’aspect, puisqu’appartenant tous deux à cette même famille de batraciens, il n’est pourtant pas compliqué de les distinguer : Autant la grenouille est mignonne, active et fringante, autant le crapaud est laid, paresseux et lourdingue. Et lourdingue, c’est justement le mot qui me vient à l’esprit pour qualifier ceux qui fourrent délibérément tous les Musulmans dans le même sac – qu’ils soient pratiquants ou pas – en se foutant du « pas d’amalgame » comme de leur première chemise.
Rassurez-vous, je ne vais pas m’y mettre moi-aussi à m’insurger contre les agressions anti-islamiques croissantes et à m’adonner aux pleurnicheries de circonstance à l’instar des amateurs du genre. Je me contenterai uniquement ici de recadrer ceux qui incriminent ma religion, qui est malencontreusement aussi celle des aïeux de certains « malfaisants ». Pas question non plus de contredire quiconque sur les nuisances occasionnées par les « racailles islamisées » comme ils les qualifient. Je les rejoindrai même, avec retenue néanmoins, pour déplorer et condamner tout agissement néfaste. Bien que rejoignant leurs conclusions sur certains points, je préciserai, sait-on jamais, que je ne partage pas le moins du monde les idées d’exclusion exprimées par les nationalistes et l’extrême droite.
En ce qui concerne les Musulmans, il y a ceux qui sont dignes de ce nom et les contrefaçons. Une contrefaçon, même lorsqu’elle ressemble fortement à l’authentique, reste irrémédiablement une contrefaçon ; si elle parvient à abuser les gens du commun, les connaisseurs ne s’y trompent pas. Alors quand un Musulman pratiquant (le connaisseur, donc) affirme que ses convictions sont contraires à celles des contrefaçons, pourquoi d’aucuns (les gens du commun) mettent-ils systématiquement sa parole en doute en le qualifiant implicitement voire ouvertement de menteur ou d’hypocrite ? Pourquoi s’acharnent-ils à interpréter négativement des versets du Coran et des Hadiths du Prophète (ص) équivoques – quand ils ne les forgent pas carrément – alors que la majorité des Textes Saints de l’Islam sont positifs, et alors que la majorité des Musulmans les expriment d’une tout autre façon ?
Force est de constater que, la plupart du temps, les indignations des détracteurs de l’Islam et des Musulmans sont plus à caractère ségrégationniste que philanthropique. La défense des droits de l’homme, de la femme ou des animaux est de plus en plus souvent prétexte à des règlements de comptes idéologiques. Comme les lois locales condamnent les outrages aux races et aux communautés religieuses, tout en permettant le blasphème, il reste possible d’offenser indirectement celles-ci en dénigrant leur religion. D’où les caricatures provocatrices, les attaques contre le Prophète de l’Islam (ص) et ses enseignements (volontairement déformés) et le dessein de faire proclamer caducs par les Autorités Musulmanes certains versets du Coran et certaines Traditions prophétiques. En vérité, en les tronquant ou en les citant hors contexte, les dénigreurs font dire aux Saintes Ecritures Islamiques le contraire de ce que son message global enseigne.
En réalité, il en est qui ne digèrent pas d’avoir dû quitter précipitamment des bleds dont ils s’étaient rendus maîtres – comme les « pieds noirs » –, d’autres qui n’admettent pas qu’on désapprouve leur mode de vie y compris leurs déviances, et enfin ceux qui ne souffrent pas qu’on critique la politique (militaire) de l’intouchable Etat d’Israël. Résultat : au moindre méfait commis par un nom à consonance musulmane, « grand remplacement », « racisme anti-blanc » et « antisémitisme » sont de sortie, à tort et à travers. Les complotistes iront jusqu’à qualifier la « terrorislamisation » de certains faits divers de diversions, destinées à relativiser les frasques des ex-victimes de pogroms, qu’elles soient juives, coptes, arméniennes ou rapatriées des colonies. Faut-il préciser qu’en exprimant impudemment et imprudemment de telles opinions, ils ne peuvent non seulement bénéficier des complaisances de la liberté d’expression mais s’exposent aux condamnations pénales prévues par les lois mémorielles.
On ne peut blâmer les peuples qui ont été injustement traités, voire massacrés, de susciter et d’entretenir à satiété des rancunes et autres « devoirs de mémoire » censés les prémunir contre toute récidive. On ne peut que s’associer à leurs légitimes indignations pour condamner les actes antisémites et anti-occidentaux, mais il est néanmoins des récriminations et des exigences qui sont exagérées. Les Musulmans accepteront sans problème de condamner l’interprétation erronée d’un Texte Sacré incitant à la discrimination ou au meurtre, en l’annotant en marge si nécessaire, mais estiment qu’aucune créature, fût-elle humaine, n’aura jamais autorité pour abroger la parole du Créateur de toutes choses. Alors, il ne faudrait pas se tromper d’ennemi en traitant les gentilles « grenouilles » et leur habitus comme de vulgaires « crapauds ».