La Grande Polémique Entre le Christ et Satan


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Auteur : White Ellen Gould
Ouvrage : La grande polémique entre le Christ et Satan
Année : 1888

 

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Qui était Ellen White ?
Qui était-elle et pourquoi est-ce que des millions de personnes considèrent que ses écrits ont une valeur et un sens particuliers ?
En quelques mots, on peut dire que c’est une femme qui avait des dons spirituels remarquables, et qui a vécu la majeure partie de sa vie au dix-neuvième siècle (1827-1915). Cependant, aujourd’hui encore, ses écrits exercent une influence révolutionnaire sur la vie de millions de personnes à travers le monde.
Pendant sa vie, elle a écrit plus de cinq mille articles de journaux ainsi que quarante livres. Aujourd’hui, si l’on inclut les compilations de ses cinquante mille pages manuscrites, il est possible d’avoir accès à plus de cent ouvrages au total (disponibles en anglais). C’est l’une des femmes écrivains les plus traduites dans toute l’histoire de la littérature. Et elle est en tous cas l’auteur américain le plus traduit. Ses écrits couvrent un large éventail de thèmes, comme la religion, l’éducation, les relations humaines, l’évangélisation, la prophétie, la publication, l’alimentation et le management. Son chef d’oeuvre qui traite d’une vie chrétienne réussie intitulé « Le meilleur chemin » a été publié dans plus de cent quarante langues et a transformé la vie de tous ceux qui l’ont lu.
Les Adventistes du Septième Jour croient que Mme White était bien plus qu’un écrivain remarquable. Ils croient qu’elle a été suscitée par Dieu comme son messager particulier pour attirer l’attention du monde sur les Saintes Ecritures et pour aider les gens à se préparer au second avènement du Christ. Dès ses dix-sept ans et jusqu’à sa mort, soixante-dix ans plus tard, Dieu lui a accordé environ deux mille visions et rêves. La durée de ces visions varie de moins d’une minute à près de quatre heures. Toutes les lumières et tous les conseils reçus lors de ces révélations, elle les a rédigés afin qu’ils soient partagés autour d’elle. Ses écrits sont donc considérés comme inspirés par les Adventistes du Septième Jour, et leur qualité exceptionnelle est reconnue même par des lecteurs non-adventistes.
Ainsi que l’on peut le lire dans Ce que croient les Adventistes (27 croyances fondamentales), les écrits d’Ellen White ne se substituent pas à l’Écriture. Ils ne peuvent pas être placés au même niveau. Les Saintes Écritures sont le seul et unique critère par lequel ses écrits comme les autres doivent être jugés et auquel ils doivent être soumis (page 232).
Et pourtant, Ellen White a écrit dans l’introduction de La tragédie des siècles (page 11) : « Mais le fait que la volonté de Dieu ait été révélée à l’homme na pas rendu inutile la présence constante du Saint Esprit. Au contraire, Jésus a promis d’envoyer le Consolateur aux disciples pour leur faire comprendre sa Parole et en graver les enseignements dans leurs coeurs. »
Ce qui suit est un récit plus détaillé de la vie et de l’oeuvre de cette femme remarquable qui, remplissant toutes les conditions d’un vrai prophète telles que les Saintes Écritures les présentent, ont permis de fonder l’Église Adventiste du Septième Jour.
Les premières années
Ellen et sa soeur jumelle Elizabeth sont nées le 26 novembre 1827, filles de Robert et Eunice Harmon. Parents de huit enfants, leur foyer était un lieu de vie passionnant et animé. Toute la famille vivait dans une petite ferme près du village de Gorham, dans l’État du Maine, au nord-est des États-Unis. Pourtant, quelques années après la naissance des jumelles, Robert Harmon abandonna l’agriculture, et déménagea dans la ville de Portland, avec toute sa famille, à près de vingt kilomètres de là.
Enfant, Ellen aidait beaucoup à la maison et assistait son père dans la fabrication de ses chapeaux. A l’âge de neuf ans, en revenant de l’école un après-midi, elle fut gravement blessée au visage par une camarade de classe qui lui avait lancé une pierre. Elle resta dans le coma pendant trois semaines, et durant les années qui suivirent, elle souffrit beaucoup des conséquences de cette blessure grave à son nez. Elle dut mettre fin à sa scolarité, et tous avaient l’impression que cette petite fille si prometteuse ne vivrait plus très longtemps.
En 1840, Ellen se rendit à un camp-meeting méthodiste avec ses parents, à Buxton, et c’est là, à l’âge de douze ans, qu’elle donna son coeur à Dieu. Le 26 juin 1842, elle fut baptisée par immersion à sa demande dans la baie de Casco, à Portland et devint ainsi membre de l’Église méthodiste.
Le message de l’avènement
En 1840 et 1842, Ellen assista à des réunions adventistes à Portland, avec d’autres membres de la famille, et y accepta les points de vue défendus par William Miller et ses compagnons, qui attendaient avec confiance le retour imminent du Christ. Ellen était une ouvrière missionnaire sincère, cherchant à gagner ses jeunes amis à Dieu et à faire sa part dans la proclamation du message de l’avènement du Christ.
Ellen était certes jeune, mais c’est avec autant d’intensité que les autres quelle vécut la Grande Déception du 22 octobre 1844, quand il fallut bien constater que Jésus ne revenait pas. Elle étudia donc sa Bible avec d’autres personnes, priant sincèrement, demandant de la lumière et des directions à prendre dans les jours d’incertitude qui suivirent. Tandis que beaucoup doutèrent ou renièrent leur passé adventiste, Ellen Harmon se joignit à quatre autres femmes lors d’un culte de famille chez un frère croyant, au sud de Portland, lors d’une fin de matinée de décembre. Les cieux semblaient proches au groupe en prière, et tandis que la puissance de Dieu reposait sur Ellen, elle fut témoin en vision du périple du peuple de l’Avènement en route vers la ville de Dieu (Premiers écrits, pages 16, 17). Tandis que cette jeune fille de dix-sept ans racontait, encore tremblante, sa vision, non sans réticence, au groupe adventiste de Portland, celui-ci accepta sa vision comme un éclairage venant de Dieu. En réponse à une vision ultérieure, Ellen voyagea avec de la famille et des amis de lieu en lieu afin de raconter ce qui lui avait été montré dans ses premières révélations et lors de celles qui suivirent, aux Adventistes dispersés ici et là.
Ces moments n’étaient pas faciles à vivre pour ces Adventistes qui avaient connu la Grande Déception. Non seulement ils subirent la moquerie et le ridicule du monde, mais même entre eux ils n’étaient pas unis, et toutes sortes de fanatisme virent le jour parmi leurs rangs. Pourtant Dieu, à travers la révélation, montra à Ellen Harmon l’issue de ces mouvements fanatiques, et elle eut la responsabilité de réprouver le mal et de désigner clairement les erreurs. Ce fut une oeuvre difficile à accomplir pour elle.
Mariage de James White et Ellen Harmon
Lors d’un voyage vers Orrington, Ellen rencontra un jeune prédicateur adventiste, James White, qui avait alors vingt-trois ans. Comme leur travail les amenait à se rencontrer souvent, ils développèrent de l’affection l’un pour l’autre, ce qui les conduisit à s’unir dans le mariage, à la fin du mois d’août 1846.
Lors des premières semaines de leur mariage, James et Ellen étudièrent assidûment un tract de quarante-six pages publié par Joseph Bates de New Bedford. Ce tract, intitulé Le Sabbat du Septième Jour, mettait en avant les preuves bibliques du caractère sacré du septième jour. Convaincus que les éléments avancés étaient basés sur les Écritures, ils commencèrent à garder le samedi comme le sabbat. Environ six mois plus tard, le 3 avril 1847, Ellen Harmon eut une vision de la loi de Dieu dans le sanctuaire céleste, avec un halo de lumière entourant le quatrième commandement. Cette vision amena une compréhension plus claire de l’importance de la doctrine du sabbat et confirma la confiance que les Adventistes avaient placée en elle (Premiers écrits, pages 32, 33).
James et Ellen White vécurent dans la pauvreté et la détresse au début de leur mariage. Les ouvriers du mouvement de l’Avent ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour le soutien financier, c’est pourquoi James White partagea son temps entre son oeuvre de prédicateur et ses travaux dans la forêt, sur les chemins de fer ou dans les champs pendant les moissons.
Le 18 août 1847, un fils, Henry, naquit dans leur foyer. Sa présence apporta de la joie et du réconfort à la jeune mère, mais Ellen White comprit bientôt qu’elle devrait laisser son enfant à des amis afin de continuer sa mission, en voyageant et en apportant les messages que Dieu lui avait confiés. Les années qui suivirent, elle écrivit de très nombreuses pages, se déplaçant loin pour visiter « le troupeau dispersé » et se rendant à des conférences.
Début de publication
Tandis qu’il se trouvait à Rocky Hill, pendant l’été 1849, James White commença la publication de Present Truth (Vérité présente), un bi-mensuel de huit pages. Les éditions qui suivirent plus tard comprenaient des articles signés d’Ellen White qui présentaient des éléments prophétiques sur l’avenir de l’église, ainsi que des exhortations et des conseils.
L’année 1851 marqua la publication du premier livre de Mme White, un ouvrage de soixante-quatre pages intitulé A sketch of the Christian Experience and views of Ellen G. White (Esquisse des visions et des expériences chrétiennes d’Ellen White). On peut désormais trouver ce premier document et son supplément de 1854 dans les pages 22 à 127 de Premiers écrits.
Les journées étaient épuisantes et éprouvantes, entre les débuts de la Review and Herald en 1850, ceux de Youth’s Instructor en 1852, l’acquisition d’une presse manuelle et la publication des périodiques à Rochester pendant les années 1852-1855. La maladie et le deuil ont joué leur rôle en provoquant la détresse et le découragement. Pourtant des jours meilleurs allaient venir, et lorsqu’en 1855, les croyants adventistes du Michigan invitèrent les White à Battle Creek en leur promettant de leur construire une petite imprimerie, la chance sembla avoir tourné.
Le déménagement à Battle Creek
En novembre 1855, la maison d’édition Review and Herald Publishing Association, ainsi que la presse manuelle et du matériel d’impression déménagèrent depuis les bâtiments loués de Rochester, pour le tout nouvel édifice de Battle Creek, qui avait été fourni si généreusement par des croyants adventistes.
Quelques jours après l’arrivée du couple White et de leurs collaborateurs dans l’oeuvre de publication, une réunion eut lieu pour envisager des projets pour la propagation du Message de l’Avent. A la fin de la réunion générale, un certain nombre de questions primordiales pour l’Église furent révélées à Ellen White. Elle les rédigea et les lut à l’Église de Battle Creek. Les membres d’Église reconnurent que ce message pourrait être d’un grand profit à tous les groupes de croyants, et en votèrent alors la publication. Au moment opportun, on sortit de la presse remise en route une brochure de seize pages portant le titre de Témoignages pour l’Église (Testimonies, volume 1, pages 113 à 126), le premier d’une série qui en cinquante-cinq ans totaliserait presque cinq mille pages, composant les neuf volumes en anglais de Testimonies for the Church (nous disposons en français de trois volumes qui condensent les neuf volumes originaux).
Ce que nous savons des années qui suivirent, c’est que James et Ellen White ont mis en place l’oeuvre de publication ainsi que l’organisation ecclésiale, se déplaçant ici et là en train, en carriole ou en traîneau. Ils ont souvent attrapé de sérieux coups de froid durant leurs longs voyages dans la campagne inhabitée, mais ils ont aussi bénéficié d’une protection particulière de Dieu contre les nombreux dangers qui les guettaient. On nous rapporte une liste d’éléments décourageants, telles des offensives destinées à anéantir leur travail, et une liste d’encouragements qui les fortifiaient. La puissance de Dieu apportait la victoire dans les vies des observateurs du Sabbat et la réussite du travail des pionniers dans l’avancement de la cause adventiste.
La vision du « Grand Conflit »
Lors d’une cérémonie d’enterrement qui eut lieu un dimanche après midi de mars 1858, à l’école publique de Lovett’s Grove (devenu depuis Bowling Green), Mme White reçut une vision du conflit qui oppose d’un côté Christ et ses anges, et de lautre Satan et ses anges (démons), conflit qui dure depuis la nuit des temps. Deux jours après, Satan tenta de lui ôter la vie, afin qu’elle ne présente pas aux autres ce qui lui avait été révélé. Cependant, soutenue par Dieu dans l’accomplissement de l’oeuvre qu’Il lui avait confiée, elle rédigea une description des scènes qui lui avaient été montrées. Le livre de 219 pages qui fut ainsi écrit, Spiritual gifts, volume 1, The Great Controversy Between Christ and His Angels and Satan and His Angels (le grand conflit opposant Christ et ses anges à Satan et ses anges), furent publiés pendant l’été 1858. Ce volume fut bien accueilli et hautement apprécié grâce notamment à sa description claire des forces ennemies présentes dans ce grand conflit, qui soulève les éléments importants de la lutte mais qui expose plus explicitement les dernières scènes de l’histoire de notre planète.
La maison de Battle Creek
Le journal intime d’Ellen White daté de la fin des années 1850 révèle que son temps n’était pas entièrement voué à l’écriture et à l’oeuvre publique. Les tâches domestiques, les relations de bon voisinage, en particulier avec ceux qui étaient dans le besoin, avaient toute son attention. Il lui est souvent arrivé de venir aider à plier des dépliants ou des brochures quand c’était le coup de feu au bureau de la Review.
En automne 1860, la famille White se composait de six personnes, dont quatre garçons âgés de quelques semaines à 13 ans. Le plus jeune, Herbert, ne vécut cependant que quelques mois, sa mort provoquant la première blessure au sein de la famille.
Le début des années 1860 fut occupé par la concrétisation des efforts pour la mise en place des organisations ecclésiale et administrative, ainsi que par des exigences d’écriture, de voyage et de travail personnel et par l’organisation de la première Conférence Générale des Adventistes du Septième Jour en mai 1863 qui fut le point culminant de cette oeuvre.
La vision de la réforme sanitaire
Deux semaines plus tard, James et Ellen White visitèrent la ville d’Otsego pendant le week-end, afin d’encourager les ouvriers missionnaires qui s’y trouvaient. Tandis que le groupe inclinait la tête pour prier au début du sabbat, Ellen White reçut une vision du rapport entre la santé physique et la spiritualité, de l’importance de suivre des principes adéquats dans le régime alimentaire et dans l’entretien du corps, ainsi que des bienfaits des remèdes naturels (air frais, soleil, exercice physique et eau pure).
Avant cette vision, on n’avait consacré que peu de temps ou de réflexion aux questions de santé, et beaucoup des pasteurs surmenés avaient été forcés de s’arrêter à cause de la maladie. Cette révélation faite le 6 juin 1863 fit comprendre aux dirigeants de l’Église nouvellement organisée la valeur de la réforme sanitaire. Dans les mois qui ont suivi, et tandis que le message sur la santé était désormais considéré comme faisant partie intégrante du message des Adventistes du septième jour, on inaugura un programme d’éducation sur la santé. Une des étapes préliminaires à cet effort fut la publication de six brochures de 64 pages chacune, intitulées La santé ou comment vivre, compilées par James et Ellen White. Chacune d’elles incluait un article de Mme White.
La valeur de la réforme sanitaire a laissé une profonde empreinte sur les premiers dirigeants de l’église à cause de la mort prématurée d’Henry White à l’âge de 16 ans, de la maladie grave de James White qui le força à cesser toute activité pendant trois ans, et aussi à cause des souffrances de nombreux autres pasteurs.
Au début de l’année 1866, en réponse à l’enseignement donné à Ellen White à Noël de l’année 1865 (Testimonies to the Church, volume 1, page 489), selon lequel il serait bon que les Adventistes du septième jour mettent en place un sanatorium pour prendre soin des malades et pour la transmission des enseignements sur la santé, des projets furent élaborés en vue du Western Health Reform Institute, qui ouvrit ses portes en septembre 1866.
Tandis que les White étaient présents de manière irrégulière à Battle Creek de 1865 à 1868, la faible condition physique de James White les amena à emménager dans une petite ferme près de Greenville. Loin des responsabilités stressantes du siège de l’église, Ellen White eut l’occasion d’écrire, et elle entreprit la présentation de l’histoire du conflit tel qu’il le lui avait été montré plus nettement dans des révélations ultérieures. En 1870, le volume 1 de The Spirit of Prophecy (L’Esprit de prophétie) fut publié, retraçant cette tragédie depuis l’histoire de la chute de Lucifer dans le ciel jusqu’à l’époque de Salomon. Le travail de cette série s’arrêta net, et il fallut attendre sept années pour que le volume suivant puisse être publié.
L’oeuvre s’étend
Le succès des camp-meetings adventistes qui eurent lieu dans le Wisconsin et le Michigan à la fin des années 1860 poussa les adventistes à réfléchir à des projets plus vastes pour l’avenir. James White participa activement non seulement à l’élaboration de ces rencontres mais également en s’y rendant, pour autant que ses responsabilités administratives pressantes et sa santé délicate le lui permettaient. Les longues périodes de surmenage lors des premiers pas de l’église, qui avaient été difficiles, la pénible tension accumulée par ses responsabilités éditoriales, en plus de celles de président de la Conférence Générale et directeur de divers comités institutionnels avaient détérioré sa santé. Ellen White accompagnait son époux dans ses périples, accomplissant sa part de prédication et d’oeuvre personnelle, et parfois, quand elle en avait le temps, elle avançait dans ses écrits.
Le couple se retrouva en Californie lors de l’hiver 1872-1873 afin de renforcer les projets d’Église sur la côte ouest des États-Unis. Ce fut le premier de leurs séjours prolongés dans cette région durant les sept années qui suivirent. Une vision importante fut accordée à Ellen White le 1er avril 1874, tandis qu’elle s’y trouvait, où elle eut une révélation sur la manière merveilleuse dont l’oeuvre de notre dénomination allait s’élargir et se développer, non seulement dans l’ouest américain mais également à l’étranger. Quelques semaines plus tard, des rencontres se déroulèrent sous des tentes à Oakland, et c’est après cet effort public que James White créa la revue Signes des Temps.
L’université de Battle Creek
A l’automne 1874, les White étaient de retour dans le Michigan, apportant leur aide à l’institut biblique, dirigeant les cultes du sabbat, et jouant un rôle de premier ordre dans l’inauguration de l’université de Battle Creek le 4 janvier 1875. Tandis qu’Ellen White se tenait là devant le groupe qui s’était rassemblé en provenance de plusieurs États américains pour l’occasion, à savoir la création de la première institution éducative de notre dénomination, elle raconta ce que lui avait été montré la veille dans une vision. Elle fit une description de l’oeuvre internationale qui devait être accomplie par les Adventistes du Septième Jour, ce qui marqua profondément les pasteurs et les croyants réunis, au sujet de l’importance et de la nécessité d’un tel établissement. Entre autres choses, elle décrivit des presses fonctionnant dans d’autres pays et une oeuvre bien organisée qui se développerait dans de vastes territoires où les Adventistes du septième jour n’avaient jusqu’alors même pas imaginé se rendre.
Ecriture et voyages
Durant les quelques années qui suivirent, le temps de Mme White était employé à rédiger la partie de l’histoire du conflit qui traitait de la vie du Christ et de l’oeuvre des apôtres. Ces éléments sont apparus dans les volumes 2 et 3 de The Spirit of prophecy (L’Esprit de prophétie) en 1877 et 1878. James White était très actif dans l’organisation de la Pacific Press à Oakland ainsi que la collecte de fonds en vue de l’agrandissement du sanatorium et de la construction du Tabernacle à Battle Creek.
Lorsque les White visitèrent ce nouvel établissement de santé près de St Helena au début de 1878, Ellen White laissa échapper un cri parce qu’elle avait vu ces bâtiments et leurs alentours dans une vision qui lui avait été donnée sur l’élargissement de l’oeuvre sur la côte ouest. C’était la troisième initiative de la côte ouest qu’elle avait eue lors de sa vision de 1874, les premières étant Signes des Temps et la Pacific Press.
Lors de la saison des camps-meetings à la fin des années 1870, Ellen White s’adressa à de grandes foules, la plus grande d’entre elles étant la congrégation du dimanche après-midi à Groveland. Vingt mille personnes l’entendirent à cette occasion évoquer la vaste question de la tempérance chrétienne. Ses voyages et ses travaux à cette époque la conduisirent dans l’est et l’ouest des États-Unis, ainsi que dans le nord-ouest. Elle ne cessait d’écrire, se rendant aux réunions de la Conférence Générale, intervenant sur demande lors de camps-meetings et dans les églises, se présentant aux groupes de tempérance, et honorant également des rendez-vous sur les grands-places et dans les prisons.
La santé défaillante de James White les amena à se rendre au Texas pendant l’hiver 1878-1879. Ce fut là qu’Arthur Daniells, qui devint président de la Conférence Générale quelques années plus tard, et sa femme May, rejoignirent les White. Arthur le jovial devint l’infirmier et l’ami de James White, et Mary leur cuisinière et leur femme de ménage.
Mort de James White
Pendant les deux années qui suivirent, James White a parfois eu des moments où sa santé physique était bonne et où il pouvait continuer son travail. Cependant toutes les longues années de surmenage physique et moral avaient diminué ses forces vitales, et il mourut à Battle Creek le 6 août 1881. Debout aux côtés du cercueil de son mari lors de l’enterrement, Ellen White se fit le serment de persévérer dans la tâche que Dieu lui avait confiée.
Rapidement Ellen White se retrouva sur la côte ouest, douloureusement éprouvée par la perte de son conjoint, mais absorbée par l’écriture du quatrième et dernier volume de la série de L’Esprit de prophétie. L’histoire du conflit depuis la destruction de Jérusalem jusqu’à la fin des temps était décrite dans ce volume tant attendu. Lorsque le livre sortit des presses en 1884, il reçut un bon accueil. Une édition illustrée pour une vente en porte-à-porte fut publiée, portant le nom de The Great Controversy Between Christ and His Angels and Satan and His Angels (le grand conflit opposant Christ et ses anges à Satan et ses anges). En l’espace de trois ans, cinquante mille exemplaires furent vendus.
Ellen White visite l’Europe
Depuis quelque temps, la Conférence Générale demandait à Mme White et à son fils Willy de visiter les missions européennes. Tandis qu’elle se préparait à partir, il sembla à ses proches que sa condition physique ne lui permettrait pas de faire ce voyage. Cependant, obéissant à ce qui apparaissait comme son devoir, elle s’embarqua pour ce périple. Sa santé fut bonne, et elle vécut en Europe entre l’automne 1885 et l’été 1887.
Depuis Bâle, en Suisse, où se trouvait alors le siège de l’oeuvre européenne de l’église, Mme White fit plusieurs voyages en Angleterre, en Allemagne, en France, en Italie, au Danemark, en Norvège et en Suède. Deux déplacements revêtirent un intérêt particulier, dans les vallées vaudoises italiennes, où elle visita des hauts lieux de l’Antiquité et de la Réforme qu’elle avait vus en vision. A la fois à Bâle et à Christiana (devenue Oslo aujourd’hui), Ellen White vit de nombreuses machines à presse fonctionnant dans des pays hors de l’Amérique du nord.
Les conseils donnés par Ellen White aux ouvriers européens contribua largement à une bonne organisation des projets et de la politique à mener.
La tragédie des siècles et Patriarches et prophètes
Parce que le quatrième volume de L’Esprit de prophétie était demandé dans les langues européennes, Ellen White eut l’impression qu’elle devait écrire de manière plus complète les scènes de la tragédie qui se déroulaient en Europe. Le résultat fut un livre, que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de La tragédie des siècles, publié pour la première fois en 1888.
De retour aux États-Unis, Ellen White s’installa à Healdsburg mais se rendit tout de même à la réunion de la Conférence Générale de 1888 à Minneapolis. Durant les mois qui suivirent, elle voyagea et prêcha, cherchant à unir l’Église autour de la doctrine de la justice par la foi. A cette même époque, elle travailla sur Patriarches et prophètes, qui sortit en 1890.
Appelée en Australie
Lors de la réunion de la Conférence Générale de 1891, on présenta à Mme White une demande pressante à se rendre en Australie afin d’apporter des conseils et de l’aide à l’oeuvre de l’Église dans cette région pionnière. Répondant à l’appel, elle s’y rendit en décembre 1891, accompagnée de son fils Willy et de plusieurs secrétaires. Sa présence là-bas fut beaucoup appréciée par les nouveaux croyants, et ses recommandations sur l’oeuvre en plein essor contribuèrent beaucoup à consolider les intérêts de notre dénomination sur cet état-continent. Là aussi, lors de sa visite à la maison d’édition, Mme White reconnut des machines à presse qu’elle avait vues en vision en janvier 1875.
Peu après son arrivée, Ellen White vit clairement le besoin urgent d’établir une université en Australie, afin que la jeunesse adventiste puisse être instruite dans un environnement chrétien et qu’ainsi des pasteurs puissent se préparer au ministère dans leur pays et dans les îles voisines. En réponse à ses vibrants appels, un institut biblique ouvrit ses portes à Melbourne en 1892. L’institut se trouvait dans des locaux loués pour deux ans, mais durant ce temps, des appels de Mme White firent savoir que Dieu voulait que cet institut soit situé dans un environnement rural.
L’école d’Avondale
Quand Dieu approuva clairement le choix du domaine d’Avondale, l’achat de la propriété fut chose faite. Ensuite, Mme White fit l’acquisition d’un terrain à proximité, et c’est là qu’elle s’installa, près de cette nouvelle école, afin de prodiguer des encouragements aux personnes impliquées dans cette démarche pionnière. Dieu fit comprendre que cette institution avait pour but d’être un exemple à suivre en ce qui concerne la mission éducative adventiste.
Afin que l’oeuvre d’expansion en Australie puisse être gérée correctement, ce territoire s’organisa en une conférence d’union en 1894, la première dans toute l’histoire adventiste. Mr Daniells et son épouse, qui avaient été envoyés comme missionnaires en 1886 en Nouvelle Zélande, ont joué un rôle dans l’oeuvre administrative de cette conférence nouvellement formée. Sa collaboration avec Mme White et son adhésion à ses conseils lorsqu’il rencontra de plus en plus de difficultés administratives sur le terrain, l’aidèrent à se préparer à l’oeuvre plus grande qui lui serait confiée par la suite, après la session de la Conférence Générale de 1901, quand il fut choisi pour en devenir le président.
Débuts de l’oeuvre médicale
Lorsque le travail d’enseignement fut bien entamé à Avondale, un appel fut lancé afin de mettre en place un programme missionnaire médical. Non seulement Ellen White accorda son soutien à cette initiative, mais elle contribua financièrement par ses moyens limités pour un sanatorium. En effet, presque tous les bâtiments d’église inaugurés et tous les projets d’évangélisation lors des neuf années de la présence de Mme White en Australie ont bénéficié de son soutien financier.
En plus de son implication dans le travail local de ce champ missionnaire, Mme White trouvait le temps d’écrire des milliers de pages de conseils opportuns qui ont traversé les mers et guidé des dirigeants d’église. Elle rédigeait également chaque semaine des articles pour la Review and Herald, pour Signes des Temps et Youth’s Instructor. Ce programme chargé a considérablement ralenti son oeuvre littéraire. Ce n’est qu’en 1898 que Jésus-Christ fut terminé et qu’il fit son apparition. Heureux ceux qui … le précéda de deux ans, tandis que Les paraboles de Jésus et le volume 6 des Testimonies to the Church arrivèrent en 1900.
Toucher les Afros-Américains
En 1891, Mme White lança un appel aux dirigeants d’église afin qu’ils entament un travail d’évangélisation et d’instruction en faveur des Noirs du sud des Etats-Unis. Trois ans plus tard, l’un de ses fils, James, construisit un bâteau à vapeur du Mississippi, qu’il utilisa pendant une dizaine d’années comme plateforme d’évangélisation pour les Noirs des États du Mississippi et du Tennessee. En 1895 et 1896 elle rédigea des articles dans la Review and Herald, continuant de lancer des appels en faveur des Noirs du sud des États-Unis. De temps en temps, elle envoyait des lettres d’encouragement et de conseils aux pasteurs oeuvrant dans cette région. Elle apporta son ferme soutien à la création de l’Université d’Oakwoord, dans l’Alabama, qui fut fondée dans le but d’instruire les jeunes afro-américains. En 1904, elle y prononça un discours aux étudiants et au personnel enseignant, en affirmant que c’était la volonté de Dieu que cette école ait vu le jour à cet endroit précis. Pendant les dernières années de sa vie, elle continua à manifester son intérêt profond pour le travail ecclésial parmi les Noirs des États du sud.
Retour aux États-Unis
Ellen White surprit toute sa famille et ses collaborateurs un jour de 1900 en leur disant qu’un message divin lui était parvenu dans la nuit lui intimant de repartir en Amérique. Du point de vue de l’oeuvre qui s’accomplissait en Australie, on avait l’impression que son départ était tout à fait inopportun, mais Celui dont les yeux veillent sur la marche de Son église dans son ensemble et qui voit l’avenir, savait bien que la présence d’Ellen White serait nécessaire aux États-Unis pendant la crise qui éclaterait au début de ce nouveau siècle.
S’installant à Elmshaven, à quelques kilomètres de la petite ville de St Helena, en Californie du nord, Ellen White y vécut les quinze dernières années de sa vie, préparant des livres, écrivant, voyageant. A peine s’était-elle installée à St Helena, qu’elle reçut un appel lui demandant d’être présente à la session de la Conférence Générale de 1901, à Battle Creek, dans le Michigan.
Lors de cette réunion cruciale, elle lança avec assurance un appel à la réorganisation de l’oeuvre de la Conférence Générale adventiste du septième jour, afin que les besoins croissants de l’Église puissent être complètement comblés. Les délégués répondirent à cet appel, formant et mettant en oeuvre un projet de réorganisation. Ainsi la voie était ouverte pour une large redistribution des responsabilités qui allaient croissantes et qui, jusqu’alors, n’étaient assumées que par quelques hommes. Ils adoptèrent le projet de conférences d’union afin que ce soit des organismes intermédiaires entre la Conférence Générale et les Églises locales, et organisèrent les départements de la Conférence Générale. Ces mesures ont permis une formidable expansion et le développement de l’oeuvre de notre dénomination.
Deux ans plus tard, les bureaux de la Conférence Générale et le travail de la Review and Herald Publishing Association déménagèrent de Battle Creek, en accord avec les conseils de Mme White, qui suggérait qu’ils soient proches de la côte est, pour s’établir à Takoma Park, dans une banlieue de la capitale américaine, à Washington. A ce moment-là, Mme White quitta la Californie et emménagea à Takoma Park. Pendant presque cinq mois, elle y continua son travail. La présence de Mme White au siège de la dénomination permit d’avoir confiance quant à la décision d’avoir déménagé vers l’est des États-Unis.
Des dernières années bien occupées
A la fin de 1905 sortit le livre Le ministère de la guérison qui traite de la guérison du corps, de l’esprit et l’âme. Education fut publié en 1903, et les volumes 7 et 8 des Testimonies to the Church furent disponibles respectivement en 1902 et 1904.
Lors de son séjour à Washington, Mme White encouragea les pasteurs du sud de la Californie à acheter des terrains dans le but de mettre en place un sanatorium à Loma Linda, et elle lança un appel à démarrer une oeuvre missionnaire d’enseignement médical sur la côte pacifique. Pendant les quelques années qui suivirent, Ellen White interrompit son oeuvre littéraire pour de fréquents voyages à Loma Linda afin d’y encourager ceux qui y travaillaient. Elle se rendit également au sanatorium de Paradise Valley, près de San Diego, qu’elle aida à mettre en place en 1903.
A l’âge de 81 ans, Mme White se rendit à nouveau à Washington pour la session de la Conférence Générale de 1909. Elle s’y exprima à plusieurs reprises d’une voix claire et intelligible. Après cette rencontre, elle visita Portland, sa ville d’origine, répondant ainsi à un désir que son coeur exprimait depuis longtemps. Là également, elle apporta son témoignage dans ce lieu historique où son oeuvre avait fait ses débuts 65 ans plus tôt. Ce fut son dernier voyage dans les états de l’est des États-Unis, ce qui laissa une empreinte durable et saisissante sur tous les adventistes qui l’entendirent parler ou qui la rencontrèrent à la session de la Conférence Générale.
Comprenant qu’il ne lui restait que quelques jours à vivre, Ellen White intensifia ses efforts pour terminer un certain nombre de livres présentant des enseignements essentiels à l’église, quand elle fut de retour à Elmshaven. Le volume 9 des Testimonies to the Church fut publié en 1909. En 1911 ce fut le tour de Conquérants pacifiques, puis Conseils aux éducateurs, aux parents et aux étudiants en 1913, ainsi que le manuscrit du Ministère évangélique en 1914. Les derniers mois de la vie de Mme White furent consacrés au livre Prophètes et rois.
Au matin du 13 février 1915, tandis qu’elle se rendait à son agréable bureau d’étude, elle trébucha et tomba, et ne put se relever. On lui apporta de l’aide et on comprit rapidement que l’accident était grave. Les radios montrèrent une fracture à la hanche gauche et elle resta au lit ou dans une chaise roulante lors des cinq mois qui suivirent.
Les mots qu’elle eut pour ses amis et sa famille lors des dernières semaines de vie manifestaient une impression de gaieté, de conscience d’avoir fidèlement accompli l’oeuvre que Dieu lui avait confiée et de confiance que la cause de la vérité triompherait enfin.
La vie d’Ellen White prit fin le 16 juillet 1915, à l’âge de 87 ans. Elle fut enterrée aux côtés de son mari au cimetière Oak Hill de Battle Creek.
Ellen White vit le mouvement adventiste croître, à partir d’une poignée de croyants jusqu’à une communauté mondiale de 136 879 personnes, et qui après l’an 2000 atteignait le chiffre d’onze millions de membres.
White Estate
Silver Spring, Maryland
Révisé en mars 1999

 

 

 

Introduction
Avant le péché, le père de notre race jouissait d’une communion parfaite avec son Créateur. Mais sa transgression l’a séparé de Dieu, et l’humanité tout entière est privée de ce précieux privilège.
Néanmoins, grâce au plan de la rédemption, les relations entre la terre et le ciel ont pu être rétablies.
Dieu s’est révélé aux hommes par son Esprit et a fait resplendir sa lumière sur le monde par l’intermédiaire d’hommes choisis par lui :  » C’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu.  » (2 Pierre 1 : 21.)
Au cours des vingt-cinq premiers siècles de l’histoire de notre monde, il n’y eut pas de révélation écrite.
La lumière de Dieu était transmise oralement, de génération en génération. C’est aux jours de Moïse que la Parole écrite fit son apparition. Les révélations divines commencèrent alors à être consignées dans un livre, et ce travail s’est poursuivi durant une période de seize siècles allant de Moïse, historien de la création et chroniqueur de la législation divine, jusqu’à l’apôtre Jean, le narrateur des plus sublimes
vérités évangéliques.
La Bible attribue son existence à Dieu ; et pourtant, elle a été écrite par des hommes. En effet, le style de ses différents livres trahit la personnalité de divers écrivains. Toutes les vérités qui y sont révélées, quoique  » inspirées de Dieu  » (2 Timothée 3 : 16), sont exprimées dans le langage humain. Par le Saint-Esprit, l’Être infini a illuminé le coeur de ses serviteurs. Il leur a donné des songes, des visions, des symboles et des images, tout en leur laissant la liberté d’exprimer la vérité dans leur propre langue.
Les dix commandements, prononcés par Dieu lui-même, furent écrits de sa propre main. Ils sont donc divins et non humains. Mais la sainte Écriture, où la vérité s’exprime dans le langage des hommes, nous offre une union étroite de la divinité et de l’humanité. La même union s’est retrouvée dans la nature du Christ, qui fut à la fois Fils de Dieu et Fils de l’homme. On peut donc dire de l’Écriture comme de Jésus-Christ, qu’elle est  » la Parole faite chair  » , et qu’elle a  » habité parmi nous  » . (Jean 1 : 14.)
Rédigés à des époques différentes par des hommes de condition sociale, de formation intellectuelle et spirituelle fort diverses, les livres de la Bible présentent de grands contrastes dans le style et la variété des sujets. Les auteurs sacrés diffèrent dans leur manière de s’exprimer. Souvent une même vérité est rendue d’une façon plus frappante par l’un que par l’autre. Comme certains d’entre eux envisagent le même fait ou la même doctrine à d’autres points de vue, des lecteurs superficiels ou prévenus peuvent en
conclure qu’ils se contredisent alors que — pour les esprits réfléchis et respectueux — ils ne font que se compléter.
Présentée par différents auteurs, la vérité apparaît sous des aspects variés. Celui-ci est plus spécialement frappé par le côté du sujet se rapportant à son expérience ou à sa capacité de compréhension ; celui-là s’attache à un aspect tout autre, mais tous les deux, guidés par l’Esprit, décrivent ce qui les a le plus impressionnés — différence de présentation mais unité parfaite de toutes les parties, adaptées aux besoins de l’homme dans chaque circonstance et expérience de la vie.
Dieu, ayant jugé bon de communiquer sa vérité au monde par l’intermédiaire des hommes, a revêtu de son Esprit ceux qu’il a choisis à cet effet. Il les a dirigés dans le choix des sujets et dans la façon de les exposer. Confié à des  » vases de terre  » , ce trésor n’en est pas moins céleste. Le croyant humble et obéissant y contemple la gloire de la puissance divine pleine de grâce et de vérité.
C’est par sa Parole que Dieu nous communique les connaissances nécessaires au salut. Nous devons donc l’accepter comme une révélation infaillible de sa volonté. Elle est la norme du caractère, le révélateur de la doctrine et la pierre de touche de l’expérience.  » Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne oeuvre.  » (2 Timothée 3 : 16, 17.) Mais le fait que la volonté de Dieu ait été révélée à l’homme n’a pas rendu inutile la présence constante du Saint-Esprit. Au
contraire, Jésus a promis d’envoyer le Consolateur aux disciples pour leur faire comprendre sa Parole et en graver les enseignements dans leurs coeurs. Et comme le Saint-Esprit est l’inspirateur des Ecritures, il est impossible qu’il y ait conflit entre lui et la Parole écrite.
Mais l’Esprit n’est pas donné, et il ne le sera jamais, pour remplacer les Ecritures. Celles-ci déclarent positivement que la Parole est la pierre de touche de tout enseignement et de toute vie morale. L’apôtre Jean a écrit :  » N’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.  » (1 Jean 4: 1.) Et le prophète Esaïe :  » A la loi et au témoignage ! Si l’on ne parle pas ainsi, il n’ y aura point d’aurore pour le peuple.  » (Esaïe 8: 20.)
Le Saint-Esprit a été profané par des gens qui, se disant illuminés par lui, prétendent pouvoir se passer des Écritures. Abusés par des impressions qu’ils considèrent comme la voix de Dieu dans leur âme, livrés à leurs propres inspirations, privés des directions de la Parole, ils s’égarent et se perdent, C’est ainsi que le malin triomphe. A l’aide d’extrémistes et de fanatiques, il s’efforce de jeter l’opprobre sur l’oeuvre du Saint-Esprit, et de pousser le peuple de Dieu à se passer de cette force que le Seigneur lui-même
a mise à sa disposition.
Jésus a laissé à ses disciples cette promesse :  » Le Consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.  »  » Quand le Consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité… et il vous annoncera les choses à venir.  » (Jean 14 : 26 ; 16: 13.) La Bible enseigne que, loin d’être limitées aux temps apostoliques, ces promesses appartiennent à l’Église de Dieu à travers tous les siècles. Le Sauveur dit en effet à ses disciples :  » Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.  » (Mathieu 28 : 20.)
D’autre part, l’apôtre Paul affirme que les manifestations de l’Esprit ont été données à l’Église  » pour le perfectionnement des saints, en vue de l’oeuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ  » . (Ephésiens 4 : 12, 13.)
Le même apôtre demandait à Dieu, en faveur des croyants d’Ephèse, de leur  » donner un esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et d’illuminer les yeux de leur coeur, pour qu’ils sachent quelle est l’espérance qui s’attache à son appel…, et quelle est envers nous qui croyons l’infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force  » . (Ephésiens 1 : 17-19.) Le ministère de l’Esprit illuminant l’intelligence et ouvrant le coeur aux vérités de la Parole de Jésus était la
bénédiction que Paul réclamait pour l’église d’Ephèse.
Après la manifestation du Saint-Esprit, au jour de la Pentecôte, l’apôtre Pierre exhorta la foule à se convertir et à être baptisée au nom de Jésus-Christ  » pour le pardon des péchés  » . Et il ajouta :  » Vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera.  » (Actes 2 : 38, 39.)
En rapport immédiat avec les scènes du grand jour de Dieu, le Seigneur promettait, par le prophète Joël, une manifestation spéciale du Saint-Esprit. (Joël 2 : 28.) Cette prophétie, partiellement accomplie le jour de la Pentecôte, ne le sera pleinement qu’au moment où la grâce divine mettra fin au mandat évangélique.
L’intensité du grand conflit entre le bien et le mal augmentera jusqu’à la fin. De tout temps, la colère de Satan s’est déchaînée contre l’Église du Christ. Mais Dieu a répandu sa grâce et son Esprit sur les croyants pour les affermir et leur permettre de triompher des embûches du Malin. A mesure que l’Église approche de sa délivrance, Satan travaille avec plus de puissance.  » Car le diable est descendu vers vous, animé d’une grande colère, sachant qu’il a peu de temps.  » (Apocalypse 12 : 12.) Il opérera  » avec toutes
sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers  » . (2 Thessaloniciens 2 : 9.) Depuis six mille ans, cet être prodigieusement intelligent, autrefois le plus éminent des anges, s’est consacré tout entier à une oeuvre de séduction et de ruine. Toutes les ressources de son habileté néfaste, toute sa subtilité, il les mettra en oeuvre dans son dernier assaut contre le peuple de Dieu. C’est en ce temps de péril que les
disciples du Christ devront avertir le monde de son prochain retour, et qu’un peuple devra se préparer à être trouvé sans tache et irrépréhensible. (2 Pierre 3: 14.) Aussi la grâce et la puissance de Dieu ne seront-elles pas moins nécessaires à l’Eglise au temps de la fin qu’aux jours apostoliques.
Grâce à l’illumination du Saint-Esprit, les scènes du conflit séculaire entre le bien et le mal m’ont été présentées. A diverses reprises, il m’a été donné de contempler les péripéties de la joute formidable entre Jésus-Christ, le Prince de la vie, l’auteur de notre salut, et Satan, le prince du mal, l’auteur du péché, le premier transgresseur de la loi divine. L’inimitié qu’il nourrit contre le Fils de Dieu, il la manifeste contre
ses disciples. A travers toute l’histoire de l’humanité, nous trouvons chez lui la même haine des principes, de la loi de Dieu, la même politique mensongère par laquelle l’erreur se présente sous les couleurs de la vérité, les lois humaines sous le manteau de la loi de Dieu, et le culte de la créature sous celui du Créateur. De siècle en siècle Satan s’efforce de dénaturer le caractère de Dieu, afin de le faire
redouter et haïr plutôt qu’aimer, de discréditer la loi divine et d’annuler son autorité sur les coeurs, et, enfin, de persécuter ceux qui osent résister à ses impostures, Ses agissements sont visibles dans l’histoire des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs et des réformateurs.
Cet ennemi redoutable continuera à employer la même tactique au cours du conflit final. Il manifestera le même esprit et visera le même but que dans tous les siècles précédents, à cette différence près que la lutte prochaine acquerra une intensité qu’elle n’a jamais eue auparavant, et que les pièges de Satan seront
plus subtils et ses assauts plus furieux. Cela dans l’intention de  » séduire les élus, s’il était possible  » . (Marc 13 : 22.)
L’Esprit de Dieu qui m’a révélé les grandes vérités de sa Parole, et les scènes du passé et de l’avenir, m’a ordonné de les faire connaître à d’autres en leur racontant l’histoire de la grande tragédie des siècles, de façon à montrer l’importance de la mêlée qui s’approche à grands pas. Dans cette intention, je me suis efforcée de choisir et de grouper les épisodes de l’histoire de l’Église les plus propres à mettre en relief
les grandes vérités qui ont été données au monde à différentes époques. J’ai montré comment ces vérités ont déchaîné la colère de l’Adversaire et l’inimitié d’une Église mondanisée, mais aussi comment elles ont été conservées par  » le témoignage de ceux qui n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort  » .
Ces récits sont comme un présage de la lutte qui est devant nous. En les considérant à la lumière de la Parole de Dieu et par l’illumination du Saint-Esprit, on voit tomber le voile qui cache les pièges de l’ennemi, et l’on discerne les dangers qu’il faudra éviter pour être trouvé  » sans tache  » à la venue du Seigneur.
Les grands événements qui ont marqué les progrès de la réforme pendant les siècles passés relèvent de l’histoire ; ils sont si universellement connus et admis que nul ne peut contester leur authenticité. J’en ai donné des récits succincts, en rapport avec l’étendue de ce volume, et en me bornant à ce qui est strictement nécessaire à l’intelligence des faits et à l’application des principes. Là où les scènes à retracer se sont trouvées résumées par quelque historien de telle façon qu’elles cadraient avec le plan de cet
ouvrage, j’ai cité ses propres paroles et indiqué la source ; mais je ne m’y suis pas astreinte d’une façon absolue, mes citations n’étant pas données comme des preuves, mais simplement en vertu de leurs qualités descriptives. Un usage analogue a été fait des écrits se rapportant à l’oeuvre de la réforme à notre époque.
L’objet de cet ouvrage n’est pas tant de présenter des vérités nouvelles concernant les luttes du passé que d’en dégager les faits et les principes qui ont une portée sur les événements prochains. Considérés comme faisant partie du grand conflit entre la puissance de la lumière et celle des ténèbres, tous ces événements acquièrent une signification nouvelle. Il s’en dégage un faisceau de lumière qui, dirigé sur l’avenir, illumine le sentier des enfants de Dieu appelés — comme les réformateurs des siècles passés —à faire connaître la  » Parole de Dieu et le témoignage de Jesus-Christ  » , au péril de ce qu’ils ont de plus précieux ici-bas.
Rappeler les scènes de la lutte millénaire entre la vérité et l’erreur ; démasquer les pièges de Satan et révéler les moyens mis à notre disposition pour y échapper ; offrir une solution satisfaisante au grand problème du mal en projetant sur l’origine et la fin du péché une lumière qui fasse éclater la justice et l’amour de Dieu dans toutes ses voies à l’égard de ses créatures ; enfin, mettre en évidence la sainteté et l’immutabilité de la loi divine, tel est l’objet de ce livre. La prière fervente de l’auteur est que, par ce moyen, bien des lecteurs soient délivrés de la puissance des ténèbres et rendus  » participants de l’héritage des saints dans la lumière, à la louange de celui qui nous a aimés et s’est donné lui-même pour nous  » .

 

 

La destruction de Jérusalem

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