Les aides invisibles


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En Orient, l’existence des aides invisibles a toujours été reconnue, bien que les noms qu’on leur donne et les caractéristiques qu’on leur attribue varient, naturellement, suivant les pays. 

Ici même, en Europe, les vieux récits grecs ont constamment fait intervenir les dieux dans les affaires humaines.

Cette croyance ne disparut point avec l’Antiquité; ces récits eurent pour successeurs, au moyen âge, les histoires de saints qui apparaissaient dans les moments critiques et tournaient la fortune des armes en faveur des armées chrétiennes ou d’anges gardiens qui intervenaient pour sauver un pieux voyageur de ce qui eût été autrement, pour lui, une mort certaine.

Même à notre époque d’incrédulité, dans le tourbillon endiablé de notre civilisation, malgré le dogmatisme de nos sciences et la mortelle froideur de nos religions, il est possible, pour tout homme qui veut s’en donner la peine, de relever des cas d’interventions des aides invisibles et d’en comprendre les ressorts. 

Cet ouvrage a paru pour la première fois à Londres, en 1896, sous le titre original: Invisible Helpers.

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Ouvrage: Les aides invisibles

Auteur: Leadbeater Charles Webster

Année: 1896

Chapitre premier
Leur existence est universellement reconnue
Un des plus beaux caractères de la Théosophie est de nous rendre, sous
une forme plus rationnelle, tout ce qui était vraiment utile et secourable
dans les religions qui ne répondent plus à nos besoins. Beaucoup de per
-sonnes, après avoir brisé la chrysalide de la foi aveugle et pris leur essor
—grâce aux ailes de la raison et de l’intuition— vers la vie mentale plus
libre et plus noble de plans plus élevés, ont néanmoins le sentiment que,
si elles ont réalisé ce gain merveilleux, elles ont d’autre part éprouvé une
perte — qu’en renonçant aux croyances de leur enfance elles ont vu, du
même coup, leur vie s’appauvrir en beauté et en poésie.
Leurs existences passées ont-elles été assez bonnes pour leur permettre
de se trouver sous l’influence bienfaisante de la Théosophie — elles
s’aperçoivent cependant très vite que, même dans ce cas, elles n’ont rien
perdu, mais, au contraire, considérablement gagné. La splendeur, la beauté,
la poésie sont là —dans une mesure dépassant toutes leurs espérances
d’autrefois— non plus comme un simple rêve agréable que la froide lumière
du sens commun peut toujours faire cesser par un réveil brutal, mais
bien comme des vérités d’ordre naturel, capables de supporter l’examen
et qui deviennent d’autant plus lumineuses, plus vastes et plus complètes
qu’elles sont comprises avec plus de précision.
La Théosophie donne un exemple frappant de son action bienfaisante,
par la manière dont elle a rendu à la vie moderne la croyance au monde
invisible regardé jadis, avant l’irruption de la grande vague matérialiste,
comme la source de tout secours vivant. Elle montre que les charmantes
légendes populaires mettant en scène les Elfes, les Brownies, les Gnomes,
les esprits de l’air et de l’eau, de la forêt, de la montagne et de la mine, ne
sont pas de simples et creuses superstitions, mais qu’elles reposent sur des
faits réels et scientifiques. Sa réponse à la grande question fondamentale
: « Si l’homme meurt, revivra-t-il ? » est tout aussi claire et aussi scientifique,
et ses enseignements sur la nature et les conditions de la vie d’outre-tombe
jettent un flot de lumière sur des points qui — tout au moins pour le monde
occidental — étaient enveloppés jusqu’ici dans une impénétrable obscurité.

On ne saurait trop le répéter : dans ces enseignements concernant l’im-
mortalité de l’âme et la vie posthume, la Théosophie diffère absolument
de la religion ordinaire. Elle ne se borne pas à proclamer ces grandes
vérités en s’appuyant sur l’autorité de quelque livre sacré transmis par les
siècles passés. En traitant ces questions, elle ne s’occupe pas d’opinions
pieuses ou de spéculations métaphysiques, mais de faits solides, bien définis,
aussi réels et aussi proches que l’air respiré par nous ou les maisons que nous habitons — des faits dont beaucoup d’entre nous font constamment l’expérience
— des faits parmi lesquels certains de nos étudiants
accomplissent leur travail quotidien : nous le verrons tout à l’heure.
Parmi les belles conceptions que la Théosophie nous a rendues, vient
en première ligne celle de l’existence, dans la nature, de grandes puissances secourables. Cette croyance a été universelle dès l’aurore des temps historiques ; elle l’est encore
aujourd’hui en dehors des limites étroites du protestantisme qui a, pour ses sectateurs, dépeuplé et assombri le monde, en voulant rejeter l’idée naturelle et parfaitement juste d’agents intermédiaires et tout réduire à deux facteurs : l’Homme et la Divinité ; d’où il
résulte que l’idée de Dieu a été infiniment amoindrie et que l’homme s’est trouvé sans secours.
Un instant de réflexion montrera que l’existence d’une Providence, comme on la conçoit ordinairement — pouvoir central de l’Univers modifiant d’une manière capricieuse le résultat de ses propres décrets — impliquerait l’introduction, dans le plan général, d’une certaine partialité et, par suite, de tous les maux qui en découlent forcément. La Théosophie échappe à cette grave objection car, suivant ses enseignements, un homme ne peut être spécialement aidé que si ses actions passées l’en ont rendu digne et — même dans ce cas — il ne sera secouru que par des êtres relativement rapprochés de son propre niveau. De plus, la Théosophie nous ramène à l’idée plus ancienne et bien plus grandiose d’une échelle ininterrompue d’êtres vivants s’étendant du Logos lui-même jusqu’à la poussière que nous foulons aux pieds.
En Orient, l’existence des aides invisibles a toujours été reconnue, bien
que les noms qu’on leur donne et les caractéristiques qu’on leur attribue
varient, naturellement, suivant les pays. Ici même, en Europe, les vieux
récits grecs ont constamment fait intervenir les dieux dans les affaires humaines et, suivant la légende romaine, Castor et Pollux conduisaient les légions de la République naissante à la bataille du lac Régille. Une croyance semblable ne disparut point avec la période classique, car ces récits eurent pour successeurs, au moyen âge, les histoires de saints qui apparaissaient dans les moments critiques et tournaient la fortune des armes en faveur des armées chrétiennes — ou d’anges gardiens qui intervenaient parfois

pour sauver un pieux voyageur de ce qui eût été autrement, pour lui, une mort certaine.
Chapitre II
Quelques exemples contemporains
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