Réincarnation et métempsychose


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Auteur : Encausse Gérard
Ouvrage : Réincarnation et métempsychose L’évolution physique, astrale et spirituelle
Année : 1945

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Biographie
Né le , en Espagne, à La Corogne, d’un père français et d’une mère espagnole, Gérard Encausse passe sa jeunesse à Paris, où il est reçu docteur en médecine en juillet 1894. Avant même de terminer ses études, dès 1886 environ, il se donne pour tâche de lutter contre le scientisme de l’époque en diffusant une doctrine synthétisant divers aspects de l’ésotérisme occidental d’alors, représenté par le chimiste Louis Lucas, le mathématicien Wronski, l’alchimiste Cyliani, le pythagoricien Lacuria, le magnétiseur Hector Durville, Antoine Fabre d’Olivet, Alexandre Saint-Yves d’Alveydre. Encausse se fait appeler Papus d’après le nom d’un esprit du Nuctaméron, attribué à Apollonius de Tyane. La pensée de Louis-Claude de Saint-Martin a laissé sur lui une trace profonde à partir de 1889 environ, peu après sa rupture (1890) avec la Société Théosophique de Mme Blavatsky.

 

I – La réincarnation
La réincarnation est le retour du Principe spirituel dans une nouvelle enveloppe
charnelle. Pour un être humain, cette enveloppe est toujours un corps
humain. Mais on peut se réincarner soit sur la même planète où l’on a vécu sa
dernière existence, soit sur une autre planète.
On ne peut fixer un temps précédant le retour dans un corps matériel, pas
plus qu’on ne peut fixer un temps pour la vie terrestre. Des êtres humains passent
trois ans sur terre, et d’autres y passent 90 ans. Si l’on disait : l’homme vit
sur terre 30 ans, on parlerait comme un amateur de statistique, mais pas comme
un observateur des lois réelles.
La durée de la vie sur terre est un facteur personnel, de même la durée du
temps qu’on passe avant de revenir sur terre est également un facteur personnel
qui dépend de beaucoup de circonstances.
Disons tout de suite qu’avant de venir se réincarner dans une planète, l’être
spirituel se prête à la perte de la mémoire des existences antérieures. Nous donnerons
tous les extraits des auteurs classiques, concernant ce fait et symbolisés
par l’absorption du verre de l’eau du fleuve Léthé, ou fleuve de l’oubli, qu’on
buvait avant de revenir sur terre.
La réincarnation a, en effet, été enseignée comme un mystère ésotérique dans
toutes les initiations de l’Antiquité.
Voici un extrait des enseignements égyptiens 3 000 ans avant Jésus-Christ, sur
la réincarnation :
« A vant de naître, l’enfant a vécu, et la mort ne termine rien. La vie est un
devenir, khépraou, elle passe semblable au jour solaire qui recommence.
« L’Homme se compose d’intelligence, khou et de matière, khat.
« L’intelligence est lumineuse et elle se revêt pour habiter le corps d’une substance
qui est l’âme : ba.
« Les Bêtes ont une âme : un ba, mais un ba privé d’intelligence, de khou.
« La vie est un souffle : niwou. Lorsque le souffle se retire en ba, l’homme
meurt. Cette première mort se manifeste matériellement, par la coagulation des
liquides, la viduité des veines et des artères, la dissolution de la matière composant
le corps.
« Par l’embaumement, toutes les matières sont conservées, y compris le sang,

que ba reviendra vivifier après le jugement d’Osiris. Le souffle est au service de
l’âme. »
M. Fontane, Égyptes, 44.
Nous donnons également plus loin des extraits des auteurs classiques sur ce
sujet.
Quelques sociétés orientales, établies en Europe, ont dit tellement d’erreurs
sur la réincarnation et ses conséquences, que nous sommes obligés, pour protester
contre ces erreurs, de reprendre le sujet en détail dans toutes ses parties :
Réincarnation du corps physique
Le corps physique est le symbole de l’incarnation terrestre.
Nous allons parler seulement, à partir de maintenant, de la réincarnation sur
terre, puisque la même loi se reproduira dans tout enveloppement de chair, dans
une planète quelconque.
La Table d’Émeraude d’Hermès nous enseigne que ce qui est en haut est
comme ce qui est en bas, et réciproquement, pour accomplir les miracles de
l’Unité.
Si donc la réincarnation existe pour l’esprit, elle existe également pour le
corps ; autrement dit, un corps terrestre doit revenir dans un autre corps terrestre
sans quitter la terre, si un esprit revient dans une autre entité matérielle.
C’est de là que sont venues les confusions entre la réincarnation ou retour
de l’esprit dans un corps matériel, après un stage astral, et la métempsychose ou
traversée par le corps matériel de corps d’animaux et de plantes, avant de revenir
dans un nouveau corps matériel.
Il ne faut jamais confondre la réincarnation et la métempsychose, l’homme ne
rétrogradant pas et l’esprit ne devenant jamais un esprit d’animal, sauf en plan
astral, à l’état génial, mais ceci est encore un mystère.
Étudions donc le corps physique.
Le corps physique est un triple support : il supporte trois principes et possède
trois centres où chacun de ces trois principes a particulièrement son domaine.
Le corps supporte :
1o Le principe des instincts, principe tout physique et qui a son domaine
dans le ventre ;
2o Le principe des sentiments et des forces astrales, qui a son domaine dans
la poitrine avec le plexus cardiaque comme centre

3o Le principe du mental et des forces spirituelles, qui a son domaine dans la
tête. On a fait de ces principes des corps, et on peut dire, à la rigueur, qu’il
y a un corps physique, un corps astral, un corps mental ; mais tout cela ce
sont des mots et des divisions idéologiques ; nous nous en tiendrons à la
physiologie courante.
Le corps physique est un vêtement fourni par la terre aux autres principes,
pour une incarnation ; c’est de la terre évoluée en mode humain pour une existence.
Lorsque nous brûlons une bûche dans la cheminée, il sort de la chaleur et de
la lumière, et il reste comme caput-mortuum — terme tiré des alchimistes — de
la cendre.
La cendre représente pour la bûche ce que la terre a donné et ce qui redevient
terre. La chaleur et la lumière représentent ce que le soleil a donné à la plante et
ce qui retourne au plan des forces solaires.
Il en est de même pour le corps humain.
Les minéraux donnent les os, ce qui correspondait à l’élément Terre des Anciens
; les végétaux donnent les muscles et les organes végétatifs : élément Air
des Anciens ; les animaux donnent les neurones et les nerfs : élément Feu des
Anciens, en y comprenant la force nerveuse. Enfin, les liquides organiques correspondent
à l’élément Eau.
On voit que le corps humain a comme origine l’évolution des corps animaux
et des états antérieurs.
Une loi occulte, qui s’appelle la loi de répétition, veut que les clichés se représentent
trois fois sur la spirale évolutive, à des moments différents et chaque fois
sur un plan plus élevé de la spirale.
Cette loi se reproduit pendant la fabrication, dans le sein de la mère, du corps
physique, qui reproduit dans ses formes extérieures les formes animales à travers
lesquelles ses cellules ont passé avant d’avoir l’honneur de faire partie d’un corps
physique humain.
Le corps physique appartient à une famille animale dont sont parvenues la
plupart de ses cellules, après une évolution astrale.
La transformation évolutive des corps se fait en plan astral ; il y a donc des
corps humains qui se rattachent par leur forme physiognomonique, soit au
chien, soit au singe, soit au loup, soit même aux oiseaux ou aux poissons. C’est
là l’origine secrète des totems de la race rouge et de la race noire ; mais cela sortirait
de notre sujet.
Le corps physique une fois constitué se met en relation avec l’atmosphère
terrestre par la respiration, et l’évolution d’une vie terrestre poursuit son cours.

Pendant cette évolution, le corps physique s’assimile des minéraux pour nourrir
ses os, des végétaux pour nourrir ses muscles et ses organes splanchniques, et des
animaux pour nourrir ses neurones.
Disons en passant, que le corps physique étant un animal, en général résultat
de synthèses d’une évolution terrestre spéciale, les nourritures exceptionnelles
destinées à favoriser un de ses centres spéciaux, ne doivent être que temporaires.
Ainsi le végétarisme est nécessaire, mais un mois sur trois ; il n’est, du reste,
jamais total puisque, à chaque aspiration, nous avalons, malheureusement, des
milliers d’êtres vivants qui sont absorbés, et pas toujours complètement, dans
nos poumons. C’est donc par un sentimentalisme anti-scientifique qu’on peut
se figurer évoluer le corps physique au moyen du végétarisme.
On trouvera, dans les traités de physiologie, les diverses transformations du
corps physique pendant la vie. Notons seulement que ce corps physique continue
à absorber les éléments que la terre lui a fournis lors de sa constitution, et
continue à les transformer selon des lois fixes.
On trouvera dans notre traité de magie pratique les clefs de l’alimentation,
qui permettent de dynamiser un des trois centres du corps physique.

Arrivons donc au phénomène de la Mort.
Le phénomène de la mort a pour caractéristique la tendance de chacun des
principes constituant l’être humain, à retourner dans son plan.
Le lien qui faisait de l’être humain une étincelle fixée sur terre par la rencontre
du courant permanent du haut et du bas, ce lien se brise, le courant ne passe
plus de bas en haut, ni de haut en bas, et les lignes de force changent de direction.
(Les mots haut et bas sont ici figuratifs et représentent seulement différents
plans.)
Le phénomène de la mort est accompli, les liquides organiques sont coagulés,
la marche des organes splanchniques est arrêtée, le corps physique est froid, les
cellules physiques, privées du lien qui les faisait concourir à l’harmonie vitale,
vont reprendre chacune leur autonomie, il va y avoir putréfaction et décomposition
comme chaque fois qu’une cellule, primitivement hiérarchisée, devient
autonome. C’est l’abcès ou le cancer pendant la vie, c’est la décomposition après
la mort, pour le corps physique comme pour le corps social.
Par le fait de cette décomposition, les cellules physiques vont retourner à leurs
principes constituants.

Nous supposons le cas de l’enfouissement dans la terre. Nous traiterons tout
à l’heure le cas de l’incinération.
Les cellules qui ont fait partie des os de l’être humain ont pour caractéristique
la durée et la lenteur d’évolution comme tout ce qui est minéral ; elles resteront
longtemps intactes dans le squelette et ne redeviendront directrices de l’évolution
des cellules du plan minéral que très longtemps après la mort de l’être physique
auquel elles ont appartenu. C’est la grande récompense des êtres minéraux terrestres
de devenir os humains, et la durée de cette incarnation minérale dépasse
de beaucoup la durée du corps physique lui-même.
Les cellules des muscles et des organes végétatifs retournent au plan végétal,
et nous répétons ici que chaque cellule de la terre ayant passé par un corps humain,
devient directrice des autres cellules terrestres avec lesquelles elle peut se
trouver ultérieurement en contact, parce que tout est intelligent et que l’esprit
divin circule partout.
Les liquides de l’être humain retournent, par des voies diverses, dans les liquides
terrestres, alors que les gaz retournent à l’atmosphère.
L’incinération fait retourner directement à l’atmosphère la plus grande partie
des cellules des organes végétatifs et des muscles, et c’est sous forme de gaz et
par la respiration que les êtres terrestres, végétaux ou minéraux, absorberont et
réincarneront ces cellules.
De plus, l’évolution des cellules minérales, réduites à l’état de cendre, se trouve
considérablement avancée ; mais il y a à l’incinération de graves dangers quand
les principes astraux ne sont pas parfaitement dégagés.

Nous allons suivre la réincarnation d’un corps physique enseveli, ce qui est le
plus simple pour nous rendre tout d’abord compte de l’évolution de ces principes.
Le corps de l’homme voit ses cellules se disperser ; les végétaux absorbent une
partie de ces cellules, et le végétarien, qui absorbe ces végétaux, voit la réincarnation
des cellules de l’être humain mort se faire en son corps le plus rapidement.
Mais, en général, le végétal est absorbé par un animal herbivore, un boeuf, par
exemple, et les cellules végétales qui ont réincarné le corps physique sont à leur
tour assimilées par le boeuf. L’homme vivant, qui assimile à son tour la viande
de ce boeuf, assimile les cellules venant de l’ancien corps physique de l’homme
mort.

En somme, nous voyons ici s’accomplir, pour le corps physique, et pour le
corps physique seulement, le cycle figuré par les anciens alchimistes sous la forme
d’un serpent se mordant la queue. L’Ouroboros, des alchimistes, avec sa formule
mystérieuse, ‘En to Pan, rappel de la Table d’Émeraude : « Ce qui est en haut est
comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut », pour
accomplir les miracles de l’Unité.
Nous avons passé rapidement en revue ce qui concerne la réincarnation du
corps physique. Dans le chapitre suivant, nous allons étudier ce qui concerne la
réincarnation des principes astraux.
Nous ne pouvons pas quitter ce chapitre sans rappeler que tout ce que nous
venons de dire était enseigné dans l’antique Égypte. Les prêtres faisaient, pour
manifester cet enseignement, ce qu’ils appelaient l’« Osiris végétant » : une pâte
formée de terre végétale et de graines était moulée à la forme d’un corps humain ;
ce corps, arrosé convenablement et placé dans des conditions normales de végétation,
était bientôt recouvert d’herbe correspondant à l’évolution des graines.
Ce corps renfermait aussi un peu de cendres humaines. Les herbes, une fois

arrivées à l’état d’évolution normale, étaient absorbées par un herbivore, image
d’Apis, et cet animal, sacrifié selon les rites, devenait la nourriture des prêtres
inférieurs, qui réincarnaient ainsi le corps mystique d’Osiris.

II – Réincarnation des principes astraux

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