LE LIVRE NOIR DE LA PSYCHANALYSE


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sous la direction de Catherine Meyer avec
Mikkel Borch-Jacobsen, Jean Cottraux
Didier Pieux, Jacques Van Rillaer

Ouvrage: LE LIVRE NOIR DE LA PSYCHANALYSE 

VIVRE, PENSER ET ALLER MIEUX SANS FREUD 

Année: 2005

 

« Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que ta philosophie ne peut en rêver. >> William Shakespeare

 

 

« Ce que les hommes veulent en fait, ce n’est pas la connaissance, c’est la certitude.>> Bertrand Russell

POURQUOI UN
LIVRE NOIR DE LA
PSYCHANALYSE ?

 

 

La France est, avec l’Argentine, le pays le plus freudien du monde
Dans nos deux pays, il est communément admis que tous les lapsus sont « révélateurs », que les rêves dévoilent inévitablement des « désirs inavouables » ou qu’un « psy » est forcément un « psychanalyste ».
En France, lorsque les élèves préparent le baccalauréat et tout au long de la formation des professeurs d’école, les idées de Freud – le complexe d’Œdipe, le développement affectif de l’enfant par les stades oral, anal et phallique – sont enseignées comme des vérités incontes­tées. Même chez ceux qui n’ont jamais entendu parler de Freud, le langage courant a adopté de nombreux concepts freudiens, utilisés à tort et à travers (« un travail de deuil », << refouler }>, « faire un trans­fert », « une femme castratrice >1, etc.).
Les psychanalystes occupent une position dominante dans l’univers de la santé mentale. Sur 13 000 psychiatres, 70 % pratiquent la psycha­nalyse ou des thérapies d’inspiration psychanalytique1. Sans compter les psychologues et les psychothérapeutes qui se réclament de cette obédience.


1. Chiffres communiqués par le ministère de la Santé.


Les freudiens sont solidement implantés à l’hôpital et à l’université. Dans les médias, la parole des 11 experts ,. leur est généralement dévolue. La psychanalyse jouit ainsi d’un prestige évident.
Cependant, peu de gens savent que cette situation est unique au monde.
À l’étranger, la psychanalyse est devenue marginale
La psychanalyse s’est répandue comme une traînée de poudre jusque dans les années 1950, surtout aux États-Unis. Mais, depuis trente ans, son autorité s’est réduite comme une peau de chagrin. L’histoire officielle du freudisme a été progressivement remise en cause par ceux que l’on appelle en anglais les « Freud scholars », soit, en traduction littérale, les 1< érudits de Freud ». Ceux-ci ont révélé bien des mensonges clans l’œuvre originelle.
Parallèlement, la psychanalyse a été déconsidérée en tant que théra­pie. Dans l’Europe du Nord et les pays anglo-saxons, elle n’est quasi­ment plus enseignée en f acuité de psychologie et a trouvé refuge dans les facultés de lettres ou de philosophie.
Aux Pays-Bas, nation où l’on consomme le moins d’anxiolytiques, la psychanalyse est quasi inexistante en tant que thérapie. Aux États-Unis, seulement 5 000 personnes suivent une psychanalyse2 : rapporté aux 295 millions d’Américains, ce chiffre apparaît aujourd’hui tout à fait marginal. La célèbre Société psychanalytique de New York peine chaque jour davantage à recruter des candidats. Le « Myers », ce manuel qui sert de référence aux étudiants de psychologie outre-Atlantique, ne consacre que 11 pages aux théories freudiennes, sur les 740 pages qu’il comporte.
La France et l’Argentine auraient-elles raison, seules, contre le reste du monde ?
En France, la critique de la psychanalyse est encore largement taboue
Dans notre pays, la psychanalyse est présentée avec révérence comme une discipline exigeante et noble, une << philosophie du sujet » qui s’adresse à l’être humain dans sa totalité et respecte sa liberté. Les


2. Selon le magazine Times, 2003.


grandes figures des années 1970 (Françoise Dolto, Bruno Bettelheim, Jacques Lacan) restent des références incontestées, parfois même des mythes.
Dans le même temps, les autres thérapies, issues de la psychologie scientifique ou se référant aux neurosciences, sont caricaturées comme des techniques de conditionnement qui normaliseraient les patients pour en faire des individus obéissants et « pavloviens ». Comme s’il y avait d’un côté une thérapie des profondeurs, de l’autre des soins i( Kleenex», qui n’effaceraient les symptômes que de manière temporaire.
Bien sûr, certains psychanalystes dépassent cette caricature et font preuve d’une certaine ouverture à la psychologie scientifique. D’autres esquissent un timide rapprochement avec les neurosciences. Mais, dès que les premières questions sur la validité historique, intellectuelle et thérapeutique de la psychanalyse sont posées, les passions se réveillent.
Le clivage, particulièrement violent en coulisses, n’a jamais été abordé de front sur la scène publique. Les insurgés d’hier sont devenus des gardiens du temple. La psychanalyse a été vécue par la génération de Mai 68 comme un vent de liberté ; elle prend désormais la forme d’un dogme intouchable.
Les psychanalystes les plus influents, principalement les lacaniens, cherchent systématiquement à tuer le débat dans l’œuf. Ils excommu­nient et manient l’anathème, rejetant régulièrement leurs détracteurs dans le camp (au choix) de l’extrême droite antisémite, des lobbies pharmaceutiques ou des conservateurs américains !
Le dialogue est bloqué puisque, de toute façon, contester la psycha­nalyse est en soi un 1( symptôme » (on refoule une réalité dérangeante). Comme un symbole, les héritiers de Jacques Lacan ont ainsi obtenu, en février 2005, de Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, qu’il récuse et fasse disparaître du site Internet de son ministère un rapport de !’INSERM. Cet organisme public avait mené une évaluation des diffé­rentes thérapies, réalisée à la demande des associations de patients, dont les conclusions étaient défavorables à la psychanalyse.

 

Il est temps que la France affronte, à son tour, la question
de la validité de la psychanalyse

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