LA COLONISATION FRANÇAISE PENDANT LA RÉVOLUTION (1789-1799)


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Auteur : Saintoyant Jules
Ouvrage : La colonisation française pendant la révolution

-Tome1.LES ASSEMBLÉES RÉVOLUTIONNAIRES ET LES COLONIES

Tome2.LES ÉVÉNEMENTS COLONIAUX
Année : 1930

 

 

AVANT-PROPOS
En 1789, les espoirs que la France avait pu nourrir, à la
fin du XVIIe siècle, de posséder un vaste empire au delà des
mers, étaient évanouis ; il lui restait toutefois, dans la totalité
des terres qui avaient été siennes, la partie qui avait
atteint le plus grand développement économique et plusieurs
positions qui, pour être délaissées, n’en avaient pas
moins une valeur incontestable. Si le régime royal avait
vécu et, en admettant qu’il eût corrigé nombre de ses errements,
qu’il se fût transformé lui-même, il eût pu faire, de
ces témoins de sa grande époque d’expansion, les bases
d’un départ vers une colonisation restauratrice. Il allait
tout à coup s’écrouler, et les colonies, loin d’entrevoir enfin
une si heureuse période, allaient, pour un quart de siècle,
entrer en luttes intestines, subir la ruine commerciale, le
bouleversement social, la guerre et la domination étrangère.
Donnant une suite à mon récent ouvrage la Colonisation
française sous l’Ancien Régime, je publie l’histoire succincte
de ce que fut, quant aux colonies, cette tragique époque
de 1789 à 1815, dont les traités consacrèrent définitivement
le désastre du Premier Empire colonial de la France.
Cette dernière phase de son existence, malgré sa brièveté,
fut remplie par deux régimes, le Révolutionnaire et le
Napoléonien, dont, en général, les principes, méthodes et

moyens différèrent, bien que le second eût été, au point de
vue national, le stabilisateur des plus utiles innovations
du premier. J’ai dû considérer que la Révolution, pour la
première fois, plaça la conduite de l’État et des colonies
dans la dépendance d’assemblées délibérant librement et
publiquement. Son histoire coloniale se développe en même
temps dans le sein des Assemblées par. la discussion et le
vote des lois, par les relations entre les pouvoirs législatif
et exécutif, et, dans les colonies, par les événements qui
s’y succédèrent. L’oeuvre législative des Assemblées révolutionnaires
fut d’une telle importance, elle est « en général si
mal connue et mal jugée» (1) qu’elle mérite de tenir une
place de premier plan et de recevoir un développement
permettant l’étude suffisamment approfondie de ses lois
capitales. Par contre, durant la phase napoléonienne, la
discussion n’exista pas et, en outre, l’oeuvre de l’administration
centrale ne put atteindre, aux colonies, toute l’ampleur
qu’elle annonçait, par suite de la reprise [des hostilités
avec la Grande-Bretagne en 1803. Ces considérations m’ont
amené à exposer séparément, dans la période révolutionnaire,
l’oeuvre des assemblées et les événements coloniaux,
de même qu’à disjoindre ceux-ci de l’administration générale
dans la période napoléonienne.
J’ai poursuivi cette étude dans l’intention de les mettre à la
disposition du grand public que je me suis proposé d’atteindre
antérieurement. Encore plus que dans mon précédent
ouvrage, l’analyse des textes législatifs et exécutifs, celle
des événements coloniaux, l’objectivité dont je n’ai pas cru
devoir me départir en ce qui concerne la douloureuse question
de l’esclavage, m’ont conduit à des conclusions fréquemment
différentes de celles qui sont généralement enseignées. Je
les ai rapprochées en toute impartialité les unes des autres.


(1) A. GIRAULT, Colonisation et Législation coloniale, t. I, p. 227, 4e édition.


J’ai maintenu les miennes quand ce rapprochement ne
m’a pas convaincu de leur mauvaise déduction, particulièrement
quand j’ai dû constater que les autres paraissaient
découler d’un exposé des faits, soit trop succinct et insuffisamment
fouillé, soit dominé par l’esprit de parti et orienté
vers des appréciations préconçues.
Je souhaite que ces oppositions entre conclusions déjà
admises et conclusions venant les modifier, en ouvrant
peut-être une discussion, apporte une contribution utile à
l’établissement définitif de l’histoire des colonies françaises
durant ces deux périodes mouvementées.
J. S.
Octobre 1929.

 

 

PREMIÈRE PARTIE
RÉSUMÉ D’ÉVÉNEMENTS GÉNÉRAUX
1789-1799

suite…

Tome1iCi, Tome2: iCi