Mater la meute


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Auteur : Wood Lesley J.
Ouvrage : Mater la meute-La militarisation de la gestion policière des manifestations
Année : 2014

 

 

Introduction

NOUS SOMMES EN 2010

et je me trouve dans Allan Gardens, un parc situé à l’est du centre-ville
de Toronto, au milieu d’un quartier soumis à un embourgeoisement rapide, la veille de la
rencontre entre les chefs d’État des 20 pays les plus riches du monde (G20), l’événement que
l’on surnommerait plus tard le «Sommet de l’austérité». Des centaines de personnes de tous
horizons (groupes d’étudiants, organisations communautaires, syndicats et communautés) font
leur entrée dans le parc. Certaines viennent de maisons d’hébergement pour victimes de violence
conjugale, d’autres de refuges pour sans-abri; il y a des travailleurs sociaux et des syndiqués, des
étudiants militants, des parents avec leurs enfants, des punks, des coursiers à vélo, des membres
de la South Asian Women’s Rights Organization, des réfugiés iraniens, des travailleurs migrants,
des anarchistes en tous genres, des socialistes et des sociaux-démocrates. La manifestation
baptisée «Justice for our communities», qui s’est donné pour objectif de rassembler les
organisations et représentants du milieu, veut profiter du moment pour faire le lien entre le
Sommet du G20 et les revendications locales telles la justice pour les immigrants, la justice
environnementale, l’accessibilité à des services de garde d’enfants abordables et la fin de la
violence basée sur le genre, de la brutalité policière et de la marginalisation des pauvres – pour
ne nommer que celles-ci. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la coalition qui coordonne la
manifestation défend une politique inclusive et complexe. Nous marchons sans avoir obtenu
l’autorisation de la police.
J’ai assisté à un grand nombre des réunions de planification, mais à ce moment précis je suis
en train de donner un coup de main aux communications en faisant le relais entre une équipe
d’éclaireurs à vélo sillonnant le secteur et les militants qui tentent de guider le groupe dans les
rues de Toronto, leur transmettant des informations sur les manoeuvres de la police. L’itinéraire
que nous prévoyons d’emprunter dans le secteur du centre-ville est flexible, mais il est prévu que
le cortège fasse halte devant des sites qui symbolisent l’impact des politiques d’austérité du G20
sur nos collectivités – le quartier général de la police de Toronto, la Commission de
l’immigration et du statut de réfugié, les bureaux d’un service d’assistance sociale, et ainsi de
suite. Après avoir fait une pause devant chacun de ces bâtiments, nous allons tenter de nous
approcher le plus possible de la clôture, haute de trois mètres, qui entoure le site où se tiennent
les rencontres du G20. Nous sommes réalistes. Le centre-ville ayant été transformé en citadelle,
nous savons très bien que la police nous bloquera. Nous avons donc l’intention d’être conciliants,
car nous voulons que la manifestation soit pacifique; que les parents puissent y emmener des
enfants. Si la police se montre agressive et que la possibilité qu’il y ait des arrestations se fait
sentir, nous avons prévu de revenir au parc Allan Gardens pour l’occuper toute la nuit.

Les policiers fouillent les sacs de ceux et celles qui tentent d’entrer dans le parc pour se
joindre à la marche. Les manifestants n’ont le droit d’entrer que s’ils se plient aux exigences de
la police, qui leur demande de se débarrasser des bandanas, lunettes de protection et bâtons sur
lesquels leurs pancartes sont agrafées. L’imposant périmètre de sécurité ne représente qu’une
partie de l’opération policière la plus coûteuse de l’histoire du Canada. Les frais engagés
dépassent le milliard de dollars pour les sommets du G8 et du G20 combinés, l’ampleur des
montants dépensés est très clairement visible dans tout le centre-ville. Malgré tout, en dépit, ou
peut-être à cause de la présence des forces de l’ordre, la foule des manifestants grossit et, menés
par des personnes handicapées, dont beaucoup se déplacent en fauteuil roulant, nous nous
engageons finalement dans la rue. C’est alors que le commandant de la police annonce au
militant désigné comme agent de liaison que ce moment a été choisi pour faire transporter la
dépouille d’un soldat tombé en Afghanistan, et ce, pile en travers de notre route. Nous attendons
donc, immobiles, que passe la procession et continuons.
Notre premier arrêt a lieu devant le quartier général de la police de Toronto. Les militants se
serrent plus étroitement pour mieux entendre les discours. Soudain, une bagarre éclate et les
policiers extraient de la foule un homme sourd, Emomotimi Azorbo. Les militants qui tentent de
s’interposer sont frappés à la tête et aux bras à coups de matraque et repoussés à l’aide de
boucliers. Azorbo et un autre militant sont arrêtés. La tension monte d’un cran. Les policiers
ajustent leurs casques antiémeute. La tension monte toujours. Même les manifestants les plus
sereins commencent à perdre patience. J’essaie, à l’aide de mon téléphone et d’une petite radio,
d’obtenir une vision d’ensemble de la situation; je demande à d’autres agents de police ce que
nous devrions faire. Personne ne le sait. Pour une raison qui m’échappe, assurer la sécurité des
manifestants et arriver à destination nous semble désormais moins important que tenir tête à cette
tentative absurde d’intimidation par les policiers. Finalement, nous tentons de faire avancer la
foule dans la rue. Notre agent de liaison nous annonce que, selon le commandant de la police,
nous serions autorisés à descendre l’avenue University, une avenue très large, jusqu’à la clôture
de sécurité. Mais, tout à coup, les policiers casqués se mettent en rang, bouclier saillant, et nous
bloquent le chemin. Il nous est impossible d’avancer davantage. De toute évidence, la police de
Toronto semble adhérer au principe de «la diversité des tactiques». Le commandant avec lequel
nous parlons hurle dans sa radio et, de rage, donne un coup de pied dans une bouteille d’eau. La
foule, dont l’avancée ne se contient pas, déferle dans les rues autour de l’hôpital, le seul chemin
ouvert. Un jeu du chat et de la souris s’ensuit entre les manifestants, qui veulent se diriger vers le
sud, et les policiers, qui leur bloquent la route. Nous finissons par comprendre que nous sommes
perdants. Résignés, nous rentrons au parc où nous passerons la nuit sans être dérangés par la
police.
Le lendemain, nous apprenons que la police a arrêté 17 militants organisateurs au petit matin,
les tirant pour certains de leur lit, pour d’autres de leur voiture. Tous sont accusés de complot et
mis en détention préventive. Malgré tout, la grande manifestation prévue ce jour-là progresse
dans les rues. Une partie des manifestants se détache du groupe pour tenter de s’approcher de la
clôture qui entoure le site où se tient le Sommet. Voyant qu’ils en seront incapables, certains,
aidés de passants, fracassent des vitrines; ils prennent également d’assaut et incendient trois
voitures de police. Au cours des 24 heures qui suivront, les forces de l’ordre reprendront le
contrôle de la ville en arrêtant par encerclement plus de 1 100 personnes, réalisant ainsi la plus
grande arrestation de masse de l’histoire du Canada[1].
Les excès auxquels se sont livrés les services de police pendant le Sommet du G20 ont attiré

une couverture médiatique frénétique, suscité l’inquiétude de la population et engendré de
multiples accusations, enquêtes et poursuites judiciaires. «Plus jamais ça», a-t-on entendu
promettre. N’empêche que, depuis ce jour-là, la police de Montréal a arrêté plus de 3 500
personnes pendant la vague de manifestations étudiantes de 2012 et 2013 en opposition à la
hausse des droits de scolarité, tandis qu’aux États-Unis et au Canada, le même sort a été réservé à
des centaines de participants au mouvement Occupy ainsi qu’à un nombre significatif de
manifestants du mouvement Idle No More[*], d’opposants aux pipelines, de militants en faveur
de la justice pour les migrants et d’opposants à la brutalité policière. Au cours de ces incidents, la
police a encerclé les manifestants, c’est-à-dire les a «pris en souricière» pour les arrêter. Elle a
aussi eu recours à des pistolets à impulsion électrique[2] de type Taser, des vaporisateurs de gaz
poivre, à divers projectiles et à la diffusion de gaz lacrymogène. Parfois, elle a tout simplement
harcelé les manifestants jusqu’à ce qu’ils abandonnent.
Il est clair que la gestion policière des manifestations dans les démocraties capitalistes, en plus
de s’être militarisée, est devenue plus dépendante du travail de renseignement et des contrôles
préventifs que par le passé. Bien que cette tendance ait été observée en Europe, en Australie, en
Nouvelle-Zélande et en Amérique du Nord, le présent ouvrage s’intéresse à l’émergence de cette
stratégie de gestion policière des manifestations dans les villes des États-Unis et du Canada de
1995 jusqu’à aujourd’hui. La thèse que je soutiens est que cette évolution de la stratégie policière
est tributaire de la transformation néolibérale des systèmes politique, social et économique, et de
l’influence que ces derniers exercent sur les organisations policières et leurs processus
décisionnels. Je tente ici d’expliquer pourquoi les corps de police américains et canadiens ont,
depuis 1995, incorporé à leur arsenal des armes sublétales comme les vaporisateurs de gaz
poivre, le gaz lacrymogène et les pistolets Taser, de même qu’ils ont maintenant recours aux
barrières et aux unités antiémeute. Je mettrai en lumière les circonstances qui ont mené à leur
usage croissant contre les manifestants.
Tant au Canada qu’aux États-Unis, la gestion policière des manifestations a changé au cours
des vingt dernières années. Aux systèmes de gestion de l’ordre public établi dans les années 1980
et 1990 se sont substitués, pêle-mêle: des barrières, une intensification des mesures policières
coercitives, des négociations inconséquentes, une collecte généralisée et systématique de
renseignements, ainsi que des services de police davantage axés sur la prévention et le
renseignement[3]. Dans leur étude de la gestion policière des manifestations depuis 1999, Noakes
et Gillham[4] proposent l’expression «neutralisation stratégique[**]» pour décrire cette nouvelle
approche dont ils soulignent les objectifs d’«interdiction préalable» et de dissuasion pour les
militants perçus comme menaçants ou perturbateurs. Cette restructuration des modalités du
maintien de l’ordre s’est effectuée en synchronie avec la restructuration néolibérale et la
convergence des crises économique, politique (et écologique). Étudier l’émergence de cette
stratégie de réduction des capacités de mobilisation et de réponse musclée aux manifestations
permettra de mieux saisir les limites dans lesquelles l’action militante pourra se déployer au
XXIe siècle.
Certains observateurs pourraient faire valoir que le «travail» des services de police a toujours
été de frapper, de surveiller et d’arrêter les dissidents, et qu’en cela peu de choses ont changé au
cours des cinquante dernières années. Les militants, tant au Canada qu’aux États-Unis accusent
souvent les initiatives de renseignement pilotées par l’État (par exemple le programme américain
COINTELPRO [Counter-Intelligence Program], conçu pour perturber les mouvements sociaux)

d’être responsables de toute division interne ou échec de leurs mouvements. Or, les stratégies de
gestion policière des manifestations ont considérablement changé depuis les années 1970. Même
depuis 1995, de grands changements dans la «prise en charge» des manifestations et de la
dissension sociale ont été observés. Selon les thèses les plus pessimistes, une nouvelle forme
d’État policier, caractérisé par une absence totale d’obligation pour la police de rendre des
comptes aux autorités politiques et à la population, aurait vu le jour depuis 1995. Aux yeux
d’autres observateurs, cette militarisation du maintien de l’ordre constituerait une réponse à
l’intensification des activités protestataires dans les pays du Nord, tandis que la neutralisation
stratégique pratiquée par la police serait le symptôme de polarisations sociales croissantes
susceptibles de se muer en action révolutionnaire. En tant que militante ayant participé à maintes
manifestations au cours des vingt dernières années, et à titre de sociologue insatisfaite par les
interprétations simplistes en matière de stratégie policière, je crois qu’il faut, si notre intention
est de donner aux mouvements sociaux la capacité de résister à la domination de l’État et du
monde des affaires, dépasser les explications primaires et porter un regard analytique sur les
services de police, sur le processus décisionnel qui les caractérise et sur les forces qui les
influencent.
Il s’agira, pour y parvenir, de définir la place occupée par les stratégies policières dans le
contexte de la transformation néolibérale de l’État, un processus caractérisé depuis les années
1980 par une «marchandisation» accrue du social. Au cours des années 1990, de nombreux
accords de libre-échange accompagnés d’une déréglementation de l’économie ont eu pour effet
d’accélérer cette transformation, que la crise économique de 2008 est venue encore accentuer,
surtout aux États-Unis. Ces changements se sont traduits par une déréglementation accrue,
accompagnée d’une marchandisation des rapports et pratiques de gestion, de l’éducation, de la
socialité et de la culture. Au Canada comme aux États-Unis, les gouvernements ont réduit les
dépenses sociales tout en évitant d’encadrer les investissements et le commerce à grande échelle.
Les grandes villes du Nord mondialisé sont devenues les foyers d’une économie financiarisée et
d’un secteur des services qui la soutient, de telle sorte que leur population est de plus en plus
composée de riches et de pauvres tandis que la classe moyenne les a désertées ou en a été
écartée. Les entreprises du secteur manufacturier se sont réfugiées dans les villes de plus petite
taille ou les banlieues tandis que les emplois du secteur public, de la santé et de l’éducation,
autrefois stables, sont devenus précaires. Les politiques d’austérité ont contribué à creuser les
inégalités de revenu entre riches et pauvres, transformant les villes à l’avenant. Comme
l’explique Naomi Klein, les élites ont rapidement restructuré l’économie au détriment des plus
pauvres et des marginaux[5]. La montée de l’influence des grandes entreprises et les
compressions dans les dépenses publiques entraînent non seulement la transformation des
systèmes politiques et économiques, mais aussi celle des systèmes policiers. La privatisation
accrue des services de maintien de l’ordre public, la disponibilité de nouvelles technologies et la
récente mondialisation des réseaux policiers ont coïncidé avec l’évolution parfois contradictoire
des stratégies policières, dorénavant plus militarisées, recentrées sur le renseignement et la police
de proximité.
Dans le contexte de la transformation néolibérale, et plus spécifiquement depuis les attaques
du 11 septembre 2001, les symboles et messages de peur et d’insécurité dominent la culture
politique tant au Canada qu’aux États-Unis. Une plus grande part des dépenses
gouvernementales est dorénavant affectée à la sécurité, aux services de police et à la défense, ce
qui permet de détourner l’attention de la population des mesures économiques et politiques qui

contribuent à concentrer la richesse entre les mains du centile supérieur. Ainsi, malgré une
criminalité en baisse et en dépit de la méfiance que le public entretient à l’égard de la police, le
maintien de l’ordre a vu son importance croître au sein des gouvernements et des systèmes
économiques.
En 1990, le Solliciteur général du Canada a produit un document intitulé «Une vision de
l’avenir de la police au Canada», dont les auteurs anticipaient déjà les effets qu’entraîneraient les
coupures néolibérales sur les dépenses sociales et le maintien de l’ordre. Dans ce rapport, André
Normandeau et Barry Leighton, tous deux criminologues, décrivent froidement l’intégration de
l’économie canadienne à l’économie mondiale et les «perturbations à court terme dans le monde
du travail» qui s’ensuivraient. Ils soulignent que «[l]e nombre de chômeurs peu instruits et sans
qualifications augmentera dans les grandes villes, provoquant une hausse des infractions contre
les biens et de la violence[6]», et décrivent le recours à la sous-traitance, les coupures de services
et la désinstitutionnalisation des personnes. Les auteurs concluent que ces transformations auront
une incidence sur le travail de la police: «On peut s’attendre à de plus grands troubles civils, un
nombre croissant de groupes de la société se jugeant désavantagés[7].» Pour faire face à ces
changements, les auteurs préconisent d’accroître la privatisation des services de police, la
collaboration et l’utilisation des nouvelles technologies.
Dans «Policing in America», un article publié sur le site d’une association policière, David
Bayley livre une mise en garde dans un contexte américain[8]. Selon lui, la privatisation et la
déréglementation compliqueront la tâche de la police, qui sera dorénavant aux prises avec une
intensification de la violence de groupe engendrée par des inégalités déterminées par le niveau
social et l’ethnicité. Il soutient que de tels troubles, accompagnés d’une augmentation de la
violence criminelle ou du terrorisme, mèneraient la police à se militariser davantage et à adopter
une «attitude guerrière». En effet, comme l’explique Peter K. Manning, spécialiste de la police,
les pressions politiques et économiques externes causées, par exemple, par la réduction des
dépenses publiques, l’effondrement de l’économie et, corollairement, le naufrage budgétaire d’un
grand nombre de villes d’importance, ont forcé les services de police à changer leur mode de
fonctionnement dans les années 1980[9]. Les réformes néolibérales imposées aux agences de
police, similaires à celles auxquelles ont dû faire face les autres institutions publiques, se sont
traduites par la promotion de nouvelles méthodes de gestion, la privatisation, la
déréglementation, la sous-traitance des activités du secteur public ainsi que par le recours aux
technologies de l’information et à l’analyse des données comme outils facilitant la restructuration
de ces institutions centralisées.
À mesure que le filet social disparaissait sous la restructuration néolibérale, la police voyait
son rôle évoluer. Il lui fallait dorénavant éponger les dégâts causés par les transformations
économiques et «protéger un climat d’investissement solide». Ce sont les pauvres et les
minorités visibles qui ont surtout fait les frais de ces nouvelles vocations policières. Comme
l’avance Neil Smith, l’introduction de stratégies policières de type «tolérance zéro» et «théorie
de la vitre brisée» ont considérablement accentué le rôle joué par la police dans l’élimination des
signes apparents et des manifestations du désordre social[10]. Par ailleurs, comme le soulignait
Loïc Wacquant, la transformation néolibérale a été synonyme «de la disparition de l’État
économique, du démantèlement de l’État social et du renforcement de l’État carcéral[11]».
Aujourd’hui, la police opère dans un contexte de nettoyage social continu au sein duquel
l’espace de dissension juridique, culturel et politique s’est rétréci sous la pression des outils
législatifs tels le Patriot Act, les nouvelles lois sur le crime organisé, les interdictions de

manifester, les lois antiterroristes et les capacités accrues de l’État en matière de surveillance et
de contrôle des frontières. De plus en plus souvent, la police présente les manifestations comme
une forme de menace, légitimant ainsi son action. Parallèlement, de nouveaux resserrements des
lois ont fait en sorte que même les marches et les rassemblements autorisés par la loi se
retrouvent maintenant face à face avec une police de plus en plus militarisée[12].
Comme les experts policiers l’avaient anticipé, les stratégies de gestion des manifestations en
cette ère néolibérale sont influencées par ceux qui remettent en question l’ordre établi. Les
fonctions d’amélioration sociale de l’État s’étant dégradées, grand nombre de ces mouvements se
sont détournés des possibilités qu’offre la politique électorale. Parallèlement, la mondialisation
croissante des mouvements sociaux a permis la diffusion rapide des tactiques, identités et
symboles militants, autant d’outils qui facilitent les vagues de protestations. Il est dorénavant
plus facile pour des mouvements diversifiés de collaborer et de coordonner leurs luttes contre les
institutions et les transformations néolibérales en faisant converger leurs efforts contre les
organismes internationaux, en organisant des journées d’action mondiale et en créant des réseaux
officiels et informels, virtuels et réels.

 

La gestion policière des manifestations en contexte

suite…

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