Enquête sur la loi du 3 janvier 1973


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Auteur : Rougeyron Pierre-Yves
Ouvrage : Enquête sur la loi du 3 janvier 1973 Comment une élite de banquiers et de hauts fonctionnaires a endetté la France auprès des banques privées avec un texte obscur
Année : 2013

 

« Alors que d’anciens
États libéraient les esclaves
pour dette, comment diable un État moderne
comme la France
peut-il se mettre volontairement
en situation d’esclave
par le biais de la loi
du 3 janvier I 973 ? »

« Depuis 1990, 34 pays ont
renoncé à la souveraineté sur
leur banque centrale, ce dispositif
(loi du 3 janvier 1973)
sera repris par l’article I23 du
Traité de Lisbonne, dans sa partie
financière rédigée par le
groupe d’Amato où la France
était représentée par Dominique Strauss-Kahn »

« Il est aujourd’hui pour le
moins paradoxal de constater que,
pendant des siècles, l’Ancien Régime
avait préservé jalousement le droit
de l’État de battre monnaie et le
privilège exclusif d’en garder le bénéfice,
la République démocratique
a abandonné pour une grande part
ce droit et ce privilège à des intérêts
privés »
Maurice Allais

Introduction

<< Voilà ce qui va Je passer : les difficultés monétaires et financières
qui seront considérables vont amener les successeurs
à céder aux Américains. Certes, on leur mettra des « tapis
rouges sous les pieds », mais ils Passeront par la volonté des
Anglo-saxons et, les difficultés financières servant d’excuse,
toute l’indépendance française va disparaître … »
Charles de Gaulle, 24 avril 1969 1

 

 

En 1973, chaque Français ( homme, femme, enfant) était endetté
à hauteur de 808 euros par personne. En 2012 cette dette était
déjà d’environ 26.108 euros par personne, soit 32 fois plus.2

Que s’est-il passé ? Avons-nous été comme le disent certains un
pays-cigale qui jette son argent par les fenêtres ?

Pendant la campagne présidentielle de 2012, quatre candidats
(Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen et
Jean-Luc Mélenchon) totalisant 30% des suffrages exprimés ont
avancé une explication : l’État français pouvait pour réaliser ses
grands travaux, utiliser sa monnaie à travers sa Banque Centrale, mais
il aurait perdu cette possibilité par une loi votée le 3 janvier 1973.

À partir de là, l’État se serait endetté auprès de banques privées,
payant des intérêts pharaoniques qui laisseraient aujourd’hui nos
finances exsangues, et cela menacerait le patrimoine des Français et


1 Cité par Michel Debré Entretien avec le général de Gaulle 1961-1969, Albin Michel,
page 186.
2Bien sûr les Français ont également un patrimoine national privé qui reste supérieur à
cette dette.


son indépendance. La courbe de l’évolution de la dette publique de la
France et de ses intérêts cumulés qu’André-Jacques Holbecq a rendue
publique, a eu un immense retentissement.
Nous avons pris l’initiative de retrouver les témoins et participants
encore vivants de l’élaboration de cette loi pour comprendre
leurs motivations. Nous avons aussi voulu vérifier si cette loi a bien eu
les effets qu’on lui prête.
À travers cette enquête nous avons constaté que les élites
règlent toujours les grandes questions dans la pénombre d7s cabinets
ministériels mais jamais au grand jour devant les citoyens. A partir de
textes et de documents, dont certains sont livrés au public pour la
première fois, nous avons retracé la naissance, les sources et les développements
d’une loi messagère d’un nouvel ordre international qui
signera le retour de l’hégémonie des banques, de la finance, et des
marchés sur nos vies (comme avant la crise de 1929 ).
C’est l’histoire d’une extraordinaire prise de contrôle des États
et des Nations à partir de la confiscation de la monnaie. Dans un
contexte de crise financière et européenne aggravée, écrire sur cette
loi a été pour nous comme si nous avions dû écrire sur les accords de
Munich au milieu de la Seconde Guerre mondiale. La réalité nous rattrape
à grands pas par une souffrance sociale et une violence à venir.
Si nous interrogeons nos parents, ils ont connu l’emploi, le progrès
puis la crise, mais personne ne leur a jamais parlé de la dette. Comment
en sommes-nous arrivés à devoir entendre tous les matins : « Tu paieras la dette » .

Qui en a débattu ?
Quand l’avons-nous contractée, et auprès de qui ?
Pourquoi ont-ils tout caché ?

Les Français ont le droit de savoir qui les a ruinés, par quels
mécanismes et au profit de qui.

suite…

Rougeyron Pierre-Yves Enquete sur la-loi du 3 janvier-1973