Malcolm X – Derniers discours


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Éditions de l’Évidence — 2008

Le testament de Malcolm X – février 1965
“Martin Luther King est un homme “responsable” aux yeux des Blancs. C’est
normal. Quiconque invite les Noirs à tendre l’autre joue, à pratiquer la non-violence,
à se montrer passifs en face des brutalités dont ils sont l’objet, fait preuve de
“responsabilité” à l’égard du système et est en partie coupable de ces brutalités. Le
but est clair : il s’agit de nous empêcher de riposter à la violence que nous subissons.
Cela a valu le prix Nobel de la Paix à Martin Luther King. Si on m’offrait le
prix Nobel, je me suiciderais. J’ai beaucoup de sympathie pour ce Français,
Sartre, qui l’a refusé. C’est presque un symbole pour moi, qu’il soit français. La
France est l’un des rares pays qui a refusé de devenir un satellite des États-Unis. Ici,
l’erreur de beaucoup de gens est de considérer que la situation doit nécessairement
évoluer vers un “happy end”. Peut-être ne peut-il y avoir de dénouement heureux ?
(…) On a déjà essayé plusieurs fois de me tuer, en piégeant ma voiture, en jetant des
bombes devant ma maison. Les Black Muslims me qualifient aujourd’hui de traître,
mais c’est Elijah Muhammad qui a trahi en ne se montrant pas à la hauteur de
l’image que ses fidèles ont de lui.”

 

Parabole de Malcolm sur la relation CASTE/MASSE…
“Il y avait deux types d’esclaves : ceux des champs et ceux de la maison. Le noir
d’intérieur vivait dans le foyer, près de son maître, ou bien dans la cave, ou bien au
grenier. Il était vêtu et le maître lui laissait les restes de sa table et il révérait son
maître. Je crois qu’il aimait son maître plus que le maître s’aimait lui-même : quand
le maître disait “– Nous avons une jolie maison”, il disait “– oh patron nous avons
une jolie maison !” Si la maison du maître brûlait, le noir d’intérieur se précipitait
pour éteindre le feu ! Quand le maître était malade, il disait “– qu’est-ce qui se passe ?
Nous sommes malades !”
“Nous” vous voyez, c’était la façon de penser du noir d’intérieur. Quand un autre
esclave venait pour lui dire : “– fuyons, il faut se séparer de ce maître qui nous
maltraite”, “– Et pourquoi ? Que pourrions-nous trouver de mieux qu’ici ? Fuir ? Je
ne veux pas m’enfuir moi !” Ça c’est le nègre d’intérieur.
En ce temps là on disait nègre d’intérieur et on le dit encore aujourd’hui car c’est
une espèce qui n’est pas près de disparaître.”

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