L’homme superlumineux


 
Auteurs : Dutheil Régis – Dutheil Brigitte
Ouvrage : L’homme superlumineux
Année : 1990

Introduction
Tout homme s’interroge un jour ou l’autre sur ce qu’il est, ce
qu’il fait, l’univers dans lequel il vit. Ces questions, l’être humain
se les pose depuis l’aube des temps. Et depuis toujours il a fallu
trouver des réponses, car la vie de tous les jours en dépend
étroitement.
Peut-être même plus que la vie. Car donner un sens à ce qu’elle
est, c’est aussi mieux cerner ses limites,faire face à la mort que l’on
dit en être le terme.
La vie, la mort: deux sujets inépuisables qui n’en font qu’un.
Perpétuelle interrogation, revenant sans cesse dans les esprits.
Cette quête souvent non dite, intérieure et profonde, quelquefois
même protégée du dépouillement de la révélation, chacun de nous
la vit au jour le jour, au détour d’une pensée, d’une occupation,
d’une rencontre, d’une activité partagée avec un proche. Car
s’interroger sur la vie procède de tout ce que perçoit et ressent l’être,
de tout ce dont il est, à des niveaux divers, conscient.
De cette conscience dépend tout le reste. C’est pourquoi il est
fondamental d’en déterminer l’exacte nature. Les penseurs des plus
lointaines civilisations ne s’y sont pas trompés, qui tous ont tenté
de donner une définition de la conscience en accord avec leurs
croyances. Ces approches -parfois très différentes – ont révélé
la même logique: ce n’est qu’après avoir défini clairement ce qu’est
la conscience que l’on peut cerner avec précision l’univers dans
lequel on vit. Les notions de conscience et d’univers sont intimement
liées. L’univers n’existe pour un individu qu’au travers de ce
dont il est conscient.
«Avoir conscience», «perdre conscience», «reprendre conscience»,

 «en son âme et conscience» … , autant d’expressions passées dans le
langage courant qui, incidemment, véhiculent d’autres notions
essentielles étroitement dépendantes de la conscience: le connu et
l’inconnu, l’existence, la vérité, la réalité. Chacune d’elles devenant
à son tour une question lourde de sens dans le devenir de
l’homme.
Car à n’en pas douter c’est en fonction de ce qu’il sait (ou croit
savoir), de ce qu’il perçoit du monde qui l’entoure, que l’homme
agit, décide, modèle sa propre évolution. Vision de l’univers et
interprétation de la réalité, par le biais des sensations, façonnent
et nourrissent à chaque instant la conscience. C’est le fait
d’accorder un statut particulier à la conscience qui autorise la
construction d’une réalité spécifique.
Le présent ouvrage se propose de faire le point sur la conscience.
De reprendre un à un les divers éléments qui la composent, depuis
l’étude de ces phénomènes appelés sensations- sur lesquelles nous
basons souvent notre conception du réel alors que la notion même
de sensation est complètement subjective-jusqu’à celle de la mort
qui nous apparaît désormais tout à fait différente de l’image qui
en fut donnée ces dernières décennies.
Ces quelques pages font le point sur l’évolution de la notion de
conscience de l’Antiquité à nos jours, mais aussi, surtout, à partir
des plus récentes recherches et découvertes, en cette fin de XXe siècle,
sur ce que sont la vie et la mort.
Il fallait aller plus loin, dépasser les habituelles querelles
partisanes entre les tenants des différentes approches de la
conscience et de ses états, tirer la quintessence de la position
scientifique et des recherches non scientifiques, rassembler autour
d’une même volonté: donner à la conscience – de la vie comme
de la mort – une définition nouvelle, plus proche de la vérité et
plus épurée que jamais.
C’est pourquoi se trouvent ici réunies, pour la première fois, les
approches philosophiques les plus anciennes et les dernières
découvertes de la physique moderne, les conceptions spirituelles de
l’au-delà de toutes les religions et les expériences médicales aux
frontières de la mort.
Mieux encore, ces quelques pages, après avoir souligné l’évolution
scientifique de la notion de conscience depuis les prémices des
recherches jusqu’aux plus belles heures de la méthode expérimentale,
éclairent d’un jour nouveau la théorie de la relativité

d’Einstein et proposent un nouveau modèle physique de conscience.
Il faut y voir – sur une base scientifique autorisant une
redéfinition de la matière et du réel, mais aussi, surtout, de l’espace
et du temps, abolissant les notions de passé-présent-futur – une
tentative … qui soudain, étrangement, semble nous ramener au
coeur des récits de nos plus lointains ancêtres.
Défendre la thèse d’une matière autre que celle que nous
connaissons, d’un univers où le temps ne s’écoule pas, d’une mort
qui n’est qu’un «déplacement d’existence» et non pas une disparition
pure et simple, de la présence en chaque être de l’histoire de
l’humanité, c’est brusquement la possibilité d’appréhender une
autre dimension du réel.
Peut-être est-ce enfin la fusion en une seule approche de la
spiritualité et du matérialisme, et la restitution à la conscience de
son véritable rôle, qui consiste à perpétuer l’existence par la
connaissance.
Il est possible de voir dans les recherches métaphysiques de
Pythagore, Platon, Démocrite, Leibnitz, Descartes ou Hegel, dans
les travaux scientifiques de Einstein, Kammerer, Jung ou Pribram,
dans les recherches sur la mort de Kübler Ross, Moody, Ring et
Sabom, celles sur la réincarnation de Stevenson, les reflets de la
même soif de savoir, guidée par une intuition d’un réel qui jusqu’à
présent nous était caché.
Une telle vision de l’univers tente de faire sentir la véritable
dimension de l’homme: une grandeur intemporelle à réaffirmer
sans cesse dans le moindre de ses actes.

Première partie

Chapitre premier
La notion de conscience

suite…

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