Les Livres Maudits


Les-Livres-Maudits

par JACQUES BERGIER

Des livres au contenu prodigieux ont été
systématiquement détruits tout au long de
l’Histoire, d’autres ont été rendus inaccessibles au
public grâce à des méthodes de chiffrage. C’est le
cas du livre de Thoth, des stances de Dzyan, du
manuscrit Voynich et d’Excalibur, le livre qui rend
fou.
Ils sont successivement étudiés par Jacques
Bergier dans cet ouvrage inédit, qui examine
également le pourquoi des destructions massives
d’ouvrages ésotériques, comme ce fut le cas dans
l’incendie de la Bibliothèque d’Alexandrie.
Une conclusion s’impose : il existe une
conspiration contre un certain type de savoir,
faussement appelé occulte, une conspiration qui
couvre tous les pays et se rencontre à toutes les
époques.
Qui donc brûle les livres maudits ?

PROLOGUE

LES HOMMES EN NOIR

II paraît fantastique d’imaginer qu’il existe une Sainte
Alliance contre le savoir, une synarchie organisée pour faire
disparaître certains secrets. Cependant, cette hypothèse n’est
pas plus fantastique que celle de la grande conspiration nazie.
C’est seulement maintenant que nous nous apercevons à quel
point était parfaite l’organisation de l’Ordre Noir, à quel point
ses affiliés étaient nombreux dans tous les pays du monde, et à
quel point cette conspiration a été proche de la réussite.
C’est pourquoi il ne faut pas rejeter a priori l’hypothèse
d’une conspiration plus ancienne.
Le thème du livre maudit qui aurait été systématiquement
détruit tout au long de l’histoire a évidemment inspiré
beaucoup de romanciers, H. P. Lovecraft, Sax Rohmer, Edgar
Wallace. Néanmoins, ce thème n’est pas seulement un thème
littéraire. Cette destruction systématique existe à tel point
qu’on peut se demander s’il n’y a pas une conspiration
permanente qui vise à empêcher le savoir humain de se
développer trop vite. Coleridge était persuadé qu’une telle
conspiration existait et appelait ses membres « persons from
Porlock ». Ce nom lui rappelait la visite d’un personnage venu
du village de Porlock et qui l’empêcha de réaliser un travail
très important qu’il avait en cours.
On trouve des traces de cette conspiration aussi bien dans
l’histoire de la Chine ou de l’Inde que dans celle de l’Occident.

Aussi nous a-t-il paru nécessaire de réunir toute l’information
possible sur certains de ces livres maudits et sur leurs
adversaires.
Quelques exemples précis de livres maudits d’abord. En
1885, l’écrivain Saint-Yves d’Alveydre reçoit l’ordre, sous
peine de mort, de détruire son dernier ouvrage: Mission de
l’Inde en Europe et Mission de l’Europe en Asie. La question
des Mahatmas et sa solution.
Saint-Yves d’Alveydre obéit à cet ordre. Cependant, un
exemplaire échappa à la destruction et, à partir de cet
exemplaire unique, l’éditeur Dorbon aîné le réimprima, à
tirage très limité, en 1909. Or, en 1940, dès leur arrivée en
France et à Paris, les Allemands détruisirent tous les
exemplaires de cette édition qu’ils trouvèrent. Il est douteux
qu’il en reste un seul.
En 1897, les héritiers de l’écrivain Stanislas de Guaita
reçurent l’ordre, sous peine de mort, de détruire quatre
manuscrits inédits de l’auteur sur la magie noire, ainsi que ses
archives. L’ordre fut exécuté, il ne reste rien de ces manuscrits.
En 1933, les nazis brûlent en Allemagne la totalité des
exemplaires du livre sur les Rose-Croix Die Rosenkreuzer,
Zur Geschichte einer Reformation.
Une édition de ce livre reparaît en 1970 mais rien ne
prouve qu’elle soit conforme à l’original.
Je pourrais multiplier ces exemples, mais on les trouvera
en nombre suffisant dans le cours de ce livre.

Qui sont les adversaires de ces livres maudits? Supposons
l’existence d’un groupe que j’appellerai les « Hommes en noir
». L’idée de cette dénomination m’est venue en voyant à toutes
les conférences pro-Planète ou anti-Planète, un groupe
d’hommes en noir à l’aspect sinistre, toujours les mêmes. Je
pense que ces hommes en noir sont aussi anciens que la
civilisation; je crois qu’on peut citer parmi leurs membres
l’écrivain français Joseph de Maistre et Nicolas II de Russie.
A mon avis, leur rôle est d’empêcher une diffusion trop
rapide et trop étendue du savoir, diffusion qui aurait conduit à
leur destruction les civilisations qui nous ont précédés. En
même temps que la trace de ces civilisations, nous est restée, à
mon avis, une tradition dont le principe consiste à prétendre
que le savoir peut être terriblement dangereux. Les techniques
de conservation de la magie et de l’alchimie rejoignent,
semble-t-il, ce point de vue.
On peut constater aussi que la science moderne admet
aujourd’hui qu’elle devient parfois trop dangereuse. Michel
Magat, professeur au Collège de France, déclarait récemment
dans un ouvrage collectif sur les armements modernes
(Flammarion) : « Peut-être faut-il admettre que toute science
est maudite. »
Le grand mathématicien français A. Grothendieck écrit
dans le premier numéro du bulletin Survivre à propos des
effets possibles de la science: « A fortiori si vous évoquez la
probabilité de la disparition de l’humanité dans les prochaines
décennies (trois milliards d’hommes, trois milliards d’années
d’évolution biologique…), c’est trop énorme pour être
concevable, c’est une abstraction absolument nulle comme
contenu émotif, donc impossible à prendre au sérieux. On lutte

pour des augmentations de salaire, pour la liberté de la parole,
contre la sélection à l’université, contre la bourgeoisie,
l’alcoolisme, la peine de mort, le cancer, le racisme — à la
rigueur contre la guerre au Vietnam ou contre la guerre tout
court. Mais l’annihilation de la vie sur Terre? Cela dépasse
l’entendement de chacun de nous, c’est un « irréalisable ». On
a presque honte d’en parler, se sentant suspect de chercher des
effets faciles par recours à un thème qui, pourtant, est le plus
anti-effet que l’on puisse trouver. »
Et encore:
« Aujourd’hui que nous sommes confrontés au péril de
l’extinction de toute vie sur la Terre, ce même mécanisme
irrationnel s’oppose à la réalisation de ce péril et aux réactions
de défense nécessaires chez la plupart d’entre nous, y compris
chez les « élites » intellectuelles et scientifiques de tous les
pays. On peut seulement espérer qu’il puisse être surmonté
chez certains par un effort soutenu et la prise de conscience de
tels mécanismes inhibiteurs. »
Depuis que ce texte a été écrit, et récemment encore, j’ai
souvent entendu émettre dans des congrès scientifiques cette
idée que ‘des découvertes trop dangereuses devaient être
censurées ou supprimées. Au début de cette année, à la
réunion de l’Association anglaise pour l’avancement des
sciences, on a cité comme exemple d’une telle découverte à
censurer la possibilité que les diverses variétés de l’espèce
humaine ne soient pas également intelligentes. Des savants de
tout premier plan ont affirmé qu’une telle découverte
encouragerait le racisme dans des proportions telles qu’il
fallait en empêcher la publication par tous les ‘moyens. On

verrait donc assez bien certains savants éminents de nos jours
rejoindre le camp des « Hommes en noir ».
Il apparaît en effet que ces découvertes trop dangereuses
pour être révélées existent aussi bien dans les sciences dites
exactes que dans les sciences dites fausses, celles que j’appelle
plus volontiers para-sciences.
Mais il y a bien longtemps que la destruction
systématique de livres ou de documents contenant de
dangereuses découvertes a été pratiquée, avant ou au moment
même de leur publication. Il en est allé ainsi tout au long de
l’Histoire. C’est ce que nous allons essayer de démontrer.

suite…

http://www.pdfarchive.info/pdf/B/Be/Bergier_Jacques_-_Les_livres_maudits.pdf

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