L’Amour Essentiel


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L’Amour Essentiel

Des tourbillons de poussières ocres protègent la Divine Forteresse
Et des nobles soldats habillés d’ébène la gardent avec adresse
La Forteresse de l’Amour Essentiel est certes imprenable
Elle se distingue des autres par sa douce et grandiose simplicité
La Forteresse de l’Amour Essentiel au for inaliénable
Elle est comparable à l’intarissable source de la multiplicité
Si l’on peut se permettre cette comparaison numineuse
Mais La Forteresse est cependant vaste et lumineuse
Elle n’est riche que d’un seul vase, Celui de l’Éternité
Vase aux myriades d’éclats cristallins, issus de sa Pureté
Crainte et confiance formant ses deux étincelantes anses
L’une d’ivoire, l’autre d’or, comme dans une transe
Mais la salle où il se trouve est si vide, si immense
Et le Vase est si beau, et la salle semble entrer dans la danse
À voir ce vase et observer les confins de cette salle
L’on ne sait que choisir entre les deux, le vase ou la salle ?
Le Centre, le Vase, ou les murs aspergés de lumières crues et pâles ?
Le Vase, le Cœur primordial qui abreuve, ou les aimables pétales ?
L’Amour Essentiel est du pauvre la seule nourriture
Qui pour le riche n’est qu’une bien piètre monture.

Zac Egs

La vertu de Notre-Dame, par Lotfi Hadjiat — Le Libre Penseur


La vertu brillante est une vertu qui veut briller et une vertu qui veut briller n’est déjà plus une vertu. ~~~ La vertu ne brille pas mais éclaire l’âme dans le silence du cœur. ~~~ La vertu aujourd’hui c’est de continuer de parler de vertu dans un monde devenu totalement démoniaque ! ~~~ Quand on…

via La vertu de Notre-Dame, par Lotfi Hadjiat — Le Libre Penseur

Dr. Ali Ghediri : «Aujourd’hui, c’est d’une rupture dont l’Algérie a besoin»


 

 

Algérie Résistance

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English version here

Mohsen Abdelmoumen : Vous avez évoqué le concept de « la rupture sans reniement ». Pouvez-vous nous expliquer ce que vous entendez par là ? Comment peut-on traduire une rupture dans l’Algérie d’aujourd’hui ?

Dr. Ali Ghediri : J’ai choisi des termes choc. Le mot rupture est en soi polysémique selon qu’il s’applique à la physique, à la sociologie ou à la politique. C’est un terme qui recèle une part d’appréhension et, pour être beaucoup plus concret, je dirais que c’est un terme qui recèle de la peur. Dans la vie courante, de manière générale, on recourt à la rupture lorsqu’il y a un blocage qui n’autorise plus aucune dynamique. Ceci est vrai dans le domaine social en général et en politique en particulier. Parce que s’il y a bien un domaine où la posture statique est potentiellement dangereuse, c’est celui de la politique. Et c’est le cas, justement, en Algérie où le système politique en place depuis des décennies a montré un certain immobilisme qui donne des signes de stérilité à tel point qu’il est devenu incapable de créer les conditions à sa propre reproduction. Un système qui cesse de créer les conditions pour se pérenniser est un système finissant, donc c’est un système qui est atteint de statisme dangereux pour sa propre survie, c’est-à-dire que c’est un système qui a atteint une phase autant dangereuse pour lui que pour le pays. Dans le contexte qui est le nôtre, le terme « rupture » sous-tend quelque part une remise en cause de l’équilibre politico-social tel que les régimes qui se sont succédé depuis le recouvrement de notre indépendance l’ont configuré. Aussi, pour changer les choses, on ne saurait se contenter d’un ravalement de façade. Pour le cas algérien, la rupture s’impose comme le seul remède afin d’impulser une nouvelle dynamique à la vie sociopolitique en Algérie.

Il s’agit d’une rupture sans reniement parce que, comme je viens de le dire, le terme lui-même recèle en soi un potentiel de reniement et de négation du passé qu’il faut appréhender avec circonspection, c’est pourquoi j’ai tenu à préciser que la rupture que je prône est une rupture sans reniement. Sur quoi ne va pas porter cette rupture ? Elle portera sur tout sauf sur des éléments qui constituent le socle de notre identité nationale et de notre histoire. Tout le reste sera étalé sur la table pour l’édification d’une deuxième République, d’une Algérie nouvelle, d’une Algérie tournée vers le progrès et vers son avenir.

Avec le règne de Bouteflika, n’y avait-il pas un risque que le lobby de l’argent sale s’empare totalement du pouvoir comme dans la Russie de Boris Eltsine ?

Il y avait plus qu’un risque. Le lobby de l’argent s’est réellement accaparé la décision politique. Il s’est impliqué d’une manière franche et affichée dans la vie politique au point où certains oligarques se sont permis d’interférer dans la désignation de ministres, ce n’est un secret pour personne. Et non seulement de ministres mais de personnalités contestées dans les rouages de l’État. Il ne s’agissait pas de risque mais de fait. Vous avez eu raison de faire le parallèle avec la Russie d’Eltsine. J’ai passé là-bas deux ans au moment où Eltsine était président, et il y a beaucoup de similitudes entre le cas russe et le cas algérien.

L’armée reste un acteur incontournable dans la politique en Algérie. Le fait que l’armée soit incontournable ne traduit-il pas la faillite du système politique algérien ?

Toute nation est le produit de son histoire. On ne peut pas se défaire des trames de sa propre histoire. Je dirais qu’il était tout à fait naturel, jusqu’à une certaine limite, que l’armée soit partie prenante dans la vie politique. Mais ce qui ne l’est plus, c’est qu’elle ait franchi temporairement ce seuil et qu’elle reste, 57 ans après l’indépendance, cette force incontournable dans l’équation politique. Voilà ce qui est anormal. Jusqu’à un certain seuil, temporairement, c’était peut-être admissible parce que telle est notre histoire.

Pour ce qui est de la défaillance du système politique algérien, je suis tout à fait d’accord avec vous. Si le système s’était fixé pour objectif d’édifier un État algérien national pérenne, il aurait été beaucoup plus indiqué pour lui de mettre en place des conditions pour assurer cette pérennité. Parmi les conditions, il y a la mise en place d’institutions légitimes élues par le peuple dans la transparence la plus absolue et les choses auraient mieux marché que dans la situation présente. Deuxième point : on ne peut pas prétendre édifier ou assurer une pérennité à l’État si on fait l’impasse sur certaines libertés : libertés individuelles, libertés collectives, indépendance des trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire. Donc, quelque part, on fait l’impasse sur le droit des citoyens et si l’on fait l’impasse sur les libertés et le droit, on ne peut pas assurer la pérennité à ce système.

Comment analysez-vous ce grand mouvement populaire que connaît l’Algérie en ce moment et comment expliquez-vous le fait que tous les partis qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition soient dépassés et même rejetés ?

Tout mouvement populaire, tout mouvement de masse, où qu’il soit et quel qu’il soit, est subséquent à la somme de contradictions sociopolitiques qui n’ont pas trouvé leur solution quand elles étaient à leur niveau le plus bas. Les contradictions sociopolitiques se sont exacerbées au point d’atteindre une forme de résonance et c’est ce qui a fait que le peuple soit sorti pour manifester cette exaspération et ce rejet du système. Quant à la seconde partie de la question concernant le rejet des partis d’opposition, dans l’imaginaire politique des Algériens, le système est à la fois le pouvoir en place et cette opposition que le pouvoir a voulue organique et qu’il a domestiquée quelque peu. C’était beaucoup plus une opposition domestiquée, une opposition de façade, une opposition qui fait partie du décorum faussement démocratique dont il pouvait se prévaloir sur la scène internationale pour prétendre à un classement parmi les pays démocratiques. Cela ne veut pas dire que parmi l’opposition, il n’y ait pas de forces qui réellement voulaient le changement, mais le pouvoir politique en Algérie, notamment depuis l’avènement de Bouteflika, n’a eu de cesse de ramener cette opposition à une forme de formalisme pour davantage asseoir son pouvoir que d’en faire une force à même d’assurer le fonctionnement démocratique des institutions.

Vous avez évoqué la nécessité d’aller vers une deuxième République. Comment pensez-vous atteindre cet objectif ?

Une deuxième République coule de source à partir du moment où je prône la rupture. Je ne pouvais pas à la fois prôner la rupture et la continuité parce que continuer dans la voie qui est celle du système politique actuel signifie consacrer la pérennité d’un système que je dénonce. Donc, la deuxième République comme je la perçois, c’est l’ouverture de l’Algérie vers une nouvelle forme d’institutions que le peuple aurait élues en toute démocratie, c’est la mise en place d’une nouvelle Constitution qui consacrerait dans les faits – pas dans les textes uniquement –  la pratique politique depuis la base jusqu’au sommet, c’est de nouveaux rapports entre le citoyen lambda et l’administration et le pouvoir – dont ce citoyen lambda est la première émanation parce que la citoyenneté est censée émaner du peuple et il faudrait qu’elle ne soit plus uniquement censée mais qu’elle soit réellement l’émanation de ce peuple. La rupture va porter sur le fonctionnement des institutions, sur la lutte contre la corruption, sur la lutte contre le népotisme, sur l’équilibre des pouvoirs, sur les aspects économiques, sociaux, enfin sur tout ce qui touche à la société. C’est en quelque sorte un nouveau projet de société en totale rupture avec ce que nous avons connu depuis cinquante-sept ans.

En 2000, l’armée a produit un document qui évoquait la nécessité de réformes profondes. Ne pensez-vous pas que si ce document stratégique de l’armée avait été appliqué et mis en œuvre, nous n’aurions pas à vivre cette grave crise politique d’aujourd’hui ?

Dans la gestion des crises, si on s’attaque à la racine du problème dès les premiers signes qui révèlent son existence, on a beaucoup plus de chance de corriger la trajectoire sans trop de dégâts. Si l’on avait opéré les changements en 1999, ou en 2000, ou en 2004, nous n’en serions évidemment pas là où nous en sommes aujourd’hui. Non seulement nous n’avons pas agi pour apporter des réformes, mais nous n’avons fait que nous enliser dans des contre-réformes. Et ce qui devait arriver arriva. L’essence même du système politique algérien sous Bouteflika, c’était le renforcement de sa personne en tant qu’élément central du système politique et la domestication de la classe politique dans son ensemble par l’entremise de la rente. Donc, l’objectif n’était pas tant l’État ou la réforme de l’État, ou la réforme de la société, mais c’était un objectif qui visait le maintien du pouvoir. Bouteflika avait une stratégie de pouvoir et non une stratégie de gouvernance, et la stratégie du pouvoir c’était de tout faire pour se conforter en tant que détenteur de ce pouvoir et d’en être l’exclusivité au point où il est devenu l’élément central du pouvoir par l’entremise de plusieurs révisions de la Constitution. Évidemment, s’il avait opéré les réformes en 2000 ou un peu plus tard en 2004, ou en 2008, nous n’en serions pas là. Ce qui rend l’équation beaucoup plus complexe, c’est ce décalage temporel qui a fait que les contradictions se soient exacerbées jusqu’au au point de rupture et celle-ci a eu lieu.

À votre avis, ce document est-il toujours utile pour la prochaine étape dans l’Algérie de demain ?

Non, un ravalement de façade ne peut plus suffire. Si on avait fait les choses en 2000, les mesures préconisées auraient pu faciliter les choses et auraient pu amener l’Algérie à prendre un autre chemin. Aujourd’hui, c’est d’une rupture dont l’Algérie a besoin. Cela, je le dis et je l’assume.

Vous avez été et vous restez candidat à l’élection présidentielle. Quel est votre projet pour l’Algérie ?

Mon projet pour l’Algérie, il est dans l’intitulé même du programme. Lorsque je parle de deuxième République, c’est une république moderne, une république ouverte sur ses enfants, une république réellement démocratique, une république où la citoyenneté se conjugue au quotidien, où le citoyen lambda est réellement un citoyen, c’est-à-dire un partenaire sociopolitique et socioéconomique… c’est de cette Algérie-là que je rêve. Une Algérie où la jeunesse qui représente 70 % de la population ait sa place, où la diaspora nationale à l’étranger ait sa place dans la configuration politico-économique. C’est de cette Algérie-là que mon projet se nourrit.

Vous êtes à la fois un intellectuel et un haut gradé de l’armée. Pensez-vous parvenir à changer le système de l’intérieur ?

Intellectuel et haut gradé de l’armée ne sont pas des antinomies (rires). Pour être général dans l’armée, il faut avoir fait des académies. En ce qui me concerne, j’ai fait autant les académies militaires que les universités civiles, donc la problématique « intellectuel / militaire » ne se pose pas, elle se pose concernant un chef, un leader, un Algérien qui a à cœur de changer les choses dans son pays.  Je suis un citoyen comme un autre. La seule particularité que j’ai c’est que j’ai servi pendant plus de quarante ans dans une institution qui n’était pas au service du pouvoir mais au service de la nation, je tiens à le préciser. Maintenant que je suis redevenu civil, je me suis investi dans la chose politique parce que je considérais que le système qui est en place a fait trop de mal à ce pays et à ce peuple. Et, de par l’expérience que j’ai et de par les idées que je crois être bonnes pour le pays, je me dis que je pourrais changer le cours des choses au mieux de ce peuple et de cette république.

Si vous êtes président de la République algérienne, quel sera votre premier chantier ?

Le premier chantier – je ne parle pas des choses subsidiaires, je parle de l’essentiel – c’est de désigner un gouvernement de jeunes. Deuxième point, c’est d’engager la réflexion pour l’élaboration d’une Constitution devant être le socle de cette République. Troisièmement, engager tout ce qui pourrait contribuer à faire démarrer l’appareil économique et engager une réforme structurelle de l’économie nationale. Bien entendu, cela ne peut pas se faire en un jour ni en un mois mais ce sont des chantiers que je m’engage à lancer dès ma prise de fonction et il y aura bien sûr beaucoup d’autres choses à faire mais puisque vous m’avez posé la question sur le premier chantier,  ce seront les premiers chantiers que je lancerai.

On a remarqué lors des manifestations, qu’il y a des tentatives de récupération de différents groupes occultes allant des anciens du FIS avec leur propagande jusqu’à des organisations comme Otpor ou certains activistes des Frères musulmans. Ne pensez-vous pas que ces minorités agissantes sont dangereuses pour l’Algérie ?

Dans tout mouvement de masse de cette envergure, que ce soit en Algérie ou ailleurs, il y a toujours des tentatives de récupération et d’infiltration, c’est dans l’ordre naturel des choses. Pour le cas algérien, vous avez identifié le FIS, les Frères musulmans et Otpor. Pour ce qui est des islamistes, je vais vous répondre comme j’ai répondu à d’autres de vos confrères : les islamistes ont été militairement et politiquement vaincus en Algérie. On a tendance à l’oublier parce que les événements qui ont eu lieu dans d’autres pays après le prétendu « printemps arabe » ont mené à ce que l’on fasse l’impasse sur ce qui s’est passé en Algérie qui a eu à affronter, seule, cet islamisme violent. Les Algériens ont eu raison de ce phénomène qui a bel et bien été battu et je pense que cette donne a été intégrée dans l’agenda islamiste. Aujourd’hui, les islamistes, ici en Algérie, savent qu’ils n’ont de droit d’existence en tant que citoyens que dans un cadre démocratique et qu’il est le seul à leur assurer une vie en tant que citoyens parmi d’autres. Il y a sûrement une petite minorité d’excités et de fondamentaux parmi eux, des fondamentalistes qui chercheraient à tirer la couverture vers eux mais sans trop de conviction. D’ailleurs, dans les rues d’Alger, d’Oran, de Tamanrasset ou de Annaba, plusieurs cas ont été signalés où dès qu’ils commencent à scander des slogans qui leur sont propres, ils ont été pris à partie par la population qui leur a dit « fichez le camp, vous ne faites pas partie de ce mouvement ». Donc, il y a une conscience politique populaire qui fait que le danger islamiste est circonscrit. En l’état actuel des choses, non seulement il est circonscrit mais il est jugulé. Ce qui pourrait changer si ces mouvements s’étalent dans le temps, là le risque existe potentiellement. Pour ce qui est d’Otpor et autres mouvements, cela relève de la même logique, il y a des forces qui ne veulent pas que l’Algérie retrouve le chemin de la démocratie, de la modernité, du développement, le chemin de la croissance, le chemin de l’évolution socio-politico-économique et qui trouveraient en ces mouvements un terreau qui, de leur point de vue, pourrait leur permettre de mettre en échec cette révolution citoyenne. Heureusement, avec vingt millions d’Algériens qui sont descendus dans la rue, la chose paraît un peu plus difficile mais il faudrait circonscrire cela dans le temps et aller dans l’urgence à des réformes qui commenceraient par l’élection d’un président de la République qui serait démocratiquement élu, sans fraude. Cela permettrait d’enclencher une dynamique qui immuniserait l’Algérie contre toute forme de récupération.

Vous pensez que la société algérienne est immunisée par rapport à ces groupuscules et minorités idéologiques comme les islamistes ?

Non. Si l’intelligence politique fait corps avec cette demande populaire de rupture et de renouveau, si on le fait dans des temps raisonnables, je pense que l’on pourrait affirmer haut et fort que l’Algérie est non seulement immunisée contre ces formes de récupération mais ce qui est entrain de se faire en Algérie n’est pas un simple mouvement de masse mais une véritable révolution sans effusion de sang, une révolution pacifique qui pourrait demain déteindre sur le reste du monde de la sphère arabo-musulmane et africaine.

J’ai interviewé le Dr. Paul Craig Roberts qui était l’un des concepteurs de la politique économique du président américain Reagan,  et je l’ai interrogé sur l’utilisation de la planche à billets en lui parlant du cas algérien. Comme il est économiste, il m’a spécifié dans quels cas on pouvait utiliser la planche à billets. Le gouvernement algérien a imprimé 34 milliards de dollars en un an. Selon vous, n’est-ce pas une catastrophe économique pour l’Algérie ?

Avant de parler de catastrophe économique, avoir recours à la planche à billets est en soi un aveu non déclaré de l’échec de la politique suivie par Bouteflika. Lui qui a bénéficié d’une conjoncture des plus favorables qu’aucun président algérien n’a connue depuis l’indépendance, il a engrangé entre 1999 et 2019 plus de 1000 milliards de dollars et on se retrouve en 2019 en train de faire tourner la manivelle pour imprimer des billets. S’il fallait une preuve pour déclarer que la politique de Bouteflika était une catastrophe pour le pays, je pense qu’on ne trouverait pas mieux que cette preuve-là.  Pour ce qui est de la planche à billets en tant que phénomène économique, en tant que procédure économico-financière, l’Algérie n’est pas le premier pays à y avoir recours, tout le monde le fait. Tout le monde y a recours mais il y a des règles que l’on doit respecter lorsqu’on veut utiliser cet outil. On ne peut pas imprimer l’équivalent de 55 milliards de dollars en deux ans – et c’est ce qui a été imprimé – ce qui correspond à une fois et demi, voire deux fois, les revenus pétroliers de l’Algérie. Si l’on avait adossé cela aux réserves de change, les choses auraient peut-être été moins douloureuses. Quoi qu’il en soit, la situation économique de l’Algérie n’est pas des meilleures et elle serait encore moins bonne si le mouvement citoyen s’étalait dans le temps parce qu’il n’est pas sans incertitude et l’incertitude fait fuir les investisseurs et les partenaires étrangers, et a tendance à pousser les gens à user de tous les stratagèmes pour la fuite des capitaux vers l’étranger. Donc,  la situation est économiquement inquiétante mais si l’on met en place la volonté et l’intelligence politique qu’il faut, et que l’on écourte ce flottement et l’incertitude que génère la situation actuelle, avec le potentiel qui est celui de l’Algérie, je pense qu’on pourra s’en sortir économiquement.

Différents intervenants que j’ai interviewés, allant des  parlementaires européens jusqu’aux experts dans le renseignement, et qui pour certains de ces derniers ont eu de grandes responsabilités – je cite par exemple le conseiller d’Obama, le Dr. Bruce Riedel -, m’ont tous affirmé que les services de renseignement algériens, le DRS, étaient très efficaces. Comment expliquez-vous que l’on ait démantelé le DRS sous l’ère Bouteflika et comment se fait-il que les services de renseignement aient été rattachés à la Présidence pour aujourd’hui être à nouveau sous la tutelle de l’armée ? À votre avis, n’est-ce pas une faute grave de la part de Bouteflika d’avoir démantelé le DRS ?    

Comme je l’ai dit tout à l’heure, la stratégie de Bouteflika était une stratégie de pouvoir, pas de gouvernance. Bouteflika a tout fait pour conforter au mieux son pouvoir personnel et le système qu’il avait mis en place. À sa décharge, il a cassé l’ancien système et, à sa charge, il n’a rien prévu d’autre pour le lui substituer. Il a créé un vide et le vide a toujours été générateur de crise. La crise que nous sommes en train de vivre provient pour une grande part du fait que Bouteflika ait cassé le système pour asseoir son propre pouvoir. Parmi les éléments auxquels a eu recours Bouteflika pour être le maître et l’unique décideur, et asseoir son pouvoir d’une manière absolue, c’était le rattachement du service de sécurité à la Présidence. Ce n’est pas tant le rattachement sur le plan technique qui pose problème, parce que dans nombre de pays, les services sont rattachés à la présidence et non au ministère de la Défense, mais ce sont les intentions qui sous-tendent la décision. Pour ce qui est de l’efficacité des services de renseignement algériens, ils sont toujours aussi efficaces. Quant aux dernières mesures prises concernant leur mise sous tutelle du ministère de la Défense, je pense que celle-ci répond beaucoup plus à des aspects pratiques et techniques qu’à autre chose, parce que le président n’étant plus en place, la Présidence n’étant plus perçue comme une institution telle que la prévoit la Constitution, il était tout à fait naturel que les services soient ramenés à la seule institution qui soit encore debout, c’est-à-dire l’armée.

Ils sont particulièrement efficaces dans la lutte anti-terroriste, c’est ce que mes intervenants me disaient souvent.

Bien sûr, et ils ont eu à le prouver.   

Comment expliquez-vous que le drapeau palestinien apparaît très souvent à côté du drapeau algérien lors des manifestations en Algérie ?

suite

Lire et écrire à Babylone


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Auteur : Charpin Dominique
Ouvrage : Lire et écrire à Babylone
Année : 2008

 

 

Présentation
Vers 3200 avant notre ère, l’histoire de l’humanité connut un
tournant radical, l’écriture fut inventée à Sumer. Pendant plus de
3000 ans, la civilisation mésopotamienne fit un usage intensif du
cunéiforme dont témoignent les centaines de tablettes d’argile
découvertes à ce jour, qui renseignent sur toute la société, des
rois aux esclaves. La connaissance de l’écriture était le fait des
élites, qui gardaient à domicile leurs « papiers de famille » . Les
bibliothèques conservaient le savoir de l’époque et fournissaient
les instruments de référence nécessaires aux différents
spécialistes de la religion, devins, exorcistes, chantres. L’auteur
explique, dans un style clair et précis, ces différents usages. Des
photos enrichissent cette histoire de l’écriture cunéiforme.

Avant-propos
L’Histoire commence à Sumer : ce titre que Jean Bottéro
donna à la version française du livre célèbre de Samuel N.
Kramer a depuis fait le tour du monde. Il dit bien que la
civilisation occidentale s’enracine dans le Proche-Orient de la fin
du quatrième millénaire. Certains esprits sont fascinés par la
recherche des origines : je dois avouer que tel n’est pas mon cas.
L’analyse du fonctionnement d’une civilisation parvenue à sa
maturité m’intéresse davantage. Sans doute est-ce affaire de
goût ; c’est aussi le souci de pouvoir assez rapidement trouver
confirmation – ou infirmation – des hypothèses formulées, ce que
la part très importante de l’inconnu ne permet guère pour les
périodes les plus anciennes. Voilà donc le lecteur averti : c’est
avant tout la période « classique » de la civilisation
mésopotamienne qui sera étudiée dans ce livre, soit le long
millénaire qui va grosso modo de Hammu-rabi (1792-1750 av. J.-
C.) à Nabuchodonosor (604-562 av. J.-C.). Ces deux souverains
ayant régné à Babylone, leur capitale a servi de référence dans le
titre du présent ouvrage : son contenu n’est cependant pas limité
à cette seule ville, dont le nom résume depuis l’Antiquité
l’ensemble de la civilisation mésopotamienne.
Le livre que voici est né de préoccupations qui ne m’ont pas
quitté depuis que j’ai publié, il y a plus de vingt ans, mon ouvrage
sur le Clergé d’Ur. J’y avais notamment montré comment ce qu’on

croyait être une « école » n’avait nullement le caractère
institutionnel qui s’attache généralement à ce terme : c’était en
réalité la demeure de membres du clergé qui, dans la ville d’Ur
au XVIIIe siècle av. J.-C., se livraient à domicile à la transmission de
leur savoir, formant leurs apprentis – avant tout leurs enfants – à
la lecture et à l’écriture du cunéiforme. Depuis lors, de
nombreuses autres études ont été publiées, portant sur d’autres
sites ou d’autres périodes. Une des questions qui se sont posées
de manière de plus en plus aiguë a donc été celle du nombre des
personnes capables de lire et d’écrire en Mésopotamie : le groupe
restreint des scribes professionnels était-il en situation de quasi monopole
? Mes travaux sur les archives de Mari m’ont
convaincu du contraire. J’ai déjà exposé certains résultats de
cette enquête dans diverses études, qui m’ont fourni le point de
départ de plusieurs chapitres de ce livre. Je ne cacherai pas que
j’ai délibérément mis l’accent sur les aspects que je trouve
insuffisamment pris en compte dans nos études ; cette position
est liée à mes recherches principalement consacrées aux
documents du troisième et surtout du début du deuxième
millénaire. Je suis conscient qu’une vision différente pourrait
être présentée par quelqu’un qui aurait comme point de départ
les textes savants du premier millénaire : mais cette perspective
est précisément celle qui prévaut en assyriologie, et dont j’ai
souhaité remettre en cause le caractère dominant.
J’ai désiré exposer cette vision de manière accessible, comme je
l’ai fait précédemment dans mon livre consacré à Hammu-rabi de
Babylone ; pour alléger mon texte, j’ai donné des informations
complémentaires et les indications bibliographiques justificatives

dans les notes regroupées en fin de volume, de
façon à permettre au lecteur intéressé d’aller plus loin. Je dois ici
des remerciements à tous ceux qui m’ont encouragé dans cette
entreprise. Elle a mûri grâce à mon enseignement à la Sorbonne,
tant à l’Université de Paris 1 qu’à l’École Pratique des Hautes
Études ; mes recherches ont par ailleurs pour cadre l’UMR 7192
(qui associe le CNRS, le Collège de France, l’EPHE et l’INALCO),
dirigée par Jean-Marie Durand. Mon épouse Nele Ziegler,
assyriologue elle aussi, mérite toute ma gratitude pour m’avoir
activement encouragé à réaliser ce projet. Ma soeur Claire de
Chaisemartin m’a aidé en relisant mon texte. Michel Prigent et
toute son équipe des P.U.F. ont également droit à ma
reconnaissance pour leur soutien renouvelé. J’ai souhaité dédier
ce livre à mes parents : à deux reprises lors de mes études
secondaires et supérieures, ils m’ont fait confiance au moment
de choix cruciaux. Je leur suis profondément reconnaissant de
cela – et du reste …
Paris/Heidelberg, décembre 2007


Annexe
N.B. On a simplifié la transcription scientifique en usage chez les
assyriologues, en conservant cependant certains usages : le u se
prononce toujours ou ; le š correspond au ch du français ; le et
le transcrivent des emphatiques sans réel équivalent en

français (respectivement ts et tt) ; le g se prononce toujours
comme dans « gare ». Les mots sumériens sont translittérés en
utilisant le point comme séparateur des signes (um.mi.a), alors
que les mots akkadiens sont transcrits en continu (ummânum).
Par ailleurs, toutes les dates s’entendent avant J.-C., sauf celles
relatives à la recherche moderne.


 

Introduction
Comment les habitants de la Mésopotamie se représentaient-ils
l’origine de leur écriture ? Bérose, qui était prêtre du dieu
Marduk à Babylone au début du IIIe siècle av. J.-C., dédia au roi
Antiochos Ier un livre en grec résumant les traditions de son
pays, intitulé Babyloniaca. Dans cet ouvrage, l’écriture apparaît
comme un des éléments essentiels qui furent donnés à
l’humanité à l’aube des temps par Oannès, un être hybride à
corps de poisson et tête humaine. Alors que les hommes vivaient
encore « sans discipline ni ordre, comme des bêtes », au début du
règne d’Alorus, censé être le premier des rois mésopotamiens,
Oannès émergea du golfe Persique [1] :
« Il enseigna aux hommes les compétences nécessaires pour
écrire et calculer et pour toutes sortes de connaissances :
comment construire des villes, fonder des temples et faire des
lois. »
Quand on sait le lien étroit qui existait entre Adapa, nom
indigène d’Oannès, et le dieu Enki, patron des techniques, on
comprend que ce don fait aux hommes est, comme la royauté,
« descendu du ciel ». L’épopée Enmerkar et le seigneur d’Aratta
présente une vue différente : l’invention de l’écriture aurait été le
fait d’un homme, Enmerkar. Pour réaliser de grands travaux, ce
roi d’Uruk voulut se procurer les matières premières nécessaires

au-delà des montagnes, dans la riche contrée d’Aratta ; mais le
souverain de cette ville lui lança une succession de défis sous
forme d’énigmes. Enmerkar les résolut toutes, jusqu’au moment
où le messager qui faisait les allées et venues entre les deux rois
capitula devant la complexité du message à transmettre [2] :
« Parce que la bouche du messager était trop “lourde” et qu’il
ne put répéter (le message), le seigneur de Kullab (=Enmerkar)
modela de l’argile et y fit se tenir des mots (lit :“une parole”)
comme sur une tablette. Avant ce jour, il n’était
pas possible de faire se tenir des mots dans l’argile. Mais
alors, quand le soleil se leva ce jour-là, ce fut fait : le seigneur
de Kullab fit se tenir des mots comme sur une tablette – ce fut
fait ! »
On imagine la perplexité du seigneur d’Aratta lorsqu’il vit ce
message écrit … La façon dont l’écriture était conçue est à
souligner : la « parole » (en sumérien : inim) « se tient » dans
l’argile. L’écriture n’est qu’un discours oral fixé sur un
support [3] . Faut-il donc opposer deux traditions différentes, l’une
considérant l’invention de l’écriture comme un don des dieux
(par l’intermédiaire d’Oannès) et l’autre comme une invention
humaine (due à Enmerkar) ? Il n’en est rien ; en effet, un peu
plus haut dans l’épopée, on voit qu’Enmerkar doit sa sagesse à la
déesse Nisaba qui l’inspire pour résoudre les énigmes que lui
adresse le seigneur d’Aratta [4] : or Nisaba était dans le panthéon
mésopotamien la déesse de l’écriture … Les deux récits, en dépit
de leurs différences, mettent l’accent sur un fait qui coïncide
avec le résultat des recherches les plus récentes : la naissance de

l’écriture ne peut pas être appréhendée correctement en termes
purement évolutionnistes. Elle apparaît comme un saut radical et
soudain, constituant dès le départ un système complet (fig. 1) [5] .

 

Le déchiffrement des tablettes cunéiformes
L’histoire du déchiffrement du cunéiforme a souvent été écrite ;
on a beaucoup plus rarement expliqué comment opèrent les
assyriologues. Généralement, quand se font face la photographie
d’une inscription cunéiforme et la traduction du texte, le profane
reste perplexe en se demandant comment on passe de l’une à
l’autre. Il s’agit d’un travail souvent long et difficile sur lequel les
spécialistes ne s’étendent guère, semblables en cela aux « chefs »
d’autrefois qui n’aimaient pas divulguer leurs recettes ; c’est à
une visite de leur atelier que je voudrais convier le lecteur en
préambule à cet ouvrage.

Une écriture en trois dimensions
Il faut tout d’abord prendre conscience du caractère
radicalement différent de l’écriture cunéiforme par rapport à la
nôtre : il s’agit en effet d’incisions pratiquées sur la surface de la
tablette d’argile crue à l’aide d’un calame en roseau ou en os de
section triangulaire (cf. fig. 15). L’impression de ce calame

produit un « clou » ou « coin » (en latin, cuneus, d’où le nom
donné à cette écriture au XVIIIe siècle). La combinaison de
plusieurs « clous » ou « coins » forme un signe : le plus simple est
constitué d’un seul clou horizontal ou vertical, les plus complexes
peuvent compter plus d’une douzaine de clous. C’est donc le jeu
de l’ombre et de la lumière qui fait apparaître les signes
d’écriture ; il faut un éclairage venant de la gauche pour que les
signes soient correctement lisibles.

Mise en page et paléographie
La « mise en page » des tablettes a changé avec le temps. Au
départ, les tablettes avaient des formes arrondies et leur surface
(face et revers) était divisée en colonnes elles-mêmes subdivisées
en cases. Vers 2300 av. J.-C., l’orientation linéaire l’emporta.
Désormais, les tablettes eurent une forme rectangulaire : le plus
souvent, les lignes d’écriture sont parallèles au plus petit côté,
mais parfois c’est le contraire. Quelle que soit la langue, les
signes s’écrivent de gauche à droite.

La forme même des signes a évolué avec le temps : les débuts se
situent vers 3200, le dernier texte daté a été écrit en 75 de notre
ère. Aux origines, on a affaire à des pictogrammes, c’est-à-dire
des signes qui représentent ce qu’ils signifient. Mais très vite, au
contraire des hiéroglyphes égyptiens, les signes cunéiformes
perdirent ce lien et évoluèrent vers une écriture plus cursive.

Les différentes étapes de son évolution ont été soigneusement
répertoriées, de même que les variantes régionales.
Ainsi, d’un simple coup d’oeil, en fonction de la forme de la
tablette, de la mise en page et de la paléographie, un épigraphiste
exercé pourra dire, avant même d’avoir commencé la lecture du
texte, si la tablette qu’il a sous les yeux est, par exemple, un
compte de l’époque présargonique, une lettre d’époque paléo-babylonienne
ou un texte savant néo-assyrien.

Un répertoire de plusieurs centaines de signes
On passe alors à la lecture du document. Le premier travail
consiste à identifier les signes. Ce n’est pas toujours facile, pour
plusieurs raisons. On n’a pas affaire à une écriture alphabétique
de 26 caractères : le répertoire cunéiforme « standard »
comprend près de 600 signes différents. Par ailleurs, selon les
époques ou les genres de textes, les signes ont été écrits avec une
lisibilité plus ou moins grande. La période la plus privilégiée à
cet égard est l’époque d’Akkad (ca. 2334-ca. 2193 av. J.-C.) : les
signes sont alors incisés avec une élégance et une
standardisation inégalées par la suite. En revanche, la fin de
l’époque paléo-babylonienne (XVIIe siècle av. J.-C.) se caractérise
par une écriture penchée, souvent très difficile à déchiffrer. Il
faut aussi distinguer la nature de l’écrit : une copie de texte

littéraire destinée à une bibliothèque royale comme celle
d’Assurbanipal aura naturellement une écriture beaucoup plus
soignée qu’un mémorandum rédigé à la hâte par un marchand.

Une écriture, plusieurs langues
Identifier les signes n’est toutefois que la première étape. Il faut
ensuite choisir la valeur de chacun d’eux et les regrouper en
éléments signifiants : il n’existe en effet aucun séparateur de
mots ni aucune ponctuation. C’est sans doute là que le processus
mental est le plus complexe.
Il faut d’abord déterminer en quelle langue le document a été
rédigé. Le cunéiforme a en effet servi à écrire des langues très
diverses. À l’origine, il fut inventé pour noter le sumérien, langue
dont on ne connaît aucun parent. Vers le milieu du troisième
millénaire avant notre ère, les Akkadiens l’adoptèrent pour noter
leur propre langue, l’akkadien, qui appartient à la famille des
langues sémitiques, comme aujourd’hui l’hébreu ou l’arabe et
qui s’est divisée vers 2000 en deux rameaux : assyrien et
babylonien. Mais le cunéiforme a aussi servi à noter une langue
indo-européenne comme le hittite, sans parler de langues encore
mal connues comme le hourrite ou l’élamite. Bien entendu, les
assyriologues au sens large du terme sont obligés de se spécialiser,
mais il reste nécessaire d’avoir un bon bagage général.

Ainsi, il n’est pas possible d’étudier le sumérien sans connaître l’akkadien :

c’est en effet en bonne partie grâce aux dictionnaires constitués par les scribes akkadiens que l’on peut connaître le sens des mots sumériens, pour lesquels on ne
dispose pas des ressources de la comparaison. Si l’on se spécialise
en akkadien, il n’est pas obligatoire de savoir le hittite, mais
l’inverse n’est pas vrai, etc.

Logogrammes ou syllabes

suite… PDF

11-Septembre : le FBI accusé d’avoir caché la piste israélienne.


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panamza.com

INFO PANAMZA

Lundi 25 mars, un collectif de juristes et de familles de victimes du 11-Septembre a réussi à valider sa plainte contre le ministère de la Justice et le FBI pour avoir délibérément occulté des éléments d’information troublants sur les attentats de 2001. Pour la première fois, l’affaire des « 3 Israéliens joyeux » en regardant le crash du premier avion est citée en justice.

Le 31.03.2019 à 23h37

Courthouse News Service est un service californien de nouvelles auquel ont souscrit les cabinets d’avocats.

Mardi 26 mars, le site a publié puis dépublié AUSSITÔT et sans explication un article faisant état d’une information factuellement étayée et politiquement explosive : pour la première fois, un collectif de citoyens (juristes, scientifiques, architectes, ingénieurs, familles de victimes tel le courageux Bob McIlvaine) attaque le FBI et le ministère de la Justice pour avoir écarté/dissimulé des éléments troublants (tels les indices de l’usage d’explosifs pré-installés dans le World Trade Center) sur l’enquête du 11-Septembre.

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Panamza vous propose de découvrir ci-dessous les 3 documents officiels -dont l’un fait longuement état de l’affaire (passée sous silence) des 3 Israéliens liés au renseignement et aperçus en train de manifester une joie incongrue à la vue de la première tour enflammée du World Trade Center.

DOCUMENT 1 : FBI-Lawsuit-Release

DOCUMENT 2 : LC-Redacted-Petition-Supplement-021419

DOCUMENT 3 : LC-AE-FBI-Lawsuit-Complaint-032519-E-Stamped

SOUTENEZ L’INFO-PANAMZA !

Humour printanier !


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L’Algérie entre les manifestations et les lettres d’Outre-tombe — Algérie Résistance


Le cadre, Msamer el cadre et les lettres Le pouvoir reste sourd aux revendications du peuple qui manifeste massivement tous les vendredis depuis la journée historique du 22 février. Malgré le rejet du système et de la clique au pouvoir clairement scandé et affiché par les Algériens lors des multiples marches et sit-in qui ont […]

via L’Algérie entre les manifestations et les lettres d’Outre-tombe — Algérie Résistance

Merci Brenton Tarrant pour ce moment magique de fraternité !


Le Libre Penseur !

On aurait aimé s’en passer, éviter ce carnage, ces 50 morts et dizaines de blessés mais il faut dire que ce malade mental a réussi à faire naître dans le cœur des Néo-Zélandais d’un côté, et de la communauté musulmane mondiale de l’autre, un sentiment de fraternité extraordinairement fort ! Il faut croire que ce sociopathe a complètement raté son coup et c’est tant mieux. C’est Éric Zemmour – et ses copains – qui doit passer actuellement un moment extrêmement difficile…

Ce n’est plus de la fraternité que l’on ressent envers ce peuple mais bien de l’amour !

via Le Libre Penseur

Modération — La Lyre d’Apollon


Modération — La Lyre d’Apollon

Tempérer ses ardeurs en plongeant dans le Fleuve de la modération
Peut s’avérer utile, Fleuve de toutes les libérations
La modération est certes Générosité et Sagesse Pratique,
La modération est Essence de Bien-Être et détentrice d’un repos lyrique

Jetons loin de toutes et de tous les feux de l’ignorance
Débarrassons-nous, peu à peu, de nos écorces rances
Et atteignons ensemble le Cœur de toute chose,
Unis par et dans la Sincérité et la Confiance, loin de toute prose

Liés par le respect et la douceur véritable,
Bien loin des vignobles de la luxure, à jamais exécrables
Mais animés par un certain érotisme délicat
Et une divine Vertu pour principal plat

Les êtres peuvent vivre paisiblement
Dans une profonde tranquillité, libre de tout engagement
Comme dans une forêt immense, aux antiques arbres bénis
Sous les branches de l’espoir et les bourgeons de la Vie.

Zac Egs

via Modération — La Lyre d’Apollon

« Mes chers enfants et petits enfants »


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Djamila Bouhired écrit à la jeunesse algérienne…

« Vous êtes en train de rendre aux Algériens leurs libertés et leur fierté spoliées depuis l’indépendance ».

marevuedepressedz.com

Djamila. Depuis le début elle est là. L’ange en blanc. Avec ce visage. Cette chevelure. Cette prestance. Et ce regard….

Elle est encore là aujourd’hui. Avec cette jeunesse de la Rue. Pour dénoncer les incompétents. Les mafieux. Les ordures !

Depuis le début elle marche le Sourire aux lèvres, mais le cœur déchiré de voir ce qu’a fait le FLN. Ce Front auquel elle croyait. Pour qui elle avait fait serment, un jour, de donner sa vie.

Cette époque est révolue. Ce FLN est salie, souillé pour l’éternité. Une honte pour la Nation Algérienne.

 

Voici le Texte intégrable de son appel à la jeunesse algérienne.

Mes chers enfants et petits enfants…

Je voudrais d’abord vous dire tout mon bonheur d’être parmi vous, pour reprendre ma place de citoyenne dans ce combat de la dignité, dans une communion fraternelle.

Je voudrais vous dire toute ma gratitude pour m’avoir permis de vivre la résurrection de l’Algérie combattante, que d’aucuns avaient enterrée trop vite.

Je voudrais vous dire toute ma joie, toute ma fierté de vous voir reprendre le flambeau de vos ainés. Ils ont libéré l’Algérie de la domination coloniale ; vous êtes en train de rendre aux Algériens leurs libertés et leur fierté spoliées depuis l’indépendance.

Alors que les Algériens pleuraient leurs chers disparus dans la liesse et la dignité retrouvée, les planqués de l’extérieur avaient déclaré une nouvelle guerre au peuple et à ses libérateurs pour s’installer au pouvoir.

Au nom d’une légitimité historique usurpée, une coalition hétéroclite formée autour du clan d’Oujda, avec l’armée des frontières encadrée par des officiers de l’armée française, et le soutien des “combattants” du 19 mars, a pris le pays en otage.

Au nom d’une légitimité historique usurpée, ils ont traqué les survivants du combat libérateur, et pourchassé, exilé, assassiné nos héros qui avaient défié la puissance coloniale avec des moyens dérisoires, armés de leur seul courage et de leur seule détermination.

Plus d’un demi siècle après la victoire sur la domination coloniale et l’accession du pays à l’indépendance, le système politique installé par la force en 1962 tente de survivre par la ruse, pour continuer à opprimer les Algériens, détourner nos richesses, et prolonger la tutelle néocoloniale de la France pour bénéficier encore de la protection de ses dirigeants. Ceux qui, au nom d’un patriotisme de bazar, exigeaient la “repentance” de la France, ont fini par tomber les masques. Combien de dirigeants, à la retraite ou encore en activité, combien de ministres, combien de hauts fonctionnaires, combien d’officiers supérieurs de l’armée, combien de chefs de partis, se sont repliés sur l’hexagone, leur patrie de rechange, le refuge du fruit de leurs rapines ?

Dernier signe révélateur de ces liens pervers de domination néocoloniale, le soutien du président français au coup d’État programmé de son homologue algérien est une agression contre le peuple algérien, contre ses aspirations à la liberté et à la dignité. Au nom de quelle conception bien singulière de la démocratie, au nom de quelles valeurs universelles peut-on voler au secours d’un régime autoritaire, pour prolonger, hors de toute base légale, le pouvoir d’un autocrate, de sa famille, de son clan et de leurs clientèles, massivement rejetés par la volonté du peuple algérien ?

Dans son long combat libérateur, le peuple algérien ne s’est jamais trompé de cible. Si notre génération a combattu le système colonial, elle a su apprécier à sa juste valeur la solidarité active du peuple français, notamment de son avant-garde progressiste…

Mes chers enfants et petits enfants.

Par ce rappel historique, je voudrais attirer votre attention, vous la jeunesse algérienne en lutte, sur les dérives qui menacent votre combat.

En renouant le fil de l’histoire interrompu en juillet 1962, vous avez repris le flambeau qui va éclairer le chemin de notre beau pays vers son émancipation, dans la dignité retrouvée et dans les libertés à reconquérir. Là où ils se trouvent, je suis convaincue que nos martyrs, qui avaient votre âge lorsqu’ils avaient offert leur vie pour que vive l’Algérie, ont, enfin, retrouvé la paix de l’âme.

Par votre engagement pacifique qui a désarmé la répression, par votre civisme qui a suscité l’admiration dans le monde, par cette communion fraternelle tapie dans nos cœurs et qui resurgit chaque fois que la patrie est en danger, vous avez ressuscité l’espoir, vous avez réinventé le rêve, vous nous avez permis de croire de nouveau à cette Algérie digne du sacrifice de ses martyrs et des aspirations étouffées de son peuple. Une Algérie libre et prospère, délivrée de l’autoritarisme et de la rapine. Une Algérie heureuse dans laquelle tous les citoyens et toutes les citoyennes auront les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes chances, et jouiront des mêmes libertés, sans discrimination aucune.

Après des semaines d’une lutte pacifique, exemplaire dans l’histoire et de par le monde, votre mouvement est à la croisée des chemins ; sans votre vigilance, il risque de sombrer dans le catalogue des révolutions manquées.

Tapis dans l’anonymat et la clandestinité, des manipulateurs déguisés en militants, des agents-provocateurs en service commandé, des serviteurs zélés du système fraichement repentis, tentent de détourner votre combat, pour le mener vers une impasse, dans le but de donner un sursis aux usurpateurs et de maintenir le statu quo. Des listes de personnalités confectionnées dans des laboratoires occultes circulent depuis quelques jours pour imposer, dans votre dos et contre votre volonté, une direction fantoche à votre mouvement…

Mes chers enfants et petits enfants.

En quelques semaines, vous avez révélé au monde, surpris, ce que le peuple algérien avait de plus beau, de plus grand, malgré des décennies d’oppression pour vous imposer le silence.

Il vous appartient à vous qui luttez dans les universités pour une formation de qualité, dans les entreprises pour imposer vos droits syndicaux, dans les tribunaux pour faire reculer l’arbitraire, dans les hôpitaux pour exiger des soins de qualité pour tous ; il vous appartient à vous les journalistes, qui traquez la vérité pour démasquer le mensonge et la manipulation, et dont certains d’entre vous l’ont payé de leur vie ; il vous appartient à vous les artistes, qui mettez de la lumière dans l’obscurité de notre quotidien, il vous appartient à vous qui résistez contre la déchéance pour imposer de l’éthique ; il vous appartient à vous tous de dessiner votre avenir, et de donner corps à vos rêves.

Il vous appartient à vous, et à vous seuls qui luttez au quotidien, de désigner vos représentants par des voies démocratiques et dans une totale transparence.

Notre génération a été trahie ; elle n’a pas su préserver son combat contre le coup de force des opportunistes, des usurpateurs et des maquisards de la 25e heure qui ont pris le pays en otage depuis 1962. Malgré la colère du peuple qui l’a rejeté, leur dernier représentant s’accroche encore au pouvoir, dans l’illégalité, le déshonneur et l’indignité.

Ne laissez pas ses agents, camouflés dans des habits révolutionnaires, prendre le contrôle de votre mouvement de libération.

Ne les laissez pas pervertir la noblesse de votre combat.

Ne les laissez pas voler votre victoire…

L’Histoire dans le Miroir : L’Évolution Mouvementée des Canons de Beauté — Le Fil de l’Histoire


Un vieil adage dit que « la beauté n’est qu’une fleur de l’instant ». Forcément périssable à l’échelle d’une vie, elle l’est également sur le grand échiquier de l’Histoire… Beauté naturelle, pieuse et religieuse, ou au contraire beauté artificielle, fardée de maquillage et de parures : l’évolution des canons reflète les mutations morales ou techniques de chaque époque. […]

via L’Histoire dans le Miroir : L’Évolution Mouvementée des Canons de Beauté — Le Fil de l’Histoire

Islamisme et bédouinisme


numidia-liberum.blogspot.com

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« Le grand nomade a les instincts exactement inverses [de ceux du sédentaire]. Politiquement, c’est un anarchiste, un nihiliste, il a une préférence profonde pour le désordre qui lui ouvre des perspectives. C’est le destructeur, le négateur» Dans (Histoire et historiens de l’Algérie, p. 31). Par Émile-Félix Gautier (1864 – 1940), géographe et ethnographe français, spécialiste de l’Afrique du Nord.

Le sinistre « Printemps Arabe », autre nom des « révolutions de couleur » ou « changement de régime » semble maintenant  contaminer l’Algérie. Les évènements vécus en Tunisie  et en Égypte en 2011 semblent se répéter en Algérie, avec leurs lots de collabos et de trolls travaillant pour l’Empire anglo-sioniste. Comme en Tunisie et en Égypte, les sionislamistes s’apprêtent à rafler la mise pour mettre le pays en coupe réglée. En Tunisie, avec le « dictateur » Ben Ali, on avait une famille de malfrats voleurs ; les Trabelsi. Avec les sionislamistes, il y a maintenant des centaines de malfrats islamistes, qui, insatiables, ont ruiné le pays .  La population l’accepte sans trop rechigner : c’est au nom d’Allah et de son Prophète que ces malfrats agissent : ils seront jugés par Allah …plus tard. C’est ce que Voltaire appelait le fatalisme islamique.
Il faut étudier la genèse de la maladie dégénérative qu’est « l’islamisme sunnite » pour comprendre ce qui s’est passé depuis des siècles et ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, qualifié abusivement, d' »arabo-musulman ». 
Nous reprenons ci-dessous un article écrit en 2013.

Le bédouinisme

On définit le bédouinisme comme étant l’organisation sociale de tribus arabes nomades chamelières, de confession sunnite. Le bédouinisme apparaît consubstantiel à l’Arabe jusque dans ses racines les plus profondes. Malgré leur importance quantitative, les habitants des villes, comme Médine ou Mekka, peuvent encore être considérés comme des bédouins sédentarisés et leur existence ne fait pas obstacle à l’importance du nomadisme dans la spécificité bédouine.
L’ethnologie même la plus simple nous apprend que chacun est le fils de son milieu, a fortiori quand ce milieu est aussi profondément typé que peut l’être le désert arabique. Ce n’est donc pas étonnant que cet emprunt originel ait marqué ce peuple d’une empreinte dont on ne peut méconnaître la profondeur et la force. Et ces traits de caractère originaux ont été exportés, à travers la religion islamique, dans toute une partie du monde dès le VIIe siècle. Ils ont même été imposés à des peuples n’ayant jamais pratiqué le nomadisme. On peut en mesurer les séquelles de nos jours, particulièrement auprès des franges de la population se proclamant de cet héritage arabo-musulman, et qu’on pourrait qualifier d’islamo-bédouin. L’Islamisme d’aujourd’hui, c’est la continuation, en milieu urbain, du Bédouinisme originel.

La sourate 16, verset 80 dit : « Dieu vous a fait de vos maisons une habitation et des peaux de bête des tentes que vous trouvez légères et pratiques le jour où vous voyagez et le jour où vous campez. De leurs laines, de leurs poils (chameaux) et de leurs crins (chèvres) il vous a fait un mobilier et autres sources de jouissance pour un certain délai.

  1. وَاللَّهُ جَعَلَ لَكُم مِّن بُيُوتِكُمْ سَكَنًا وَجَعَلَ لَكُم مِّن جُلُودِ الأَنْعَامِ بُيُوتًا تَسْتَخِفُّونَهَا يَوْمَ ظَعْنِكُمْ وَيَوْمَ إِقَامَتِكُمْ وَمِنْ أَصْوَافِهَا وَأَوْبَارِهَا وَأَشْعَارِهَا أَثَاثًا وَمَتَاعًا إِلَى حِينٍ

La vie bédouine et les mentalités individuelles

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Le bédouin vit sous la tente et se déplace souvent. Il ne peut donc posséder que les objets susceptibles d’être transportés par ses chameaux. C’est dire qu’il n’a pas ou que peu de mobilier. Il dort sur un tapis ou sur une peau de chèvre ou de mouton. Il palabre, il fume et il boit son thé sur une natte. Il est frappant de constater que l’habitude ancestrale ainsi créée s’est  perpétuée dans le monde islamo-bédouin même après des siècles de vie urbaine. En 2013, Il est courant que le prêcheur dans sa mosquée soit assis par terre, le dos appuyé à une colonne, les auditeurs étant assis en tailleur, tout autour, par terre aussi.

Le bédouin souffre de toutes les privations. Il sait que sa survie est suspendue aux aléas d’un puits sec ou ensablé. La toile de la tente est le plus frêle des abris. Quant à la ration alimentaire, elle n’est souvent faite que d’une pauvre galette, d’un peu de lait, ou de quelques dattes plus ou moins écrasées. La longue soumission à cette extrême frugalité s’est imposée dans l’inconscient collectif de tous les islamo-bédouins. Pour eux, le paradis promis, c’est lieu d’abondance, lieu de bombance. C’est le lieu où se trouvent les jardins « sous lesquels coulent des fleuves perpétuels ». Si l’Islam était apparu au Bengladesh, où les gens sont périodiquement emportés par de terribles inondations du Brahmapoutre et du Gange, ces fleuves gigantesques, le paradis promis aurait eu une autre image.

Le bédouin n’a ni murs, ni portes, ni serrures. Son maigre bien n’est protégé que par une dérisoire haie de broussailles, qu’il entasse parfois autour de son campement, et par les crocs impitoyables de chiens faméliques et affamés. Ajoutons à ces conditions matérielles singulières, l’isolement du nomade dans son désert, privé de la protection effective qu’assurent au sédentaire le gendarme et le juge. Dans les langues sémitiques, le terme « din » signifie religion ou bien loi. Le mot  « médina » signifie la ville en arabe ; c’est donc le territoire où règnent la loi et/ou la religion. En dehors de ce périmètre privilégié, le bédouin est donc celui qui n’a ni foi ni loi. Il ne connaît, comme l’Islamiste, que la loi du plus fort, dite loi de la jungle.

Pour le Bédouin, le travail est l’apanage de l’esclave.

« Le nomade n’est pas tant le fils que le père du désert”.  Jean Dorst, La force du vivant (1981)

Le bédouin a un mépris sans limites pour le travailleur, qu’il soit intellectuel ou manuel, et particulièrement, envers le cultivateur. Nous en voyons deux preuves parfaitement convergentes. D’une part, il y a le texte du hadith où il est affirmé que la honte entre dans une maison en même temps que la charrue. On ne peut oublier, à titre de rappel, que les bédouins arabes qui ont envahi le Maghreb (premières invasions du septième siècle, puis secondes invasions hilaliennes du onzième siècle) ont eu un plaisir sadique à détruire toute l’infrastructure agricole (barrages, routes, puits, aqueducs), édifiée durant les siècles par les générations de paysans berbères. D’autre part, on constate, de nos jours, une forte proportion de noirs parmi la population des oasis. Ce sont les descendants des harrathines (les laboureurs), des esclaves noirs que les Arabes affectaient aux travaux agricoles. A l’évidence, c’est dans cette mentalité que s’enracine la pérennité de l’esclavage dans le monde arabe, particulièrement dans la Péninsule arabique. Dans ces pays, seuls travaillent les esclaves modernes : immigrés « arabes », noirs et asiatiques Ce mépris à l’égard du travailleur jette une certaine lumière sur l’accusation de paresse qu’on a souvent porté à l’encontre de l’Arabe et qui expliquerait son inefficacité dans la vie et la compétition modernes. 

« On est mieux assis que debout, couché qu’assis, endormi qu’éveillé et mort que vivant. » ce proverbe arabe est des plus explicite

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Les vertus guerrières du Bédouin

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Qu’y-a-t-il de commun entre Attila (395-453), Gengis-Khan (1160-1227), Tamerlan (1336-1405),… et les Bédouins arabes ? Ils ont tous été nomades : Huns, Mongols, Turcs ou Arabes. Les steppes et les déserts ont fabriqué leurs corps rabougris et trapus, indomptables puisqu’ils ont survécu à des conditions physiques extrêmes. Jamais, hommes n’ont été davantage les fils de la terre, expliqués par elle, voulus par le milieu, immédiatement « lisibles » en leurs mobiles et en leur comportement dès qu’on connaît leur mode d’existence. Pour les sédentaires de Byzance, de Perse ou d’Égypte, le Bédouin arabe, le Turcoman ou le Mongol sont proprement des sauvages, qu’il s’agit d’intimider par quelques parades, d’amuser avec quelques verroteries ou quelques titres, de tenir en respect loin des terres cultivées. Quant aux nomades, leurs sentiments se devinent. Les pauvres pâtres qui, les années de sécheresse, sur l’herbe rare de la steppe et du désert, s’aventurent de point d’eau tari en point d’eau tari jusqu’à l’orée des cultures, aux portes du croissant fertile, de l’Égypte, de l’Ifriqya ou de la Transoxiane, y contemplent, stupéfaits, le miracle de la civilisation sédentaire, les récoltes plantureuses, les villages regorgeant de grains, le luxe des villes. Ce miracle, ou plutôt le secret de ce miracle, le patient labeur qu’il a fallu pour aménager ces ruches humaines, le nomade, le bédouin, ne peut le comprendre. S’il en est ébloui, son réflexe millénaire est pour l’irruption par surprise, le pillage, puis la fuite avec le butin.

Ajoutons que les bédouins, selon Ibn Khaldoun, se trouvent appartenir à une race intelligente, équilibrée, pratique, qui, dressée par les dures réalités du milieu, est naturellement préparée pour le combat militaire. Que les sociétés sédentaires, souvent décadentes, cèdent facilement sous le choc des nomades. Le nomade entre dans la cité et, une fois passées les premières heures de tuerie, se substitue sans grand effort aux potentats qu’il a abattus. Sans s’intimider, il s’assied sur les trônes les plus vénérables. Le voilà calife de Damas ou de Bagdad, grand-khan de Chine, roi de Perse, empereur des Indes, sultan des Roums. Jusqu’à ce qu’une nouvelle horde nomade vient le détrôner.

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D’où vient que cette aventure réussisse presque toujours, que le même rythme se renouvelle pendant dix mille ans ?

C’est que, pendant tout ce temps, le nomade, bien que fort arriéré pour la culture matérielle, a possédé une avance, un avantage militaire énorme. Il a été l’archer à cheval. Une cavalerie incroyablement mobile d’archers infaillibles, voilà « l’arme » technique qui lui a donné sur le sédentaire. Le monde entier connaît les admirables qualités du cheval arabe. Il est souvent cité comme le « plus beau cheval du monde ». C’est aussi l’une des races les plus anciennes qui soient. D’une race intelligente et toujours prête à apprendre, ce cheval a développé une grande endurance et une résistante exceptionnelle à l’effort prolongé. Comme pour le cheval arabe, le cheval mongol est docile, intelligent et extrêmement résistant.

La mobilité, l’ubiquité hallucinante de cette cavalerie font d’elle une sorte d’arme savante. L’archer ou le Bédouin à cheval a donc régné sur le monde pendant 10 millénaires, parce qu’il était la création spontanée du sol même, le fils de la faim et de la misère, le seul moyen pour les nomades de ne pas entièrement périr les années de disette.

Défaite des nomades, victoire de la civilisation

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Ce conflit géostratégique mondial entre nomades et sédentaires s’achève à l’avantage des sédentaires au début du XVIe siècle, avec l’implosion de l’Empire mongol. Cette implosion est due à trois causes principales. La première est la décadence produite par les rivalités internes des différentes hordes qui se sont séparées et affaiblies. La deuxième est le développement de l’artillerie moderne qui bat en brèche la supériorité militaire des cavaliers nomades. La supériorité technologique des sédentaires l’emporte définitivement sur les qualités guerrières des nomades. La troisième, curieusement, est la tolérance religieuse des Mongols. Toutes les grandes religions de l’époque sont présentes dans l’Empire mongol où Tengri, « le ciel très haut », la principale divinité du chamanisme mongol peut, selon les chamans, contenir tous les autres dieux. Pendant que l’Europe passe de l’Inquisition aux Guerres de Religion, tout en poursuivant le combat contre l’Islam, la capitale mongole de Karakorum est le seul lieu au monde où, sans affrontements religieux, les temples bouddhistes voisinent avec les mosquées et les églises chrétiennes nestoriennes. Cette tolérance sonnera la perte des Mongols dont les antagonismes seront exacerbés par les conversions de certaines tribus à des religions beaucoup moins tolérantes que leur chamanisme originel. L’issue de ce conflit géostratégique entre nomades et sédentaires sera la montée des impérialismes religieux qui caractérisent les empires sédentaires.

La guerre entre nomades et sédentaires, commencée par des escarmouches au néolithique 8.000 avant J.C., s’achèvera au XVIe siècle, soit pendant presque 10.000 ans. Pour la première fois, mais aussi pour toujours, la technicité militaire a changé de camp, la civilisation est devenue plus forte que la barbarie.

Le bédouin, n’a qu’une obligation morale : obéir au Cheikh

Son attitude, d’origine tribale, envers des notions telles que la loyauté, l’objectivité et la neutralité ne peut être comprise indépendamment de la sociologie nomade. Sa loyauté inconditionnelle étant réservée au Cheikh de la tribu, l’objectivité lui devient étrangère et la neutralité tient de la trahison.

La fidélité au Cheikh de la tribu (ou du parti islamiste) est personnelle par sa nature, alors que la loyauté envers l’État  est une notion plus abstraite et plus objective. L’obéissance aux désirs et aux ordres du Cheikh est la contrepartie de l’engagement du citoyen moderne aux règlements constitutionnels et légaux de l’État. Il n’est guère étonnant que les tenants de l’islamo-béduinisme, les islamistes tunisiens, fassent tout pour éradiquer toute référence à l’État tunisien et à ses acquis historiques, dont le 9 avril et le 20 mars. Dans l’environnement tribal (ou islamiste), on ne peut discuter de sujets tels que la diversité ou l’acceptation d’autrui; on ne peut s’engager à une autocritique ou à admettre la critique venant d’autrui. On ne peut reconnaître que le savoir est universel et qu’il est le legs collectif de l’humanité entière. En fait, la notion même de l’«humanité» est étrangère à la société tribale, et donc à la mentalité islamiste. La Troïka au pouvoir en Tunisie, ou les Frères Musulmans en Égypte, en sont les exemples les plus flagrants et les plus choquants.

Wahhabisme = islamisme + bédouinisme

https://systemophobe.files.wordpress.com/2019/03/a0bc1-arabie.png?w=326Le Wahhabisme, cet islam bédouin, sectaire et déviant, a été conçu et propagé au courant du demi-siècle dernier par des tribus bédouines vivant dans les déserts intérieurs de l’est de la Péninsule d’Arabie, le Nejd. Il a été initié, encouragé et soutenu par les impérialistes et les sionistes anglais, afin de diviser l’islam, de bouter les Turcs hors du monde arabe, de mettre la main sur les richesses arabes, et de créer un terrain favorable à la création d’Israël. On pourra se référer, pour plus de détails, à nos articles « Confessionsde l’espion britannique à l’origine du wahhabisme » et  « Origines de la connivencewahhabisme-sionisme ».

Cet islam wahhabite, c’est aussi la revanche des tribus du Nejd sur celles du Hedjaz, car ces dernières ont toujours « trusté » tous les honneurs inhérents à l’islam orthodoxe. On voit de nos jours avec quel acharnement les Wahhabites, dont les représentants locaux sont les Nahdhaouis et leurs comparses salafistes, s’acharnent à détruire toute trace de l’islam authentique. Lors de leur prise de Mekka, les Wahhabites avaient saccagé toutes les reliques historiques, dont certaines dataient du temps du prophète. Ils ont brûlé tous les anciens exemplaires du coran, qui avaient plus de mille ans d’âge, et ont récupéré leurs couvertures en cuir pour en faire des savates. De nos jours, l’ancienne demeure d’Aïcha, l’épouse préférée du Prophète, a été transformée en toilettes publiques ! La maison où le Prophète était né a été transformée en bibliothèque, sans qu’aucune référence au Prophète ne soit indiquée. C’est cette secte qui gouverne la plupart des pays arabes de nos jours. Aucun arabe, aucun musulman ne réagit ni ne proteste.

Peut-on imaginer que des sectes chrétiennes ou juives transforment le Saint-Sépulcre ou le Mur des Lamentations en vespasiennes ? Assurément pas, car chrétiens et juifs, croyants ou athées,  pratiquants ou non, toutes obédiences confondues, ont du respect pour la religion et pour ses symboles. 

Est-ce la mort de l’islam authentique, fraternel et tolérant ?

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Dans ce cas, les anglo-sionistes auraient réussi au-delà de toutes leurs  espérances.

L’un des développements les plus alarmants des dernières années, est que l’hérésie wahhabite n’a pas monopolisé seulement les centres et les écoles islamiques à travers le monde, mais elle a aussi élargi son cercle d’influence pour conquérir le pouvoir temporel et spirituel dans la quasi-totalité du monde arabe. Ses tentacules s’étendent jusqu’à de vénérables institutions Islamiques dans des pays comme l’Égypte (Al-Azhar), la Tunisie (Ezzitouna), et d’autres, rongeant leurs traits originaux, et les remplaçant par les siens.   Ainsi, alors que jadis on reconnaissait en écoutant son sermon du vendredi, un  orateur comme étant Shaféite ou Hanafite en Égypte, Malékite au Maroc ou en Tunisie, on entend aujourd’hui un tout autre ton, une note unique, Hanbalite, accordée à la musique d’Ibn Taymiyah ou d’Ibn Abdoul Wahhab. Ce dernier n’a jamais été un juriste, mais simplement un prêcheur (formé, téléguidé et encouragé par les impérialistes et les sionistes anglais) cherchant des conversions à l’Islam bédouin (obscurantiste, archaïque et déviant) du Nejd, qu’il faut entendre dans le contexte de ses origines désertiques, tribales, bédouines, et insulaires.   Si ce n’était pour le pétrole découvert dans ces régions, cette hérésie de l’Islam serait restée prisonnière de la géographie et des dunes sablonneuses du Nejd, dunes qui n’ont produit ni art, ni musique, ni littérature, ni science, ni philosophie. Rien, que du malheur et de la misère pour les Arabes, pour les Musulmans, pour l’Humanité.

Hannibal Genséric

Citation :

Seul le Coran oblige, la charia est une fabrication humaine, un carcan élaboré par des hommes au IIIe siècle de l’hégire. L’alternative est donc un islam coranique qui, lui, est totale liberté. Personne n’a jamais rapporté avoir vu le Prophète armé d’un gourdin, tenant une fiole de vitriol et portant une bombe à la ceinture pour faire appliquer par tous les moyens al-amr bil maarouf wan nahyi anil mounkar [« la promotion de la vertu et l’interdiction du vice »].

Ceux qui ont fabriqué la charia ont dénaturé le Coran, qui n’est que liberté et respect de l’individu. Il faut que les croyants se regroupent contre cette inquisition.

Si un jour les musulmans authentiques constituent un front conscient ayant une doctrine bien structurée à leur portée, on entrera dans la modernité, car le Coran est modernité. « La Ikraha fid din » [« Nulle contrainte en religion », Coran, II, 256], des mots simples et clairs pour souligner que l’islam n’impose rien et ne recèle pas les interdits qu’on lui prête. Tout ce qui relève des libertés individuelles est respecté et protégé par le Coran.

Mohamed Talbi , savant islamologue

 

Humour cartésien !


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Des barbouzes marocains au cœur de Paris


tlaxcala-int.org

https://www.fayard.fr/sites/default/files/styles/detail_auteur/public/images/intervenants/6649.jpg?itok=luA74k7t

Ignace Dalle
Ancien journaliste de l’Agence France presse (AFP), Ignace Dalle a passé de nombreuses années en poste dans le monde arabe, notamment au Liban, en Égypte et au Maroc. De 1992 à 1996, il a dirigé le bureau de l’AFP à Rabat. Il a notamment publié Le Règne de Hassan II : L’espérance brisée (Maisonneuve et Larose, 2001), Les Trois Rois : La monarchie marocaine de l’Indépendance à nos jours (Fayard, 2004), et Maroc (La Découverte, 2007).

Ce n’est pas seulement au Maroc que le pouvoir royal poursuit ses opposants. Il le fait même en France, où ses hommes de main bénéficient d’étranges complaisances.

Le 15 février 2018, l’impudence de certains services marocains a franchi un nouveau palier au cœur de Paris. Alors que l’Association de défense des droits de l’homme au Maroc (Asdhom) organisait à Paris un débat sur la liberté de la presse au Maroc, une quinzaine de baltaguia (des voyous chargés de mater les opposants dans certains pays arabes) ont saboté la conférence. Le groupe, qui s’était installé dans la salle, a commencé par interrompre et insulter les invités parmi lesquels se trouvaient Khadija Ryadi, ancienne présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) ou le journaliste Hicham Mansouri, qui a obtenu l’asile politique en France après un simulacre de procès à Rabat et une condamnation à dix mois de prison ferme en 2015. Puis, des interventions intempestives, on est passé aux menaces et aux violences verbales avant de s’attaquer physiquement à la soixantaine de participants en jetant sur eux des chaises. Pour terminer, ces « barbouzes d’un autre temps » ont, selon le communiqué de l’Asdhom, sectionné des câbles du disjoncteur, plongeant la salle dans l’obscurité. Il ne restait plus aux baltaguia qu’à lancer des boules puantes et à s’enfuir avant l’arrivée de la police1

Curieusement, dans la salle était également présente une députée de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Hanane Rihab, qui n’a rien trouvé de mieux que de prier les organisateurs de laisser parler les perturbateurs. Cette parlementaire sans foi ni loi imposée à la direction de l’USFP par les services de renseignement — Mehdi Ben Barka et Abderrahim Bouabid, les deux grands leaders de la gauche marocaine ont dû se retourner dans leur tombe — s’est autoproclamée récemment porte-parole des « filles violées » par Taoufik Bouachrine condamné à 12 ans de prison en novembre dernier au terme d’une parodie de procès. Directeur de deux sites d’information – alyaoum24.com et soltana.ma très suivis en raison de leur indépendance, Bouachrine a été accusé de trafic d’êtres humains, d’exploitation sexuelle, de viols, etc. Selon son comité de soutien et de nombreux observateurs, le journaliste est « victime d’un procès politique » et le pouvoir n’a trouvé que ces accusations montées de toutes pièces pour s’en débarrasser.

Historien et cofondateur du journalisme d’investigation, Maâti Monjib, qui était dans la salle, est régulièrement attaqué par cette étrange socialiste en raison de ses activités en faveur des droits humains. L’avocat Mohammed Karout, qui travaille depuis longtemps comme avocat de la police et des services de renseignements, était également présent. Connu pour son langage ordurier, il s’est beaucoup impliqué dans la lutte contre le mouvement populaire du Rif (Hirak-Anhezzi). La présence de ces deux « politiques » inconditionnels du régime s’explique, selon Maâti Monjib, par leur crainte de voir évoquer au cours des débats l’affaire Bouachrine et d’autres sujets gênants pour le régime, comme la multiplication des moyens de pression sur les journaux.

Des pratiques anciennes

Si cette intrusion a pris une ampleur et une forme inédites, les violences verbales et physiques hors du royaume de l’appareil sécuritaire marocain et de ses agents ne sont malheureusement pas nouvelles. Avec parfois l’aide de « politiques » (diplomates, parlementaires, etc.), certaines officines de basse police spécialisées dans le tabassage ou l’intimidation d’opposants marocains n’hésitent plus à intervenir à l’étranger. Avec plus ou moins de succès.

Le journaliste Ali Lmrabet, fondateur de plusieurs hebdomadaires satiriques qui lui valurent d’être condamné à quatre ans de prison au début des années 2000 et d’en sortir en 2003 grâce à une intervention du secrétaire d’État américain Colin Powell, passe aujourd’hui le plus clair de son temps en Espagne. Il n’a pas cessé d’être harcelé par les services (plus ou moins) secrets marocains : « Chaque fois que je dois donner une conférence en Espagne, raconte-t-il, je vois arriver des groupes de personnes qui tentent de saboter la réunion. Souvent, avant la conférence, la police espagnole me signale qu’ils ont détecté des perturbateurs envoyés par le Maroc ! Les honorables correspondants de la MAP2, dont le directeur du bureau à Madrid, Saïd Ida Hassan, m’ont poursuivi en justice, mais ont perdu tous leurs procès devant le tribunal suprême. En juin 2009, un tribunal d’Almeria a même condamné Ida Hassan à 12 000 euros d’amende pour m’avoir insulté devant plus de 150 personnes à l’université d’Almeria. »

« Ils sont capables de tout, poursuit-il, y compris, comme l’a fait Amin Chaoudri alors conseiller à l’ambassade de demander à la maire de Carthagène de ne pas m’inviter au festival. La directrice fut contrainte de démissionner avec fracas pour dénoncer la censure. » En juillet 2015, alors qu’il poursuivait à Genève une grève de la faim pour obtenir le renouvellement de ses papiers d’identité, des groupes de jeunes Marocains armés de bâtons sont venus le harceler et le menacer de mort devant le Palais des Nations unies où il menait sa grève. Un groupe d’activistes suisses l’a tiré d’affaire.

Journaliste d’investigation, une activité qui lui vaudra d’être condamné à dix mois de prison en 2015 après un simulacre de procès, Hicham Mansouri, marqué par le traitement que lui a réservé au Maroc l’appareil sécuritaire, vit en France où il a obtenu l’asile politique. « Si les menaces et insultes se sont poursuivies sur les réseaux sociaux, si j’ai le sentiment parfois d’être suivi, c’est vraiment la première fois, le 15 février, que j’ai ressenti la peur que j’avais connue lors de mon agression au Maroc ».

« Nous avons appris à gérer les perturbateurs »

Discret, Hicham Mansouri évoque le tabassage en règle subi l’été dernier à Dijon par Reda Goura à la sortie d’un restaurant. Goura, un journaliste qui avait couvert le Mouvement du 20 février a perdu conscience et a été hospitalisé. S’il n’a pu fournir aucune preuve sur ses agresseurs, il ne fait aucun doute, selon lui, compte tenu des menaces reçues sur les réseaux sociaux, qu’il paie pour ses activités de militant.

Le régime n’oublie rien et surtout pas ceux qui, comme Mohammed Radi Ellili, un Sahraoui qui, après avoir présenté le journal de la première chaine marocaine et défendu la marocanité du Sahara, se montre aujourd’hui très critique de la gestion de ce dossier par le Palais. Ellili, qui s’est installé en France, est constamment menacé et insulté sur les réseaux sociaux et les sites marocains progouvernementaux comme le360.ma ou barlamane.com.

À Marseille, où il s’est établi récemment, Hamza Mahfoud, l’un des principaux animateurs du Mouvement du 20 février, a découvert lors de manifestations en faveur du Rif à quel point le consulat du Maroc était peu disposé à tolérer de telles initiatives. « Nous avons appris à gérer les perturbateurs », sourit-il. Les cas de Zakaria Moumni et Mustapha Adib sont plus connus. Tous deux sont installés depuis peu au Canada et aux États-Unis, pays auxquels ils ont demandé asile ou « protection ».

Zakaria Moumni était convaincu, en tant qu’ancien champion du monde de kickboxing (1999), de pouvoir bénéficier, aux termes d’un dahir (décret) royal de 1967, d’un poste de conseiller sportif auprès du ministère de la jeunesse et des sports. Non seulement le Maroc officiel n’a pas reconnu son titre, le qualifiant même au passage de « piètre boxeur »,, mais devant son insistance, l’a condamné en septembre 2010 à trois années de prison durant lesquelles il a été torturé dans le fameux centre de Témara situé à 30 km au sud de Rabat, où le Maroc sous-traitait notamment les interrogatoires de djihadistes faits prisonniers par l’armée américaine. Gracié par le roi, il s’installe en France et continue à réclamer justice. Les menaces de mort se multiplient et des montages pornographiques se retrouvent même sur des réseaux sociaux. En avril 2017, après une nouvelle agression physique par quatre hommes à Nancy, il demande l’asile politique au Canada, par crainte de représailles marocaines et en accusant la France de l’avoir abandonné. Sa demande est jugée recevable par le Canada.

En septembre 2018, l’ex-capitaine d’aviation Mustapha Adib, condamné en 1999 à trois années de prison pour avoir dénoncé la corruption de sa hiérarchie et installé depuis 15 ans en France, demande l’asile politique aux États-Unis. De ces derniers, il attend « la protection internationale en tant que Français persécuté en France ».

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Abdellatif Hammouchi, poulain et successeur de Driss Brasri, l’homme des basses oeuvres de Hassan II, est à la fois directeur de la DGSN et de la DGST. Il a été fait chevalier de la légion d’honneur par Sarkozy en 2011 et officier par Hollande en 2016, en dérogation à la règle qui stipule une latence de 8 ans pour le passage du premier au second grade. Macron n’a plus qu’à faire une nouvelle dérogation et le faire commandeur. Rappelons en passant que « Les étrangers peuvent être décorés de la Légion d’honneur s’ils ont rendu des services (culturels, économiques…) à la France ou encouragé des causes qu’elle défend (défense des droits de l’Homme, liberté de la presse, causes humanitaires…) ». De quoi laisser pour le moins preplexe [Note de Tlaxcala]

Le cas Hammouchi

Profondément marqués par leur détention puis par les menaces, les violences verbales et physiques à leur encontre, Moumni et Adib qui, à plusieurs reprises, ont été à l’origine de tensions entre Paris et Rabat n’ont pas admis ou compris que la raison d’État soit plus forte que leur quête de justice. En février 2014, Moumni dépose une plainte contre Hammouchi, qui était de passage à Paris. Une convocation est transmise à l’ambassade du Maroc afin qu’Hammouchi soit entendu sur des faits de torture, à la grande fureur du Maroc. La crise durera près d’une année. Quant à l’ex-capitaine Adib, il avait réussi à pénétrer en mars 2013 dans l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris et à déposer dans la chambre du général Abdelaziz Bennani, plus haut gradé du royaume, un bouquet de fleurs accompagné d’une lettre dans laquelle il dénonçait la corruption du général. Le Maroc s’en était fortement ému.

Ces quelques cas ne doivent pas faire oublier les innombrables individus ou organisations ciblés en permanence sur les réseaux sociaux ou par d’autres moyens (téléphone, courriels, harcèlement…) par les officines de basse police du régime, que ce soit au Maroc ou à l’extérieur3

Le sabotage de la conférence organisée par l’Asdhom n’en pose pas moins un certain nombre de questions. Quel intérêt le régime marocain a-t-il à perturber une réunion organisée par une association qui n’a jamais appelé au renversement de la monarchie, mais réclame seulement avec constance le respect de la loi et de la constitution amendée en 2012 ?

Un protocole d’entraide entre Paris et Rabat

Aboubakr Jamaï, fondateur du Journal hebdomadaire a été contraint de fermer avant de quitter le Maroc pour la France où il enseigne à l’Institut américain universitaire (IAU College) à Aix-en-Provence. Pour lui, « il n’y a pas de stratégie établie. On voit plein de décisions stupides dans ce pays. Il y a des stratégies individuelles. Sans doute des craintes. Il y a de la contestation, la situation sociale n’est pas bonne dans le Rif et ailleurs. Le régime fait ainsi depuis des années une fixation sur l’AMDH qui dénonce la répression des mouvements sociaux. L’AMDH est de loin l’association la plus dynamique du monde arabe dans ce domaine. Son ex-présidente, Khadija Ryadi, une femme remarquable, est d’autant plus dans le collimateur du pouvoir qu’elle a une bonne image sur le plan international depuis qu’elle a reçu en 2013 le prix de l’ONU pour les droits de l’homme. »

Pour Saïd Fawzi, président de l’Asdhom, et Ayad Ahram, ex-président, « le comportement des “donneurs d’ordre” marocains n’est certainement pas étranger au protocole d’entraide judiciaire franco-marocain adopté en juin 2015 et selon lequel les plaintes déposées en France sont désormais “prioritairement” renvoyées vers Rabat ou clôturées et inversement. Ces voyous, convaincus qu’ils n’ont rien à craindre, ont un sentiment d’impunité. »4

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Yassine Mansouri, patron de la DGED, le service de renseignement extérieur

Pour l’historien Maâti Monjib, la Direction générale des études et de la documentation (DGED) et la Direction générale de la surveillance du territoire (DST), les deux principaux services de renseignement sont très actifs depuis 2011 et le Mouvement du 20 février. « Même s’ils sont en concurrence, il y a un minimum de coordination entre eux. La DST, de plus en plus présente à l’étranger envoie ses nervis tandis que la DGED s’appuie sur des personnalités plus présentables, diplomates ou parlementaires qui travaillent pour elle. L’internationalisation de l’affaire Bouachrine, pour lequel le groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU a demandé une libération immédiate, inquiète le service. »

Néanmoins, tous ces observateurs comme les responsables de l’Asdhom estiment que le régime s’est tiré une balle dans le pied en prenant le risque de ternir l’image du Maroc. Pour l’Asdhom, « si ces individus ont réussi à saboter notre conférence, ils ne pourront jamais nous faire taire. Notre détermination à faire sortir le Maroc de l’obscurité dans laquelle ils veulent le plonger reste intacte (…) Nous continuons à militer au nez et à la barbe de ces services de l’ombre pour mettre le Maroc sur la voie d’un État de droit ».


Notes
1 Sollicité par OrientXXI, le ministère des Affaires étrangères n’avait toujours pas réagi au moment où nous publions cet article.

2NDLR. MAP : Maghreb Arabe Presse, agence de presse officielle marocaine.

3La presse entre information et diffamation rassemble les actes d’un colloque tenu à Rabat en janvier 2017. Les organisateurs y dénoncent en particulier « une presse spécialisée dans l’infâme » et la diffamation qui « est devenue une politique quasi publique ».

4 Protocole voté par le Parti socialiste et la droite pour mettre précisément un terme à la crise franco-marocaine de 2014. Les organisations de défense des droits humains s’en étaient vivement émues.

Merci à Orient XXI
Source: https://orientxxi.info/magazine/des-barbouzes-marocains-au-coeur-de-paris,2930

 

Prison ouverte !


LLP

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par Lotfi Hadjiat

Titre original : Rêver trop fort (suite)

 

Phano : N’empêche… la prison est devenue le seul endroit où on peut s’exprimer librement sans craindre de finir en taule, puisqu’on y est déjà.

Lulu : ça nous fait une belle jambe.

Prince Igor : la taule nous condamne surtout au silence ; on n’a plus envie de parler, ni de rire, quand on est enfermé.

Moi : dans l’ancien temps, on n’enfermait pas les condamnés, on les bannissait, on les condamnait à l’errance, à la libre errance, à la liberté… et dans cette libre errance on n’avait pas non plus envie de parler, ni de rire. Parce que cette libre errance était une malédiction. Aujourd’hui, cette libre errance est devenue le privilèges suprême, le privilège des milliardaires.

Lulu : pas faux. Le libre errant est devenu l’idéal humain qui fait rêver l’humanité.

Prince Igor : du coup, si on est fasciné par la libre errance, on est donc fasciné par une malédiction.

« Merde ! On a été ensorcelé ! », s’esclaffa Phano.

Moi : tu crois pas si bien dire. La sorcellerie c’est par exemple remplacer insidieusement le mot « errance » par le mot « liberté ».

Lulu : ouais, ou remplacer « errance sexuelle » par l’expression « profiter de la vie ».

Phano : ou remplacer le mot « famille » par le mot « carcan ». Le plus inquiétant, c’est qu’on utilise cette sorcellerie contre nous-mêmes.

Prince Igor : une espèce d’auto-sorcellerie, c’est bizarre…

Phano : on ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes, finalement.

Lulu : d’accord, mais comment on s’extirpe de cette sorcellerie.

Moi : faudrait retrouver le fil, la filiation… Y’a fatalement une filiation qui a été perdue, une filiation morale, spirituelle… filiation par delà la mort. La chose la plus sacrée ici-bas c’est cette filiation perdue, notre vie devrait être entièrement vouée à la recherche de cette filiation perdue.

Phano : le problème, monsieur le philosophe, c’est que cette recherche de filiation métaphysique, ça fait pas rêver. Y a que la richesse qui fait rêver. On n’y peut rien. Les peuples ne se révolteront jamais pour des recherches métaphysiques. Sauf si t’es capable de faire des miracles comme le Christ, là tout le monde te suivra.

Prince Igor : du coup, on n’a rien d’autre à faire qu’attendre le Messie, qu’on soit en prison ou pas d’ailleurs.

Phano : si ça ne vous fait rien, je préfère attendre le Messie dans ma maison en bord de Marne.

Lulu : bon, revenons à nos moutons, on lui dit quoi au juge. Qu’on blaguait ?

Moi : oui, faudra surtout pas lui dire qu’on philosophait.

Prince Igor : ouais,… il reste plus qu’à prier.

Phano : ou à appeler un avocat, éventuellement…

Lulu : on n’a pas besoin d’avocat,… faudra jouer l’innocent, jouer au con, s’excuser, s’engager à ne plus tenir des propos anti-républicains, même en privé, même pour rigoler… C’est du théâtre.

Phano : ça c’est intelligent, dis-moi ; imagine qu’ils nous écoutent, là, en ce moment, avec des micros planqués au-dessus de nos têtes… ! Bon, j’appelle mon avocat.

 

 

Dr. Jean Bricmont : «Les Gilets jaunes posent des questions tellement fondamentales qu’aucun gouvernement européen ne pourrait y répondre» — Algérie Résistance


Dr. Jean Bricmont.

Mohsen Abdelmoumen : Comment expliquez-vous la soumission des gouvernements occidentaux […]

via Dr. Jean Bricmont : «Les Gilets jaunes posent des questions tellement fondamentales qu’aucun gouvernement européen ne pourrait y répondre» — Algérie Résistance

Sauver les Juifs du sionisme ?


LLP

par Lotfi Hadjiat

Sauver les Juifs du sionisme ?

Cette question peut paraître très provocante dans l’actualité brûlante, mais elle n’est qu’un prétexte pour restituer la genèse méconnue de cet État sioniste qui plonge aujourd’hui certains dans la stupeur et la colère, d’autres dans l’incompréhension inavouable, et qui menace d’embrasement nombre de sociétés civiles et de communautés. J’ai la faiblesse de croire que cet éclairage historique contribuera à mettre un terme à la confusion délétère.

Pour trouver un début de lumière sur le sionisme politique, il faut remonter deux siècles en arrière, au moins deux. Car depuis la fin du XIXe siècle, le sionisme s’est toujours défini comme la solution politique à l’antisémitisme, sa solution finale, dont l’État d’Israël serait l’aboutissement. Interrogeons donc la genèse de cette solution, et demandons-nous si celle-ci a été, dans sa mise en œuvre, et est aujourd’hui un salut pour les Juifs. On comprendra alors aisément si elle peut être un salut pour les palestiniens.

Il y avait au tout début de cette histoire, une mouvance sioniste culturelle, spirituelle, celle de Ginzberg, ou de Buber un peu plus tard, une mouvance qui s’opposait vigoureusement à celle de Theodor Herzl, politique et militariste ; toutefois, les partisans d’Herzl l’emportèrent et le sionisme devint herzlien à part entière. La solution sioniste consistait à donner une terre-refuge aux Juifs persécutés, ou susceptibles de l’être, en considérant qu’ils sont tous susceptibles de l’être.

Assez rapidement les sionistes choisirent la Palestine comme site de leur futur État. Dès lors, il ne fut plus question de terre-refuge mais de terre promise, vers laquelle la diaspora juive pourrait mettre fin à son exil, c’est en tous cas ce que les sionistes voulurent faire admettre. Car en réalité le peuple de Judée ne fut jamais exilé, leurs descendants peu à peu islamisés sont donc les palestiniens d’aujourd’hui. Les Ashkénazes et Séfarades, d’est et d’ouest, qui furent des peuples judaïsés par les quelques juifs exilés de Jérusalem, n’ont donc aucun droit sur cette terre de Palestine. Ce mythe de la race juive biblique dispersée, du peuple-race en exil requérant son retour en terre promise palestinienne devint donc la mythologie idéologique sioniste (comme l’explique l’historien israélien Schlomo Sand.

En 1917, après le feu vert du premier ministre anglais Balfour au plus puissant des sionistes, Lord Rothschild, les fous de Sion encouragèrent sans protocoles et plus que jamais l’émigration juive vers la Palestine, pour la peupler de Juifs, afin de justifier ensuite la création d’un État juif. Et cet objectif migratoire reçu l’aide considérable d’un sioniste enthousiaste : Hitler. En effet, celui-ci encouragea et soutint beaucoup ce projet sioniste, convergent avec le projet nazi : vider l’Allemagne de ses Juifs.

La collaboration entre sionistes et nazis fut complète avec l’accord de Haavara, signé le 25 août 1933, un accord de transfert de capitaux qui permit le développement économique des premières colonies sionistes par l’achat de produits et matériels allemands, un accord secret qui transgressait le boycott des produits allemands (boycott lancé le 6 août 1933 par le new-yorkais juif sioniste, Samuel Untermeyer,  président du Keren Hayesod, un fonds qui finançait l’émigration et l’installation des Juifs en Palestine, ainsi que la création d’usines et d’entreprises juives toujours en Palestine !), un accord qui resta en vigueur jusqu’en 1942 (le camp d’Auschwitz ouvre ses portes en 1940).

Mais peu à peu, cette immigration se heurta aux populations locales (arabes, juives et chrétiennes). Les Anglais qui avaient mandat sur la Palestine, y stoppèrent alors l’immigration juive, en 1939, avec la publication du troisième Livre blanc, obligeant ainsi l’émigration des Juifs allemands et autrichiens vers d’autres destinations. Les sionistes virent alors pendant quelques mois leur projet tomber à l’eau. Et la seconde guerre mondiale éclata…

Les sionistes voulurent toujours sauver les Juifs des persécutions nazies mais seulement vers la Palestine. En 1938 déjà, juste après la Nuit de cristal, Ben Gourion déclarait : « si je savais qu’il était possible de sauver tous les enfants juifs d’Allemagne en les amenant en Angleterre, et seulement la moitié en Eretz Israël, je choisirais la deuxième solution » .

Ainsi, les sionistes refusèrent obstinément ou sabotèrent toutes les solutions de sauvetage proposées par les Alliés (celle de la République dominicaine par exemple en 1938) ou par les Allemands (qui proposèrent en 1941 et en 1942, de faire transiter tous les Juifs par l’Espagne puis vers l’occident, selon le rabbin Dov Weissmandl, dans « Du plus profond du détroit ») qui n’avaient pas pour destination la Palestine. Ne pouvant plus faire partir les Juifs vers la Palestine, ni hors d’Allemagne et ni hors d’Europe conquise, Hitler s’orienta alors vers la solution concentrationnaire. Mais malgré l’hécatombe, les sionistes refusèrent implacablement tout sauvetage et tout financement de sauvetage si les Juifs n’étaient pas sauvés vers la Palestine !


Herzl, l’ami d’Édouard Drumont, écrivait en 1896, dans « L’État des Juifs » : « les antisémites seront nos meilleurs alliés »


En 1943, selon Reb Mosche Shonfeld (dans « Holocaust victims accuse »), Yitzhak Greenbaum, chef du Comité de sauvetage des Juifs d’Europe à l’Agence juive de Jérusalem, déclara : « nous devons résister à cette vague qui met les activités sionistes au second plan ; si on me demande de l’argent de l’Appel Juif Uni pour secourir les Juifs d’Europe, je réponds non et encore non », Greenbaum ajouta selon Weissmandl, « une vache en Palestine est plus précieuse que tous les Juifs d’Europe ».

Les sionistes furent donc parmi les responsables de la Shoah. Toutefois, cette hécatombe fut utile pour les sionistes, car elle leur permit de plaider à l’ONU la création d’un État-refuge pour les Juifs, à l’éradication desquels ils avaient pourtant participé ! En effet, les Conseils juifs, dans toute l’Europe, collaborèrent activement avec les nazis en leur fournissant la liste des Juifs et de leurs biens, et en établissant la liste de ceux d’entre eux destinés aux camps. Sans cette collaboration, le nombre de victime aurait été moitié moindre, selon Hannah Arendt  (dans « Eïchmann à Jérusalem »). En France, le Conseil juif s’appelait l’UGIF qui après la guerre devint le CRIF…

Lequel CRIF acquittera tous les collabos juifs de l’UGIF, en récupérant peut-être au passage son pactole ! Quant à l’avocat Rudolph Kastner, responsable du Comité de sauvetage des Juifs hongrois, qui avait collaboré avec le SS Kurt Becher dans la déportation des Juifs hongrois et dans le vol de leurs biens, et qui continua après la guerre sa collaboration avec Becher, riche industriel, après l’avoir sauvé en témoignant en sa faveur au procès de Nuremberg et en 1948, il devint porte-parole du ministère israélien du commerce et de l’industrie (voir ici « au nom de la Torah).

Les puissantes organisations sionistes auraient pu mettre tous les moyens politiques et financiers en œuvre pour éviter l’hécatombe, mais c’était courir le risque, pour eux, de remettre à plus loin ou à jamais la création de leur État. Celui-ci fut ainsi prioritaire… impitoyablement… jusqu’au bout. En outre, les sionistes comprirent vite le profit politique et financier qu’ils pourraient tirer de l’hécatombe (Ben Gourion refusa toujours le bombardement des voies de chemin de fer menant aux camps), ils misèrent très tôt sur l’hécatombe.

Selon Tom Seguev (dans son livre « Le septième million »), dès 1942, les sionistes élaborèrent le projet du mémorial de Yad Vashem pour honorer la mémoire de victimes encore vivantes ! Quant au pactole des réparations, toujours selon Seguev, Ben Gourion reçut un mémorandum sur la question dès 1940. Des millions de Juifs ont donc été sacrifiés par les sionistes sur l’autel d’Israël, le bien-nommé Holocauste… ils ont été sacrifiés pour sauver le projet d’un État-refuge qui était censé les sauver (via l’Agence juive de Jérusalem, présidée par Ben Gourion) mais qui les a sacrifié pour plus tard justifier la création d’un État-pour-sauver-les-Juifs, en criant « plus jamais ça »! voir ici « au nom de la Torah.

Herzl, l’ami d’Édouard Drumont, écrivait en 1896, dans « L’État des Juifs » : « les antisémites seront nos meilleurs alliés ». Il eut certainement vu en Hitler le messie d’Israël. À défaut d’État-refuge, Israël est finalement devenu un État racial colonial haï de tous côtés (racialité constitutionnelle unique au monde et sans précédent, hormis les Lois de Nuremberg), un État qui reçoit des milliards à titre de réparations pour les rescapés de l’Holocauste et où ces mêmes rescapés fouillent les poubelles pour se nourrir .

Est-il besoin de rajouter après tout ça que le sionisme, accusateur hystérique contre l’antisémitisme, est l’ennemi mortel des Juifs. Celui-ci a conduit les Juifs à la mort et les y conduira encore pour sauver un État qui ne les sauvera pas, et qui sacrifiera avec encore moins de scrupules les palestiniens. Je rappelle que Moshe Dayan revendiquait fièrement Josué comme modèle politique, ce Josué qui génocida tous les peuples du pays de Canaan sans laisser le moindre survivant des peuples qui n’avaient absolument rien fait aux israélites ; un Josué qui ne proposa à ces peuples ni la conversion ni la migration, contrairement à Hitler qui encouragea les Juifs non-sionistes, largement majoritaires, à se « convertir » au sionisme et qui assista l’émigration de dizaines de milliers de Juifs vers la Palestine, et il en aurait fait émigrer beaucoup plus ailleurs qu’en Palestine si les sionistes ne s’y étaient opposés si obstinément. (accord Haavara).

Les frontières de l’État d’Israël furent donc dessinées à l’ONU. Mais le plan de partage de 1947 (voté à trois reprises avant que le oui l’emporte, après que les États-Unis aient menacé ou appâté certains États !), non validé par le conseil de sécurité de l’ONU, ne revêtait donc aucun caractère obligatoire.  À défaut de cette résolution du Conseil de sécurité, l’illégitime État juif fut donc déclaré indépendant unilatéralement par Ben Gourion en 1948, après avoir rasé des centaines de village palestiniens, et expulsé 700 000 palestiniens. Ben Gourion avouera bien plus tard à Nahum Goldman (dans « Le paradoxe juif ») que les sionistes avaient bien volé la terre aux palestiniens. (cf. 10 questions sur le sionisme en anglais).

Pour enfoncer le clou de leur illégitimité, les israéliens (du groupe terroriste juif sioniste Lehi) assassinèrent quelques mois plus tard le médiateur de l’ONU, le comte Folke Bernadotte. En conclusion, il y a fort à craindre qu’au bout des affrontements de populations, palestiniens et Juifs soient sacrifiés encore et toujours par les fous de Sion et leurs laquais jusqu’à accomplir, si personne ne les arrête, ces délires terrifiants d’Esaïe (60 et 61) qui remontent à l’âge de bronze : « […] Tu te réjouiras, Jérusalem, quand les trésors des nations viendront à toi […] Les nations qui refuseront de te servir périront et seront ruinées […] Vous mangerez les richesse des nations et vous vous glorifierez de leur gloire » (voir ICI).

 

Le fantôme de l’opéra


lelibrepenseur.org

par Pierre Dortiguier 

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Plusieurs connaissent l’histoire d’un certain pianiste Ernest dont la fiancée aurait été brûlée au Conservatoire de musique la rue Le Peletier (9e arrondissement de Paris, et qui horriblement défiguré mais ayant échappé à  cet incendie, hanterait depuis lors les sous-sols de l’Opéra de Paris. L’histoire remonte à octobre 1876, pendant la construction du Palais Garnier. Cela vaut pour caractériser cette exhibition idéologique contemporaine, ayant tous les traits de l’hystérie, et qui prend pour toile de fond l’islamisme, le sionisme et tant d’autres « ismes », sur la scène française dont la « médiocrité est la devise« , pour reprendre les mots sévères et exacts d’Arthur comte de Gobineau à Ernest Renan (le 10 Janvier 1857) pour le remercier de l’envoi de son Histoire générales des langues sémitiques (1855), dans une lettre datée de Téhéran publiée aux éditions « A l’Écart » par l’excellent et strict érudit François d’Argent qui, en poste un temps à Heidelberg, travailla longtemps chez l’éditeur Vrin et était lié à la famille de l’illustre diplomate en Perse et philologue, comme aussi anthropologue, « amoureux de l’Islam », comme il l’écrit  à son ami et collègue Tocqueville dont il n’appréciait pas le libéralisme colonial et le mépris tout maçonnique de ce qu’il juge être l’obscurantisme arabe en Algérie dont le noble Koran serait le confort.


Nous avons toujours des Tocqueville, moins de Renan ce Breton qui sut étudier le Liban avec sa sœur Henriette sur laquelle notre cher maître de Logique et professeur en Algérie d’avant-guerre, feu le Dr René Poirier, ancien pensionnaire de la Fondation Thiers (9e arrondissement de Paris) membre de l’Institut qui ne cachait pas devant moi son admiration – le mot est de lu i- de la spiritualité islamique, donna de très intéressantes indications dans ses cours aux étudiants étrangers en Sorbonne, durant sa retraite. L’on consultera sur ces mots de Gobineau fustigeant la médiocrité des élites françaises qui se continue et grossit même sous la loupe de cette présente mascarade, sanglante, il est vrai, mais lourde, sinon écervelée, se payant de mots creux, la collection d’opinions et de jugements sains, dont celui du grand Goethe, collectionnés par le cher érudit et rigoureux, courageux en un mot, Dr Salim Laïbi. Que le lecteur profite de la mention de cette lettre peu connue à Ernest Renan, homme à préjugés mais doté de génie, et d’une force intellectuelle peu reconnue, sectaire en droit et  libre de par l’indépendance naturelle le plus souvent aux Bretons, d’une germanophilie savante qui énerve les Zemmour du Tout-Paris, pour prendre  connaissance de ce qui est le destin de la grandeur en France royale, républicaine, impériale, qui tue ses héros et gonfle des médiocres de tout bord, prêt à bouleverser l’ordre naturel pour asseoir un vide intérieur accru par le progrès technique même :


« À mon avis, on ne vous a pas loué de ce qui mérite la louange, c’est-à-dire la grandeur de l’entreprise, la beauté de l’exécution, la forme compacte que vous avez donnée aux résultats de vos recherches, la netteté de l’idée qui y a présidé, la simplicité avec laquelle vous présentez le fruit final d’un difficile travail. Si je peux dire librement ma pensée, on ne vous a pas félicité de cela, parce  que je ne  crois pas qu’on l’ait compris. Médiocrité c’est la devise de la science française. » Et de lui écrire plus loin : « Vous appelez cela une nation de gentilshommes ? Le croyez vous sérieusement ?« 


Cette maison de France brûle de toute part, ses vêtements enflammés causent une mort horrible et pour effacer ce spectacle l’on veut croire à un fantôme vengeur caché dans les profondeurs de son Opéra parisien, le même qui avait vu la cabale du Jockey Club sifflant le Tannhauser de Wagner, génie qui faillit s’éteindre de misère à Paris. Dans l’Histoire ce personnage défiguré, comme ce spectre de l’Opéra, ressort, tourne comme un manège, s’abstient du reste, comme la Commune de Paris de toucher à l’hôtel et aux autres bien des Rothschild, alors qu’il fusille volontiers des notables et même un archevêque et quelques Jésuites, comme le fit administrativement la Commune de Paris dont les membres furent à leur tour exécutés par les Bretons fusiliers marins qui ne portaient pas dans leur cœur, « haïssaient », comme on aime à ne pas dire aujourd’hui, les monstres de la République. Thiers, me direz vous, qui frappa ces sortes de Gilets jaunes d’alors, était franc-maçon. Oui, les dirigeants, du moins les médiatisés, de la Commune, le compositeur montmartrois  de l’Internationale aussi ! Gare aux fantômes ! Une malice du Diable !

Pierre Dortiguier

Qu’est ce que le Georgisme ?


kindaforge.com

Le Georgisme est une théorie économique selon laquelle la valeur économique des produits dérivés de la terre ou plus largement des ressources naturelles devrait appartenir à tout les membres de la communauté mais que chacun est propriétaire de la valeur économique qu’il produit par lui-même.

Dagurereotype de l'économiste américain Henry George (1839-1897) père du georgismeDaguerréotype d’ Henry George, jeune.

Le Georgisme tire son nom de Henry George (2/09/1839 – 29/10/1897) dont l’ouvrage phare Progress and Poverty publié en 1879 a été distribué à des millions d’exemplaires dans le monde. En tant que doctrine économique le Georgisme ambitionne d’allier la justice sociale, l’écologie, et l’efficacité économique en se basant sur l’impôt sur la propriété foncière.

Le Georgisme a été également qualifié de taxe unique (ndt, single tax). En effet la principale solution proposée par cette théorie est une taxation unique de la propriété du sol, des ressources naturelles et de tous les privilèges artificiels (comme par exemple la propriété intellectuelle). Ceci en remplacement de toutes les autres impositions au premier rang desquelles les taxes sur le travail. Bien que toutes les ressources naturelles dont la quantité est limitée puissent donner lieu à une rente économique, l’exemple le plus flagrant est la propriété foncière dans les zones d’habitations. C’est pourquoi la principale mesure proposée par les Georgistes est cette taxe sur la propriété foncière (ndt, LVT pour Land Value Taxe).

Les Georgistes affirment que la taxation de ces rentes économiques est économiquement efficace, juste et équitable. D’aucuns parmi eux affirment que cela aboutirait à la suppression de tous les autres impôts, voire à la mise en place d’un revenu de base ou de dividendes citoyens.

Le Georgisme parmi les théories économiques

Adam Smith lui même pensait que la taxe sur la terre n’entrainait pas d’inefficacité économique. On dit souvent qu’une taxe sur la valeur foncière a des effets d’impôt progressifs, en ce sens qu’elle est payée principalement par les riches (les propriétaires fonciers), et qu’elle ne peut pas être transmise aux locataires, aux travailleurs ou aux utilisateurs de terres. Henry George  a popularisé l’argument selon lequel le gouvernement devrait être financé par une taxe sur le loyer des terres plutôt que par l’impôt sur le travail. Dans son ouvrage, Progress and Poverty, Henry George soutient que l’appropriation de la terre à des fins privées contribue à la pauvreté persistante en dépit des progrès technologiques. Cela contribue au caractère cyclique des économies. Selon George, les gens possèdent à juste titre ce qu’ils créent, mais les ressources naturelles et la terre appartiennent également à tous.

L’impôt sur les valeurs foncières est donc le plus juste et le plus égal de tous les impôts. Il ne s’appliquent qu’à ceux qui reçoivent de la société un avantage particulier et précieux, et ceci proportionnellement aux bénéfices qu’ils en tirent. C’est la captation de cette valeur par la communauté, pour son usage propre, qui est la base de la création de cette communauté. C’est l’application de la propriété commune aux usages communs. Quand tout le rendement sera pris par la taxation pour les besoins de la communauté, alors l’égalité ordonnée par la nature sera atteinte. Aucun citoyen n’aura d’avantage sur aucun autre citoyen, sauf pour ce que son travail, ses compétences et son intelligence lui donnent. Et chacun obtiendra ce qu’il gagne. Alors, mais pas avant, le travail obtiendra sa pleine récompense, et le capital son retour naturel.
– Henry George, Progrès et Pauvreté, Livre VIII, Chapitre 3

Un diagramme de l'offre et de la demande montrant les effets de la taxation foncière georgiste.

Un diagramme de l’offre et de la demande montrant les effets de la taxation foncière. Il est à noter que le fardeau de la taxe incombe entièrement aux propriétairex foncier.

Pour donner une illustration très actuelle de ce que dénonce le Georgisme, considérons la crise immobilière dont nous sortons à peine et la bulle qui l’a précédée. Dans les zones constructibles de nos métropole le prix des terrains  représente  une part substantielle de l’investissement du promoteur. Avec le coût de construction la marge de celui-ci et réduite mais le prix d’achat final explose. Or l’argent mis dans terrain est économiquement totalement inefficace. C’est un argent captif qui serait plus utile s’il était injecté dans la création d’emplois via les entreprises. Les autres taxes (celle sur le travail) ne baissent pas et les salaires n’augmentant pas on en arrive petit à petit à l’appauvrissement des classes moyennes que nous connaissons. Le Georgisme et les théories apparentées comme le géo-libertarianisme prônent donc la libération de la valeur produite par le travail au détriment de celle de la rente.

Il faut noter que Henry George distinguait la propriété commune de la propriété collective. Il ne s’agissait pas pour lui de spolier les propriétaires privés existants en nationalisant les terres. Henry George souhaitait une transition progressive pour passer de la taxation du travail à la taxation de la rente foncière en passant par la taxation des terres non valorisées.

Globalement les Georgistes constatent que la richesse créée par les acteurs privés est mutualisée par le biais des taxes et impôts sur la valeur ajoutée (ex. TVA). Dans le même temps la richesse commune est privatisée via le marché foncier de cession des titres de propriétés et celui des prêts fonciers. Le Georgisme souhaite donc inverser totalement le paradigme en détaxant totalement les fruits du travail et en taxant la terre, ce qui au final reviendrait pour le propriétaire à un loyer d’usufruit.

Les détracteurs du Georgisme pensent que l’aspect égalitaire et juste de la taxation foncière est soit trop réducteur (particulièrement dans l’économie moderne où le capital se confond avec la propriété) et que c’est un présupposé fallacieux (notamment dans l’injustice faite aux propriétaires). A l’inverse Karl Marx considère que le Georgisme ne va pas assez loin et reste un avatar du capitalisme.

Un autre aspect important du Georgisme est la prise en considération des impacts écologiques de l’exploitation des ressources naturelles. Cela apparente cette écoles à la mouvance de l’écologie économique, comme la tragédie des communs par exemple.

Dans tous les cas la LVT n’est pas sans rappeler le gaz que l’on paie pour exécuter les smarts contracts dans Ethereum.

Le Georgisme et la Blockchain

Le Georgisme fait partie des théories économiques de la mouvance libertarienne qui sous-tendent la naissance des crypto-monnaies. Il n’est donc pas étonnant de retrouver une référence au Georgisme dans le livre blanc Ethereum. En effet la blockchain prend à la fois sa source dans les idées libertariennes et permet leur mise en œuvre effective dans des organisations alternatives : les DAO.

Il ne faut jamais oublier que la première des blockchain, le Bitcoin, visait à la suppression du monopole bancaire sur les transactions monétaires. De fait le privilège de tiers digne de confiance des banques aboutissait à un monopole et à une rente inique sur le coût des transactions.

La rente de quelques-uns qui bloque la liberté économique de tous s’oppose à la vision libertarienne des promoteurs de la blockchain. Pour nous la blockchain libère l’énergie créative dans un système ouvert sans biais de contrôle monopolistique. C’est exactement dans cette optique que fonctionne Ethereum. L’utilisateur d’Ethereum paye pour l’exécution de ses programmes le gaz consommé va aux mineurs qui représentent le sol, la terre d’Ethereum. Mais la valeur créée par l’utilisateur elle reste totalement privée. La « main invisible du marché » est programmatiquement implémentée dans la blockchain pour que le système ne soit pas inflationniste et reste à l’équilibre. Mais attention ceci n’est pas encore démontré par les faits. Miner a un coût énergétique réel et dans un système aussi complexe l’autorégulation n’est pas démontrée.

Le système est encore fragile comme l’a montré l’attaque sur The DAO de juin dernier. L’équipe d’Ethereum travaille d’arrache-pied pour améliorer cela et les dernières annonces  concernant la version Metropolis sont prometteuses.

Précisions

Cette article est né de la nécessité de comprendre les références du livre blanc Ethereum. Il est inspiré de l’article (non traduit au moment où j’écris ces lignes) de Wikipedia sur le Georgisme. N’étant pas un théoricien de l’économie, il est certain qu’il y a bon nombre d’approximations. Elles sont liées à mes limitations en terme de formation économique. Considérez donc qu’il s’agit d’un première version qui sera optimisée.

Essai sur la théologie mystique de L’Église d’Orient


histoireebook.com

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Auteur : Lossky Vladimir Nikolaïevitch
Ouvrage : Essai sur la théologie mystique de l’Eglise d’Orient
Année : 1944

Préface
Soixante ans après sa première parution,
l’Essai sur la théologie mystique de l’Église
d’Orient de Vladimir Lossky (1903-1958) jouit
toujours d’un rayonnement exceptionnel. Cet
exposé de l’essentiel de la foi orthodoxe est devenu
un manuel et, pour beaucoup de ceux qui
s’intéressent à la tradition orientale de l’Église, un
véritable livre de chevet.
En 1922, Nicolas Lossky, célèbre philosophe à
l’université de Saint-Pétersbourg, est expulsé de
Russie. Il embarque avec toute sa famille à bord du
fameux « navire philosophique ». Vladimir, son fils,
est alors âgé de dix-neuf ans. Les Lossky s’installent
à Prague, où ils resteront jusqu’en 1944. Dès ses
études à Saint-Pétersbourg, Vladimir Lossky avait été
initié à la théologie patristique et à la pensée du
Moyen Âge français. En 1924, il obtient une bourse
et se rend à Paris pour achever ses études à la
Sorbonne. Il devient disciple et ami des grands
médiévistes Ferdinand Lot et Étienne Gilson. Ses
études sont couronnées par une thèse sur le mystique
rhénan Maître Eckhart, qui demeurera l’objet
principal de sa recherche1. « Vladimir Lossky était
donc bien un Russe exilé, et toute sa vie il est resté
très russe, tout en disant qu’il avait toujours été un
“occidentaliste” convaincu et que, pour lui, être
Russe signifiait avoir un sens cosmopolite du
mariage des cultures et se sentir “chez soi” partout
dans le monde2. »
La tension entre le Russe exilé et
l’« occidentaliste » convaincu permet de mieux
comprendre le théologien Lossky. Tout son
enseignement en dogmatique et en histoire de
l’Église a été dispensé en français. Toute son oeuvre
théologique a été écrite en français à la demande de
ses amis catholiques, anglicans ou protestants pour
présenter la théologie orthodoxe. C’est dans ce
contexte de dialogue oecuménique que naîtra, en
1944, l’Essai sur la théologie mystique de l’Église

d’Orient. Il a pour origine une série de conférences
sur la théologie orientale données à Paris quelques
mois auparavant. Le livre est donc rédigé directement
en français par un auteur orthodoxe baigné dans la
tradition occidentale. Il est adressé aux intellectuels
occidentaux pour leur exposer l’essentiel de ce
qu’enseigne l’Église orthodoxe. C’est la première
présentation de l’orthodoxie de ce genre.
Le but de l’ouvrage explique la démarche de
Lossky. Parlant délibérément comme croyant,
Vladimir Lossky y révèle ce qui est le plus profond et
le plus précieux de la foi. Indépendamment de tout
comparatisme confessionnel, il tente d’exposer la
cohérence de sa propre tradition, sans la figer mais en
laissant à la souveraine liberté de l’Esprit saint le
loisir de la modeler. Il ne se situe pas d’abord par
rapport aux autres et à la tradition occidentale, mais
par rapport à lui-même et à sa propre tradition
orientale. Cela ne l’empêchera pas d’adresser
quelques critiques aux catholiques.
Il y a chez Lossky une expérience ecclésiale
fondamentale, celle de l’Église rassemblée pour la
célébration eucharistique, moment de plénitude de

l’Esprit saint. Point de place ici pour un éclatement
de la vie ecclésiale en spiritualité, théologie, liturgie,
mystique, pastorale ou droit canon. Toute théologie
est mystique dès lors qu’elle manifeste le mystère
divin et les données de la Révélation, dès lors qu’elle
s’enracine dans l’expérience ecclésiale et le dogme
de l’Église. C’est pourquoi, au lieu de tenter de
rendre compatible le mystère avec notre
entendement, elle doit, au contraire, provoquer une
transformation intérieure de notre esprit, afin de nous
ouvrir à l’expérience mystique. La théologie n’a pas
pour objet une connaissance abstraite sur Dieu, mais
la préparation de l’homme à l’union avec Dieu. Dire
en vérité à soi-même qui l’on est, ce que l’on croit, et
exposer sa foi : voilà les principes de la théologie et
de la vie de Vladimir Lossky, et peut-être de tout
croyant. N’est-ce pas aussi la base de
l’oecuménisme ?
Certains ont prétendu que Vladimir Lossky
était trop critique à l’égard de la tradition occidentale
de l’Église catholique romaine. Le contexte
historique et théologique de l’époque permet de
nuancer ces positions. La théologie orthodoxe est

alors peu ou mal connue en Occident3. La théologie
catholique elle-même est dominée par la scolastique
où les éléments théologiques chers à l’orthodoxie
trouvent peu d’échos. L’oecuménisme en régime
catholique est timide. Les ouvertures du concile
Vatican II étaient encore inimaginables. Il n’est donc
pas étonnant que plusieurs positions occidentales
spéculatives, rationalisantes et essentialistes aient pu
heurter Lossky, si attaché à l’héritage mystique et
personnaliste des Pères grecs et au souffle de l’Esprit
saint. Chez lui, les divergences entre l’Orient et
l’Occident se cristallisent surtout autour de la
pneumatologie, et plus particulièrement autour du
filioque.
Le théologien, qui soutenait parfois des
positions aux allures impitoyables, ne doute jamais
d’une possible rencontre de l’Orient et de l’Occident
et la souhaite avec ferveur. Tout au long de sa vie, il
fut préoccupé par le drame de l’Église indivise
déchirée. Il n’a pas été moins dur à l’égard de sa
propre tradition, lorsqu’il la voyait s’éloigner de la
Tradition authentique. Il n’a pas été plus indulgent
envers ceux qui, sous prétexte de différenciation par

rapport à l’Occident, en inventaient de nouvelles
interprétations4.
On ne peut pas nier l’influence de Lossky,
directe ou indirecte, dans le renouveau de la
théologie catholique. Le retour aux Pères et à la
théologie patristique prend son envol5. La présence
orthodoxe russe, dans ce contexte, constitue peutêtre
un des facteurs du succès des « Sources
chrétiennes », contrairement à la collection similaire
de Hemmer et Lejay éditée dans les premières
décennies du XXe siècle. L’intérêt pour
l’ecclésiologie grandit6. Lossky apporte à ces débats
ecclésiologiques un fondement pneumatologique. Il
n’est pas anodin que son ami Yves Congar, grand
ecclésiologue et oecuméniste, ait écrit plus tard un
traité magistral sur l’Esprit saint7. Quant à Vatican II,
plusieurs de ses décrets auraient réjoui Vladimir
Lossky. Plus encore, Lossky est un prophète en
matière d’oecuménisme, peut-être sans le savoir, car
son travail de théologien ne consiste pas à négocier
point par point avec des théologiens occidentaux,
mais à commenter l’un de leurs plus grands
mystiques, Maître Eckhart.

La notion de double économie, celle du Fils et
celle de l’Esprit, constitue peut-être un autre point
souvent mal compris. Contre le christocentrisme
dominant dans la théologie occidentale, Lossky ne
veut pas minimiser le rôle et l’action de l’Esprit saint
dans l’oeuvre du salut. Certains ont vu, dans les
propos de Lossky, deux économies. Or, cette
perspective n’est pas acceptable, car il n’y a qu’une
seule économie divine. Double économie cependant
ne veut pas dire deux économies. Les deux chapitres
séparés, intitulés respectivement « Économie du
Fils » et « Économie du Saint-Esprit », ne signifient
point qu’il y aurait deux économies. « Le Fils et le
Saint-Esprit accomplissent sur terre la même oeuvre :
ils créent l’Église dans laquelle se fera l’union avec
Dieu8. » L’action du Fils et de l’Esprit saint est donc
à placer dans l’oeuvre sotériologique et
eschatologique de la Trinité. Cette double dimension
christologique et pneumatologique traverse tous les
domaines théologiques abordés par Lossky. Il insiste
sur le caractère à la fois distinct et inséparable du
Christ et de l’Esprit saint. La complémentaire action
du Christ et de l’Esprit permet de parler de la

christologie pneumatologique et de la pneumatologie
christologique.
Malgré ces quelques critiques qui ont été
adressées à Lossky, l’ouvrage garde une valeur
durable. Ces rapides éclaircissements n’épuisent pas
la matière de ce grand livre. Ils invitent, au contraire,
à le revisiter, à le méditer. Vladimir Lossky, laïc,
théologien de la personne et du Saint-Esprit, se range
dans la lignée d’un Nicolas Cabasilas et de bien
d’autres grands théologiens orthodoxes. Il demeure
un interlocuteur passionnant et actuel.
La présente édition reprend à l’identique le
texte de 1944 et 1990. Compte tenu du caractère
classique de l’ouvrage, très souvent cité, nous
n’avons pas voulu changer la pagination. Elle
correspond donc exactement aux éditions
précédentes. En raison de la quantité inégale de
signes par page, les pieds de page ne s’ajustent pas
toujours.
Les coquilles grammaticales ont toutefois été
corrigées. Nous avons harmonisé également les
références bibliques en adoptant les abréviations de
la TOB. Le texte biblique lui-même, cité en français

ou en latin, reste celui de Lossky. Les abréviations
des noms propres, aussi bien dans le corps du texte
que dans les notes de bas de page, ont été remplacées
par les noms complets.
Depuis la première parution de l’ouvrage en
1944, plusieurs oeuvres patristiques ont bénéficié
d’une édition critique et/ou d’une traduction en
français. Pour faciliter le recours aux nombreux
textes des Pères auxquels Lossky fait référence, il
nous a semblé bon d’ajouter à la fin de l’ouvrage une
bibliographie actualisée, élaborée à partir des renvois
donnés par l’auteur dans le texte, et un index des
noms propres.
Saulius RUMŠAS, o.p.

 

CHAPITRE I

Introduction

Théologie et mystique
dans la tradition de
l’Église d’Orient

suite PDF

Le phosphate du Sahara occidental


tlaxcala-int.org

Titre original :

La roche du désert qui nourrit le monde : le phosphate du Sahara occidental

https://www.asist.org/am17/wp-content/uploads/2017/08/Alex-Kasprak.jpg

Alex Kasprak

Traduit par  Fausto Giudice

Un différend sur les réserves de phosphate du Sahara occidental pourrait perturber la production alimentaire dans le monde entier.

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Aidé par la plus longue bande transporteuse du monde, un flux régulier de poudre blanche crayeuse arrive des profondeurs du désert sur la côte nord-africaine. La bande transporteuse, dont la présence sur les photos satellite est trahie par la poudre brillante balayée par le vent qui l’entoure sur la terre brune en contrebas, parcourt 96 km sur le terrain accidenté du Sahara occidental, des mines de Bou Craa au port d’El Ayoun, d’où d’énormes cargos transportent son contenu dans le monde.

La poudre blanche est de la roche phosphatée, une matière première précieuse et vitale. Sans elle, la population croissante de l’humanité ne pourrait pas se nourrir toute seule. Le phosphate, avec l’azote, est l’un des deux composants les plus nécessaires des engrais synthétiques. Mais contrairement à l’azote, qui représente 78 % de l’atmosphère, le phosphate est une ressource limitée. Et il n’y a aucun moyen de le fabriquer synthétiquement.

Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc, juste au nord le long de la côte, depuis 1975. Si l’on inclut cette région contestée, le Maroc détient plus de 72 % de toutes les réserves mondiales de roches phosphatées, selon la plus récente étude de l’ United States Geological Survey (USGS, Institut d’études géologiques des USA). Le pays venant au deuxième rang mondial, la Chine, n’en a que  6 pour cent. Le reste est réparti dans de plus petites poches dans le monde entier. Le Maroc soutient agressivement et parfois violemment que la notion d’État du Sahara Occidental est illégitime, et que les riches réserves de phosphate de la région lui appartiennent. En conséquence, le Sahara Occidental a été le théâtre d’un conflit croissant sur les droits humains ainsi que d’importantes tensions géopolitiques régionales.

« J’ai visité 70 pays, dont l’Irak sous Saddam et l’Indonésie sous Suharto », dit Stephen Zunes, professeur d’études internationales à l’Université de San Francisco. « [Le Sahara occidental] est le pire État policier que j’aie jamais vu ».

Ce conflit politique, tout comme les questions de ressources naturelles qui y sont mêlées, est resté dans l’obscurité sur le front mondial. Mais à mesure que les réserves intérieures de phosphate d’autres pays deviendront plus coûteuses à extraire dans les décennies à venir, cette région contestée pourrait avoir un monopole sur le phosphate plus important que celui de l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, sur le pétrole, ce qui a des implications majeures sur la dynamique alimentaire future et la disponibilité en nourriture dans les pays en développement.

* * *

Dans les années 1960, l’utilisation généralisée d’engrais synthétiques, qui faisait partie de la Révolution verte, a permis à des millions de personnes qui, autrement, seraient mortes de faim, de se nourrir en étendant considérablement les terres cultivables à travers le monde. Cela a été possible grâce au procédé Haber, qui permet à l’azote atmosphérique d’être converti en une forme biologiquement disponible pour les cultures. Mais pour toute augmentation de l’azote dans les sols, la vie exige également une augmentation proportionnelle du phosphore, qui est extrait sous forme de phosphate des gisements géologiques du monde entier. La demande en phosphate extrait a grimpé en flèche.

Peu importent les progrès technologiques impressionnants, il n’existera jamais de technique semblable à celle de Haber pour créer du phosphate : Il y en a une quantité fixe dans la Terre, elle est renfermée dans le sol, et la seule façon de l’obtenir est de l’exploiter. Il y a donc maintenant une controverse sur la quantité de phosphate qui reste dans le monde et sur la façon dont sa distribution affectera la production alimentaire à l’avenir.

En 2009, un document de recherche basé sur les estimations d’alors  des réserves de phosphate de l’USGS, a fait craindre que le monde soit sur le point d’entrer dans une période de « pic de phosphore ». Ses auteurs soutenaient que les réserves actuelles pourraient s’épuiser d’ici un siècle. En réponse, l’International Fertilizer Development Center – une ONG à but non lucratif axée sur l’industrie des engrais, la sécurité alimentaire et la faim dans le monde – a publié l’année suivante sa propre étude indépendante des réserves de phosphate. Ils ont estimé les réserves à près de quatre fois le montant calculé par l’USGS, apaisant ainsi les craintes concernant la disparition imminente de ce produit.

Stephen Jasinski, le spécialiste de l’USGS en charge de la surveillance des réserves de phosphate, affirme que la quasi-totalité de cette augmentation massive provient d’une réinterprétation des données fournies par la compagnie minière publique marocaine (l’Office chérifien des phosphates) dans les années 80, ainsi que d’études indépendantes de la même période. L’USGS accepte maintenant ces nouvelles valeurs marocaines comme exactes. Mais selon Olaf Weber, professeur de gestion de la durabilité à l’Université de Waterloo, en Ontario, « il est difficile de savoir exactement » quelle quantité de phosphate le Maroc possède réellement.

* * *

Une grande partie de cette incertitude provient probablement de la situation politique tendue de la région. Au centre du conflit se trouve le peuple sahraoui, qui habite le Sahara occidental depuis avant l’époque coloniale – un fait que le Maroc conteste – et qui lutte pour le droit à l’autodétermination depuis que l’Espagne a accepté de permettre au Maroc et à la Mauritanie de se partager la zone en 1975. (La Mauritanie a par la suite abandonné sa revendication sur la région.)

Selon Zunes, le gouvernement marocain écrase tout soupçon de nationalisme sahraoui, suit les étrangers et interdit la presse. Les USA, allié de longue date du Maroc, ont reconnu nombre de ces problèmes dans le dernier rapport du département d’État sur les droits de l’homme. Une grande partie de la population autochtone vit maintenant dans des camps de réfugiés en Algérie.

Grâce en partie au soutien militaire étranger des deux parties, le conflit armé qui a suivi l’occupation de 1975 s’est terminé dans une impasse en 1991, lorsqu’un traité des Nations Unies a été signé par le mouvement nationaliste sahraoui, connu sous le nom de Front Polisario, et le gouvernement marocain. Le traité a mis en place une force de maintien de la paix appelée MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) et a jeté les bases d’un futur référendum sur le statut du Sahara occidental. Zunes soutient que ce vote n’a aucune chance d’avoir lieu en raison de la structure politique de l’ONU.

La MINURSO est la seule force de maintien de la paix de l’ONU au monde qui n’a pas de mandat pour faire rapport sur les droits humains et, en mars de cette année, des travailleurs civils de la MINURSO ont été brièvement expulsés de la région parce que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, avait utilisé le mot « occupation » lors d’une visite aux camps algériens de réfugiés. Aujourd’hui, le conflit fait à nouveau la une des journaux, car le Roi Mohammed VI du Maroc fait campagne pour rejoindre l’Union africaine, une organisation que le Maroc a quittée en 1984 lorsqu’elle a reconnu la République arabe sahraouie démocratique.

* * *

Actuellement, le prix du phosphate n’est pas assez élevé pour qu’il y ait un besoin économique pour que les gouvernements et les entreprises privées de dépendre des sources du Sahara Occidental, dit Weber ; il y a suffisamment de réserves nationales ou internationales. En fait, un nombre croissant d’entreprises se sont désinvesties du phosphate du Sahara occidental en raison des préoccupations des investisseurs concernant les droits humains, déclare Eric Hagen, de Western Sahara Resource Watch, une ONG basée en Norvège qui surveille et plaide contre le commerce international des ressources provenant du Sahara occidental.

Mais selon Stuart White, directeur de l’Institute for Sustainable Futures de l’Université de technologie de Sydney, la demande de phosphate pour les engrais va augmenter au cours des prochaines décennies, en partie à cause de la demande d’une Afrique subsaharienne de plus en plus développée, qu’il décrit comme « un géant endormi en termes de demande de phosphore », et aussi en raison des changements de régimes alimentaires mondiaux. Bien qu’il y ait eu un plafonnement de la consommation de viande dans des endroits comme les USA, l’Europe et l’Australie, dit-il, des endroits comme l’Asie du Sud-Est et la Chine connaissent des taux de croissance fulgurants, et la viande nécessite relativement plus de phosphate pour sa production.

Cela signifie une dépendance accrue à l’égard du phosphate du Sahara occidental. Au fur et à mesure que la valeur de cette ressource augmentera, on verra monter la pression pour  la conserver. Selon Western Sahara Resource Watch, environ 10 pour cent des revenus du Maroc en phosphate proviennent de la mine de Bou Craa au  Sahara Occidental. Si cela reflète, même largement, les quantités relatives de phosphate dans le territoire non contesté du Maroc et dans la région contestée du Sahara occidental, alors le Sahara occidental est la deuxième plus grande réserve de roche phosphatée au monde. Si le Sahara occidental accédait à l’indépendance, il deviendrait un contrepoids à l’énorme monopole des phosphates dont jouirait autrement le Maroc, d’autres réserves devenant moins viables.

La dynamique de l’ensemble du marché du phosphate pourrait donc être fortement influencée par le conflit au Sahara occidental, sa résolution ou son impasse persistante. En 1975, une mission d’enquête de l’ONU au Sahara occidental a suggéré que le Maroc et le Sahara occidental réunis deviendraient un jour le premier exportateur mondial de phosphate. Le Maroc a fait valoir que ses propres réserves de phosphate sont suffisamment importantes pour rendre les réserves du Sahara occidental insignifiantes.

Mais, comme le soutient Toby Shelly dans Endgame in the Western Sahara: What Future for Africa’s Last Colony ?, cette position ignore le fait qu’un Sahara occidental indépendant réduirait considérablement la part de marché du Maroc et sa capacité à contrôler le prix de la matière première.

L’existence d’un monopole marocain aurait un effet disproportionné sur les pays pauvres, selon White et d’autres chercheurs. Dans un commentaire de Nature 2011, les scientifiques Jim Elser, de l’Arizona State University, et Elena Bennet, de l’Université McGill, spécialistes en durabilité et ressources naturelles, ont soutenu que «  les agriculteurs des pays en développement n’ont pas les moyens d’acheter des engrais phosphatés, même aux prix non monopolistiques actuels », et encore moins dans un avenir dominé par un monopole marocain sur le phosphate. « De nombreux producteurs alimentaires dans le monde risquent de devenir totalement dépendants du commerce avec le Maroc, où des articles de presse font état de projets de développement de luxe de type Dubaï en prévision d’aubaines en matière de phosphore ».

Le Maroc, pour sa part, refuse de plus en plus vigoureusement l’indépendance du Sahara occidental. En février de cette année, le ministre marocain de la Communication a annoncé un programme de formation de jeunes Marocains pour défendre la position du gouvernement sur le Sahara occidental dans les médias sociaux. Des fuites de câbles diplomatiques suggèrent une inquiétude croissante quant à la perception internationale de la revendication du Maroc sur le territoire. Le Polisario, quant à lui, s’est déclaré prêt à reprendre les armes, une fois de plus, pour le Sahara occidental.

L’avenir de la région, la répartition actuelle des réserves mondiales de phosphate et les forces du marché qui déterminent l’avenir du produit sont pleins d’incertitudes. La seule chose qui est certaine est mentionnée dans une note de bas de page du rapport de l’USGS sur les ressources minérales : « Il n’y a pas de substitut au phosphore en agriculture. »